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jeudi 15 mars 2018

His sinful touch - The Mad Morelands #5 - Candace Camp

 A
 
Lorsqu’un mystérieux gentilhomme se présente à sa porte, Alexander Moreland est stupéfait de découvrir que l’inconnu n’est pas du tout un homme mais une jeune et jolie femme travestie et en grande détresse. La jeune femme ne se souvient de rien à l’exception de son nom Sabrina et n’a pour tout indice sur son identité que le contenu de ses poches: un mouchoir, une montre à gousset, une pochette en cuir, un morceau de papier chiffonné et une bague en or.

Sabrina est certaine de fuir quelqu’un ou quelque chose - comment expliquer autrement les bleus sur son visage et la peur constante qu’elle éprouve? Elle est aussi certaine d’avoir raison de demander son aide à Alex et ne peut nier les étincelles entre eux. Alors qu’ils parcourent la campagne anglaise, Sabrina et Alex doivent résoudre le mystère du passé de Sabrina avant que ce dernier ne les rattrape.

Avant de lire His sinful touch, je ne connaissais pas la série de Candace Camp The mad Morelands. Si comme moi vous prenez la série en cours, un petit historique s’impose. The Mad Morelands est une série qui fut écrite et publiée en deux temps. Candace Camp a en effet écrit tout d’abord quatre romans: Mesmerized, Beyond compare, Winterset et An unexpected pleasure. Dans ces premiers romans nous suivons les frères et sœurs aînés de la fratrie Moreland: Olivia, Kyria, Reed et Theo. Plusieurs années après, Candace Camp a décidé d’ajouter les histoires des jumeaux Alexander et Constantine, âgés d’une dizaine d’années dans les premiers tomes. Il y a donc un écart de temps entre An unexpected pleasure et His sinful touch. Je pense qu’on peut commencer par ce dernier et reprendre la série dans l’ordre après mais je sais qu’il se cache des puristes parmi vous!

Si j’ai pris le temps de détailler tout ça, c’est parce qu’on sent très vite l’importance des liens de cette famille Moreland que d’aucuns traitent d'excentriques. Car les Moreland ont une petite particularité, ils ont des dons qu’on pourrait qualifier d’extra-lucides. Alexander et Constantine ne sont pas dépourvus en cette matière et cela leur a même attiré quelques ennuis par le passé, échos des premiers tomes de la série.

Je sais c’est un peu perturbant. His sinful touch se présente comme une romance historique et là d’un coup je vous parle de paranormal...alors oui il y a un peu de paranormal, mais juste un peu. Pas de fantômes ni de loups-garous, pas de vampires ni de sorcières, juste une famille un peu en marge. J’aime beaucoup la romance paranormale et j’ai apprécié ici cette petite touche fantastique et un peu policière qui ne gâche pas un seul instant le côté historique du récit bel et bien le plus dominant.

J'ai vraiment beaucoup aimé cette romance. Les deux héros sont vraiment adorables et mignons! On s'attache très rapidement à Alex et Sabrina et on a envie de savoir pourquoi a jeune femme a perdu la mémoire et quoi ou qui elle fuit. Du fait que Sabrina est amnésique, Candace Camp nous présente plus le point de vue d'Alex et son côté chevalier est très attendrissant. Le contraste avec son jumeau Constantine est très bien rendu. C'est lui le détective à la base alors qu'Alex est architecte. Si Alex est un jeune homme assez réservé, Constantine est beaucoup plus du côté exubérant des Moreland. Le duo fonctionne bien parce qu'il est assez complémentaire. Constantine est très drôle et beaucoup plus insouciant que son jumeau mais sans jamais sombrer dans l'extrême.

On rencontre également Lila, la meilleure amie de Sabrina que j'ai immédiatement aimé. Ses chamailleries avec Constantine et son inquiétude sincère pour son amie et son histoire font que l'on s'attache à elle sans aucun soucis. Elle est ouverte et franche, un personnage là aussi complémentaire de celui de Sabrina, plus réservé et timide.

Candace Camp maîtrise parfaitement l'équilibre nécessaire à une bonne romance. Personnages complémentaires qui apporte une harmonie, intrigue classique mais efficace, pimentée par une pointe de fantastique juste là où il faut, quand il faut.

Par dessus tout, on rencontre la famille Moreland, les frères et sœurs, beaux-frères, belles-sœurs et les parents et le moins que l'on puisse dire c'est que cette famille est déjantée mais adorable. Leur attitude n'est pas crédible pour l'époque. Grands aristocrates, ils sont féministes et possèdent ces dons qui les classent immédiatement parmi les excentriques mais j'ai envie de dire qu'on s'en moque. En fait, l'alchimie fonctionne tellement bien entre eux, on sent tellement d'amour et de cohésion, que les petits accrocs à l'histoire passent sans difficulté.

Il y a une scène en particulier que j'ai adoré où la cohésion Moreland est super jouissive. Je sais d'ores et déjà que je vais lire les autres volumes de la série, les précédents comme le prochain sur Constantine et Lila!

L'intrigue en elle-même est assez chouette à suivre. Évidemment si vous n'aimez pas le côté policier, laissez tomber, retrouver l'identité de Sabrina et ce qu'elle fuit, est ici le nerf de la guerre. J'ai d'ailleurs trouvé l'intrigue, quoique conventionnelle, bien plus crédible que celle concernant la famille Moreland, bien que, comme je l'ai déjà dit, les erreurs historiques ne m'ont pas gênées. Les développements s'enchaînent bien et j'ai eu envie de lire pour savoir ce qui allait se passer.

His sinful touch (le titre n'a pas tellement de lien avec le reste de l'histoire je le reconnais volontiers), est une romance assez doudou avec des héros et héroïnes très cute et une intrigue qui ne s'essouffle jamais. Elle donne à la fois envie de lire les romans d'avant mais aussi de découvrir celui d'après. Ce fut un vrai plaisir pour moi de découvrir cette actrice, cette série et ces personnages. J'espère qu'il vous plaira tout autant. 

lundi 3 novembre 2014

Monotropa uniflora - Les Brumes de Grandville #1 - Gwendoline Finaz de Villaine


SOUS LE CHARME, CATÉGORIE COUP DE POUCE

Présentation de l'éditeur: Peut-on tomber amoureuse dune simple voix, d'un esprit, sans y perdre son âme ? 
1919. Au lendemain de la première guerre mondiale, Apollonie devient professeur de musique. Belle, libre et déterminée, la jeune orpheline découvre la vie au château de Grandville. Elle ne tarde pas à faire la connaissance du fils de la Comtesse, le magnétique et mystérieux Hector, dont la beauté na d'égale que le cynisme. Apollonie, encore troublée par cette rencontre, tombe sous le charme indécent d'une voix mystérieuse sortie des ombres.
« J'étais en présence d'un esprit authentique. Un spectre. Je ne pouvais pas le voir, mais je l'entendais parfaitement. Et le pire, dans toute cette histoire, c'est qu'il était doté dune voix déroutante. Son timbre possédait une douceur étrange, mêlée d'accentuations rauques, presque envoûtantes. » 

Un roman, c'est comme un chaton: parfois on craque pour l'un d'entre eux. Ce n'est peut-être pas le plus beau ou le plus parfait des chatons mais on craque pour lui quand même. C'est ce qui m'est arrivé avec Les brumes de Grandville. 

J'étais déjà convaincue par le pitch de départ vous me direz: un upstairs-downstairs dans les années 20, une histoire d'amour, un fantôme, je ne pouvais décemment pas passer à côté. Je ne regrette pas mon pari.

Nous allons commencer avec les choses qui fâchent, nous en serons débarrassés et ça nous permettra de nous concentrer sur l'essentiel. Les Brumes de Grandville est un premier roman...et ça se sent. C'est sans doute le plus gros défaut de ce roman: le style. Gwendoline Finaz de Villaine fait beaucoup d'effort mais parfois les phrases sont un peu trop simple quand la synthaxe n'est pas étrange. Les premières pages souffrent un peu de ce style simple mais il s'améliore avec le temps. Il y a également le fait que Les Brumes de Grandville est écrit à la première personne. C'est, de mon point de vue, l'un des choix les plus difficiles à assumer surtout dans une histoire d'amour. Si on se permettait d'écouter nos pensées, on se rendrait compte qu'on a tous et toutes des instants globalement cucu mais il est vrai qu'à l'écrit ça passe moins bien. Après, ne jetons pas bébé avec l'eau du bain. C'est un premier roman et l'auteure ne peut que s'améliorer. Si elle ne maîtrise pas un style très littéraire, elle a le mérite de tenter certains paris stylistiques qui sont tout à son honneur.
J'ai lu sur d'autres blogs que les phrases en patois normand avait beaucoup gêné la lecture, ce n'est pas mon cas. Au contraire je trouve ces détails très intéressants car cela permet d'ancrer le récit dans son époque autant que dans son milieu géographique: la Normandie des années 20. C'est justement le genre de paris qui font des Brumes de Grandville un assez bon premier roman. Malgré ce défaut il n'en est pas moins prometteur.

Si Gwendoline Finaz de Villaine n'écrit pas encore comme Proust - est-ce à souhaiter d'ailleurs? - elle a au moins le grand mérite de créer une véritable ambiance. Une fois plongé dans le roman, on ne peut pas le lâcher ni se défaire de son ambiance. Une de mes collègues l'a lu également et a trouvé qu'il y avait cette même ambiance. Pour le coup, cette collègue - aussi spécialiste jeunesse - a tendance a préférer les romans destinés aux garçons et elle ne lit pas de romance mais là elle a accroché en disant "je me suis sentie tellement bien après la lecture que je le recommande". J'étais secrètement ravie du pouvoir de la romance: NON ce n'est pas une littérature nulle! Bref, je m'égare. Les Brumes de Grandville sait placer une vraie ambiance qui lui est propre. On sent immédiatement le côté upstairs-downstairs ce qui est agréable car c'est un genre qui manque beaucoup dans la littérature française et le fantastique qui se rajoute ensuite apporte une petite touche bienvenue. Je n'ai pas été surprise par le tournant fantastique du récit parce que je savais qu'il y a avait un fantôme cependant c'est vrai qu'il aurait peut-être failli mettre un ou deux évènements annonciateurs de ce twist. 

J'ai bien aimé les personnages, Apollonie est une jeune fille agréable. Elle est assez vive, touchante, même si elle se montre parfois un peu naïve. Il ne faudrait tout de même pas oublier qu'elle sort à peine du couvent et qu'elle ne peut pas, non plus, avoir des attitudes qui ne correspondent pas à son éducation. Hector est un être assez désagréable, comme ses soeurs qui sont d'horribles pimbêches. La maman échappe à ce côté affreux, c'est une femme agréable, une douce maîtresse de maison. Quant au fantôme je l'ai trouvé touchant et j'avais assez hâte qu'il vienne voir Apollonie. Je trouve que l'auteure réussit à éviter la caricature et à être mesurée avec ses personnages. Les filles sont vilaines certes mais pas non plus des garces finies et leur mère ne se révèle pas être un tyran comme on aurait pu s'y attendre. Il y a des rumeurs, de mauvaises actions mais aussi pas mal de positif pour contrebalancer tout ça. J'ai apprécié cette pondération.

L'intrigue est très agréable, on se laisse porter par l'histoire. Même si certains rebondissements semblent cousus de fils blancs,  il n'en reste pas moins qu'il y a d'excellentes idées qui nous tiennent en haleine. De sorte qu'on oublie que Les Brumes de Grandville est un premier tome! J'étais tellement accrochée que j'aurai embrayé sur la suite sans problème, je suis sur les dents! Gwendoline Finaz de Villaine réussit quelque chose de rare dans les séries: le renouvellement complet. La fin du premier tome nous donne à penser que la suite va prendre un autre tour et je suis pressée de savoir lequel!

Et puis...et puis...Les Brumes de Grandville est une pré-romance! Je m'explique: il est étiqueté à partir de 13 ans et honnêtement à part une scène un peu "chaude" de baiser passionné - pas d'excitation on est loin d'un Aventure et Passion - il n'y a rien qu'une enfant de 13 ans qui a déjà lu Nos étoiles contraires ne puisse lire. C'est pour moi une excellente initiation à ce genre pour les plus jeunes avant la plongée dans les Aventures et passion de maman, mamie, tata etc dès nos 15 printemps. Vous le savez, la romance j'aime et là j'adhère!

Pour finir, ce roman est aussi un roman marqué par la musique, amours premières de l'auteure. Je regrette qu'elle n'ait pas plus appuyé sur ce thème qui aurait pu véritablement soutenir la narration. Espérons qu'elle le fera pour la suite!

Voila, nous arrivons à la fin de cette chronique et il faut récapituler: Les Brumes de Grandville n'est certes pas un roman parfait mais il a su me toucher notamment par son intrigue et son audace. Je ne peux que le recommander, il faut soutenir les premiers romans et les petites maisons d'éditions comme l'est B. édition.
Sinon, un clip vidéo est disponible - j'avoue je suis moins fan - et une communauté s'est créée sur Facebook à propos du roman.

Et si vous vous demandez à quoi ressemble une Monotropa Uniflora, voila la réponse (jolie trouvaille d'ailleurs):

lundi 6 janvier 2014

Le duc de fer (The Iron Duke) - The Iron Seas #1 - Meljean Brook


COUP DE COEUR DE PERSEPHONE

Présentation de l'éditeur: Il a libéré l'Angleterre du joug de la Horde. Pour tous, il est le duc de Fer, héros craint et adulé. Pourtant, quand un homme assassiné est retrouvé chez lui, Rhys Trahaearn comprend que certains ne le craignent pas. A commencer par Mina Wentworth, chargée de l'enquête. Séduisante, mystérieuse... et très douée. La posséder devient bientôt l'unique quête de Rhys, alors qu'une conspiration menace l'Angleterre.

Cela faisait un moment que j'avais le tome 1 en ma possession mais comme d'habitude, too many books, too little time. Aussi, alors que je n'avais plus rien à lire - comprendre, j'avais des tonnes de livres mais envie de n'en lire aucun - j'ai exhumé de ma bibliothèque le premier tome de la série The Iron Seas de Meljean Brook (à noter que seul le tome 1 est pour le moment sorti en VF). Bien m'en à pris cher•e ami•e lecteur/trice car j'ai découvert un univers Steampunk vraiment bien conçu qui ravira les fans du genre.

J'ai douté au départ du bien fondé de la publication du Duc de Fer dans la collection Crépuscule de J'ai lu pour elle. En effet, à part un résumé vaguement "romance" le premier quart de l'intrigue n'avait rien de vraiment romance et j'étais plongé dans de la plus pure SF. Un petit tour sur le site internet de l'auteure m'a permis de vérifier qu'en effet, elle se considère comme une auteure de Steampunk et de Paranormal Romance et que la série des Iron seas fait effectivement parti de ces séries de paranormal romances avec moult petites novellas entre deux tomes: soit un univers complet à explorer. Chic chic chic.

J'ai donc plongé la tête la première dans l'Angleterre de Mina Wentworth. Je dois bien admettre que ce qui m'a séduite d'emblée, et qui reste ce que j'ai préféré dans ce premier tome, est bien entendu l'univers: riche, complexe et pensé, c'est finalement assez rare de trouver son égal, combiné à de la romance. La plupart du temps, le steampunk sert de joli verni à une autre histoire mais n'est jamais vraiment le thème ni le sujet principal du roman. J'ai beau adorer The Parasol Protectorate, l'univers développé par Gail Carriger reste néanmoins très XIXe siècle. Pas de quoi perturber le lecteur. Un joli enrobage steampunk, notamment au niveau des vêtements et de quelques armes, relève le tout mais ce n'est peut-être pas ce que l'on retient le plus à côté des loups-garous piquants et de l'héroïne et son ombrelle. Ici au contraire, l'univers est particulièrement bien travaillé. Le Steampunk représente la base même du récit. Tout l'outillage développé par le Forgeron - des yeux mécaniques aux objets pour des jeux érotiques en passant par les bras-pillons et les jambes haches - nous plonge dans un monde hybride où l'homme est allié à la mécanique, des "steamborg" qui ressemblent à leurs cousins cyborg - l'homme allié à la cybernétique - le numérique en moins. La présence des nanoagents utilisés pour contrôler les bogués mais servant aussi à soigner et réparer l'homme et la femme blessée ont une réelle importance, jusqu'aux petits détails qui font penser à l'épisode de Doctor Who: Are you my mommy?

A côté de l'attrait steampunk qu'a exercé sur moi The Iron Duke, j'ai été très agréablement surprise par la gestion de l'Histoire et du temps. Pour moi, il ne faisait aucun doute que le Steampunk ne pouvait que se placer dans une Angleterre victorienne, en pleine Révolution industrielle. Cependant, Meljean Brook brouille les pistes. Si nous sommes bien en Angleterre, l'époque victorienne est quant à elle, bien moins sûre. En retraçant l'Histoire des deux cent dernières années, on se rend compte que l'intrigue pourrait se placer aussi bien à la Renaissance qu'à notre époque. Si les vêtements portés par les personnages sont indubitablement XIXe siècle, on nous parle de Léonard de Vinci comme s'il venait juste de mourir. Les armes et technologies que possède l'inspectrice sonnent très XXIe siècle mais les mentions faites des Français font penser soit au XVIIe siècle - il y a un Colbert dont on ne sait pas s'il est lié au personnage historique ou non - soit au XVIIIe siècle notamment pour le côté colonies et antilles. Rajoutez à ça la mention d'un Cromwell parti aux Amériques et vous vous retrouvez avec un grand pot-pourri bien symapthique. J'ai vraiment trouvé ces détails surpuissants. Ils perdent le•a lecteur/trice dans ses repères temporelles pour créer un univers véritablement unique. Pas une simple uchronie mais bien un monde parallèle avec une évolution diablement différente. Dire que j'ai apprécié être trimballer comme ça est un euphémisme.

Le monde que nous offre Meljean Brook est donc riche et complexe mais aussi très sombre tout en sachant garder une part de magie: bateaux volants contre misères humaines, l'ensemble est mesuré et crédible et cela fait froid dans le dos.

Cet univers vraiment complet à bien des égards en perdront plus d'un je l'admets volontiers. Il est difficile d'y rentrer, de comprendre l'Histoire de ce monde perdu entre plus de quatre cent ans de notre propre Histoire et qui jongle avec le temps et la Science-fiction. Cependant, je pense qu'il vaut vraiment le détour ne serait-ce que pour le travail de l'auteure. Personnellement je suis tombée dedans et j'espère ardemment que les autres tomes seront eux-aussi bien inscrits dans cet univers et qu'ils permettront d'en apprendre encore plus. (Si vous voulez connaître l'Histoire de ce monde - sans spoiler - rendez-vous sous la bannière de spoiler, qui est un faux spoiler).

L'univers des Iron seas est rendu encore plus réel et crédible par l'écriture de Meljean Brook. Pour des novices en anglais je ne le conseille pas du tout en VO, elle est compliquée dans le bon sens du terme mais compliquée tout de même. Les phrases sont longues et riches d'adjectifs et d'adverbes. Meljean Brook ne fait pas dans la simplicité et son style et le monde qu'elle crée se renvoient l'un à l'autre. C'est aussi surprenant que la complexité de l'univers des Iron seas et c'est ce qui m'a vraiment plu. On reproche souvent à la romance une superficialité et une simplicité d'écriture qui la classe dans les romans de gare, ici, ce sont deux reproches qu'il est impossible de faire à The Iron Duke.

L'univers et le style ne sont pas tout, encore faudrait-il que l'intrigue générale et les personnages soient bons pour en faire un très bon livre. Les résumés ne donnent pas tellement d'indications quant à la teneur réelle de l'intrigue générale mais il s'agit bien d'une intrigue policière. Mina Wentworth, l'héroïne, est une inspectrice de la police londonienne en plus d'être la fille d'un noble. C'est elle qui est appelé chez le Duc d'Anglesey, Rhys Trahaearn, surnommé le Duc de Fer après qu'il ait réduit la Horde en miette en Angleterre en détruisant la Tour. Un complot à grande échelle se trame et implique jusqu'au sauveur de la nation. Entre pouvoirs politiques et magouilles de truands, Mina n'est pas au bout de ses peines. 

L'intrigue générale est très fortement liée au contexte global. Si je l'ai apprécié, j'imagine que les gens qui auront du mal à entrer dans l'univers de Meljean Brook devront prendre leur temps pour le lire et bien comprendre tous les retournements de situations. En plus de nous balader temporellement, l'auteure n'hésite pas à nous balader également géographiquement afin de mieux comprendre le monde de Mina et les différentes puissances en compétition. J'ai vraiment trouvé l'ensemble finement mené, pensé presque dans son intégralité. C'était très agréable de voir tout un monde se mettre en mouvement, un peu à la façon d'un Game of Thrones où il est capital de comprendre la politique globale de l'univers dans lequel on est plongé pour bien comprendre la trame générale. Les scènes d'action ne manquent pas et entre courses poursuites, explosions et abordages par des bateaux pirates, il y en a pour tous les goûts.

Fanart
Mina Wentworth est un personnage froid mais que l'on arrive à comprendre. C'est une force dont la dotée l'auteure. On comprend assez vite que la famille de Mina est une fierté pour la jeune femme mais aussi son plus gros soucis, d'où elle tire un caractère dur et déterminé. J'ai apprécié que la directrice de la police londonienne soit une femme et que sa meilleure inspectrice soit également une femme qui plus est métisse. En effet Mina est mi-mongole, mi-anglaise et sur ses traits se lisent ceux de l'occupant. Bien que noble, c'est une situation très difficile que vit la jeune femme. Heureusement elle peut compter sur le constable Newberry, grand gaillard roux et expat qui protège son inspectrice dans toutes ses missions. Débrouillarde, intelligente, courageuse, j'ai vraiment beaucoup aimé ce personnage. 
Je pensais aimer tout autant Rhys Trahaearn, le pirate et duc, grand gaillard graou dont je raffole habituellement mais finalement, l'effet est plus mitigé. J'ai aimé en revanche que Rhys soit un vrai pirate et pas une caricature comme on le voit souvent en romance - oui j'ai un titre en tête j'essaye de vous en reparler bientôt. Ce n'est pas le meilleur des gentlemen, il est macho comme il se doit, il n'hésite pas à exécuter ses hommes s'ils lui désobéissent mais il déteste l'esclavage et la torture ce qui donne un homme à multiples facettes avec une dureté qu'on a envie d'explorer. C'est étrange que je ne l'ai pas autant aimé que je le pensais parce qu'à part un côté macho qui sait être envahissant et étouffant par moment, je n'ai pas grand chose à lui reprocher. Mouais...si...son côté over-protecteur envers Mina par moment est juste insupportable.

On en vient donc au seul point noir de cette lecture: la romance elle-même. Si j'ai adoré le contexte, l'écriture de l'auteure et ses personnages (je n'ai pas parlé du meilleur ami de Rhys ou de Yasmeen la pirate ou encore d'Armichède Fox l'aventurier mais ils sont tous vraiment chouettes et j'ai hâte de les revoir), la romance m'a laissée de glace, sans doute parce qu'elle est déséquilibrée. Comprenez-moi, l'intrigue générale occupe les trois premiers quarts du roman et de ce fait, elle a le temps de se développer et de prendre sa juste place. La romance en revanche est esquissée très longtemps avec beaucoup d'hésitations et de balancements de la part de l'héroïne - hésitations justifiées cela dit, je ne râle donc pas - et pas mal de rentre-dedans assez agressif parfois de la part du héros. Sauf qu'arrivée au dernier quart j'ai eu soudainement l'impression que Meljean Brook s'était rendue compte que la romance avait été un peu délaissée et donc le ton change radicalement et nous virons cul par dessus tête dans une espèce d'orgie de scènes hot et de sentiments enflammés. Je n'y ai tout simplement pas cru. D'une part parce que je suis désolée mais Rhys m'a laissée de marbre, je l'ai trouvé parfois assez vulgaire dans sa façon de s'adresser à Mina et ça a le don de me faire sortir immédiatement du trip et d'autre part parce que les personnages sont tous les deux trop durs, avec trop de problèmes à surmonter pour que l'on croit à un revirement pareil. J'aurai préféré qu'ils se séduisent plus franchement tout au long du roman. L'épiphanie tombe comme un cheveu sur la soupe et les réticences de Mina sont balayées trop vite et bien maladroitement. La conséquence directe de cette reprise de l'importance de la romance sur le reste, est une fin d'intrigue policière assez bâclée. Je m'attendais à de grandes révélations sur la garde noire or là nous avons eu le droit a un gentil pétard mouillé balayé par les atermoiements intérieurs des deux héros qui rentrent en Angleterre. C'est franchement dommage car je suis sûre qu'il y avait moyen de bien concilier les deux. 

Ce bémol ne m'empêchera pas de lire la suite. Je veux revoir Archimède, héros du tome 2, et en apprendre plus sur cet univers vraiment très riche. 
Une romance en demi-teinte mais une superbe œuvre steampunk à dévorer immédiatement.

Voici les avis de Nanou (Serenity) sur le forum The Inn at Lambton et de Chi-Chi sur In need of prince charming.


Allez comme je suis sympa, je vais vous retracer un peu l'Histoire de ce monde pour que vous ne soyez pas perdu à la lecture. Il n'y a pas de vrai spoilers, ça vous permettra juste de vous repérer dans les méandres d'une histoire différente de la nôtre. 

Deux cents ans avant le début de cette histoire, l'Europe fut conquise par la Horde mongole qui cherchait à étendre sa domination sur le monde. L'Angleterre pensa pendant quelques temps échapper à ses invasions du fait de son caractère insulaire mais fut bientôt conquise elle-aussi par l'introduction de nanoagents cachés dans le sucre importé. Les nanoagents, robots microscopiques, s'introduisaient dans le corps des gens infectés que l'on appelle des bogués. S'ils avaient la vertu de renforcer les capacités physiques des individus et d'améliorer les conditions de guérison, lorsqu'ils étaient activés par ondes radios, ils permettaient le contrôle et/ou l'annihilation total des émotions et sentiments humains, faisant des bogués des esclaves dociles.

L'arrivée de la Horde bouleversa profondément la société européenne. Beaucoup de nobles s'enfuirent vers les Etats-Unis avant d'être contaminés et se font appeler des Expats. L'organisation du travail qui avaient réduit les bogués en esclavage, obligea les femmes à travailler et les mariages furent drastiquement réduits au sein des populations bogués, surtout pour les classes inférieures de la société. Afin de palier au manque de main-d’œuvre, la Horde organisa des Frénésies, sorte d'orgies collectives forcées. En manipulant les nanoagents des individus, ceux-ci étaient forcés contre leur gré à se livrer à ces débauches sexuelles. Il arrivait aussi parfois que des membres de la Horde participent à ses Frénésies, violant les femmes bogués et donnant naissance à des métisses. Les enfants issus de ces Frénésies étaient placés en crèches, lieux d'éducation collective pour une main-d’œuvre docile. Mina est le fruit d'une de ces Frénésies où sa mère fut violée par un ou plusieurs membre de la Horde donnant naissance à une petite fille d'apparence mongole. Ses parents étant nobles, ils firent des pieds et des mains pour la garder auprès d'eux plutôt que de l'abandonner en crèche. Rhys Trahaearn est aussi le fruit d'une Frénésie mais n'est pas métisse. 

Neuf ans avant le début de l'Histoire, Rhys Trahaearn, alors capitaine du vaisseau pirate La terreur de Marco, détruisit la Tour de la Horde qui servait d'émetteur radio activant les nanoagents. Les anglais bogués délivrés de la Horde et de son contrôle, mais conservant toujours le côté positif des nanoagents - force et auto-guérison - virent arriver de nombreux Expat, ravis de reprendre le contrôle de leurs terres et leurs places dans la société. Très puritain - Cromwell et ses partisans on fuit l'Angleterre au profit des Amériques - bon nombre d'entre eux viennent en Angleterre se faire infecter par les nanoagents pour guérir de maladies. D'autres en revanche, se montrent particulièrement condescendant face aux bogués et refusent d'être infectés. 

Rhys Trahaearn se vit offrir le titre de Duc ainsi qu'un magnifique domaine en récompense de ses loyaux service. Adulé par la population anglaise, il vit cependant comme un reclus, s'occupant avant tout de ses terres et de ses gens, comme il considère être son premier devoir.

La chute de la Horde en Angleterre permis la libération d'une partie de l'Europe à l'exception de certains territoires toujours contrôlés par celle-ci. La Horde n'a pas disparu, elle florit à l'Orient du monde et tente, via les zombies et la Garde Noire - une société secrète d'espions à son service - de reconquérir ses territoires perdus. Les zombies furent au départ créés par la Horde en punition de certaines rébellions françaises. Agissant comme une sorte de virus de rejet, les nanoagents sont infectés et ne peuvent se soigner, laissant les gens infectés dans un état de délabrement physique et moral dangereux où les émotions comme la colère et la haine sont exacerbés. Les gens mordus par un zombie deviennent peu à peu des zombies à leur tour. Si l'Angleterre s'est progressivement débarrassée de ses zombies, on en trouve encore en Europe et un trafic existe bel et bien.

Ajoutez à ça des kraken et des mégalodons dans les eaux de l'Atlantique, des ballons volants et des pirates de l'air et vous aurez The Iron Duke. 

lundi 11 mars 2013

Fantasy Lover - Dark Hunter #1 - Sherrilyn Kenyon


Présentation de l'éditeur: (Traduit sous le titre: L'homme maudit) Grace est sexologue. Pourtant, sa vie sentimentale est un désert, ce qui n'a rien de réjouissant quand on vient d'avoir vingt-neuf ans ! justement, pour fêter son anniversaire, Grace n'a pas hésité à ouvrir le livre magique de sa copine Selena et à invoquer trois fois à minuit Julian de Macédoine, condamné par les dieux de l'Antiquité à offrir à ses maîtresses le plaisir absolu. Ce n'est qu'une légende... Mais que fait cet homme beau à se damner et nu dans le jardin de Grace ? - Commandez et j'obéirai. Je suis à vous pendant un mois, lui déclare-t-il le plus sérieusement du monde. Grace doit se rendre à l'évidence. En guise de cadeau d'anniversaire, elle a eu droit à l'homme idéal ! Elle en tombe irrémédiablement amoureuse. Il n'a pas le droit d'aimer ? Qu'à cela ne tienne, elle trouvera le moyen de la libérer de son sortilège ! N'est-elle pas celle qu'il attend depuis deux mille ans ?

Oui je sais...Quand on lit le résumé il y a de quoi rire. Seriously? A sex-slave? You are kidding me! Non non pas du tout en fait je vous promets que c'est mieux que ça n'en a l'air.

Tout est parti d'une conversation avec Tam-Tam et Chi-Chi (combien d'articles de romance ont commencé par cette phrase?) sur le bienfait ou non de la jupette dans le peplum. Particulièrement constructif n'est-il pas? Quand Tam-Tam avouait son amour pour Russell Crowe en gladiateur aux gambettes à l'air, moi je déclarais que je le préférais (indépendamment du film) avec 20 kilos de muscles en plus dans Robin des bois....d'où le débat sur la jupette...Tam-Tam en est donc venue à parler du mérite de l'hoplite grec ou du légionnaire romain lorsqu'elle a abordé le sujet des Dark Hunters en concluant par ces mots plein de classe et de dignité: "Tu vas kiffer grave" (je parle évidemment sous le contrôle de la maîtresse de l'étiquette). Après bataille entre mes deux princesses préférées pour savoir par quel tome de la série il fallait que je commence, Chi-chi l'a emporté. Et me voila donc en train de vous chroniquer le premier tome: Julian de Macédoine. (oui je sais c'est plutôt cool). 

Si vous demandez à des fans de Sherrilyn Kenyon et des Dark Hunters, la plupart vous répondront que Julian et Grace est loin d'être le meilleur et qu'on peut s'en passer. Personnellement j'ai bien accroché à leur histoire et je pense qu'il faut au contraire lire impérativement ce tome en premier pour ne pas être déçu. Si effectivement les autres sont meilleurs, je pense qu'on ne peut que perdre à ne pas lire la série dans l'ordre. Donc si vous vous décidez à lire les Dark Hunters, commencez par Julian.

Il y a vraiment deux choses qui m'ont enthousiasmée dans Fantasy Lover: le personnage de Julian et la mythologie.

Julian est un personnage vraiment complexe. On voit souvent des héros de romance avec un lourd passif mais là je vous promets qu'il y a du level. J'aime le fait que Julian soit quelqu'un de très froid (je me comprends) au début du roman, aseptisé, robotique presque dans sa façon d'agir et qu'on puisse le voir évoluer. J'ai trouvé intéressant aussi ses explications sur son passé, sa vie à Sparte, sa famille, on comprend bien qu'ayant été élevé à Sparte c'est un handicapé des sentiments et que lorsqu'on est le fils d'Aphrodite (je vous ai dit qu'il y avait du level), la vie n'est pas facile tous les jours. Non parce que sans blague, être un womanizer ça à l'air cool comme ça mais si ça vous vaut d'être détesté par tout élément mâle à des kilomètres à la ronde dès que vous entrez quelque part, je pense que ça peut devenir vite pénible. Au-delà de ça, Julian est un soldat courageux, avec pas mal d'humour et de self-control. En tout cas niveau évolution d'un personnage, Sherrilyn Kenyon s'en sort très bien avec Julian.
Grace aussi est un personnage que j'ai apprécié. Je me suis sentie extrêmement proche d'elle tout au long du livre, parce que nous avons des expériences en commun dirons-nous, et j'ai admiré sa détermination (en même temps...Julian quoi....). Elle est passionnée de littérature et chérit ses petits protégés tout comme moi. Et puis elle lit du Kinley McGregor aussi...(c'est le pseudonyme de l'auteur pour ses romances historiques, j'aime les auteurs qui s'envoient des clins d'oeil). Grace et moi sommes sur la même longueur d'ondes. 

Je vous parlais également de mythologie: puisque Julian est le fils d'Aphrodite et qu'il a été maudit par les Dieux, nous sommes plutôt servis, même si le Panthéon grec n'est pas utilisé dans son intégralité. Encore une fois Athéna roxe et certains dieux et déesses se révèlent plus sympas qu'on ne pourrait le croire. 

L'intrigue n'est pas renversante ni originale mais elle remplit bien ses promesses et j'ai lu tout ça très vite, particulièrement les 50 dernières pages qui sont pour le coup pleine de rebondissements! En tout cas je vous promets du soldat grec, de l'over swoon et une envie de poursuivre la série! 

Et les Dark Hunters dans tout ça vous me direz? Et bien j'ai une piste!!! La piste a l'air extrêmement comestible et s'appelle Kyrian de Thrace (mais on me dit dans l'oreillette de ne pas y toucher il a déjà la marque de Tam-Tam tatouée sur la peau). Fantasy Lover est donc une introduction aux mondes des Dark Hunters que l'on abordera dans le tome 2 de la série avec Kyrian.

En attendant, j'aimerai que mes amies me trouvent un Julian de Macédoine, si possible avec le physique de Bradley Cooper. Merci bien et bonne lecture!