jeudi 10 février 2011

Le mystère de Callander Square - Anne Perry


Dans le chic parc de Callander Square, deux jardiniers s'affairent à creuser un trou pour y planter un arbre. Ce qu'ils prennent pour les restes d'un animal mort se révèlent être en fait deux cadavres de bébés. L'inspecteur Pitt est chargé de cette enquête somme toute assez simple: quelle femme de chambre de Callander Square a enterré ses enfants adultérins dans le parc? Mais la vérité est loin d'être aussi simple et Thomas Pitt devra plus d'une fois ménager les susceptibilités des hauts personnages de Callander Square.


C'est avec un grand plaisir que l'on retrouve Charlotte et Thomas Pitt après la terrible affaire de l'étrangleur de Cater Street.
Cette histoire n'est pas la meilleure d'Anne Perry, bien au contraire, l'intrigue est molle et le dénouement peu surprenant et bâclé.
Pourtant, Le mystère de Callander Square est un excellent roman. Les passionnés d'Histoire victorienne trouveront là une excellente mise en scène de la période. Les autres comprendront sans difficulté le poids de cette société.

Si pour nous, en 2011, la lutte des classes signifient la lutte des prolétaires contre la bourgeoisie, les injustice et la révolution russe de 1917, le poids de cette lutte des classes a en partie disparu à présent. Le mérite d'Anne Perry est de nous replonger dans une période où sa naissance et sa place dans la société vous cataloguait en tant qu'individu.

L'excellent Thomas Pitt aux manières si parfaites (gentleman like) à l'aspect débraillé doit faire face des gens grossiers, quoique bien né. Traité de "prolétaire" tout le long du livre, on remercie au personnage de garder son calme et d'avoir l'intelligence de comprendre le monde qui l'entoure. Sa perspicacité, mais aussi sa discrétion le rendent particulièrement crédibles.

Le personnage d'Emily nous montre quant à lui un autre facette de la vie intime de la bonne société: celle où il faut louvoyer, mentir, bluffer avec aisance et naturel. Son personnage assez irritant parfois, lorsqu'elle considère sa soeur de haut ou lorsqu'elle la rabroue, nous touche par son fond sincère et honnête.

Charlotte, reste la plus atypique, avec son "franc parlé" (pas si franc que ça) et ses manières simples et enjouées. Elle reste mon personnage préféré car elle a beaucoup évolué entre les deux volumes et sa relation avec Thomas Pitt est charmante, attachante sans peser sur l'intrigue ni devenir mielleuse.

Reste le fond de l'histoire. Cette bonne société qui se montre faussement choqué de ces morts considèrent comme allant de soi que les bébés morts sont le fruit d'une servante indélicate. Et si on murmure qu'ils pourraient être les enfants d'un gentleman, personne ne trouve cela déplacé, car après tout "il est normal de lutiner ses bonnes". Heureusement il reste quelques figures sympathiques et droites telles le général Balantyne dont le monde s'écroule. Seul roc de vertu dans ce square du vice, ces illusions tombent les unes après les autres.

Un très bon Anne Perry pour les férus d'Histoire.

1 commentaires:

Une fille à Paris a dit…

un excellent ro roman, comme d'ailleurs la plupart des polars de Anne Perry :)

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