jeudi 10 février 2011

The King's speech (2010)


COUP DE COEUR DE PERSEPHONE

D’après l’histoire vraie et méconnue du père de l’actuelle Reine Elisabeth, qui va devenir, contraint et forcé, le Roi George VI (Colin Firth), suite à l’abdication de son frère Edouard VIII (Guy Pearce). D’apparence fragile, incapable de s’exprimer en public, considéré par certains comme inapte à la fonction, George VI tentera de surmonter son handicap grâce au soutien indéfectible de sa femme (Helena Bonham Carter) et d’affronter ses peurs avec l’aide d’un thérapeute du langage (Geoffrey Rush) aux méthodes peu conventionnelles. Il devra vaincre son bégaiement pour assumer pleinement son rôle, et faire de son empire le premier rempart contre l’Allemagne nazie.

CASTING

Colin Firth.................................................George "Bertie" VI
Helena Bonham Carter..............................duchesse d'York / Reine Elizabeth
Geoffrey Rush...........................................Lionel Logue
Derek Jacobi..............................................Archbishop Cosmo Langi
Jennifer Ehle..............................................Myrtle Logue
Timothy Spall............................................Winston Churchill
Guy Pearce................................................Edward VIII
Michael Gambon.......................................Le roi George V
Eve Best....................................................Wallis Simpson

Servi par un casting admirable, ce film est véritablement la merveille de l'année.

Chapeau bas à Colin Firth qui confirme son talent. Son jeu force l'admiration tant il est crédible et convaincant. Entre ses mains, le spectateur ressent viscéralement la douleur de ce prince, intelligent et lucide qui veut rendre son père fier et se montrer digne de sa fonction de duc puis de roi. Le bégaiement n'est pas exagéré mais profondément étudié, jamais ridicule c'est la souffrance qui transparait dans ce défaut d'élocution. Cet handicap lui "bouffe la vie", le ronge de l'intérieur, de l'histoire racontée aux princesses Margaret et Elizabeth aux discours officiels, toute sa vie tourne autour de ce bégaiement.
Pourtant, Albert "Bertie" n'est pas un personnage parfait. Ces sautes d'humeurs et ses colères sont foudroyantes, souvent injustes et détournés de lui-même vers un interlocuteur extérieur, le professeur Logue.

Geoffrey Rush donne lui aussi une interprétation remarquable, tout en finesse et en drôlerie de ce docteur aux manières peu conventionnelles. Passionné par son métier, il s'installe entre lui et son royal sujet une complicité et une amitié là aussi peu conventionnelle. Les exercices proposés par Lionel Logue sont extrêmement drôle à voir et détendent l'atmosphère assez lourde qui pèse sur le futur monarque. Son amour de Shakespeare et sa drôlerie en fait un personnage très attachant, sûrement le plus attachant de tous, car à l'inverse de Cosmo Langi (joué par un formidable Derek Jacobi), prêt à tout pour rester dans le cercle du pouvoir, Lionel Logue tient vraiment au bonheur d'Albert et ne cherche pas à profiter du monarque sauf par la moquerie "vous me ferez bien chevalier" lancé un peu effrontément.


Helena Bonham Carter est impeccable comme toujours, toujours juste, son personnage est un mélange de raideur protocolaire et de détente amusée. Si le spectateur s'amuse avant tout de la voir évoluer avec aisance sur le devant de la scène, c'est surtout l'amour qu'elle porte à son mari qui est touchant. Alors qu'il a renoncé depuis longtemps, c'est elle qui continue à chercher des solutions pour lui rendre la vie plus facile: "je détestais le protocole mais je me suis dit en vous épousant que vous bégayez tellement bien, qu'au moins ils nous laisseraient tranquilles".

Si j'ai trouvé touchante l'histoire de ce prince devenu roi presque par hasard, celle de son frère le roi Edward VIII qui a abdiquer est aussi émouvante et même courageuse. Edward VIII était follement amoureux d'une américaine deux fois divorcée et voulait l'épouser. Il renoncera au trône pour cela, alors même que sa famille (Albert et Elizabeth les premiers) ne comprennent pas sa réaction. Je trouve l'interprétation de Guy Pearce sincère et émouvante, de ce roi qui sacrifia son trône par amour. Il faut souligner je crois ce choix: voir un monarque abandonner le pouvoir par amour est un geste si rare mais si courageux, car au fond de lui il sait qu'il ne pourra être un bon roi s'il doit sacrifier une part de sa vie à son peuple, qu'il préfère y renoncer. Son histoire m'a émue alors même qu'elle n'est pas présentée comme particulièrement positive dans le film. La vie future d'Albert dépendait de ce choix qu'allait faire son frère aîné.

La reine Elizabeth II a salué ce film et je crois qu'il le mérite. Il montre un roi humain, une famille royale moins froide qu'elle ne l'est apparu il y a quelques années avec The Queen, et s'attache davantage aux êtres humains qu'à la fonction.

Un très beau film en somme, une histoire touchante mais vraiment très drôle. On ne s'ennui pas, on rit, on pleure, on aime bref....le film à voir.

2 commentaires:

Mascha a dit…

J'ai adoré ce film. J'en ai fait une critique sur mon blogue, alors je ne la copierai pas ici. lol
Mais il m'a beaucoup touché.
Ça fait du bien de voir un film où les bègues ne sont pas présentés comme des idiots ou des lâches... :)

Evy a dit…

Un coup de coeur pour moi ! J'ai tout simplement adoré ce film et Colin Firth est absolument phénoménale dedans !

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