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jeudi 29 mai 2014

Le duel - Arnaldur Indridason


Présentation de l'éditeur: Pendant l’été 1972, Reykjavík est envahi par les touristes venus assister au championnat du monde d’échecs qui oppose l’Américain Fischer et le Russe Spassky. L’Américain se conduit comme un enfant capricieux et a de multiples exigences, le Russe est accueilli en triomphe par le parti communiste islandais, le tout sur fond de guerre froide.
Au même moment un jeune homme sans histoire est poignardé dans une salle de cinéma, le magnétophone dont il ne se séparait jamais a disparu. L’atmosphère de la ville est tendue, électrique. Le commissaire Marion Briem est chargé de l’enquête au cours de laquelle certains éléments vont faire ressurgir son enfance marquée par la tuberculose, les séjours en sanatorium et la violence de certains traitements de cette maladie, endémique à l’époque dans tout le pays. L’affaire tourne au roman d’espionnage et Marion, personnage complexe et ambigu, futur mentor d’Erlendur, est bien décidé à trouver le sens du duel entre la vie et la mort qui se joue là.

Je n'avais jamais lu de roman d'Arnaldur Indridason et je ne connaissais que de nom sa série d'enquête d'Erlendur. Les noms suffisamment exotiques pour me croire dans une histoire de viking -THOR, MARTEAU...hum désolée, encore traumatisée par Thor 2 ou blondinet a encore oublié son cerveau - conjugué au fait que le livre abordait la guerre froide à travers le prisme de la partie d'échec entre Spassky et Fisher m'ont convaincue de le lire. Et puis ce n'est pas comme si je n'aimais pas les polars nordiques et que Le duel est un prequel à la série des Erlendur....Comment ça des excuses?

J'ai vraiment beaucoup aimé ce roman policier. Je lui ai trouvé de très nombreuses qualités, tant sur le plan narratif que stylistique. Le duel est aussi un roman sur la guerre froide et toutes les petites manigances qu'il pouvait y avoir de la part d'un camp comme de l'autre dans un pays neutre comme l'Islande.

L'ensemble est extrêmement bien dosé entre politique et crime. J'ai vraiment apprécié que l'intrigue policière ne soit pas reléguée au second rang et que finalement, la partie d'échecs, politique, souligne le récit comme un fil rouge. À travers les journaux, la radio, les informations qui circulent, le lecteur est presque dans la salle du match, sans pour autant quitter la scène de crime ou l'audition des témoins. C'est ce mélange subtile qui fait du Duel, un roman policier politique sans toutefois écœurer le lecteur. 
On en apprend aussi plus sur l'Histoire de ce pays assez mal connu - de moi en tout cas - et notamment ses liens avec le Danemark et les épidémies de tuberculose dans les années 40-50 qui conduisirent beaucoup de jeunes islandais dans les sanatorium danois. 

Ces très bonnes choses mises à part, je suis restée assez impressionnée par le personnage principal, Marion Briem. Il se trouve que pour nous les français, Marion est un prénom plus que courant et immédiatement définissable comme féminin...ce qui n'est pas le cas en islande ou Marion a l'air d'être plutôt rare. Je m'en suis rendue compte pendant ma lecture, lorsque par plusieurs fois, certains personnages ont fait référence à ce prénom de Marion comme étrange, ce à quoi Briem répond toujours que c'est le nom que sa mère lui a donné. 
De fait, du début à la fin du roman, on ne sait pas si Marion Briem est un homme ou une femme. Je tire mon chapeau à Indridason et à son•a traducteur•trice parce que jamais ceux-ci n'emploi d'adjectifs accordables en genre. À aucun moment, Marion Briem parle de lui/elle dans des termes qui nous laisseraient deviner qui il/elle est. C'est très étrange de se retrouver face à un personnage dont on ne sait où le placer sur un échiquier sexué. Ce n'est pas grave à bien des égards, c'est l'enquête qui importe après tout, mais il est du coup assez difficile de se représenter physiquement un personnage. Indridason compense ce "manque" par une bonne description psychologique de Marion. Je l'ai beaucoup apprécié•e et trouvé•e très touchant•e notamment dans sa relation avec son amie d'enfance. Ce côté là de l'intrigue a du coup éveillé ma curiosité puisqu'on ne sait pas vraiment si leur relation risque de choquer - je rappelle que nous sommes en 1972 - ou si elle risque d'être perturbante du fait de leur passé commun. 

Si Le duel ne parle pas d'échec au sens propre, il n'en reste pas moins qu'il retrace avec brio le fameux combat entre Fisher et Spassky et la personnalité des deux joueurs. Cette intrigue policière, sur fond de guerre froide et cet•te inspecteur•trice ambigu•e mais profond•e m'a beaucoup plu. À découvrir même si vous ne connaissez pas l'auteur! 

mardi 6 mai 2014

L'exception - Auður Ava Ólafsdóttir


Présentation de l'éditeur: « Tu seras toujours la femme de ma vie. »
Dans le vacarme d’un réveillon de nouvel an, María n’entend pas ce que Floki, son mari, lui annonce : il la quitte pour son collègue, spécialiste comme lui de la théorie du chaos.
Heureusement, dans la nuit de l’hiver polaire, Perla est là, charitable voisine d’à peine un mètre vingt, co-auteur de romans policiers et conseillère conjugale, qui surgit à tout moment de son appartement de l’entresol pour secourir fort à propos la belle délaissée...
Ni Perla la naine surdouée, ni María l’épouse idéale démunie devant une orientation sexuelle désormais incompatible, ni les autres acteurs de cette comédie dramatique à l’islandaise – adorables bambins, belles-familles consternées ou complices, père génétique inattendu – ne détournent le lecteur d’une alerte cocasserie de ton, d’une sorte d’enjouement tendre, de brio ininterrompu qui font de l’Exception un grand roman de la déconstruction et de la reconstruction narcissique à la portée du commun des mortels.

Je suis passée à côté du raz-de-marée Rosa Candida lorsque celui-ci est sortie. Bien sûr j'en avais entendu parlé - même si de façon persistante je confonds encore ce livre avec Ce que je sais de Vera Candida de Véronique Ovaldé - mais je ne l'ai pas lu. Oui vous êtes habitués à ce genre de début d'article. Vous le savez bien maintenant, je suis toujours en retard sur les nouveautés mais je finis toujours par me rattraper.
Afin de combler mes lacunes - en retard peut-être mais bien élevée sûrement - j'ai décidé de lire son dernier roman L'exception pour voir de quoi il retournait.

Bien, bien, bien...
Oui merci Greggory
il est de ces livres qui vous tombent des mains. Sans être forcément mauvais, ils vous déçoivent simplement et/ou vous ennuient. L'exception est de ceux-là. Je pense que la quatrième de couverture et les éloges qui ont été faits sur le livre ont contribué à mon désappointement, néanmoins je ne m'attendais pas à l'abandonner en plein milieu à coup de soupirs désolés. Cheshire est témoin du phénomène..."Et croyez-moi, ce n'est pas drôle".

Lorsqu'on me propose un récit drôle, touchant, avec moult péripéties et une naine surprenante et que...rien...non vraiment, rien, il y a de quoi être déçue.
Pas de bol pour Olafsdottir, j'avais lu juste avant ou juste après - dans tous les cas la comparaison est défavorable - Miss Alabama et ses petits secrets où là aussi, un personnage est une naine mais cette fois-ci, tout à fait géniale! Du coup, à côté d'Hazel, Perla fait un peu pâle figure, d'autant plus qu'une fois sur deux je ne comprends absolument pas le baratin qui lui sort de la bouche. Ses longs monologues un peu loufoques censés remonter le moral de l'héroïne m'ont largement ennuyée et je n'ai pas accroché plus que ça.

Je disais donc que la quatrième de couverture me promettait un récit enjoué et moi naïvement je m'attendais à une histoire à l'anglaise pleine de rebondissements, de personnages loufoques et drôles. Finalement j'ai eu le droit à un roman très mou, longuet où les personnages m'ont fatiguée plus qu'autre chose. L'héroïne et son mari ne valent pas mieux l'un que l'autre - non mais sérieux...250 pages où on tourne en rond avec elle d'un côté qui pense qu'il va revenir et lui qui dit que non, il aime un autre homme et qu'il ne rentrera pas - et j'ai cru lire une retranscription de Toute une histoire, le soleil en moins puisqu'on est en Islande et qu'il fait jour entre 11h et 15h.
J'ai cru comprendre que Perla pouvait être la véritable héroïne du roman...moui...si on veut. Si on rajoute à tout ça, un père biologique qui revient et une adoption en cours, on obtient un livre qui essaye d'être à la fois drôle et tragique et ça ne fonctionne pas.

Non, non vraiment avec la meilleure volonté du monde, je n'ai pas pu! Le côté drôle du livre m'a laissée comme ça:

Je vous jure que l'image est animée
C'est clair que les personnages m'ont - légèrement - gonflée, là l'exception (héhé) de Bambi le petit garçon qui est effectivement très mignon. Il ne comprend pas bien ce qu'il se passe, reste collé dans les jupons de sa mère tout en voulant faire la fierté de son papa. Lui était touchant et c'est joli personnage de bébé qu'elle réussit à écrire.

Après ça, ce n'est pas tout à fait noir, il ne faut pas abuser non plus. Si l'histoire en soit ne casse pas trois pattes à un canard unijambiste, j'ai trouvé assez intéressante la forme narrative qu'utilise Olafsdottir. Le récit jongle, assez habilement, entre la première personne du singulier - Maria - et la troisième. Cela crée un contraste intelligent qui permet de renforcer notre rapport au personnage même si dans mon cas la sauce n'a pas prise pour d'autres raisons.

Alors non, on ne peut pas dire que je recommande franchement L’exception même si j'aurai bien aimé parce qu'à lire le résumé, l'ensemble était tentant. Dommage.