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mercredi 28 novembre 2018

Duchess by design - The gilded age girls club #1 - Maya Rodale

A

Résumé: Durant l'Age d'or américain à Manhattan, tout peut arriver...
A la recherche d'une riche américaine à marier qui pourrait sauver son domaine familial, Brandon Fiennes, duc de Kingston est déterminé à faire ce qu'il faut. Cependant, sa recherche d'une héritière américaine est compromise lorsqu'une ravissante couturière croise sa route. 

...et l'amour véritable est toujours à la mode.
Miss Adeline Black aspire à être une couturière de renom - pas une duchesse - et même un duc très séduisant ne peut la distraire de son but. Kingston lui fait une offre qu'elle ne peut malgré tout refuser: l'accompagner à des événements mondains pour mettre en avant ses propres créations et le conseiller sur les héritières qui auraient les qualités requises pour faire une bonne duchesse. Le plan est parfait...aussi longtemps qu'ils résistent à la tentation, évitent le scandale et ne perdent pas leur cœur dans la foulée. 

La nouvelle série de Maya Rodale démarre sous les meilleurs hospices. Clairement centré sur des femmes fortes américaines, j'ai trouvé ce premier tome tout à fait rafraîchissant et qui aborde plein de thématiques intéressantes. 
Il s'agit de façon évidente du trope du prince et de la bergère. Si vous êtes allergiques à cette différence de classe, passez votre chemin, c'est clairement la trame principale. Kingston est un duc britannique et comme pas mal de duc britannique de la fin du XIXe siècle, l'argent vient à manquer. Il fait donc ce que bon nombre de ses compatriotes vont faire, traverser l'Atlantique pour se trouver une héritière tentée par un titre de duchesse en échange de quelques liquidités. De son côté, Adeline rêve d'ouvrir sa propre boutique de conception de robes. Elle est douée et inventive, elle veut embellir les femmes tout en leur donnant les armes pour être plus fortes et indépendantes comme...des poches! Oui des poches dans les robes, idée révolutionnaire mais Ô combien importante. A la suite d'une rencontre fortuite dans un ascenseur et un bon qui pro quo, Kingston est sûr qu'Adeline est non seulement la femme de sa vie mais aussi celle qui va pouvoir le sortir de ses ennuis. Oups. 

Je sais que Duchess by design a reçu un très bon accueil public et critique mais j'ai tout de même lu quelques commentaires sur la masculinité toxique et les privilèges des hommes blancs auquel correspond Kingston. 
Alors oui, sans suspense aucun, Kingston est riche, blanc, privilégié et n'en a aucune idée mais j'ai envie de dire...normal. On est en 1893 et c'est un duc. S'il avait conscience de tout ça, il serait plus en avance sur son temps que la plupart de nos contemporains. Donc oui, il commet plein de bourdes, il ne comprend pas comment fonctionne les USA et les convenances sont légèrement différentes de l'Angleterre MAIS, il n'est jamais cruel ni absurdement fermé. Il réalise vite qu'il est à l'origine de problèmes pour Adeline et fait tout son possible pour se racheter. Il est en conflit avec elle, souvent, sur des idées qui bousculent son confort mais grâce à Adeline il grandit. 
Ce roman est féministe il n'y a pas à chercher pour moi. Alors oui, Adeline fait de la pédagogie avec Kingston, alors qu'elle n'y est pas forcé. Oui, ils se disputent sur des concepts qui lui sont étrangers mais à force de réflexion, Kingston change vraiment et prend conscience de sa propre place dans la société et ça fait du bien de voir un héros capable d'évoluer. De plus, si Kingston change c'est grâce à Adeline mais la réciproque n'est pas vraie. Adeline n'a pas besoin de Kingston. Elle accepte son aide certes, mais son vrai salut viendra d'une société féministe passionnante. Il y a beaucoup de femmes dans cette romance et beaucoup d'entraide, c'est aussi ce qui m'a séduite dans Duchess by design. 

Pour moi, la relation Kingston-Adeline fonctionne très bien d'autant plus que j'ai eu énormément d'empathie pour Adeline. Elle est vive, joyeuse, déterminée, intelligente et elle a de la repartie. Bref, gros coup de cœur pour ce couple. J'ai aimé les thématiques d'émancipation que développe Maya Rodale à travers son héroïne: l'importance de la réputation, l'inventivité de l'héroïne et sa volonté d'indépendance qui passe par un détail aussi anodin que les poches dans les robes. 

Le roman est très bien rythmé, il y a beaucoup de rebondissements, retournement de situation et Maya Rodale utilise très bien les différences culturelles entre les Etats-unis et l'Angleterre. Le décalage est parfois drôle à suivre, les américains étant bien moins impressionnés par les titres que les anglais qui baignent dans cette hiérarchisation depuis l'enfance. Kingston va vite déchanter. 
Il ne faut pas paniquer sur le qui pro quo, Maya Rodale ne l'étire pas outre mesure et sait exactement quand le démonter pour mieux rebondir. 
De plus, il y a plusieurs explications historiques à la fin de l'ouvrage pour montrer exactement d'où lui viennent les idées du roman. C'était passionnant parce qu'elle remet ainsi sa romance dans un contexte plus large et très appréciable. 

Je suis rentrée très vite dans le roman, son humour, ses thèmes, ses personnages et je l'ai boulotté comme une sucrerie. C'était mon premier Maya Rodale bien que j'ai lu son essai sur la romance (essai que je vous recommande chaudement, elle analyse de façon très pertinente pourquoi la romance est mal vue en tant que genre littéraire). J'ai peu lu de romances qui se passent aux Etats-unis, je préfère malgré tout l'Angleterre mais je vais sans doute lire la suite de la série, en espérant qu'elle soit à la hauteur de Duchess by design. 
Bonne lecture!

vendredi 23 novembre 2018

Wicked and the Wallflower - Bareknuckle Bastards #1 - Sarah MacLean

A+

Je suis accro à Sarah MacLean. Elle a produit ma romance préférée Nine rules to break when romancing a rake et depuis je la suis avec attention. En plus, Sarah est une personnalité super cool que je vous conseille de suivre sur Instagram et Facebook. Quand j'ai vu l'année dernière qu'elle allait sortir une nouvelle série, j'étais dans les starting block. Quand j'ai eu accès au résumé, j'étais littéralement impatiente. Je n'ai pas été déçue.

The Barenuckle bastards est le nom que se donnent deux frères, Devil et Beast qui font la loi dans les quartiers pauvres de Londres. A la force de leurs poings et de leur détermination, ils ont réussi à conquérir leur propre espace et à monter leur entreprise. Tous deux fils bâtards du même duc, ils ont scellé un pacte des années plus tôt. Or il se trouve que leur frère, lui aussi bâtard de ce même duc mais reconnu comme héritier par ce dernier, est de retour à Londres avec la ferme intention de se trouver une épouse. Devil et Beast voient rouge, le duc contrevint explicitement à leur accord et Devil est prêt à tout pour empêcher son frère d'arriver à ses fins. 

Felicity Faircloth est la risée de Londres depuis qu'elle a été surprise dans les appartements privés d'un aristocrate alors qu'elle cherchait simplement un endroit au calme. Poussée par une famille aux aboies, la jeune femme rêve malgré tout d'une histoire d'amour. Surprise par Devil dans le jardin du duc, ce dernier voit en la jeune femme le moyen d'empêcher son frère de prendre femme. C'était sans compter sur la personnalité déterminée de Felicity et les faiblesses de Devil.

Je vous vois venir, il y a quelques semaines je râlais sévère après Lorraine Heath pour un revenge plan dans son nouveau Beyond scandal and desire. Alors oui, on ne va pas se mentir, Wicked and the Wallflower part effectivement du même postulat, MAIS, le traitement du héros et la personnalité de l'héroïne font que le roman ne tourne pas du tout de la même manière. Déjà, Devil tombe amoureux de Felicity très vite et pas du genre, pants feelings, il est vraiment attiré par la personnalité de Felicity et très vite il se rend compte que l'utiliser est cruel et qu'il n'a pas envie de mettre son plan à exécution même s'il se retrouve coincé. C'est un détail auquel j'apporte beaucoup d'importance parce que je trouve lassant que les héros masculins tombent amoureux de l'héroïne juste parce que ça bouge dans leur pantalon. Devon/Devil est fascinée par la personnalité de Felicity et ça fait du bien à lire. 
C'est renforcé par Beast et leur sœur qui lui disent plusieurs fois qu'il fait fausse route, ce qu'il admet très volontiers. Pour moi c'était un exercice ultra périlleux de rendre Devil sympathique malgré son plan mais il a de vrais sentiments, il n'est pas du tout aussi froid que le héros de Beyond scandal and desire. 

Certains et certaines d'entre vous ne seront peut-être pas d'accord avec moi mais j'ai trouvé l'ensemble bien mieux amené que chez Lorraine Heath. Ce qui joue aussi c'est que Devil n'a pas l'intention de grimper dans les échelons de la société, être un homme de l'ombre lui va bien. Il ne jalouse pas la position de son frère, il a de la haine pour leur père décédé et veut surtout protéger sa sœur, véritable héritière du titre ducal (oui ils ont une histoire familiale compliquée). Il est de fait, bien plus attachant. 

D'autre part, j'ai ADORE Felicity. Elle est vive, intelligente, drôle et déterminée. Elle crochète des portes, c'est certes un détail mais ça la rend différente. Elle non plus n'a pas une famille facile et elle va découvrir des choses sur eux au fur et à mesure que le roman avance, ce qui va mettre Devil assez en colère! L'alchimie entre eux fonctionnent extrêmement bien et Felicity n'est pas du tout effrayée par l'univers de Devil, elle est même très curieuse car comme lui, elle est à la marge de son propre monde. Cette rencontre va aussi lui permettre de s'émanciper, de sortir de sa coquille et de faire la différence entre ce qu'elle veut vraiment et ce qu'elle croyait vouloir. On sent bien avec Felicity le poids de la société victorienne. Les rumeurs, les scandales, les petites jalousies, tout ce qui peut affecter la vie d'une personne pour pas grand chose, sont bien mis en scène par Sarah MacLean. 

J'ai donc beaucoup aimé le couple principal mais aussi l'histoire, son déroulement, les rebondissements et les personnages secondaires. L'écriture de Sarah est toujours maîtrisée et très drôle. 



Bref, je l'ai boulotté hyper vite et j'ai pris énormément de plaisir à lire cette romance, c'est même la meilleure que j'ai pu lire cette année et j'attends impatiemment la suite de la série. 

vendredi 9 novembre 2018

The Dangerous Lord (A la merci du vicomte) - The Lord trilogy #3- Sabrina Jeffries

D

Présentation de l'éditeur: Lorsqu’elle a accepté d’aider Katherine Hasting, Felicity n’imaginait pas que les choses tourneraient aussi mal. En effet, si elle a publié sous pseudonyme des propos diffamants au sujet de Ian Lennard dans l’Evening Gazette, c’était uniquement afin d’offrir à son amie un prétexte pour rompre des fiançailles qu’elle ne désirait plus. Mais voilà que le séduisant vicomte l’a démasquée, et il n’apprécie pas du tout d’être la cible de rumeurs qui risquent de le ruiner. Car Ian a besoin d'une épouse au plus vite pour conserver son héritage et, Felicity le comprend avec effroi, il entend bien lui faire jouer ce rôle pour lui faire payer son impertinence… 

OH MON DIEU!!! J'ai tellement mais tellement pas aimé cette romance...Il s'agit du tome 3 de la Lord Trilogy mais on peut le lire indépendamment sans aucun problème, les tomes n'ont pas l'air d'être liés. Cela dit, comme vous l'aurez compris, je vous en déconseille très fortement la lecture.

The Dangerous Lord fut une lecture horriblement frustrante. J'avais envie de hurler car à chaque fois qu'un élément narratif s'améliorait un autre partait systématiquement en sucette. Alors je préviens, je vais méchamment spoiler pour vous expliquer pourquoi je trouve que cette romance est une honte. 

Ian Lennard, récemment rentré en Angleterre a besoin de se marier rapidement afin de sécuriser son héritage (comme beaucoup de héros de romance vous en conviendrez). De son séjour en Inde, il ramène une réputation assez noire car comme de bien entendu, le ton trouve le moyen de propager des rumeurs sans bien fondé. Personnage assez sombre et réservé, marqué par son passé, ce n'est pas un homme facile d'accès. Sa personnalité, associée aux rumeurs qui parcourent le ton, font que trouver une femme n'est pas une chose aisée pour le Lord. Il finit par jeter son dévolu sur la jeune Katherine Hastings. Ce n'est clairement pas un mariage d'amour, Katherine est jeune et assez fade mais elle est gentille et Ian pense qu'elle tiendra bien son rôle et qu'ils s'entendront bien, raison ma foi suffisante pour un mariage aristocratique au XIXe siècle. Sauf que...il découvre dans l'Evening gazette, qu'un de ses secrets vient d'être révélé et de façon complètement fausse aussi, mettant de fait en péril ses fiançailles avec Katherine Hastings. On l'accuse d'entretenir une maîtresse, ce qui n'est pas très engageant on admet. Ian Lennard entre dans une rage folle car non seulement l'information est fausse mais en plus, elle menace la réputation d'une femme qu'il essaye de protéger. 
Comme notre Lord n'est pas le dernier des idiots, il découvre assez rapidement qui se cache derrière cet article, à savoir Félicity, une jeune femme qui déguise son identité pour publier des chroniques mondaines dans l'Evening Gazette. 

Parlons un peu de Felicity. Sur le papier, j'ai tout pour aimer le personnage: elle déguise son identité, s'infiltre dans plein de soirée mondaine pour en tirer des potins, à la façon de Lady Truelove de Laura Lee Ghurke (promis on en reparle vite!) ou de la chroniqueuse mondaine des Bridgerton de Julia Quinn. Les petits potins mondains, tant qu'ils ne détruisent la vie de personne, ça me va. De plus, Felicity a l'air assez futé pour dénicher des infos et en soit c'est quelque chose qui me plait...sauf que...je n'aime pas du tout le personnage.
Le gros problème de Felicity pour moi, ce sont ses motivations. 
Bien que ses méthodes d'investigation laissent un peu à désirer (elle voit quelque chose, en déduit une autre et écrit sans rien vérifier), elle fait ça pour empêcher son amie Katherine d'épouser un homme qu'elle n'aime pas et dont elle a peur. Ça pourrait partir d'un bon sentiment sauf qu'un peu plus tard dans le récit, on apprend que Katherine s'enfuit avec un autre homme, qu'elle aime lui, mais qui n'est pas du tout de sa classe sociale et ça met Felicity en rage. En rage, parce qu'elle estime que son amie Katherine devait épouser quelqu'un de son rang social. 
DONC...pour moi c'est horripilant. J'aurais pu comprendre qu'elle fasse ça par pure amitié mais en vrai non, elle agit pour son amie dans ce qu'elle estime ELLE être bon pour Katherine. C'est non seulement très hypocrite mais en plus elle n'hésite pas à salir un homme qui ne lui a rien fait pour arriver à ses fins.

Cela aussi ça m'a agacée, l'innocence de Ian (non pas que je cherche un héros coupable). En tant que lecteur on sait que la rumeur sur Ian est fausse, bien sûr Felicity ne le sait pas et se fie aux apparences mais j'ai eu la désagréable impression d'être du mauvais côté de la barrière, d'être pour Ian alors qu'à ce stade du récit j'aurai dû être du côté de Felicity. Ce déséquilibre m'a beaucoup dérangée. 

Il se trouve ensuite que Felicity et Ian, après une première rencontre houleuse, se retrouve à un week-end mondain chez des amis de Ian et là...chose magnifique...les ami-e-s de Ian au grand complet sont persuadés que ce dernier a mal agit envers Felicity. Alors certes, elle leur ment à moitié en leur faisant croire que Ian serait responsable de quelque chose d'impropre envers elle mais les ami-e-s de Ian gobent le tout sans discuter alors même qu'iels connaissent Ian depuis des années et Felicity depuis 30 minutes environs. Là aussi ça m'a mise en colère. En tant que féministe convaincue qui vous rabâche à longueur de post de romances l'importance de ces sujets dans ce genre littéraire (qu'on veut des héros non sexiste, qu'on doit soutenir les femmes qui déclarent avoir été victime etc), ça me fait mal d'être du côté de Ian et de voir que Felicity ment. Ce n'est pas un sujet sur lequel on doit mentir, cela fait trop de tord aux victimes et Felicity n'est pas une victime et je n'ai pas envie d'être du côté de celles et ceux qui disent: "oui mais on ne sait jamais, peut-être qu'elle ment". [Cri de rage qui réveille Cheshire]. 

Vous comprenez qu'à ce stade j'étais bien en colère...une impression de malaise, une héroïne que je détestais...jusqu'à ce qu'au milieu du roman, je commence à apercevoir une lumière. Félicity se rend compte que ce qu'elle est en train de faire à Ian est cruel et qu'il ne le mérite pas. OUI, OUI! Tu ne détruis pas la réputation d'un homme qui ne t'a rien fait en détruisant ses fiançailles et en incitant ses ami-e-s à le croire coupable d'un truc horrible. 

L'espoir quelque peu restauré, j'ai poursuivi ma lecture pour mieux tomber. Certes pas de très haut parce que je n'attendais quand même pas un miracle, faut pas abuser, mais tomber malgré tout parce qu'au moment où Felicity devient responsable et mature, c'est Ian qui déconne. Il se met littéralement à la menacer pour qu'elle l'épouse. Du chantage au mariage qui va durer quasiment jusqu'à la dernière page...l'angoisse absolue! Comment croire une seule seconde à leur histoire sans avoir envie de gerber? Sérieusement? Une héroïne égoïste, moralisatrice, menteuse et manipulatrice et un héros...égoïste, moralisateur, menteur et manipulateur.

Clairement ce roman ne fonctionne pas DU TOUT pour moi. Je suis ressortie de ma lecture extrêmement mal à l'aise et ce n'est pas ce que j'attends d'une romance.
Je vous parlais de Lady Truelove un peu plus haut. Le tome 2 de cette série est basée sur à peu près la même idée, sauf que Laura Lee Ghurke en a tiré une romance EXTREMEMENT choupichou, au point qu'elle est passé dans mon top 10. En comparant les deux, je me suis rendue compte de tout ce que Sabrina Jeffries aurait pu modifier dans son texte pour qu'il soit aussi bon que le Ghurke, surtout que je les ai quasiment lus à la suite donc les détails étaient encore bien frais dans ma mémoire.

Bref...en attendant ma chronique du Ghurke, je vous conseille plutôt de vous pencher sur un bon vieux Bridgerton, ça sera plus sain pour vos nerfs! 

dimanche 4 novembre 2018

Louisa - The Governess Club #4 - Ellie MacDonald


B


Présentation de l'éditeur: « Si vous acceptez de m’héberger, je ferai tout ce que vous me demanderez. »
Jamais Louisa n’aurait pensé prononcer ces mots un jour. Mais aujourd’hui, seule et en fuite, elle n’a pas le choix : l’auberge miteuse du Beefy Buzzard est le seul endroit où elle peut espérer échapper à son passé. John, le séduisant aubergiste, a justement besoin d’aide pour tenir son établissement. Il offre donc à Louisa de travailler pour lui en échange du gîte et du couvert. La tâche paraît ardue, mais Louisa accepte malgré tout, loin de s’imaginer que cette expérience va bouleverser sa vie…

Quatre gouvernantes font un pacte pour gagner leur indépendance, avant que l’amour ne s’en mêle… 

En début de semaine nous avons parlé du tome 3 de la série, Sara, que j'avais très moyennement aimé. J'avais trouvé le roman très déséquilibré au niveau du rythme et pas très crédible dans la mise en place de l'histoire. Pour rappel, en l'espace de deux semaines l'héroïne passait d'une petite puritaine incapable de dire du mal à un mannequin en tissu à une jeune femme complètement libérée qui s'enfuit pendant une semaine avec un homme sur son domaine. Bref...ce n'était pas très concluant mais la dernière partie du roman était beaucoup plus fun à lire et surtout, le cliffhanger de la fin m'a vraiment surprise.
Dans les dernières pages de Sara, on apprend que Louisa est partie. Elle a tout simplement fait ses bagages et a fui.

Louisa était le personnage que je préférais parmi les gouvernantes. J'aimais beaucoup son côté pragmatique et un peu froid qui tranchait de façon sympathique avec Sara que j'avais envie de secouer violemment. J'avais hâte de voir quelle était son histoire et pourquoi elle s'était enfuie.

J'ai passé un très bon moment avec ce tome. Le héros John est super, super, super mimi! Je sais que la description physique ne plaira pas à tout le monde, il est grand, très costaud (c'est un ancien boxer) et il se rase le crâne mais franchement le personnage est tellement cool et choupi. Dans ma tête il ressemble à Dwayne Johnson le côté samoa en moins. Avouez que c'est un argument...(que personne ne dise du mal de Dwayne Johnson, c'est un acteur beaucoup trop cool pour cette planète!).
John, ancien boxeur qui a raccroché les gants pour ouvrir sa taverne est bien décidé à se poser et à mener une petite vie tranquille. Il a aussi un grand cœur, c'est pour ça qu'il accueille volontiers Louisa qui semble visiblement dans le besoin. Il n'est pas non plus insensible au charme de la jeune femme. il est vraiment très attachant dans le genre gros nounours qu'on a envie de prendre dans ses bras.

Louisa de son côté est une jeune femme pleine de ressources et très déterminée. La vie n'est pas toujours rose à la taverne mais le travail ne lui a jamais fait peur. De plus, Louisa est très intelligente ce qui ne gâche rien et elle se prend bientôt au jeu d'aider John, notamment avec ses comptes - il faut dire qu'il n'est pas très doué pour ça!
Louisa et John se complètent vraiment très bien et j'ai trouvé l'attirance entre les personnages, la façon qu'a leur relation de se construire lentement mais sûrement très agréable. La tension monte progressivement ce qui fait qu'on attend le moment où ils vont craquer avec impatience. Il y a plein de moments très chou même si Louisa cache un secret qui la ronge depuis des années et qui l'a forcée à fuir son univers.

Pourquoi un B et pas un A me direz-vous? (ou peut-être pas, ça dépend si vous lisez cette chronique jusqu'au bout ou non). Tout simplement parce que j'ai trouvé la fin pas à la hauteur de ce que j'avais lu jusque là. Lorsqu'on apprend le secret de Louisa, on est vraiment horrifié: de savoir ce qu'elle a vécu d'abord puis tout ce qu'elle a enduré par la suite pour échapper à tout ça. De leur côté, les amies de Louisa ainsi que leurs compagnons, la recherchent désespérément. Le problème c'est que le passé de Louisa, ainsi que ses ami-e-s, se retrouvent tou-te-s compacté-e-s dans les dernières pages du récit. Je n'aime pas vraiment ce genre de grosse coïncidence à la fin des romances en mode: il faut bien finir donc on va dire que tout le monde se retrouve au même endroit, iels vont discuter deux heures et zou, affaire conclue. En vrai ça ne fonctionne pas comme ça. Du coup, la fin semble un peu bâclée mais aussi vraiment peu crédible. J'ai eu du mal à croire à certains rebondissements.

Malgré tout, on ne parle que des vingt dernières pages et ça ne m'a pas gâché la lecture loin de là! J'ai passé un excellent moment avec John et Louisa et j'aurai aimé que Nathan et Sara soit de la même qualité.

Avez-vous lu des romances d'Ellie MacDonald ou peut-être même cette série? N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé!
Bonne lecture les chafouins. 

mercredi 31 octobre 2018

Sara - The Governess Club #3 - Ellie MacDonald


C


Présentation de l'éditeur: Quatre gouvernantes font un pacte pour gagner leur indépendance, avant que l’amour ne s’en mêle… 

Dans la communauté de Taft, la rumeur s’est répandue en quelques jours : le vaste domaine de Winden Hall accueille un nouveau propriétaire. Un homme riche, séduisant et – surtout – célibataire, venu fuir l’agitation citadine. Seule Sara, qui n’a d’yeux que pour le pasteur du village, se moque de cette nouvelle. En digne fille de pasteur, elle s’imaginait reproduire à l’identique la vie raisonnable et pieuse qu’elle a toujours connue. Mais lorsqu’elle rencontre ce nouveau voisin, un aristocrate odieux dont le seul regard suffit à la troubler, son existence bien réglée commence peu à peu à basculer… 



Je ne fais décidément rien comme il faut. J'ai pris cette série en marche et j'ai lu le tome 3, Sara et le tome 4 Louisa, dont je vous parlerai très bientôt. 

Tout d'abord, je vous conseillerai fortement de NE PAS faire comme moi. Je râlais dernièrement sur les séries qui sont "faussement" des séries (oui c'est toi que je regarde If I ever should love you), ici ce n'est pas le cas. Les tomes sont liés, les histoires également et c'est quand même bien mieux pour profiter pleinement d'un volume d'avoir lu la série dans le bon ordre. 

Cependant, même si je pense qu'il m'a manqué certains éléments pour mieux apprécier le décor global de la série, je n'ai pas été convaincue par Sara. 
Reprenons: A l'initiative de Claire, quatre jeunes femmes organisent un club de gouvernante afin de conquérir leur indépendance. Tour à tour, chacune d'entre elle va devoir affronter son propre chemin. Lorsque l'on commence Sara, Claire et Bonnie sont toutes les deux établies mais continuent leur mission auprès des enfants avec l'aide de Sara et Louisa. 

D'emblée...je n'ai pas accrochée avec Sara. J'aime bien les héroïnes mimi, un peu souris mais ici ça n'a pas pris. Le principe d'une héroïne timide, on le sent venir ici, c'est qu'au contact du héros, elle va s'affirmer et prendre sa vie en main. Cela demande une mise en place subtile et assez lente pour que le changement soit compréhensible et se fasse en douceur. Sauf que Sara n'est pas juste timide, elle est compulsivement timide. Lorsqu'on lui parle, elle est incapable de répondre et est souvent prise de panique au point de s'étouffer. Ses amies la pensent même faible et incapable de donner un avis ou de prendre une décision. Cela est appuyé aussi par la voix de sa mère décédée qu'elle entend dans sa tête, femme autoritaire et puritaine qui a élevé Sara dans un protestantisme rigide. 
Pour vous donner un exemple concret de la timidité de l'héroïne, à un moment, Louisa lui demande de dire du mal d'un mannequin qui représente une horrible paroissienne. Sara est incapable de dire du mal de ce mannequin...un mannequin en chiffon!!!
Du coup, quand elle rencontre le héros Nathan Grant, qui est plutôt du côté viril et effrayant de la force, pas vraiment du même gabarit que le pasteur, elle est incapable de lui répondre. Dans les cent vingt premières pages, on tourne un peu en rond, c'est assez frustrant même si Nathan Grant a beaucoup d'humour et compense à lui tout seul les moments carpes de Sara.

J'ai bien aimé Nathan même s'il n'est pas assez développé à mon goût. J'ai finalement eu l'impression de très peu le connaitre. C'est un ancien politicien qui s'est retiré dans un petit village car il est écœuré de la corruption et des mensonges. Il est blessé à la jambe et marche avec une canne. J'ai eu un peu peur de l'effet Dr. House car il a un côté misanthrope et cynique mais au final, Ellie MacDonald se montre plus fine que ça. Le fait qu'il soit blessé fait juste parti du personnage, ce n'est qu'un trait pour le décrire parmi d'autres et on évite l’écueil du héros tourmenté qui nous tire des larmes par son handicap.
Si on récapitule, on a: un héros assez cynique et impressionnant qui n'est pas dépourvu d'humour et qui se sent attiré par cette petite souris grise qui de son côté est maladivement timide et qui en pince pour le pasteur parce que c'est la vie calme à laquelle elle aspire.

Et donc...en l'espace de quelques pages qui représentent deux semaines de récit à peu près, Sara passe d'une admiration chaste - très chaste - pour le jeune vicaire de la paroisse à un désir débridé - très débridé - pour Nathan Grant. Elle voit le héros deux fois et il se montre bourru, à la troisième il est saoul et l'embrasse ce qui déclenche quelque chose en elle et ensuite, une fois qu'il lui a dit qu'il veut plus que l'embrasser, elle décide de jeter aux orties son éducation, ses principes moraux et religieux pour vivre une "aventure", aventure qui signifie s'enfermer avec le héros dans son domaine familial pendant une semaine pour s'envoyer en l'air. NO WAY!

Malgré tout, passé ce début chaotique, la seconde moitié du roman est plus subtile. L'auteure prend d'avantage son temps pour construire un lien entre Nathan et Sara. Si cette exécution n'est pas parfaite, elle reste néanmoins agréable et se lit bien. 
La fin est un peu abrupte car le roman se termine sur un cliffhanger qui interroge beaucoup sur le tome suivant Louisa. 

En conclusion, Sara n'est pas un mauvais roman, il est juste profondément déséquilibré et il faut attendre la moitié pour enfin se prendre au jeu. Je n'ai pas particulièrement aimé l'héroïne et le héros n'était pas assez développé...dommage.

A très vite pour la suite!

vendredi 26 octobre 2018

Any groom will do - The Brides of Belgravia #1 - Charis Michaels

C

CW: mention récurrente de stérilité féminine


Résumé (traduit de la VO): 
LA RÊVEUSE
Lady Wilhelmina "Willow" Hunnicut a toujours rêvé de quitter la campagne tranquille du Surrey pour la vue et le bruit constant de Londres. Douée pour l'aménagement d'intérieur, elle aspire à décorer les plus grandes demeures londoniennes. Cependant, une héritière non mariée ne peut pas s'installer seule dans la capitale et ses parents lui ont interdit de déménager. Une femme mariée en revanche peut aller et venir à sa guise sans risquer le scandale. Avec cette idée en tête, Lady Willow publie une petite annonce qui offre sa dot à de potentiels époux en échange de sa liberté. Elle est déterminée à épouser le premier homme venu prêt à prendre lui donner son nom en échange de sa dot avant de partir à pieds, à cheval ou par bateau.

LE DÉSESPÉRÉ
Lord Brent Caulder, comte de Cassin possède l'un des derniers chateaux du Yorkshire mais celui-ci est en mauvais état. Les gens sur le domaine ont de moins en moins de quoi survivre et la mère et les soeurs de Brent ne sont pas mieux loties. Cet état est malheureusement le fait de Cassin qui a vendu les mines qui avaient apporté la prospérité au domaine pendant des générations, car elles étaient devenues dangereuses. A présent, il doit trouver une alternative saine pour empêcher ses gens de mourir de faim.

LE MARCHÉ
La solution vient sous la forme d'une petite annonce d'un investisseur de Londres. Quand "l'investisseur" se révèle être une jeune femme et l'argent de sa dot, Cassin doit décider s'il est suffisamment désespéré pour épouser une étrangère. Le marché tient sur un seul point: les mariés devront prendre des voies séparées et ne pas regarder en arrière.

LA DECOUVERTE
Quand une crise familiale force le jeune couple à rentrer dans le Yorkshire, Cassin cherche de l'aide et du réconfort auprès de sa jeune épouse qu'il connaît à peine. Lady Willow embrasse l'attraction naissante entre eux tandis que Cassin prend de temps de la voir moins comme un investisseur que comme sa femme légitime.

C'est l'intrigue la plus ridicule que je n'ai jamais lu. Le plan de base est tout simplement du grand n'importe quoi. J'aurai aimé que vous puissiez voir ma tête quand j'étais en train de lire Any groom will do. Je suis passée de l'incrédulité à l'exaspération.

Reprenons depuis le début: Lady Willow Hunnicut a souffert d'une péritonite étant petite ce qui l'a laissée stérile. Jusque là, soit. C'est un sujet difficile qui mérite aussi sa place dans la romance et qui, à mon sens, peut-être - quand c'est bien fait - très cathartique. Jusque là, pas de difficulté. Là où ça se corse, c'est que pour une raison mystérieuse, la mère de Willow est persuadée que sa fille n'est pas du tout stérile. Alors certes tu peux jouer les autruches mais dans ces cas là, pourquoi cloîtrer Willow dans le Surrey? Parce que c'est ce qu'il se passe. La pauvre Willow vit enfermée dans le Surrey au prétexte que comme elle est stérile, elle ne pourra jamais trouver de maris. WHAT? Comment créer chez Willow un sentiment de culpabilité et d'inutilité...D'autant plus que si tu ne fais pas faire de saisons à ta fille, c'est sûr qu'elle ne risque pas de trouver de mari et que PERSONNE n'est au courant. Ce n'est pas marqué sur son front si? 
Bref, déjà ça partait mal. Si on rajoute à ça qu'ils refusent qu'elle aient des relations avec sa tante qui a épousé quelqu'un en dessous de sa position, on comprend très qu'elle veuille partir loin de ses parents, moi aussi j'étoufferai à sa place.

Elle décide de mettre au point un plan pour pouvoir vivre libre comme elle le souhaite. Sauf que...non...clairement non. Je comprends l'idée de base, épouser quelqu'un pour gagner la liberté que peut éprouver une femme mariée, mais pourquoi diantre passer une petite annonce? Alors certes, l'annonce est tournée d'une façon que les postulants éventuels ne savent pas qu'il s'agit d'un mariage et d'une dot mais ça sent quand même grave le plan pourri. Il faut ajouter à ça, qu'elle n'est pas seule dans le plan, elle y inclut aussi deux amies qui ont des raisons encore plus fortes que Willow de vouloir s'en aller. Arrivée là, j'avais déjà beaucoup de mal à croire que le plan puisse marcher mais quand on apprend peu après que celui qui va répondre n'est autre qu'un comte - comme c'est pratique - qui a absolument besoin d'argent - tellement pratique -, j'ai commencé à soupirer très fort. Et puis on apprend qu'il est en affaire avec deux amis qui sont évidemment beaux et intelligents et qui ont aussi besoin d'argent. MAIS BIEN SÛR!


Non mais sérieux? Je veux bien croire à une certaine dose de coïncidence mais là c'était clairement trop pour moi. La ficelle est trop grosse je ne marche pas.
Any groom will do enfile les paradoxes comme des perles. La vicomtesse pense que ça fille n'a pas de problème de fertilité mais en même temps elle la cloitre chez elle où elle ne peut pas trouver de mari. Brent et Willow discutent pendant des plombes sur "est-ce une bonne idée de se marier, oui, non, zbradarldjian" et il leur suffit de se voir deux fois pour manquer de s'envoyer en l'air derrière les rideaux du petit salon.

La conclusion du marché prend une ÉTERNITÉ. Willow et Brent n'en finissent pas de discuter et de tergiverser sur les termes de l'accord alors que dans le même temps, à leur deuxième rencontre, ils sont littéralement à deux doigts de se sauter dessus quasiment sous le nez de la vicomtesse. Du coup on ne comprend pas trop ce qui les retient autant et ça sent juste les rebondissements forcés pour accroître le nombre de pages et la difficulté de la romance. Oui parce qu'à partir du moment où on se lèche la glotte avant d'être mariés, c'est plus compliqué de justifier un mariage de convenance et une intrigue à base de "je découvre mon mari/ma femme alors que je pensais prendre juste le pognon/le nom". Mon petit doigts me dit qu'ils se sont bien découverts...

C'est franchement dommage parce que la seconde moitié du roman, dès lors que l'intrigue se déplace dans le Yorkshire dans la famille de Brent, est vraiment très sympa et met au jour la personnalité très agréable du héros. Il est rapidement clair qu'il veut agir par devoir, non seulement envers sa famille mais aussi vis-à-vis des gens qui vivent sur ses terres. Il est très drôle et a beaucoup de charme. Willow n'est pas mal non plus, on sent qu'elle veut gagner son indépendance et se révéler à elle-même en dehors de ce que la société attend d'elle. Autant vous prévenir d'emblée, il n'y a pas de bébé miracle, Willow est vraiment stérile ce qui - à mon sens - est tout à l'honneur de Charis Michaels et est un point réussi du roman.

J'aurai vraiment aimé une autre mise en place de l'intrigue globale et un rythme mieux maîtrisé car la première partie est vraiment pas terrible alors que la seconde est très bien. Any groom will do sent trop la superficialité et du coup ça ne me donne pas envie de lire les deux autres volumes de la série alors que les ami·e·s de Willow et de Brent sont plutôt intéressants.

En conclusion...

dimanche 21 octobre 2018

Devil in tartan (L'audacieuse des Highlands) - Highland grooms #4 - Julia London


C

Présentation de l'éditeur: Sur le bateau qui l’éloigne des Highlands, Lottie Livingstone prend conscience à quel point son clan risque de tout perdre – sa réputation, ses revenus, sa liberté – si elle ne parvient pas à vendre au Danemark la cargaison de whisky qui lui a été confiée. Alors quand son convoi, attaqué, se retrouve en perdition, elle est prête à tout pour ne pas voir sa mission échouer. Déterminée, elle décide d’organiser le siège d’un navire rival croisé sur sa route. À cet instant, elle est encore loin de se douter à quel point sa rencontre avec le capitaine Aulay Mackenzie, un Écossais aussi séduisant que redoutable, risque de bouleverser ses plans… 

Dans Devil in tartan on retrouve notre famille MacKenzie de Balhaire. Après l'histoire de Rabbie Mackenzie et de Bernadette, on se consacre à Aulay, le dernier fils de la fratrie encore célibataire.
On avait déjà vu Aulay dans Hard-hearted Highlander, où la jeune fiancée de Rabbie, Lady Avaline tentait, très maladroitement, de le séduire.
Aulay, c'est le marin de la famille, celui qui a fait une croix sur une vie sentimentale pour assurer le commerce des MacKenzie. C'est un vrai marin, incapable de rester sur la terre ferme mais qui reste malheureux de ne pas connaitre le même bonheur que ses frères et sœurs.
De l'autre côté, on a Lottie Livingstone, une magnifique jeune femme - tous les hommes sont fascinés par Lottie - qui doit assurer la survie de son clan. Elle doit absolument vendre au Danemark une cargaison de whisky afin de sauver les siens et payer Laird Campbell. Désespérée, elle organise l'attaque du bateau d'Aulay et le force à changer de destination.

Dans l'ensemble j'ai bien aimé cette romance mais en toute honnêteté, elle possède malgré tout des défauts que je n'ai pas su ignorer.

Peut-être plus encore que dans Hard-hearted Highlander, on sent le contexte écossais très présent. Devil in tartan se passe après la bataille de Culloden où les écossais en révolte contre les anglais, ont été massacrés, ce qui a anéanti leur chance de victoire. Une grosse partie des clans écossais ont été décimés à Culloden. Cependant parmi tous ces clans, certains sont restés neutres et d'autres ont pris parti pour les anglais. Ici, vous avez trois clans et trois positions politiques dans l'échiquier de la seconde révolte Jacobite. Les livingstone sont dans une position extrêmement précaire face au très puissant clan Campbell - l'un des plus puissants clans d'Ecosse et partisan du clan Hanovre - et les MacKenzie, bien que neutres, sont aussi dans une position délicate et doivent entretenir leur richesse familiale par le commerce avec la Scandinavie. J'ai beaucoup aimé qu'on sente le poids de l'après révolte et que les personnages soient tous un peu coincés par leurs obligations familiales. Ce n'est pas parce que la guerre est finie que tout est de nouveau rose et ce contexte fouillé permet à Julia London de créer un vrai contexte crédible à sa romance.

Si vous lisez le roman en anglais, vous verrez aussi que l'auteure a travaillé son texte pour que l'ambiance écossaise ressorte également dans la langue. Quelques mots en gaélique, quelques tournures de phrases bien écossaises, cela donne tout de suite le ton. Je ne sais pas comment cela peut rendre à la traduction, il faut sans doute s'attendre à ce que ça soit lissé mais dans tous les cas, en anglais cela renforce le côté Highlands.

Devil in tartan a tout du roman d'aventure. On est embarqué dans une histoire de piraterie, pas forcément attendue, vu que c'est le magnifique marin qui se fait prendre en otage par la frêle héroïne, mais une histoire de piraterie néanmoins. On se déplace de l'Ecosse au Danemark avant de revenir dans les Highlands. Si j'ai beaucoup aimé la seconde moitié du roman, j'ai trouvé la première très longue à se mettre en place.
C'est vraiment le plus gros reproche que je ferai au roman, c'est ce déséquilibre dans le rythme. La première partie est très longue alors que je l'aurai personnellement préférée plus resserrée. A l'inverse, la dernière partie à Balhaire en compagnie de la famille MacKenzie a presque un goût de trop peu. C'est une famille très agréable les MacKenzie et j'aurai aimé les voir plus, surtout Catriona qui est très vive et adorable.

Aulay est un très bon héros. Il est alpha comme il faut mais pas machiste. On sent qu'il a du faire des choix difficiles qu'il n'assume pas vraiment totalement. C'est un personnage passionné par la mer mais qui rêve d'une vie de famille comme ce que connaissent déjà ses parents et la plupart de ses frères et sœurs. Je trouve qu'on éprouve rapidement beaucoup d'empathie pour Aulay par rapport à sa situation et il est assez chevaleresque car il aide Lottie alors même qu'il aurait toutes les raisons de ne pas le faire.
J'ai eu en revanche beaucoup plus de mal avec Lottie. Elle a beau être désespérée et sincère malgré tout dans ce qu'elle fait, son plan est vraiment foireux et elle va détruire pas mal de chose pour Aulay. Elle oscille souvent entre remords et "après tout je m'en fous c'est mon clan d'abord", ce qui fait que j'ai eu du mal à l'aimer pendant un long moment. J'ai souvent eu envie de la secouer et de lui foutre des baffes. Cependant, elle est foncièrement honnête et finit par s'en vouloir beaucoup d'imposer tout ça à Aulay, ce qui la sauve en fin de compte.
Même si je n'ai pas apprécié l'héroïne autant que le héros, l'alchimie entre les deux est très bien rendue et leur attraction vous donnera sans difficulté des papillons dans le ventre.

Pourquoi C alors? Et bien, parce qu'entre le rythme déséquilibré et Lottie que je n'ai pas franchement aimé, cette romance a été une lecture en demi-teinte. Certes, certains aspects m'ont beaucoup plu et j'ai dévoré certaines parties du roman très vite mais d'autres m'ont beaucoup agacée ou ont lassé mon intérêt. Je ne trouve pas Devil in tartan aussi bien que Hard-Hearted Highlander qui me semblait plus fin dans la construction des personnages.

En attendant, si vous voulez le lire, sachez qu'il sort en français très bientôt dans la collection Victoria chez Harlequin sous le titre L'audacieuse des Highlands.

J'espère pouvoir lire Tempting the Laird bientôt et vous reparler de Catriona et ensuite du dernier volume de la série Seduced by a Scot. 

mercredi 17 octobre 2018

When a Duke loves a woman - Sins for all seasons #2 - Lorraine Heath



B

Si vous vous souvenez, je n'avais pas du tout aimé le premier tome de cette nouvelle série, Beyond scandal and desire. J'avais franchement détesté le héros et son plan pour se venger de son père qui comporte entre-autre de ruiner la vie d'une jeune femme innocente. Si l'ambiance assez pesante du roman m'avait plu, je n'avais pas du tout trouver crédible la fin de l'intrigue, tirée par les cheveux et sans aucune cohérence qui gâchait à mon sens, toute la lourdeur mise en place par le poids des conventions sociales. 
Malgré tout, je n'abandonne pas aussi facilement, surtout une auteure comme Lorraine Heath qui a tant à offrir. J'ai donc fait une deuxième tentative avec la suite, When a Duke loves a woman qui s'intéresse cette fois à Gillie, la petite soeur de Mick Trewlove. Je ne partais pas hyper convaincue car encore une fois il s'agit d'une histoire de différence de classe et j'avoue que j'ai eu un rictus dédaigneux quand j'ai lu "bâtarde" et "duc" dans le résumé. Le moins que l'on puisse dire, c'est que j'ai bien fait car j'ai passé un très bon moment en compagnie de Gillie et Thorne même si mes inquiétudes sur les différences sociales étaient fondées.
Une précaution cependant, pour apprécier ce roman, il va falloir avoir conscience que l'intrigue n'est pas plausible du tout ni historique le moins du monde. 

Gillie Trewlove a comme tous les enfants Trewlove, été abandonnée à la naissance par ses parents, comme un paquet de linge sale encombrant. Recueillie par Ettie Trewlove, elle a grandi avec Mick et ses autres frères et soeurs. Ettie ayant une très bonne idée de ce qui peut attendre une jeune femme dans les mauvais quartiers de Whitechapel, Gillie a passé la majeur partie de sa jeunesse, habillée en garçon et a développé un fort caractère. Propriétaire du pub The mermaid and the unicorn, elle vient en aide aux gens du quartier et est appréciée de tous. C'est dans la ruelle derrière son établissement, qu'elle met en fuite deux voleurs en train de sévèrement battre un homme au sol. Gillie n'est pas du genre à laisser quelqu'un dans le besoin. Elle ramène l'homme chez elle et le fait soigner par le médecin. L'homme en question n'est autre que le duc de Thornley, Thorne pour les intimes, qui vient de passer une très sale journée. Non seulement sa fiancée Lavinia l'a abandonné à l'autel le jour de leur mariage, humiliation suprême, mais en plus il vient de se faire battre dans une ruelle de Whitechapel et dépouillé d'une montre de famille à laquelle il tenait. 
Alors que Gillie se trouve une faiblesse devant cet homme vulnérable et magnifiquement beau, Thorne n'a pas envie de quitter trop vite sa bienfaitrice. Grâce à Gillie, il explore les bas-fond de Whitechapel à la recherche de Lavinia et découvre un nouveau monde inconnu. 

Soyons clair, cette romance c'est le prince et la bergère. Un duc et une bâtarde qui possède une taverne dans Whitechapel, il n'y a aucun moyen que ça soit crédible, peu importe comment vous le tournez. Donc, si vraiment vous ne pouvez pas passer un pacte de la suspension de la crédibilité avec vous-même, laissez tomber When a Duke loves a woman. Si comme moi, vous décidez de voir les bons côtés du roman en oubliant cette énorme incohérence alors je pense que vous y trouverez votre compte.

Gillie est une excellente héroïne. Je l'ai vraiment ADORÉE! Elle est forte, indépendante avec du caractère sans jamais être agaçante. Elle a un coeur d'or et a envie d'être utile à la communauté qui l'a recueillie. Malgré tout, elle ne se fait pas d'illusion sur le monde dans lequel elle vit et ne voulant pas connaitre le même sort que sa mère ou que ses parents biologiques, elle a longtemps fermé son coeur à tout homme. Il est hors de question pour elle d'avoir un bâtard et de l'exposer à ce qu'elle et ses frères ont vécu. 
On passe pas mal de temps dans la taverne de Gillie et l'ambiance y est chaleureuse. On croise aussi ses autres frères qui ont une importance dans le récit. Ils sont adorables à leur façon de vouloir la protéger alors qu'ils n'en ont pas besoin. Je ne peux pas vous dire quoi exactement mais ils vont tous faire un geste vraiment très généreux lorsque Gillie aura besoin d'aide. C'était légèrement ridicule mais très très mignon. Contrairement à Mick, j'ai très envie de découvrir l'histoire des autres frères qui j'espère vont plus se concentrer sur Whitechapel que sur le monde aristocratique. 

Thorne est aussi un très bon personnage. Humilié par sa fiancée, il veut la retrouver pour comprendre pourquoi elle est partie. Il veut aussi s'assurer qu'elle est en bonne santé et qu'elle a de quoi survivre. C'est plutôt noble de sa part sachant qu'elle la mis dans une mauvaise posture, cela dit Thorne n'est pas amoureux de Lavinia. Contrairement à Mick, Thorne n'est pas plein de rancoeur ni de haine et l'intrigue laisse plus de place à la romance, ce qui est tout à fait agréable. On découvre en même temps que Thorne le quartier de Whitechapel et il réalise à quel point la vie est différente de celle qu'il a toujours mené. C'est le choc des deux mondes. Le prince et la bergère on vous dit!

L'interaction entre les personnages est vraiment bien rendue et je trouve qu'on retrouve la sensualité des romans de Lorraine Heath qui faisait défaut dans Beyond scandal and desire. La tension monte progressivement et c'est très efficace. C'est du Lorraine Heath donc si vous n'aimez pas les romances un peu sexy, passez votre chemin. Cependant soyez rassuré, ce n'est jamais vulgaire. 

J'avais détesté l'ambiance lourde de Beyond scandal and desire car ce n'était pas maitrisé jusqu'au bout avec un happy end complètement sorti de nulle part. Dans When a Duke loves a woman, l'ambiance est beaucoup plus légère. Comme je le disais, Gillie et Thorne n'ont pas de haine, ni de ressenti. Il n'y a pas de projet de vengeance, le seul point noir au tableau ce sont les barrières sociales qui séparent Gillie et Thorne. Du coup, comme le roman n'est pas lourd et plombant, l'inconvénient des barrières sociales qui semblaient insurmontables entre Mick et Aslyn, n'ont ici pas la même gravité. Le rebondissement final et le HEA ne sont pas si invraisemblables - même si en vrai on est d'accord, ça ne se ferait pas. 

Si vous êtes prêt e à laisser de côté la véracité historique, si vous voulez une jolie histoire entre un prince et une bergère avec des personnages principaux tous mignons et des personnages secondaires tout aussi craquants, je pense que vous aimerez When a Duke loves a woman. 
En tout cas, l'aperçu du tome trois que l'on a dans celui-ci me donne très très envie de découvrir la prochaine histoire! Cela risque d'être particulièrement intéressant avec un ancien amour et une nouvelle chance. Vivement sa sortie. 
En attendant, bonne lecture. 

vendredi 12 octobre 2018

Hard-Hearted Highlander (Le fiancé des Highlands) - The Highland grooms #3 - Julia London



B

Présentation de l'éditeur: Après une fugue amoureuse qui a mal tourné, Bénédicte a tout perdu : son amant, sa réputation, mais aussi l’espoir de fonder une famille un jour. Quand on n’a plus rien à perdre, on n’a plus rien à craindre ! Et certainement pas le sale caractère de Rabbie Mackenzie, le fiancé de sa jeune et fragile maîtresse, Lady Avaline. Bénédicte a beau n’être qu’une dame de compagnie, elle n’hésite pas à tenir tête au fougueux Écossais. C’est donc tout naturellement qu’elle devient l’intermédiaire entre les deux fiancés, qui n’ont décidément rien en commun – tout en tâchant d’ignorer l’attirance coupable qu’elle ressent pour l’ombrageux Écossais…

Dans la série des Highlands grooms, j'ai fait un peu tout en dépit du bon sens. Sur les six volumes que comporte la nouvelle série de Julia London, j'en ai lu trois et pas les trois à la suite. Ne bougez pas je vous explique tout!


Dans The Highlands grooms nous suivons la famille Mackenzie of Balhaire. Après l'histoire des parents, on suit les enfants Mackenzie, à l'exception de Vivienne la première fille, dans un ordre chronologique mais qui n'est pas lié au place des membres dans la fratrie et le dernier tome prend comme personnage principal un homme proche du héros de Tempting the Laird.

De tout ça j'ai lu le tome 3, Hard-Hearted Highlander, le tome 4 Devil in Tartan et j'ai eu la chance de lire le petit dernier en avance Seduced by a Scot.  Ce que je peux vous dire, c'est que si l'histoire des parents n'est pas forcément à lire en premier, puisqu'il y a un vrai bond en avant dans le temps entre ce tome là et Sinful Scottish Laird, le tome 2, les autres se suivent et c'est plus agréable pour comprendre tous les liens entre les personnages. Moi qui n'ait pas encore lu le tome 5 - ça va venir - j'ai trouvé qu'il me manquait des éléments pour apprécier à fond le tome 6.
Si j'ai donc un conseil, c'est de lire les tomes 2 à 6 dans l'ordre. Après, pas de panique, on comprend les histoires malgré tout!

Dans Hard-Hearted Highlander, l'histoire commence en 1750 à Balhaire dans les Highlands. Bien que la famille Mackenzie soit restée neutre pendant la révolte jacobite qui oppose une partie des Highlands à la couronne britannique, Rabbie Mackenzie a beaucoup souffert et perdu pendant la guerre qui s'est soldée par la bataille de Culloden.
L'amour de jeunesse de Rabbie, Seona MacBee a été massacrée avec tout son village par des soldats anglais et l'écossais n'arrive pas à faire son deuil. C'est encore plus difficile lorsque par devoir familial il doit épouser la très jeune et frêle Lady Avaline Kent pour qui il n'éprouve aucune inclination. Épouser une anglaise passe mal d'autant plus que Lady Avaline semble terrifiée par cet homme imposant, peu amène et plus âgé qu'elle. Les sombres pensées de Rabbie sont néanmoins mises à mal par la vivacité d'esprit de Bernadette Holly - ne me demandez pas pourquoi la version française dit Bénédicte - la dame de compagnie de Lady Avaline qui semble avoir tout le caractère qui manque à sa protégée.
De son côté Bernadette cache elle aussi un sombre passé qui a ruiné toute chance d'un futur heureux. Bien décidée à faire en sorte qu'Avaline soit heureuse, elle met en place un plan: faire en sorte que Rabbie donne à Avaline les raisons suffisantes pour interrompre les fiançailles sans ruiner sa réputation. Mais le plan s'avère plus compliqué à mettre en place à mesure que Rabbie Mackenzie devient de plus en plus attirant et est attiré par Bernadette.

J'ai beaucoup aimé le côté sombre de cette romance. Les deux héros, Rabbie et Bernadette, sont deux êtres particulièrement éprouvés par la vie, marqués par des évènements traumatisants. Si Rabbie est perclus de culpabilité - Seona est morte tandis qu'il était en Norvège - il est aussi partagé par la responsabilité envers sa famille. C'est un personnage rude mais que j'ai beaucoup apprécié. Rabbie a beaucoup de profondeur et même s'il a l'air très sombre, il aboie plus qu'il ne mord.
De son côté Bernadette est très très attachante! Son histoire est sans doute encore plus sombre que celle de Rabbie mais contrairement à lui, elle a un certain rebond. C'est quelqu'un de très vif et intelligent qui n'est pas dénuée d'humour.

Le personnage de Bernadette est également mis en valeur quand on compare avec Lady Avaline. Elle n'est pas méchante, juste jeune et pas très futée. On comprend qu'elle soit intimidée par Rabbie mais la terreur qu'il lui fait ressentir est largement exagérée, Rabbie n'est pas un monstre. Ce qui est très drôle c'est qu'elle va s'éprendre d'Aulay, le frère aîné de Rabbie qui a tout du beau pirate - il est vrai qu'Aulay est apparemment le plus beau de la fratrie. C'était très marrant de voir Avaline tout faire pour se faire remarquer par Aulay alors que lui n'y voit rien du tout!

L'attirance entre eux est très bien rendue et les dialogues sont vifs et pertinents. Sans rien révéler de l'histoire de Bernadette, on comprend vite que Rabbie n'est pas son premier amour. C'est sans doute lié à mon âge mais j'aime de plus en plus les héroïnes qui ont passé un certain âge et qui ont de l'expérience, soit parce qu'elles ont eu des amants, soit parce qu'elles sont veuves. C'est admis qu'un héros ait déjà eu des femmes dans sa vie mais plus rarement une héroïne. J'ai, j'imagine, plus de mal à m'identifier à une jeune femme de 16 ou 18 ans.
VF publiée dans la collection Victoria

De plus, Hard-hearted highlander évoque pas mal de sujets difficiles que je trouve à la fois audacieux et intéressants à aborder. Je préfère prévenir, si vous êtes sensibles au sujet des enfants, de l'adoption et/ou des questions de fertilité, ce sont ces sujets qu'abordent le roman. Je sais que pour certain·e·s d'entre vous ça peut être un sujet sensible, donc je ne voudrais pas que ce Highlander soit une cause de détresse.
En tout cas, le sujet est abordé avec plein de tact et de sensibilité et j'aime beaucoup la façon que Julia London a eu de résoudre l'intrigue de ce point de vue là. C'est optimiste sans être béa.

Ce roman est mon premier Mackenzie donc c'est là que j'ai rencontré les personnages. Les parents sont un peu effacés mais on sent encore l'amour entre eux, même après autant d'années. Je n'ai pas gardé beaucoup de souvenirs des frères et sœurs aîné·e·s d'Aulay et de Rabbie, il faut dire qu'ils ne sont pas très présents dans ce roman. Aulay lui a déjà pas mal de profondeur et c'est exploité davantage dans le tome suivant dont on va reparler bientôt. Celle que j'ai adoré en revanche c'est la petite sœur Catriona. J'adore sa franchise, sa vitalité et sa joie de vivre. J'ai hâte de lire son histoire dans Tempting the Laird.

Hard-Hearted Highlander était une très bonne première incursion dans l'univers des Mackenzie et de Julia London. Il ne fera pas parti de ma keeper shelf mais il était très sympa à lire.
Rendez-vous dans quelques jours pour la chronique sur Devil in Tartan, l'histoire de Aulay et de Lottie Livingstone. 

lundi 8 octobre 2018

Beyond scandal and desire - Sins for all seasons #1 - Lorraine Heath



D

Résumé: A la naissance, Mick Trewlove, le fils illégitime du duc Hedley, est laissé sur le pas d'une porte. Malgré son enfance dans les bas-fonds de Londres, Mick est parvenu à devenir un homme d'affaire à succès mais sa richesse n'a pas suffit à éteindre son besoin de vengeance contre l'homme qui l'a abandonné. Que peut faire Mick hormis détruire le fils légitime de son père et séduire sa fiancé afin de l'humilier complètement?

Orpheline et protégée, Lady Aslyn Hastings rêve d'un peu d'aventure. Avec son promis toujours occupé ailleurs, Aslyn se retrouve prise dans les filets d'un très bel entrepreneur qui semble comprendre parfaitement ce qu'elle ressent. Cependant, une Lady comme elle devrait sans doute éviter Mick Trewlove. Si seulement il n'était pas aussi irrésistible...

Alors que les secrets sont sur le point d'être exposés au grand jour, Mick doit décider si sa vengeance vaut le coup de risquer ce que son cœur désire vraiment.

Ma première expérience de Lorraine Heath avait été particulièrement concluante. La novella Gentlemen prefer heiresses de la série Scandalous gentlemen of Mayfair, était fraîche, drôle, sexy et vraiment fun à lire. J'étais super contente de pouvoir lire sa nouvelle série Sins for all season qui raconte l'histoire de plusieurs membres d'une même fratrie, tous des enfants illégitimes recueillis par Mrs Trewlove et élevés avec amour malgré leur filiation douteuse auprès de la bonne société londonienne.

A ce stade là, ce n'est plus de la déception que j'ai ressenti avec ce livre, c'est carrément de la rage. On ne va pas tourner autour du pot, j'ai DÉTESTÉ, Beyond scandal and desire. Ce roman a deux gros problèmes pour moi et je n'ai pas réussi à passer outre.

Le héros est un gros sac à caca. 
Voila, c'est dit. Mick Trewlove est le bâtard du duc de Hedley et a été abandonné à la naissance sur le seuil de la maison d'Ettie Trewlove, connue à l'époque pour s'occuper des rejetons illégitimes des aristocrates londoniens. Malgré ça, c'est un homme très intelligent qui a fait fortune...enfin, fortune, Crésus c'est un petit joueur à côté. Mick est en train de construire un magnifique hôtel et aimerait attirer les clients fortunés mais sa condition de fils illégitime est bien connue ce qui lui barre la route des salons influents. Contrairement à ses frères et sœurs Trewlove, qui s'en moquent de faire payer à leur géniteur leur vie dans les bas-fonds, Mick est plein de haine et entend bien se venger du duc de Hedley. Il se trouve que son demi-frère Kip a un gros problème de jeu. Joueur compulsif, il perd de grosses sommes aux tables des Hell de Londres et Mick voit là le moyen idéal de se venger, ruiner son demi-frère. Jusque là, je peux comprendre, il veut ruiner monétairement l'héritier légitime de son père.
SAUF QUE...Mick ne s'arrête pas là. Il veut une humiliation totale et donc...décide de séduire la fiancée de son frère, Lady Aslyn qui est également la pupille du duc Hedley.
POURQUOI? Pourquoi utiliser une jeune femme innocente pour se venger d'un autre homme? Beaucoup se diront que je pinaille, que c'est un trope courant dans la romance mais justement, c'est un trope que j'ai de plus en plus de mal à supporter. Au final, l'héroïne est toujours un dommage collatéral d'une histoire d'homme.

Surtout qu'il y a plusieurs problèmes au plan de Mick:
Aslyn est complètement dépendante de la famille Hedley. Elle n'a pas de famille, tout ce qu'elle possède, tout ce qu'elle est, elle le doit au duc et à la duchesse Hedley. Si sa réputation est ruinée, elle ne risque pas seulement d'être mise au ban de la société mais carrément de se retrouver à la rue.
C'est horriblement cruel de la part de Mick d'utiliser Aslyn de cette façon parce qu'il a vécu cette mise à l'écart et ce dénuement et c'est ce qu'il va imposer à Aslyn en la ruinant. Ça montre bien le caractère du personnage, il a tellement de haine en lui qu'il est prêt à faire souffrir une innocente autant que lui a souffert. J'ai du mal à le voir comme un héros potentiel à ce niveau de planification et de cruauté.
Oui parce que tout est planifié. Leur rencontre dans les jardins avec sa petite sœur et Aslyn et Kip n'est pas fortuite, elle est programmée à l'avance...

A ce point de l'intrigue, on réalise vite qu'Aslyn n'est pas une personne humaine aux yeux de Mick, elle est un moyen d'arriver à sa fin. Il ne voit pas vraiment l'enfermement dans lequel se trouve l'héroïne. Il ne réalise son humanité que lorsqu'il se rend compte qu'elle lui fait de l'effet et qu'il a envie de se la faire.
Que le héros ait d'abord une attraction physique avant des sentiments plus profonds ce n'est pas un problème. On est souvent d'abord attiré physiquement par quelqu'un avant de découvrir cette personne mais ici Mick réalise que ruiner la vie d'Aslyn serait cruel uniquement après avoir envie de se la faire. C'est parce qu'il ne peut pas la garder dans son pantalon qu'il voit Aslyn avec un autre regard. Si Aslyn ne lui avait pas fait d'effet, il n'en aurait rien eu à battre. NON, non et non!

Surtout que pour couronner le tout, à aucun moment il ne se dit qu'il est un odieux connard ou qu'elle mérite mieux. Jamais. Il va jusqu'au bout de sa vengeance et c'est une fois la vengeance accomplie qu'il se demande comment il peut arranger les choses pour Aslyn.

Rien ne vient sauver un héros pourtant prometteur et plutôt du genre que j'aime d'habitude. Pour moi, Mick Trewlove est juste un sac à caca qui décide de faire une bonne action parce que son pénis le démange. Franchement, des héros comme ça on peut très bien s'en passer.

Revenons sur ce que je disais sur Aslyn à présent. Contrairement à Mick que je trouve vraiment mauvais, Aslyn est très mignonne comme héroïne et possède même beaucoup d'humour. C'est un personnage d'autant plus attachant qu'elle est entourée de sac à caca parce que pour le dire franchement, Kip ne vaut pas mieux que Mick. Elle se retrouve donc avec un choix assez limité d'homme.
Ce qui était très intéressant ici cependant, c'est toute la construction sociale du roman. Aslyn est enfermée dans les codes moraux de la bonne société victorienne et Lorraine Heath exploite vraiment très bien cette lourdeur. On sent qu'elle s'est renseignée sur ce qu'une Lady comme Aslyn a le droit ou non de faire. Par exemple, parler dans la rue plus de cinq minutes à quelqu'un comme Trewlove peut lui causer des blâmes dans sa pristine réputation, ou encore comment une femme de la bonne société peut faire passer des messages avec son ombrelle ou son éventail.
Tout au long du roman, l'importance du rang social et de la filiation sont mis en avant. La bâtardise de Mick est sans cesse répétée, la fragile position des femmes également.

C'est ici que se trouve le second point qui m'a vraiment énervée. Avec toutes les précautions qu'a prises Lorraine Heath pour créer une ambiance pesante chargée des conventions sociales, elle finit par faire un roman absolument pas crédible! Je suis plutôt à cheval sur la réalité historique mais je suis capable de mettre ça de côté si l'histoire est bien, mignonne et/ou fun mais ici tout est lourd et imprégné des conventions. Comment croire une seule seconde que cela puisse finir aussi bien...Quand vous décidez d'écrire une romance avec un énorme écart social, encore plus si c'est la femme qui vient de la haute société, vous vous arrangez au moins pour que la romance soit légère et n'insiste pas trop sur les conventions sociales histoire qu'on puisse y croire.
Toute la fin est tellement tirée par les cheveux que s'en était ridicule. Déjà que je ne croyais pas à l'histoire d'amour mais alors la résolution de la vengeance et le happy end, j'ai roulé des yeux tellement fort que j'aurai pu voir l'arrière de ma tête. C'est comme si Lorraine Heath finissait par dire "Oh et puis merde on s'en fout on va dire que ça fonctionne".

Non je suis désolée, ça ne fonctionne pas. Y a pas grand chose qui fonctionne dans ce roman...

Vous voulez un Revenge trope beaucoup plus subtil avec un héros humain et repentant et une héroïne qui claque? Tournez-vous plutôt vers Wicked and the wallflower de Sarah MacLean, où Devil est incommensurablement meilleur que Mick Trewlove. Vous voulez une romance avec un écart social mais qui reste cute et efficace? When a Duke loves a woman de Lorraine Heath, le tome 2 de la série Sins for all season. On reparlera bien évidemment de ces deux romances.

Beyond scandal and desire m'a vraiment mise en colère et j'espère bien que ce genre de catastrophe ne va pas se reproduire. Qu'à l'avenir les auteures feront un peu plus attention avec les tropes malsains ou qu'elles seront assez intelligentes pour en tirer quelque chose de bien.
Si vous aimez Lorraine Heath, je vous conseille de passer directement au tome deux de cette nouvelle série et de laisser tomber ce premier tome.
Bonne lecture!

jeudi 4 octobre 2018

The untamed bride - The Black Cobra Quartet #1 - Stephanie Laurens


B

Résumé: Endurcis par la guerre, incroyablement riches, impossible à arrêter, ces quatre officiers de la Couronne se battent contre une secte mortelle connue seulement sous le nom de Black Cobra.

Il a affronté des périls mortels sans fléchir, déterminé à se battre pour le roi et son pays.
Elle est courageuse, belle avec un passé scandaleux, destinée à être une mariée indomptée.
Ensemble, ils doivent vaincre un ennemi sans foi ni loi, tout en affrontant les dangers du cœur.  

Qu'on aime ou non Stephanie Laurens, il faut lui reconnaitre une capacité assez incroyable à créer de vrais romans d'aventure façon récit du XIXe siècle. Avec ces séries The Black cobra quartet et The adventurers quartet c'est exactement ce que l'on a. Si chacune des histoires comporte sa propre romance, la série a réellement une cohérence interne car les quatre volumes mis bout à bout ne forment qu'une seule grande histoire.

The untamed bride démarre sur les chapeaux de roue. On fait la connaissance de quatre soldats de sa Majesté aux Indes chargés par les services secrets britanniques du Bastion club de mener à bien une mission contre une secte appelée The Black cobra. Cette secte est bien soutenue par de puissants personnages en Angleterre et nos quatre héros doivent trouver une preuve des agissements d'anglais. Après avoir récupéré cette preuve, ils mettent au point un stratagème pour la ramener en Angleterre. Ils partent chacun avec un parchemin scellé mais seul l'un d'entre eux contient la vraie preuve. Ils devront prendre des routes différentes afin d'acheminer cette dernière. The untamed bride suit le premier d'entre eux, le capitaine de la bande le colonel Derek 'Del' Delborough. Sa mission se complique lorsque sa tante lui demande une fois arrivé en Angleterre, d'accompagner une jeune voisine, Deliah Duncannon, depuis Southampton jusqu'à chez elle ce qui la place en plein milieu du danger.

Je me suis prise au jeu super vite dans ce roman. On a vraiment l'impression de lire un roman d'aventure du XIXe siècle avec ses embuscades, ses perfides aristocrates anglais tirant profit de la misère de populations indiennes colonisées pour s'enrichir sans se mouiller sérieusement. Il y a plein de rebondissements entre le départ de Del de Calcutta et sa rencontre avec Deliah à Southampton. Je l'ai lu assez vite et j'y ai trouvé peu de temps morts. Ce n'est pas toujours évident de créer du rythme en permanence dans ce genre de roman mais ici j'ai trouvé que ça fonctionnait très bien. L'idée de base est bonne aussi car quatre héros qui prennent quatre chemins différents ça signifie potentiellement quatre histoires qui ont a la fois leur cohérence et leur originalité propre.

En plus de l'aventure qui m'a captivée, la romance est de qualité. Le voyage de Del jusqu'à chez Devil Cynster - oui ce roman est bourré ras la gueule de Cynster vous êtes prévenu·e·s - se déroule sur une semaine mais il se passe énormément de chose. En conséquence de quoi la romance a vraiment le temps de prendre corps. L'attirance entre les deux héros est palpable très vite mais ils ne sauteront pas dessus au bout de dix pages. Si vous aimez lorsque la tension monte progressivement et que les personnages ont le temps de faire face à leurs émotions et leurs sentiments, ce couple devrait vous plaire.

Del est typiquement un mâle alpha à la Laurens. On est - un peu comme toujours chez elle, il faut l'avouer - face à un héros fort et viril. Colonel de l'armée qui prend sa mission à cœur, c'est quelqu'un de droit. Cependant, bien que mâle alpha il reste attachant parce que pas du tout autoritaire ou sexiste. Il veut protéger Deliah mais sans jamais la rabaisser ni être énervant - non c'est pas vrai j'ai pas dit comme Devil. De son côté Deliah est super. Elle est intelligente et résolue mais sans être inconsidérée ou exaspérante. On prend du plaisir à la découvrir, puisqu'elle intervient dans le roman plus tard que Del, et ils forment un très bon couple, sexy et en même temps bien complémentaire et attachant. 

Comme je le disais, ce roman est bourré de Cynster. Lorsque Del arrive chez Devil, ce sont les festivités de Noël et la famille au grand complet est là. On les revoit tous, ainsi que certains membres du Bastion Club. J'avoue que ça m'a plu de tous les voir, notamment hors de leurs propres histoires mais je comprends aussi les critiques adressés au roman. Trop de Cynster tue le Cynster? C'est vrai que tous ensembles on se rend vite compte que mis à part le physique, ils sont tous assez identiques. Devil a une place importante dans la dernière partie de l'intrigue et je l'ai préféré ici que dans The Devil's bride. Sans doute parce que du temps a passé pour Stephanie Laurens et que son écriture est un peu plus subtile...
Si vous aimez les Cynster cela va vous plaire je pense, en revanche si ce n'est pas le cas, je préfère prévenir même si The Untamed bride vaut le coup d'être lu. Bien que rempli de Cynster et de membres du Bastion club, il n'est pas nécessaire de les avoir tous lu pour lire The untamed bride. D'ailleurs je dirai que c'est parfois mieux dans le sens ou vous aurez moins l'impression de vous prendre deux séries dans la tête d'un coup ce qui peut pour certain·e·s sembler parasitaire.

En conclusion, j'ai vraiment aimé ce premier tome que j'ai trouvé très bien dosé entre aventure et romance. J'ai très envie de lire la suite pour avoir le dénouement final de cette histoire.
Et vous? Connaissez-vous Stephanie Laurens? Quelle·s série·s? Vous aimez? N'hésitez pas à me donner votre avis!