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mardi 2 octobre 2018

The Clockwork angel - The infernal devices #1 - Cassandra Clare


B+

Résumé (traduction de l'éditeur): Tessa débarque à Londres pour rejoindre son frère. Mais à peine arrivée, elle tombe dans un piège : enlevée par les horribles Soeurs Noires, elle développe des pouvoirs qu’elle ignorait posséder. Jusqu’au jour où Will, un Chasseur d’Ombres, la libère et lui apprend qu’elle est une Créature Obscure. Un nouveau destin attend Tessa dans un monde mystérieux, où vampires, sorciers et autres créatures de l’ombre règnent en maîtres…

The Clockwork angel est le premier tome de la série The Infernal devices. Il s'agit également d'un prequel à la série ultra populaire The mortal instruments. Pour être tout à fait claire, je n'ai pas lu The Mortal instruments. Après avoir demandé à mes amies Lily et Cathy si cela avait un impact de lire d'abord le prequel avant la série principale, j'ai décidé de me lancer. Je sais, je sais, j'aurai sans doute moins de surprises sur certains éléments de la série principale notamment à cause des liens familiaux des personnages mais j'avais plus envie de découvrir d'abord la période steampunk et puis malgré tout, je vais faire chronologique.
Si vous avez lu toute la série, gardez donc à l'esprit que The Clockwork angel est le tout premier de cet univers que je découvre car je crois avoir compris qu'il ressemble pas mal au premier tome de Mortal instruments.

L'histoire commence à la fin du XIXe siècle aux États-Unis où la jeune Tessa, 16 ans, se retrouve seule après la mort de sa tante. Elle reçoit un billet de bateau de son frère Nathaniel lui demandant de la rejoindre à Londres mais une fois dans la capitale britannique, elle se fait capturer par les sœurs noires, Mrs Dark et Mrs Black. Fiancée de force à un être maléfique, elle découvre qu'elle est une Warlock - une Créature Obscure - et est obligée par ses geôlières à utiliser son pouvoir pour se métamorphoser en qui elle veut, vivants ou morts. Sauvée par Will Herondale et Jem Carstairs, la jeune fille rencontre les Shadowhunters - les Chasseurs d'Ombres - censés garantir la paix en Angleterre et décide de les aider à vaincre l'homme qui l'a faite enlever.

Les prequel sont toujours difficiles à mettre en place parce qu'il y aura toujours des vilaines comme moi pour commencer par le prequel et non par la série initiale. Du coup, l'auteure est obligée de remettre en place l'univers, d'expliquer un peu comment ça fonctionne. On découvre les Shadowhunters à travers les yeux de Tessa. Je ne vais pas cracher dans la soupe, c'est difficile comme exercice et Cassandra Clare s'en sort plutôt bien. On sent que c'est une mise en place pas aussi profonde qu'elle aurait pu l'être en d'autres circonstances mais j'imagine que lorsque vous avez déjà lu les Mortal instruments ça fait un peu plus "réchauffé". On découvre donc les Shadowhunters, leur concept familial, leur mission pour protéger l'humanité mais aussi des Warlock et autres membres des créatures obscures dont certains on s'en doute déjà vont devenir récurrents.

Parmi les personnages, nous rencontrons évidemment Tessa Gray. J'ai aimé le personnage, on se sent immédiatement en empathie avec elle puisque c'est elle qui nous ouvre les portes de cet univers. Elle est intelligente, forte et combative. Elle offre un contraste assez intéressant avec son frère Nathaniel que l'on rencontre un peu plus tard dans le roman.
Parmi les Shadowhunters on fait la connaissance de Charlotte et de son mari Henry, qui sont tous les deux super mignons. On comprend bien la fragilité de la position de Charlotte en tant que gérante des Shadowhunters de Londres par rapport au Clave. Je pense que l'on va revoir les membres du Clave, les Lightwood sont particulièrement horripilants mais je me demande ce qu'elle va en faire.

On fait aussi la connaissance de Jem Carstairs et Will Herondale. Ils sont particulièrement complémentaires. Will est flamboyant et imprudent, il se lance la tête la première dans le danger alors que Jem, son parabatai, est plus réservé et réfléchi.
Je n'aime pas vraiment Will. Je me doute qu'il y a plein de mystères qui entourent le personnage et que son comportement va être éclairé au fur et à mesure de la série mais je ne suis pas séduite par Will. D'habitude j'aime bien ce genre de personnage mais là ça n'a pas pris, sans doute à cause de son attitude envers Tessa et parce qu'il y a Jem. Jem est juste génial, sino-britannique, il conserve un secret intéressant et se montre sage et posé. C'est un personnage doux qui m'a beaucoup plu. En fait, je trouve Jem moins attendu comme personnage que Will. Will c'est l'anglais sublime, aux cheveux noirs et aux yeux super bleus, avec un charme fou et un côté bad boy. C'est toujours appréciable mais déjà lu et relu tandis que Jem est original. J'ai aimé qu'il soit métisse et que physiquement il ne soit pas ce qu'on attende d'un héros. C'est une dose de fraicheur et de nouveauté dans un genre qui a tendance parfois à être un peu trop codifié.

Je ne vais pas mentir, vous l'avez peut-être senti venir, il y a bien un triangle amoureux qui se forme entre Tessa, Jem et Will. Je ne sais pas comment elle va le résoudre, bien que j'ai dans l'idée que ce ne sera pas comme je veux mais je n'y peux rien. Si vous êtes allergique au triangle amoureux, ça risque de ne pas vous plaire. Après l'intrigue n'est pas focalisée dessus, on s'intéresse plus à l'histoire paranormale qu'au triangle dans ce premier tome donc ça reste tout à fait supportable.

En revanche, on découvre Magnus Bane, un warlock amant de la vampire Camille mais qui laisse entendre qu'il a des goûts plus étendus! C'est un personnage que l'on ne fait que survoler mais j'espère vraiment qu'on va le revoir, notamment parce qu'il a l'air de connaitre pas mal d'informations intéressantes sur les Downworlders et Will Herondale.

L'univers est très sympa, steampunk mais sans être historique non plus, on ne s'attarde pas sur les conventions sociales comme chez Gail Carriger par exemple. Il y a de l'action, du mystère, de la magie et des personnages intéressants et/ou attachants. J'aime aussi que Cassandra Clare ait inclus un héros métisse dans une société occidentale et qu'il y ait au moins un personnage LGBTQI+. Ce n'est pas le Pérou mais c'est un bon début je trouve en matière de diversité dans les romans contemporains. 

En tout cas, j'ai très envie de lire la suite de ce prequel et je vais essayer de le faire avant l'an 2070!
Si vous avez lu toute la série - ou des morceaux - n'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé, si vous avez les mêmes ressentis que moi sur ce tome et lesquels vous préférez! 

lundi 6 janvier 2014

Le duc de fer (The Iron Duke) - The Iron Seas #1 - Meljean Brook


COUP DE COEUR DE PERSEPHONE

Présentation de l'éditeur: Il a libéré l'Angleterre du joug de la Horde. Pour tous, il est le duc de Fer, héros craint et adulé. Pourtant, quand un homme assassiné est retrouvé chez lui, Rhys Trahaearn comprend que certains ne le craignent pas. A commencer par Mina Wentworth, chargée de l'enquête. Séduisante, mystérieuse... et très douée. La posséder devient bientôt l'unique quête de Rhys, alors qu'une conspiration menace l'Angleterre.

Cela faisait un moment que j'avais le tome 1 en ma possession mais comme d'habitude, too many books, too little time. Aussi, alors que je n'avais plus rien à lire - comprendre, j'avais des tonnes de livres mais envie de n'en lire aucun - j'ai exhumé de ma bibliothèque le premier tome de la série The Iron Seas de Meljean Brook (à noter que seul le tome 1 est pour le moment sorti en VF). Bien m'en à pris cher•e ami•e lecteur/trice car j'ai découvert un univers Steampunk vraiment bien conçu qui ravira les fans du genre.

J'ai douté au départ du bien fondé de la publication du Duc de Fer dans la collection Crépuscule de J'ai lu pour elle. En effet, à part un résumé vaguement "romance" le premier quart de l'intrigue n'avait rien de vraiment romance et j'étais plongé dans de la plus pure SF. Un petit tour sur le site internet de l'auteure m'a permis de vérifier qu'en effet, elle se considère comme une auteure de Steampunk et de Paranormal Romance et que la série des Iron seas fait effectivement parti de ces séries de paranormal romances avec moult petites novellas entre deux tomes: soit un univers complet à explorer. Chic chic chic.

J'ai donc plongé la tête la première dans l'Angleterre de Mina Wentworth. Je dois bien admettre que ce qui m'a séduite d'emblée, et qui reste ce que j'ai préféré dans ce premier tome, est bien entendu l'univers: riche, complexe et pensé, c'est finalement assez rare de trouver son égal, combiné à de la romance. La plupart du temps, le steampunk sert de joli verni à une autre histoire mais n'est jamais vraiment le thème ni le sujet principal du roman. J'ai beau adorer The Parasol Protectorate, l'univers développé par Gail Carriger reste néanmoins très XIXe siècle. Pas de quoi perturber le lecteur. Un joli enrobage steampunk, notamment au niveau des vêtements et de quelques armes, relève le tout mais ce n'est peut-être pas ce que l'on retient le plus à côté des loups-garous piquants et de l'héroïne et son ombrelle. Ici au contraire, l'univers est particulièrement bien travaillé. Le Steampunk représente la base même du récit. Tout l'outillage développé par le Forgeron - des yeux mécaniques aux objets pour des jeux érotiques en passant par les bras-pillons et les jambes haches - nous plonge dans un monde hybride où l'homme est allié à la mécanique, des "steamborg" qui ressemblent à leurs cousins cyborg - l'homme allié à la cybernétique - le numérique en moins. La présence des nanoagents utilisés pour contrôler les bogués mais servant aussi à soigner et réparer l'homme et la femme blessée ont une réelle importance, jusqu'aux petits détails qui font penser à l'épisode de Doctor Who: Are you my mommy?

A côté de l'attrait steampunk qu'a exercé sur moi The Iron Duke, j'ai été très agréablement surprise par la gestion de l'Histoire et du temps. Pour moi, il ne faisait aucun doute que le Steampunk ne pouvait que se placer dans une Angleterre victorienne, en pleine Révolution industrielle. Cependant, Meljean Brook brouille les pistes. Si nous sommes bien en Angleterre, l'époque victorienne est quant à elle, bien moins sûre. En retraçant l'Histoire des deux cent dernières années, on se rend compte que l'intrigue pourrait se placer aussi bien à la Renaissance qu'à notre époque. Si les vêtements portés par les personnages sont indubitablement XIXe siècle, on nous parle de Léonard de Vinci comme s'il venait juste de mourir. Les armes et technologies que possède l'inspectrice sonnent très XXIe siècle mais les mentions faites des Français font penser soit au XVIIe siècle - il y a un Colbert dont on ne sait pas s'il est lié au personnage historique ou non - soit au XVIIIe siècle notamment pour le côté colonies et antilles. Rajoutez à ça la mention d'un Cromwell parti aux Amériques et vous vous retrouvez avec un grand pot-pourri bien symapthique. J'ai vraiment trouvé ces détails surpuissants. Ils perdent le•a lecteur/trice dans ses repères temporelles pour créer un univers véritablement unique. Pas une simple uchronie mais bien un monde parallèle avec une évolution diablement différente. Dire que j'ai apprécié être trimballer comme ça est un euphémisme.

Le monde que nous offre Meljean Brook est donc riche et complexe mais aussi très sombre tout en sachant garder une part de magie: bateaux volants contre misères humaines, l'ensemble est mesuré et crédible et cela fait froid dans le dos.

Cet univers vraiment complet à bien des égards en perdront plus d'un je l'admets volontiers. Il est difficile d'y rentrer, de comprendre l'Histoire de ce monde perdu entre plus de quatre cent ans de notre propre Histoire et qui jongle avec le temps et la Science-fiction. Cependant, je pense qu'il vaut vraiment le détour ne serait-ce que pour le travail de l'auteure. Personnellement je suis tombée dedans et j'espère ardemment que les autres tomes seront eux-aussi bien inscrits dans cet univers et qu'ils permettront d'en apprendre encore plus. (Si vous voulez connaître l'Histoire de ce monde - sans spoiler - rendez-vous sous la bannière de spoiler, qui est un faux spoiler).

L'univers des Iron seas est rendu encore plus réel et crédible par l'écriture de Meljean Brook. Pour des novices en anglais je ne le conseille pas du tout en VO, elle est compliquée dans le bon sens du terme mais compliquée tout de même. Les phrases sont longues et riches d'adjectifs et d'adverbes. Meljean Brook ne fait pas dans la simplicité et son style et le monde qu'elle crée se renvoient l'un à l'autre. C'est aussi surprenant que la complexité de l'univers des Iron seas et c'est ce qui m'a vraiment plu. On reproche souvent à la romance une superficialité et une simplicité d'écriture qui la classe dans les romans de gare, ici, ce sont deux reproches qu'il est impossible de faire à The Iron Duke.

L'univers et le style ne sont pas tout, encore faudrait-il que l'intrigue générale et les personnages soient bons pour en faire un très bon livre. Les résumés ne donnent pas tellement d'indications quant à la teneur réelle de l'intrigue générale mais il s'agit bien d'une intrigue policière. Mina Wentworth, l'héroïne, est une inspectrice de la police londonienne en plus d'être la fille d'un noble. C'est elle qui est appelé chez le Duc d'Anglesey, Rhys Trahaearn, surnommé le Duc de Fer après qu'il ait réduit la Horde en miette en Angleterre en détruisant la Tour. Un complot à grande échelle se trame et implique jusqu'au sauveur de la nation. Entre pouvoirs politiques et magouilles de truands, Mina n'est pas au bout de ses peines. 

L'intrigue générale est très fortement liée au contexte global. Si je l'ai apprécié, j'imagine que les gens qui auront du mal à entrer dans l'univers de Meljean Brook devront prendre leur temps pour le lire et bien comprendre tous les retournements de situations. En plus de nous balader temporellement, l'auteure n'hésite pas à nous balader également géographiquement afin de mieux comprendre le monde de Mina et les différentes puissances en compétition. J'ai vraiment trouvé l'ensemble finement mené, pensé presque dans son intégralité. C'était très agréable de voir tout un monde se mettre en mouvement, un peu à la façon d'un Game of Thrones où il est capital de comprendre la politique globale de l'univers dans lequel on est plongé pour bien comprendre la trame générale. Les scènes d'action ne manquent pas et entre courses poursuites, explosions et abordages par des bateaux pirates, il y en a pour tous les goûts.

Fanart
Mina Wentworth est un personnage froid mais que l'on arrive à comprendre. C'est une force dont la dotée l'auteure. On comprend assez vite que la famille de Mina est une fierté pour la jeune femme mais aussi son plus gros soucis, d'où elle tire un caractère dur et déterminé. J'ai apprécié que la directrice de la police londonienne soit une femme et que sa meilleure inspectrice soit également une femme qui plus est métisse. En effet Mina est mi-mongole, mi-anglaise et sur ses traits se lisent ceux de l'occupant. Bien que noble, c'est une situation très difficile que vit la jeune femme. Heureusement elle peut compter sur le constable Newberry, grand gaillard roux et expat qui protège son inspectrice dans toutes ses missions. Débrouillarde, intelligente, courageuse, j'ai vraiment beaucoup aimé ce personnage. 
Je pensais aimer tout autant Rhys Trahaearn, le pirate et duc, grand gaillard graou dont je raffole habituellement mais finalement, l'effet est plus mitigé. J'ai aimé en revanche que Rhys soit un vrai pirate et pas une caricature comme on le voit souvent en romance - oui j'ai un titre en tête j'essaye de vous en reparler bientôt. Ce n'est pas le meilleur des gentlemen, il est macho comme il se doit, il n'hésite pas à exécuter ses hommes s'ils lui désobéissent mais il déteste l'esclavage et la torture ce qui donne un homme à multiples facettes avec une dureté qu'on a envie d'explorer. C'est étrange que je ne l'ai pas autant aimé que je le pensais parce qu'à part un côté macho qui sait être envahissant et étouffant par moment, je n'ai pas grand chose à lui reprocher. Mouais...si...son côté over-protecteur envers Mina par moment est juste insupportable.

On en vient donc au seul point noir de cette lecture: la romance elle-même. Si j'ai adoré le contexte, l'écriture de l'auteure et ses personnages (je n'ai pas parlé du meilleur ami de Rhys ou de Yasmeen la pirate ou encore d'Armichède Fox l'aventurier mais ils sont tous vraiment chouettes et j'ai hâte de les revoir), la romance m'a laissée de glace, sans doute parce qu'elle est déséquilibrée. Comprenez-moi, l'intrigue générale occupe les trois premiers quarts du roman et de ce fait, elle a le temps de se développer et de prendre sa juste place. La romance en revanche est esquissée très longtemps avec beaucoup d'hésitations et de balancements de la part de l'héroïne - hésitations justifiées cela dit, je ne râle donc pas - et pas mal de rentre-dedans assez agressif parfois de la part du héros. Sauf qu'arrivée au dernier quart j'ai eu soudainement l'impression que Meljean Brook s'était rendue compte que la romance avait été un peu délaissée et donc le ton change radicalement et nous virons cul par dessus tête dans une espèce d'orgie de scènes hot et de sentiments enflammés. Je n'y ai tout simplement pas cru. D'une part parce que je suis désolée mais Rhys m'a laissée de marbre, je l'ai trouvé parfois assez vulgaire dans sa façon de s'adresser à Mina et ça a le don de me faire sortir immédiatement du trip et d'autre part parce que les personnages sont tous les deux trop durs, avec trop de problèmes à surmonter pour que l'on croit à un revirement pareil. J'aurai préféré qu'ils se séduisent plus franchement tout au long du roman. L'épiphanie tombe comme un cheveu sur la soupe et les réticences de Mina sont balayées trop vite et bien maladroitement. La conséquence directe de cette reprise de l'importance de la romance sur le reste, est une fin d'intrigue policière assez bâclée. Je m'attendais à de grandes révélations sur la garde noire or là nous avons eu le droit a un gentil pétard mouillé balayé par les atermoiements intérieurs des deux héros qui rentrent en Angleterre. C'est franchement dommage car je suis sûre qu'il y avait moyen de bien concilier les deux. 

Ce bémol ne m'empêchera pas de lire la suite. Je veux revoir Archimède, héros du tome 2, et en apprendre plus sur cet univers vraiment très riche. 
Une romance en demi-teinte mais une superbe œuvre steampunk à dévorer immédiatement.

Voici les avis de Nanou (Serenity) sur le forum The Inn at Lambton et de Chi-Chi sur In need of prince charming.


Allez comme je suis sympa, je vais vous retracer un peu l'Histoire de ce monde pour que vous ne soyez pas perdu à la lecture. Il n'y a pas de vrai spoilers, ça vous permettra juste de vous repérer dans les méandres d'une histoire différente de la nôtre. 

Deux cents ans avant le début de cette histoire, l'Europe fut conquise par la Horde mongole qui cherchait à étendre sa domination sur le monde. L'Angleterre pensa pendant quelques temps échapper à ses invasions du fait de son caractère insulaire mais fut bientôt conquise elle-aussi par l'introduction de nanoagents cachés dans le sucre importé. Les nanoagents, robots microscopiques, s'introduisaient dans le corps des gens infectés que l'on appelle des bogués. S'ils avaient la vertu de renforcer les capacités physiques des individus et d'améliorer les conditions de guérison, lorsqu'ils étaient activés par ondes radios, ils permettaient le contrôle et/ou l'annihilation total des émotions et sentiments humains, faisant des bogués des esclaves dociles.

L'arrivée de la Horde bouleversa profondément la société européenne. Beaucoup de nobles s'enfuirent vers les Etats-Unis avant d'être contaminés et se font appeler des Expats. L'organisation du travail qui avaient réduit les bogués en esclavage, obligea les femmes à travailler et les mariages furent drastiquement réduits au sein des populations bogués, surtout pour les classes inférieures de la société. Afin de palier au manque de main-d’œuvre, la Horde organisa des Frénésies, sorte d'orgies collectives forcées. En manipulant les nanoagents des individus, ceux-ci étaient forcés contre leur gré à se livrer à ces débauches sexuelles. Il arrivait aussi parfois que des membres de la Horde participent à ses Frénésies, violant les femmes bogués et donnant naissance à des métisses. Les enfants issus de ces Frénésies étaient placés en crèches, lieux d'éducation collective pour une main-d’œuvre docile. Mina est le fruit d'une de ces Frénésies où sa mère fut violée par un ou plusieurs membre de la Horde donnant naissance à une petite fille d'apparence mongole. Ses parents étant nobles, ils firent des pieds et des mains pour la garder auprès d'eux plutôt que de l'abandonner en crèche. Rhys Trahaearn est aussi le fruit d'une Frénésie mais n'est pas métisse. 

Neuf ans avant le début de l'Histoire, Rhys Trahaearn, alors capitaine du vaisseau pirate La terreur de Marco, détruisit la Tour de la Horde qui servait d'émetteur radio activant les nanoagents. Les anglais bogués délivrés de la Horde et de son contrôle, mais conservant toujours le côté positif des nanoagents - force et auto-guérison - virent arriver de nombreux Expat, ravis de reprendre le contrôle de leurs terres et leurs places dans la société. Très puritain - Cromwell et ses partisans on fuit l'Angleterre au profit des Amériques - bon nombre d'entre eux viennent en Angleterre se faire infecter par les nanoagents pour guérir de maladies. D'autres en revanche, se montrent particulièrement condescendant face aux bogués et refusent d'être infectés. 

Rhys Trahaearn se vit offrir le titre de Duc ainsi qu'un magnifique domaine en récompense de ses loyaux service. Adulé par la population anglaise, il vit cependant comme un reclus, s'occupant avant tout de ses terres et de ses gens, comme il considère être son premier devoir.

La chute de la Horde en Angleterre permis la libération d'une partie de l'Europe à l'exception de certains territoires toujours contrôlés par celle-ci. La Horde n'a pas disparu, elle florit à l'Orient du monde et tente, via les zombies et la Garde Noire - une société secrète d'espions à son service - de reconquérir ses territoires perdus. Les zombies furent au départ créés par la Horde en punition de certaines rébellions françaises. Agissant comme une sorte de virus de rejet, les nanoagents sont infectés et ne peuvent se soigner, laissant les gens infectés dans un état de délabrement physique et moral dangereux où les émotions comme la colère et la haine sont exacerbés. Les gens mordus par un zombie deviennent peu à peu des zombies à leur tour. Si l'Angleterre s'est progressivement débarrassée de ses zombies, on en trouve encore en Europe et un trafic existe bel et bien.

Ajoutez à ça des kraken et des mégalodons dans les eaux de l'Atlantique, des ballons volants et des pirates de l'air et vous aurez The Iron Duke. 

samedi 9 novembre 2013

La confrérie de l'Horloge - Les agents de M. Socrate #1 - Arthur Slade


Présentation de l'éditeur: Ere victorienne, la campagne anglaise : le mystérieux M.Socrate se rend dans une galerie de monstres. C'est ainsi qu'il fait la connaissance de Modo, nouveau-né difforme aux pouvoirs de transformation étonnants. Durant quatorze ans, Modo recevra les étranges enseignements de M Socrate où les cours de géographie et de latin côtoient les leçons d'arts martiaux. Elevé dans un manoir dépourvu de tout miroir à quelques kilomètres de Londres, Modo est brutalement jeté dans les rues de la capitale pour accomplir sa première mission. Aidé de la belle Miss Octavia, il devra mettre tous ses talents à l'oeuvre pour arrêter la terrible machination de la Confrérie de l'horloge.

Il y a un petit moment déjà que j'ai entendu parler de cette série d'Arthur Slade, Les agents de M. Socrate. J'étais très intriguée par le résumé et l'ambiance XIXe siècle/Science-fiction qui avait l'air de se dégager de la série. Aussi lorsque les éditions MSK m'ont envoyé la série complète - je les remercie d'ailleurs de ce geste généreux - j'avais hâte de me plonger dans ce premier tome qui n'est pas resté longtemps sur ma table de chevet.


Si les premiers chapitres sont assez peu éclairants, on ne voit pas vraiment où l'auteur veut en venir avec l'éducation de Modo, il suffit que l'intrigue policière et d'espionnage débute pour qu'on ne puisse plus lâcher La confrérie de l'Horloge. 
Dans une Londres victorienne que beaucoup apprécient, où la majorité des aventures se passent la nuit, le lecteur est entraîné dans les bas-fond de la ville à la recherche d'un homme. Puis viennent les meurtres et les machinations qui s'enchaînent.

La confrérie de l'horloge est un premier tome en cela qu'il sert à introduire les personnages, à poser des questions sur leur passé mais le rythme et l'intrigue ne sont jamais sacrifiés au prétexte d'un exposé plat, souvent le défaut des tomes 1. Même si les traitres sont mis en échec à la fin du premier volume, la continuité avec le reste de la série n'est pas à remettre en cause car tous les éléments s'emboîtent bien et parce que l'auteur a l'intelligence de ne pas tomber dans les travers communs aux séries.
Pas de cliffhanger haletant, il laisse le lecteur deviner que l'histoire n'est pas clause, notamment par la survivance de certains protagonistes dont on sait trop peu de choses pour qu'ils disparaissent purement et simplement.
De la même façon, l'intrigue est construite par palier. On ne comprend pas immédiatement quels en sont les enjeux ni où tout cela mène le protagoniste principal. Les informations sont distillées au compte-goutte ce qui permet de conserver un suspense bienvenu. C'est notamment le cas avec le personnage d'Octavia Milkweed dont on ne sait pas très bien pour qui elle travaille. Alliée ou ennemie? Indépendante ou aide pour Modo? Les frontières sont floues et permettent de remettre en perspective le travail des agents d'une organisation. Lorsque l'on travaille en solitaire sans connaître les autres membres, il y a un risque d'interférence. Heureusement ce questionnement est vite soulevé et l'auteur a l'intelligence de ne pas faire traîner en longueur ces ressorts narratifs. Peu à peu le lecteur peut recomposer l'histoire et comprendre enfin, dans une certaine mesure, le projet de la confrérie de l'horloge.

La confrérie de l'horloge est aussi un roman d'apprentissage puisque nous suivons Modo, un jeune garçon au visage horriblement déformé mais qui peut modifier sa physionomie de façon assez singulière. Avec ce personnage, ce sont deux effets narratifs qui m'ont particulièrement plu que je souhaiterai mettre en avant. Le premier est bien entendu les références que fait le récit à la littérature du XIXe siècle. Comment en effet ne pas penser Au bossu de Notre-Dame quand son héros se nomme Modo? "Modo" qui veut dire formé en latin. On sent alors une ironie assez étrange de baptiser un enfant difforme Modo et non pas Quasimodo - quasi formé - comme son fameux "contemporain". Parce qu'évidement, le jeune Modo partage la quasi totalité des caractéristiques du sonneur de cloche: un visage hideux, une grande culpabilité de ne pas être comme les autres, un amour pour une jeune beauté, une facilité à se mouvoir en hauteur et bien sûr la caractéristique gitane, quand Modo a été acheté bébé par des gitans, Quasimodo, fils de gitan, est échangé avec Esméralda dans son berceau. Je trouve les références touchantes car comme le sonneur de Notre-Dame, Modo est un personnage qui nous est immédiatement sympathique. Confiant et débordant d'amour, ne demandant que cela en retour, il est aussi un peu naïf parfois. On compatit immédiatement avec ce petit garçon puis cet adolescent qui n'est jamais agaçant contrairement à pas mal héros du même âge. Il y a une fraîcheur et une candeur qu'on ne retrouve pas partout.
En second point sur le personnage, j'ajouterai que sa particularité physique est très bien exploitée par l'auteur. On sent qu'il a derrière sa faculté à changer son visage un entraînement important et de longue haleine, de même qu'une souffrance à chaque fois qu'il doit modifier son apparence. L'ensemble est bien dosé au niveau de l'écriture et étrangement, le don de Modo ne paraît jamais déplacé alors même que le roman ne s'ouvre pas sur une note steampunk qui pourrait indiquer qu'il s'agit d'un roman de Science-Fiction.
Le thème du physique est là encore habilement dosé et passe notamment par la symbolique du masque, des masques devrais-je dire, dont se sert Modo pour se fondre dans la nuit ou dans une foule. Sa relation avec Octavia s'en trouve également enrichi. Pas d'amourette facile entre ces deux là puisqu'il y a inévitablement beaucoup de mensonges et de non dit entre eux. Tout comme dans Notre-Dame de Paris Frodo et Quasimodo forment un tandem dont le vrai monstre n'est pas forcément celui qu'on croit, Modo est loin d'être le plus monstrueux des personnages de La confrérie de l'Horloge.

Les agents de M. Socrate est une série pour jeunes adultes et pour adolescents qui sait jongler avec des sujets que l'on attendraient traités ailleurs. Ici, il est question d'expériences scientifiques sur des êtres humains en vue de créer une super machine, un sujet plutôt abordé en général dans la Science-fiction pour adulte ou les débats philosophiques sur l'éthique scientifique. J'ai vraiment apprécié que l'auteur sache nous livrer une histoire d'espionnage assez basique, agrémentée d'une vraie réflexion sur un sujet plus délicat. Cela donne bien évidemment une dimension plus profonde à La confrérie de l'Horloge et peut également d'avantage plaire aux adultes qui auraient peur de s'ennuyer dans une histoire policière jeunesse (ce qui est un tort comme chacun le sait on ne s'ennuie pas avec la littérature jeunesse).
L'utilisation des enfants - qu'ils le soient dans l'âge comme Oppie où dans la filiation comme les jeunes gens de la société des jeunes explorateurs - le choix est loin d'être dû au hasard. En effet, par un rapprochement évident, le jeune lecteur pourra plus facilement se glisser dans la peau de Modo/Oppie ou Oscar et endurer les souffrances physiques et psychologiques des personnages.
Arthur Slade rend à mon avis hommage à la littérature jeunesse touffue et dense qui ne prend pas ses lecteurs pour des imbéciles et qui pense qu'être un roman jeunesse n'empêche pas une profondeur de ton et de questionnement qui peuvent faire défaut aux livres "pour adultes".  
Le Professeur Hyde - là aussi nous remarquerons un jeu subtile sur le côté Jeckyll de ce Hyde, comme si finalement la bête et la folie avaient pris la place du gentil médecin - justifie ses expériences par tous les moyens possibles et exploite des enfants, sans jamais ne voir ce que son projet a de tordu. Il est même fier de ce qu'il met en place, ce qui fait irrémédiablement penser aux expérimentations nazies.
Cette réflexion est complétée par le côté Steampunk effrayant du récit avec ces hommes et femmes cyborg. A propos de cyborg, le personnage de Miss Hakandottir est absolument passionnant. Il est très bien croqué dans sa folie comme dans sa fougue et je ne doute pas que la nemesis de M. Socrate ne refasse surface. Dotée d'un bras actionné par la vapeur, elle est cruelle, froide et intelligente en plus de montrer un courage hors du commun.

Nemesis de M. Socrate, elle l'est assurément et c'est d'autant plus intéressant que les deux personnages sont loin d'être opposés en terme de moralité. Qu'il s'agisse d'Hakandottir ou de Socrate - encore une référence n'est-ce pas? - tous les deux n'hésitent pas à exploiter des enfants. En effet, Socrate est froid et extrêmement antipathique notamment dans son traitement de Modo qu'il voit comme un outil à façonner et non comme un enfant. Les premières scènes sont d'ailleurs horribles de cruauté. Les deux adultes n'ont aucun scrupule à agir, persuadés qu'ils sont du bien fondé de leur mission. Le rapprochement est d'ailleurs extrêmement gênant et bien pensé, Arthur Slade évitant l'écueil d'un mentor sympathique et prend plutôt un contrepied. M. Socrate est finalement plus Dumbledore livre 7 qu'Obi-wan Kenobi et cela engage à se poser plus de questions. Cela met aussi de la distance entre la vision qu'à Modo de son mentor et celle qu'en a le lecteur. Je m'attends à de bonne surprise sur ces deux personnages

Le premier tome d'une quadrilogie young adult, qui arrive à manier le policier, l'espionnage et le steampunk sans tomber dans les écueils attendus du genre. Je vous recommande de faire la connaissance de Modo, ce garçon au don particulier. Quant à moi, je vais me pencher sur le tome 2, La cité bleue d'Icaria.

lundi 29 avril 2013

Blameless - The Parasol Protectorate #3 - Gail Carriger


COUP DE COEUR DE PERSEPHONE

SPOILER SUR LES TOMES PRECEDENTS

Présentation de l'éditeur: Lady Alexia Woolsey est indiscutablement le scandale de la saison londonienne. Après les événements survenus en Écosse, elle est retournée vivre chez ses parents. La reine Victoria l’a exclue du Cabinet fantôme, et la seule personne qui pourrait donner une explication à sa délicate condition actuelle, Lord Akeldama, a inopinément quitté la ville. Pour couronner le tout, Alexia découvre que les vampires de Londres ont juré sa mort.
Tandis que Lord Maccon met toute son énergie à boire, et que le Professeur Lyall tente désespérément de maintenir la cohésion au sein de la meute Woolsey, Alexia s’enfuit en Italie à la recherche des mystérieux Templiers. Ils sont les seuls à pouvoir l’aider. Mais ils pourraient aussi s’avérer pires que les vampires. 

Après cette horrible fin du tome 2 j'avais hâte de retrouver Alexia et Lord Maccon pour savoir comment allait se résoudre ce cliffhanger de la mort! Si Changeless était plus lent et dans l'ensemble moins intriguant que Soulless, ce tome 3 a le mérite de redonner un coup de fouet à l'action! 

Notre chère Alexia est retournée vivre chez ses parents, Lord Akeldama est aux abonnés absents et tout le monde veut sa mort (à Alexia pas Akeldama...quoi que...). Autant dire que ce n'est pas vraiment la joie. Imaginez, retourner vivre avec ses soeurs et sa mère...Heureusement que Floote reste fidèle au poste et qu'elle peut compter sur Madame Lefoux et les époux Tunstell. Ce tome là est plein de rebondissements. Avec les aventures d'Alexia en Italie nous en apprenons enfin un peu plus sur la nature d'Alexia, sur son père et sur ce mystérieux bébé qu'elle porte. J'aime toujours beaucoup comment Gail Carriger mélange magie et science, comment elle explique la nature des loups-garous, des vampires, des fantômes. La magie, l'inexplicable devient des théories scientifiques XIXe mais qui fonctionnent.
Spoiler:
La meilleure trouvaille du roman étant quand même le pesto. Il fallait y penser, cette pâte de basilic et d'ail, d'en faire une arme défensive contre les vampires et les loups-garous.
Je sais que mon maître Jedi, l'honorable ancêtre Zou, a moyennement apprécié l'utilisation faite de ces templiers: "Pourquoi ce sont toujours eux qui en prennent plein la tête?" Peut-être parce qu'ils ont mauvaise réputation? D'un point de vue purement historique je sais qu'elle doit prendre des libertés dans son histoire et personnellement je n'en suis pas gênée. J'aime bien les catégories qu'elle établie: l'Angleterre pays où les êtres surnaturels sont intégrés à la société et à l'état, la France où elles sont tolérées et l'Italie où elles sont traquées. Trois pays, trois situations.

A côté du voyage d'Alexia en Italie, j'ai également beaucoup aimé voir l'affrontement de Lyall et de Lord Maccon. Lyall est l'un des personnages que je préfère, il joue son rôle de bêta à la perfection et la scène dans les cachots de Woolsey castle est parfaitement génialissime. Ce volume est en fait très dense, entre l'Italie, Lord Maccon et le mystère de Lord Akeldama chou, on apprend énormément de choses. En parlant d'Akeldama chou:
Spoiler:
J'ai eu tellement de peine pour Biffy! C'était juste horrible de voir sa transformation en loup-garou, même si je les préfère aux vampires. Lorsqu'ils se retrouvent et qu'ils se rendent compte qu'ils sont séparés à jamais, j'ai l'estomac qui a fait un tour complet. J'espère qu'ils se vengeront bien. Je suspecte pas mal de chose concernant Lyall et Biffy ce dont je suis très moyennement satisfaite mais j'attends de lire le tome 4 et 5 pour savoir comment Gail Carriger va s'en sortir.
Je ne suis toujours pas convaincue par Madame Lefoux qui me semble être un personnage inutile dans le lot, c'est un peu le seul reproche que je ferais à ce tome. Je n'adhère toujours pas, elle ne me fait pas rire et son côté scientifique n'est pas assez exploité pour qu'elle soit assez intéressante à mes yeux. J'aime toujours autant Conall, Lyall, Floote, Akeldama et les Tunstell et j'ai vraiment hâte d'en apprendre plus. L'humour est toujours présent et le roman se lit d'une traite, c'est aussi l'une des caractéristiques majeures de la série et ce qui me fait poursuivre ma lecture. 

Une série que j'aime toujours autant et que je recommande chaudement!

lundi 15 avril 2013

Sherlock Holmes et les vampires de Londres - Sylvain Cordurié et Laci


Présentation de l'éditeur: Mai 1891. Sherlock Holmes périt dans les chutes de Reichenbach en affrontant son plus grand adversaire, le Professeur Moriarty. C'est du moins ce qu'affirme la presse. Une version hasardeuse, car Holmes est bien vivant et compte tirer profit de sa mort présumée pour parcourir le monde. Mais s'il est aisé de tromper le commun des mortels, d'autres ne se laissent pas si facilement convaincre. Holmes voit ses projets contrariés quand des vampires londoniens retrouvent sa trace à Paris...

Je sais....mon côté peaky est légendaire dès qu'il s'agit de Sherlock Holmes. Ce personnage est tellement bien et tellement bien situé dans la littérature contemporaine (pensez-vous! Londres au XIXe siècle, un bonheur) qu'il est souvent utilisé à tord et à travers. D'où mon côté peaky. CQFD. (Qui a dit pénible? Je vous entends dans le fond!). Si vous me lisez régulièrement *croise les doigts très fort* vous savez aussi que les vampires et moi, ça n'est pas vraiment une grande histoire d'amour. En dehors de Dracula ou des vampires d'Anne Rice j'ai tendance à faire des syncopes (sauf pour Akeldama chou mais ça c'est une autre histoire).

So what Persie? Sherlock Holmes ET des vampires et tu vas nous faire croire que tu as lu ça? Comme le dit si bien le proverbe "ne jamais dire fontaine je ne boirais pas de ton eau" je n'ai jamais dit: "jamais je lirais une BD qui mélange Sherlock Holmes et les vampires". Et j'ai bien fait puisque lors d'un séjour en Tam-Tamland (it's a country Far Far Away), le Prince (très très gentil Prince) a écumé vaillamment la bibliothèque du château pour me sortir tout un tas de titre qui pourraient me plaire. Entre Batman, les BD historiques et les BD contemporaines plus fun, j'ai de quoi faire! Dans le lot, le gentil Prince m'a donc dégoté (ou bien était-ce Sa majesté Tam-Tam elle-même, je ne sais plus) les deux tomes de Sherlock Holmes et les vampires de Londres. 

Soyons clair, il s'agit VRAIMENT d'une histoire de vampires. Pas de rationnel ou d'explications pseudo-scientifiques, non non, Sylvain Cordurié et Laci jouent pleinement la carte du steampunk, avec un Londres bien glauque comme on les aime, un Lord vampire et une armée de gens pas franchement sympas près à faire du mal à notre cher Doctor Watson et à sa femme Mary. Je n'ai pas eu de mal à rentrer dans l'histoire sachant bien qu'il s'agissait vraiment de vampires. Je ne m'attendais pas à autre chose, cela dit, le récit est très bien mené. On suit Holmes dans son enquête et l'on découvre peu à peu différentes facettes de plusieurs personnages. L'intrigue étant en deux tomes, le tome 1 s'arrête sur une première étape importante dans le récit, tandis que le second permet d'établir à son rythme un dénouement. Les deux tomes sont nécessaires dans la mesure où ils permettent de donner de l'ampleur à l'histoire et un bon développement avec plusieurs rebondissements bien placés. Ca ne m'a pas trop gênée de voir l'histoire du point de vue de Sherlock sans Watson, sûrement le format BD qui donne une sorte de point de vue à la 3eme personne même si les textes sont à la première. Je ne saurais pas expliquer pourquoi mais c'est peut-être dû au fait de voir les dessins, un peu comme un film. Nous ne sommes jamais vraiment dans la tête du personnage. 

Même si le Sherlock en question à les traits du papa du dessinateur (si j'ai bien lu mes petites notes), je ne peux m'empêcher de penser qu'il y a là une forte inspiration Jeremy Brett, avec un profil d'aigle et une sorte de prestance toute britannique. J'ai beaucoup aimé les dessins, très recherchés, notamment dans les décors et le travail sur la ville. j'ai été impressionnée par les détails sur la ville de Paris et notamment l'intérieur de la bibliothèque Richelieu. En comparaison avec ce que j'ai vu en vrai, j'ai apprécié la qualité du travail. Les images s'enchaînent très bien, elles ne sont pas dénuées de violences certes, mais l'ensemble est très bien rythmé. On sent le côté steampunk dans l'inspiration même si l'accent n'est pas mis sur le côté technique/vapeur du genre. J'ai dévoré les deux tomes en une soirée et une matinée et pourtant j'ai pris mon temps pour ne rien louper des détails car j'ai vraiment trouvé que le scénariste et le dessinateur ont voulu rendre compte d'un univers et d'une ambiance dans laquelle je me suis bien retrouvée. 

Pour une fois j'ai passé un très bon moment en compagnie d'un univers qui me reste souvent obscur et si vous voulez tenter quelque chose d'un peu différent Sherlock Holmes et les vampires de Londres me semble être une bonne idée!

Pour un autre avis, je vous renvoie chez ma copine Karine au doux accent québécois qui a lu le premier tome! 

lundi 1 avril 2013

Changeless (Sans forme) - Parasol Protectorate #2 - Gail Carriger


COUP DE COEUR DE PERSEPHONE

Présentation de l'éditeur: Après diverse péripétie impliquant des scientifiques fous et des situations plus que compromettantes, Miss Alexia Tarabotti est enfin devenue Lady Alexia Woolsey. Un jour qu’elle se réveille de sa sieste, s’attendant à trouver son époux gentiment endormi à ses côtés comme tout loup-garou qui se respecte, elle le découvre hurlant à s’en faire exploser les poumons. Puis il disparaît sans explication… laissant Alexia seule, aux prises avec un régiment de soldats non-humains, une pléthore de fantômes exorcisés, et une reine Victoria qui n’est point amusée du tout. Mais Alexia est toujours armée de sa fidèle ombrelle et des dernières tendances de la mode, sans oublier un arsenal de civilités cinglantes. Et même quand ses investigations pour retrouver son incontrôlable mari la conduisent en Écosse, le repère des gilets les plus laids du monde, elle est prête ! 

 Mon amour pour Gail Carriger n'a plus de limite. En plus d'être archéologue et ethnologue (ce qui en fait déjà une femme selon mon coeur), elle a eu la classe de me souhaiter mon anniversaire (oui madame, oui monsieur). Je suis éblouie par tant de gentillesse envers le lecteur lambda. Elle a donc rejoint Jasper Fforde dans mon panthéon des auteurs que j'aime d'amour. Lorsque Tam-Tam, Chi-Chi, Min et Sandy ont décidé de faire une lecture commune j'ai sauté sur l'occasion et je me suis jointe à elles. Je leur dois beaucoup de couinage et de paillette envers la musculature de Lord Connall et des kilts. 

Je suis toujours aussi fan de l'humour de Gail Carriger, c'est piquant et toujours placé au bon moment. Ce qui fait de cette série une bonne série c'est avant tout le style de l'auteur. Il est fouillé, pointu et Gail Carriger arrive à donner un ton et une vraie personnalité à chacun des personnages qu'elle met en scène. On arrive à reconnaître le ton authoritaire d'Alexia, l'accent écossais de Connall (irrésistible l'accent), la préciosité de Tunstell, la classe qui émane du professeur Lyall, les fantaisies de Ivy et le fait que Lord Akeldama parle vraiment en italique! On sent qu'il y a un choix des mots faits, qu'elle pense et travaille ce qu'elle écrit. C'est vraiment agréable de sentir que l'auteure maîtrise son écriture. 

Alexia Tarabotti est réellement un personnage que j'aime beaucoup, elle est forte, drôle avec beaucoup de sang froid et ça m'a fait plaisir de la retrouver dans un autre role que la spinster in making. J'ai adoré la voir en femme mariée, en comtesse Maccon et de la voir s'intégrer à la meute et au mode de vie de son mari. Son ombrelle est un personnage à part entière, avec une âme. Le détournement d'un symbole victorien en une arme est bien vu et donne tout le ton Steampunk au roman. Même si on voit moins Connall dans ce tome, j'ai été plus que ravie de le retrouver, surtout dans son terrain naturel en Ecosse. La meute de loups-garous en kilt est une excellente idée! "There is knees everywhere!" comme dirait Ivy. Ivy et Tunstell sont toujours aussi drôles, drama queen et king par rapport à Alexia et Connall plus pragmatiques. Lord Akeldama chou reste un amour rococo. Le Major Channing Channing of the Chesterfield Channings prouve que les gamma peuvent être tout à fait graouu (oui ce n'est pas un terme technique mais c'est ma chronique après tout je fais ce que je veux!). Froid, insolent, il met les nerfs d'Alexia a rude épreuve mais ma foi, il n'est pas si mal à regarder, surtout lorsqu'il passe de loup à humain...Mrs Maccon a les yeux qui trainent et nous avec. Je suis en revanche plus critique au sujet de Mme Lefoux. C'est un personnage que je n'aime pas (même si c'est un des préférés de Gail Carriger). Je le trouve convenu, assez inutile et très peu drôle. Là ou Akeldama est dans la caricature et arrive néanmoins à être touchant, Mme Lefoux manque pour moi d'originalité. Elle est toujours là où on l'attend et ça m'ennui la plupart du temps. Il faudra que Gail Carriger nous explique ce qu'elle a contre les français parce qu'on prend cher! 

En ce qui concerne l'intrigue principale, le déplacement en Ecosse m'a beaucoup plu. J'ai trouvé vraiment sympathique de découvrir Maccon dans une autre situation que le maître des lieux, le mystère de l'humanisation des loups-garous sous-jacente était là aussi une bonne idée dans la mesure où l'on en apprend plus sur Mr Tarabotti, père de la susnommée comtesse. Floote est un majordome atypique et il me tarde d'en savoir plus sur lui. Je n'ai pas été bluffée par une des intrigues qu'elle met en place, j'ai trouvé ça plutôt facile et vite décelable mais comme le reste m'a passionnée, ça n'a pas une grande importance. 

J'admire toujours autant le travail sur le monde qu'elle met en place, les relations dans les meutes, avec les vampires, avec la reine Victoria, on sent qu'il y a un vrai travail derrière, on sent l'ethnologue dans la construction de l'univers du Parasol Protectorate et c'est qui fait que j'aime cette série, comme Mercy Thompson de Patricia Briggs qui s'en rapproche par de nombreux côtés. 

Comme ce tome se termine sur un cliffhanger de malade je ne peux pas en dire plus...juste une chose: Lisez-le! Je vous donne rendez-vous bientôt pour le troisième tome (déjà lu mais pas encore commenté!).

mardi 10 janvier 2012

Soulless - The Parasol Protectorate #1 - Gail Carriger


COUP DE COEUR DE PERSEPHONE

Ultime vérité: Avec Peabody-Emerson tu glousses, avec Tarabotti-Maccon tu couines. CQFD.

Présentation de l'éditeur: Primo, elle n’a pas d’âme. Deuxio, elle est toujours célibataire. Tertio, elle vient de se faire grossièrement attaquer par un vampire qui, ne lui avait pas été présenté !
Que faire ? Rien de bien, apparemment, car Alexia tue accidentellement le vampire. Lord Maccon – beau et compliqué, écossais et loup-garou – est envoyé par la reine Victoria pour enquêter sur l’affaire. Des vampires indésirables s’en mêlent, d’autres disparaissent, et tout le monde pense qu’Alexia est responsable. Mais que se trame -t-il réellement dans la bonne société londonienne ?

Vous l'aurez remarqué je suis dans une période un peu romance. En fait je n'ai pas fait exprès d'enchaîner les Peabody-Emerson et les Tarabotti-Maccon mais il se trouve qu'ils étaient dans ma PàL depuis un moment et que par le plus pur des hasards ils se sont retrouver en même temps entre mes mains.

Evidemment après Peabody j'étais sûre d'adorer Soulless et effectivement c'est le cas. Il faut cependant être clair, Soulless est beaucoup plus "romance" que Peabody et ce pour deux raisons (je vais devoir définir romance parce qu'apparemment ma définition n'est pas la définition canonique).
Tout d'abord l'histoire d'amour prend beaucoup plus de place que le mystère dans Soulless que dans Peabody. Là où Peabody mène l'enquête, c'est plutôt l'enquête qui tombe sur Alexia Tarabotti. Ensuite et je ne vous spoile pas en vous disant ça mais je le fais pour que vous soyez pleinement conscient de la teneur du roman, Soulless est largement plus hot que les Peabody. Rien de vraiment hard mais bon il faut le savoir cela concerne une bonne partie du roman.
Remarquez je ne m'en suis pas plainte du tout hein (Lord Maccon involved!)

Alors oui c'est vrai ce premier tome est à moitié concentré sur une histoire, une sorte d'énigme à résoudre et à moitié sur une histoire d'amour. Autant prévenir.
Personnellement j'ai beaucoup aimé parce que j'ai trouvé que l'ensemble était bien dosé, les deux s'entremêlent assez bien ce qui fait qu'on ne peut pas s'ennuyer, il n'y a pas de temps mort dans le récit (et il y a un potentiel de couinage assez important).

En ce qui concerne l'histoire d'amour j'ai beaucoup aimé la façon dont Gail Carriger amène tout ça. Evidemment on sait tout de suite comment ça va finir entre Maccon et Tarabotti et d'ailleurs le lecteur le souhaite très fort mais les tergiversations des personnages sont très bien rendues. D'un côté Lord Maccon se méprend sur ses sentiments, il pense que ce n'est que son côté "loup-garous" et juste ses instincts animal alors qu'il est tout simplement amoureux. De son côté Alexia est tellement persuadée qu'elle est laide et qu'elle ne vaut rien qu'elle ne pense pas 5 secondes que Lord Maccon puisse vraiment s'intéresser à elle. Du coup elle fait tout ce qu'elle peut pour que Lord Maccon ne se sente pas "obligé" d'être avec elle. Du coup je n'ai pas trouvé tout ce préambule et les premières tergiversations (parce que je vous rassure, au bout d'un moment ils ne se posent plus vraiment de question) des personnages trop lourdes. Vraiment, pour moi c'était bien dosé et crédible. Du coup j'ai beaucoup apprécier lire leurs échanges phénoménaux! C'est toujours une partie de plaisir de les voir se chamailler, se séduire et presque jouer l'un avec l'autre et puis Lord Maccon est trop swoonnant....il est terriblement magnétique et puis c'est un loup-garou et j'adore les loups-garous.

Alexia Tarabotti est extrêmement touchante et je m'en suis sentie vraiment très proche. Sa famille est tout bonnement affreuse, j'ai envie de claquer sa mère et ses demi-soeurs vraiment très fort.
Depuis qu'elle a 15 ans tout le monde lui répète qu'elle est laide (elle a le teint bronzé et un long nez), des cheveux très noirs, qu'elle est trop ronde (un comble pour le XIXe quand même) et que ça ne sert à rien de dépenser des sommes folles pour l'habiller puisque de toute façon personne ne voudra d'elle. Ca m'a fait sortir de mes gonds et du coup je me suis prise de sympathie pour Alexia immédiatement! Le personnage est d'ailleurs cohérent avec lui-même ce qui se révèle être très agréable. C'était très bien amené de la part de Gail Carriger et les interrogations d'Alexia ne sont pas répétitives. Elle n'a rien de la petite oie blanche qui se pose des questions idiotes. C'est vraiment ce que j'ai aimé avec ce personnage.

Le roman est clairement steampunk. Je dois dire que là encore j'ai très vite accroché avec l'ambiance. Je pense qu'il est steam mais pas trop. L'idée est originale. Les vampires et loups-garous, fantômes et autres se sont faits connaître vers le XVIe siècle. En Angleterre ils ont été reconnu par Henry VIII et depuis Elizabeth sont organisés en Hive (ruche) pour les Vampires et Pack (meute) pour les Loups-garous l'ensemble étant contrôlé par le BUR c'est à dire le Bureau de contrôle des êtres supernaturels. Le système est vraiment bien pensé, logique et crédible. Aux Hives et Packs (ce sont les termes anglais) il faut ajouter que des drones et des clavigers servent les vampires et les loups-garous. Les drones espèrent pouvoir être fait vampires et les clavigers loups-garous. Enfin vous avez les roves et les loners qui sont des vampires ou loups-garous n'appartenant pas à un ensemble de ses congénères.
Et puis vous avez Alexia Tarabotti, un preternatural, une sans âme dont la particularité est de neutraliser les êtres supernaturels rien qu'en les touchant. Tout un monde donc, mais facile à comprendre. L'esprit steam se retrouve vraiment dans la fameuse ombrelle d'Alexia!

L'histoire est elle aussi bien menée ni trop simple ni trop complexe et elle présage des aventures intéressantes pour les autres tomes! J'ai hâte de voir comment tout ça va se complexifier parce que je pense que ce n'est pas fini. Les derniers chapitres étaient particulièrement prenant. C'était à la fois affreux, drôle, émouvant, émoustillant, un pot pourri de sensations bien agréables!

Pour résumer, si vous avez encore des doutes: LORD MACCON (beau, compliqué, écossais, loups-garous...)

Lu dans le cadre du mois anglais et du challenge Steampunk!
Soulless est aussi une lecture Commune avec Miss Blueberries (qui a adoré) et Pandamouflé. Vous pouvez aussi aller chez Miss Babooshka tout à fait d'accord avec nous!


mercredi 6 juillet 2011

Le défis Steampunk de Lord Orkan Von Deck



Je sais vous allez dire "ENCORE UN CHALLENGE"? Oui encore un mais c'est le dernier tant que les autres ne sont pas finis promis (on verra bien combien de temps je vais tenir).
Celui-là je ne pouvais pas le laisser passer car j'adore le steampunk. Pour ceux d'entres vous qui ne sauraient pas ce qu'est le steampunk je vais tenter d'en donner une petite définition.

Le Steampunk c'est de la sciences-fiction teintée d'uchronie qui se passe dans l'Angleterre victorienne du XIXe siècle. Pour vous donner un exemple, les aventures du capitaine Némo ou la Ligue des Gentlemen extraordinaires rentrent dans la catégorie steampunk.
Lord Orkan Von Deck étant lui passionné de steampunk, a gentiment lancé un challenge Steampunk sans limite de temps.

Je m'inscris donc dans la catégorie Aéronaute expert avec 10 livres au programme plus 2 en bonus (au cas où). Mais aussi dans la catégorie Savant fou novice (avec 2 films dont je mettrai les noms en ligne plus tard).

Comme toujours vous trouverez les noms des livres lus en gras et leur critique en lien à côté.
Aéronaute expert:
- The Parasol Protectorate t1. : Souless de Gail Carriger
- The Parasol Protectorate t2. : Changeless de Gail Carriger
- The Parasol Protectorate t3. : Blameless de Gail Carriger
- Viktoria 91 de Pierre
Pevel
- Leviathan de Scott Westerfield
- 20000 lieues sous les mers de Jules Vernes
- Les revenants de Whitechapel de George Mann

- Confessions d'un automate mangueur d'opium de Colin
-
La carte du temps de Palma (en cours de lecture)
- Riverdream de George R.R. Martin


BONUS : The Prestige de Christopher Priest et The Strange affair of Spring Heeled Jack de Mark Hodder et "la confrérie de l'horloge" de Arthur Slade.