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lundi 3 novembre 2014

Monotropa uniflora - Les Brumes de Grandville #1 - Gwendoline Finaz de Villaine


SOUS LE CHARME, CATÉGORIE COUP DE POUCE

Présentation de l'éditeur: Peut-on tomber amoureuse dune simple voix, d'un esprit, sans y perdre son âme ? 
1919. Au lendemain de la première guerre mondiale, Apollonie devient professeur de musique. Belle, libre et déterminée, la jeune orpheline découvre la vie au château de Grandville. Elle ne tarde pas à faire la connaissance du fils de la Comtesse, le magnétique et mystérieux Hector, dont la beauté na d'égale que le cynisme. Apollonie, encore troublée par cette rencontre, tombe sous le charme indécent d'une voix mystérieuse sortie des ombres.
« J'étais en présence d'un esprit authentique. Un spectre. Je ne pouvais pas le voir, mais je l'entendais parfaitement. Et le pire, dans toute cette histoire, c'est qu'il était doté dune voix déroutante. Son timbre possédait une douceur étrange, mêlée d'accentuations rauques, presque envoûtantes. » 

Un roman, c'est comme un chaton: parfois on craque pour l'un d'entre eux. Ce n'est peut-être pas le plus beau ou le plus parfait des chatons mais on craque pour lui quand même. C'est ce qui m'est arrivé avec Les brumes de Grandville. 

J'étais déjà convaincue par le pitch de départ vous me direz: un upstairs-downstairs dans les années 20, une histoire d'amour, un fantôme, je ne pouvais décemment pas passer à côté. Je ne regrette pas mon pari.

Nous allons commencer avec les choses qui fâchent, nous en serons débarrassés et ça nous permettra de nous concentrer sur l'essentiel. Les Brumes de Grandville est un premier roman...et ça se sent. C'est sans doute le plus gros défaut de ce roman: le style. Gwendoline Finaz de Villaine fait beaucoup d'effort mais parfois les phrases sont un peu trop simple quand la synthaxe n'est pas étrange. Les premières pages souffrent un peu de ce style simple mais il s'améliore avec le temps. Il y a également le fait que Les Brumes de Grandville est écrit à la première personne. C'est, de mon point de vue, l'un des choix les plus difficiles à assumer surtout dans une histoire d'amour. Si on se permettait d'écouter nos pensées, on se rendrait compte qu'on a tous et toutes des instants globalement cucu mais il est vrai qu'à l'écrit ça passe moins bien. Après, ne jetons pas bébé avec l'eau du bain. C'est un premier roman et l'auteure ne peut que s'améliorer. Si elle ne maîtrise pas un style très littéraire, elle a le mérite de tenter certains paris stylistiques qui sont tout à son honneur.
J'ai lu sur d'autres blogs que les phrases en patois normand avait beaucoup gêné la lecture, ce n'est pas mon cas. Au contraire je trouve ces détails très intéressants car cela permet d'ancrer le récit dans son époque autant que dans son milieu géographique: la Normandie des années 20. C'est justement le genre de paris qui font des Brumes de Grandville un assez bon premier roman. Malgré ce défaut il n'en est pas moins prometteur.

Si Gwendoline Finaz de Villaine n'écrit pas encore comme Proust - est-ce à souhaiter d'ailleurs? - elle a au moins le grand mérite de créer une véritable ambiance. Une fois plongé dans le roman, on ne peut pas le lâcher ni se défaire de son ambiance. Une de mes collègues l'a lu également et a trouvé qu'il y avait cette même ambiance. Pour le coup, cette collègue - aussi spécialiste jeunesse - a tendance a préférer les romans destinés aux garçons et elle ne lit pas de romance mais là elle a accroché en disant "je me suis sentie tellement bien après la lecture que je le recommande". J'étais secrètement ravie du pouvoir de la romance: NON ce n'est pas une littérature nulle! Bref, je m'égare. Les Brumes de Grandville sait placer une vraie ambiance qui lui est propre. On sent immédiatement le côté upstairs-downstairs ce qui est agréable car c'est un genre qui manque beaucoup dans la littérature française et le fantastique qui se rajoute ensuite apporte une petite touche bienvenue. Je n'ai pas été surprise par le tournant fantastique du récit parce que je savais qu'il y a avait un fantôme cependant c'est vrai qu'il aurait peut-être failli mettre un ou deux évènements annonciateurs de ce twist. 

J'ai bien aimé les personnages, Apollonie est une jeune fille agréable. Elle est assez vive, touchante, même si elle se montre parfois un peu naïve. Il ne faudrait tout de même pas oublier qu'elle sort à peine du couvent et qu'elle ne peut pas, non plus, avoir des attitudes qui ne correspondent pas à son éducation. Hector est un être assez désagréable, comme ses soeurs qui sont d'horribles pimbêches. La maman échappe à ce côté affreux, c'est une femme agréable, une douce maîtresse de maison. Quant au fantôme je l'ai trouvé touchant et j'avais assez hâte qu'il vienne voir Apollonie. Je trouve que l'auteure réussit à éviter la caricature et à être mesurée avec ses personnages. Les filles sont vilaines certes mais pas non plus des garces finies et leur mère ne se révèle pas être un tyran comme on aurait pu s'y attendre. Il y a des rumeurs, de mauvaises actions mais aussi pas mal de positif pour contrebalancer tout ça. J'ai apprécié cette pondération.

L'intrigue est très agréable, on se laisse porter par l'histoire. Même si certains rebondissements semblent cousus de fils blancs,  il n'en reste pas moins qu'il y a d'excellentes idées qui nous tiennent en haleine. De sorte qu'on oublie que Les Brumes de Grandville est un premier tome! J'étais tellement accrochée que j'aurai embrayé sur la suite sans problème, je suis sur les dents! Gwendoline Finaz de Villaine réussit quelque chose de rare dans les séries: le renouvellement complet. La fin du premier tome nous donne à penser que la suite va prendre un autre tour et je suis pressée de savoir lequel!

Et puis...et puis...Les Brumes de Grandville est une pré-romance! Je m'explique: il est étiqueté à partir de 13 ans et honnêtement à part une scène un peu "chaude" de baiser passionné - pas d'excitation on est loin d'un Aventure et Passion - il n'y a rien qu'une enfant de 13 ans qui a déjà lu Nos étoiles contraires ne puisse lire. C'est pour moi une excellente initiation à ce genre pour les plus jeunes avant la plongée dans les Aventures et passion de maman, mamie, tata etc dès nos 15 printemps. Vous le savez, la romance j'aime et là j'adhère!

Pour finir, ce roman est aussi un roman marqué par la musique, amours premières de l'auteure. Je regrette qu'elle n'ait pas plus appuyé sur ce thème qui aurait pu véritablement soutenir la narration. Espérons qu'elle le fera pour la suite!

Voila, nous arrivons à la fin de cette chronique et il faut récapituler: Les Brumes de Grandville n'est certes pas un roman parfait mais il a su me toucher notamment par son intrigue et son audace. Je ne peux que le recommander, il faut soutenir les premiers romans et les petites maisons d'éditions comme l'est B. édition.
Sinon, un clip vidéo est disponible - j'avoue je suis moins fan - et une communauté s'est créée sur Facebook à propos du roman.

Et si vous vous demandez à quoi ressemble une Monotropa Uniflora, voila la réponse (jolie trouvaille d'ailleurs):

lundi 30 septembre 2013

Cotillon - Georgette Heyer


Présentation de l'éditeur: La jeune Catherine Charing est dans une situation embarrassante : pour hériter de la fortune de son grand-oncle fourbe et acariâtre, elle doit épouser l’un de ses cousins. Entre Hugh le pasteur moralisateur, Dolphinton, le comte débile et Jack le joueur et coureur de jupon invétéré, Kit se sent moyennement emballée. En désespoir de cause, elle retrouve l'indolent Freddy, un autre de ses cousins et lui propose un marché audacieux: de fausses fiançailles. Ainsi en voyage à Londres sous une couverture respectable, Kitty pourra peut-être trouver une bonne situation qui la mette à l'abri d'un mariage forcé.

Grâce à mon ancêtre, j'avais découvert et dévoré avec un plaisir que je ne peux pas nier, Un mariage de convenance et j'en étais ressortie enchantée. Ayant découvert que sur mon marché, le bouquiniste vend de la romance - pensez à mon ébahissement: il vend des Aventures et Passions vintage, ô joie - je me suis laissée tentée par Cotillon, récemment retraduit chez Milady romance.


J'aime les histoires de fausses fiançailles. D'abord parce que j'aime le concept et ensuite parce que cela peut induire des quiproquo maîtrisés par l'auteur et donc drôles au contraire des quiproquo gonflants, ceux où il suffirait juste aux héros de se parler pour dissiper tout malaise...Les fausses fiançailles ça peut donner du très bon: The Duke and I et dans le cas présent...du moins bon.

Disons le tout de suite, Cotillon ne restera pas longtemps dans mon esprit. Loin d'être un affreux roman, pas de Pet-peeves rédhibitoires en vue, il souffre néanmoins d'un mal assez terrible pour un roman: l'ennui. Je pense en toute sincérité que Cotillon est trop long. Il y a trop de développements inutiles, de pseudo-rebondissements et d'intrigues parallèles pour que le lecteur puisse véritablement suivre l'histoire de Kit et Freddy. Le roman aurait eu tout intérêt à bénéficier d'une intrigue resserrée, plus concentrée sur elle-même et le couple principal que sur tous les autres protagonistes.
Conséquence directe de ce foisonnement d'intrigues secondaires et de personnages en tout genre, c'est que nos deux héros se noient complètement dans la masse. Pire encore, le couple est tout simplement inexistant.
Il ne faut pas être Einstein pour se douter que les fausses fiançailles se termineront en vraies fiançailles mais ici, je suis désolée de le souligner, le roman aurait pu finir comme il avait commencé qu'on n'aurait pas vu la différence.

Je pensais que Freddy était un personnage qui tirait sa filiation d'un Edward Ferrars - avec Henry Tilney, l'un de mes héros austeniens préférés - mais en réalité, Freddy reste un dandy inconsistant. Lors de son apparition dans les premières pages du roman, il ne fait pas l'effet d'un héros de romance. Dandy, maniéré, tatillon sur son apparence et celle des autres et pas vraiment vif d'esprit, je me suis dit qu'il pourrait se révéler attachant et évoluer un peu au contact d'une héroïne plus vive et surtout moins au fait de la vie londonienne que lui. Si effectivement, Freddy est un gentil personnage (cela dit les autres personnages masculins du roman sont tous plus ou moins détestables), il n'évolue pas vraiment. Il devient un peu plus vif d'esprit et par moment on sent un petit quelque chose remonter à la surface mais cela ne va jamais beaucoup plus loin et c'est frustrant. Frederick Standen avait un fort potentiel de héros qui n'est jamais véritablement exploité au contraire de Lord Rule qui dans Un mariage de convenance se révélait peu à peu. Il est peut être l'un des personnages de romance préféré de Sarah Wendell (l'une des deux Smart Bitches, Trashy Books) mais il ne me convainc pas autant qu'elle.
En parallèle nous avons une héroïne qui, si elle prend peu à peu la défense de son cousin Freddy face à des gens comme Jack, on ne sent chez elle aucun intérêt amoureux. Elle est là surtout pour s'amuser et s'occuper des affaires des autres que ce soit Dolphinton son malheureux cousin ou Miss Broughty son amie et Camille son cousin français.

Au passage, les Français se tiennent véritablement une sale réputation du début jusqu'à la fin et ça m'énerve toujours parce que moi, Perséphone, je suis britanophile, écossophile et irlandophile. Ca me gonfle du coup d'entendre toujours parler des femmes françaises comme des femmes légères et des hommes français comme d'incorrigibles bavards. Je leur présenterai bien Edmond Dantès pour voir.

Il résulte de tout ça que nous suivons plus les débordements de Kit et les histoires amoureuses des autres que de Kit et Freddy et ça c'est plutôt mauvais. Il n'y a aucune possibilité de couinage, aucun moment où l'on se sent attendrie. Jamais Freddy n'essaye de séduire sa cousine même de façon maladroite qui amuserait le lecteur, jamais on ne sent chez Kit le véritable désir de changer ses fausses fiançailles en vraies. La résolution de l'intrigue - qui finalement n'est absolument pas un problème, le principe de base étant bien maigre et moins bien posé que dans The Duke and I - arrive dans les deux dernières pages comme un cheveu sur la soupe. Un résolution bien plate pour un roman dans la même veine.

Cela dit parfois le couple de base n'est pas le meilleur du monde et le récit peut être enlevé par des personnages secondaires de bonnes factures...encore raté. Miss Broughty aurait pu être agréable si l'auteure, et à travers elle les autres personnages, ne cessait de répéter qu'elle est idiote et/ou encline à devenir une cocotte. C'est très irritant parce que le personnage est attendrissant, prisonnière d'une mère sans scrupule qui la vendrait au plus offrant, mais l'effet est anéanti par ce rabâchage. Camille...personnage lui aussi intéressant mais qui souffre également du rabâchage que c'est un français et donc qu'il n'est pas net/théâtral/bavard (pas de mention inutile malheureusement). Je crois que finalement je suis plus attendrie par l'histoire Camille/Olivia que par Kit et Freddy... Dolph est sans intérêt aucun, les parents de Freddy auraient pu être intéressants à condition de les voir plus d'une demie-page et Meg leur fille est horripilante et idiote.

Seul Jack finalement est parfaitement réussi. Je dois dire que Georgette Heyer fait preuve d'une très grande finesse dans le portrait qu'elle fait de cet homme débauché et minable moralement, capable d'être odieux envers sa propre famille mais sans jamais se départir de son sourire. J'ai eu envie de le crépifier évidemment mais il est exactement ce qu'il est censé être. Je lui tire mon chapeau, c'est rare d'avoir des empêcheur de tourner en rond crédible sans être ridicule.

Il y a aussi dans Cotillon un problème dû aux circonstances d'écritures de l'époque. J'aime le style de Georgette Heyer, il passe toujours bien à l'heure actuel et sait se montrer efficace dans son propos sans être redondant ni désuet. Seulement, si elle essaye parfois de faire du Jane Austen (à mon avis cela se sent plus dans Un mariage de convenance), elle écrit avec 100 ans de recul (au minimum). Du coup, et cela est très fort dans Cotillon, elle se croit obligée de rappeler de façon quasi continue les convenances, ce qui se fait et ce qui ne se fait pas. C'est horriblement gênant à la lecture parce que cela ne fait que marteler les mêmes remarques encore et encore. Ce que j'aime chez Jane Austen c'est que justement, toutes ces règles de conduite sont implicites, gravées dans le comportement des gens qui baignent dans cette société. Il suffit de lire quelques pages de Pride and Prejudice pour comprendre que Mrs Bennett et Lydia ne sont pas des modèles à suivre et l'auteure exploite en finesse leurs écarts de conduite. Cotillon en ce sens manque cruellement de finesse.

Une lecture décevante pour le coup parce que je suis certaine que Georgette Heyer a écrit de meilleure histoire et que j'attendais d'elle qu'elle me divertisse avec légèreté.

Je me laisserai bien tenter quand même par Adorable Sophy dans la même collection chez Milady Romance parce qu'après tout, avec les auteures prolifiques, il est évident qu'il y a du bon et du moins bon.

Et vous, avez-vous lu du Georgette Heyer? Que me conseillez-vous? 

lundi 9 septembre 2013

The Deeds of the Disturber - Amelia Peabody #5 - Elizabeth Peters


A LA MEMOIRE DE BARBARA MERTZ

Présentation de l'éditeur: Alors que l’intrépide Amelia Peabody, son séduisant Emerson d’époux, et Ramsès, leur fils si précoce à tous égards, s’en retournent vers l’Angleterre pour y prendre quelques vacances avant de revenir à leurs chères pyramides, voilà que la malédiction des pharaons semble les poursuivre. En effet, au British Museum, c’est près du sarcophage d’une momie de la XIXe dynastie que l’on découvre le corps sans vie d’un gardien de nuit.
Amelia et Emerson – dont la réputation n’est plus à faire– vont devoir s’occuper de ce drame, lequel se révélera n’être qu’un prélude à une sinistre machination où nos héros seront entraînés malgré eux.

Une fois n'est pas coutume, lorsque je ne sais plus quoi lire, je me tourne vers Peabody, Emerson (et Ramses) pour un moment de lecture unique.

Changement de décor pour le moins perturbant. Après les aventures géniales du tome quatre et les rebondissements surprenants que Lion in the Valley nous offrait, The Deeds of the disturber (La Onzième plaie d'Egypte en VF) place l'intrigue non pas en Egypte (sacrilège!!!!) mais bien dans le Londres de la fin du XIXe siècle, un Londres dont le British Museum semble être le centre absolu.

J'avoue qu'après quatre tomes en Egypte, j'ai trouvé pertinent un retour dans le pays d'origine du couple et une pause dans l'exotisme de la série qui menaçait une redondance malvenue. Point de Sitt hakim ni de Grand maître des imprécations avec la superstition des ouvriers d'Emerson. Point d'Amelia Peabody sermonnant tout le monde sur quel vêtement en lin porter, comment boire l'eau ou comment aérer la tente. Avouez ça vous manque déjà...
Cependant, oui parce que quand même on parle de Peabody et Emerson, les "mystères" de l'Egypte antique sont bien au rendez-vous. Les journalistes et leur combat pour le nombre de tirage remplacent ici les spéculations et peurs des égyptiens. Ce côté journalistes en chasse de l'info était à mon avis une excellente idée. Cela permet d'ancrer l'intrigue et le couple principal dans son époque, avec un petit côté Sherlock Holmes où la presse tient une place fondamentale. Il ne faut pas oublier l'importance de cette presse au XIXe siècle, en France comme en Angleterre et lui donner du poids dans son intrigue apporte une touche authentique non négligeable et bienvenue.
Si j'ai retrouvé avec plaisir le journaliste irlandais O'Connell, l'autre journaliste a été une source certaine d'agacement *sarcasm inside*. Si certains aspect de sa personnalité m'ont beaucoup fait rire sur la fin, j'adore l'idée un Emerson rouge pivoine, le reste du temps je la trouve particulièrement culottée et même tout à fait désagréable quand elle veut. Je suppose que je prends le point de vue de Peabody puisque c'est elle qui raconte mais ce personnage n'a pas su du tout me toucher.

L'intrigue n'est fondamentalement pas la meilleure de la série et elle est parfois confuse mais selon moi ce n'est pas ce qui tient le roman. En effet, le ton incisif d'Amelia, sa mauvaise foi évidente et les relations passionnées mais tumultueuses de Peabody et Emerson forment le véritable sel de la lecture. J'aime toujours autant la façon qu'a Elizabeth Peters de faire tenir à Peabody un double discours: à la fois un discours direct de Peabody qui pense relayer en toute bonne foi et impartialité anglaise les évènements tels qu'ils se sont déroulés et d'autre part tout ce qu'elle sous-entend - souvent à son insu - dans ses récits. Peabody qui se défend de toute jalousie alors qu'elle doit être complètement cramoisie d'envie de meurtre, a de quoi réjouir le lecteur. Pas de changement dans le couple Peabody-Emerson. On retrouve les mêmes descriptions lyriques et complètement énamourées de Peabody envers les qualités morales et physiques de son mari, les disputes qui finissent par se régler sur l'oreiller et la compétition que les deux époux se livrent afin de savoir le fin mot de l'histoire.

Mais quid de Ramses me direz-vous? Pas de panique, ce cher ange *tousse tousse* est bien présent et pour une fois, je dois admettre qu'il est loin d'être agaçant. Elizabeth Peters opère ici un excellent retournement sur le personnage du petit garçon (qui a dit monstre?) qui, non sans se départir de sa logorrhée et de son sens pratique hérité de sa mère, montre une face plus fragile. Cette fragilisation du personnage de Ramses, qui reste malgré tout fidèle à lui-même, apporte selon moi, un éclairage différent sur le petit garçon et les relations qu'il entretient avec ses parents et notamment sa mère. On ne peut pas dire que Peabody soit, de ce point de vue là, une mère aimante. Elle l'aime mais à sa façon, un peu de loin alors qu'Emerson est fou de son fils. La présence de Percy et Violet - enfants d'un des frères de Peabody - met en balance la personnalité de Ramses sous un jour - selon moi - favorable à ce dernier. Je vous laisse découvrir les relations tumultueuses entre Percy et Ramses mais j'ai éprouvé beaucoup d'empathie avec le petit Emerson. Admettez...ça change. Cela donne aussi l'occasion d'une très jolie scène entre Ramses et sa maman, un spectacle assez rare surtout pour un petit garçon anxieux de la sécurité de ses parents (même s'il l'exprime d'une façon étrange parfois).

Pour ce cinquième tome, nous retrouvons donc un couple fascinant, leur petit garçon farfelu et un peu effrayant et la plume acérée de Peabody sous la main d'une Elizabeth Peters en forme. Un divertissement dans la droite ligne de ses prédécesseurs. 

mardi 11 juin 2013

Mary Queen of France - Jean Plaidy


ROMAN NON TRADUIT

Résumé: La jeune princesse Mary Tudor est promise au futur empereur Charles V, un enfant plus jeune qu'elle. Si elle s'est toujours préparée à cette idée, la jeune femme est moins sûre de son choix lorsqu'elle tombe sous le charme du beau Charles Brandon, duc de Suffolk. Alors qu'elle caresse l'espoir d'épouser l'homme qu'elle aime, Mary est victime de la politique matrimoniale de son frère et se retrouve condamnée à épouser le roi de France. Si la perspective d'être reine de France est plutôt alléchante, celle d'être séparé de Charles pour épouser un roi de 34 ans son aîné est elle, franchement repoussante! 

Jean Plaidy est en réalité le pseudonyme de l'auteure britannique Eleanor Burford (1906-1996). Cette auteure anglaise a utilisé de multiples pseudonymes tout au long de sa vie pour écrire. Le plus répandu reste celui de Jean Plaidy sous la plume de laquelle, elle a écrit de très nombreux romans historiques. On compte notamment la série des Tudor, celle des Stuarts, la Révolution française, Les Borgia, Catherine de Medicis etc etc (pour plus d'informations biblio et biographiques, cliquez sur son nom). 

Ceux qui me connaissent (en vrai ou à cause - je n'ose pas mettre grâce - de ce blog) vont se demander : Mais enfin Persie, serais-tu malade pour lire un roman historique sur les Tudor? Oui parce que dans le vrai monde de la réalité véritable, j'ai travaillé pendant plusieurs années sur les Tudors (21 volumes d'archives, des lettres, double mémoire toussa toussa *hum, quart d'heure modestie ON*) et il se trouve que je les connais plutôt bien...bon en fait carrément bien. Surtout Mary! Parce qu'il se trouve aussi que ma spécialité concernait les Femmes à la cour Tudor. A côté de ma bien-aimée Anne Boleyn, Mary Tudor figure dans mon panthéon personnel. 
Vous l'aurez donc compris je ne lis JAMAIS de romans historiques sur les Tudor (ne me parlez pas de Philippa Gregory et de Deux soeurs pour un roi, je risque de devenir franchement mauvaise). Pas sur l'époque Tudor mais vraiment sur les Tudor, ceux qui ont des membres de la famille royale ou de la très haute noblesse pour héros. C'est tout bête mais après avoir passé quatre ans de ma vie à travailler sur ses femmes, à lire leur lettre, leur testament, à apprendre leur vie, je ne peux pas lire quelque chose de romancé. Autant dire que Jean Plaidy...sauf que voila j'ai beaucoup travaillé sur Mary et qu'à l'époque (je précise) hormis des ouvrages biographiques remontant au début du XXe siècle, on ne trouve que des romans. Je voulais donc tester et voir ce qu'on disait d'elle dans la littérature populaire. D'où Jean Plaidy. 

Si vous ne voulez pas savoir qui était Mary et son histoire, sautez le paragraphe suivant (mais je rappelle que ce n'est pas du Spoiler, ils sont morts vous savez...)

Pour vous situer un peu le contexte, Mary Rose Tudor est la soeur cadette du roi Henry VIII. C'est la plus jeune de la fratrie (parmi les enfants survivants) et c'est une véritable rose anglaise. Elle est rousse, très belle, intelligente et c'est une enfant assez vive qui s'entend très bien avec son frère Henry. Si elle est promise au futur Charles V alors qu'ils sont tous les deux très jeunes (le petit Charles la trouvant déjà trop vieille "Je veux une femme pas une maman!"), la princesse adolescente tombe sous le charme de Charles Brandon, un des compagnons de son frère. Le duc de Suffolk est jeune, grand, bien bâti et possède déjà une réputation plus que sulfureuse mais Mary s'en fiche. Or alors que le roi de France, Louis XII se retrouve veuf d'Anne de Bretagne, Henry saute sur l'occasion de lier leur deux maisons et d'asseoir potentiellement un futur neveu sur le trône de France. Mary se retrouve fiancée mais avant de partir pour la France elle fait jurer à son frère qu'à la mort du roi, elle pourra épouser qui elle veut. Henry promet, Mary devient reine de France. Quelques mois plus tard Louis XII meurt à son tour et Mary épouse secrètement Charles Brandon. Je vous épargne la colère d'Henry VIII et les tractations qui s'en sont suivis mais heureusement! Tout est bien qui fini bien, Mary devient la duchesse de Suffolk et reste avec l'homme qu'elle aime. Dis comme ça c'est presque romantique....*mode historienne ON*

Mais qu'en est-il du roman de Jean Plaidy alors? D'un point de vue purement historique, ce roman n'est pas le pire que j'ai lu. L'auteure interprète sûrement le caractère et les motivations des personnages mais le fond de l'histoire romantique est bien là. En même temps j'ai envie de vous dire...avec une base pareille il n'est pas vraiment nécessaire d'en rajouter. Seulement voila, pour moi on passe quand même à côté du personnage de Mary qui est toujours vue comme une grande amoureuse alors qu'elle était beaucoup plus que ça. Il suffit d'étudier ses lettres pour se rendre compte de l'intelligence de cette femme. Elle a réussi non seulement à extorquer une promesse à son frère, à utiliser François Ier pour l'aider à épouser Suffolk et connait également sur le bout des doigts les codes épistolaires et littéraires pour une femme à son époque. Elle varie le ton, change les suppliques et ses titres en fonction de son interlocuteur. Charles Brandon fait pâle figure à côté d'elle car c'est Mary, aidé du cardinal Wolsey qui mène la danse et ça, cela vaut infiniment plus pour moi que son histoire avec un coureur comme Brandon (qui ne la mérite pas j'en ai peur). On passe à côté des choix politiques de Mary et sa connaissance de la littérature arthurienne et je trouve ça dommage. 
Le roman n'est donc pas faux historiquement, il est somme toute peu original et ne sort pas des sentiers battus.

En revanche je n'ai pas du tout aimé le style de Jean Plaidy. J'ai trouvé qu'il était difficile de savoir si on nous proposait un récit historique ou un roman et j'avoue que j'ai horreur de cet entre-deux. C'est soit l'un soit l'autre. Essayer de ménager la chèvre et le chou ça ne passe pas pour moi: "Bon c'est un roman je peux inventer des sentiments à mes personnages mais quand même regardez j'ai lu quelques livres historiques avant". Ca m'agace profondément et j'ai eu du mal à lire ce roman. 

Je dirais donc qu'il n'est pas aussi catastrophique que Deux soeurs pour un roi (qui ne prend même pas la peine d'ouvrir un livre d'histoire pour faire correspondre les dates) (oui j'en veux à ce livre qui donne une image désastreuse et faussée d'Anne Boleyn et fait passer Mary Boleyn pour une sainte alors qu'elle était connue pour avoir été la maîtresse de François Ier ET Henry VIII...mais passons) mais qu'il ne rend pas vraiment justice à son héroïne. Si je n'ai pas aimé le style je ne le déconseille pas tout à fait.

Si vous voulez en savoir plus sur Mary, je vous conseille en revanche l'excellent: The French Queen's Letters: Mary Tudor Brandon and the Politics of Marriage in Sixteenth-Century Europe (Queenship and Power) d'Erin A. Sadlack. 

Si vous connaissez en revanche de bon romans historiques qui se passent au XVIe siècle anglais je suis preneuse! (dont le protagoniste principal n'est pas un personnage historique merci). 

vendredi 26 avril 2013

Le meurtre de l'horloge (the body at the tower) - The Agency #2 - Y.S. Lee


Présentation de l'éditeur: ÉTÉ 1859. Un cadavre a été découvert au pied de la tour de Big Ben. Accident, suicide ou meurtre ? L'enquête de Scotland Yard piétine. Pour connaître la sinistre vérité, Mary Quinn, espionne au service de sa Majesté, se déguise en apprenti et s'infiltre sur le chantier de la tour en pleine construction. Mais un ingénieur fraîchement recruté risque de la reconnaître : nul autre que le séduisant James...

Il y a quelques mois je vous parlais du premier tome de la série d'Y.S. Lee, The Agency, A Spy in the house, mettant en scène l'espionne Mary Quinn que l'on m'avait gentiment offert à Noël (le livre hein pas Mary Quinn...). Je reviens à présent vous parler du second tome de la série, Le meurtre de l'horloge. 

L'Horloge en question est Big Ben, où plus exactement sa reconstruction puisque cette dernière s'est effondrée et doit maintenant être reconstruite. Si le premier tome se passait lors de la grande puanteur londonienne, celui-ci choisi un autre évènement marquant du milieu du XIXe siècle. Le cadre est toujours le même que dans le premier tome, on retrouve l'ambiance londonienne que j'avais aimé, la description des différents modes de vie et l'incorporation des différents éléments historiques à l'histoire. On sent toujours que l'auteur maîtrise son sujet et sa période et c'est assez agréable de ne pas hurler toutes les quatre secondes. Y.S. Lee est bien consciente qu'elle doit parfois jouer avec son sujet pour que celui-ci colle au plus près mais elle s'en sort très bien. Mary Quinn parvient à garder une part de candeur et de fraîcheur bienvenue tout en étant un agent responsable. Ce second tome nous plonge non pas dans l'arrière-boutique d'une maison cossue mais dans le monde ouvrier avec ses codes et sa hiérarchie. J'ai beaucoup apprécié cette incursion et les idées de Mary sont loin d'être idiotes.  

A côté de d'une intrigue principale bien menée, le lecteur poursuit ses interrogations sur le passé de Mary. Sa rencontre avec d'autres membres de la communauté chinoise laisse entrevoir d'autres intrigues à venir qui sont vraiment intéressantes. Je trouve ça surprenant dans le sens où la communauté chinoise est très peu présente dans des romans sur le XIXe siècle alors même qu'elle est un pilier du commerce de l'époque notamment à cause de l'opium et des fumeries. De même, son héroïne recèle plein de secrets que je suis pressée de découvrir. 

On découvre également un personnage particulièrement intriguant: un journaliste fouineur et diablement incorrect qui semble en savoir beaucoup trop pour être honnête. J'espère que nous le reverrons par la suite parce qu'il a, je suis sûre, beaucoup d'informations à nous révéler. 

Quant à ce cher James...c'est peut-être l'élément qui m'a le plus plu dans ce second tome (oui bon d'accord je l'aimais déjà beaucoup dans le tome 1 mais là ce n'est pas pareil). Nous le retrouvons complètement affaibli par la maladie, de retour d'Inde, en proie a des crises terribles. Il est bien loin l'insouciant jeune homme du tome 1. James est désormais plus mûr, réfléchi et plus homme je dirais. Je trouve l'évolution du personnage particulièrement bien maîtrisée, l'auteure lui donnant à la fois de la profondeur sans noircir le trait. Il est vraiment parfait même lorsqu'il ne se conduit pas du tout en gentleman. Ses retrouvailles avec Mary sont épiques et on sent l'attirance qu'ils éprouvent l'un pour l'autre, c'est très witty tout ça avec beaucoup de papillons. 
Spoiler:

Pour leur dernière scène ensemble en revanche j'ai eu envie de gifler James! Mais quel goujat! Comment ne peut-il pas faire un effort pour comprendre Mary, pour voir que c'est quelqu'un de bien? Cela promet pour la suite en tout cas.
Pour moi The Agency c'est Anne Perry façon Young Adult. Je ne peux que vous recommander de rencontrer Mary Quinn. Quant à moi je m'en vais de ce pas lire le tome 3! 

dimanche 15 juillet 2012

Major Pettrigrew's last strand - Helen Simonson

Le "GRRRRR" du mois

Présentation de l'éditeur : À Edgecombe St. Mary, en plein coeur de la campagne anglaise, une tasse de thé délicatement infusé est un rituel auquel, à l’heure dite, le major Ernest Pettigrew ne saurait déroger pas plus qu’à son sens du devoir et à son extrême courtoisie, aussi désuète que touchante, qui font de lui l’archétype même du gentleman anglais : raffiné, sarcastique et irréprochable. Dans ce petit village pittoresque où les cottages le disputent aux clématites, le major a depuis trop longtemps délaissé son jardin. Désormais veuf, il a pour seule compagnie ses livres, ses chers Kipling, et quelques amis du club de golf fuyant leurs dames patronnesses. Ce n’est guère son fils, Roger, un jeune londonien ambitieux, qui pourrait le combler de tendresse. Mais, le jour où le major apprend le décès de son frère Bertie, la présence douce et gracieuse de Mme Ali, veuve elle aussi, va réveiller son coeur engourdi. Tout devrait les séparer, elle, la petite commerçante d’origine pakistanaise, et lui, le major anglais élevé dans le plus pur esprit britannique. Pourtant leur passion pour la littérature et la douleur partagée du deuil sauront les réunir. Ils vont, dès lors, être confrontés aux préjugés mesquins des villageois, où le racisme ordinaire sévit tout autant dans les soirées privées, sur le parcours de golf, à la chasse, sur les bancs de messe que dans les douillets intérieurs. Et les obstacles seront pour eux d’autant plus nombreux que leurs familles s’en mêlent : Roger s’installe dans un cottage voisin avec Sandy, sa petite amie américaine, et le neveu de Mme Ali, musulman très strict rentré du Pakistan, se découvre un enfant caché… 

J'adore les "anglaiseries", ce n'est pas pour rien que je vis en Angleterre...Agatha Christie et les petits villages perdus dans la campagne anglaise, j'adore. Du coup quand j'ai vu La dernière conquête du Major Pettigrew j'ai tout de suite dit que c'était un roman pour moi et que j'allais adorer. J'ai eu tord.

Je n'ai pas pu finir le roman. En fait, je n'ai même pas passé les 10 premiers chapitres étant donné que c'était tout simplement trop ennuyeux pour moi. 
L'écriture de l'auteure n'a pas été un problème. C'est assez fluide (en tout cas en VO) et ça se lit facilement sans trop d'efforts. Le gros problème a sans doute été le trop plein "d'anglaiseries" comme si l'auteure avait voulu mettre l'intégralité de la campagne anglaise et de ses clichés dans un seul roman. Imaginez l'angoisse!

Le major Pettigrew est la caricature du gentleman anglais...du début du XIXe siècle! Sans blague, il a plus de manies et de toc qu'Hercule Poirot! Le major né en Inde, veuf, qui aime le golf, les livres et le brandy...
Si je pensais que ça passerait au début, cette succession de clichés devient juste indigeste au bout d'un moment. Je pense que j'aurai pu laisser passer ces clichés si le major avait été pétillant, vif, avec de l'humour. Au lieu de ça, le personnage est fade, incapable de tenir tête à son horripilant rejeton, il n'a pas de charisme ni d'entrain. 

J'ai préféré le personnage de Madame Ali, un peu plus fin mais finalement on reste bloqué dans les clichés de la femme née en Angleterre mais d'origine pakistanaise. Le fil du Major capitaliste aux dents longues contre le neveu de madame Ali, musulman fanatique....Je n'ai trouvé dans les personnages aucune originalité, rien qui n'ait pas déjà été écrit ou dit sur les majors anglais et les dames pakistanaises. J'aurai préféré finalement quelque chose de plus percutant ou de plus dépaysant.

Les histoires pour les deux pistolets sont vraiment pénibles et inintéressantes car le Major se plaint sans jamais agir! J'avais juste envie de le secouer! Il n'est même pas capable de prendre des décisions simples enfin!!! En ce qui concerne l'histoire proprement dite, on ne peut pas dire que le suspense soit insoutenable, j'ai trouve ce premier tiers horriblement prévisible avec l'intérêt en moins.

Je ne vais pas faire une critique très longue parce que franchement je n'ai rien à dire de plus sur ce roman qui m'a déçue par son manque d'intérêt. Des personnages fades, une histoire convenue...dommage. 

vendredi 6 juillet 2012

Lion in the valley - Amelia Peabody #4 - Elizabeth Peters


Présentation de l'éditeur: La passion de l'Égypte a encore frappé pour Amelia Peabody et son époux Emerson qui entreprennent une nouvelle campagne de fouilles, accompagnés de Ramsès, leur fils indomptable. L'obsession du passé ne les autorisera toutefois pas à faire abstraction des événements du présent, surtout lorsqu'ils sont suscités par leur ennemi juré, le maître du crime et des déguisements, le pilleur de sites antiques, Sethos.

Après avoir eu du mal à me remettre à la lecture - je lisais à la vitesse d'une tortue (mais pas suisse, j'ai promis) - j'ai décidé de mettre de côté ce que j'étais péniblement en train de lire pour plonger dans un Amelia Peabody.
Je ne regrette pas d'avoir commencé ce nouvel épisode qui a été un énorme coup de coeur je l'avoue! J'ai retrouvé tout ce qui avait fait le piquant de ma première lecture.
Le style inimitable d'Elizabeth Peters m'a entraînée à sa suite dans une aventure pleine de rebondissements.

Contrairement au tome précédent où j'avais trouvé l'intrigue un peu en dessous de ce à quoi je m'attendais, celui-ci m'a vraiment plu. Si j'ai échafaudé des théories avec Amelia et Emerson (j'avais la même thèse qu'Amelia d'ailleurs) j'ai trouvé l'ensemble divertissant. Même si comme Emerson, j'avais remarqué certains détails que Peabody n'a pas vu, ça ne m'a pas gêné outre mesure car Elizabeth Peters sait parfaitement ménager le suspense.
Comme toujours Peabody et Emerson se retrouve dans des situations incroyables à commencer par la rencontre avec une demoiselle têtue et un chevalier servant peu loquace! Je les ai trouvé moins énervants que les jeunots habituels, ils sont même attachants.
Sethos m'a surprise même si je me doutais de quoi il retournait, je trouve toujours ça fantastiquement "unlikely"! En tout cas cela inaugure de bonnes suites!

Ramsès met tout le piquant dans le roman. Il est insupportable, sa logorrhée est autant incontrôlable qu'illisible mais Ramsès est à l'origine de tellement de moments drôles et imprévus qu'on ne peut que le pardonner! J'ai vraiment hurlé de rire quand le jeune Ramsès, 8 ans au compteur, demande à ses parents de lui expliquer les choses de l'amour parce qu'il ressent un sentiment inhabituel qui le perturbe un peu, dixit le môme. Grand moment d'anthologie quand Amelia laisse son mari s'occuper de la chose et que Ramsès quémande un schéma ou essaye d'espionner ses parents!

J'adore également la vie conjugal de Peabody et Emerson, les *** qui ponctuent souvent leurs moments tout les deux. Ils ne peuvent pas rester seuls dans la même pièce sans qu'Emerson ne propose quelque chose de crapuleux à Peabody (ce que la plupart du temps et même à 99%, elle ne dit pas non et encourage même la chose). J'adore sa mauvaise foi en disant que c'est son mari (alors qu'elle n'est pas en reste) et ces remarques sur les qualités physiques d'Emerson! Je suis donc jalouse de Peabody...

Son petit ton suffisant me fait toujours autant rire autant que la mauvaise foi d'Emerson.
Je n'ai pas encore été très objective mais tout cela pour vous dire que j'ai vraiment, vraiment, vraiment aimé ce tome de leur aventure. J'ai beaucoup rit, Emerson et Peabody m'ont donné des papillons dans le ventre et j'ai vraiment aimé l'aventure.

jeudi 5 juillet 2012

Les enfants du Titanic - Elisabeth Navratil


Présentation de l'éditeur: Le 10 avril 1912, Michel Navratil et ses deux fils embarquent sur le Titanic. Tous trois partent vers l'Amérique à bord du plus beau paquebot du monde surnommé « L'Insubmersible ». Mais le 14 avril, à 23 h 40, le Titanic heurte un iceberg. La tragédie commence pour tous les passagers et Michel n?a alors plus qu?une idée en tête : sauver ses enfants. Lolo a quatre ans, Monmon en a deux : pour l'Histoire ils seront désormais « les Enfants du Titanic ».

Réédité et corrigé plusieurs fois, ce "docu-fiction" sur papier retrace le voyage de deux enfants et de leur père sur le célèbre navire.
Elisabeth Navratil est la fille de Michel dit Lolo, quatre ans à l'époque. Le Titanic, elle l'a dans le sang et depuis des années elle s'efforce de retracer cette histoire familiale qui se mêle si étroitement à l'Histoire.

Il s'agit là d'un "docu-fiction" car même si la trame de fond est bien réelle - son père, son oncle et son grand père étaient bien à bord du Titanic - Elisabeth Navratil est obligée de retracer les pensées et les actes de son grand-père. Si par recoupement des témoignages une grande part de l'histoire se révèle "véridique", certains passages en revanche sont inventés pour combler les lacunes de l'histoire des Navratil.

On sent que l'auteur a passé énormément de temps sur son roman. Le travail est là c'est certain. Les détails sur le Titanic, les recherches approfondis marque chaque page du roman sans pour autant que cela alourdisse le style d'Elisabeth Navratil. Nous ne sommes pas dans un livre d'histoire, ici c'est l'Histoire qui sert le roman et non l'inverse.
De la même façon, on sent qu'elle aime sa famille et que pour elle le Titanic est loin d'être une anecdote. Elle porte beaucoup d'attention à ce grand-père et tente de comprendre ses actes.

Michel Navratil est un personnage intéressant, d'autant plus intéressant qu'il n'a pas forcément un beau rôle. Non seulement il vient d'enlever ses enfants mais de plus la mère des petits ne sait pas qu'ils partent aux Etats-unis. Il a des idées bien arrêtées sur le travail et l'avenir de ses enfants et trouve sa femme irresponsable d'encourager l'aîné, Michel, a devenir enseignant. Même si l'auteur tente d'entrer dans la tête de son grand-père, nous faire comprendre la peur qui le tenaille et ce geste fou, elle n'en fait pas un héros en manteau blanc. J'ai beaucoup aimé cette nuance de gris dans ce "personnage". Cela le rend finalement très réel et très humain.
Le petit Lolo est très attachant. C'est un gamin vif et éveillé. Parcourir le bateau à ses côtés est très agréable! Quant à Monmon, il est encore trop petit pour que l'on dise quoique se soit.

Le volume est enrichie de photo de la famille, de certains passager et du bateau. Cela donne une touche de réalité à tout ce récit que j'ai beaucoup apprécié. Photos d'un autre temps, elles nous plongent délicieusement dans l'ambiance.

Les Enfants du Titanic est un témoignage rare de ce qu'il s'est passé cette nuit là. Toute cette histoire est follement romanesque et elle serait dure à croire si elle n'avait pas vraiment existé! Car oui les rebondissements les plus incroyables ont bien existé!
Si vous voulez en savoir plus sur cette tragédie, sans tomber dans les histoires d'amour, je vous conseille Les enfants du Titanic. Poignant mais sobre dans l'écriture, il peut se lire en famille sans aucun problème.

J'ai eu la chance de rencontrer Elisabeth Navratil lors de la sortie de son livre durant une conférence chez Hachette. La dame est passionnante et passionnée!
Les détails de l'aventure arrive très vite.

Merci encore à Elisabeth Navratil et à Cécile des éditions Hachette.

mardi 19 juin 2012

Death comes to Pemberley - P.D. James


Présentation de l'éditeur: Rien ne semble devoir troubler l’existence ordonnée et protégée de Pemberley, le domaine ancestral de la famille Darcy, dans le Derbyshire, ni perturber le bonheur conjugal de la maîtresse des lieux, Elizabeth Darcy. Elle est la mère de deux charmants bambins ; sa sœur préférée, Jane, et son mari, Bingley, habitent à moins de trente kilomètres de là ; et son père adulé, Mr Bennet, vient régulièrement en visite, attiré par l’imposante bibliothèque du château. Mais cette félicité se trouve soudain menacée lorsque, à la veille du bal d’automne, un drame contraint les Darcy à recevoir sous leur toit la jeune sœur d’Elizabeth et son mari, que leurs frasques passées ont rendu indésirables à Pemberley. Avec eux s’invitent la mort, la suspicion et la résurgence de rancunes anciennes.

Autant le dire tout de suite, je ne lis pas de fanfiction, usually (vous aurez remarqué ma façon subtile de changer de langue? C'est la mauvaise influence de Cheshire et du Cambridgeshire). Je n'aime pas ça, je n'ai jamais aimé en écrire, ni en lire. Si je peux comprendre et apprécier certaines réécritures, les canon (à condition qu'elle soit intelligente), je ne suis pas une fan des continuations, ni des what if. (Merci à Cathy pour les termes de fanfictions fans, si j'ai fait une erreur, hurle!).
Si je comprends que les fan rendent hommage à leurs univers préférés, je comprends également la répugnance de certains auteurs. Bref, je n'en lis pas. Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, je n'ai pas de prejudice contre les fanfictions, il s'agit simplement d'un monde qui m'intéresse peu.

Du coup, cela semble un peu awkward de commencer sa découverte des romans de P.D. James par une fanfiction justement, mais je me suis dis: P.D. James et la mort de Wickham, ça peut rendre quelque chose de bien. Après tout, je refuse de mourir idiote! Tam-Tam et Chi-chi m'ont convertie à la romance, alors pourquoi pas la fanfiction?

Je trouve ce travail de fanfiction très difficile s'il veut être bien réussi parce qu'il faut que le lecteur se sente chez lui, qu'il retrouve ses vieilles pantoufles (type charentaises en tartan) dès la première page.
J'ai bien aimé le résumé que P.D. James fait de Pride and Prejudice en détournant le point de vue. C'est assez surprenant car je n'avais jamais imaginé l'histoire de cette façon et elle arrive à nous montrer autre chose, même si pour le coup je n'ai pas du tout retrouvé mes charentaises! Cela dit, le résumé qu'elle en fait et les trous qu'elle comble (six années se sont écoulées), le tout est fait intelligemment, avec une plume vive qui est vraiment agréable.
Ce que j'ai aussi beaucoup apprécié (à une exception près), c'est que l'on retrouve bien les personnages du roman initial. Darcy se conduit et parle comme je l'imagine, le Colonel Fitzwilliam est un peu moins drôle mais l'histoire lui fait une belle part, Wickham fait du Wickham, tout comme sa femme qui reste insuportable. Quant à Jane et Bingley, ils sont parfaitement dans le ton. C'était un exercice difficile et j'admets que l'auteur s'en sort bien. On sent qu'elle connait Jane Austen sur le bout des doigts.

Le seul personnage qu'elle a, à mon avis, perdu de vue, c'est celui d'Elizabeth. Si au départ on sent une certaine joie de vivre et un sentiment de gaité qui colle bien avec le personnage, on perd tout ça assez vite au profit d'une anxiété chronique. A la lecture, j'ai eu l'impression qu'Elizabeth était tout le temps angoissée! Angoissée quant à l'histoire de meurtre, angoissée à cause de Georgiana, angoissée pour servir le thé à la bonne heure...si au départ je comprenais ce que l'auteur voulait faire, j'ai par la suite été lassée de ce manque de pragmatism que j'attendais d'Elizabeth. Elle y perd son wit, sa petite flamme.

Quand à l'intrigue, je me suis profondément ennuyée. Dès le premier tiers j'avais deviné deux parties de l'intrigue. Du coup, l'attente de la réponse m'a semblé longue. Même si je n'avais pas trouvé le meurtrier, le dénouement m'apparait posé comme un cheveux sur la soupe et j'avais hâte que ça se termine.

Cependant tout n'est pas mauvais! P.D. James prend son temps ce qui est tout à son honneur car elle respecte la procédure judiciaire de l'époque. Cela donne un cachet de véracité à l'intrigue non négligeable! J'ai beaucoup aimé aussi les références et clin d'oeil aux autres héroïnes de Jane Austen! Je ne vous dis rien de plus pour ne rien gâcher mais c'était particulièrement bien amené!

L'ensemble est loin d'être médiocre. Je pense que beaucoup de lecteurs y trouveront leur compte. Ce ne fut malheureusement pas mon cas. Je ne me suis pas du tout sentie à Pemberley avec mon Darcy et mon Elizabeth et l'intrigue m'a franchement ennuyée. J'espère que vous aimerez plus que moi. En tout cas, cela ne m'empêchera pas de me tourner vers d'autres P.D. James car je suis sûre que je ne serai pas déçue par le prochain!!!

vendredi 4 mai 2012

The Mummy case - Amelia Peabody #3 - Elizabeth Peters


Présentation de l'éditeur: « Je réalisai soudain qu'il me serait bien difficile d'amener Kalenischeff à se couper. Il possédait l'art du mensonge à la perfection. Aussi cessai-je de suivre attentivement la conversation. Je compris bientôt pourquoi. Une fois encore, mon instinct de détective luttait avec ma passion pour l'archéologie. Je n'avais pas grand mal à maintenir cette dernière à distance lorsqu'il s'agissait de momies d'époque romaine tardive ou de fragments de poterie. Mais à l'ombre d'une des plus majestueuses pyramides de l'Egypte, tout autre curiosité s'évanouissait, comme la lumière d'une lampe face à l'éclat du soleil. Ma respiration s'accélérait, le sang me montait au visage. Lorsque finalement Morgan nous offrit du café, je dis aussi naturellement que possible :- Merci Monsieur, mais je crois que je vais plutôt faire un tour dans la pyramide.- Dans la pyramide... rétorqua Morgan, les yeux écarquillés, Madame, vous n'y pensez pas...- Mrs Emerson ne plaisante jamais lorsqu'il s'agit de pyramides, conclut son mari. »

Je n'ai pas pu résister à l'appel des Peabody-Emerson et je dois dire que si ce tome m'a dans l'ensemble moins plu que les deux premiers, la lecture s'est révélée tout de même agréable, en grande partie grâce à Ramses.

Emerson a décidé de fouiller à Dachour cette année mais comme vous connaissez Emerson, il n'a pas pris la peine de demander les autorisations nécessaires et c'est le nouveau conservateur du musée du Caire, Monsieur de Morgan qui fouille à sa place. On leur relègue donc des pyramides en ruine non loin de Dachour dans un lieu inconnu de la plupart des archéologues puisqu'il n'y a rien à chercher! Heureusement (ou malheureusement tout dépend du point de vue) le couple Peabody-Emerson emmène avec eux leur inénarrable rejeton, Walter Emerson junior dit Ramses.

Comme dans le tome précédent nous retrouvons des éléments qui font le charme de cette série: le couple qui n'arrête pas de se disputer mais qui, dès qu'ils sont seuls en profite pour se montrer dignement leur affection (ce qui me fait toujours sourire, avouons-le). Amelia a toujours son ombrelle et le goût du mystère et Emerson sa mauvaise humeur et sa mauvaise foi car une fois n'est pas coutume, Amelia sent venir le mystère avant son mari!

Parlons un peu de ce qui fâche quand même avant d'aborder le côté plus sympa. Je n'ai pas trouvé l'intrigue originale, elle m'a même un peu ennuyée pour tout dire. Les personnages sont à mon avis un peu moins intéressants que ce qui nous a été présenté dans les deux premiers tomes et l'ensemble manque un peu de mystère. Même si on rencontre enfin le grand ennemi des Peabody-Emerson, il reste pour l'instant bien pâle. De plus, j'ai eu l'impression ici, que l'archéologie était très secondaire, alors qu'il est l'élément central des premiers tomes. Les fouilles des Emerson n'intéressant personne, on se concentre sans se concentrer sur Dachour et l'insupportable Morgan (un français un peu trop cliché à mon goût pour tout dire).

Malgré tout, je me suis bien amusée, les passages sur le bateau et au Caire étaient vraiment agréables. Nous faisons la connaissance de John, un valet de pied des Emerson qui les accompagne dans leur périple, normalement pour surveiller Ramses.

Ce qui fait que ce tome reste quand même bien, malgré ses défauts dans l'intrigue, c'est le personnage de Ramses. Il a grandit un peu, il est terriblement intelligent pour un petit garçon (il sait déjà reconnaitre les os d'un corps humains, connait le démotique, le copte, le latin et le grec, parle arabe en plus de l'anglais et connait son histoire de l'Egypte aussi bien que son père: un monstre on vous dit!) et surtout complètement incontrôlable!
D'abord Ramses est cradingue! Il passe la plupart de son temps dans la boue, le sable ou je ne sais quoi d'autre. Plus il est sale, mieux c'est. Comme entraperçu dans le premier tome, il est terriblement retors et surtout il fait tourner sa mère chèvre!
Il respecte pourtant scrupuleusement les prescriptions et interdictions de sa mère à la lettre et c'est peut-être là que le bas blesse. Si on lui dit de ne pas boire ni manger ce qu'on lui donne, de ne pas embêter les gens, il trouvera le moyen de grimper aux palmiers parce que tout simplement ça n'était pas mentionné! Oui, Ramses est un petit garçon difficile, qui ne peut s'empêcher de pérorer de façon extrêmement agaçante. Il parle comme un vieillard c'est assez étrange.
Cependant j'adore Ramses, il met du piquant dans ce trio, entre son père qui l'adore et Peabody qui l'aime mais qui s'en méfie comme de la peste (de ce point de vue là le personnage de Peabody est cohérent avec son époque ce que j'aime assez). Surtout, surtout, ce que j'aime, c'est la fausse déformation des lettres que Ramses fait pour amadouer son père alors qu'il sait tout à fait parler correctement et la chose horripile Peabody. Un exemple? Ramses demande à son père "une potite, potite fouille pour moi tout seul"!
La potite, potite fouille ça va me rester!

Bastet reste une fidèle compagne et assez drôle dans ses réactions d'ailleurs et puis la ménagerie s'agrandie de façon assez surprenante!

Un tome à l'intrigue moins captivante mais compensé par le personnage de Ramses.

jeudi 3 mai 2012

The curse of the Pharaohs - Amelia Peabody #2 - Elizabeth Peters


SPOILERS POSSIBLES SUR LE RESTE DE LA SERIE

Présentation de l'éditeur: C'était bien l'intention de sir Henry de poursuivre ses fouilles à Louxor jusqu'aux fondations de l'édifice pour s'assurer que la sépulture n'avait pas été découverte lors de la précédente expédition. Et de fait, à peine les ouvriers s'étaient-ils mis à l'œuvre, que leurs pelles dégagèrent la première marche d'un escalier taillé dans le roc. Le Times en fit un compte rendu détaillé en page trois. La dépêche suivante, en provenance de Louxor, eut droit en revanche à un gros titre en première page. Sir Henry Baskerville était allé se coucher la veille en pleine santé. On l'avait retrouvé le lendemain matin dans son lit, rigide et sans vie, le visage déformé par l'épouvante. Sur son front, on reconnaissait, grossièrement dessiné avec du sang, un uræus, le cobra sacré des anciens Egyptiens, le symbole divin des pharaons.

Amelia Peabody, devenue Mrs Emerson, est de retour! Alors qu'elle et son irascible de mari s'ennuient dans la campagne anglaise, Lady Baskerville vient les trouver pour reprendre les fouilles de son mari décédé.
Emerson hésite un peu et finalement décide de partir avec Amelia résoudre cette énigme! Car il s'agit bien d'une énigme. Comment expliquer les disparitions du personnel de l'équipe? Les morts mystérieuses? Les tentatives d'assassinats et l'apparition de cette silhouette blanche qui rôde à Baskerville house?

Ce tome est décidément aussi délicieux que le premier. Il fait une excellente transition entre le premier tome où on assiste à la rencontre des deux monstres sacrés (oui j'ose) et le troisième et les suivants où ils sont en trio. Ce second tome nous permet de rencontrer un phénomène de la littérature: Walter Emerson junior, alias Ramses: fils monstrueux d'Amelia Peabody et de Radcliffe Emerson.
Si vous n'aimez pas le personnage d'Amelia, vous n'aimerez pas non plus Ramses, parce que Ramses c'est 70% de Peabody et 20% d'Emerson et 10% d'une substance étrange...

Personnellement, vu que j'adore Peabody je suis tombée sous le charme de ce fourbe de Ramses. Parce que oui...ce môme est fourbe. Je ne vous en dis pas plus pour ne pas gâcher la surprise mais Ramses c'est tout un monument. Ce qui est dommage c'est qu'on le voit peu dans ce tome, cela dit il est encore petit.

J'ai beaucoup aimé l'intrigue de ce deuxième tome. Il y a plein de rebondissements, Emerson refuse de reconnaitre qu'il y a une affaire criminelle, Amelia est sûre du contraire, ils se pourrissent et finissent par se réconcilier sur l'oreiller!
Ca...c'est une caractéristique du couple qui me fait mourir de rire. C'est rare en littérature ce genre de couple assez fusionnel. On sent bien qu'il y a une tendresse mutuelle qui les unit. Emerson est souvent émoustillé par sa femme et la réciproque est vraie. Cela m'a beaucoup fait rire, surtout lorsque Peabody nous bassine pendant 2 pages sur le fait qu'elle ne supporte pas les auteurs qui sont pudibonds lorsqu'il faut décrire une scène de vie conjugale et qui conclut sa propre scène par trois ***. Du grand Amelia. J'aime aussi énormément leur façon de s'appeler mutuellement "Peabody" et "Emerson" lorsqu'ils s'aiment!
L'intrigue est pleine de rebondissements et mêle habilement intrigue policière et intrigue archéologique (très ironique dans le cas présent).

Amelia est toujours la Sitt Hakim (la doctoresse) du premier tome et les coups de colère du Maître des imprécations sont connus dans l'Egypte entière. Peabody s'arme aussi d'un nouveau look, jupe culotte bouffante et ceinture accessoirisée pour ne plus s'embêter d'un corset lors des fouilles. Elle complète aussi son fameux attirail d'une ombrelle qui lui sert surtout à frapper les malfaiteurs!
La malédiction des Pharaons est aussi l'occasion de nous faire rencontrer une galerie de personnages tous plus extravagants, les uns que les autres: Lady Baskerville, qui cumule les minauderies et les faux malaises pour séduire les hommes de son entourage, Cyrus Vandergelt, riche américain féru d'égyptologie, un linguiste allemand, un jeune photographe au teint blême, une jeune fille fragile et sa mère qui se prend pour une réincarnation d'une aristocrate égyptienne. On y rencontre aussi Bastet, une chatte égyptienne qui ne manque pas de piquant et d'intelligence.

Un tome où se mélange humour, aventure, enquête et égyptologie, le tout servi par la truculente Amelia Peabody Emerson et le passionné Radcliffe Emerson.

lundi 23 avril 2012

Malo de Lange et le fils du roi (#3) - Marie-Aude Murail

Présentation de l'éditeur : De l’ambition ! En 1835, le jour de ses quinze ans, Malo est nommé lieutenant de la brigade de la sûreté. Son père, qui est aussi son chef, va-t-il enfin cesser de lui parler comme à un enfant ? En guise d’encouragements, Monsieur Personne le traite de bougre d’âne et l’envoie se coucher… Du mystère ! Pas question de dormir ! Malo a eu vent d’un mauvais coup : l’assassinat d’un enfant dont on voudrait voler le coeur. Coïncidence ? Au même moment, dans le quartier, on retrouve, disséminés, des cadavres de chiens mutilés. Un revenant ! Malo est terrifié par un fantôme. Celui d’un jeune garçon au visage creusé par la maladie qui vient hanter ses nuits. Malo semble le connaître, pourtant il ne l’a jamais rencontré. De la magie ! L’affaire le conduit au théâtre du grand Wizzard. Le magicien peut scier une jolie fille en deux et sortir une casserole de haricots fumants d’un carton à dessins. Malo n’en croit pas ses yeux et il n’a pas tort. De l’amour ! Sa fiancée Léonie a un nouveau prétendant. Le baron Côme de la Trimbaldière a trente ans, une réputation de séducteuret tout un tas d’ancêtres. Comment rivaliser ? Un nouveau zig ! Il a onze ans et se fait appeler Toto. C’est le plus jeune des fils du roi Louis-Philippe, que le jeune agent de la sûreté est chargé de protéger. À vivre aux côtés d’un prince, Malo s’aperçoit qu’il ne sait ni danser, ni monter à cheval, ni tirer l’épée. Et surtout qu’il déteste les cours de latin. Mais sauver le fils du roi, ça, il sait !

Voila ce qui clos (normalement) les aventures du jeune Malo de Lange. Comme pour les deux premiers tomes (tous trois avalés en 1 semaine) je me suis régalée. On retrouve une fois de plus ce qui nous fait rire, les titres farfelus, les "comme dirait" et les expressions en arguche. Le tout est peut-être un peu moins nombreux mais ce n'est pas plus mal au fond. Le lecteur ayant eu le temps de se faire au monde de Malo, l'accent est d'avantage mis sur l'intrigue que sur ces "bons mots". Je ne résiste cependant pas à vous montrer un petit exemple des bons mots de Marie-Aude Murail (titre de chapitre): "La vie est faite de rebondissements, comme disait sainte Blandine, dont les lions n'avaient pas voulu, en apprenant qu'elle allait être livrée aux taureaux sauvages".

Ce petit ton si appréciable chez Malo n'a pas disparu. De plus, notre zig préféré se retrouve confronté à un autre milieu. Il quitte (provisoirement du moins, car ils sont toujours là) les grinches pour aller du côté de chez le roi Louis-Philippe. La force de ce tome est de nous inclure de façon plus évidente dans l'Histoire de France du XIXe siècle.
Ici, c'est autour du personnage de Louis-Philippe et de sa famille que se concentre une partie de l'affaire. Marie-Aude Murail fait renaître le spectre de Louis XVII, les conspirateurs et un fou!

J'ai beaucoup apprécié cette histoire, son évolution et ses rebondissements. Je l'ai trouvé sans doute un peu plus sombre que les autres mais bien mené avec une tension qui va crescendo. Malo me plait toujours autant, il est franc, agréable et sans malice aucune. Mr Personne est toujours aussi mystérieux et ses déguisements m'étonneront toujours!
Le personnage de Gaby est là et je l'adore toujours autant!!!
Quant au petit Montpensier c'est un véritable amour et son personnage tranche littéralement avec les autres zigs que l'on a croisé au fil des deux premiers tomes.

Je me demande s'il s'agit vraiment du dernier tome des aventures de Malo...en tout cas un tome 4 ne me dérangerait pas!

Merci à Doriane et à l'école des loisirs pour ce joli volume!