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vendredi 23 mai 2014

Et si on se mettait à la BD? Episode 8: Billy Brouillard



Bien le bonjour! Bienvenu dans ce 8ème épisode de "Et si on se mettait à la BD?" consacré cette fois-ci à Billy Brouillard. Vous ne connaissez pas Billy Brouillard? Ce chercheur de fantômes et autres choses terrifiantes. Notre jeune ami est sorti de la plume de Guillaume Bianco. 
Billy a déjà 3 albums pour lui plus deux Hors-séries, dont tous reproduisent un même univers un peu glauque mais drôle, à la Tim Burton.

Le don de double-vue

Présentation de l'éditeur: Billy, sans ses lunettes, ne voit pas très bien ce que les autres, parents et petite sœur, voient. En revanche, sans ses lunettes, il voit ce qu’eux ne voient pas : des créatures fantastiques et horribles, le monde des ténèbres et ses dangers permanents. Et ça, il adore. Ceci dit, depuis que son chat Tarzan est mort, la Mort, qui le fascinait auparavant, n’exerce plus le même pouvoir de séduction. Mais il aimerait comprendre. Quitte à se faire aider par un vieil homme de légende, qu’on ne voit jamais et qui visite les maisons en fin d’année…

C'est dans ce premier opus que nous rencontrons ce cher Billy, petit garçon fasciné par l'étrange, le mystère et la mélancolie. Parce que son chat Tarzan est mort, Billy s'intéresse de près à la mort. c'est le prétexte que prend Guillaume Bianco pour nous raconter plusieurs histoires à se faire dresser les cheveux sur le crâne.
Le petit garçon qui ne croyait plus au Père Noël

Présentation de l'éditeur: Tiraillé entre le Père Noël et le Croquemitaine, Billy Brouillard préservera-t-il son âme d’enfant ?

Le chat de Billy Brouillard est mort. Et même le Père Noël semble incapable de le ramener à la vie. Comment alors avoir foi en lui... surtout lorsque le jeune garçon découvre un jour, un faux costume de Père Noël, caché dans la chambre de ses parents ? « Le Père Noël » : ne serait-il qu’un subterfuge des adultes afin de discipliner les enfants crédules ? Faut-il malgré tout y croire, afin de ne pas réveiller le mystérieux et terrifiant Croquemitaine ? Vous l’apprendrez en dévorant ce 3e opus, métissage narratif entre bande dessinée, textes illustrés et bestiaire.

Notre petit ami Billy ne supporte pas le fait que Tarzan soit mort, alors lorsqu'on essaye de se payer sa tête, notre aventurier se met en tête de trouver le Père Noël et de lui dire sa façon de penser. Accompagné de Léa, il s'embarque dans une drôle d'aventure.

 Le chant des sirènes

Présentation de l'éditeur: Billy Brouillard est de retour, non pas pour se venger, mais plus simplement de ses vacances à la mer. Si les revenants ou autres brucolaques le laissent maintenant (un peu) tranquille, de nouvelles espèces de créatures sont désormais au centre de ses tourments : les nymphes et, plus largement, tout ce qui vit sous l'eau...

Guillaume Bianco explore dans ce troisième volume des aventures de Billy Brouillard, un nouveau pan de la littérature de l'horreur: les monstres marins! Et c'est encore moins marrant que ce qu'il y a sous terre, foi de Billy Brouillard!


Les comptines malfaisantes I

Présentation de l'éditeur: "Les comptines malfaisantes , sont au nombre de treize.
Leurs origines sont diverses et variées , souvent mystérieuses.
Certains prétendent qu'elles auraient été écrites par le diable en personne, afin de punir les enfants dissipés.
Quatre d'entre elles ont été retranscrites à ce jour, elles vous sont ici livrées..."

Changement de décors avec cet Hors-série de Billy. Point d'album mais 3 livres de contes, les propres livres de chevet de Billy. Illustrés comme il se doit par le pinceau de Guillaume Bianco, se sont trois horribles histoires qu'il nous propose. 

Retrouvez l'histoire de l'hôte funeste, la complainte de la fille de l'eau, de la Petite princesse qui faisait du mal aux gens et d'Imothep.
De quoi terrifier vos enfants s'ils ne sont pas sages. 

Les comptines malfaisantes II (comptines noires):

Présentation de l'éditeur: Fantaisistes et angoissantes, quatre nouvelles “comptines malfaisantes” aujourd’hui dévoilées dans ce second coffret !

Rangées sur l’étagère de Billy Brouillard, les comptines malfaisantes sont au nombre de treize. Leurs origines demeurent mystérieuses, mais certains prétendent qu’elles auraient été écrites par le Diable lui-même afin de punir les enfants dissipés.

Quatre d’entre elles ont déjà été retranscrites, quatre nouvelles le sont aujourd’hui :
– Vous brûlerez d’épouvante en découvrant Ézilda, le lézard géant qui suit les enfants comme leur ombre sans raison apparente...
– Plus jamais vous ne vous endormirez dans le noir après avoir lu la sinistre histoire du Nez qui dépasse...
– Si vous survivez à la lecture d’Angoisses nocturnes, vos cauchemars auront une saveur âpre...
– Et enfin, vous en saurez un peu plus sur le terrifiant Monsieur du Sac qui effraie tant Billy...

Prenez gare... Comme certains contes populaires, la morale de ces comptines peut s’avérer dure, ironique, souvent cruelle... mais toujours surprenante.

L'encyclopédie curieuse et bizarre vol. 1: Les Fantômes

Présentation de l'éditeur: Le premier volume de L’Encyclopédie curieuse et bizarre par Billy Brouillard est destiné à révéler les secrets des fantômes ! Ils vivent parmi nous, nous en croisons tous les jours... Pourtant, il n’est pas aisé de les identifier ! Certains sont inoffensifs, loufoques, alors que d’autres ne reculeraient devant rien pour s’emparer de vos âmes.
Il est donc plus que nécessaire de connaître leurs mœurs et leurs coutumes afin de les apprivoiser et d’apprendre... à ne plus en avoir peur ! Savoirs spectraux, conseils avisés, histoires tantôt insolites, tantôt burlesques et jeux fantomatiques... tout les moyens sont bons pour tout apprendre des fantômes.

Histoire de bien finir cette chronique, nous allons parler plus en détail du dernier né de la série, L'encyclopédie curieuse et bizarre, sortie en avril. 
Il s'agit d'un superbe album, plus grand qu'une BD normale, richement illustrée. Destinée avant tout aux ados et aux adultes - c'est assez effrayant parfois, je ne suis pas sûre qu'elle convienne aux moins de 10 ans - L'encyclopédie curieuse et bizarre vous plonge dans les recherches de Billy sur les fantômes. 


J'ai carrément adoré l'ambiance et les dessins. Ça fait gentiment flipper, on sent un côté Burtonien qui me plaît beaucoup et on est super facilement plongé dedans. La première partie de l'album concerne les "vrais" fantômes, du moins les plus connus d'entre eux avec des pages de faux journaux sur le sujet et les conseils de Billy sur comment voir les fantômes et s'en protéger. 

Viennent ensuite des histoires de Billy Brouillard comme la jeune fille au couteau, le fantôme du placard ou encore le fils de la mort. Je ne suis pas facilement flippée mais j'avoue que certaines histoires filent la chair de poule. Et c'est super!!!  
Les illustrations sont tout simplement superbes, tantôt épurées, tantôt chargées de détails comme la planche sur Jack'o'Lantern toute en ombre. 

Guillaume Bianco conjugue l'histoire à un dessin glaçant pour mieux nous faire plonger dans l'univers de Billy. Ce nouvel opus, qui regroupe donc les carnets de Billy - dont le lecteur a déjà pu avoir des aperçus dans les tomes précédents - est un petit régal!

Allez, il nous vous reste plus qu'à rencontrer Billy! Bonne lecture et bon frisson.

vendredi 14 février 2014

Et si on se mettait à la BD? Episode 7: Quatre sœurs la BD - Malika Ferdjoukh et Cati Baur : tome 1 et 2, Enid et Hortense


Les Quatre sœurs, c'est mon roman jeunesse préféré de l'univers entier, rien que ça. Les Sœurs Verdelaine et la Vill'Hervé je les adore au point que je regrette toujours que Charlie, ma préférée, n'ai pas son tome consacré, rien que pour pouvoir recroiser le beau Valéry. La bande dessinée de Cati Baur et de Malika Ferdjoukh était sortie une première fois chez Delcourt mais je n'avais pas eu l'occasion de la lire. Elle est tout récemment ressortie chez Rue de Sèvres, la maison d'édition BD de l'Ecole des Loisirs qui nous promet cette fois la série complète. Ni une ni deux, j'ai donc pu mettre la main sur les deux premiers tomes disponibles, Enid et Hortense.


Découpées de la même façon que les romans, c'est à dire en quatre volumes, la BD suit pas à pas les livres qu'elle met en scène.

J'ai adoré voir vivre à travers le dessin mes cinq sœurs préférées - quid des sœurs Bennet me direz-vous, je répondrais que des cinq, je n'en aime que deux...Je ne sais pas si je les imaginais véritablement comme ça en lisant le roman mais la BD m'a tout de même convaincue. Les sœurs Verdelaine sont différentes les unes des autres, tant physiquement que psychologiquement et on arrive bien à les distinguer.

Charlie, avec son air de lutin et ses cheveux courts, reste ma préférée et j'adore le look que Cati Baur lui donne, avec ses pull trop grands, sa salopette et son pantalon à bretelles. C'est un style qui me ressemble assez dans ce que j'aime et je me sens donc très proche de l'aînée des Verdelaine. Geneviève à un physique très agréable, elle fait très douce et cela dégage un contraste assez marrant lorsqu'elle fait du baby-sitting pour les jumelles Desroulliere. Bettina est superbe et bénéficie souvent de gros plans très jolis sur ses cheveux roux et ses tâches de rousseurs et même si c'est la sœur que j'aime le moins, je la trouve réellement touchante qu'à partir de la fin du tome 2, la bande dessinée lui rend joliment hommage avec son petit nez en pointe. Hortense se fait très discrète dans le premier tome mais heureusement, la seconde histoire lui est consacrée et c'est un personnage - dans le sens fantasque du terme - qui se révèle aux lecteurs et lectrices. Enid enfin est vraiment drôle parce qu'elle ne se rend pas compte qu'elle est encore un bébé pour ses sœurs et que sa lubie de sauver sa chauve souris Swift en plein orage aurait pu avoir des conséquences terribles. Avec sa jolie bouille et ses barrettes roses, elle apporte de la gaieté dans la Vill'Hervé.

 Présentation de l'éditeur: Orphelines depuis peu, les soeurs Verdelaine vivent à la Vill'Hervé, une grande maison en bord de mer. Enid, c'est la plus jeune, celle qui ne comprend pas vraiment les choses de l'amour, celle que personne ne croit quand elle dit qu'elle a entendu un fantôme hurler dans le parc. Ni Geneviève, ni Hortense, ni Bettina... Pas même Charlie l'aînée qui s'occupe de toute la petite tribu. 

Dans ce premier tome, nous apprenons donc que les filles Verdelaine vivent désormais seules, à la suite de la mort de leurs parents, Lucie et Fred. C'est Enid, la plus jeune qui nous entraîne tout d'abord dans leur grande maison au bord de la mer, la Vill'Hervé, où le vent s'engouffre dans un bruit de hibou asthmatique. Les fuites, la chaudière qui déconne, le macaroni - cet escalier biscornu - l'aile des filles et l'aile de Bettina avec salle de bain perso - lenteur de douche de la demoiselle oblige - mais heureusement il y a aussi les pâtisseries de Geneviève, les vêtements bien repassés et Charlie et ses outils. Il y a aussi Basil, l'amoureux de Charlie, médecin de son état qui vient aider la tribu Verdelaine dès qu'un nez se met à couler. 

Les filles ont aussi un secret, elles parlent toute à leurs parents disparus, qui apparaissent toujours vêtus n'importe comment. Réconfortant et douloureux, ces apparitions sont l'occasion pour les filles de confier ce qu'elles ont sur le cœur. 

A côté de la grande tempête qui s'abat sur la Vill'Hervé, détruisant le puits et le vieil arbre, Colombe, une jeune fille dont les parents sont à l'étranger, vient passer les vacances chez les Verdelaine au grand dam de Bettina qui redoute une rivale. Il faut dire que Colombe est aussi belle que gentille et ça a de quoi énerver. Sauf que non...Colombe a tout de Miss parfaite mais elle est vraiment adorable, bien élevée et c'est une bonne nature. Elle n'en veut jamais à Bettina pour ses impolitesses et ses vacheries, ne la dénonce pas, parce qu'elle sait que cela ne sert à rien. C'est finalement Bettina qui nous apparaît comme une insupportable ado, jalouse et mauvaise jusqu'à la fin du tome. Il lui faudra faire encore un peu de chemin avant de grandir! 

Colombe est très joliment dessinée et correspond bien à l'image que je m'en faisais et le beau Juan avec ses cheveux roux et ses tâches de rousseurs était parfait aussi!

 Présentation de l'éditeur: Dans ce deuxième tome de ta série, il est question d'Hortense, 11 ans, qui passe sa vie dans les livres et se demande ce qu'elle va devenir : un personnage de sa série préférée ? Chirurgienne des maladies incurables pour venir en aide à sa nouvelle amie Muguette ? Ou bien comédienne ? Mais pour monter sur scène, Hortense va devoir vaincre sa timidité... C'est dans son journal intime dont elle nous livre des extraits, qu'Hortense s'interroge et partage les hauts et les bas de sa vie d'adolescente. 

Enfin nous découvrons Hortense, 11 ans et malheureuse, noyée dans la masse de ses sœurs. Trop de filles dans cette maison, trop de caractères différents et surtout trop de Bettina qui ne voit sa petite sœur que pour se moquer d'elle. Lorsque Hortense rencontre Muguette, une petite fille gravement malade mais pleine de vie et d'espièglerie, l'adolescente se dit qu'il est temps d'agir. Grâce à cette nouvelle amitié et aux cours de théâtre, Hortense sort lentement mais sûrement de sa coquille et se découvre une passion. 

J'ai beaucoup aimé que ce tome-ci prenne une forme qui lui est propre, notamment avec les pages du journal d'Hortense qui jalonne la lecture. C'est donner vie au roman d'une façon visuelle fort agréable. 

Parallèlement à Hortense, c'est Bettina qui vit une histoire peu commune avec un magicien nommé Merlin aussi drôle et gentil que laid. Entre la peur d'être rejetée par ses amies et la découverte de l'amour, Bettina passe de l'odieuse à l'émouvante. Les deux premiers tomes en font finalement un personnage de premier plan parfois au détriment de Geneviève ou Charlie que l'on voit moins.

J'ai beaucoup apprécié ce que Cati Baur a fait de Merlin. Le garçon a d'immenses oreilles et un grand nez mais il est immédiatement attachant comme dans le roman. On a envie de rire avec lui et de le voir faire des tours de magie. C'est un personnage que j'avais déjà adoré dans le roman et ici, tout comme Colombe dans le tome 1, Cati Baur a su le retranscrire juste comme il fallait. De la même façon j'ai trouvé le personnage de Muguette très juste. On voit bien qu'elle est malade, avec ses yeux cernées et ses cheveux très courts qui ont l'air d'être un petit duvet, mais en même temps, il se dégage une très grande force de son personnage ainsi que beaucoup d'humour. Cati Baur a gardé toutes les expressions de Muguette, les "Maine et Loire" ou autre "Tarn et Garonne" qui m'ont toujours beaucoup plu.

Ces deux premiers tomes des adaptations des Quatre sœurs retranscrivent avec brio mes romans chéris. Des larmes de rire en passant par celles de tristesse, des disputes aux franches rigolades, c'est avec une joie non dissimulée que l'on se replonge dans les aventures des cinq filles Verdelaine. Il est indéniable que l'on sent la complicité des deux auteures. Une lettre de Malika Ferdjoukh au début du premier tome retrace d'ailleurs leur rencontre et leur projet. De l'inspiration très hollywoodienne de Malika Ferdjoukh, toujours très friande du cinéma de l'âge d'or, aux choix de Cati Baur, la BD finale ressemble bien à la mise en image des romans. 

L'humour et les mots d'esprit qui les jalonnent non pas disparu non plus et c'est avec le sourire et en attendant la suite que l'on referme ces deux premières bandes dessinées.

J'ai déjà parlé des dessins de Cati Baur pour ses personnages mais il faut encore mentionner tous les décors et les paysages. J'adore plus que tout la Vill'Hervé, absolument magnifique. Elle figurait déjà dans le Top 10 des maisons dans lesquelles je voulais vivre mais la voir presque en vrai est insoutenable. Immédiatement, nous sommes plongés dans l'ambiance et la Vill'Hervé et les cinq Verdelaine prennent corps. Trois pages de BD c'est tout ce qu'il aura fallu pour m'avoir, sans parler de la plage, des falaises d'Hortense et de la chambre de Geneviève avec son lit que l'on peut entièrement fermer. J'ai hâte d'arriver dans les autres tomes lorsque les filles vont à Paris. La capitale sous les pinceaux de Cati Baur ne doit pas manquer d'attraits.

La maison idéale, au bord de la mer!

Je ne peux donc QUE vous recommander ces deux premiers tomes, dans l'attente fébrile des deux derniers. Ceux qui ont lu les romans vont juste adorer, pour les autres, c'est une excellente occasion de découvrir l'univers des cinq soeurs Verdelaine et de Malika Ferdjoukh.

Dessin préparatoire de Cati Baur, trouvé sur son blog

vendredi 7 février 2014

La Tectonique des plaques - Margaux Motin

Présentation de l'éditeur: Cuites, dérapages et autres séismes dans sa vie de mère célibataire... À 35 ans, Margaux Motin raconte les récents bouleversements qui ont secoué son existence. En magnitude 10 sur l'échelle de Richter, sa nouvelle histoire d'amour avec son meilleur pote, pour qui elle change radicalement de vie. Et comme toute nana post-trentenaire qui prend des décisions rapides, le retour de flammes sera brutal. 

Ce livre m'a fait de l’œil tout le mois de décembre. J'aimais beaucoup sa couverture, le format de la nouvelle collection Tapas:-* et le style de dessin. Aussi, dès que j'ai pu mettre la main dessus, je n'ai pas hésité. Sitôt pris, sitôt lu. Le temps d'une pause déjeuné je suis entrée dans l'univers de Margaux Motin.


Je n'ai pas lu ses deux premières BD, j'entrais donc dans son univers par la petite porte, presque en catimini. Au départ, j'ai eu un peu peur de ne pas apprécier du tout. Si j'aimais l'idée de planches qui se suivent pour raconter une histoire - donc pas de planches indépendantes mais pas un vrai récit suivit non plus - j'avais du mal à me retrouver tout le temps de le propos de Margaux Motin. BDGest' n'était pas très sympa dans leur chronique vis-à-vis de ce tome, le trouvant vain et nombriliste où tout le monde est beau, mince, branché et où personne n'a jamais l'air de travailler, juste de picoler entre potes. C'est vrai que la prédominance de ces scènes m'ont laissé un peu à part dans le récit. Ce n'est pas vraiment ce qui m'attire le plus car je ne m'y reconnais pas vraiment. Toutefois, je trouve la critique un sévère parce que Margaux Motin n'a jamais prétendu raconter autre chose que sa propre vie, le message est clair. De plus, l'auteure a beaucoup d'humour sur elle-même comme dans cette planche où on la voit allongé de dos, sur le côté dans une pause un peu sexy avec les commentaires de son amoureux. Sauf que lorsque l'on regarde de l'autre côté, elle est horriblement malade, avec la tête en chou-fleur. Moins glamour mais très drôle. 

Si j'avais quelques doutes au début, plus j'avançais, plus je trouvais le personnage de Margaux, mère nouvellement célibataire en galère vraiment attachant. Les interactions de Margaux et de Poupette, sa fille, sont un petit régal, un mélange de drôleries et de situations improbables. C'est très drôle et Margaux Motin a une sacré répartie pour sortir des remarques à sa fille de 5 ans, je vais définitivement adopter certaines, elles m'ont fait éclater de rire. Le personnage essaye de gérer sa vie de femme célibataire, puis nouvellement en couple, sa fille, son job et ses aspirations et c'est plutôt galère.

Il y a aussi d'excellentes anecdotes sur la vie de couple, fraiche ou moins fraiche et les copines qui organisent un relais sophistiqué pour rester à ses côtés. Ce qui m'a plu c'est que malgré quelques planches branchouilles, ça sent le vécu dans La tectonique des plaques.

Ma planche préférée..."Sa mère la pinata j'suis aveugle!"
Et puis...j'adore le dessin. J'aime beaucoup ses personnages, la façon de les mettre en scène et leurs expressions assez réalistes pour certaines. J'aime beaucoup les montages qu'elle fait entre photos et dessins mais aussi tous les dessins en transparence pour signifier ses pensées, le décalage est drôle et surprenant. J'arrivais très bien à m'imaginer Margaux Motin en train de se dire "mais qu'est-ce que je raconte?" ou penser dans sa tête "mais mémé pourquoi tu me parles de ton colon, je te connais depuis 5 minutes!"

J'ai fini par me laisser porter par l'histoire, mélange d'anecdotes rigolotes et de petites tranches de vie avec les hauts et les bas.

De toutes les dessinatrices que je connais, je crois que c'est Margaux Motin que je préfère, ces dessins sont vraiment agréables à regarder, expressifs, marrants. 

Si vous aimez le blog de Margaux Motin, n'hésitez pas à découvrir son dernier livre! 

mercredi 22 janvier 2014

Et si on se mettait à la BD? Episode 6: Blacksad


COUP DE COEUR DE PERSEPHONE 



"Il y a des matins où l'on a du mal à digérer son petit-déjeuner. Surtout si on se retrouve devant le cadavre d'un ancien amour." Tout le cynisme et le calme de Blacksad dès l'ouverture de la BD. Aujourd'hui pour ce sixième numéro de "Et si on se mettait à la BD?" je vous propose de découvrir la série policière et animalière de Juan Diaz Canales et de Juanjo Guarnido. Bien que tous deux espagnols, Blacksad est avant tout une BD rédigée en français. Ouais, Cocorico. 

Il est assez peu étonnant que cette série soit un véritable carton. Il suffit de se pencher un peu sur la personnalité des deux auteurs pour se rendre compte que la qualité sera forcément au rendez-vous. Voyez-vous, ce qui fait la réussite de Blacksad est sans aucun doute le dessin animalier extrêmement expressif de Juanjo Guarnido - ma nouvelle idole. Juanjo Guarnido et Juan Diaz Canales sont tous deux issus du monde de l'animation. Ils se sont d'abord rencontrés chez Lapiz Azul, studio d'animation espagnol. Juanjo Guarnido travailla ensuite au Studio Walt Disney de Montreuil tandis que Juan Diaz Canales fonda sa propre société d'animation. Rien que ça...oui madame, oui monsieur. Les auteurs de Blacksad et l'animation c'est une longue histoire d'amour. 
 
Rien de plus facile dès lors, de comprendre pourquoi le dessin de Blacksad est d'une expressivité folle. On ressent parfaitement tout ce qui fait les prémices d'un grand dessin animé Disney. La Bête par exemple aurait tout à fait eu sa place dans la BD et ses expressions de colère ne sont pas sans rappeler celle du chat blasé. Vous l'aurez compris, avant même de découvrir les scénarii de Juan Diaz Canales, Guarnido m'avait totalement conquise par la beauté de ses dessins.
Le monde animalier représenté dans Blacksad est à couper le souffle. Non seulement le jeu sur les expressions est diversifié et particulièrement crédible, l'humanisation des personnages est, dès lors, extrême mais les animaux sont aussi choisi en fonction de la personnalité du personnage qu'ils représentent. Guardino et Canales tombent de fait, toujours justes. Smirnov, l'inspecteur de police calme mais efficace est un berger allemand, tandis que Weekly, journaleux à l'hygiène corporelle incertaine mais sympa au demeurant est une fouine. Ainsi, si le héros est un chat noir au museau blanc, ce n'est pas un hasard. John Blacksad, détective privé un rien blasé, correspond à la fois à l'archétype du privé américain des années 50 et au chat de gouttière qu'il est. D'un animal à l'autre se dégage un caractère propre que l'on ne retrouve pas forcément chez tous les membres d'une même espèce. Ainsi, deux chiens pourront véritablement être dissemblables tant physiquement que psychologiquement. Comme les humains, chaque animal de Blacksad est unique. Je me demande quel animal je serai si j'étais dans la BD du coup...



A côté des dessins, ce sont également les histoires qui ont su me captiver. Blacksad est une ode aux romans noirs des années 50, avec son détective en imper pourri, cynique et mal luné, riche en demoiselles sexy et aux gros bras qui n'ont pas des têtes de porte-bonheur. Cet aspect romans noirs est renforcé par l'utilisation de la voix-off, celle de John Blacksad, qui nous plonge immédiatement dans l'ambiance. Les réparties cinglantes au franc parlé que n'aurait pas renié Audiard, conjugué à la virulente critique de la société américaine d'époque, tout est là pour séduire le lecteur.
Chaque tome - la série en compte actuellement 5 - aborde un sujet précis, thème relié par les couvertures et les couleurs qui prédominent dans l'album. Femmes battues, racisme, jalousie, communisme et nazisme, Blacksad sait se renouveler à chaque tome.

Le personnage principal est également une source de réjouissance. J'adore son côté vilain matou un peu blasé, qui s'ennuie continuellement mais qui sait être efficace. Charmeur à ses heures perdues, il se détend au contact de Weekly, la fouine malodorante mais gentille qui lui file un coup de main sur ses enquêtes. Hormis quelques personnages que l'on retrouve d'un album à l'autre, les personnages secondaires changent et sont multiples ce qui permet aux auteurs de continuellement faire preuve d'inventivité.

Résumé du tome 1 Quelque part entre les ombres (BD Gest'): Par un moche matin couleur sépia, Blacksad, détective privé de son état - ou ''fouille-merde'' selon certains - est appelé par le flic Smirnov pour reconnaître un cadavre. Il reconnaît : c'est Natalia Wilford, une actrice avec qui il a vécu jadis la plus heureuse époque de sa vie. En bon flic, Smirnov lui conseille de garder le museau hors de cette affaire. En bon fouille-merde, Blacksad ne suit pas ce conseil avisé : un salaud a tué une femme et, par la même occasion, ses meilleurs souvenirs. Il va payer.

Ce premier tome nous introduit dans l'univers du détective privé. C'est sans doute celui qui ressemble le plus aux romans noirs américains. Il y a un petit côté Dahlia noir dans cette première enquête je trouve notamment parce que la victime est une célèbre actrice. Dans cet album nous faisons la connaissance de Smirnov et de Weekly, deux des personnages récurrents de la série. Si l'intrigue est simple, l'ensemble est efficace et prenant. Les dessins sont sublimes et le lecteur rentre immédiatement dans l'univers. Une introduction sobre mais parfaitement équilibrée qui ne peut que vous rendre accro. 

Le second tome Artic Nation traite, comme le sous-entend sa couverture blanche et noire de racisme. Balcksad, avec son corps noir et son museau blanc a étrangement un pied dans les deux univers. 

Résumé (BD Gest') : Oldsmill, le maître de la ville, est un tigre blanc. Karup, le chef de la police, un ours blanc. Huk, l'âme damnée de Karup, un renard blanc. Avec les autres animaux à pelage immaculé, ils forment la société WASP (W pour White, AS pour Anglo-Saxon, P pour Protestant). Tous les autres habitants, de la pie noire au renard brun-roux en passant par le chat tacheté et la biche châtain, ne sont que racaille. Et si la police n'est pas capable de maintenir l'ordre des blancs, les gros bras d'Arctic-Nation, le parti raciste, cagoulés et vêtus de robes blanches, s'en chargent sans états d'âme. Ils ont les cordes et les croix enflammées qu'il faut. Dans cette ambiance pas câline, câline, Blacksad, le chat détective privé, enquête sur la disparition d'une enfant de couleur. La mère de Kyle, Dinah, travaillait comme femme de ménage chez le même Karup et, selon quelques bonnes âmes, serait au mieux avec le fils Oldsmill. Un vrai noeud de vipères dans lequel Blacksad plonge les pattes et joue au justicier prompt à griffer si nécessaire. Son seul appui, le reporter d'un magazine à scandale Weekly. Un fouille-merde qui sera utile à John. Vaut mieux. Coups bas et coups tordus vont pleuvoir comme à Gravelotte.

Artic nation est l'album que j'ai sans doute le plus aimé de la série. De l'idée du racisme animalier - le blanc dominant encore les autres couleurs - à l'intrigue tout en rebondissement, tout m'a plu. Après une ouverture fracassante, on sent que l'album ira loin dans le questionnement sur l'Amérique du KKK, reproduction quasi exacte de notre propre Histoire.
John Blacksad apparait d'autant plus déterminé qu'il se bat pour retrouver une fillette disparue. Son engagement est touchant et l'on suit - parfois avec horreur - la progression du privé dans une ville gangrénée par la folie blanche. Loin de donner une impression de déjà vu ou d'une morale convenue, Artic nation étonne par ses rebondissements, jusqu'à la dernière planche. 
Le dessin est encore une fois l'une des grandes forces de la série, un soucis du détail qui ne manquera pas d'en impressionner plus d'un. 

Avec leur troisième opus, Âme rouge, Canales et Guarnido nous introduisent dans le Maccarthisme. L'occasion aussi pour John Blacksad, de découvrir le passé d'un de ses vieux amis et de vivre une histoire aussi belle qu'éphémère avec une belle intellectuelle.

Résumé (BD Gest'): John Blacksad s’ennuie dans son nouveau rôle de garde du corps d’un parvenu flambeur. Heureusement, on peut toujours compter sur le destin qui vous met dans les pattes de vieilles connaissances pour vous sortir du ronronnement du quotidien et de nouvelles rencontres pour éviter de vous empâter. En cette période de guerre froide, certains ont tendance à voir rouge et l’atome a des odeurs de soufre.   

J'ai aussi beaucoup aimé Âme rouge, non seulement à cause de l'époque qu'il évoque, la chasse des communistes aux Etats-Unis mais aussi les restes de la seconde guerre mondiale. Dans ce groupe d'intellectuels de gauche, les personnalités sont aussi complexes que fascinantes et ce n'est pas sans y perdre des plumes que John Balcksad se frottera à eux. L'histoire d'amour de Blacksad a aussi su m'émouvoir même si ce que j'ai préféré est bien sûr le contexte de l'intrigue. 
On ne manquera pas de reconnaitre également certains personnages historiques, ici animalisés, comme Hitler en chat - sans doute un clin d'oeil à Maus d'Art Spiegelman - ou MacCarthy lui-même en coq. 

L'enfer, le Silence, nous transporte dans la Nouvelle Orléans pour un album hommage à la ville et au jazz. 

Résumé; (BD Gest'): Le plus félin des détectives débarque à la Nouvelle Orléans. La faute à l'ami Weekly, qui, envoyé par le What's News faire un reportage sur le blues, lui a "dégoté" une affaire : retrouver la trace de Sebastian Fletcher, un pianiste de jazz surdoué mais héroïnomane, disparu en laissant derrière lui sa femme enceinte. Faust Lachapelle, son producteur et mécène, s'en inquiète, d'autant que, malade et voyant lui-même la mort approcher, il souhaite "tout laisser en ordre" avant le grand départ. Pour Weekly, c’est l'occasion de passer du bon temps à Big Easy. Pour Blacksad, c'est une sale affaire de plus qui commence, et les choses sont bien plus compliquées...

Changement de ton pour ce quatrième volume. L'action se déroule sur une nuit, une nuit sombre où Blacksad est transporté dans le monde du jazz et de la drogue dans une Nouvelle Orléans musicalement perturbée. Construit sur une succession de flashback et de scènes du présent, l'ensemble est original. Un album très sombre sur les secrets du passé qu'il faut lire d'une traite. 

Amarillo est le dernier opus en date. Plus léger que le précédent, John Blacksad nous emmène dans un road trip dans l'Amérique des beatnik. 

Résumé: (BD Gest'): Weekly doit quitter La Nouvelle-Orléans ; il y laisse John qui préfère rester pour chercher du travail sur place. Par chance, celui-ci croise justement un riche Texan qui lui propose de ramener sa voiture chez lui : un boulot simple et bien payé ! John accepte, mais, dans une station-service, il se fait voler la voiture par Chad Lowell et Abe Greenberg deux écrivains beatniks qui cherchent à rejoindre Amarillo, au Texas. Bientôt, une querelle entre les deux hommes, rivaux, vire au drame : Chad, poussé à bout, tire sur Abe qui meurt sur le coup. Obligé de fuir, Chad trouve refuge dans un cirque. John se lance à sa poursuite sur les routes américaines du Nouveau-Mexique, du Colorado, du Texas et de l'Illinois.

Album qu'il me reste encore à découvrir, je suis déjà fascinée par la couverture jaune, synonyme pour moi de plus d'humour et de légèreté que l'oppression de la Nouvelle Orléans et du vaudou.

Une excellente série au dessin sublime et à l'ambiance envoûtante à découvrir de toute urgence.

1. Quelque part entre les ombres 
2. Artic Nation
3. Âme rouge
4. L'enfer, le silence
5. Amarillo

Hors-série
Blacksad, les dessous de l'enquête (making off)
L'Histoire des aquarelles (Âme rouge)
L'Histoire des aquarelles (L'enfer, le silence)

vendredi 15 novembre 2013

Et si on se mettait à la BD? Episode 5: Les aventures d'Astérix le Gaulois



Cette semaine, à l'occasion de la sortie d'un nouvel album des aventures d'Astérix et d'Obélix, Astérix chez les Pictes, je vous propose de revenir sur l'histoire du plus connu des héros de bandes dessinées françaises (oui Tintin restera toujours belge).

Je ne sais pas vous mais personnellement, j'ai été biberonnée à plusieurs bandes dessinées: Astérix, Gaston Lagaffe et Tintin ont bercé mon enfance. J'ai toujours beaucoup de tendresse pour Astérix et Obélix dont je garde, à bien y regarder, de très nombreuses références que ce soit les "Farpaitement" d'Obélix ou le "J'ai toujours faim à midi douze" des douze travaux. Connues dans le monde entier, les aventures de ces deux gaulois nous entraînent partout sur la planète, à la défense des civilisations opprimées par ces fous de romains!

Résumé général: « Nous sommes en 50 avant Jésus-Christ ; toute la Gaule est occupée par les Romains… Toute ? Non ! Car un village peuplé d'irréductibles Gaulois résiste encore et toujours à l'envahisseur. Et la vie n'est pas facile pour les garnisons de légionnaires romains des camps retranchés de Babaorum, Aquarium, Laudanum et Petibonum… ».
En petite Bretagne, un village résiste toujours à l'envahisseur romain. Ce village de fous est dirigé par le chef Abraracourcix et résiste grâce à la potion magique préparée par le druide Panoramix. Astérix, le guerrier du village et Obélix, son meilleur ami, tailleur de menhirs, sont souvent chargés des missions délicates en dehors du village.


Une aventure à deux

Les aventures d'Astérix et Obélix naissent de la collaboration du scénariste René Goscinny et du dessinateur Albert Uderzo pour le jeune journal de bandes dessinées Pilote créé en 1959. Après un premier projet sur Le roman de renard avorté, Goscinny veut créer une BD relevant du "folklore français" et les deux compères se décident pour les gaulois et la conquête romaine. Tandis qu'Uderzo voit bien le héros en guerrier costaud, Goscinny lui préfère un petit bonhomme malin. Uderzo aura tout de même droit à son Gaulois musclé en la personne d'Obélix.

La première histoire d'Astérix parait dans le journal Pilote le 29 octobre 1959. Rapidement, le magasine est racheté par les éditions Dargaud qui publient les aventures des deux gaulois. Les cinq premiers albums voient l'apparition successive des éléments les plus célèbres de la série comme les voyages hors du village, Assurancetourix le barbe et sa hutte dans un arbre ou bâillonné au banquet et surtout l'apparition d'Idéfix au tome cinq, désormais inséparable d'Obélix. Dès 1967, les gaulois voient leurs aventures misent sur grand écran avec le dessin animé Astérix le gaulois. Fallaballa arrive en 1966 et à partir des années 70 les personnages féminins du village prennent plus d'importance.


Pas moins de 24 albums sont publiés par les deux auteurs, tous s'attaquant à un sujet particulier: les charlatans dans Le devin, le bétonnage de la France dans Le domaine des dieux, les élections dans Le combat des chefs, les nouveaux riches dans Les lauriers de César, l'occupation dans Le bouclier Averne mais aussi des problèmes plus proches aux auteurs comme la fronde que subit Goscinny au journal Pilote retranscrit dans La zizanie. 

Malheureusement, Goscinny meurt le 5 novembre 1977 durant un test d'effort à l'hôpital. Cela aurait pu marquer la fin de la série mais Uderzo décide de poursuivre l'aventure en s'attaquant lui-même aux scenarii. Reprenant les idées qu'ils partageaient avec René Goscinny, il s'inspire de l'actualité pour ses nouvelles bd. Le grand fossé, sa première bd seul, parle implicitement du mur de Berlin, tandis que La rose et le glaive lui permet de répondre aux accusations de misogynie: une barde remplace alors Assurancetourix et mène une révolution féministe dans le village (bon c'est un échec cuisant et sans aucun doute l'album le plus délibérément sexiste de toute la série!......Facepalm). De façon générale, cette deuxième vie de la série est moins appréciée que la première, les fans déplorant que l'humour d'Uderzo ne soit pas aussi percutant que celui de Goscinny.

A partir de 1996, Uderzo décide de casser les codes de la série avec La galère d'Obélix. Pour les fans, la sortie de Le ciel lui tombe sur la tête, en 2005, marque une rupture et la fin de la série (il y a des fracking extra-terrestre!!! Dans Astérix!). Finalement, Uderzo finit par raccrocher les pinceaux et passe le flambeau à Conrad et Ferri pour le tout dernier album sorti en octobre 2013: Astérix chez les pictes, plutôt bien reçu par la critique et les fans.


Les personnages d'Astérix

Les personnages sont aussi nombreux qu'inoubliables! Le village de fou est sans aucun doute le mieux connu de l'univers d'Astérix. Petit tour rapide des personnages:

Astérix: Petit moustachu blond, il est le guerrier du village et le héros de ces aventures.
Obélix (et Idéfix): Livreur de menhir, tombé dans la marmite quand il était petit, ce qui lui donne une force surhumaine, il est le meilleur ami d'Astérix. Il aime chasser le romain et le sanglier. Idéfix est un petit chien qu'Obélix adopte dans Le tour de Gaule d'Astérix. Il déteste que l'on abatte les arbres.
Panoramix: Druide du village, c'est un sage qui prépare la potion magique qui aide les gaulois à lutter contre les romains.
Abraracourcix et Bonemine: Chef du village et sa femme. Abraracourcix se déplace porté sur un bouclier. Il se fait souvent houspiller par sa femme Bonemine qui n'hésite pas à lui prendre son pavois pour aller faire les courses. Dans Astérix et les Normands, Océanonix le frère d'Abraracourcix lui envoie Goudurix son neveu afin qu'il l'endurcisse. Durant un voyage à Lutèce dans Les Lauriers de César, il se dispute avec Homépatix le frère de Bonemine et doit lui rapporter les lauriers de César pour en faire une soupe.
Assurancetourix: Le barde du village, peu apprécié pour ses talents musicaux, il finit souvent ligoté et bâillonné lors des banquets du village. Il est un personnage central dans Astérix et les Normands et Le domaine des Dieux. Dans La rose et le glaive, excédé de ne pas être apprécié à sa juste valeur, il décide de quitter le village et se fait remplacer par Maestria, une barde qui lance une révolution féministe dans le village. Dans Astérix Gladiateur il est enlevé par des romains pour être offert à César.
Ordrealphabétix et Iélosubmarine: Le poissonnier et sa femme. Son poisson pas frais est une des raisons principales de bagarre dans le village. Son grand ennemi est Cétautomatix.
Cétautomatix: Forgeron du village, il adore frapper le barde Assurancetourix et causer des bagarres dans le village à cause des poissons d'Ordrealphabétix.
Agecanonix: Le doyen du village, il est marié avec une femme plus jeune que lui qui lui donne de nombreux surnoms comme Agecanonichou. On ne connait pas son âge qui varie entre 93 et 143 ans en fonction des albums!

Bien que nombreux, les ennemis des Gaulois changent à chaque album même s'il s'agit presque toujours des romains.

Jules César: L'ennemi absolu des Gaulois. Il se sert des camps retranchés de Petitbonomun, Babaorum, Laudanum et Aquarium pour attaquer les Gaulois.
Grosbaff: Chef des Normands qui ne connait pas la peur, il espère la trouver en allant chez les Gaulois.
Amonbofis: Architecte égyptien, ennemi de Numérobis, il tente de faire échouer les projets de ce dernier.
Les pirates: Ils apparaissent pour la première fois dans Astérix Gladiateur et se feront couler au moins une fois dans tous les albums suivants.
 

Il n'y a pas que le village et les romains que l'on retrouve dans les aventures d'Astérix. Les Gaulois viennent souvent à la rescousse d'autres peuples opprimés par les romains. Voici quelques exemples d'amis des Gaulois.

Jolithorax: Cousin breton d'Astérix, il vient demander de l'aide à son cousin contre l'envahisseur romain dans Astérix chez les Bretons.
Soupalognon y Crouton: Chef Ibère dont le fils Pépé a été enlevé par les romains. Pépé est un grand ami d'Idéfix.
Petitsuix: Helvète qui cache Astérix et Obélix dans son auberge.
Alambix: Averne et grand ami d'Abraracourcix
Numerobis: Vieil ami de Panoramix, c'est un architecte égyptien au curieux sens des proportions. Il doit construire un palais pour Cléopâtre sous peine de se voir donné aux crocodiles.
Ocatarinetabellatchitchix: Chef Corse, fait prisonnier par les romains. Il est délivré par les Gaulois qui l'aide à rentrer en Corse et à se débarrasser de l'envahisseur.
Caïus Pupuce : Romain chargé de suivre Astérix et Obélix dans leur périple des Douze travaux. 

L'album Astérix en corse s'ouvre d'ailleurs sur une commémoration de la bataille de Gergovie (suivi d'une bataille avec les romains) à laquelle sont conviés leurs amis dont: Jolithorax, Zebigboss, O'Torinolaringologix, Mac Anoterapix, Relax, Soupealognon y Crouton, Petisuix, Plaintcontrix, Beaufix, Labeldecadix, Changédelix et Alambix.

Vous trouverez une liste plus exhaustive des personnages ici. 

L'humour dans Astérix

L'humour est une composante essentielle des BD d'Astérix et Obélix, la première composante en est bien sûr les noms donnés aux personnages toujours basés sur des jeux de mots. C'est ce qui fait le sel des albums avec une attente sur les noms des personnages.
L'autre trait majeur est la caricature des peuples européens mais aussi des différentes régions françaises. En utilisant les clichés sur tel ou tel peuple ou le chauvinisme des français, les bd permettent une identification rapide des cultures anciennes dont elles traitent. Les caricatures restent toujours tendres, car dans la quasi totalité des cas, les différents peuples rencontrés par les Gaulois sont leurs alliés contre les romains un peu bêtes.
Pour ma part j'adore Astérix chez les Bretons. En tant qu'anglophile je trouve les caricatures et les jeux sur la langue anglaise vraiment très drôles. J'aime beaucoup la Corse aussi, pour le côté Omerta des personnages "Quoi elle ne plait pas ma sœur? Comment ça elle te plait ma sœur?"
René Goscinny et Albert Uderzo n'hésitent pas d'ailleurs à caricaturer des personnalités célèbres comme Jean Gabin ou eux-mêmes dans leur BD.

Le personnage que je préfère est de loin Obélix, c'est le plus touchant et le plus drôle avec sa façon de comprendre de travers ce qu'on lui dit. J'adore Idéfix également, ils forment un duo extrêmement sympathique. Des personnages drôles et attachants, parfois bêtas mais toujours sympathiques, sont des caractéristiques majeures de la série.

En octobre 2013 est sorti le 35ème album des aventures des deux Gaulois. Retour sur 52 ans de popularité:

De René Goscinny et Albert Uderzo

1. Astérix le Gaulois, 1961
2. La serpe d'or, 1962
3. Astérix chez les Goths, 1963
4. Astérix Gladiateur, 1964
5. Le tour de Gaule d'Astérix, 1965
6. Astérix et Cléopâtre, 1966 (d'après le dessin de 1963)
7. Le combat des chefs, 1966
8. Astérix chez les Bretons, 1966
9. Astérix et les Normands, 1966
10. Astérix légionnaire, 1967
11. Le bouclier Averne, 1968
12. Astérix aux Jeux Olympiques, 1968
13. Astérix et le chaudron, 1969
14. Astérix en Hispanie, 1969
15. La Zizanie, 1970
16. Astérix chez les Helvètes, 1970
17. Le domaine des Dieux, 1971
18. Les Lauriers de César, 1972
19. Le devin, 1972
20. Astérix en Corse, 1973
21. Le cadeau de César, 1974
22. La grande traversée, 1975
23. Obélix et compagnie, 1976
24. Astérix chez les Belges, 1979

D'Albert Uderzo

25. Le Grand Fossé, 1980
26. L'Odyssée d'Astérix, 1981
27. Le Fils d'Astérix, 1983
28. Astérix chez Rahàzade, 1987
29. La rose et le glaive, 1991
30. La Galère d'Obélix, 1996
31. Astérix et la Traviata, 2001
32. Astérix et la rentrée Gauloise (1993 et réédité en 2003 avec Goscinny)
33. Le ciel lui tombe sur la tête, 2005
34. L'anniversaire d'Astérix et Obélix - Le livre d'or, 2009

De Jean-Yves Ferri et Didier Conrad

35. Astérix chez les Pictes, 2013
36. Astérix chez les Bataves, 2015

Mais Astérix c'est aussi des dessins animés et des films! 

1. Astérix le Gaulois, 1967


2. Astérix et Cléopâtre, 1968
Je ne peux pas résister à vous mettre les chansons du film, cultissimes!


 

3. Les Douze travaux d'Astérix, 1976
Produit 1 an avant la mort de Goscinny, c'est un vrai Astérix et Obélix que nous propose les deux auteurs. Bien que non adapté d'une BD, il s'agit d'une histoire originale. Je vous le recommande il est PARTICULIÈREMENT bon!
Je vous offre le passage que je préfère sur "La maison qui rend fou"


4. Astérix et la surprise de César, 1985
Mélange d'Astérix légionnaire et d'Astérix gladiateur
5. Astérix chez les Bretons, 1986
6. Astérix et le coup du menhir, 1989
7. Astérix et les indiens, 1994
8. Astérix et les vikings, 2006

Astérix c'est enfin quatre films, même si personnellement pour moi il n'y en a qu'un: Astérix Mission Cléopâtre. C'est à mon avis le plus drôle et le plus proche de l'humour de Goscinny et Uderzo, servi par un casting royal.
 

Pour finir sur un note "d'actualité", je voudrais revenir sur Astérix chez les Pictes. Après l'avoir lu, je reconnais que l'avis général me semble plutôt correct, à savoir qu'on a bien là une bonne BD d'Astérix, qui si elle n'atteint pas la puissance de celles de Goscinny (et Uderzo) reste bien meilleur que l'affreuse Le ciel lui tombe sur la tête. On assiste, je pense, à un vrai renouveau de la série et je dois tirer mon chapeau aux deux auteurs qui ont fourni un travail remarquable pour reprendre une des licences les plus extraordinaires de la BD française. Le dessin en particulier est très proche de celui d'Uderzo. Je vous renvoie à l'excellent article de BDGest, un peu sévère mais riche en documentation. Une chose est sûre, le flambeau a été passé, l'aventure continue! 

vendredi 1 novembre 2013

Et si on se mettait à la BD? Episode 4: Long John Silver



Qui n'a jamais voulu retrouver l'univers de L'île au trésor de Robert Louis Stevenson? C'est désormais possible grâce à cette bande dessinée qui se veut comme un hommage au personnage original du pirate à la moralité - légèrement dirons-nous - dévoyée, je veux bien entendu parler de Long John Silver. Ce thème est donc repris par Mathieu Lauffray (scénario et dessins) et Xavier Dorison (scénario) dans un cycle en quatre tomes graphiquement époustouflants parus chez Dargaud (comme d'habitude je vous conseille leur site, bourrés d'informations sur la BD).

Résumé du tome 1 (BDGest'): Délaissée par son mari parti découvrir le nouveau monde depuis plusieurs années, lady Vivian Hastings est restée à Bristol, en Angleterre. Seule ? Pas tout à fait : Vivian, consciente de son charme, ne manque pas de courtisans. Ceux-ci ne connaissent pas sa situation matérielle inquiétante : ruinée bien que toujours propriétaire du domaine et, surtout, enceinte... Tout bascule le jour où Vivian reçoit enfin des nouvelles de son mari qui lui somme de le rejoindre en Amérique du sud où Lord Hasting aurait découvert le mythique trésor de Guayanacapac ! Acculée, Lady Hastings décide de partir et fait appel, malgré les mises en garde du docteur Livesey, à une bande d'hommes sans foi ni loi dont le chef n'est autre que le redoutable Long John Silver. Vivian conclut un pacte de sang avec ce pirate qui lui propose de l'embarquer jusqu'au nouveau monde en échange d'une partie du trésor. Le voyage s'effectuera jusque dans les pays les plus reculés, le long de l'Amazonie, en pleine forêt.

Après leur collaboration sur Prophet une bande dessinée qui vaut apparemment le détour - "apparemment" parce que je ne l'ai pas lu mais c'est ce qu'en disent pas mal de blogs - Lauffray et Dorison décident de remettre ça en investissant cette fois le monde de la piraterie dans une histoire qui débute dix ans après L'île au trésor. Voici ce qu'en disait d'ailleurs Xavier Dorison dans une interview pour Dargaud: ""J’avais envie de tempête, de grand souffle, d’exotisme et de trésor ! En remettant mon nez dans "L'Île au trésor", j’ai également retrouvé un plaisir de lecture d’enfance, des madeleines de Proust qui correspondent à cette période de ma vie, à une forme d’innocence."

Il faut dire que ces deux auteurs n'en sont pas arrivés là par hasard. Mathieu Lauffray a beaucoup travaillé pour le cinéma et notamment avec Christophe Gans le réalisateur de Crying Freeman, Le pacte des loups, Silent Hill. Il a travaillé sur les images préparatoire de Nemo un film conçu comme un prequel à Vingt mille lieux sous les mers mais la production fut finalement abandonnée. Chose plus intéressante encore, il a travaillé toujours avec Gans sur un autre projet: Le Pacte des Loups, il est l'auteur du carnet de croquis de Fronsac le personnage principal interprété par Samuel le Bihan, c'est lui qui dessine aussi la bête dans le film et agit en tant que doublure main. Enfin, il a également aidé à la création graphique du film Vidoq ou 10 000 de Roland Emerich. Quant à Xavier Dorison il est le scénariste de onze séries de bandes dessinées et a aussi touché au monde du cinéma puisque c'est à lui entre autre que l'on doit le scénario des Brigades du Tigres sorti en 2006.

Si je parle un peu longuement de ces collaborations c'est que le lien est particulièrement visible dans Long John Silver, surtout entre le Pacte des Loups et cette bande dessinée. On retrouve le même univers dégoulinant de pluie, sombre, dans des teintes très fortes de vert et de bleu. Le dessin a quelque chose de rugueux mais également de complètement fascinant. Une fois embarquée dans l'histoire on ne peut plus se détacher des images que l'on a sous les yeux. Les planches complètes sont superbes et pour s'en convaincre il suffit de jeter un œil sur la couverture tome 2 que je trouve époustouflante. C'est d'ailleurs ce qui, avec le titre, m'a attiré l’œil à la bibliothèque. Une bande dessinée sur Long John Silver est en soit intéressante mais la patte de l'artiste rend le tout évidemment indispensable. Comme souvent, chose à ne pas négliger, la bande dessinée est complète en quatre tomes ce qui évite parfois les écueils des séries à rallonge dont on ne voit jamais la fin. 

Le tome 1, le seul que j'ai lu pour l'instant, fait figure de prologue et nous place l'intrigue et les personnages. Nous avons donc Lady Hasting, abandonnée par son mari qui court les trésors en Amérique latine, collectionneuse d'amants et de dettes qui se voit un beau jour dans la purée lorsque son beau-frère vient la trouver en lui annonçant non seulement que son mari n'est pas mort mais qu'il la déchoit de ses droits et récupère tout son argent. La dame, aux aboies, entraîne alors sa bonne dans un périple qui les mènera de l'autre côté du monde en la compagnie du pirate à la jambe de bois. Long John est introduit tard dans ce premier tome ce qui n'est pas plus mal. Cette absence ou la théorie de l'élastique au cinéma, permet au lecteur d'anticiper l'arrivée du pirate et marque un point culminant lorsqu'il apparait enfin. Le scénario est simple, chaque tome parlant d'un épisode complet jusqu'au dénouement final, mais est particulièrement efficace. Nous suivons la progression du bateau parti pour rejoindre la cité perdue de Guyanacapac qu'aurait trouvé Lord Hasting tout en voyant en parallèle comment Long John se met peu à peu l'équipage dans la poche afin de parvenir à ses fins et à celles de Lady Hasting. Le personnage de la servante est également très intéressant et intriguant dès le début du tome 1 ce qui permet des rebondissements bienvenus.

Au niveau de l'intrigue je suis très tentée par la suite de la bande dessinée car le voyage et les retournements de situations seront à mon avis bien maîtrisés et j'ai pu lire que le quatrième tome, qui marque l'arrivée de l'équipage dans la cité légendaire, permet à la série de finir dans une apothéose grandiose. Si ce n'est pas de la tentation ça...

Il n'était pas question pour Laffray et Dorison de refaire un l'île au trésor mais bien de raconter de nouvelles aventures de Long John après ce dernier. Les clins d’œil ne manquent donc pas au roman original tout en sachant s'affranchir de celui-ci pour offrir au lecteur une véritable histoire indépendante. Pas besoin d'avoir lu le roman donc pour s'attacher aux personnages puisque les véritables éléments importants du roman pour la construction du personnage de Long John sont distillés dans le prologue. 

Parmi les clins d’œil on retrouvera notamment le personnage du docteur Livesey présent dans L'île au trésor et de la taverne The Spyglass dans laquelle Lady Hasting fait la connaissance de Long John Silver tout comme Jim Hawkins le faisait dix ans auparavant. Le nom de Hawkins émaille d'ailleurs le récit marquant de ce fait l’ambiguïté du personnage du cuisinier à la jambe de bois.

Long John Silver est doté à la fois d'une réelle intention scénaristique, raconter une histoire d'un des pirates les plus célèbres de la littérature, mais aussi d'une forte présence artistique. Il y a un travail indéniable derrière Long John Silver. Je me suis également rendue compte qu'une BD ça se savoure contrairement à l'idée qu'on s'en fait. J'ai lu le tome 1 vraiment par petites touches, comme on le ferait pour un roman, histoire de digérer les dessins et l'intrigue assez denses. C'est un univers que je recommande même si le dessin vous rebute, cela vaut le coup à mon avis de se faire violence et de se laisser saisir par l'ambiance poisseuse et froide de cette série. 

Les quatre tomes disponibles (le dernier n'est pas encore arrivé à la bibliothèque, je fais déjà grise mine):

1. Lady Vivian Hasting (2007)
2.Neptune (2008 et sélection officielle du Festival d'Angoulême 2009)
3. Le labyrinthe d'Emeraude (2010)
4. Guyanacapac (2013)