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vendredi 3 février 2017

Altered carbon - Takeshi Kovacs #1 - Richard Morgan


Takeshi Kovacs ou la vie dans le formol des circuits électriques

A-

Présentation de l'éditeur: Dans un avenir pas si lointain, la mort n’est plus définitive : vous pouvez sauvegarder votre conscience et vos souvenirs et les réimplanter dans un nouveau corps. De fait, pour Takeshi Kovacs, mourir n’est plus qu’un accident de parcours : il a déjà été tué plusieurs fois. C’étaient les risques du métier dans les Corps diplomatiques, les troupes d’élite du Protectorat des Nations unies expédiées à travers la galaxie. Mais cette fois, on le ramène sur Terre pour mener l’enquête : un riche magnat veut élucider sa propre mort. La police a conclu au suicide. Or, pourquoi se suicider quand on sauvegarde son esprit tous les jours, certain de revenir parmi les vivants ? 

Si vous êtes fan des univers de SF, si vous n'avez pas peur de lire quelque chose d'un peu musclé et disons-le bourrin, vous devez lire Altered carbon de Richard Morgan et découvrir l'agent des corps diplomatiques Takeshi Kovacs!

Plus encore que dans n'importe quel genre, c'est bien en SF et en Fantasy que l'univers dans lequel se place le roman a le plus d'importance. Même si l'intrigue est bonne, elle sera nécessairement desservie par un environnement fade ou inexistant. Nul besoin de faire preuve d'une originalité folle avec des systèmes politiques et/ou hiérarchiques jamais encore lus, si l'univers est réfléchi et bien conçu sa vraisemblance coulera de source. C'est un exercice particulièrement délicat à accomplir. De plus, sans exposer bêtement un système de vie et de croyances, il convient de l'introduire à bon escient afin que le lecteur se sente à l'aise dans l'univers créé sans avoir l'impression d'assister à un brief de mission de l'armée américaine. 

J'ai peut-être l'air d'enfoncer des portes ouvertes mais croyez-moi c'est beaucoup plus difficile à faire qu'il n'y paraît. Pour illustrer le propos allez zyeuter (si ce n'est pas déjà fait) les mondes de George Martin et Robin Hobbs pour les anglo-saxons et ceux de Pierre Pevel, Jean-Philippe Jaworski ou encore Alain Damasio pour les grenouilles histoire de voir comment on fait. Tout ça pour dire que la construction d'un univers dense et cohérent est ce que je juge en premier dans un roman de SF et Richard Morgan s'en tire carrément bien. 

Chez Takeshi Kovacs, originaire d'un autre système solaire que le nôtre colonisé par des japonais qui ont fait venir de la main d’œuvre slave bon marché, d'où la consonance de son nom, l'idée même de la Terre est plutôt lointaine. C'est même encore plus lointain lorsque l'on fait parti des Corps Diplomatiques, unité d'élite surentraînée qui sert de mercenaires pour les conflits de la galaxie. A vrai dire c'est même encore plus lointain lorsqu'on a décidé d'obéir à ses propres lois et qu'on se retrouve stocké en taule pour 120 ans...

Il faudra bien vite se débarrasser de l'idée que le corps que vous habitez est vous puisque dans l'univers de Altered Carbon, seul votre esprit et votre mémoire comptent, stockés dans une pile implantée dans le haut de la colonne vertébrale, et c'est un point extrêmement dérangeant. Cette idée que votre esprit est stocké à votre mort (ou pendant une détention) en attendant que votre famille puisse réunir les fonds pour vous faire ré-envelopper (ou que vous ayez effectué votre peine de prison) est quand même terriblement atroce quand on y pense. Au-delà de l'idée plutôt cool que la mort et surtout la maladie n'est plus un soucis, on se rend vite compte que beaucoup de gens n'ont pas les moyens de faire ré-envelopper leurs morts, que les centres de stockage sont remplis de millions d'esprit de gens et que surtout les ré-enveloppement sont possibles grâce à des corps différents du votre (synthétique ou carrément celui d'une autre personne, genre un détenu...) si vous n'avez pas les moyens de vous faire cloner de votre vivant.
Dans nos sociétés de l'hyper-apparence, Altered carbon a de quoi vous foutre le vertige! 

Rajoutez à ça qu'entre les Maths - pour Mathusalem- ces êtres rendus virtuellement immortels grâce au clonage et aux multiples stockages de leur esprit et de l'autre côté les Catholiques qui refusent - sous serment certifiés - d'être stockés ou ré-enveloppés car leur âme ne peut être conservé dans une pile, ce qui fait d'eux les cibles parfaites pour tout type de trafics, on se retrouve avec le tournis des infinies possibilités de cette nouvelle société. 

Et nous n'avons pas encore abordé le sujet de cette femme qui secrète par ses muqueuses - toutes ses muqueuses - une drogue qui fait planer quand elle est excitée.... 
 

Heureusement au milieu de tout cet environnement qui pourrait être vite indigeste, Takeshi est un personnage solide sur ses jambes, qui bien qu'assez cynique sur ce qui l'entoure fait figure d'ancre bienvenue. Repère solide et décomplexé il nous aide à naviguer dans les eaux tumultueuses de cette Terre étrange et c'est avec lui que l'on découvre les prémices de son enquête. Le personnage malgré son cynisme est rapidement attachant et on veut comprendre pourquoi on l'a plongé lui dans un sacré merdier. Vous vous en doutez, l'affaire ne va pas être de tout repos et pas mal de monde veut lui faire la peau.

Ce roman est vraiment passionnant car outre son univers complexe, l'intrigue policière elle-même vous prend dans ses filets et on le dévore à vitesse grand V.

en VF chez Bragelonne et Milady
En revanche, le roman est assez bourrin et violent, si jamais vous n'aimez pas trop les scènes de bastons ou de torture, puisqu'il faut parler franchement, passez votre chemin. L'univers dans lequel navigue Takeshi est un univers largement en guerre ou tout du moins en guerre déguisée par de grosses multinationales et une pègre bien organisée.

De la même façon, cette idée de pile qui sauvegarde nos souvenirs et notre personnalité est un concept assez brutal qui, je ne vous le cache pas, m'a mise quand même un peu mal à l'aise. On ne pourra cependant pas reprocher au roman de fournir matière à réflexion. Ce fut un réel plaisir de lire un roman qui non seulement m'a divertie mais qui m'a aussi interpellée sur notre société, notre rapport au corps et à l'identité en général.
Altered carbon ferait une bonne base de questionnement sur ce genre de sujet mais je ne peux malheureusement pas vous parler de tout aujourd'hui sans vous spoiler salement l'intrigue. Sachez dans tous les cas que les idées de Richard Morgan ont suffisamment de mordant pour que vous vous preniez au jeu sans vous en rendre compte.

Ce premier tome de la trilogie Takeshi Kovacs vaut sacrément le coup et je vous le recommande chaudement. Quant à moi, je n'aimerai pas vraiment vivre dans cette univers là mais j'irai lire les suivants sans aucun doute.

Bonne lecture!

vendredi 12 août 2011

De mémoire d'homme (Total Recall) - Philip K. Dick



Toujours dans ma folie "je veux lire du Philip K. Dick" j'ai opté pour cette nouvelle qui a été adaptée en film dans les années 80 et rebaptisée Total Recall.

De quoi donc est-ce que ça parle? De mémoire d'homme raconte un petit bout d'histoire de la vie de Douglas Quail qui rêve d'aller sur Mars. Alors que sa femme le méprise pour ce rêve stupide, le voyage coûte beaucoup trop cher, Douglas Quail décide de faire appelle à l'agence Rekal qui se charge d'implanter de faux souvenirs dans le cerveaux de leur client. Ils leur offrent par là la possibilité de devenir ce qu'ils veulent, sans quitter leur siège. Mais tout ne va pas se passer exactement comme prévu pour Doug...

La nouvelle est vraiment très courte, une dizaine de pages, mais elle se lit très bien. Contrairement à Blade Runner que je n'avais pas aimé, j'ai vraiment appréciée cette nouvelle même si elle avait un goût de trop peu. Par contre je ne sais pas si c'est moi ou si ça vient d'ailleurs mais je trouve que ça sent fortement le futur vu par les années 80...(la couverture du recueil de chez 10/18 reste aussi dans cette ambiance, peut-être pour respecter l'époque de la publication?).

Le style est fluide et on rentre facilement dans l'ambiance même si tout le background n'est pas entièrement développé (nouvelle oblige) on arrive assez vite à comprendre le pourquoi du comment. Malgré tout c'est une nouvelle donc je suis un peu restée sur ma faim et puis...je connais le film.

Le film: Total Recall est un film américain de Paul Verhoeven sorti en 1990 (donc je le vois depuis 1995 à peu près ^^). S'il reprend tout le début de la nouvelle il birufque assez rapidement pour étoffer l'histoire et entraîner le spectateur sur une Mars révoltée et pleine de complot. Le film est vraiment prenant mais il a pas mal vieilli. Pour le coup on sent bien le futur vu par les années 80 ce qui est assez kitch par moment mais j'admets que ça ne me dérange pas (oui je sais paradoxe).

Certes il y a Schwarzy et Miss je croise et décroise les jambes dans Basic Instinct, mais ça passe assez bien. En tout cas l'histoire est largement plus développée et elle se tient mieux que la nouvelle. Certains personnages sont particulièrement attachants et d'autres vraiment détestable. Un film sympa qui reproduit plutôt bien la paranoïa de Philip Dick.



mercredi 10 août 2011

Blade Runner (les androïdes rêvent-ils de moutons électriques?) - Philip. K. Dick



Sur terre, quelques temps après l'holocauste nucléaire : les espèces animales ont quasiment disparues et certains humains, dit "spéciaux", se sont mis à muter, voire à régresser. Rick Deckard est chasseur de prime. Il est chargé de démasquer et d'éliminer des Andys, des androïdes dont le séjour sur terre est illégal. Mais leur perfection est telle qu'il est quasiment impossible de les différencier des humains. Ils pourraient d'ailleurs être bien plus nombreux que prévu. Au point que Deckard finira par se demander s'il n'est pas lui-même une création artificielle dont les souvenirs auraient été implantés.
Mais alors qu'est-ce qui différencie les humains des androïdes ? Peut-être cette capacité à utiliser la "boite à empathie", qui les plonge dans le corps perpétuellement meurtri de Wilbur Mercer.

Pour tout vous dire je n'ai pas du tout aimé le film. Tellement pas aimé (malgré Harrisson Ford) que j'ai lâché au bout de 30 minutes c'est vous dire! Mais comme j'ai plusieurs copines complètement fan de l'ambiance de la musique itoutitou, je me suis dit, donne une chance au livre et comme je voulais lire du Philip. K. Dick depuis super longtemps c'était l'occasion.

J'ai donc décidé de donner une chance au livre et...je n'ai pas pu le terminer Je n'ai pas du tout accroché à l'ambiance. Je dois dire que j'ai trouvé le style de Dick un peu laborieux par moment et ça a gêné ma lecture. Je suis loin d'aimer les personnages et encore moins l'univers dans lequel ils vivent.

Je crois que mon gros problèmes est qu'au fond les histoires sur des mondes post-apocalyptique je n'aime pas et comme je n'aime pas non plus les histoires de robots....Là j'ai vraiment eu l'impression de retrouver une fausse ambiance futuriste année 80 et ça n'est pas passé du tout (pourtant j'aime bien Total Recall oui je sais Paradoxe! et alors?)

Je ne trouve pas les personnages attachants, ils sont tous pathétiques, les hommes à contrôler leur vie avec des orgues à vouloir à tout prix des animaux et les robots qui veulent tellement ressembler à des humains. Tout cela est très "confusionnant" pour moi j'arrive mieux à gérer des histoires avec des Time Line complexes (chacun ses failles).

Ceci dit j'ai vu beaucoup de films adaptés de Philip. K. Dick et je les ai tous aimé (Minority Report, Total Recall, l'agence etc) donc je ne baisse pas les bras et je vais poursuivre ma découverte de l'auteur en évitant désormais les robots! (peut-être que je tenterai Asimov et les 3 lois de la robotique pour me faire changer d'avis, je suis assez peu obtue!)