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dimanche 2 décembre 2018

Où Cheshire croit que Persie a avalé une planète

Des pas feutrés sur sol du salon, des arrêts réguliers pour ne pas être repéré de la forme allongée sur le canapé, Cheshire avançait prudemment. Son ventre bien dodu frottait sur le sol et ses longs poils accrochaient les moutons sur le tapis. 
Un pas après l'autre, il avançait, résolu. Il profita d'un angle mort pour s'arrêter et observer sa proie, aplati comme une crêpe, sûr d'être complètement invisible. En deux bonds il fut sur l'accoudoir du canapé. Il ne pouvait plus reculer, il devait passer à l'attaque. 
"TAÏAUT!!!!!!"

                                                                    ***

Persie fit un bond dans le canapé et rattrapa le chat au vol avant qu'il ne s'écrase sur elle. C'est qu'il pesait lourd l'animal. Obligée de le tenir à bout de bras, le chafouin se débattait et crachait dans sa direction.
- Peut-on savoir ce que tu fabriques Cheshire?
- Ne t'inquiète pas Persie! Je vais te sauver!
- Me sauver de quoi espèce de nutcracker? 
Le chat s'immobilisa et regarda sa maîtresse avec des yeux comme des soucoupes.  
- C'est encore plus grave que ce que je pensais, répondit-il en secouant la tête.
- Cheshire, je ne comprends pas du tout de quoi tu parles. 
- Je parle de ça! 
Cheshire tendit une patte douce et touffue vers le ventre de Persie.
- Je pensais que tu avais abusé de la raclette mais là ça ressemble plus à une planète...il faut te débarrasser de ce parasite avant que tu n'exploses. 

Persie, comprenant enfin ce qui dérangeait le chafouin, ne put se retenir de rire. Elle le posa entre ses jambes et se redressa dans le canapé. 
- Chess on en a déjà parlé. Je n'ai pas avalé une planète, ce n'est pas un parasite. Je vais avoir un bébé mais tu le sais déjà n'est-ce pas?
Le chafouin se mit en boule et lui tourna le dos en grommelant. 
- Un bébé qui pue et qui va me prendre ma place oui...
Persie attrapa le matou grognon et lui maintint le museau devant son visage.
- Cheshire, personne ne pourra jamais te remplacer. Je vais être occupée c'est vrai mais ça ne veut pas dire que je vais moins t'aimer. Tu seras toujours mon chafouin fou tu sais?
Cheshire fit semblant de bouder, décidé à ne pas se laisser attendrir. Persie en profita pour répliquer par des grattouilles derrière les oreilles. Le chafouin colla sa truffe au nez de Persie et demanda d'une petite voix.
- Tu m'aimeras toujours hein?
- Always.

                                                                         *** 

Bonjour tout le monde. Comme vous l'aurez compris, j'ai actuellement une circonférence plus que confortable. Je n'ai pas abusé de la raclette mais j'ai bien avalé une petite planète qui devrait arriver pour Noël. 
J'ai réussi à être plus active ces derniers mois grâce entre autre au fait que j'étais arrêtée pour me reposer mais pour être honnête je vais avoir du mal à maintenir le rythme à partir de maintenant. Bébé peut arriver d'un jour à l'autre et je sais qu'après la naissance je n'aurai sans doute pas autant de temps que ça pour rédiger des chroniques. Je ne sais même pas si j'aurai encore la force et/ou le temps de lire!

Je voulais donc vous prévenir que je vais faire le maximum pour continuer le blog parce que j'ai beaucoup aimé retrouver cet espace et vous parler de toutes mes lectures.

Je sais que beaucoup d'entre vous survolent les articles (je comprends on est sollicité de partout), ou ne commentent jamais parce que vous n'avez pas forcément grand chose à dire sur des livres que vous n'avez peut-être pas lus mais n'hésitez pas à me laisser des messages ici ou sur Facebook pour me dire ce que vous aimeriez pour la suite. Si je dois moins publier, vous préférez que je me concentre sur quel type de livres pas exemples? Quel genre? etc. 
J'espère que le blog ne va pas retomber dans un état léthargique mais je ne peux rien promettre, je vais être pas mal occupée par ce nouveau projet hyper excitant et flippant en même temps! J'essayerai, si le blog est trop prenant, de garder la page Facebook un peu active.

Je vous dis à très bientôt et si je n'ai pas le temps de repasser par ici avant la nouvelle année: bonnes fêtes à tous et toutes et à 2019!

dimanche 2 décembre 2012

"Last night I dreamt I went to Cheshireland again"

Résumé de l'épisode précédent: Après avoir mis la ville Troie à feu et à sang (à son corps défendant, entendons-nous bien), Cheshire a trouvé refuge auprès d'une jeunette épouse de l'imposant Mr de Winter. 

J'étais tombé sur cette jeune fille à Monte Carlo alors que j'avais décidé de reprendre quelques couleurs. Non vraiment, ce n'est pas que je n'aime pas l'Angleterre voyez-vous, mais ma chère patrie n'est pas réputée pour son climat et après mon passage en Grèce, je n'avais pas envie de retrouver la grisaille londonienne. Il faudra d'ailleurs que je vous parle d'Anna Karenine et de la Russie mais cela nous entrainerait trop loin. Revenons à nos moutons, vous me faites digresser. Je vous disais donc que j'ai rencontré cette jeune fille à Monte Carlo où je prenais le soleil. Ce pauvre petit coucou me faisait peine pour être honnête. Fluette et très discrète (oserai-je dire, le contraire d'une certaine P. ?), elle travaillait pour une horrible bonne femme, une vieille bique, une Mrs Van machin. 
Vous me connaissez, je suis positivement incapable de résister à une jeune fille en détresse (à une jeune fille tout court me direz-vous), c'est mon côté chevalier servant....à moins que ce ne soit l'éducation de Persie, elle tente de faire de moi un chafouin bien élevé....dans le doute, nous dirons que je suis un gentleman. Du coup, j'ai tenté de divertir le pauvre petit moineau : je l'ai laissé me tirer le portrait au bord de la mer, je lui ai raconté mes voyages, mes batailles avec Cyrano de Bergerac, ma victoire contre une Blanche-neige malveillante et mon exploration de l'Egypte (climat beaucoup trop sec si vous voulez mon avis). Vraiment, nous étions bien ensemble. Gratouilles gratuites et petits biscuits en douce, que demander de plus? 

Enfin, ça c'était avant que Maximilien de Winter n'arrive. Mesdames, pas la peine de tomber en pâmoison! Je sais que cet homme est beau comme un Clark Gable. Que peut faire un pauvre matou comme moi pour lutter contre lui? Pas grand chose me direz-vous et c'est la plus exacte vérité mais j'ai plus d'une corde à mon arc. Il n'y a pas de quoi se laisser abattre et j'étais bien décidé à ne pas me faire planter là.
J'ai commencé par faire les yeux doux, je me suis frotté contre quelques jambes puis je me suis roulé par terre et pour finir j'ai pleuré mais, victoire, ils m'ont emmené avec eux! Enfin...je me suis caché dans leurs bagages mais c'est juste une différence de sémantique non? Vous êtes sûrs? Oh et puis flûte, je n'éprouve ni regret ni remord. Je n'ai pas été écrit comme ça de toute façon, pour toutes réclamations, contactez l'auteur. Je vous souhaite bonne chance!

Je ne vous raconte pas la tête de la bonne lorsqu'elle m'a retrouvé dans les bagages de sa maîtresse. J'en grimaçais de plaisir! Je me délectais de ce petit tour lorsque la gouvernante est entrée dans la chambre de Mrs de Winter. Une apparition. Elle m'a regardé d'un air dégoûté, de la même façon qu'elle l'aurait fait avec de la vermine ou un vulgaire chat de gouttière qu'elle aurait surpris en train de se rouler dans des draps tout propre. Ô joie. C'était proprement humiliant. Quelle femme! Autant vous dire que je garde un chien de ma chienne à Mrs Danvers. J'étais émerveillé par tant de froideur. La seule qui ait le droit de me regarder avec ces yeux là, porte un nom de déesse grecque et vit dans une librairie londonienne! et elle me gratouille derrière les oreilles lorsque je suis sage. Qui a dit "ça n'arrive pas souvent"? Dénoncez-vous! Ô extase!

Vous dire que Manderley était magnifique ce n'était pas un mensonge. Vous dire que la maison était accueillante, ça en revanche ce serait mentir et vous me connaissez, je ne mens jamais (bon d'accord, presque jamais). Mon pauvre petit moineau était particulièrement maltraité par cette harpie de Mrs Danvers. Ô lumière de mes jours! J'ai essayé de la mettre en garde pour le déguisement du bal costumé mais elle n'a rien voulu savoir, elle était persuadée que Mrs Danvers était Char-mante! Déesse éblouissante. Charmante en effet si on la compare à une mamba noire et encore, je me demande laquelle des deux est la moins venimeuse. Il faut vous dire que cette Mrs Danvers est un adversaire de taille. J'ai tenté de lui faire un croche-pied dans les escaliers, elle l'a esquivé. Une araignée dans la soupe, elle s'est débrouillée pour refiler son bol au valet de pied. Un cobra dans les draps et c'est moi qui me suis fait piquer. Avouez c'est vexant, je perds la main je me fais trop vieux. Cependant une femme comme ça aurait eu de quoi me satisfaire! Pensez! Un maître plus retors que moi, la mesquinerie à l'état brut, un diamant de malhonnêteté, une perle de folie furieuse, le paradis en somme.

Lecteur, j'aurai pu l'aimer. 

Certes. Alors que je m'avouais cette révélation à moi-même, je sentis la tape énergique de Perséphone à l'arrière de mon crâne comme si elle était là. "Non mais ça ne va pas?" disait la voix de ma maîtresse dans ma tête. Rassuré sur mon état de santé, j'étais fou merci bien, je me suis ressaisi. Parce que pendant que je faisais le pitre pour épater une gouvernante décrépie, mon petit moineau souffrait, lui.

Il fallait que cela cesse. Entre les brimades pour les repas de midi et les remarques plus que désobligeantes je me suis sentie dans l'obligation d'intervenir. Un matin je me suis rendu dans sa chambre avant que sa petite bonne ne vienne. Je l'ai écouté me raconter ses misères et une fois qu'elle eu fini de parler je lui ai dis tout à trac:
"Ecoute mon chou, tu ne peux pas te laisser maltraiter comme ça. Maxim serait fou d'aimer une petite dinde et nous sommes d'accord, tu n'es pas une petite dinde. Alors tu vas suivre mon conseil. Tu ancres les pieds dans le sol, tu respires à fond et tu balances à la tête de la vieille bique "C'est moi la nouvelle Mrs de Winter maintenant", fais-moi confiance ça libère. C'est une technique que j'ai souvent pratiqué sur Perséphone, c'est très efficace".

Sur ce, je la plantais là. Non parce qu'il faut parfois grandir et se débrouiller seul. Elle a beaucoup être aussi douce qu'un chou à la crème je ne peux pas être son garde du corps personnel.

Hum...oui Maxim m'a mis dehors mais ce n'est qu'un détail non?

Au fait, vous savez qui est cette Rebecca vous? Je n'arrête pas d'entendre son nom mais je ne sais pas de qui il peut s'agir...une ancienne bonne peut-être?

Perséphone était affairée à ses livres de comptes, une calculatrice dans la main gauche, un guide de survie dans la main droite lorsqu'elle entendit le clapet de la boîte aux lettres se rabattre brusquement. "Du courrier? A cette heure?" se demanda-t-elle. Elle n'eut pas besoin de s'interroger longtemps. L'écriture chaotique en pattes de chat la renseigna immédiatement sur l'expéditeur de la missive. A l'intérieur un simple mot: "N'écoutant que son courage le chat se planta devant les cuisinières, ancra ses pieds dans le sol, prit une profonde inspiration et dit: "J'en voudrais encore"". Perséphone sourit. Dans quel guêpier son chafouin était encore allé se fourrer?!

dimanche 14 octobre 2012

Un, deux...Troie

Résumé de l'épisode précédent: Après avoir été nounou aux côtés de Mary Poppins dans la famille Banks, Cheshire décide de prendre de petites vacances, en Grèce. 

CE N'EST PAS MA FAUTE! 

Je vous vois venir mais je vous jure que je ne suis pour rien dans tout ça...enfin presque...
J'étais parti prendre quelques petites vacances vous voyez et je me suis dit que je ferai bien un arrêt à Sparte chez Ménélas et Hélène. Il est un peu rustre et ennuyeux, je vous l'accorde, mais le climat à Sparte est sympa en cette période de l'année et Hélène est une véritable déesse dès qu'il s'agit de me gratouiller derrière les oreilles.
J'aurai dû voir venir la chose quand ce jeune troyen, Pâris, m'a demandé un service. Vous me connaissez, je suis un chat serviable et très conciliant, dans ma grande mansuétude j'ai accepté. Je n'aurai peut-être pas dû lui dire que lorsqu'on veut vraiment quelque chose il fallait tout faire pour l'obtenir...Cette andouille a enlevé Hélène et m'a embarqué avec eux à Troie!
Tu parles de vacances...assiégés par une coalition grecque, comme ambiance j'ai connu mieux.
J'admire tout de même le sang froid des troyens. Hector est un type qui fait fasse à l'adversité, le vieux roi Priam a de la prestance. Moi je suis plutôt du genre à disparaitre en cas de coup dur. Comme j'avais du temps à perdre de toute façon, je suis resté un peu pour voir comment les choses allaient tourner. Avouez, faire la guerre à cause d'un gamin et d'une femme volage, je trouve ça limite mais comme ce n'est pas moi qui décide. Ils font ce qu'ils veulent me direz-vous, après tout c'est eux qui s'entretuent.

J'étais sur les remparts de la ville lorsque Ménélas défia Pâris en duel. Pour être tout à fait franc je me moquais complètement du combat qui avait lieu en contrebas car j'étais lové dans les bras d'Hélène à me faire papouiller les oreilles. J'étais bien, il faisait chaud - j'adore me faire roussir le poil au soleil - Hélène sentait bon et je commençais doucement à m'assoupir lorsqu'elle poussa un cri et porta les mains à son visage oubliant au passage que j'étais dans ses bras. Pris de panique parce que je me sentais tomber - oui je sais d'habitude je flotte dans les airs mais admettez tout de même que sans être prévenu cela a de quoi surprendre - je tentais, toutes griffes dehors, de me rattraper à quelque chose. N'a-t-on pas idée de faire des péplos retenus simplement par des fibules? Mes pattes s'accrochèrent au péplos d'Hélène et je retrouvais en train de pendouiller le long des remparts. Bien que terriblement gênant, ce fut apparemment une des meilleures décisions politiques de Troie en dix ans. Je peux au moins me flatter de ça.

Comme les Troyens commençaient à me courir sur le haricot, je décidais d'aller faire un petit tour du côté des achéens. Evidemment je suis arrivé en plein pendant la colère d'Achille. Vous auriez dû le voir hurler à Agamemnon qu'il n'était qu'un "sac à vin" et qu'il ne combattrait plus, c'était épique. Tout ça pour une histoire de -éis...Chryséis, Briséis...toutes les mêmes non?
Vu qu'Achille boudait comme le gamin qu'il est dans sa tente, j'ai passé pas mal de temps avec Patrocle un petit gars sympa, un peu moins stupide que Pâris et Achille - oui ce n'est pas difficile vous me direz -   avec qui j'ai pu discuter tranquillement. Bon, il ne comprend pas l'absurde mais c'est normal avec les antiques, à part Ulysse, se sont quand même 1) des brutes 2) des mecs sérieux. Pas tout à fait mon rayon habituel en somme.
Je n'aurai peut-être pas dû lui conseiller d'emprunter l'armure d'Achille mais la sienne était abîmée et comme Achille ne faisait rien de la sienne - puisque môssieur boudait toujours - je me suis dis que ça ne portait pas à conséquence. Quand l'armure (et Patrocle) sont revenus dans un état au-delà du réparable, il est entré dans une colère folle. Au moins ça l'a sorti de sa bouderie et il est retourné se battre comme un grand garçon. Dommage que ce brave Hector ait dû en faire les frais.

Achille est quand même une sacré tête de mule. Non content d'avoir fait rendre gorge (et les dents...et les bras...et le reste en fait) à Hector, il ne voulait pas rendre le corps à Priam. J'ai pris le bonhomme entre "quatre zyeux" et je lui ai dit:
"Ecoute Chichille, va falloir que tu rendes le corps parce que là ça ne va pas être possible. Tu as peut-être un problème de respiration mon pote, et ça te regarde, mais les gars et moi on va finir par perdre l'odorat avec tes âneries. Je ne sais pas si tu as jeté un oeil sur Hector mais il commence à prendre de sacrées couleurs. J'aime bien l'arc en ciel mais seulement quand il y a un lutin au bout." Il a tout de même fini par m'écouter et on a pu enterrer Hector. Je suis obligé d'admettre que j'ai versé ma larmichette, ne serait-ce que par sympathie envers Perséphone car je sais qu'elle l'aimait beaucoup (en même temps, Persie est une femme faible....)

Comme je commençais un peu à m'ennuyer, j'ai demandé à Pâris à m'apprendre à tirer à l'arc. Les fils ne se touchent peut-être pas tout à fait là-haut mais au moins c'est un bon archer. Nous étions sur les remparts, histoire d'être sûrs de ne blesser personne. C'est vraiment plus complexe qu'on ne le croit le tir à l'arc, j'avais à peine lâché la corde que la flèche est partie comme une fusée. J'ai entendu un "aïe", j'espère que ce n'est pas trop grave mais je crois qu'on m'aurait prévenu si quelqu'un était mort non?
Cette endive d'Achille a tout de même réussi à mourir pendant que je m'entraînais au tir - une histoire de talon à ce qu'il paraît. Ce type est une poulette mouillée. C'était la panique chez les grecs.
Alors que je ronronnais à côté d'Ulysse (juste pour rendre Persie jalouse, il SAIT gratter derrière les oreilles si vous voyez ce que je veux dire), il me racontait qu'il ne savait pas comment se sortir de cette galère. Pour le divertir je lui ai raconté les histoires farfelus qui se disaient sur la fuite de Louis XVII du Temple (oui je sais bien qu'il ne sait pas qui est Louis XVII mais le résultat est le même, divertir mes amis, divertir). Je lui dit:
"Si ça avait été moi, bien que je puisse disparaitre, là n'est pas la question, je me serais caché dans un cheval de bois. Un jouet d'enfant c'est tout à fait innocent tu ne crois pas?"
Ulysse arrêta ses caresses, se leva d'un coup et disparu dans la tente d'Agamemnon. La politesse se n'est vraiment plus ce que c'était.

Vraiment lassé par leurs querelles ridicules - ça dure depuis dix ans leurs bêtises - je décidais qu'il était temps pour moi de changer d'air.
Vous voyez, je n'y suis vraiment pour rien pour une fois!

Lorsque Perséphone arriva, Troie était en feu. Elle soupira et soupçonna quelques actions maladroites de son chat. Ulysse arriva vers elle en courant, la jupette au vent, vision qui n'était pas tout à fait pour lui déplaire. Il lui tendit un tesson de poterie d'un air entendu et s'éloigna vers la bataille. Cheshire avait gribouillé rapidement son état d'esprit, de sa griffe caractéristique: "Last night I dreamt I went to England again"...elle savait où le trouver! 

mardi 9 octobre 2012

Chantons sous la suie

Résumé de l'épisode précédent: Cheshire étant un peu en avance à son rendez-vous, il décide de faire un tour chez Perséphone et surprend son amie dans de tristes dispositions. Un muffin, des livres et c'est reparti pour un vagabondage dans les rues londoniennes pleines de nannies. Tient, il parait que la famille Banks cherche quelqu'un...

Lorsque j'arrive au rendez-vous, la file est interminable! Des dizaines et des dizaines de nannies toutes plus snob et austères les unes que les autres patientent sagement devant la belle maison des Banks. J'ai déjà la tête ailleurs (au sens propre comme au figuré). Jamais je ne vais pouvoir faire l'affaire...ranger des livres dans la librairie d'un tyran ne compte pas comme qualifications professionnelles, je suis désolé de l'admettre! Enfin, je suis prêt à tourner les pattes lorsqu'une bourrasque se met à souffler dans la rue. Pas le petit vent hein, le bon mistral provençal à faire voler toutes les nounous cul par dessus tête au dessus des maisons cossues.

Comme vous imaginez j'ai vraiment compatis à leur malheur...non je déconne j'étais mort de rire! Evidemment comme je ne suis pas vraiment quelqu'un de terre à terre, il faut un peu plus qu'un coup de vent pour me déloger (qui a dit Persie? Je vous ai entendu là-bas dans le fond!). Alors qu'il pleut des nounous à Londres, que vois-je? Une fée! Une merveille! Une femme accrochée à un parapluie, un gros sac en toile au bout du bras, qui descend élégamment des airs. Vous connaissez mon goût pour l'absurde, je suis conquis! 
Je m'approche délicatement de la belle et lui susurre: " je suis doué pour les glissades sur les rampes d'escaliers, ça vous dit?"
Pas effarouchée pour deux sous à la vue d'un chat qui cause, la nounou volante m'adopte aussitôt.

Il n'a pas l'air bien commode le Papa Bank avec son air coincé et sa morale rigide mais ô extase en moins de deux minutes, montre à gousset en patte, Mary Poppins - car c'est ainsi qu'elle s'appelle - le retourne comme une chaussette. Il ne sait plus quoi dire et reste les bras ballants et la bouche ouverte. J'en pleurerais d'émotion si je savais faire le premier et connaissais le second. J'ose sortir une moustache  du sac dans lequel je suis caché et j'aperçois deux petites têtes blondes à l'air aussi émerveillé que moi. Ceux-là sont conquis à n'en pas douter.

***  

Le vent souffle à l'Ouest, c'est l'heure pour Mary Poppins de partir...Le temps a passé si vite! Je ne sais pas si c'est parce que j'ai quitté Persie dans de meilleures conditions ou quoi mais je n'ai pas le coeur à râler....non vraiment je me suis bien amusé.... bon allez, si vous insistez vraiment je veux bien râler un peu mais c'est bien pour vous faire plaisir!

J'ai fait la connaissance d'un ami de Mary, le charmant Bert, qui dessine sur le pavé londonien. Nous avons passé une après midi formidable sur des chevaux de bois qui je dois le dire ont été plutôt désagréables! Ca n'a aucun savoir vivre ces animaux là. Ils ont refusé de me prendre sur leur dos. Je m'en fiche, de toute façon les chevaux bleu, rose et jaune c'est proprement ridicule! Je ne suis pas un personnage de romans à quatre sous moi, excusez-moi du peu.

Un après-midi, l'oncle de Mary Poppins, les enfants, Bert et moi avons tellement ri que nous avons fini au plafond. Jusqu'à ce que Mary décide de faire la rabas-joie et nous fasse redescendre aussi sec....les femmes j'vous jure! On en peut pas vivre sans mais quand même...on aimerait bien tient!

Après une fuite de la banque de Papa Banks (le jeu de mot est involontaire je suis désolé de l'admettre) (j'ai fait un croque en jambe au directeur, il était proprement sain d'esprit celui-là!) nous avons erré les enfants et moi dans les rues de Londres. C'est Bert qui nous a retrouvé. Converti en ramoneur il nous a fait danser sous la suie! C'était très bien mais pardonnez-moi, la suie ça tâche! Mon pelage est tout ruiné. Je ne suis peut-être pas über mais certainement bien mis de ma personne et ces vilaines tâches noires sont insupportables!

Mary m'a proposé de l'accompagner dans sa prochaine mission mais je refuse de vivre au crochet d'une femme, j'ai ma dignité tout de même (qui a dit Persie? Ca commence à bien faire!). Non vraiment. Cela aura été une passion brève mais intense entre nous....et puis je vais vous dire: cette manie de vous filer des cuillerées de sirop à tout bout de champ c'est lassant à la fin!

Après toutes ses émotions je crois que j'ai besoin d'un peu de repos. Je crois que je vais aller paresser au soleil. C'est mon talon d'Achille...

jeudi 4 octobre 2012

Lorsque le besoin se fait sentir ...

Résumé de l'épisode précédent: Après la chute de la maison Usher, Cheshire décide de se rendre à Londres où une place de nounou reste à pourvoir chez la famille Banks. En chemin il décide de faire une halte dans un endroit qui semble lui avoir manqué. 

Il faisait gris à Londres et un peu froid. L'hiver pointait le bout de son nez et notre chafouin était en avance à son rendez-vous. S'il y a bien une chose que déteste Cheshire c'est le froid. Cela ruine son pelage comprenez-vous? Ayant quelques heures à tuer - et de préférence au chaud - Cheshire décida de faire une petite halte dans la librairie de Perséphone toute proche. Sachant se montrer fort discret lorsque la situation l'exige, Cheshire se faufila dans la boutique et trouva la place qui était toujours la sienne, la tête coincée entre l'Illiade et l'Odyssée et les fesses calées entre Les trois mousquetaires et Le Comte de Monte-Cristo.  Les moustaches à l'affut de la moindre odeur de muffins framboise chocolat blanc, le chat-foin veillait au grain. 

Est-ce que ce fut l'odeur prononcée de chocolat ou bien la discrétion de Perséphone qui l'alerta? En tout cas il y avait quelque chose de pourri dans la librairie. L'exemplaire de Jane Eyre n'était pas à sa place habituelle, le chocolat avait envahi tous les gâteaux et la musique se faisait mélancolique dans la boutique. Le chafoin plissa les yeux et ravala sa grimace pour observer plus attentivement la libraire qui s'affairait derrière ses cartons. Oh Cheshire la connaissait bien! Depuis longtemps il l'accompagnait dans ses journées, se contentant de regarder tandis qu'elle s'activait mais tout de même...ça comptait un peu! Il connaissait chacun de ses sourires, chacune des ses humeurs, de ses joies et de ses coups de sang. Plus encore, il savait quand elle jouait la comédie et il pouvait jurer qu'en cet instant même Persie était la plus grosse menteuse du monde. 
"On peut bien sourire et sourire et être un scélérat" disait Shakespeare (Perséphone et lui l'avait rencontré une fois ou deux, un type passionnant qui ne payait pas de mine aux premiers abords) et bien la jeune femme avait bien compris la technique. Derrière ses sourires, le chat pouvait sentir toute la tristesse de son amie. Décidément quelque chose ne tournait pas rond depuis qu'il était parti! 
Les heures passaient et notre chat restait sagement à observer le manège de la libraire. Il manquait cet entrain, une gaité non forcée et un petit je-ne-sais-quoi d'enfantin dans son rire pour que tout ça lui convienne. Pour un chat fou il aimait étonnamment que son petit monde soit ordonné...

Lorsque Perséphone ferma la boutique ce jour là, elle se retrouva seule au milieu de ses livres et ne savait que faire. C'est vrai qu'ils avaient toujours été sa première source de joie, le pansement sur toutes ses blessures mais cette fois-ci, la jeune femme les trouvaient oppressants, encombrants. Elle rangea sa boutique, fit un peu de ménage et prépara quelques gâteaux qu'elle ne mangerait pas...elle ne les mangeait jamais de toute façon. Elle regrettait de s'être disputée avec son chat pour de simples muffins. Il aurait pu être là, la tête posée sur le frigo tandis que son arrière train aurait pris, comme d'habitude, possession du canapé. Au lieu de ça, elle se retrouvait seule dans une boutique pleine de mots et de souvenirs. Hors de question de lire un roman d'amour, se dit-elle, se serait comme mettre du gros sel sur une plaie ouverte. Un roman d'aventure? A quoi bon rêver de s'évader lorsqu'elle était coincée? Elle se décida finalement pour un roman policier et monta directement se coucher. Enfouie sous ses draps, le livre à peine entamé échoué sur sa table de nuit, Perséphone pleurait. 

Cheshire avait assisté à cette soirée désolante de plus en plus navré. Il ne permettrait pas que l'on fasse du mal à son amie, foi de Cheshire. Il irait friser les moustaches à qui de droit mais en attendant il fallait s'occuper de Perséphone. Tout doucement, le chat grimpa sur l'oreiller et se roula en boule dans le cou de la jeune femme. Plus doucement encore, il lui chuchota toute la nuit des histoires merveilleuses, des rêves magiques comme on en trouve seulement dans les livres qui finissent bien. Il lui raconta des histoires loufoques sans queue ni tête, des histoires drôles et profondément stupides. Il sécha ses larmes, la berça tendrement et lorsqu'au petit matin Perséphone ouvrit les yeux, un muffin framboise chocolat blanc, à peine grignoté, l'attendait sagement sur la table de nuit. 

Lorsqu'elle descendit ouvrir la librairie à l'heure dite, Jane Eyre avait réintégré sa place près de sa caisse enregistreuse. Une petite note était épinglée dessus: "Lorsque le besoin se fait sentir, deux doses de romanesque matin, midi et soir. Voir le médecin dans deux jours. Cheshiredoc."
Perséphone respira un grand coup et mis un CD de Jazz dans le lecteur. Cela finira par s'arranger...

dimanche 23 septembre 2012

Cheshire au pays de Poe


Résumé de l'épisode précédent: Cheshire s'étant brillamment (selon ses propres dires) fait remarquer lors du procès de la vilaine belle mère, Perséphone lui a autorisé à prendre un peu d'avance. Notre chafouin a donc décidé d'aller voir un vieil ami dont la maison tombe en ruine: Usher. 

Un rire lugubre retenti dans cette froide nuit où une lune sanglante brillait au dessus de la maison branlante. La maison craque, souffre, fait un bruit du diable. Les tuiles glissent sur le toit et s'éparpillent sur le sol en se fracassant, créant comme une symphonie cristalline. Le bois et le métal se tordent, le mur se lézardent. Quelqu'un pousse un cri à vous glacer le sang et dans un dernier souffle la maison Usher s'effondre. Puis le silence tombe. La poussière retombe. Parmi les débris, une forme bouge encore. Une silhouette noire se faufile entre les gravas et  retire délicatement le chat des ruines. Il est tout cassé et ne grimace plus. La silhouette le dépose dans le jardin et passe la main dans le pelage soyeux. Lentement le chat rouvre les yeux.

***

Quelques jours plus tôt...

Ca fait un moment que je n'ai pas vu mon vieux pote Usher. Je l'aime bien. Il faut dire qu'il n'a jamais été très net et j'aime m'entourer d'amis sûrs. On s'est perdu de vue à cause de mes mauvaises fréquentations (du genre qui tient une librairie et qui parle à ses livres). Je sais que Persie ne l'a jamais vraiment aimé, elle a toujours eu des goûts étranges. Enfin, me voila en route. J'ai décidé de passer quelques jours de repos. Il parait qu'il a quelques travaux à faire dans sa maison familiale et je suis toujours là pour donner un coup de patte (sauf pour le bain hebdomadaire, je n'aime pas le bain hebdomadaire). 
Il ne fait pas vraiment beau mais ma foi nous sommes en Angleterre plus rien ne devrait raisonnablement me surprendre...Il y a dans l'air un parfum de mélancolie et de tristesse, un peu de folie aussi. Ca me rappelle mon enfance, cette époque bénie où je faisais croire à ma mère que j'étais sain d'esprit. Ca lui faisait peur c'était bien!
Mais je m'égare. 

Bon il n'a pas l'air en forme notre Usher. Le visage cireux, le cheveux gras il y a du laisser-aller dans l'air:
"Bah alors mon vieux?" je lui demande dès que je l'aperçois. "Qu'est-ce qu'il t'arrive? Tu as une tête de déterré!"
Comme mon ami ne répond pas je parle pour lui. Je lui raconte mes dernières aventures, ma dispute avec Perséphone, mon entrainement chez Lagardère, mon procès victorieux contre Blanche-neige. Mais je sens bien qu'il n'est pas à ce que je lui raconte.
"Ah mon pauvre Cheshire" soupire-t-il. "Si vous saviez.."
Mon pauvre Roderick de me raconter sa maladie. Lui qui n'a jamais été bon à ce jeu là, entend les souris courir dans les murs. La lumière lui détruit lentement les yeux et sa soeur jumelle, la belle Madeline semble souffrir elle aussi de ce terrible mal! Alors que je pensais que nous avions atteint le sommet, Usher me raconte alors que la maison est vivante.

Je ne suis pas un chat superstitieux...on a bien un ou deux chats noirs dans la famille du côté de mon père mais je ne les vois jamais, c'est dire. Cependant, après ces révélations je dois admettre que la bicoque m'a semblé beaucoup moins agréable. Vous savez, c'est commun à toutes les vieilles maisons les bruits étranges, cet espèce de ronronnement constant...cela dit je suis né dans un livre sans dessous dessous, ce genre de choses ne devraient même pas m'atteindre. Que voulez-vous...j'ai toujours été un chat sensible.
Un soir, Roderick vient me voir en me hurlant dans les oreilles que Madeline est morte! Vous parlez d'un choc...je viens prendre un peu de bon temps dans une bicoque en ruine et me voila avec un cadavre sur les pattes...La prochaine fois je changerai d'organisateur! Je trouve Madeline ficellée comme un Jésus dans sa bière et Usher me demande de l'aider à la descendre à la crypte (oui je vous l'accorde ça fait un peu vide grenier...). Enfin, je l'aide à mettre cette pauvre Madeline au tombeau et je poursuis tranquillement mes vacances dans la maison familiale. Cela dit il a l'air bizarre Roderick depuis quelques jours, enfin, encore plus que d'habitude. Il parle tout seul, il ne mange rien, il ne dort plus...je me demande vraiment ce qu'il se passe.

L'air se rafraichi vous ne trouvez pas?

Ca y est! c'est décidé je vais lui parler, il ne peut pas rester comme ça à broyer du noir!
"Usher qu'est-ce qu'il se passe?"
"Faites-moi la lecture Cheshire"
J'avoue je trouve ça étrange comme requête mais je m'exécute de bon coeur. Plus ma lecture avançait et plus je me sentais mal à l'aise. Des cris semblaient sortir de mon roman et je me sentais pétrifié! Roderick quant à lui semblait insensible à ces bruits et paraissait endormi dans son fauteuil...
Je m'approche de lui et le voila qui baragouine:

"- Vous n’entendez pas ? - Moi, j’entends, et j’ai entendu pendant longtemps, - longtemps, bien longtemps, bien des minutes, bien des heures, bien des jours, j’ai entendu, - mais je n’osais pas - oh ! pitié pour moi, misérable infortuné que je suis ! je n’osais pas, - je n’osais pas parler ! Nous l’avons mise vivante dans la tombe ! Ne vous ai-je pas dit que mes sens étaient très fins ? Je vous dis maintenant que j’ai entendu ses premiers faibles mouvements dans le fond de la bière. Je les ai entendus, - il y a déjà bien des jours, bien des jours, - mais je n’osais pas, - je n’osais pas parler ! Et maintenant, - cette nuit, - Ethelred, - ha ! ha ! - la porte de l’ermite enfoncée, et le râle du dragon et le retentissement du bouclier ! - Dites plutôt le bris de sa bière, et le grincement des gonds de fer de sa prison, et son affreuse lutte dans le vestibule de cuivre ! Oh ! où fuir ? Ne sera-t-elle pas ici tout à l’heure ? N’arrive-t-elle pas pour me reprocher ma précipitation ? N’ai-je pas entendu son pas sur l’escalier ? Est-ce que je ne distingue pas l’horrible et lourd battement de son coeur ! Insensé ! Ici, il se dressa furieusement sur ses pieds, et hurla ces syllabes, comme si dans cet effort suprême il rendait son âme : - Insensé ! je vous dis qu’elle est maintenant derrière la porte !"*

A cet instant, Madeline encore dans son linceul s'avance dans la pièce et se précipite sur Roderick qui hurle de frayeur! J'en les poils dressés! Ils sont fous ici!
La maison craque de partout, elle pleure avec les Usher. Il faut que je sorte d'ici, il faut que sorte d'ici!!!!!!

***

Cheshire ouvre doucement les yeux. Il a les coussinets douloureux, il est couvert de poussière et les oreilles qui bourdonnent. Notre chafouin tente de se redresser mais ça fait trop mal. Que s'est-il passé? Des images lui reviennent: Usher, sa soeur, l'enterrement, la maison qui craque et le salon qui lui tombe dessus. Mais comment a-t-il pu sortir de là? se demande-t-il. Ce malheureux greffier se remet sur ses pattes et regarde autour de lui. A quelques pas de là, posés sur l'herbe, une petite bouteille de lait et un gâteau. Sur la bouteille on peut lire "Drink me" et sur le gâteau "Eat me". 
Une grimace barre le visage de Cheshire: "Persie, you dog!" s'exclame-t-il en ronronnant de plaisir. Le chafouin d'humeur joyeuse et le gateau fourré dans la bouche, décide donc de rejoindre Londres. Il parait qu'une place de nounou est à pourvoir chez la famille Banks...


* extrait tiré de La chute de la Maison Usher d'Edgar Poe. 

dimanche 26 août 2012

Blanche-neige et les sept Cheshire


Résumé de l'épisode précédent: Après avoir failli frôler l'incident diplomatique - mentionner l'appendice nasal de Cyrano de Bergerac se fait à ses risques et périls - Cheshire a décidé d'aller faire un tour dans Blanche Neige. 

J'étais beau Mesdames et Messieurs! Oui, je n'ai pas honte de l'avouer, je le dis tout net, j'étais beau. Ma grande toge noire m'allait comme un gant, ma perruque banche poudrée me donnait l'air vénérable. J'étais fin prêt, mon dossier en main, prêt à en découdre! 

"Mesdames et Messieurs, la cour!"
Nous nous levâmes majestueusement tandis qu'entraient le roi et la reine de Coeur: "Qu'on lui coupe la tête!" s'écriait la brave dame...ça commençait bien. Cela dit j'étais dans mon élément, presque à la maison dirons-nous. Du côté des victimes (mon opposé en somme), Blanche-neige et ses sept nains. Mon client, ou plutôt ma cliente entra majestueuse et belle et prit place à côté de moi. La vilaine belle-mère, puisque c'était elle, avait fait appel à mes services et vous me connaissez je suis toujours prêt à être aimable *sourire de Cheshire*. Le chef d'accusation: tentative d'empoisonnement *une paille quoi*, ma mission: l'acquittement *finger in the nose*. Je sais, je sais, nous ne partions pas vraiment gagnants. Mais à Chatfouin rien d'impossible. 
Je sentis le regard de Perséphone sur ma nuque, comme si elle m'attrapait dans la peau du cou, un faux pas et direction la maison. Mais je n'ai pas peur, je sais que je réussirai.

C'est d'abord à la vilaine belle-mère de témoigner. Elle prend sa place dans le box des accusés, bien droite, le regard franc, la pose altière *oui j'en rajoute et alors?* et nous raconte sa version de l'histoire:
"Blanche-neige a toujours été une enfant difficile vous savez. Je comprends parfaitement, être privée de sa mère si jeune c'est terriblement déstabilisant pour une enfant. Son père et moi avons fait tout notre possible pour la mettre à l'aise mais elle a toujours été très hostile envers moi. Je sais que ma beauté peut avoir cet effet là, c'est désolant...Son père l'a beaucoup trop gâtée et l'adolescence a été un passage très difficile. Vous savez...ce sentiment de compétition naturel qu'on éprouve à cet âge...ça doit être encore plus prononcé lorsqu'on m'a comme belle-mère, je suis un vrai modèle pour elle. Non je ne tiens pas à me vanter mais je suis tout de même la plus jolie femme du pays, c'est mon miroir qui le dit. Ce petit chou a dû se sentir vexée, on ressent ce sentiment très fort à son âge. Lorsqu'elle s'est enfuit je me suis fait un sang d'encre à son sujet. Je l'ai fait chercher par le garde chasse elle a cru que je voulais l'assassiner. C'est d'un ridicule."
Même si son discours était sincère, les preuves étaient accablantes: la disparition dudit garde chasse, une Blanche-neige apeurée, le témoignage de sept nains et la fameuse pomme...mon dossier prenait l'eau.

Ce fut au tour de Blanche-neige de se présenter à la barre. Tout en battements de cils *Cheshire roule des yeux* et mordillage de lèvres *elle a fait un stage dans Fifty shades of grey ou quoi?*, mademoiselle entourloupe le jury et ça me rend sain d'esprit!
"J'ai perdu ma maman très jeune" dit-elle en larmoyant "je ne me souviens pas d'elle, simplement que mon père et moi étions très heureux tous les deux. Et puis elle est arrivée. A partir de ce moment là ma vie a été un enfer, je n'étais jamais assez bien pour elle *battement de cils*. Plus je grandissais plus elle me rabrouait *mordillage de lèvres*. J'étais extrêmement malheureuse *mordillage de lèvres*. Un après midi je suis allée cueillir des fleurs dans la forêt mais un chasseur a tenté de me tuer. Il a dit que ma belle-mère lui avait demandé mon coeur mais il a fini par me laisser partir. Je me suis réfugiée auprès de mes amis les nains *battements de cils*. Elle m'a retrouvée et a essayé de m'empoisonner avec sa pomme. Heureusement mon prince m'a sauvée la vie *Mordillage de lèvres + battements de cils + yeux larmoyants, aidez-moi je vais vomir*. "

Pas la peine de vous précisez qu'elle avait le jury dans sa poche. Perséphone se cala sur son banc, un sourire aux lèvres. Allez Cheshire, on se remue le pelage. Force et honneur!

"Votre honneur, votre grandeur, vos majestés, j'aimerai interroger un nouveau témoin pour faire la lumière dans cette affaire." déclamais-je, impérial.
"Qu'on lui coupe la tête!" Hurla la reine
"Je m'en occupe mon sucre d'orge." répondit le roi. "Maître Cheshire, nous vous écoutons."
"Merci votre honneur, votre grandeur, vos majestés. J'appelle Les Sept Nains à la barre."

Serrés les uns contre les autres *pas de panique ils ont l'habitude*, les sept nains attendaient sagement à la barre. Je m'approchais *ou plutôt je déplaçais ma tête vers eux, c'est beaucoup plus commode* et entamais mon interrogatoire:
"Messieurs, que pouvez-vous nous dire sur Blanche-neige?"
"Elle est très gentille. Elle nous fait notre ménage, nous prépare à manger. Nous l'aimons beaucoup." dirent-ils en choeur *je ne sais pas vous mais je trouve ça toujours suspect une cohésion pareille*
"Ne trouvez-vous pas sa présence quelque peu envahissante?"
"N...non" *presque!*
"Pourtant je sais de source sûre que vous aviez des doutes sur son histoire."
"Des doutes?" demanda prof.
"Mesdames et messieurs les jurés, pièce à conviction n°9. Dossier de Joseph Robert dit "Jojo le mérou". Truand bien connu des services de police, il est fiché pour assassinat. Ce faux garde chasse a été engagé."
"Par la vilaine belle-mère!" s'exclamèrent les nains à l'unisson.
"En réalité, les 10000 ducats versés sur le compte de Jojo le mérou proviennent du compte de Blanche-neige elle-même."
"Mais...mais..." bégaya timide "et la pomme?"
"Mais quelle preuve avons-nous si ce n'est le témoignage de mademoiselle Blanche-neige à propos d'une vieille femme soit disant ma cliente ici présente? Aucune. Vous n'étiez pas là?"
"Non mais..."
"C'est bien ce que je disais! Blanche-neige s'est elle-même empoisonnée! Elle faisait ainsi d'une pierre deux coups, en inculpant sa belle-mère de meurtre et en épousant le prince du royaume voisin qui était promis à la propre cousine de Blanche-neige!"
La salle réprima un "OH" de surprise.
"Je vous repose la question...comment est Blanche-neige?"

A partir de ce moment là ce ne fut plus que cris et confusion. Les sept nains se répandirent en rancoeur sur le compte de la jolie princesse, le prince prit la fuite sous les jets de pomme du public, Blanche-neige elle-même sortit de ses gongs et insulta copieusement sa belle-mère qui je dois l'admettre conserva un sang-froid remarquable *il est vrai qu'elle était en grande discussion avec son miroir*. Je me tournai vers Perséphone qui riait sous cape. Elle fit mine d'applaudir et je lus sur ses lèvres:
"Pars devant, je te rejoins."
J'avais gagné la partie encore une fois.

Bon, ce n'est pas tout mes petits chats mais je m'arrache, Persie m'a fait une fleur mais je ne sais pas combien de temps cela va durer et mon pote Usher a besoin d'un coup patte, il parait que sa maison tombe en ruine!    

dimanche 19 août 2012

C'est un matou, c'est un chat, que dis-je c'est un chat, c'est un chafouin...


Résumé des épisodes précédents: Cheshire, après avoir rendu visite au chevalier de Lagardère et s'être amusé avec son costume de Bossu, décide d'aller améliorer ses talents d'épéistes dans la compagnie des Cadets de Gascogne tenue par le redoutable Cyrano de Bergerac.


Acte II, scène 9

Cyrano, le Bret, les cadets, Baron Cheshire de Neuvillette

CHESHIRE (à un cadet)

Serait-ce Cyrano que j'aperçois là-bas?

CADET (à Cheshire)

Mais si c'est bien lui, le cadet le plus hardi
Sans conteste le meilleur bretteur de Paris
La plus fine lame qui existe ici bas.

CHESHIRE

Je vais de ce pas le saluer car un chat
qui se respecte jamais ne doit être rat.
Il est tout de même aisé de le reconnaitre
à sa haute stature on sait qu'il est le maitre.
Hola Cyrano!

CYRANO 

Ventre Saint Gris! Que diable faites-vous ici?

CHESHIRE

Cyrano je tenais à vous complimenter
Pour cet appendice que vous osez porter
Fier et droit il nous ouvre la voie dans Paris
Nous nous rallions tous à son noble panache,
Son arête saillante et sa pointe bravache
semant l'effroi et le désordre derrière lui

CYRANO

Diable de Cheshire qui prétendez-vous railler?

CHESHIRE

Mais c'est que je ne parlais que de votre épée...*



Lorsque Perséphone arriva chez les cadets de gascogne
tous lui parlèrent d'un trognon de pomme. 
Perséphone décontenancée ne savait plus quoi penser,
mais par un prompt renfort cyrano l'avertit
Que son chafouin était déjà parti.
Perséphone amusée se tourna vers les contes de fées.


* Cheshire et moi nous nous excusons pour la taille de l'article d'aujourd'hui mais il est rédigé en alexandrins (sauf le petit texte en italique à la fin). Je ne fais qu'imiter sans prétention la plume fantastique d'Edmond Rostand.  

Je remercie Le Dévoreur de Muffin pour son aide précieuse! sans toi je ne savais plus compter jusqu'à douze...  

lundi 13 août 2012

Chevalier Henri de Cheshire

Résumé de l'épisode précédent: Après un séjour désastreux chez les Peabody-Emerson, Cheshire s'est mis en tête de partir vers des horizons plus verts. 

"Si tu ne viens pas à Cheshire, Cheshire ira à toi!" lançais-je à ce perfide Gonzague avant de lui marquer la main. Le gredin prit la fuite me laissant le soin de compter les cadavres dans les fossés de Caylus. Nevers mort il ne me restait plus qu'à accomplir ma vengeance... Je m'éloignais dans le soleil couchant, près à défier tous les Gonzague de la terre lorsque...
"Tu n'oublierais pas quelque chose par hasard?" dit une voix dans mon dos.
"J'ai dit ta phrase, j'ai transpercé la main du méchant et maintenant je m'éloigne comme un héros meurtri   pourquoi?"
Henri de Lagardère me désigna un morceau de chiffon aux pieds des remparts de Caylus.
"Et bien? Qu'est-ce que tu veux que je fasse de ce tas de chiffon crasseux?"

Malheur, ce fut presque la guerre froide. J'avais osé parler de son Aurore bien aimée comme d'un chiffon crasseux...non parce qu'il faut aussi que je me coltine une fille, je ne viens pas de lâcher Perséphone pour récupérer une mouflette, qui plus est rouge et braillarde. Merci bien!
Non parce que jouer les héros j'aime ça mais le reste...ça devient vite contraignant et un chafouin qui se respecte n'est jamais contraint à rien. Qu'on se le dise!

Henri est sympa mais c'est quoi son problème avec Aurore? Vous les avez déjà vu à table? Ils n'osent même pas se regarder dans les yeux! J'ai essayé d'accélérer la manoeuvre hier soir mais je me suis fait jeter manu militari! Si on ne peut même plus aider...

Il est gentil Lagardère mais il faudrait peut-être lui expliquer que toute sa vie ne tourne pas autour de la famille de Nevers. Parce que ça devient une obsession chez lui! Venger le père, épouser la fille...il va finir par exploser. Et cette manie du déguisement...
J'ai essayé de lui dire, l'autre soir:
"Tu sais Laggy chéri - je peux t'appeler Laggy n'est-ce pas? - te promener dans Paris déguisé en vieux bossu, ce n'est pas ça qui va te faire gagner le coeur de ta belle. Pas vraiment ragoutant ton truc. Crois-en mon expérience de chat - c'est que j'en ai vu des choses quand j'étais avec Perséphone, elle adore la mauvaise littérature - si tu veux conquérir une fille, mise plutôt sur le passé mystérieux et les conquêtes à la pelle."
Allez savoir pourquoi, le concept du "rake repenti" ça ne lui a pas vraiment plu. Il faudra que j'en touche deux mots à Persie.

J'ai bien tenté d'aller parler à la donzelle en question mais je n'ai pas ouvert la bouche qu'elle me parlait d'Henri comme si c'était la dernière récolte d'herbe à chat ( et croyez-moi je m'y connais, je suis abonné à Chebdo). Je crois que je me suis réveillé quand elle s'est mise à crier. Apparemment ces demoiselles n'ont pas les nerfs assez solides pour voir un chat perdre - littéralement - la boule.

Sinon, je me suis quand même bien amusé, j'ai testé le costume de Lagardère: j'étais le mystérieux et génial "bochu", je leur en ai mis plein la vue. Largardère m'a appris à me battre à l'épée. Je suis prêt à affonter Perséphone pour la prochaine fournée de muffin (elle a été entrainée par les trois mousquetaires, autant vous dire qu'elle ne plaisante pas).
Et j'ai...enfin nous, Henri était un peu là, avons occis les méchants sans scrupule. Je vous le dis, être le célèbre Chevalier Henri de Cheshire ça n'est pas de tout repos.

Malgré tout, je ne suis pas resté avec Laggy...je les ai laissés à leur bonheur Aurore et lui. Enjambant le corps mort de Gonzague je m'exclamais : "C'est un matou, c'est un chat, que dis-je c'est un chat, c'est un chafouin."

Perséphone frappa doucement à la porte d'Henri de Lagardère et ce fut le bossu qui lui ouvrit. Elle se sentit rougir jusqu'à la racine des cheveux, elle avait toujours eu un faible pour Henri.
"Bonjour Lagardère. Je crois savoir que mon évadé de cachot est passé par ici. Serait-il encore là?"
"Il était là en effet mais vous l'avez manqué de peu. Notre Paris ne lui a pas plu, je crois qu'il a décidé de la voir avant le règne de notre bon régent."
"N'aurait-il rien dit de particulier?" demanda Perséphone, qui passait déjà en revue la liste des romans se déroulant dans le Paris d'avant Louis XV. 
"Je ne saurais en être sûr mais il me semble qu'il voulait approfondir son art de l'escrime chez les cadets de Gascogne. Peut-être cela vous éclairera-t-il."
Perséphone sourit et répondit
"J'espère qu'il a eu du nez..."

Où Cheshire a-t-il encore été fourrer son nez? Rendez-vous la semaine pour un nouveau Cheshire around the Bookworld! 

dimanche 5 août 2012

Où Cheshire s'en va bouder chez Bastet


Résumé des épisodes précédents: Après une dispute grotesque autour d'un lot de muffin frais que j'aurai eu - soit disant - l'audace de voler, j'ai décidé de quitter cette tête de mule de Perséphone. De ce fait, je m'en vais bouder chez mon amie Bastet qui loge présentement en Egypte avec les Peabody-Emerson. 

Une chose est sûre - mais jamais je ne l'admettrais devant Perséphone et le premier qui me balance je l'envoie illico chez la reine de coeur - j'aurai mieux fait de me casser une patte...ou même deux...ou même les quatre. 

Il n'est plus facile de trouver des maîtres acceptables de nos jours voyez-vous. Je pensais que les maîtres de Bastet, les Peabody-Emerson, étaient des gens charmants...c'était sans compter sur le caractère d'Amelia Peabody...celui de Radcliffe Emerson...et bien sûr sur celui de R.A.M.S.E.S (non je ne peux plus prononcer son nom à voix haute, j'en ai des sueurs froides et des poussées d'équilibre mental. C'est à vous foutre une de ces trouilles, j'vous jure!) 

Je ne comprends pas comment on peut décemment s'enterrer en Egypte! Il fait chaud, il y a des bestioles partout, et les pyramides sentent la momie moisie dans son jus depuis des siècles. Non vraiment, je ne comprends pas et lorsque je vois la fascination béate des Peabody-Emerson pour des morceaux de poteries, j'ai tendance à penser que finalement le Mad Hatter n'est peut-être pas si fou avec ses demies tasses de thé. 
Je pensais être accueilli à bras ouverts...du bout des doigts aurait été plus approprié. Emerson a pesté qu'il n'était pas gardien de zoo, Amelia Peabody m'a fait passer par toute une série de lavages et détergeant multiples - c'était tout de même un poil vexant si j'ose dire - et je n'ai recueilli qu'un haussement de sourcil peut intéressé de la part de R.A.M.S.E.S. Quant à Bastet, elle m'a tout simplement ignorée, pourtant au dernier congrès des chats littéraires il m'avait semblé que...mais je m'égard.


Peabody et Emerson sont fatigants! Ils n'arrêtent pas de se chamailler mais dès qu'ils sont seuls...ils croient vraiment qu'on ne voit rien en fait. Bah, les humains! Emerson est un gars sympa même s'il est d'une mauvaise fois incroyable. Si on le laisse en paix avec ses momies et ses bouts de poteries ça va, il me laisse tranquille. Mais il est d'un ridicule lorsqu'il se prend pour le Maître des imprécations. En le voyant gesticuler partout, j'ai ri à m'en décrocher la mâchoire et Emerson m'a envoyé boulé dans le sable. Je crois qu'il l'a mal pris. 


Peabody c'est une autre paire de manche: elle a tout le temps raison, se mêle de tout, une anglaise dans tout ce qu'on aimerait qu'elle ne soit pas. 
"Mon cher Cheshire, pas étonnant que Perséphone ne veuille plus de vous, si vous me permettez de m'exprimer ainsi. Manger les muffins des autres n'est pas digne d'un bon chat anglais. J'essaye d'apprendre à Ramses l'obéissance, je devrais sûrement faire de même avec vous."
NON.MERCI. Je tiens à rester fou si ça ne vous dérange pas. Par contre je prendrais bien une demie tasse de thé. 
Allez savoir pourquoi elle a été vexée. Du coup Emerson a rit et ça l'a vexée encore plus. 


Je pensais pouvoir profiter d'un petit moment de solitude pour aborder avec Bastet le thème de la folie chez Edgar Poe mais impossible de la voir sans R.A.M.S.E.S. Pour passer du temps avec elle j'ai dû écouter ce petit monstre (parce que je ne vois pas de qualificatif qui ne soit pas plus grossier) me faire une leçon complète d'Egyptologie et de grammaire des hiéroglyphes. J'avais tellement mal à la tête que j'ai cru avoir la tête séparée du corps...mais je n'ai pas osé. J'étais sûre que l'horrible rejeton aurait trouvé un moyen pour m'en empêcher. 
"Vous comprenez Cheshire, il y a une très mauvaise compréhension de certains caractères hiéroglyphiques. Si l'on en croit "
"non mais je... "
"Parce que si l'on prend le deuxième sens donné par le dictionnaire de "
"je ne suis pas sûr que... "
" alors cela devient complètement clair. Je ne sais pas pourquoi papa s'obstine à ne pas m'écouter car je sais que mes recherches"
"mais comment dire..."
"D'après mes calcules et le fait que de la poterie caractéristique de la XIXe dynastie se trouvait..."
A force de l'écouter j'ai failli devenir sain d'esprit, quelle horreur! Peabody n'est même pas venue à ma rescousse, je suis sûr qu'elle s'est vengée. Emerson est complètement gaga de son affreux, horrible, effrayant fils, je n'attendais aucune aide de sa part. Quant à Bastet, elle écoutait son maître avec vénération. Je crois qu'elle est désespérément perdue pour la cause féline littéraire. 


Si vous rajoutez à ça le fait qu'ils ne peuvent pas passer une journée sans que quelqu'un essaye de les voler, de les tuer ou tout autre chose sympathique du même genre, j'ai décidé de plier boutique! Le climat égyptien n'est pas bon pour mon pelage finalement. Je pars, adieu et à la prochaine!


Peu après le départ de Cheshire, Perséphone se présenta à la porte de la tente des Peabody-Emerson:
"Bonjour Amelia, Professeur, je cherche Cheshire. Nous nous sommes disputés pour une stupide histoire de muffin et je l'ai envoyé bouder chez Bastet. Vous ne l'auriez pas vu par hasard?"
Le couple prit un air pincé.
"Ah je vois...sauriez-vous où il est allé?"
Avant que Peabody ou Emerson aient eu le temps de répondre, une petite voix caractéristique de cet effrayant Ramses s'éleva derrière Perséphone
"Si ma mémoire ne me fait pas défaut et je doute qu'elle le fasse puisque je n'ai eu aucun mal à retenir les différents dialectes qui composent la langue égyptienne..."
"Ramses!" le coupa Amelia Peabody
"Pardon maman, je me suis quelque peu laissé emporté. Je disais donc que j'ai entendu Cheshire dire "Si tu ne viens pas à Cheshire, Cheshire ira à toi"."
"J'espère que cela vous aidera ma chère." dit Emerson encore tout admiratif des qualités intellectuelles de son rejeton. 


"Si tu ne viens pas à Cheshire, Cheshire ira à toi? Oui je crois que je sais où mon Chafoin se terre."


Je ne doute pas que vous sachiez où Cheshire s'est rendu après avoir semer la zizanie en Egypte. En attendant rendez-vous la semaine prochaine! 

dimanche 29 juillet 2012

Cheshire around the Bookworld - où comment se disputer pour une histoire de muffin


Je suis parti. Définitivement. J'ai quitté Perséphone. Je suis sûr que vous êtes choqués et que vous conspuez déjà Persie pour son comportement odieux mais tout est de sa faute. *chat qui se lime les griffes d'un air blasé*

oh, une tasse de thé...une tasse? quelle tasse? Le thé de qui? Why a raven is like a writing desk?
Pardon * yeux qui se remettent à leur place* je disais donc, j'ai quitté Perséphone. Je suis peut-être fou mais j'ai mes propres limites. Je suis un chat fou, un chafouin mais un chat qui se respecte.

J'étais tranquillement en train de dormir dans la bibliothèque de Persie, la tête coincée entre Le seigneur des anneaux et Le château de hurle, la queue balançant légèrement au dessus de La machine à voyager dans le temps deux étagères plus bas - je trouve ça tellement plus confortable que pouvoir se dissocier pas vous? - lorsque je fus dérangé par une folle furieuse - la susnommée Perséphone Tressalian (on n'a pas idée d'avoir un nom pareil):
"CHESHIREEEEEEEEEEEEEEE"
Je décidais de consentir à ouvrir un oeil, ce qui me demanda un effort terrible. Elle se tenait là, devant moi, sa longue natte noire au vent et les lunettes un peu de travers. Elle pointait un index accusateur dans ma direction. Je me sentais déjà épuisé par la conversation:
"Miaou..."
"Cheshire, ça va être ta fête espèce de toqué!"
"Miaou?"
"Oh arrête ça veux-tu, où je te renvoie illico dans ton livre de fou. Tu iras expliquer à la reine de coeur où tu as disparu. Ce serait marrant de voir ta tête non?"

Lentement je décide de me recomposer une figure (et un corps, j'oublie ça parfois) et je me roule sur le dos. Persie a tendance à tout me pardonner quand je joue au chaton [P: au gros matou tu veux dire... C: Tais-toi c'est moi qui raconte P: Il va me rendre aussi folle que lui!]
"Cheshire, où sont passés mes muffins?"
"Tes muffins?"
"oui mes muffins..."
"Quels muffins?"
"Les miens"
"De quoi?"
"CHESHIRE!!!!!!"

Je me débrouillai pour chasser les restes de mon repas sous mon corps svelte et mince [P: svelte et mince? Ah par rapport à un éléphant adulte c'est vrai tu es mince] et lui assurai que je ne voyais pas de quoi elle parlait. Soudain, je vis Perséphone se figer et me fixer d'un drôle d'air. J'ai cru devenir fou, je ne savais plus si j'étais moi ou si c'était elle qui était moi, folle donc...moi donc...folle alors?

(oh, une tasse de thé...une tasse? quelle tasse? Le thé de qui? Why a raven is like a writing desk?)

Pardon * yeux qui se remettent à leur place*. Persie me fixa et je la vis attraper mes moustaches entre deux doigts:
"Tu as la tête du malfaiteur, tu as l'allure du malfaiteur, tu as l'odeur du malfaiteur et tes moustaches sont grasses. Je te tiens chafouin!"
Elle m'attrapa par la peau du cou (malheur...elle peut!) et me ramena manu militari à la cuisine où elle me jeta (oui vous avez bien lu!), où elle me jeta sans ménagement. J'allais me mettre calmement en haut du frigo afin de l'observer à mon aise. 

"Où sont mes muffins?" répéta-t-elle (ce qu'elle peut être têtue, ça n'est pas croyable!) 
"Je les ai mangé tes muffins"
"Tu as mangé mes muffins?"
"Mais non pas du tout..."
"Mais tu viens de dire que..."
"de quoi tu parles?"
"CHESHIRE! Ca suffit j'en ai assez! Tu me voles ma nourriture, tu me chipes mes livres, tu apparais et disparais juste quand il ne faut pas. Ca ne peut plus durer."

Je me redressais, les oreilles droites (cela veut dire que je suis en colère voyez-vous):
"Comment oses-tu m'accuser? Moi, un chat sans défense. Tu devrais avoir honte Perséphone! Puisque c'est comme ça je m'en vais!"
"c'est ça, va donc bouder chez Bastet tant que tu y es!"

Voila comment tout ça s'est passé. Je suis donc parti de la maison et j'erre, ma folie seule m'accompagnant, de demeure en demeure pour trouver une place. C'est décidé, je vais faire escale chez les Peabody-Emerson. 
(oh, une tasse de thé...une tasse? quelle tasse? Le thé de qui? Why a raven is like a writing desk?)

P: Cheshire est parti. Tant mieux, ça me fera de l'air. En attendant, retrouvez-le tous les dimanche pour un récit complètement....toqué dans Cheshire around the Bookworld.