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mercredi 21 novembre 2018

Girls of Paper and Fire - Natasha NGan

B+

TW: Ce roman contient des scènes de violences et de violences sexuelles envers les femmes. 

J'ai reçu Girls of paper and fire dans la box Fairyloot d'octobre sur le thème des Beautiful deceptions. La box en soit valait le coup et quand j'ai découvert le livre j'étais plus que contente. En effet, Girls of paper and fire promettait un roman inspiré de la mythologie asiatique car l'auteure, Natasha Ngan a grandi en Malaisie avant de vivre en Angleterre et d'être installée à Paris maintenant. Moi qui était à la recherche de diversité en littérature Fantasy j'étais ravie d'être plongée dans un univers asiatique que je connais très mal. J'ai donc plongé dans le roman tête baissée. 

Girls of paper and fire nous raconte donc l'histoire de Lei, jeune fille de la caste de Papier - la caste des humains - qui travaille dans l'herboristerie de son père avec Tien, une membre de la caste d'Argent - mi démon mi humain. Dix ans auparavant la mère de Lei a été emmenée avec d'autres femmes du village par la garde royale et la jeune fille n'a jamais eu de nouvelles de sa mère. Le Royaume est gouverné par la caste de la Lune, une caste de démons avec à sa tête le Roi Taureau. Chaque année, huit jeunes filles de papier sont choisies pour être les concubines du roi avant d'être remplacées l'année suivante par de nouvelles jeunes filles. A cause d'un général qui veut se racheter aux yeux de l'Empereur, Lei est arrachée à sa famille et conduite au Palais Dissimulé pour devenir la neuvième concubine du roi. Commence pour Lei une lutte acharnée pour sa survie dans un environnement violent et sans pitié. 

Avant de parler plus avant du récit, de sa structure narrative, de ce que j'ai aimé ou non, je voudrais faire un point sur ce qu'on trouve en début d'ouvrage. L'auteure Natasha Ngan, précise bien qu'il y a dans ce roman de la violence sexuelle envers des femmes. C'est très rare de voir ce genre d'avertissement mais je trouve ça extrêmement utile. En lisant le résumé, on se doute que devenir la concubine du roi sans l'avoir choisi, correspond à une violence sexuelle indéniable mais marquer clairement en début d'ouvrage "Attention", je pense que cela permettra à plusieurs lecteurs et lectrices d'éviter de se retrouver face à une lecture angoissante. Plus intéressant encore, Natasha Ngan prend la peine d'écrire une note pour expliquer pourquoi elle a choisi ce thème délicat et pourquoi il est important d'en parler. Elle donne enfin la liste des organismes anglais - mon édition est l'édition britannique - qui peuvent aider toutes les victimes de violences. J'ai pris la page en photo si jamais vous voulez voir. 
Parmi les critiques que j'ai lu sur goodreads, certaines fustigent le texte en disant qu'à chaque page il y a des menaces de viols ou de scènes de viols. C'est faux. Le roman est évidemment emprunt d'une très grande tension et l'ambiance n'est pas saine du tout mais l'auteure ne tombe jamais dans le voyeurisme ou la violence gratuite. Je tiens à préciser aussi qu'on assiste à aucune scène de viols. On assiste à l'avant, à l'après mais jamais pendant et Natasha Ngan parvient à nous faire tout comprendre malgré ça. Le roman est violent et libre à vous de le lire ou pas, on ne pourrait pas vous juger pour ça. 

Le roman bénéficie d'une vraie ambiance asiatique. The hidden palace fait bien entendu penser à la cité interdite chinoise, les vêtements en soie - sari ou kimono - nous mettent dans un contexte oriental ainsi que les prénoms des personnages. C'était vraiment super de lire un roman qui ne se passe pas en occident et qui ne prend pas les mêmes référents culturels. J'aimerai lire tellement plus de romans comme ça à l'image de Qui a peur de la mort? de Nnedi Okorafor ou Children of blood and bone de Tomi Adeyemi. 
Le côté vase clos du harem royal est aussi très bien rendu avec toute la préparation que ce rôle impose que ce soit des cours de maintient, d'histoire ou de méditation. 

Il s'agit aussi d'un roman très majoritairement féminin avec, je dois l'avouer, une très grande maîtrise des personnages. Les femmes représentées sont très variées et pas du tout manichéennes. Elles sont complexes, parfois paradoxales comme peuvent l'être les êtres humains en général. Il n'y a ni personnages franchement mauvais ni entièrement bons. Toutes ont quelque chose à se reprocher en vérité. Blue par exemple apparaît comme détestable mais elle prend de la profondeur lorsque l'on comprend son histoire personnelle ou lorsqu'on juge ses actions à travers le prisme de son amitié avec Mariko, qui elle-même est plus intéressante qu'on ne le pense. Aoki, la plus jeune des concubines, partagée entre son amitié pour Lei et son amour (syndrome de Stockholm on devrait dire) pour le roi...Toutes ces femmes que l'on rencontre sont diverses et très bien campées par l'auteure. De ce point de vue là, le roman est une vraie réussite.
Lei en particulier est intéressante. La narration se déroule de son point de vue à la première personne et il est extrêmement facile de deviner tous les tourments qu'elle éprouve. Que ce soit son dégoût d'être au palais dans cette vie qu'elle n'a pas choisie, son inquiétude pour son père et Tien ou encore son désarrois face à son manque de courage pour agir parfois, la rende très attachante parce que complexe. 
Bonus s'il en est, il y a dans Girls of paper and fire une très jolie histoire d'amour lesbienne. Encore une fois, l'auteure fait preuve de beaucoup de subtilité. La romance est belle, touchante, émouvante et la sensualité est très bien rendue. Je ne m'y attendais pas du tout mais c'était une excellente surprise. En effet, j'avais un peu peur du côté Stockholm avec une héroïne qui tomberait amoureuse de quelqu'un d'assez douteux mais l'auteure ne choisit pas cette voie et c'est tant mieux. 

Le roi est quelqu'un de particulièrement détestable, que Natasha Ngan maintient dans cet état jusqu'au bout du roman. Elle n'en fait pas quelqu'un de touchant malgré les insécurités du monarque qui transparaissent de temps à autre. Ses fragilités ne rachètent pas un comportement violent et abusif et c'est assez libérateur à lire. Du coup, l'ambiance du roman est très bien rendue avec une lourdeur et une dangerosité que l'on devine très bien derrière le faste de la cour. Le moindre faux pas peut être le dernier et on est tendu à la lecture, qui se fait d'ailleurs très rapidement!

Malgré tout ça, il y a quelques raisons qui font que Girls of paper and fire ne fut pas un coup de cœur. Tout d'abord, bien que l'ambiance asiatique soit extrêmement bien rendue, je m'attendais à plus de Fantasy. En fait, hormis le fait que certaines personnes soient des démons à l'apparence d'animaux anthropomorphes, je ne vois pas trop de différences avec simplement une hiérarchie sociale forte. Il m'a manqué un brin de magie, de pouvoir que l'on a dans les shamans qui sont à la cours mais qu'on ne voit jamais. On n'en connait aucun et finalement ils restent très abstraits.
On nous parle tout le temps des yeux de l'héroïne qui ont une couleur particulière, dorée plus proche de ce qu'on trouve chez les Moon cast que chez les Paper. Au final, cet élément reste inexploité. On ne sait pas si c'est dû à un hasard génétique ou autre mais j'ai eu l'impression que c'était là simplement pour justifier le fait qu'elle soit emmenée à la cour.
Un autre personnage n'est pas du tout exploité et je le regrette vraiment, il s'agit de Naja, la renarde blanche qui fait partie de la garde rapprochée de l'Empereur. C'est un personnage qui a l'air extrêmement complexe et profond et on ne fait que le survoler. J'aurai aimé que l'auteure lui applique le même traitement soigné qu'aux autres personnages féminins du roman.
J'aurais aussi aimé que l'univers autour soit plus développé, j'ai eu l'impression de passer à côté de quelque chose car pendant les deux premiers tiers du roman on reste finalement très en vase clos avec une héroïne qui vient d'un village si éloigné qu'elle ne connait quasiment rien à l'organisation politique de son royaume.


Et puis, le roman se présente comme un stand-alone, qui peut se lire seul avec un début, un milieu et une fin. Or...non. Clairement non, vu les deux dernières pages, le roman ne peut pas s'arrêter là ou alors il n'est pas fini et c'est frustrant. Je m'attendais vraiment à un ouvrage unique et constater qu'il s'agit d'une nouvelle série, à la fin, ça m'a déplu. D'autant que, contrairement à The traitor's kiss qui pouvait très bien se finir là, ce n'est vraiment pas le cas de Girls of paper and fire. Je reste donc sur ma faim et c'est dommage.


Girls of paper and fire est un très bon roman qui m'a dans l'ensemble bien plu. Même s'il ne s'agit pas d'un coup de cœur, il est quand même très intéressant à lire, ne serait-ce que pour ces personnages féminins finement dépeint, toutes en nuance. Il est sorti en octobre 2018 en Angleterre, je ne sais pas s'il sera traduit bientôt mais si vous avez l'info, n'hésitez pas à la mettre dans les commentaires. J'attends avec impatience le nouveau roman de ma box Fairyloot, le mois de novembre 2018 sera sous le signe de la SF!
Bonne lecture. 

vendredi 16 novembre 2018

Uprooted (Déracinée) - Noami Novik

A+


Présentation de l'éditeur: Depuis toujours, le village de Dvernik est protégé des assauts du Bois – une forêt maléfique douée d’une volonté propre – par le «Dragon», un puissant magicien. Celui-ci, en échange de ses services, prélève un lourd tribut : à chaque génération, la plus jolie jeune femme de la communauté disparaît dans sa tour. Cette année, c’est Kasia qui sera choisie. Forcément, c’est la plus belle, la plus populaire. Personne n’en doute, et encore moins Agnieszka, qui n’a jamais voulu de cet honneur. Mais les choses ne vont pourtant pas se passer comme prévu, et Agnieszka va découvrir un monde au-delà de l’entendement...

Uprooted fait parti de ces romans qui vont soit beaucoup plaire, soit ne pas plaire du tout. Ce n'est pas un roman facile d'accès: ni la narration, ni les personnages ne vous aideront à vous sentir dans un cocon mais c'est fait exprès. A l'instar de son héroïne, le lecteur, la lectrice, est déraciné-e, mis hors de sa zone de confort et perdu-e dans un univers qu'il-elle ne connait pas. Je mets donc en garde. Si j'ai vraiment BEAUCOUP aimé le roman, je ne suis pas sûre qu'il convienne ni qu'il soit apprécié par tout le monde. Vous ne pourrez pas dire que je ne vous ai pas prévenu. 

L'histoire commence dans le petit village de Dvernik à l'orée du Bois dans lequel personne ne s'aventure jamais. Tous les dix ans le "Dragon", un sorcier, vient choisir une jeune fille qu'il emmène dans sa tour avant de la relâcher. Bien que les filles assurent que le Dragon ne les touche pas ni ne leur fait du mal, personne au village ne le croit vraiment et elles finissent toutes par partir à la ville, loin du village où se sont des étrangères. 

Agnieszka et son amie Kasia font partie de la génération qui doit être sélectionnée même si tout le monde sait que c'est Kasia qui sera choisi. C'est la plus belle, la plus douée et sa mère l'a entraînée depuis son jeune âge pour être une aide pour le Dragon. Je vous laisse imaginer la stupéfaction du village, d'Agnieszka et du Dragon lui-même lorsqu'il comprend que l'élue dont il a besoin n'est pas la belle Kasia mais la brouillonne Agnieszka. A peine le temps de dire au revoir qu'elle disparaît avec le Dragon dans sa tour loin du village pour dix ans.

A partir de là, attendez-vous à tâtonner comme Agnieszka parce que le Dragon n'est pas vraiment un personnage facile qui met à l'aise. Pendant un long moment on est perdu dans ce qui se passe, pourquoi le Dragon emmène des jeunes filles, pourquoi vit-il reclus dans cette Tour alors qu'il est visiblement le plus grand des magiciens du royaume... 
Je sais que ce choix peut sembler brouillon et peut dérouter mais personnellement, j'ai trouvé ce choix de narration extrêmement pertinent car il colle en tout point à l'expérience de l'héroïne et on n'a aucun mal à imaginer ce qu'Agnieszka est en train de vivre, ce tourbillon d'émotion pas très clair. 


Cependant à mesure que le roman avance et qu'Agnieszka acquiert des connaissances, nous aussi et plus la jeune femme est à l'aise avec l'univers autour, plus nous le sommes. C'est véritablement en ça que j'ai trouvé le roman brillant. D'abord perdus, nous devenons ensuite extrêmement à l'aise dans notre compréhension de l'univers et de ses enjeux. 

Agnieszka est très attachante. C'est une jeune fille maladroite qui ne ressemble pas à sa parfaite Kasia. Elle se trompe, se salit, déchire ses vêtements et ne semble pas douée pour la magie que veut lui imposer le Dragon parce qu'elle a la sienne, une magie bien plus primitive et profonde, faite de la terre et du Bois maudit. Ce que j'ai aussi aimé avec ce personnage c'est qu'elle évolue très subtilement. La Agnieszka de la fin n'a rien à voir avec celle du début du roman mais vous ne vous en rendez pas vraiment compte à la lecture, ça glisse tout seul. 
Il y a autour d'Agnieszka et de Kasia une très belle histoire d'amitié faite d'entraide et de confiance mutuelle. J'aime beaucoup ce qu'elle a fait de leur relation qu'elle aurait très bien pu transformer en rivalité à un certain point mais non. Naomi Novik nous offre une très jolie amitié féminine, débarrassée de cette jalousie et rivalité que l'on retrouve trop souvent dans les romans.
Le Dragon quant à lui n'est pas facile d'accès comme je le disais mais si on va jusqu'au bout du roman on apprend à décoder sa personnalité, à voir derrière le masque qu'il s'est imposé. C'est un vieux magicien dans le corps d'un très jeune homme et son passé l'a rendu amer et fermé, concentré sur la malédiction du bois. Il me fait au 11ème Doctor joué par Matt Smith dans Doctor Who. C'est air juvénile qui renferme un très vieil esprit. 


Si on occulte tout ça, il reste un élément que j'ai VRAIMENT beaucoup aimé avec Uprooted c'est qu'il s'agit d'un conte. Un vrai conte à l'ancienne, ces contes noirs et légèrement cruels que les Grimm ont mis sur papier il y a plusieurs siècles. Naomi Novik réussit à créer un conte comme on en lit peu et tout tient dans ce Bois maléfique. Respirer l'air du Bois suffit à vous transformer et ce dernier avance, manipulant les gens et les royaumes pour s'étendre au delà des limites que lui a conféré l'être humain. La deuxième moitié du roman est tout simplement géniale jusqu'au dénouement final digne d'un conte de Grimm ou de Perrault. Cela faisait très très très longtemps que je n'avais pas lu ce genre de roman comme si j'avais à nouveau six ans et que je pouvais croire que des hommes fait de bois pouvaient sortir de la forêt pour kidnapper des gens. L'histoire du Bois couplé à la magie d'Agnieszka rendent le roman excellent. 

D'une certaine façon, Uprooted me fait très fortement penser à The Book of lost things (Le livre des choses perdues) de Connolly. Déjà si vous ne l'avez pas lu, il le FAUT, c'est un INCONTOURNABLE de la littérature de l'imaginaire. Il est extrêmement bien écrit et comme Uprooted il s'agit d'un conte mais un conte TRÈS noir et très cruel. On retrouve cette même atmosphère pesante, ces mêmes personnages horribles, monstres comme humains, et un personnage principal perdu dans ses émotions et dans ce qu'il est. Si vous avez aimé The book of lost things je pense que Uprooted vous plaira également. 

C'est difficile de parler de ce roman sans dévoiler des moments clefs de l'intrigue qui m'ont réellement captivée mais même si je reconnais que le début est un peu laborieux, il vaut largement la peine de s'accrocher car il gagne en fluidité et ce révèle être un vrai coup de cœur pour moi. J'ai très envie de lire d'autres romans de cette auteure maintenant, voir si celui-ci était une première dans son écriture où s'il s'agit d'un style propre à Naomi Novik. Je ne suis pas étonnée qu'elle ait remporté un très grand prix littéraire pour Uprooted, selon moi c'était largement mérité. 

Et vous, l'avez-vous lu? La connaissez-vous? Qu'en avez-vous pensé? 
Bonne lecture!

dimanche 28 octobre 2018

Dividing Eden - Eden #1 - Joelle Charbonneau


A

Présentation de l'éditeur: Lorsque leur père le roi et leur frère aîné meurent, les jumeaux Carys et Andreus doivent s’affronter dans une série d’épreuves pour déterminer lequel des deux régnera sur le royaume d’Eden.
Eux qui n’ont jamais pensé à accéder au pouvoir et qui ont passé toute leur vie à se protéger mutuellement se retrouvent en concurrence pour la première fois. Andreus bénéficie du soutien du Conseil, Carys de celui du peuple. Impossible a priori de les départager, mais, dans l’ombre, chacun intrigue pour voir son favori monter sur le trône.
Malgré leur attachement, s’engage une bataille sans merci entre le frère et la sœur. Jusqu’où sont-ils capables d’aller pour obtenir la couronne ? Peuvent-ils continuer à se faire confiance ? Doivent-ils écouter les conseils de ceux qui, prétendument pour leur bien, les éloignent l’un de l’autre ?

Cela faisait plusieurs mois que je n'avais pas lu un roman purement de Fantasy, sans dystopie ou lien avec notre univers. Je crois que mes dernières expériences remontent au désastreux Belles de Dhonielle Clayton et au sublime Strange the dreamer de Laini Taylor c'est à dire des lectures de janvier 2018. J'ai été intriguée par cette histoire de lutte fratricide et je voulais voir ce que ça donnait. Je n'ai pas été déçue.

Dans l'univers de Dividing Eden, le royaume est gouverné par le père des jumeaux, un homme qui a des idées bien arrêtées sur la masculinité et le moins que l'on puisse dire, Andreus avec son amour de la science, n'est pas dans les petits papiers de son père. Leur frère aîné, Micah, est fiancé à Imogen, une sorte de prêtresse dans le culte du royaume. Quant à leur mère la reine...on ne peut pas dire que je la porte dans mon cœur. Lorsqu'elle devrait être présente pour ses enfants, elle est complètement démissionnaire et lorsqu'il faudrait qu'elle ferme sa grande bouche, elle ne peut pas s'empêcher de l'ouvrir. Reine inutile!
Le moins que l'on puisse dire c'est que la famille des jumeaux n'est pas une famille parfaite, Carys et Andreus semblent être des exceptions.

Andreus est un jeune homme un peu faible qui fait souvent des crises assez mystérieuses. Il prend des potions pour les empêcher mais quand il est trop tard, c'est toujours sa sœur qui détourne l'attention pour éviter que l'on découvre le problème de son frère. Il est passionné par la météo et la technique, c'est un scientifique dans l'âme.
Carys quant à elle est absolument désintéressée. Elle n'a qu'une chose en tête, protéger son frère à tout prix. Le protéger de son père, de leur frère, des conseillers, d'Imogen en qui elle n'a pas confiance. C'est une jeune femme très solitaire et renfermée, qui cache ses nombreux talents pour se passer inaperçue dans les dédales de la cour.
On éprouve très vite de l'empathie pour les jumeaux car on se rend très vite compte que la cour n'est pas un endroit très sain dans lequel grandir. Les alliances, les inimitiés sont légions et il faut un mental d'acier pour se frayer un chemin et survivre.

Là où cela va se corser pour eux, c'est quand ils se retrouvent par un hasard de circonstance (si peu...) à être les deux héritiers du trône. Mais comment départager des jumeaux? C'est là qu'on rentre dans le vif du sujet et que la bataille commence. J'ai vraiment aimé toute cette partie du roman, les différentes épreuves et comment, petit à petit, la méfiance va s'installer dans leur relation.
On apprend également la teneur d'une prophétie les concernant, prophétie qui peut avoir pour l'un d'eux, de très lourdes répercutions et qui je pense, sera au cœur du second tome.

Vf publiée chez Milan
On suit beaucoup plus Carys qu'Andreus sur l'ensemble du roman et comme beaucoup de lecteurs/trices, c'est le personnage que j'ai préféré. Même lorsqu'elle est mise dans des difficultés extrêmes, elle reste bienveillante envers son frère et fait tout pour éviter un bain de sang. Andreus est plus complexe. Je ne pense pas qu'il soit mauvais, je pense que contrairement à sa sœur, c'est un faible de caractère et qu'il n'a pas un sens politique aussi exacerbé qu'elle. Il est donc, beaucoup plus influençable et manipulable et sa faiblesse fait qu'il est beaucoup moins sympathique. Je sais que pas mal de lecteur/trices ont détesté le personnage - je peux parfaitement comprendre - mais ce n'est pas mon cas. Je ne l'aime pas mais pas au point de laisser tomber le roman d'exaspération comme j'ai pu lire dans certaines chroniques (encore une fois, je comprends...).

Sachez aussi que le romance est limitée au strict minimum. Ce n'est absolument pas le centre du roman donc si vous hésitez à lire de la YA à cause de ça, je vous promets qu'ici c'est extrêmement léger.

Le roman se lit très vite, il est assez court mais paradoxalement ça ne m'a pas gênée. Dividing Eden est une duologie, ça vous changera des séries de Fantasy qui dure sur 6 ou 12 tomes. Pour certain/es d'entre vous, je pense que le contexte et le décors du royaume paraîtra trop survolé mais selon moi, ce qui importe ici, ce n'est pas l'univers dans lequel se place le récit mais bien les jumeaux et leur personnalité. C'est ça le plus intéressant, le reste n'est finalement que broderie et je trouve reposant que pour une fois, on ne se perde pas dans beaucoup de sous-intrigues et personnages secondaires.
Ne vous méprenez pas, j'aime les séries longues, avec beaucoup de rebondissements, un univers fouillé, différents lieux mais parfois, lire quelque chose de ramassé et tendu, cela fait du bien. J'ai dévoré Dividing Eden et je compte bien lire les deux petites novella qui vont avec ainsi que le tome 2 qui promet une conclusion satisfaisante à cette histoire.

Joelle Charbonneau (qui est américaine contrairement à ce que son nom laisse croire), nous offre un diptyque de Fantasy intense avec une EXCELLENTE héroïne. Si vous aimez Feyre, si vous aimez Katniss, je pense que vous aimerez Carys car elle possède certains traits de caractère en commun avec ces deux héroïnes.
J'espère vous donner rendez-vous très bientôt pour le tome 2. En attendant je vous conseille le tome 1 et n'hésitez pas à m'en parler!
Bonne lecture. 

lundi 12 mars 2018

A darker shade of magic - Shades of Magic #1 - Victoria E. Schwab

A+
Coup de cœur


Présentation de l'éditeur: Un autre monde vous attend, là, de l'autre côté du mur... 
Kell est le dernier des magiciens de sang, des sorciers capables de voyager d'un monde à l'autre. Des mondes, il y en a quatre, dont Londres est, à chaque fois, le cœur et l'âme. Le nôtre est gris, sans magie d'aucune sorte. Celui de Kell, rouge – on y respire le merveilleux à chaque bouffée d'air. Le troisième est blanc : là, les sortilèges se font si rares qu'on s'y tranche la gorge pour une simple incantation. Le dernier est noir, noir comme la mort qui l'a envahi quand la magie a dévoré tout ce qui s'y trouvait, obligeant les trois autres à couper tout lien avec lui. 
Depuis cette contagion, il est interdit de transporter le moindre objet entre les univers. C'est malgré tout ce que Kell va prendre le risque de faire, histoire de défier la famille royale qui l'a pourtant adopté comme son fils, à commencer par le prince Rhy, son frère, pour qui il donnerait par ailleurs sa vie sans hésiter. Mais, à force de jouer avec le feu, il finit par commettre l'irréparable : il emporte jusque dans le Londres gris une pierre noire comme la nuit, qu'une jeune fille du nom de Lila décide, sur un coup de tête, de lui subtiliser. Pour elle comme pour lui – pour leurs deux mondes, à vrai dire – le compte à rebours est lancé.

Comme vous l'avez peut-être vu passer sur les réseaux sociaux, j'ai l'insigne honneur avec Glow, de recevoir en dédicace, l'autrice américaine Victoria Schwab pour la sortie en France du deuxième tome de sa série Shades of magic, Shades of shadow. Cela faisait un moment que je voulais vous en parler et je profite de ce super événement pour enfin sauter le pas.

J'ai, VRAIMENT, beaucoup aimé ce premier tome. L'idée de départ était extrêmement séduisante: des mondes parallèles ayant pour point commun Londres et la Tamise, un héros capable de traverser ces frontières et une héroïne tout à fait atypique, il n'en fallait pas plus pour me convaincre. 
L'univers de la série est tout à fait original et n'a pas eu beaucoup de mal à emporter mon adhésion. J'aime beaucoup l'idée de ces Londres superposées, différenciées par la couleur de la Tamise et la quantité de magie qu'elles contiennent: la Londres grise, la nôtre, dépourvue de magie, la Londres rouge, débordante de magie, la Londres blanche, violente et en déclin et la Londres noire, disparue, absorbée par un pouvoir trop grand. C'est à la fois terriblement exotique et en même temps très familier. C'est un grand atout pour le roman car très vite on navigue entre deux univers distincts sans jamais avoir la sensation d'être perdu. Les contrastes entre les différentes villes sont assez saisissants et l'autrice réussit sans problème les descriptions des mondes pour qu'on puisse aisément se les représenter. La Londres grise parait pour le coup vraiment inintéressante comparée à la Londres rouge, une Londres telle qu'on peut l'imaginer en Fantasy sans être steampunk. La Londres blanche est elle-aussi extrêmement bien rendue et on imagine sans peine pourquoi ici la couleur blanche est synonyme de violence. C'est un monde dur et froid à l'image de ses souverains, les jumeaux Danes. 
Un autre point qui a su me séduire, le système de magie. Il y a cinq types de magie différents. Quatre concernent le contrôle d'éléments, le dernier dominant tous les autres. Les humains peuvent contrôler l'un ou plusieurs des éléments: l'eau, le feu, la terre et les os. Si les trois premiers éléments sont assez évidents, le quatrième lui est beaucoup plus dangereux et même interdit, à savoir le contrôle des êtres vivants. Les humains sont donc plus ou moins puissants à mesure qu'ils contrôlent plus d'éléments, bien que la magie des os soient fortement réprimée. A côté de cette magie "classique", il y a les Antari. Ces êtres, rares, contrôle une magie bien plus pure et plus puissante, celle du sang. Grâce à leur sang, ceux-ci ou celles-ci, ont un pouvoir bien plus grand, à commencer par celui de traverser les mondes. La magie est dans la Londres rouge et la Londres blanche un véritable marqueur social et de pouvoir. Être un-e magicien-ne puissant-e prévaut dans l'ordre social sur la richesse effective. La magie n'étant pas "génétique" cela peut parfois retourner des situations familiales et politiques. On comprend pourquoi on s'égorge pour une simple incantation dans la Londres blanche et pourquoi certains dans la Londres grise court après la magie. 

Le héros, Kell, est un Antari. Recueilli très jeune par le roi et la reine du pays d'Arnes, il exerce pour eux la fonction d'ambassadeur de leur monde auprès des monarques des autres Londres. Kell est très rapidement devenu mon personnage préféré. On comprend le poids qu'il porte sur ses épaules, être l'un des derniers Antari, de ne pas savoir d'où il vient vraiment et d'être aussi facilement reconnaissable avec ses cheveux auburn et son œil noir. C'est un personnage d'une grande profondeur et j'ai trouvé que ses actions, même si elles sont parfois imprudentes, n'en sont pas moins le reflet d'une personnalité agréable et profondément humaine. 

Ce n'est pas tellement le même ressenti que j'ai éprouvé pour Delilah - Lila - Bard. Elle a mis plus de temps à conquérir mon cœur mais une fois que ce fut fait, c'était acquis quoiqu'elle fasse. Lila est quelqu'un de très dur, élevée dans un univers absolument pas propice aux femmes. Pourtant c'est cette même dureté que j'ai fini par beaucoup apprécier. Elle n'est pas une héroïne ordinaire. Si Lila doit tuer, elle tue. Elle ne cherche pas non plus à rentrer dans le moule. Elle s'en moque éperdument et développe ses propres rêves. Physiquement aussi, elle se démarque. Très androgyne, elle passe facilement pour un garçon. J'ai évidemment beaucoup aimé que Victoria Schwab nous présente une féminité différente, tant physiquement que mentalement. Cela fait du bien dans le paysage littéraire et notamment en Fantasy Young adult où les héroïnes ont tendance à être souvent identiques les unes aux autres. C'est aussi pour ça que j'aime beaucoup Delilah. L'interaction des deux personnages fonctionne très bien, ils forment un duo très agréable à suivre. 

Parmi les autres personnages du roman, on trouve Rhy, "frère" cadet de Kell, prince du royaume qui est aussi insouciant et léger que Kell est sérieux. Rhy, c'est la petite touche d'imprévu et d'impétuosité, le petit grain de sable que j'aime beaucoup. Beau, très beau, charmeur et rusé, ce prince est l'une des pierres angulaires du récit.
Enfin, il y a Holland. L'Antari de la Londres blanche, un personnage puissant et inquiétant, très différent de Kell et pourtant très semblable par certains côtés. 
La complexité et la diversité des personnages m'a réellement séduite et j'ai pris énormément de plaisir à les suivre tout au long de ce premier tome.

Victoria Schwab mène également très bien sa trilogie. A darker shade of magic ne se contente jamais d'être un tome d'exposition. Si certains éléments ne trouvent pas de réponses dans ce tome-ci mais dans les suivants, il y a réellement une intrigue qui débute et finit dans ce premier volume ce qui maintient un vrai rythme et permet au tome deux de se faire une place pour lui-même. J'ai retrouvé ça avec A court of Thorns and roses de Sara J. Mass. Le premier tome sert d'introduction mais a une construction et une intrigue propre même si celle-ci est reprise, en écho ou directement dans les deux tomes suivants. Je trouve que cela garde une cohérence et un rythme à une série et Victoria Schwab maîtrise très bien cette double construction, d'avoir un tome cohérent seul et au sein d'une trilogie.  

Vous l'aurez compris, cette série est un grand coup de cœur et elle vaut largement la peine d'être lue. Le tome 2 est tout aussi intense que le premier, avec des rebondissements imprévus qui vous laissent pantois-e d'appréhension et d'attente. Si vous êtes suffisamment sages, peut-être que je vous en reparlerai. 

Si vous cherchez une très bonne intrigue de Fantasy, des personnages bien écrits et bien construits, un univers intrigant, il vous faut lire A darker shade of magic.

Si je vous ai convaincu-e-s et que vous êtes en région parisienne ce week-end, n'hésitez pas à passer me voir à la librairie Fontaine Villiers dans le 17ème à Paris vendredi à partir de 17h30 car Victoria Schwab sera là pour dédicacer ces deux premiers tomes en français!
Bonus, les couvertures française de chez Lumen, illustrées par la génialissime Charlie Bowater!!!!! J'adore cette illustratrice et je vous recommande chaudement tous ces dessins et autres fanarts. 


lundi 19 février 2018

Strange the dreamer - Laini Taylor

A

Résumé (traduction): Le rêve choisi le rêveur et non l'inverse et le jeune Lazlo Strange, orphelin de guerre, a l'impression que ses rêves n'ont pas choisi bien haut. Depuis ses cinq ans, il est obsédé par Weep la mystérieuse citée disparue mais il faudrait quelqu'un de plus courageux que lui pour traverser la moitié du monde à sa recherche. Lorsqu'une sensationnelle opportunité se présente en la personne d'un héros appelé le Godslayer et d'un groupe de guerriers légendaires, Lazslo va devoir saisir sa chance ou risquer de voir son rêve disparaître à jamais. 

Qu'est-il arrivé à Weep il y a deux cent ans pour qu'elle soit complètement coupée du reste du monde? Qu'a massacré le Godslayer qui portait le nom de Dieu? Et qu'est ce mystérieux problème qui a besoin d'être résolu? 

Les réponses attendent à Weep...

Je suis ravie de vous retrouver pour parler d'un roman qui m'a fait tomber sous son charme par son originalité et son univers dépaysant. 
Sans grande surprise j'ai tout d'abord était attirée par la magnifique couverture! Sans mentir, elle est vraiment très belle et donne tout de suite le ton du roman avec ce fond azuré et ce papillon doré posé par dessus. On est tout à fait dans une ambiance onirique propre à l'univers du nouveau roman de Laini Taylor où le bleu tient une importance capitale. 

Dès le prologue, j'ai été happée par l'atmosphère du roman, par l'ambiance qui se dégage des pages et j'aimerai m'attarder un instant sur ce prologue qui est une très grande réussite. Souvent on comprend très tôt ce qu'un prologue veut montrer mais ici ce n'est pas le cas, il est absolument mystérieux et même nébuleux. Il faut attendre la seconde partie du livre pour commencer à deviner le lien que peut avoir le prologue avec l'histoire de Lazlo. Le grand intérêt aussi de ce prologue est que même si on fini par se douter de ce qu'il raconte, il n'en reste pas moins très angoissant...Il reste en arrière plan de votre esprit et augmente considérablement la tension. Vraiment, cette ouverture est une grande réussite et présageait une très bonne suite.

Je n'ai donc pas été surprise de la qualité du roman. Je ne veux pas tellement vous parler de l'histoire plus que ne le fait le résumé, elle mérite amplement votre temps mais sachez que j'ai adoré l'univers crée par Laini Taylor. Si le monde de Lazlo est assez classique quoique intéressant, Weep et son histoire m'ont totalement dépaysée. Ce n'est jamais évident je trouve de donner de la profondeur à un nouvel univers, à tel point que ses coutumes, ses légendes et son histoire nous semblent tangibles et non pas artificielles ni là uniquement pour décorer. Tolkien et J.K Rowling sont passés maîtres dans cet exercice et j'ai retrouvé ça aussi avec les romans de Sarah J. Maas et de Christel Dabos dans lesquels je me glisse comme dans une couverture chaude avec une odeur reconnaissable entre toute. Laini Taylor réussit pour moi ce tour de force de nous offrir une mythologie, une histoire, une culture unique et magique. On a, nous aussi comme Lazlo, envie de mieux connaitre Weep et ses habitants. 
Je préfère prévenir cependant, le roman n'est pas exempt de violences, notamment de violences sexuelles. Ce n'est jamais gratuit ni graphique, ce n'est pas Game of  Throne, mais c'est néanmoins présent et ça m'a un peu tordu l'estomac à l'évocation de certains faits horribles. 

Lazlo est un très bon personnage. J'aime sa détermination, sa passion des contes lorsque tout le monde autour de lui trouve ça puéril et le fait que son rêve le porte jour après jour. C'est un personnage très ouvert et profondément bon auquel on ne peut manquer de s'attacher. Un autre détail aussi a su me captiver: Lazlo n'est pas beau. C'est presque une anomalie dans la Fantasy Young adult où tout le monde a un physique de mannequin Abercrombie mais cela reste un fait, Lazlo n'est pas beau. Il a le nez tordu, les traits à la serpe - mais pas à la serpe façon Spike de Buffy on est d'accord - il n'a rien d'une gravure de mode. Cependant, c'est un facteur qui m'a fait m'attacher encore plus au personnage et dont l'évolution est fascinante à suivre. Avec le temps et les voyages, son corps se modifie et son visage se marque, preuve de ce qu'il vit. 
Si vous me lisez un peu vous savez à quel point j'aime la diversité de représentation des héros et héroïnes et l'importance que j'attache aux personnages principaux qui n'ont pas un physique conventionnel. Je suis comme tout le monde et je ne rechigne pas devant un héros sublime (celles qui auraient l'idée de mentionner un certain High Lord sont priées de se taire...thanks) et ce serait d'autant plus hypocrite de ma part de le nier vu ma passion - c'est le cas de le dire - pour la romance. Cela dit, je suis ABSOLUMENT pour cette diversité et il y a une scène en particulier qui m'a interpellée. Un personnage (ne cherchez pas à savoir je ne vous dirais rien), découvre Lazlo et les autres étrangers qui arrivent à Weep et ce personnage remarque d'abord un jeune homme très très beau, absolument parfait. Sauf qu'un peu plus tard on apprend que si au premier abord, le beau jeune homme lui avait plus, il avait quelque chose de repoussant au contraire de Lazlo, pas très attirant au premier regard mais définitivement plus charismatique et lumineux. On sous-estime trop souvent le charisme dans un bon personnage et Lazlo n'en manque pas. 

J'aimerais bien vous parler des autres personnages mais comme iels interviennent tard dans l'intrigue, je préfère vous laisser la surprise! Les découvrir au fur et à mesure a été un grand plaisir que je m'en voudrais de ruiner. 

Cependant, pour continuer de vous faire comprendre pourquoi Strange the dreamer fut un vrai coup de cœur pour moi, je me dois de parler encore un peu de la construction des personnages. Il y a toujours dans un roman des protagonistes qu'on aime et d'autres qu'on déteste mais il est vraiment rare de comprendre les motivations des personnages dans toute leur complexité et leur variété. Laini Taylor est très douée car elle arrive à expliquer les motivations derrière les actions de chacun de ses personnages, de comprendre pourquoi iels agissent ainsi.
Un des personnages que l'on rencontre tardivement dans le récit est pour moi un monstre, cruel·le qui est particulièrement glaçant·e. Pourtant, une scène nous fait comprendre très précisément pourquoi ce personnage agit ainsi. Cela ne l'excuse en aucun cas, je n'ai pas changé d'avis après cette scène mais cela lui offre une profondeur et une complexité incroyable et tous les personnages du roman sont sur ce même modèle. Toutes les actions trouvent une explication sans forcément être une justification. A vous de vous laissez attendrir ou de compatir ou non avec eux. 

C'est assez frustrant de ne pas pouvoir vous parler de tout mais sachez-le, Strange the dreamer est un excellent livre de Fantasy, avec une vraie mythologie, un monde unique qui n'est pas sans violence, et de très bons personnages. J'ai absolument hâte de lire la suite et il ferait sans aucun doute parti de mes favoris sur mon étagère. Je vous recommande chaudement ce premier tome! 

vendredi 24 février 2017

A court of thorns and roses - A court of Thorns and Roses #1 - Sarah J. Maas

A-
 
Présentation de l'éditeur: En chassant dans les bois enneigés, Feyre voulait seulement nourrir sa famille. Mais elle a commis l'irréparable en tuant un Fae, et la voici emmenée de force à Prythian, royaume des immortels.
 Là-bas, pourtant, sa prison est un palais magnifique et son geôlier n'a rien d'un monstre. Tamlin, un Grand Seigneur Fae, la traite comme une princesse.
 Et quel est ce mal qui ronge le royaume et risque de s'étendre à celui des mortels ?
 A l'évidence, Feyre n'est pas une simple prisonnière. Mais comment une jeune humaine d'origine aussi modeste pourrait-elle venir en aide à de si puissants seigneurs ?
 Sa liberté, en tout cas, semble être à ce prix.

 Cela faisait des plombes mais littéralement des plombes que deux de mes amies, Lily et Cathy pour ne pas les citer, me hurlaient de lire du Sarah J. Maas. A chaque déjeuner, à chaque texto j'avais le droit à un passage obligé: "Mais c'est trop bien tu vas voir, LIS-LE!!!!". J'avais le choix entre deux séries, The Throne of Glass ou A Court of thorns and roses mais finalement j'ai décidé de commencer par la plus récente des deux. Bon en vrai c'est plus dû au hasard qu'à autre chose mais on va plutôt dire que c'est à cause de ma grande force de caractère.
 *La blague!*
 * Cheshire tient-toi tranquille veux-tu ou je te fais empailler... Tu seras magnifique sur le rebord de la fenêtre*
 * Le chafouin disparaît en boudant*
 Bien. Où en étais-je moi? Ah oui, A court of thorns and roses. Il vient de sortir en français à la Martinière jeunesse et j'en pensé que je ferai une pierre deux coups: lire un bon roman de fantasy et pouvoir donner mon avis à la librairie pour le rayon jeunesse. Je pensais que les deux séries étaient liées, que l'une était le prequel de l'autre mais comme mes amies me l'ont appris, ce n'est pas le cas. Le fait de lire A court of thorns and roses avant la série Throne of glass n'a en fait aucune incidence.

 Je suis très très vite entrée dans le roman. Sarah J. Maas réussit très bien à placer le décors et le premier chapitre dans la forêt est tout à fait saisissant. Il permet aussi très vite de comprendre qui est l'héroïne et de la voir agir en plus de penser. D'habitude je trouve les récits à la première personne difficile à réussir car le ton peut vite sembler idiot ou geignard mais ici, Feyre est suffisamment froide et dure pour que ça ne soit pas une gêne.

 Le personnage de Feyre est très bien réussi. C'est une jeune femme dure, tenaillée par la faim et qui doit faire survivre une famille assez catastrophique. Les deux soeurs sont inutiles au possible: entre celle qui est super méchante dans ses remarques et l'autre qui est complètement évaporée, elle est bien servie. Sans compter que les deux ne font rien, ni le bois, ni le ménage ni rien et que le père passe sa vie assise près du feu avec sa patte folle et ses sculptures, Feyre assume la survie de la famille alors qu'elle est la plus jeune.
 Autre chose qui m'a vraiment plu dans le personnage c'est le fait qu'elle est assez froide concernant ses relations amoureuses. Elle a un amant dans le village et elle n'en fait pas tout un drame. Ce n'est pas une passion mais simplement une façon de se faire du bien et de passer le temps. Ca a l'air d'un détail comme ça mais c'est la première fois que je lis ça dans un roman young adult. En général le récit reste très "chaste" et les personnages ont beau approcher la vingtaine et vivre dans des situations très dures, on a toujours l'impression que penser à ça est une faiblesse ou alors moralement condamnable ou comme dans beaucoup de récit, que l'héroïne attend le "bon". Ici, je trouve Feyre finalement beaucoup plus proche d'une jeune femme lambda. Même si elle se trouve trop maigre, puisqu'elle ne mange pas, elle reste globalement bien dans ses pompes et n'a pas de code de moral étriqué. D'ailleurs lorsque Tamlin lui demande plus tard dans le roman si elle a laissé quelqu'un là bas dans son village, elle répond sans embarras qu'elle avait un amant mais que ça s'arrêtait là, ce qui fait sans doute, que je crois facilement à sa fascination pour Tamlin. Feyre ne vit pas dans un monde idéal, elle ne se berce d'illusions d'aucune sorte.
 En tout cas Feyre est attachante parce qu'on sent une grande palette de sentiments et que ces derniers évoluent lentement mais toujours de façon cohérente. Elle ne devient pas amie avec les Fae en deux chapitres, il faudra des mois avant qu'un semblant d'entente vois le jour.

 Parmi les autres personnages, Tamlin est un excellent héros. Il est mystérieux juste ce qu'il faut, séduisant aussi mais sans jamais en faire trop, je trouve l'équilibre du personnage vraiment bien réussi. Le masque qu'il porte est très intrigant aussi, au final j'étais comme Feyre, j'avais une envie folle de lui retirer! Ce n'est pas un grand causeur, si vous aimez les héros charmeurs et bavards vous risquez en revanche d'être déçu/es. La séduction de Tamlin passe plus par sa façon d'être que par la parole mais c'est compensé par la présence de Lucien.
 Lucien c'est un vrai coup de cœur pour moi. Je l'ADORE! Non seulement il est drôle mais aussi très touchant avec son masque de renard (j'admets, il est fait pour moi) et son œil mécanique très steampunk. Ce n'est pas qu'un sidekick, Lucien a une vrai consistance, une réelle profondeur il n'est pas simplement là pour faire la troisième roue du carrosse Feyre-Tamlin. Si au début il a un petit côté tête à claque on apprend vite à le connaître et il devient pour moi très vite indispensable à l'intrigue.

 Il ne le faudrait pas, mais je ne peux m'empêcher de donner mon avis sur Rhysand. Comme c'est un personnage qui apparaît tard dans l'intrigue je cache mon avis mais si vous voulez savoir ce que j'en pense, il vous suffit de surligner le texte en blanc.

Rhysand c'est encore un autre personnage fascinant. La première fois qu'il apparaît j'ai vraiment senti qu'il allait mettre des bâtons dans les roues de Feyre et Tamlin mais plus le récit avançait plus il me semblait familier et étonnamment moins dangereux qu'au premier abord (et pourtant le premier abord fut rude, la première confrontation a été horrible!). Au début il me faisait vraiment penser à Littlefinger de Game of Thrones. La comparaison n'a donc rien de flatteur. Cependant, au fur et à mesure je me suis plus attachée au personnage et il me fait à présent d'avantage penser à Archibald de la Passe-miroir de Christelle Dabos, le genre qui paraît menaçant mais qui est finalement moins transparent qu'il n'en a l'air. Je peux me tromper, la suite nous le dira, et sans doute très clairement vu la tournure qu'à pris la relation Feyre-Rhysand dans ce tome un mais il m'inquiète moins que Littlefinger voyez-vous.
 


Je vous l'ai dit, l'écriture est bien maîtrisée et la première personne passe bien même dans les moments très intimes de Feyre, dans ses pensées qu'elle ne partage avec personne, elle reste cohérente. Rien ne m'énerve plus qu'un personnage qui a l'air froid au dehors mais qui est en fait horriblement niais quand on a accès à ses pensées, c'est un  défaut courant dans le récit à la première personne. Les interrogations et revirements de l'héroïne m'ont rapidement séduite. Quant à l'intrigue en soit, je me suis faite une remarque sur le rythme du roman. En vérité il est assez clairement coupé en 2/3, 1/3. Les deux premiers tiers se concentrant sur l'arrivée de Feyre à Prythian et le développement de la relation entre les personnages tandis que le dernier tiers est clairement plus tourné vers l'action et bien malgré cet apparent déséquilibre, au final le rythme était vraiment bien dosé. Sarah J. Maas prend son temps pour développer les liens entre ses personnages et ne rajoute l'action qu'au moment opportun. Rien ne semble trop précipité ou au contraire étiré et le dernier tiers m'a paru aussi complet que le reste du récit avec une accélération de l'action qui vous attrape littéralement. Si vous étiez bien pris par le roman dès le début, il y a peu de chance que vous le lâchiez avant la fin.

 Mais...il faut bien un mais...malgré les personnages consistants et/ou attachants, malgré une intrigue prenante et une lecture passionnée, j'ai un petit bémol à apporter. Comme celui-ci concerne la fin du roman je le mets sous des bannières spoilers (parce que c'en est), vous n'aurez qu'à les surligner pour les voir.

Alors que Feyre se trouve à la cour d'Amarantha sous la montagne, celle-ci lui propose de prouver son amour pour Tamlin, soit en résolvant une énigme soit en accomplissant trois tâches. Le procédé est classique mais ça fonctionne toujours. Ce qui me dérange plus c'est l'énigme...quitte à donner le choix à quelqu'un entre affronter trois épreuves dont il ou elle a peu de chance de sortir vivant ou résoudre une énigme, cette dernière devrait être coton!
 Sincèrement, elle m'a pris deux minutes à résoudre...deux minutes...Alors je sais, je ne suis pas dans les conditions de Feyre pour la résoudre avec le stress et la peur mais quand même...il va se passer des semaines entre la première et la dernière épreuve et c'est ponctuellement rappelé qu'elle cherche la solution de cette énigme "impossible". Alors je vous le donne en mille la solution de l'énigme c'est l'Amour...or tout le but des épreuves est de prouver l'amour de Feyre pour Tamlin. C'est moi où c'est un peu idiot? Alors certes ça permet un très joli moment et un beau retournement de situation à la fin mais sincèrement ce n'est pas subtil.
 Pour moi c'est vraiment une faute, parce que pendant tout le roman l'auteure a fait preuve de cohérence et d'une bonne maîtrise de l'intrigue et des personnages et là, je trouve que ça flanque pas mal de chose par terre. D'une part je trouve que ça décrédibilise Amarantha en la ramenant à son obsession de Tamlin, je ne suis pas fan de la méchante qui pourri tout le monde à cause d'un homme. Quand tu tiens les plus grands Fae dans tes mains depuis cinquante ans, tu as au moins le temps de peaufiner une énigme bien tordue...là non. Quant à Feyre, je suis désolée mais ça la rend un peu idiote. On sait qu'elle n'a pas d'éducation, qu'elle ne sait pas lire mais de là à ne pas trouver la réponse à une énigme simple...j'ai vraiment trouvé ça dommage parce que du coup, j'étais moins impressionnée par la fin que je ne l'aurais dû.
 


Cela dit, A court of Thorns and Roses est un excellent premier tome qui donne terriblement envie de lire la suite, surtout vu les derniers rebondissements. Le tome deux est déjà sorti et le tome trois arrive cette année. Je sais quelles vont être mes prochaines lectures. Et vous?

jeudi 28 juin 2012

Game of Thrones - A song of ice and fire #1 - George R.R. Martin


COUP DE COEUR DE PERSEPHONE


SPOILER FREE

J'ai rejoins la multitude de fan, désolée pour l'originalité...
Ca y est je me lance et regardez, boum même pas de résumé parce que Game of Thrones (GoT) ça ne se résume pas (bon un peu quand même). J'ai cédé à la pression et j'ai entamé la saga (et pas série, je vous renvoie chez les princesses pour la différence).

Je ne sais pas comment parler de ce premier tome parce qu'il est extrêmement dense, parce que j'ai adoré et que je ne suis pas sûre d'être objective. Je m'excuse donc pour mon billet qui risque d'être plutôt scolaire, histoire d'être sûre de n'avoir rien oublié!

D'abord, de quoi ça parle? (c'est horriblement dur, je le fais seulement parce que c'est vous, que l'on soit bien d'accord!)
[Tel que vous me lisez, je viens de m'y reprendre à 5 fois...] je crois que je n'arriverai pas à vous faire un résumé correct sans spoiler donc je vous dirais que si Tolkien est l'inventeur de la fantasy, George R.R. Martin est l'inventeur de la "realpolitik" du genre (merci Josselin)! Des royaumes et des familles différentes, des intrigues, des complots, de belles histoires et des histoires terribles, la guerre, le sang et la mort, c'est un peu tout ça à la fois! Nous suivons les Stark, Jon Snow, les Lannister, les Baratheon et Daenerys dans leur périple.

J'ai vraiment adoré la construction de l'univers. C'est dense, extrêmement complexe mais finalement très simple (si si je vous promets). On sent que George R.R. Martin s'est documenté et a lu l'histoire de l'Angleterre médiévale et de la guerre des deux roses (Lannister, Lancaster...non?). J'ai aussi aimé que la magie ne soit qu'à peine perceptible, du coup le lecteur a plus le temps pour se concentrer sur la construction du monde en lui-même, des intrigues de cour et de la politique du monde. Cela permet d'apprivoiser ce nouvel univers tout en douceur. De la même façon j'ai trouvé tellement intelligent de ne jamais abrutir le lecteur par des descriptions longues et inutiles. Nous arrivons dans un monde déjà construit et avec 15 ans de retard sur l'intrigue, pourtant je ne me suis jamais sentie perdue. Si les personnages secondaires sont extrêmement nombreux et parfois durs à mémoriser, le reste se met en place tout seul.

Les personnages sont de ce point de vue particulièrement bien construits. Je suis une Stark, il n'y a aucun doute. Winter is Coming obviously.
Eddard Stark est sans hésiter mon personnage préféré. C'est un vrai noble du Moyen-âge avec tout ce que cela comporte de positif. Ce n'est certes pas le personnage le plus drôle (la palme revient à Tyrion), mais il est d'une droiture à toute épreuve, jusque dans l'extrême de ce que cela veut dire (J'ai des hypothèses concernant certains personnages mais comme je ne peux les dire ici, on peut en discuter par mail privés). Il est l'honneur incarné, il est intelligent même si cette droiture lui fait faire des bêtises. Il prend soin de sa famille, il est aimant et aimé. Bref. Je l'aime.
J'adore aussi énormément Catelyn Stark bien que je déplore son comportement vis-à-vis de Jon Snow (que j'arrive par ailleurs à comprendre...). C'est sans doute le personnage féminin adulte que j'aime le plus. Elle ressemble beaucoup à Ned et j'aime qu'elle soit représentative des femmes nobles du Moyen-âge. Elle sait gérer un royaume et faire de la politique mais ce n'est pas une guerrière. Catelyn est toute en nuance et en demi-teintes et hormis son attitude envers Jon que je n'apprécie pas, c'est un personnage auquel je n'ai eu aucun soucis pour m'identifier.
Les enfants Stark sont aussi sublimes! A l'exception de Sansa qui m'a agacée mais pour qui j'ai éprouvé de la pitié et un peu d'admiration à la fin de ce tome 1, je suis absolument convaincue par Robb et Jon! Ils se ressemblent et en même temps sont très différents. Ils ressemblent beaucoup aux Stark tous les deux quoiqu'on en dise. Ils ont ce petit côté sérieux "winter is coming" qu'on ne peut pas leur nier.
Arya est géniale!!! C'est une excellente trouvaille que ce personnage là!!!! Elle est drôle, maligne, attachante, vraiment un bon personnage féminin.

Sans surprise je n'aime pas les Lannister à l'exception de Tyrion que j'adore j'adore j'adore! Cersei et Jaime, je veux les brûler moi-même et je suis du genre rancunière en lecture. Cersei tient quand même la palme de la grosse g**** de service, je serai curieuse de savoir de qui George R.R. Martin s'est inspiré. Quant à Jaime Lannister, The Kingslayer, je comprends pourquoi il agit comme ça mais je ne peux pas le pardonner d'être ce qu'il est (je me rends compte que je ne suis pas très claire!). Au fond, il n'a pas d'excuse, on a toujours le choix, il fait juste le mauvais. Nous verrons bien pour la suite mais je doute profondément que mon avis change.
J'ai envie d'éclater la tête de Joeffrey contre le mur tellement il m'agace! Lui casser les dents serait un soulagement profond mais j'attends patiemment, je suis sûre que George Martin lui réserve quelque chose de bien! Quant au Hound, je pense qu'on verra qu'il est plus nuancé qu'il n'y parait même s'il est sacrément fêlé.
Tyrion est un de mes chouchous! Il est drôle, intelligent bien qu'étonnement naïf parfois et j'ai hâte de voir comment il va évoluer. C'est grâce à lui que j'ai pu rire dans ce premier tome et heureusement parce que sinon la lecture aurait été un poil lugubre.

Je n'aime pas du tout les Baratheon qui sont bien inspirés des Tudors (pauvre de moi...). Robert est une copie d'Henry VIII sur la fin de sa vie, je vous laisse imaginer ce que ça donne (beuverie, caractère de chien et stupidité politique à la chaîne). Quant à ses frères....nous verrons bien mais je n'ai pas trop d'espoir.

Du côté des Targaryen, Daenerys me laisse assez indifférente. Je ne l'aime ni ne la déteste, je m'en moque un peu même si j'ai bien aimé son histoire avec Khal Drogo (qui est d'ailleurs bien comme personnage). Son frère Viserys est complètement fou! c'est absolument dingue de voir à quel point il peut être fêlé, c'est même assez brutal.
Par contre j'aime énormément Ser Jorah Mormont. Je le trouve vraiment passionnant, il est complexe aussi, c'est une qualité de George Martin de faire des personnages profonds avec plusieurs facettes.
Si je n'aime pas le roi fou Targaryen, je crois bien que je suis amoureuse de Rhaegar...

En fait si on fait le calcul...à part les Stark et Tyrion, je n'aime personne. La soeur de Catelyn...au secours! Son neveu idem! Ah si, j'aime bien le père et l'oncle de Catelyn. Enfin, pour faire simple, Game of Thrones c'est une galerie de personnage tous plus horribles les uns que les autres.

L'histoire est intense mais vraiment bien. Je n'ai pas été surprise par des rebondissements imprévisibles, j'ai senti venir les choses plusieurs chapitres avant mais ce n'est pas plus mal, il en sort un sentiment de frustration et d'angoisse pour les personnages assez sympathique à ressentir. L'écriture est fluide sans fioritures mais elle atteint son but. Je l'ai lu en une semaine sans lâcher ma lecture alors que je l'ai lu en VO et qu'il fait 800 pages...
Un conseil pour ceux qui voudrait le lire dans la langue de Molière: je vous recommande les intégrales qui sont sorties il n'y a pas si longtemps, plutôt que l'édition fractionnée. Je m'excuse pour le manque de substance de l'article mais je ne veux pas prendre le risque de spoiler...en tout cas j'ai adoré, il faut le lire!

Quant à moi je vais regarder la série et lire le tome 2!

WINTER IS COMING

vendredi 28 octobre 2011

L'assassin du roi - Robin Hobb - L'assassin royal tome 2


Présentation de l'éditeur: Fitz, le bâtard royal, a survécu à sa première mission meurtrière, mais son contact avec la mort lui a laissé d’inaltérables séquelles. Revenu à Castelcerf, il retrouve celle qu’il a aimée, mais ne peut lui déclarer sa flamme sous peine de la condamner irrémédiablement. Car autour de lui, la Cour fourmille d’intrigue, les menaces se resserrent, la mort rôde. Il a pourtant quelques alliés dans la place : un prince qui lui fait découvrir les mystères d’une magie toute puissante, un maître assassin qui lui veut malgré tout du bien, et un loup, avec qui il partage lien étrange et périlleux...

Après la lecture commune de cet été avec Kusa, Pandamouflé et Pandora Black du Tome 1, je me suis enfin décidée à lire le tome 2.

Cette fois ci, pas de longue présentation et mise en place des personnages. L'histoire reprend là où on l'a laissée. Fitz très affaibli par l'attaque de Royal, se remet difficilement de ses tremblements et de ses crises. Alors qu'au château de Castelcerf de grands changement ont eu lieu, Fitz doit faire face à des missions de plus en plus périlleuses.

Je suis beaucoup moins emballée par cette lecture que par le premier tome. Non ce n'est pas Fitz qui me pose problème, au contraire je l'aime bien et je comprends pourquoi il se plaint, il faut dire que quand 3/4 du palais vous appelle "Le bâtard" et que l'autre tiers veut votre peau ce n'est pas évident d'avoir envie de ce lever tous les matins. Non, vraiment je l'aime bien Fitz, ce n'est pas le tête à claques que Kusa m'avait décrit.
J'aime aussi beaucoup Vérité même si par moment (et je regrette l'Ancêtre vénérable) je le trouve inconsistant! Kettrichen est beaucoup plus forte que lui et ça m'agace. J'aime beaucoup trop Vérité pour le voir si peu exploité.
Dame Patience m'agace et me fait rire en même temps (mais je crois que c'est le but) et surtout je me lasse du fou...il est bien mais je n'accroche pas au final.

Ce que je reproche à l'assassin royal c'est la longueur de l'histoire. Alors certes ça avance, mais pas assez vite à mon goût et j'ai l'impression que ça traîne. A la fin de ce tome 2 j'ai l'impression qu'il y a eu finalement moins d'action que dans le tome 1 qui plaçait l'intrigue. Je m'attendais à quelque chose de plus dynamique. Honnêtement pour un assassin royal, je trouve Fitz assez mauvais et je m'attendais à ce qu'il prenne ses responsabilités. Je trouve finalement qu'il tient plus du courtisan que de l'assassin et ça m'a déplu.

Sinon l'écriture de Robin Hobb est toujours aussi plaisante, le monde qu'elle a créée est épais, dense et extrêmement crédible. Je n'ai rien à lui reprocher de ce côté là.
Néanmoins je pense que ma lecture s'arrêtera là pour le moment je n'ai pas envie de m'avancer dans les tomes suivants.

samedi 9 juillet 2011

L'apprenti Assassin - L'assassin royal T.1 - Robin Hobb



Au château de Castelcerf le roi Subtil Loinvoyant règne sur les Six Duchés ; il est aidé dans sa lourde tâche par son fils Chevalerie qui comme son père et tous les nobles du royaume porte le nom de la qualité que ses parents espéraient le voir développer. Ainsi le frère du Roi-servant s'appelle t'il Vérité et leur demi-frère, né d'un second lit, Royal.Suite à une aventure restée inconnue de tous, Chevalerie donne à la lignée un nouveau descendant : un bâtard, dont la simple existence va bouleverser le fragile équilibre qu'avait établi le roi pour contrôler ses turbulents fils. Ce héros malgré lui, nommé Fitz, voit son avenir s'assombrir au fil du temps. Alors que les autres enfants ont déjà leur place à la cour et dans ses intrigues, lui devra la mériter et servir la couronne en devenant ce que personne ne voulait être : l'Assassin royal. Au service de son roi il apprendra les poisons, le meurtre et la trahison..



J'ai commencé ce livre sous la contrainte (si si) mon amie, la sage Elisabeth, m'a mis le livre dans les mains en disant: "lis-le" avec un air féroce. Je n'ai donc pas pu refuser. Et je dois dire que mes peurs n'étaient pas justifiées. Si j'adore la fantasy j'ai tout de même du mal à rentrer dans des univers moyenâgeux (peur de l'historienne sans doute) et c'est l'une des premières forces de Robin Hobb. Elle crée un univers médiéval parfaitement convaincant. Les hiérarchies sont crédibles, le traitement de Fitz l'est tout autant.



C'est ce qui m'a immédiatement plu dans ce roman, nous sommes en présence d'un monde "médiévale fantastique" crédible mais aussi indépendant. La magie n'a pas trop ça place ici et je dois dire que cela aussi fait du bien. Bien sûr il y a le Vif et l'Art, deux formes de magie très puissante mais tellement peu utilisée que cela ne corrompt pas le caractère profond du roman, au contraire cela donne aux personnages qui les pratiques des auras particulières.

Dans ce genre de livre, nous sommes prompts à faire des jugements sur les personnages bien qu'on sente que tout est un peu plus compliqué qu'il n'y parait.

Le fait de voir l'histoire à travers les yeux de Fitz, un gamin de 6 ans, nous donne un aperçu tout en finesse du monde qui l'entoure. Pas d'exposition bête et méchante du fonctionnement des Six-Duchés chez Robin Hobb, mais des informations distillées en temps voulu.



Du coup, l'histoire est lente à se mettre en place sans pour autant que cela freine la lecture. Lorsque l'on arrive à la fin du roman et qu'on se souvient du début, on ne peut s'empêcher de penser qu'en quelques pages nous avons parcouru énormément d'intrigue.



Le personnage de Fitz est attachant, il est (un peu) comme le lecteur, il ne voit pas tout, il ne comprend pas tout mais ce laisse vivre dans cette cour hostile. Jamais il ne pense du bien de lui-même et c'est assez intéressant de suivre un héros qui pense que si quelqu'un lui parle, c'est parce qu'il n'y a personne d'autre. Le héros n'est pas confiant en lui, caractéristique assez peu utile lorsqu'on est un assassin.

J'adore le prince Vérité qui se révèle tout au long du roman, ainsi que Rurisk et sa soeur Kettriken et la jeune Molly. Burrich, le bras droit de Chevalerie est un personnage attachant même s'il est bourru à l'extrême. Umbre est très intéressant, j'ai hâte dans savoir plus. Quant au fou...je dirais que comme pour Umbre j'attends d'en savoir davantage. Les deux chiens, Fouinot et Martel sont des amours.

Le roi Subtil ne m'inspire guère et je déteste Royal et Galen. Et puis il y a Martel et Fouinot et Pandora, Pandaet Kuza nous allons monter une association de protection des animaux chez Robin Hobb parce que c'est intolérable!!!! (lisez vous comprendrez!)



Cette série est prenante et j'ai hâte de connaitre la suite. Rendez vous très vite pour le second tome!

Merci à Elizabeth pour les romans et les discussions sur les Six-Duchés autour d'un verre!

samedi 2 juillet 2011

L'histoire sans fin - Michael Ende



Bastien Balthasar Bux a douze ans. Orphelin de mère, élevé par un père absent, il s'évade de son quotidien grâce à sa passion pour la lecture. Un matin, il entre dans une librairie et dérobe un livre ancien. Un livre pas comme les autres, qui décrit un monde peuplé d'elfes et de monstres. Mais le Pays Fantastique est rongé par un mal étrange et vit une lente agonie. Un héros, Atréju, est nommé par la Petite Impératrice, souveraine incontestée, pour accomplir une grande quête: trouver un remède afin de sauver leur monde. Et voilà que Bastien, irrésistiblement, passe de l'autre côté du miroir et entre dans l'histoire, l'histoire sans fin.

Je dois l'avouer je ne suis pas allée jusqu'au bout de cette lecture. Je me suis arrêtée à la moitié du livre, là où s'arrête le film en réalité. Je n'ai pas eu le coeur d'en lire plus, cette lecture n'a pas été facile.

Je n'ai rien en soit à reprocher à ce livre bien conçu, bien écrit et qui m'a rappelé de très bons souvenirs d'enfance. J'adore les mange-pierres que je trouve rigolo et Fuchur le dragon de la chance.
Malheureusement je crois que quelque chose n'a pas pris, la lecture a été trop laborieuse. Je dois dire que le roman est très long et ça a sûrement ralenti ma lecture.
Vous allez me dire, pour un livre qui s'appelle L'histoire sans fin c'est un peu normal...d'accord. Sauf que quand même.

L'histoire est tout de même très sympathique, les personnages sont originaux (les mange-pierres notamment mais aussi les chasseurs de bisons rouge à la peau verte) par rapport à plein de romans de science-fiction. L'idée d'un monde qui disparait, car privé de lecteur est une idée intéressante.
Les deux héros Bastien et Atréyu sont complémentaires. J'ai d'ailleurs apprécié le fait que Bastien soit un gamin normal avec des faiblesses (il est trop gros et n'a pas d'ami). Pour une fois un héros n'est pas déjà un gamin "génialissime"mais un petit garçon normal. Ce côté là m'a beaucoup plu, sûrement parce que je me suis identifiée facilement à Bastien.
Les péripéties de l'histoire s'enchaînent facilement et il y a peu de temps mort.
Je crois que ce que je reprocherai c'est toute cette deuxième partie du récit avec laquelle je n'ai pas du tout accroché tandis que la première partie est vraiment palpitante.

En ce qui concerne le film (que j'ai revu pour l'occasion) j'ai retrouvé mes émotions d'enfants. Même si le film a vieilli, les décors font faux, j'ai éprouvé beaucoup de plaisir à revoir ce film. Le petit garçon qui joue Bastien est très expressif et j'ai adoré son intérêt pour la lecture, il avait de vraie paillette dans les yeux en lisant le livre. J'ai ADORE Fuchur (qui s'appelle Falcor dans le film). Même si la technique a vieilli, Falcor a une super bouille qui m'a beaucoup fait rire.
Je suis vraiment rentrée dans le film et j'ai passé un super moment. Un film que je conseille à tout le monde.

J'ai passé un bon moment même si je n'ai pas pu finir. Si quelqu'un peut me convaincre que la seconde partie vaut le coup...Je me suis arrêtée au moment où Bastien quitte le désert.