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dimanche 25 novembre 2018

Magic bites - Kate Daniels #1 - Ilona Andrews

A-

Présentation de l'éditeurÀ Atlanta deux réalités s’opposent : celle de la technologie et celle de la magie. Pendant une vague magique, les mages sauvages lancent leurs sorts et des monstres apparaissent, les armes à feu refusent de fonctionner et les voitures ne démarrent plus. Puis la vague se retire aussi vite qu’elle est venue en laissant derrière elle toutes sortes de problèmes paranormaux. Nous vivons une époque dangereuse. Mais dans le cas contraire, je serais au chômage. Quand les gens ont des ennuis qui relèvent de l’occulte et que la police ne veut ou ne peut pas régler, on fait appel aux mercenaires de la magie comme moi. Mais quand un nécromancien anéantit la seule famille qui me reste, je n’attends plus les ordres et je dégaine mon sabre.


Je sais, je suis MEGA à la bourre, genre tout le monde connait cette série depuis des plombes et moi j'arrive (comme d'habitude) après la bataille. Mieux vaut tard que jamais cela dit, ça me permet de moins attendre entre chaque volume parce que comme le laisse supposer cette introduction, je suis tombée tête la première dans cette série sans aucun regret!

J'adore l'Urban fantasy. C'est un sous-genre de la fantasy qui me plaît beaucoup parce que c'est facile de s'imaginer vivre des aventures de ce type dans notre univers, de penser qu'il y a une ruche de vampires dans un coin de ta ville ou que cette grande maison là-bas abrite une meute de loups-garous. En plus, les auteurices sont assez libres de définir leurs propres univers avec des points communs mais aussi des différences. C'est pour ça que j'ai Mercy Thompson, Alex Verus, Rebecca Kean, les Ben Aaronovitch et autre Charley Davidson. Je suis d'ailleurs ouverte à vos suggestions en la matière, je suis toujours à l’affût de nouvelles séries!

Donc, après avoir été relancée, encore et encore, pendant des années, par mon amie Cathy, je me suis enfin lancée dans cette série Kate Daniels. J'ai immédiatement accroché, je ne vais pas mentir, j'ai boulotté les trois premiers tomes ainsi qu'une novella vachement vite et je me retiens de ne pas sauter sur le tome 4 (celles et ceux qui ont déjà lu Kate Daniels savent comment finit le tome 3 et surtout comment commence le tome 4....).

Tout d'abord, j'ai beaucoup aimé l'univers qu'installe Ilona Andrews (il s'agit au passage d'un couple d'americano-russe). La série se passe dans une Atlanta transformée suite à l'apparition de la magie et comme vous le savez, j'ai une sensibilité particulière pour ce genre de série qui ne se passe pas dans des grandes villes bien connues comme c'est le cas pour Mercy Thompson, Rebecca Kean et Charley Davidson. Personnellement, ça me fait encore plus croire à la possibilité d'un tel univers. Je ne connais pas Atlanta donc je ne sais pas du tout si celles et ceux qui connaissent, reconnaissent un peu la ville mais j'aime l'ambiance qu'Ilona Andrews installe. Dans Kate Daniels, la magie et la technologie se disputent la place prédominante. On apprend que la magie a dominé la Terre pendant longtemps avant de disparaître complètement et de laisser la place à la technologie. Cependant, depuis plusieurs années des vagues de magie refont surface et avec elles, des créatures oubliées comme des muteurs, les vampires et autres sorciers à la magie de sang. Je trouve son concept très intéressant avec ces vagues de technologie et de magie qui se succèdent et dont les effets sont différents. J'ai beaucoup aimé que pendant la magie, les voitures et téléphones ne fonctionnent pas et qu'inversement en temps de vague tech ce soit les objets magiques qui soient diminués. Les personnages doivent composer avec ces facteurs et ça rend le récit vraiment intéressant. Il n'y a pas de "solution miracle" où Kate est à son avantage tout le temps.

Parmi le bestiaire, on rencontre dans ce premier tome essentiellement des muteurs et des vampires qui sont je dois le dire très inventifs. Le système du vampire est assez unique en son genre et personnellement j'ai bien accroché alors que d'habitude je déteste les vampires (sachez que je suis TOUJOURS pour les muteurs). Les vampires ne sont ni plus ni moins que des cadavres manipulés à distance par des nécromanciens. The People comme s'appellent ces nécromanciens ont leur base dans un Casino. La ville est bien divisée en quartier dans lesquels il n'est pas facile d'entrer.
En ce qui concerne les muteurs, ils se regroupent en meute en fonction de leur espèce, chacune dirigée par un alpha et au-dessus d'eux, le Beast Lord, le roi des muteurs. Alors si vous connaissez Kate Daniels, vous connaissez déjà Curran...
Curran...J'aime énormément le personnage notamment parce qu'il se dévoile petit à petit. C'est un peu difficile de donner mon avis sur lui après avoir lu les trois premiers volumes parce que mon opinion s'est modifiée mais je vais tenter de vous dire ce que j'ai éprouvé pour le personnage au premier tome. Je l'ai trouvé un peu horripilant mais aussi fascinant parce qu'il est dangereux et que ses réactions ne sont pas toujours prédictibles. C'est vraiment un personnage qui évolue beaucoup.

Quant à Kate, je l'adore. C'est une héroïne très secrète et très réservée ce qui est assez étonnant car le récit est à la première personne du singulier, ce qui rend l'écriture d'autant plus intéressante. Elle ne manque pas d'humour, à l'image de sa première rencontre - mémorable - avec Curran, ni d'acharnement. J'aime aussi beaucoup sa personnalité et son pouvoir très particulier qui recèle de nombreuses énigmes. Dans ce premier tome, elle va chercher à retrouver le meurtrier de son tuteur par n'importe quel moyen, même si cela doit la mettre en danger, bien plus qu'on ne l'imagine. Autre détail mais qui a de l'importance pour moi, Kate n'est pas une super bombe qui fait tomber tous les hommes. Elle est très jolie et athlétique certes, vu son parcours et sa vie mais elle n'est pas reversante. C'est sa personnalité qui la rend attirante et j'aime beaucoup. Je trouve toujours plus facile de s'identifier à un personnage s'il n'est pas parfait, super beau, super fort, sans faiblesse etc. Kate est super équilibrée de ce point de vue et j'adore.

On sent bien que ce premier tome est une introduction à l'univers de Kate Daniels avec plein de pistes ouvertes même si l'intrigue est close. Les personnages principaux restent très mystérieux et ça donne envie de lire la suite pour mieux les connaître. C'est bien écrit, très pertinent dans les choix de narration et l'univers est original tout en conservant plusieurs bases bien connues.
Après avoir lu ce tome 1, j'ai rapidement plongé dans la suite mais je vous garde ça pour une autre chronique.
En attendant, si vous ne connaissez pas Kate Daniels, FONCEZ!!!
Bonne lecture. 

vendredi 28 septembre 2018

Rebecca Kean tome 3 à 6 - Cassandra O'Donnell

B-

Il y a quelques temps je vous parlais de la série Rebecca Kean de Cassandra O'Donnell. Je vous disais que malgré des défauts parfois horripilants, je m'étais à mes dépends prise au jeu et que j'avais boulotté les deux premiers tomes comme autant de sucreries un·e gamin·e un soir d'Halloween. Encouragée par mon amie Clotilde qui me promettait quatre autres tomes aussi addictifs, j'ai englouti la série complète et j'attends maintenant la suite. 
Je ne trouvais pas pertinent de faire une chronique par tome, aussi je vous propose les tomes 3 à 6 d'un coup, avec un petit commentaire sur chacun et un avis sur l'ensemble de la série: ce que j'ai aimé, ce que je n'aime toujours pas et ce que j'attends pour la suite. 
Je ne vous spolierai pas les intrigues des tomes 3 à 6 si vous ne les avez pas lu, je donne simplement un avis sur la qualité de l'intrigue et les personnages que l'on suit dans ces opus. Toutefois, si vous craignez vraiment de lire quelque chose que vous n'auriez pas dû, je vous conseille de passer directement à mon commentaire global que vous trouverez plus bas. 

Tome 3: Potions macabres 
Résumé de l'éditeur: Avoir une fille en pleine crise d’ado quand on a 27 ans, ce n’est déjà pas de la tarte, mais quand votre adorable progéniture est une jeune vampire en pleine poussée hormonale, ça devient carrément insurmontable. Comme si je n’avais pas assez à faire avec une bande de potioneuses complètement disjonctées qui sèment la pagaille dans toute la région, et la nouvelle guerre qui se profile lentement mais sûrement à l’horizon…

Ce tome trois était vraiment sympa car on approfondit les relations avec le clan des potioneuses. On découvre aussi un peu plus Maurane et c'était assez sympa de voir des liens d'amitiés se créer entre Rebecca et elle, cela fait un personnage féminin de plus que Beth dans un autre clan. 
On tente aussi une incursion chez les démons avec Mark mais j'en reparlerai plus en détail un peu plus tard. 

Tome 4: Ancestral
Résumé de l'éditeur: Histoire de bien commencer la saison, le Mortefilis a décidé d’envahir la Nouvelle-Angleterre. Ça tombe bien, avec la disparition de Raphael, repousser une armée de redoutables vampires était tout ce dont j’avais besoin… Malgré mon inquiétude et une situation plus que critique, je me dois d’organiser la défense de notre territoire. Et croyez-moi, il va falloir la jouer serré !

Je dois dire que cette ouverture de roman était très réussie. C'est le gros point fort de cette série, fédérer les clans autour de Rebecca pour les voir tous en action même si le fait que Raphaël lui ait confié le clan des vampires ne soit sans doute pas l'idée du siècle quand on sait la neutralité que doit afficher l'Assayim. Après cette ouverture en fanfare, Cassandra O'Donnell nous plonge dans l'univers des muteurs. Si dans les premiers opus nous avons découvert les loups-garous, les vampires et les potioneuses, c'est ce quatrième clan et notamment leur chef Aligarh qui est au centre de l'intrigue. Ali est une grande réussite. C'est un personnage complexe et intéressant qu'elle sait bien mettre en scène. Une fois de plus on découvre avec ce clan d'autres règles, d'autres modes de pensée et ce n'est jamais simple dans un univers d'urban fantasy où l'on doit construire une mythologie cohérente. Cassandra O'Donnell s'en sort moins bien que Patricia Brigg et Ilona Andrews mais c'est réussi malgré tout. A partir de ce tome, pas mal d'éléments importants de l'intrigue globale de la série se mettent en place. Plusieurs personnages commencent à prendre une place plus importante, quelques pistes commencent à se former. 

Tome 5: L'Armée des âmes
Résumé de l'éditeur: Ah, les joies de la famille… Les flambées de vampires, les batailles sanglantes, les coups de fouet, les séances de torture ludiques, les joyeux exorcismes… Tous ces petits bonheurs simples me reviennent à l’esprit depuis que Grand-mère et les Vikaris m’ont retrouvée et ont débarqué en ville dans l’intention évidente de me liquider ! Nostalgie, quand tu nous tiens...

Là on rentre dans le vif du sujet. Si les relations entre Rebecca et Raphaël, Bruce et Ali s'épaississent, ce sont à la fois les origines Vikaris de Rebecca mais aussi le clan des chamans qui se retrouvent cette fois dans la ligne de mire de l'auteure.
Elle poursuit sur sa lancée classique: un tome par clan, mais développe parallèlement la trame globale à travers le passé de Rebecca. Si on connaissait les raisons qui l'ont poussée à quitter la France et son clan, on comprend à présent d'où vient Rebecca, comment elle a été élevée et surtout par qui. Les Vikaris, à commencer par la grand-mère de Rebecca, sont très bien campées. On dirait de vieilles mamies mais façon arsenic et vieilles dentelles. Je ne recommande pas de s'approcher de trop près de ces sorcières là. 
Parallèlement on est rencontre les chamans grâce à Léo qui est dans un beau pétrin. Une fois de plus, il est évident que Cassandra O'Donnell a pris du temps pour penser ces chamans qui sont plutôt absents en règle générale de l'urban fantasy. J'ai bien aimé cet univers, très secret et pas du tout commun. A la fin de ce tome on a passé du temps dans tous les clans et on commence à avoir une bonne idée de ce qu'est Rebecca pour les Vikaris. Cela devient évident que le tome 5 est le dernier des tomes "classiques" de la série et qu'à partir de maintenant, l'intrigue va se resserrer. 

Tome 6: Origines
Résumé de l'éditeur: Un coup de fil en pleine nuit augure rarement d’une bonne nouvelle. Quand c’est pour apprendre qu’un petit rigolo a décidé de faire mumuse avec un sort interdit depuis des lustres, je commence à perdre mon sens de l’humour. Et si, en plus, cette démonstration vise à éliminer un à un les chefs de clan officiant sur mon territoire, autant vous dire que je vois carrément rouge !
Avec tout cela, on voudrait que j’exerce avec un peu plus de sérieux mon rôle de reine des Vikaris. Pas de doutes, les congés payés, c’est pas pour demain…

Fini la découverte des clans, on commence enfin à aborder l'histoire de Rebecca, ses origines comme le dit le titre et les conséquences sur le Vermont de la bonne entente qu'a créé Rebecca entre les clans ennemis. Autant j'ai aimé le propos de ce tome, les problèmes de Léo qui commencent à apparaître pour dévier sur un spin-off qui j'espère sortira bientôt, les relations de Rebecca avec Baetan et ce que ça veut dire pour la suite, autant je l'ai trouvé trop court, beaucoup trop court. Ce tome 6 c'est un tome charnière et j'ai eu l'impression de survoler des éléments importants. Il y a beaucoup de personnages dans la série et j'aurai aimé qu'ils trouvent tous une place plus naturelle dans ce tome 6. J'attendais beaucoup et je suis au final un peu déçue de tout ce qui reste en suspens, surtout ne sachant pas quand sortira le prochain tome. 

DEBUT DE LA CHRONIQUE GLOBALE

Pour celles et ceux qui ont lu jusqu'ici, merci beaucoup et pour les autres welcome back!
Maintenant que j'ai lu toute la série je suis plus à même de savoir ce qui m'a plu ou non et si Rebecca Kean vaut le coup. 

J'avais déjà pointé les faiblesses de l'écriture - une critique qui revient souvent apparemment pour cette auteure - et il faut avouer qu'à partir du tome 3 elle s'améliore. Je ne sais pas si c'est dû à une meilleure qualité d'édition ou si l'auteure elle-même a mieux travaillé son texte, toujours est-il que les quatre derniers tomes sont beaucoup plus fluides que les deux premiers. 

J'avais également mentionnée que je trouvais pénible que tous les mâles alpha - à l'exception de Gordon -  de la série veulent se faire Rebecca comme si c'était une biche en période de rut...Autant vous prévenir, ça ne s'arrête pas. Tous ou presque créent des liens "particuliers" avec Rebecca et même si on échappe - ou pas ça dépend du point de vue - à des scènes de sexes débridées, Cassandra O'Donnell est plutôt mesurée en vérité, ça devient lassant. Pour avoir lu beaucoup d'urban fantasy, je confirme mon point de vue: une héroïne parfaite dont tout le monde tombe amoureux, c'est un repoussoir. Je ne suis pas une bombasse incroyablement parfaite et me sentir rabaissée par l'héroïne ce n'est pas le meilleur des arguments de lecture. Rebecca est une sorcière d'un clan spécial, elle est extrêmement puissante, elle est belle, elle a un corps de rêve, n'a pas l'air de vieillir et à vingt-sept ans elle a déjà une gamine ado...à quel moment je suis sensée m'identifier? Qui peut s'identifier et cocher toutes ces belles cases de la femme surpuissante, belle et en plus mère jeune et cool? 
Et puis Rebecca n'est pas vraiment modeste. Elle mentionne à plusieurs reprise son "physique de rêve". L'entendre de la bouche des personnages secondaires c'est déjà un peu pénible mais quand elle s'y met ça devient insupportable. Rebecca n'a pas le second degré d'une Charley Davidson qui rend ces affirmations drôles et c'est dommage. 
Alors, on pourrait argumenter aussi que l'auteure a quelque chose en tête avec cette trame de mâles de différents clans qui nouent des liens impossibles avec une sorcière de guerre. Certes. Seulement je persiste à penser que l'auteure aurait pu lui faire créer des liens sans que tout tourne autour de son pouvoir de séduction parce que les liens créés, ce ne sont pas des liens de clans mais des liens de mâles alpha à femelles Alpha. On peut dire ce qu'on veut, de ce point de vue là, Rebecca Kean manque de la finesse d'une Mercy Thompson ou d'une Kate Daniels. 

Pour rester dans le domaine du mâle, quoi de mieux qu'un petit tour d'horizon de ces derniers. Alors, soyons franc·che: je déteste Raphaël. J'ai une aversion générale pour les vampires mais ici ça dépasse même mon dégoût pour Edward Cullen - sans offense pour celles et ceux qui aiment évidemment c'est très personnel. J'aime le mythe ancien du vampire, Dracula, Nosferatu, ceux de Kate Daniels qui ne sont pas beaux, pas gentils, pas sexy. C'est un mythe que je trouve vraiment passionnant à plein de niveaux et j'ai beaucoup de mal avec les détournements actuels, à l'exception des vampires de Gail Carriger - Lord Akeldama est génial - et Stephen de Mercy Thompson. J'aime quand le vampire est un être vraiment effrayant caché éventuellement par un masque de beauté avec tout ce que ça comporte de réflexion sur notre sexualité etc. 
Raphaël, c'est le type de vampire qui se veut magnétique et sexy en mode: Je suis l'ange de la mort bébé agrémenté d'un complexe de supériorité assez énorme. Si vous savez, ce mâle alpha relou: "je suis irresistible chérie, je sais mieux que toi ce qu'il te faut et même que quand tu dis non en fait tu veux dire oui prend-moi sauvagement sur le lave-vaisselle"....Yerk. Un vrai tue-l'amour. Je n'arrive pas à voir la manipulation et le machisme comme sexy. Physiquement non plus Raphaël ce n'est pas ma tasse de thé: un grand tout sec avec des longs cheveux blonds jusque dans le dos et qui trouve être le comble du chic de se présenter en kimono d'apparat alors qu'il n'est même pas japonais. Je ne me lancerai pas sur l'appropriation culturelle et en quoi c'est extrêmement malaisant de voir la culture japonaise pillée par un vampire européen parce que ça serait trop long mais bref: après 6 volumes Raphaël est toujours un énorme NON pour moi et je regrette qu'il soit toujours le love interest de Rebecca. 

Parmi les autres mâles qui gravitent autour de Rebecca on retrouve Bruce, le loup-garou des steppes au lourd passé. J'adore Bruce, c'est typiquement le genre de personnage que j'aime - c'est un muteur pas de surprise là dessus - il est sexy en diable et pour le coup sans jouer la carte du "tu m'appartiens, si tu me quittes j'éventre ta fille et je la pends par les tripes façon Hannibal Lecter. Tu m'aimes hein?". Bruce c'est le loup-garou protecteur, celui qui devient tout mou et vulnérable dans son petit coeur malgré ses muscles et ses crocs. Je suis assez frustrée du développement qu'elle donne au personnage qui passe quand même pas mal de temps absent des intrigues principales. La preuve selon moi qu'il y a trop de mâles amoureux dans l'entourage de Rebecca et que Cassandra O'Donnell ne sait pas trop quoi en faire. C'est vraiment une déception parce qu'on sent qu'elle a une idée sur le personnage de Bruce mais ce n'est pas abouti. 
Parmi les autres muteurs on découvre Aligarh dit Ali, le chef des muteurs du Vermont. J'ai eu l'impression qu'il remplaçait Bruce par moment à la façon dont ils sont interchangeables. J'aime bien Ali, il est aussi alpha mais sans les défauts de Raphaël. Il est solide et secret, n'hésite pas à taquiner Rebecca mais assure toujours ses arrières comme Gordon, le chef des loups-garous. 
Je suis assez frustrée par Ali et Bruce parce que je les préfère largement à Raphaël et j'aurai préféré que Rebecca choisisse l'un deux plutôt que le vampire. J'espère que pour la suite les relations entre ces personnages va évoluer. 

Pour conclure la série sur les mâles, il faut parler de Mark. Mark est un vrai gâchis. Il était très intéressant dans le tome un, charismatique, mystérieux et à partir du tome deux, le personnage part en sucette. Pour moi ça a toujours à voir avec le trop grand nombre de personnages masculins à gérer: Mark, Bruce, Ali et Raphaël. Si Bruce passe une grande partie de la série absent, ça lui laisse encore trop d'hommes dans les pattes de Rebecca. La seule chose qui distingue Mark des autres c'est qu'elle en fait un méchant - impossible d'éprouver la moindre sympathie pour le personnage - alors que les liens qui l'unissent à Rebecca sont exactement les mêmes que les autres mâles. Je suis très insatisfaite de son traitement, j'ai vraiment eu l'impression que c'était bâclé pour pouvoir s'en débarrasser le plus vite possible parce qu'il encombrait. J'aurai aimé plus de subtilité dans son traitement sans doute. 
J'ai l'air de beaucoup râler mais c'est simplement parce qu'aurait voulu voir plus Ali et Bruce. On ne voit jamais assez les personnages que l'on préfère n'est-ce pas?  

Détail réjouissant de la série, c'est l'ampleur que prend Léonora la fille de Rebecca qui a l'air de suivre le même chemin que sa mère. Non seulement elle est atypique mais en plus elle promet niveau magie et histoire de coeur. Je ne suis pas étonnée qu'on parle d'une rumeur d'un spin-off la concernant, cela pourrait être passionnant. 

Si le premier tome est un tome de présentation de l'univers, les tomes 2 à 5 se concentrent chacun sur un clan précis: vampires, potioneuses, muteurs et chamanes, les loups-garous parcourant tous les tomes. C'est une bonne idée car cela permet de rencontrer les clans au fur et à mesure et d'absorber les règles qui les régissent. Malgré tout, ce schéma narratif comporte une faiblesse: la trame globale qui les relie est un peu maigre et c'est sans doute pourquoi le tome six est un peu décevant. On attend beaucoup de ce tome et il est trop rapide pour être satisfaisant et comme il mêle tous les clans, on ne s'attarde vraiment sur rien. 

Je trouve à cette série beaucoup de défaut: une écriture qui manque de raffinement, des personnages pas toujours bien exploités et une héroïne certes sympathique mais beaucoup trop parfaite. Malgré tout, j'ai tout de même lu les six tomes de façon compulsive parce que l'ambiance m'a plu. J'ai aimé l'univers de la série, le Vermont et ses grands espaces, l'humour qui fait mouche aussi et les personnages attachants: Bruce, Ali, Beth, Gordon, Maurane, Léo. Les intrigues sont prenantes, mêlant fantastique et policier et une fois ouvert, ça se boulote facilement.  

En conclusion, Rebecca Kean est une chouette série d'urban fantasy à la française avec un univers relativement original et surtout cohérent, une héroïne que j'aime bien malgré son côté superwoman canon en permanence même quand elle a du sang partout dans les cheveux et une floppée de personnages secondaires vraiment sympa. Cette série c'est un B- pour moi parce que je ne peux m'empêcher de la bouloter comme des pastilles vichy un jour de soupe à l'oignon, et qu'il serait dès lors un peu mesquin de bouder son plaisir, mais qui possède quand même pas mal de défauts qui agaceront sans doute plus d'un·e lecteur·trice. Je n'ai pas lu Anita Blake mais il paraît que Rebecca Kean en a les mêmes atouts et les mêmes défauts. 
Alors si vous avez déjà fait le tour de toutes les bonnes séries d'urban fantasy avec une héroïne, Rebecca Kean devrait être la petite piqure de rappel sympathique à condition de ne pas s'attarder sur certains aspects moins agréables. 

lundi 24 septembre 2018

Fated (Destinée) - Alex Verus #1 - Benedict Jacka

A

Résumé (présentation de l'éditrice française): Alex Verus vit à Londres et il est devin. Il peut voir le futur comme un faisceau de probabilités. Pour le commun des mortels, c’est un don impressionnant, mais pour les autres mages, c’est le bas de l’échelle des arts occultes. De toute façon, Alex a tourné le dos à cette confrérie. Trop de rivalités, de secrets, de complots, trop de morts… Sa seule ambition est de mener une existence sans histoires, caché dans sa petite boutique d’accessoires pour magiciens amateurs. Dans l’arrière-salle, il continue à faire un peu de marché noir, c’est risqué mais le commerce des vrais objets magiques lui permet de payer le loyer.
Quand une relique puissante échoue entre ses mains, il se retrouve la proie des forces auxquelles il avait essayé d’échapper, forcé de choisir un camp dans une bataille qui le dépasse.
Voir le futur n’est pas toujours drôle, surtout quand le sien semble à ce point compromis.

Je débarque un peu tard avec mon Alex Verus car celles et ceux qui aiment l'urban fantasy doivent déjà avoir entendu parler ou même lu cette série britannique. Sortie en 2012, elle compte neuf tomes, le dernier est sorti en juillet 2018 et le dixième est prévu pour juin de l'année prochaine. Anne Carrière a décidé de les traduire en français et c'est - à mon humble avis - une excellente initiative. 

Alex Verus c'est le genre de personnage qu'on apprécie dès la première ligne. Déjà, parce qu'il est systématiquement dans les emmerdes et parce qu'on sent que c'est un gentil, qui aimerait bien rester dans son coin tranquille mais que malheureusement le destin en a décidé autrement. C'est un peu comme Dresden de Jim Butcher où de façon constante la situation se retourne contre lui. 
L'histoire prend place à Londres et si vous connaissez un peu la ville, c'est agréable de se promener dans ces rues. Londres est moins présente que dans les Ben Aaronovitch mais c'est malgré tout un décor bien planté. 

L'univers n'est pas le plus original que j'ai pu lire en urban fantasy malgré tout cela n'est pas du tout un aspect négatif parce que Benedict Jacka arrive à donner une vraie patte à l'environnement qu'il décrit, ce qui compense l'originalité qui serait obligatoire. La magie n'est pas révolutionnaire, les créatures non plus - on reste dans un folklore latin-grec dans ce premier tome - mais sa façon de concevoir la magie, elle, est assez intéressante. Vous avez d'un côté les mages de Lumière et de l'autre les mages de L'ombre mais il ne faudrait pas croire qu'il s'agit d'une opposition manichéenne gentils-méchants. Il apparait très vite qu'il y a des pourris des deux côtés de la ligne. C'est plutôt la conception de la magie qu'ont ses deux clans qui les rend passionnants. 
On apprend assez vite d'ailleurs qu'Alex a été formé par un mage de L'ombre et que cette formation ne s'est pas très bien déroulée. Le lourd passé d'Alex est une curiosité que j'ai hâte de démêler. 

Autre point extrêmement plaisant: les pouvoirs d'Alex. Dans cet univers, les dons d'Alex sont considérés par les autres membres de la communauté magique comme le bas de l'échelle. J'aime bien cette idée d'avoir un héros qui ne soit pas surpuissant, ça le rend plus attachant, un peu comme Peter Grant des Ben Aaronovitch qui n'est pas particulièrement doué en magie. Ça donne un petit côté maladroit adorable au personnage. Cependant, à force d'être sous-estimé, Alex y a vu un avantage et s'en sert allègrement. Le futur comme faisceau de probabilité c'est une excellente idée qui fonctionne vraiment très bien dans le roman. 

Autre trait commun à de la bonne urban fantasy, l'humour dans le style. Raconté à la première personne, Alex Verus ne manque pas d'autodérision et le roman sait parfaitement articuler humour et temps plus dramatique.  

Destinée est un excellent premier tome de série. Il met bien l'univers en place, en laissant entrevoir d'autres trames narratives intéressantes - le passé d'Alex, la guerre des mages -  nous introduit des personnages qu'on a envie de revoir - Alex, Arachnée, la petite fée qui n'a pas de mémoire etc. Il possède une histoire complète qui s'ouvre sur d'autres perspectives, de l'humour, des instants plus dramatiques, une belle démonstration de pouvoir. Bref, un premier tome qui se dévore et qui donne envie de poursuivre. Quoi demander d'autre? 

mercredi 31 janvier 2018

Traquée - Rebecca Kean #1 et #2 - Cassandra O'Donnell

Il est un peu tard pour vous souhaiter une bonne année mais tant pis: Bonne années à tous et toutes. Je vous souhaite évidemment plein d'excellentes lectures et surtout des découvertes: un nouveau genre, une nouvelle série, un.e nouvel.lle auteur.ice etc.

Quant à moi, ça ne vous surprendra pas mais je suis versatile au possible. J'avais initialement prévu de vous parler d'une romance que vraiment, vraiment en italique c'est dire, je n'ai pas aimé mais je trouvais que ça manquait un peu de nuance et de positif pour débuter l'année. Je change donc mon Cheshire d'épaule pour vous parler d'une série que je viens juste de découvrir même si elle n'est pas récente.
Noël est une période toujours active en librairie et j'avais besoin de réconfort et quoi de mieux que de discuter avec une amie de toutes ces séries d'Urban fantasy qu'on adore? Après avoir abordé le cas de Mercy Thompson et de Charley Davidson (que je vous recommande et que vous trouverez sur le blog), Clothilde (puisqu'il faut rentre à Cheshire ce qui est à Cheshire) m'a demandé si j'avais lu la série des Rebecca Kean de Cassandra O'Donnell. Comme vous vous en doutez, elle me l'a super bien vendu et quand j'ai réalisé que Cassandra O'Donnell était en fait française, j'étais encore plus curieuse de découvrir Rebecca Kean.
Après la lecture des deux premiers tomes, voila ce que j'ai a en dire.

Présentation de l'éditeur : Nouvelle-Angleterre, Burlington…Pas de délinquance, élue la ville la plus paisible des Etats-Unis, bref, un petit havre de paix pour une sorcière condamnée à mort et bien décidée à vivre discrètement et clandestinement parmi les humains. Malheureusement, en arrivant ici, je me suis vite aperçue que la réalité était tout autre et qu’il y avait plus de démons, de vampires, de loups garous et autres prédateurs que nulle part ailleurs dans ce foutu pays. Mais ça, évidemment, ce n’est pas le genre de renseignements fournis par l’office de tourisme.
Maudit soit-il…

J'adore l'Urban fantasy, le côté surnaturel et adrénaline en même temps ainsi que le mélange de notre univers et de toutes ces créatures imaginaires. Rebecca Kean s'inscrit sans difficulté dans cette lignée très Mercy Thompsonesque où différentes communautés surnaturelles se sont intégrées à notre société et vivent, bien que cachées, complètement en accord avec les humains. Si dans Mercy, le monde surnaturel apparaît peu à peu au grand jour, ce n'est pas du tout le cas du monde de Rebecca qui fait tout pour maintenir le secret, allant même jusqu'à tuer des humains qui pourrait surprendre leur existence.

Puisqu'il faut bien commencer quelque part je vais tenter de vous décrire pourquoi je déteste très très fort certains aspects de cette série et pourquoi j'ai roulé des yeux jusqu'à voir l'arrière de mon crâne.

Je ne suis pas une amatrice de l'écriture à la première personne. Je trouve qu'il s'agit d'un exercice très difficile à maîtriser. Nous avons tous des pensées plus ou moins idiotes ou immatures, des accès de mauvaise foi et j'en passe. Dans Charley Davidson cela passe très bien parce que l'héroïne est très drôle et qu'elle pratique l'auto-dérision. Avec Rebecca, je trouve ça moins finement fait mais ça passe quand même, malgré le fait que j'aurai préféré un texte à la troisième personne qui m'aurait sans doute évité une rééducation oculaire.
Non ce qui m'insupporte au plus au point, et je crois sincèrement que c'est un défaut du genre que l'autrice ne fait que reproduire, c'est le côté super méga bombasse de l'héroïne. Je comprends qu'on veuille avoir des héros et héroïnes désirables, que la plupart des gens, moi largement comprise, ne ressemblent pas à des gravures de mode et que s'imaginer de beaux héros ça nous évade. Cependant, lorsque cela nuit à l'identification c'est, à mon sens, très gênant.

Que ça soit clair, on ne parle pas d'un "simple" triangle amoureux, je ne me mettrais pas dans des états de nerfs pareil pour si peu. On parle bien d'une héroïne tellement belle que tous les mâles du livres, je dis bien tous, le lui disent/veulent se la faire/sont prêt à mourir pour elle. Dans le tome deux, elle partage tellement de liens "impossibles" (selon la mythologie mise en place par l'autrice) avec différents hommes que j'en étais saoulée. Sans blague, deux vampires millénaires sont prêts à faire cramer le monde pour elle, plus un semi-démon, un loup-garou et on rajoute un chef de clan muteur qui veut désespérément se la faire. Elle est belle et puissante je veux bien mais ça fini par être très fatiguant et redondant. Au bout d'un moment on a compris, elle est canon.
Comment voulez-vous que des lectrices lambda puissent s'identifier à une héroïne pareille? Ce n'est peut-être que moi, mais ça me fait toujours me sentir minable, cette impression que finalement je suis pas aussi bien ni aussi badass que cette héroïne. Je n'ai pas du tout ce sentiment là avec Mercy parce qu'elle est plus humaine. Elle est belle mais pas au point non plus d'avoir tous les hommes à ses pieds et ça n'en diminue pas moins sa "badasserie". Idem pour Charley car même si elle est plus "canon" que Mercy on sait que sa sœur est plus belle et au fond l'histoire d'amour se concentre surtout sur Reyes, il n'y a pas une multiplication lassante. Et puis, vous ne serez peut-être pas d'accord, mais je trouve que ça diminue toujours les personnages masculins. Ils sont réduits à leur désir pour Rebecca ou à leur besoin de protection alors que certains sont vraiment très intéressants et mériteraient plus de développement et de profondeur que j'espère voir apparaitre dans les prochains tomes. Là, elle les attire comme des aimants et leur cerveau fond dans le processus.
Je m'attends à tout pour le tome 3 parce que là on est quand même aux portes d'une guerre juste pour ses fesses.

Le pendant à cette situation, c'est que bien évidemment, tous ces hommes en questions sont à tomber. Pas juste mignons on est d'accord mais bien divins ce que l'autrice ne manque pas de répéter ad nauseam. C'est là que réside le défaut de la première personne. Lire une fois que Raphael a la perfection d'un dieu grec passe encore, même si j'avoue, j'ai roulé des yeux, mais le lire souvent, durant deux tomes, je n'en pouvais plus.

On ne va pas jouer les hypocrites. Si vous me connaissez, vous savez que je ne rechigne jamais contre un ou plusieurs beaux mâles dans un roman. Mon vrai problème dans Rebecca Kean c'est la multiplication de ces beaux mâles. Je sais bien que les loup-garou sont forts et les vampires magnétiques mais un tout petit peu de normalité ça ne pourrait pas nuire. C'est ce qui différencie les tropes des clichés et ici on tend malheureusement plus dans le cliché. Et puis la féministe en moi s'arrache les cheveux devant tous ces alpha protecteurs qui la considèrent comme leur propriété. Cela dit, cela agace aussi beaucoup Rebecca! 

Dernier point mais non négligeable à mes yeux, les représentations raciales et LGBT. Ce sont deux sujets sur lesquels j'ai beaucoup réfléchi ces derniers mois, notamment grâce à Clothilde et je fais dorénavant bien plus attention à ces représentations et à leur traitement et cela va aussi devenir un de mes critères de réflexion parce que tant que les romans seront 100% blancs et hétéronormés, je pense qu'on passera à côté de notre société, surtout pour un genre qui se passe dans un milieu urbain multiculturel (on est bien d'accord que je ne parlerais pas du sujet de la même manière sur un roman histoire qui se passerait dans le Berry en 1750...). Niveau représentation raciale, on est bien loin de Mercy Thompson mais on sent un effort louable. Niveau LGBT en revanche c'est un peu la catastrophe et j'espère que l'autrice va s'améliorer dans la suite.

Voila, ces exagération me font m'arracher les cheveux et me gâchent un peu les intrigues principales mais...Mais en vrai j'aime bien...

C'est le paradoxe de cette série: je crise, je roule des yeux et il y a pleins de détails qui m'agacent mais...j'adore quand même. J'ai lu le tome 2 en 48 heures et j'ai très envie de découvrir la suite. Les intrigues principales sont très prenantes et j'aime beaucoup l'univers que construit Cassandra O'Donnell.

Elle arrive à développer un monde cohérent et personnel en s'inspirant du genre de l'Urban fantasy. On est tout de suite bien dans cette petite communauté et on comprend très vite comment elle s'organise. J'aime bien aussi l'histoire que l'autrice met en place. L'ancienne guerre entre les clans, le traité de paix et les Directum. Le fait que ça se passe dans le Vermont me plait beaucoup aussi, ça change de New York ou de Londres. Le côté plus intimiste d'une petite ville donne l'impression d'être dans un cocon, un endroit familier.

J'ai beau râlé sur le physique de

s personnages mais il faut admettre qu'ils sont rudement attachants. Beth, Leo, Gordon, Aligargh et même Rebecca, je les aime bien. Ils ne sont pas parfaits (hormis le physique) et c'est ce qui les rend sympathiques. On aimerait bien passer du temps avec eux. Bref je les aime tous - ne me parlez pas de Bruce, je ne pourrais plus m'arrêter - sauf les vampires (débarrassez moi de Michael et Raphael please!) et Mark (qui est personnage gâché d'ailleurs mais on ne va pas charger la mule non plus). 

Donc voila, je suis consciente des défauts de la série mais malgré tout...et bien j'aime beaucoup et je compte lire la suite. C'est exactement le genre d'univers que j'aime, c'est souvent très drôle, les intrigues sont bonnes et c'est carrément addictif. Je continuerai sans doute à rouler des yeux et à soupirer mais malgré tout Rebecca Kean c'est cool.

Allez on va oublier la rationalité, je retourne dans mon canapé, j'ai le tome 3 qui m'attends.

lundi 13 février 2017

Rivers of London - Rivers of London #1 - Ben Aaronovitch


A

Présentation de l'éditeurL'agent Peter Grant ne croyait pas aux fantômes, jusqu'au jour où un étrange personnage lui affirme avoir assisté au meurtre sur lequel il enquête. Un témoin providentiel... s'il n'était mort depuis plus d'un siècle ! Et Peter n'est pas au bout de ses surprises : recruté par l'inspecteur Nightingale, il intègre l'unité de la police londonienne chargée des affaires surnaturelles. Au programme, traquer vampires, sorcières et autres créatures de la nuit ; maintenir la paix entre les forces occultes de Londres ; tenir à distance les divinités trop entreprenantes ; et bien sûr apprendre le latin, le grec ancien et une montagne d'incantations bizarres et pour le moins rébarbatives. Peter doit en passer par là, s'il veut un jour devenir à son tour le dernier sorcier de Londres...

Sans mentir on peut facilement en arriver à la conclusion que la série Les rivières de Londres est l'une des meilleures séries d'Urban fantasy de ces dernières années. Ancrée dans un univers urbain fort, Londres et son centre-ville animé, elle bénéficie de la plume sagace de Ben Aaronovitch et d'un héros tout à fait attachant par sa banalité.

Peter Grant est un héros reposant. Souvent dans les romans d'Urban fantasy (ou dans les univers d'Urban fantasy tout court d'ailleurs), le héros a tendance à être particulièrement doué dans quelque chose. Charley Davidson est la Faucheuse, Buffy maîtrise tous les arts martiaux à la perfection etc. Peter Grant à l'inverse n'est pas le plus doué des policiers, pas le plus doué en combat rapproché ou en tir et sans être idiot ce n'est pas non plus l'esprit le plus brillant qui soit. Pourtant, c'est bien lui et non sa collègue - elle excellente flic - qui voit un fantôme au petit matin. Je trouve l'idée plutôt bonne car ce héros moyen - sans aucun sens péjoratif - est sans doute plus proche du lecteur que dans beaucoup d'autre roman du genre. Peter est aussi très drôle et n'hésite pas à se moquer de lui-même. C'est un héros bon enfant en somme et il est tout à fait aisé de se déplacer dans Rivers of London dans ses chaussures.
Il offre par ailleurs, un excellent contrepoint aux deux autres protagonistes majeurs du roman: Thomas Nightingale et Lesley May. Lesley May c'est le modèle de la super-flic. Non seulement elle est foncièrement douée pour son job mais en plus elle est consciencieuse et intelligente. C'est elle qui souffle ce qu'il faut faire à Peter, lui donne des conseils et l'aide dans son enquête. 
Thomas Nightingale quant à lui est le magicien idéal. Élégant, racé, intelligent et doué, il s'avère être un maître intéressant pour Peter. Si ce dernier est résolument XXIe siècle, son maître quant à lui à tout du dandy XIXe. La demeure même dans laquelle il vit, The Folly, est une vieille demeure comme on en voit plus. De nombreuses pièces, un cachet ancien indéniable, elle respire la magie et l'ancien et recèle sans doute comme Thomas Nightingale de nombreux secrets. 

Autre point fort de ce premier tome, les descriptions de Londres. Rarement roman fut plus urbain que celui-là. Si vous avez la chance de connaitre Londres et son centre-ville, vous verrez à quel point il est facile de se repérer dans le roman. J'ai réellement adoré me promener à travers la capitale anglaise avec Peter et sauf lorsqu'il s'éloigne dans des quartiers plus résidentiels, j'avais l'impression d'y être.
C'est une grande force car toute l'intrigue et tout le fond du roman est centré sur Londres et les différentes divinités qui l'habitent. On pourrait même dire que Londres est un personnage à part entière et pas simplement un décor. C'est d'ailleurs assez drôle de voir Peter Grant découvrir cet univers qu'il ne connaissait pas alors même qu'il est un londonien pur jus. La Tamise est notamment au centre des préoccupations de Nightingale et Grant et les divinités qui l'habitent sont hautes en couleur! 

Ce premier tome est non seulement le début d'un arc narratif qui s'étend sur plusieurs romans mais c'est aussi un excellent tome d'introduction à un univers riche et complexe que l'on découvre au fur et à mesure. Ce n'est jamais évident à faire, parvenir à donner suffisamment d'informations pour donner envie au lecteur de poursuivre la lecture sans jamais le saturer mais Ben Aaronovitch y parvient très bien. 

La très forte inspiration du folklore anglais dans ce premier tome donne de la force à ce début de série réellement ancrée dans le Londres contemporain. 
Un peu de magie mais pas trop, du folklore, un héros attachant et drôle et un maître intriguant, Rivers of London est une excellente série d'Urban fantasy qui vaut le coup de découvrir. 
Pour ma part j'ai presque fini le deuxième tome, on s'en reparle très vite. En attendant, n'hésitez pas à me dire si vous connaissez cette série et si vous l'avez lue.

Bonne lecture.

mardi 24 janvier 2017

Fifth grave past the light - Charley Davidson #5 - Darynda Jones


A

Résumé: Après avoir résolu quatre enquêtes d'un seul coup, Charley pensait pouvoir souffler un peu mais c'était sans compter sur l'installation du fils de Satan, Reyes, dans l'appartement d'à côté, plus sexy que jamais. Pour ne rien arranger, Reyes est son principal suspect dans l'enquête au sujet d'un pyromane qui détruit systématiquement tous les lieux où il a grandit et Charley s'est promis de l'éviter jusqu'à ce qu'elle trouve la vérité...

Cependant, lorsque des femmes décédées commencent à apparaître dans son appartement, toutes plus perdues et terrorisées les unes que les autres, elle réalise qu'un peu d'aide serait la bienvenue.

La dernière chronique que j'avais publié sur les Charley Davidson était pour le moins mitigée. Le tome 4 ne m'avait pas autant convaincu que les précédents et même si l'intrigue policière qui sous-tendait le récit m'avait emballée, l'histoire Reyes-Charley me semblait tourner en rond, étiré par des besoins de maintenir du suspens là où clairement ça ne se justifiait pas. Du coup j'avais un peu abandonné la série, ne me sentant pas d'attaque pour enchaîner avec le tome 5, de peur sans doute de voir mon enthousiasme pour Charley gâché par un tome en trop. 

En février dernier, j'ai profité de ma petite semaine de vacances pour déconnecter complètement avec le boulot. De retour dans la maison familiale où je garde religieusement des reliques sacrées, je suis tombée sur les trois premiers tomes de Charley qui semblaient n'attendre que moi. Apparemment Charley et moi c'est une histoire d'amour car à chaque fois que je suis en grande déprime ou que je suis dégoûtée de la lecture - oui même les libraires, surtout les libraires, arrivent à s’écœurer de lire - Charley Davidson est la seule série que j'arrive à apprécier et à lire jusqu'au bout. J'ai donc décidé de me faire un petit guilty pleasure - mais n'est-ce pas le rôle principal des vacances? - et je me suis engloutie, je pense que c'est le terme approprié, les quatre premiers tomes dans la semaine. 
Et bien en relisant le tome quatre je me suis rendue compte que les défauts que je lui avais trouvé la première fois ne me perforaient plus autant la rétine. Donc... tout ça pour dire que j'ai eu envie de lire le tome 5 et que j'ai bien fait.

J'ai toujours trouvé que le récit à la première personne est l'un des procédés littéraires les plus compliqués et les plus difficiles à maîtriser en particulier lorsque le récit implique des sentiments. Dès que des sentiments sont en jeux, les décrire du point de vue de la personne même qui les ressent peut rendre l'ensemble ultra sirupeux ou complètement idiot, ce qui est plutôt normal après tout. Nos pensées nous semblent cohérentes, de même que nos peurs, nos angoisses ou nos désirs. Les transcrire pour les autres est périlleux mais Darynda Jones s'en sort encore une fois remarquablement bien. Il y a toujours cette pointe d'humour inimitable qui fait que Charley est toujours juste, toujours dans le ton même lorsqu'elle évoque Reyes. L'humour et le fait que personne n'ait vraiment l'air de se prendre au sérieux joue beaucoup dans l'ambiance générale de la série. 

Ce cinquième opus est un peu plus posé que les précédents et l'histoire entre Reyes et Charley avance. Plus de jeu du chat et de la souris qui me dérangeait dans l'opus précédent, cette fois-ci les choses se concrétisent sans jamais perdre de vue à la fois le côté sexy de la relation Reyes-Charley, ni le côté magique. De ce point de vue là, nos obtenons enfin un peu plus d'informations, quelques révélations surprenantes qui donnent envie de lire la suite et de voir comment ils vont pouvoir se dépatouiller avec tout ça. 

Quant à l'enquête principale, si elle était moins surprenante que celle du tome quatre, on est très rapidement accroché et l'idée d'avoir 27 femmes décédées et terrorisées dans son appartement fait froid dans le dos. Encore une fois, Darynda Jones arrive à nous surprendre avec plusieurs fausses pistes qui donne du piquant à l'intrigue.

Pour conclure, je dirais que ce cinquième tome des aventures de Charley Davidson correspond à tout ce qu'on pouvait attendre. Attractif, prenant, drôle, il remplit parfaitement ses fonctions et a réussir plutôt brillamment à me redonner envie de lire! 

lundi 27 octobre 2014

L'escalier Hurleur - Agence Lockwood #1 - Jonathan Stroud


COUP DE CŒUR DE PERSÉPHONE

Résumé: Un terrible fardeau s’abat sur Londres : des fantômes envahissent les rues de la ville, s’introduisent dans les maisons et terrorisent leurs occupants… La jeune et talentueuse Lucy Carlyle, promise à une grande carrière de chasseuse de spectres, vient d’intégrer la modeste agence du déjanté Anthony Lockwood. Mais leurs affaires vont mal. Les agences d’extermination de fantômes fleurissent et la concurrence est rude. Impossible de refuser le moindre contrat, même si la mission s’avère des plus dangereuses… C’est ainsi que Lockwood et Lucy se retrouvent en pleine nuit dans la terrifiante demeure de la famille Hope, à traquer le fantôme du sanguinaire duc rouge. Un escalier hurlant, une chambre de torture, des squelettes derrière toutes les portes… un seul mot d’ordre : ressortir vivants !

 Après la terrific série Bartimeus (#2) j'étais ravie d'apprendre que Jonathan Stroud revenait sur le devant de la scène ado avec une nouvelle série qui penche cette fois un peu plus vers l'Urban Fantasy et l'Horreur. Ce nouveau roman nous entraîne dans un Londres hanté! Attachez vos ceintures, l'Agence Lockwood and Co vous emmène dans les tréfonds de l'angoisse. 

Je me suis amusée comme une petite folle dans ce premier tome. Jonathan Stroud y a mis tous les ingrédients qui nous faisaient plaisir dans Bartimeus: un intrigue pleine de rebondissements, de l'humour et un flegme tout britannique. 

L'histoire est racontée à la première personne par Lucy Carlyle, une jeune fille énergique et brillante. C'est un personnage avec lequel nous sommes immédiatement en confiance. Elle n'a pas les deux pieds dans le même sabot et sait ce qu'elle fait. À côté de Lucy nous retrouvons Anthony Lockwood, le directeur de l'agence (à peine plus âgée que notre héroïne) qui fait preuve d'un flegme britannique dans absolument toutes les situations! Pour compléter ce trio, George fait figure de rat de bibliothèque débraillé mais compétent. Trois personnages très différents, suffisamment différents pour que les lecteurs puissent s'identifier à l'un ou à l'autre et ça, c'est une caractéristique qui m'a beaucoup plu.

Depuis que je suis librairie, j'ai pris d'avantage conscience des problèmes d'identifications dans les romans, à savoir: l'héroïne est une fille donc c'est pour les filles, le héros est un garçon = c'est pour les garçon. Premièrement, c'est une idée qui m'insupporte au plus au point. En quoi cela est-il pertinent? En tant que femme, je lis des romans dont les héros sont des hommes et je n'ai pas de problème à apprécier ma lecture. En quoi de petites filles seraient incapables de faire pareil? Pareillement, pourquoi un petit garçon ne pourrait pas lire de romans dont l'héroïne serait une fille? C'est tout de même se priver de nombreux très bons romans pour des raisons fumeuses. Le rapport avec L'agence Lockwood me direz-vous? Le fait est qu'ici, Jonathan Stroud choisi trois héros et leur donne une certaine neutralité, ce qui permet d'être un excellent livre pour TOUS les enfants. Et ça me repose!

L'intrigue en elle-même reprend à la fois les codes du roman d'horreur, avec les apparitions de fantômes, les cadavres planqués un peu partout, mais aussi les codes du roman policier car nos trois agents recherchent activement le meurtrier d'une jeune fille. Comme d'habitude avec Stroud, l'intrigue est bien maîtrisée, gérée comme il faut du début à la fin avec ce qu'il faut de fausse piste pour donner de bons retournements de situation. Même si j'avais compris assez vite qui était l'assassin, l'intrigue était très agréable à suivre et les personnages prennent de plus en plus d'ampleur au fur et à mesure que le roman avance. Jonathan Stroud joue de la peur des fantômes mais le roman n'est pas non plus effrayant. Il fait peur, un peu, mais pas trop.

L'agence Lockwood, tome 1, est encore une fois un très bon cru de l'auteur qui sait se renouveler après Bartimeus. Ce sont deux séries très différentes même si elles partagent des caractéristiques communes intéressantes. C'est un roman que je recommande chaudement, un très bon moment de lecture. Quant à moi, j'ai déjà récupéré la suite (disponible en anglais). Je vous en reparle plus tard! 

dimanche 13 avril 2014

Avis de tempête - Harry Dresden Files tome 1 - Jim Butcher

Présentation de l'éditeur:


Harry DRESDEN
Enquêtes paranormales.
Consultations & conseils.
Prix attractifs.


Tous les bons magiciens s’appellent Harry, et Harry Dresden est le meilleur. Techniquement, c’est même le seul dans sa « catégorie » : lorsque la police de Chicago est sur une affaire qui la dépasse, c’est vers lui qu’elle se tourne. Car notre monde regorge de choses étranges et magiques… et la plupart ne s’entendent pas très bien avec les humains. La magie, ça vous flingue un gars en moins de deux !

Je sais, je suis toujours en retard pour découvrir les séries géniales que tout le monde connait depuis des lustres - Cheshire tu te tais s'il te plaît - mais après tout comme dirait le proverbe, mieux vaut tard que jamais. J'étais un peu en panne de lecture; les nouveautés c'est bien mais il faut savoir parfois revenir aux sources. Ni une ni deux je me suis jetée sur Harry Dresden et son look de privé des années 50. Grand bien m'en a pris. Je devrais arrêter de douter des recommandations qui me sont faites, un point c'est tout.

C'est d'abord l'atmosphère qui m'a séduite dans ce premier tome des aventures d'Harry Dresden. On ne sait pas trop où l'on débarque, sans doute dans un de ces polars noirs des Etats-Unis, ambiance 1950. Privé en imper, jeune dame à voilette noire qui cache une larme, l'adultère comprenez-vous. Sauf qu'Harry Dresden est magicien...oui tout de suite on n'est un peu moins dans l'ambiance. Harry est donc magicien et détective privé, ça ne s'invente pas. Consultant pour la police, il se retrouve bientôt au centre d'une enquête qui le dépasse.

J'ai adoré le personnage d'Harry Dresden. Il est dans la purée jusqu'au cou mais ne manque jamais de faire rire le lecteur. Tout, mais absolument tout, tourne mal autour de lui, ce mec porte vraiment la poisse et pourtant on rit beaucoup. Il y a un petit air de Charley Davidson (ou plutôt Charley a un petit air de Harry Dresden): deux enquêteurs dans le paranormal, deux personnalités qui attirent les ennuis...Les ressemblances s'arrêtent là mais j'ai bien aimé cette petite réminiscence d'une autre série.

À côté de l'humour et du personnage principal j'ai grandement apprécier le fait que l'univers d'Harry Dresden soit complexe, on le sent bien, mais que tout ne soit pas expliqué dès le premier tome. En effet, il s'agit surtout ici d'une introduction à un univers magique, riche et dense. Cela promet de nombreux épisodes bien croustillants, ne serait-ce que sur le passé d'Harry. À la fin du premier tome, on en sait finalement très peu sur le monde d'Harry, sur l'organisation de la magie et même sur les autres créatures existantes. Si on croise bien une vampire, la rencontre est brève mais promet de futures passes d'armes intéressantes.
J'aime bien le fait que l'introduction soit mesurée et non massive, c'est absolument destructeur de balancer des explications à la louche et sans discernement. Jim Butcher évite l'écueil sans soucis. 

Un très bon démarrage pour cette série d'Urban Fantasy que je vais poursuivre avec grand plaisir.

lundi 21 octobre 2013

Le Grimoire d'argent - Mercy Thompson #5 - Patricia Briggs

ATTENTION SPOILERS POSSIBLES


Présentation de l'éditeur: Mercy ne cracherait pas sur quelques jours de vacances. Après avoir passé les derniers mois à tenter d’échapper aux griffes de la Reine des Vampires, elle découvre que le grimoire des faes est tombé dans de très mauvaises mains : les secrets qu’il renferme sont sur le point d’être révélés. Ce qui n’est pas du goût de tout le monde. Non contente de devoir régler cette crise majeure, Mercy a des problèmes personnels : sa maison a brûlé, son ami Samuel file un très mauvais coton et on lui reproche les dissensions apparues au sein de la meute. Elle va devoir faire preuve de la plus grande diplomatie… pas facile quand on est sous pression !

Chronique du tome 1 : L'appel de la lune, tome 2: Les liens du sang, tome 3: Le baiser du fer, tome 4: La croix d'ossements.

Ce genre de série est extrêmement complexe à maintenir dans la durée. Il faut être capable d'amener les personnages à une évolution logique et cohérente, qui ne soit ni trop rapide, ni trop lente, tout en conservant un intérêt pour l'intrigue ou les intrigues. C'est extrêmement difficile. Un travail de jongleur et de précision en même temps. Si vous lisez ce blog régulièrement, vous avez sans doute remarqué que c'est une critique que j'adresse au tome 4 de Charley Davidson qui marque pour moi un tournant dans lequel le modèle des trois premiers tomes s’essouffle et où le tome suivant devra évoluer pour conserver son intérêt. Que l'on se rassure, Patricia Briggs maîtrise sa série des Mercy Thompson d'une façon remarquable ce qui en fait, pour moi, l'une des meilleures séries d'Urban Fantasy de ces dernières années.

Il fallait avoir sacrément la foi pour me vendre le tome 3 de la série. Deux tomes plus tard, j'en suis encore traumatisée mais Patricia Briggs a parfaitement su tenir cette ligne et on en sent encore les effets dans le tome 5. L'exploitation de ce qui est arrivé à Mercy est brillamment géré par l'auteure ce qui amène un tome 5 où d'une part l'héroïne reprend du poil de la bête et ce qu'elle a mis de côté le temps de se reconstruire et où elle peut enfin s'engager dans une nouvelle action dont elle n'est pas la victime. 

Comme d'habitude, les intrigues sont multiples et complexes. D'un côté nous avons Samuel qui perd pied. Le vieux loup-garou sent peser sur lui le poids des ans et avec Mercy qui a choisi Adam, il se laisse dépérir. Heureusement que Sam, son loup prend le relais et empêche Samuel de commettre l'irréparable. Appelant Mercy à la rescousse, il s'agit pour la jeune femme de sauver à la fois Sam le loup mais aussi Samuel. Le sauver non seulement de lui-même mais aussi et surtout des autres loups qui abattent systématiquement les hommes dont le loup prend le contrôle. Comme si cela ne suffisait pas, elle se retrouve en possession d'un livre fae que tout le monde recherche et doit encore une fois faire attention à sa peau. Pour compliquer encore un peu, elle est accusée dans dissensions dans la meute d'Adam et décide cette fois d'y faire face en montrant les dents. 

J'apprécie toujours autant comment l'auteure jongle avec ses intrigues, nous fait passer de l'une à l'autre et arrive toujours à nous surprendre sur le fonctionnement d'une communauté. Cette fois-ci pas de vampire, Stephan n'apparait pas ce qui de mon côté fait grimper la tension sur ce qu'il est et ce qu'il veut. Ici, c'est encore une fois le monde des faes et surtout des loups-garous que nous explorons. Patricia Briggs arrive toujours de tome en tome à nous surprendre par un aspect non connu ou développé de la sociologie du monde surnaturel. 
On avance toujours, pas à pas, en apprenant de nouveaux éléments sur le monde qui compose l'univers de Mercy Thompson. C'est ce qui fait aussi qu'elle arrive toujours à produire des tomes dynamiques qui ne s'essoufflent pas.

Le personnage introduit à la fin du tome par l'auteure va sans doute amener un nouveau dynamisme ou un déplacement de l'intrigue même si pour ma part j'aurai souhaité un traitement un peu plus long, plus important de ce personnage et de ses relations avec un autre protagoniste principal. Je chipote sans doute parce que Patricia Briggs développera sûrement tout ça dans le tome 6 ou 7 mais c'est vrai que sur le coup je suis un peu restée sur ma faim. 

Le tome 6 vient de sortir en France chez Milady tandis que le tome 8 est sorti aux Etats-Unis. Avis aux amateurs!