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vendredi 2 novembre 2018

Jackaby - Jackaby #1 - William Ritter



ABANDON



Présentation de l'éditeur: « Il est souvent difficile pour les autres de saisir la nature de ce don que je suis le seul à avoir. Il me permet de déceler la vérité là où les autres ne voient qu’illusion… Car le monde est une scène et il semblerait que je sois le seul spectateur capable de voir derrière le rideau. »

Abigail Rook, 17 ans, débarque en Amérique. La tête pleine de rêves d’ailleurs, elle espère vivre l’aventure avec un grand A.
Elle fait la connaissance d’un étrange personnage, Jackaby, qui lui offre un emploi. Détective doué de facultés de médium, il est capable de voir les phénomènes surnaturels.
Pour sa première mission, Abigail accompagne son nouveau patron sur les lieux d’un crime particulièrement sanglant. Jackaby soupçonne l’assassin de ne pas être humain, ce que la police refuse de croire. Mais les meurtres s’enchaînent et confirment les soupçons du détective…

Parfois, ça ne veut pas...y a pas à dire, on n'a beau aimer la couverture, le résumé, l'idée globale du roman mais non, ça ne prend pas. Jackaby m'est tombé des mains. 

Dès le début j'ai eu du mal à apprécier l'héroïne. Si on considère l'époque dans laquelle se passe l'intrigue - fin du XIXe siècle - l'âge et la classe sociale de l'héroïne, je ne crois pas un seul instant à l'intrigue de base. Les romans de Y.S. Lee (tome 1 et tome 2) sont beaucoup plus fins et proches de la réalité que le départ de Jackaby.
Malgré tout, c'est un roman pour les 12-13 ans et j'étais prête à faire l'impasse sur ce début un peu bricolé, on ne va pas trop râler que le personnage principal qui s'exprime à la première personne soit une fille, c'est toujours bon à prendre.

Je n'ai pas eu d'empathie particulière pour Abigail. Sa personnalité m'a laissée assez froide ce que je trouve toujours très triste mais ce n'est rien à côté de Jackaby.

Avec ce personnage j'ai eu l'impression de me prendre un bon gros cliché dans la figure. C'est le contre-coup de l'effet Sherlock Holmes de Moffat avec Benedict Cumberbatch. Je ne suis pas la seule à le dire, allez sur Goodreads, vous verrez dans les commentaires que tout le monde compare Jackaby à Benelock...On a une caricature de Sherlock, un gars brillant mais socialement inadaptée, qui est dans sa bulle, ne prend pas le temps d'expliquer aux gens autour ce qu'il fait, comment ça se passe. La seule différence, c'est qu'ici, au lieu d'enquêter sur des crimes "normaux", on se retrouve face à tout un bestiaire merveilleux.
Pourquoi donc est-ce que ça m'agace, parce qu'après tout, j'adore le Sherlock Holmes de Conan Doyle et également celui de Moffat. Tout simplement parce que ça n'a aucune originalité. J'ai l'impression de lire du Doyle en moins bien et on ne peut même pas se rincer les oreilles avec la voix de Cumberbatch (ne me remerciez pas, c'est cadeau). Je retrouve la même frénésie quand c'était la grande mode Dr House où soudainement, on a vu apparaître plein de héros avec une jambe abîmée qui étaient brillants mais extrêmement irritables. Je ne demande pas de l'originalité pure à chaque fois mais là, ça m'a tellement crevé la rétine que ça m'a immédiatement sortie du livre.

Le début est assez insupportable à lire je trouve. On ne comprend pas grand-chose à l'intrigue, aux personnages, on ne comprend pas ce qu'il se passe et j'ai eu la désagréable impression de lire quelque chose de très brouillon, comme si l'auteur voulait nous emmener dans un grand tourbillon pour encore une fois, imiter cette impulsivité que l'on retrouve dans le Sherlock de la BBC. Sauf que pour moi, en roman, ça ne passe pas.

Après plus de cent pages j'ai juste abandonné. Je n'aime pas abandonner des livres mais en tant que libraire, il y a trop à lire et à découvrir pour s'acharner sur un roman qui ne me passionne pas et que je laisse traîner des jours dans mon sac. Quand j'en suis à préférer sortir mon téléphone plutôt qu'un livre pour passer le temps, c'est signe que ce roman n'est pas fait pour moi.

Rassurez-vous les chafouins, je ne vais pas vous laisser en plan comme ça. Cette chronique est assez courte et je me sens dans l'obligation de vous recommander d'autres livres.

Alors, que lire si vous aimez le côté "jeune fille du XIXe siècle qui vit des aventures avec un grand A"? La série The Agency de Y.S. Lee (liens plus haut dans l'article). C'est du policier, pas de magie mais ils sont vraiment très bons. Il y a en a 4 en VO (le dernier est d'ailleurs un poil décevant) mais les trois premiers sont disponibles en français chez Nathan.
Si vous voulez le même décor plus de la magie, alors tournez-vous vers The Dark Days Club (Lady Helen en français chez Gallimard) d'Alison Goodman dont nous reparlerons bientôt. Attention cependant, on est dans une tranche d'âge un peu plus haute, je dirais 14-15 ans.
Enfin, si vous voulez le côté magie, avec de l'humour, de l'action, des personnages adolescents et qui vivent des aventures et résolvent des énigmes, je ne peux que vous conseiller la série LOCKWOOD AND CO de Jonathan Stroud. Je n'ai chroniqué que le tome 1 mais j'ai lu toute la série (cinq tomes) et elle est géniale de bout en bout. A partir de 11 ans pour celles et ceux qui n'ont pas peur des fantômes!

J'espère que je me suis faite pardonner. Bonne lecture et à dimanche! 

lundi 10 novembre 2014

Lili Goth et la souris fantôme - Lili Goth #1 - Chris Riddell


COUP DE COEUR DE PERSEPHONE: CHRIS RIDDELL CE GENIE

Résumé: Lili Goth vit dans le manoir des Frissons frissonnants, une vaste demeure pleine de portes secrètes et de couloirs obscurs. Elle vit seule avec son père Lord Goth, homme absent et inconsolable depuis la mort de la maman de Lili. Pour être sûr de ne pas perdre sa fille, il lui fait porter d'énormes chaussures qui font beaucoup de bruit mais Lili est une petite fille maligne et elle s'évade de temps en temps dans la maison avec les chaussons de funambule de sa maman. Un soir elle fait la connaissance d'Ismaël Moustache, une petite souris fantôme attachante, et des enfants Chou. Ensembles, nos quatre compères vont se lancer dans une enquête surprenante!

Chris Riddell vous le connaissez peut-être sans savoir son nom car en plus d'être un auteur talentueux, c'est aussi un illustrateur génial. Il a notamment sévi aux côtés de Neil Gaiman pour Coraline et The Graveyard book et très récemment dans The Sleeper and the Spindle. C'est aussi l'auteur de la génialissime série des Apolline ( Ottoline en anglais), une série de trois volumes sur une petite fille aventureuse qui résout des enquêtes avec l'aide de Monsieur Monroe (à partir de 8 ans, beaucoup d'illustrations et un texte raisonnable) et également l'auteur avec son ami Paul Stewart des séries: Chroniques du bout du monde, Chroniques du marais qui pue et Les aventuriers du très très loin.


Comme pour Ottoline, ce qui marque immédiatement, c'est la facture des romans. Ce sont de petits formats reliés, terriblement élégants avec des décorations sur le côté: or pour Ottoline et argentées pour Lili Goth. D'emblée on ne peut qu'être séduits par l'objet livre que nous propose Riddell et qui lui donne une véritable Riddell touch accentuée par les dessins de l'auteur. On se sent attiré par le roman avant même de l'avoir ouvert. Anecdote rigolote, samedi à la librairie, c'est un papa, fasciné par le livre qui l'a finalement offert à sa fille parce qu'il le trouvait superbe et marrant comme tout. Comme quoi! 

Si Ottoline est à destination des plus jeunes, Lili concerne déjà des lecteurs plus aguerris (aux alentours des 10 ans) car malgré les dessins, il est assez volumineux et a beaucoup de texte. Commençons tout de suite parce qui peut être déroutant: fantôme, manoir hanté, ambiance résolument gothique, on pourrait croire que Lili Goth est un roman qui fait peur...sauf que non. Faire peur, ce n'est pas du tout ce que cherche à faire Chris Riddell. Lili Goth est sans aucun doute un roman gothique mais un gothique doux, gentil et surtout loufoque dans lequel les références aux classiques gothiques anglais se bousculent pour notre plus grand plaisir. C'est un roman délirant également, renforcé par les dessins très drôles. Il a un véritable don pour croquer les personnages les plus bizarres du roman. 

Mme Fouettard la cuisinière
J'ai adoré cette histoire parce qu'elle non seulement elle est drôle, les personnages sont attachants et un peu mystérieux. Les enfants Chou, Emma et William sont adorables et offrent à Lili de vrais compagnons de jeux fort agréables à suivre. Nous avons affaire à une enquête très sympathique où nous voguons dans les dédales du manoir des Frissons frissonnants pour tenter d'arrêter l'odieux garde-chasse d'intérieur. Plus encore, le roman est bourré de références à la littérature gothique tel qu'on la connait. De Maryshelleyzautre à Van Helsung, ce sont les grands classiques anglais qui sont revisités sous la plume loufoque et décalée de Chris Riddell.


C'est en ça qu'il m'a séduite. Chris Riddell, comme Malika Ferdjoukh, Marie-Aude Murail ou Timothée de Fombelle, est un auteur qui peut être lu par les adultes aussi bien que les enfants et avec un réel plaisir. Ce sont des textes à double emploi, drôles pour les enfants qui peuvent être l'occasion de découvrir d'autres romans mais aussi des textes dans lesquels les adultes peuvent se glisser et s'amuser. 

Les dessins de Chris Riddell sont magnifiques et méritent qu'on s'y attarde car ils donnent vie à l'histoire. Ce ne sont pas que de simples illustrations, l'auteur joue des codes du dessin. L'intrigue résonne des illustrations de l'auteur comme c'était déjà le cas pour Ottoline. Elles sont tout simplement splendides. 

Lili Goth a su me séduire au-delà des mots car j'ai bien conscience que j'ai finalement peu parler de l'histoire en soi. Il faut la découvrir page après page: l'amitié insolite entre Lili et Ismaël, les enfants Chou qui apportent de la joie dans la vie solitaire de la petite fille, sa gouvernante étonnante, le manoir des Frissons frissonnants et bien sûr l'horrible garde-chasse d'intérieur. Si vous ne connaissez pas Chris Riddell je ne peux que vous inviter à découvrir son travail, vous ne serez pas déçus! Un second tome est déjà disponible en anglais!

mercredi 29 octobre 2014

Le prodigieux destin de Peter - Maëlle Fierpied


COUP DE CŒUR DE PERSEPHONE

Présentation de l'éditeur: Mesdames et messieurs, laissez-moi vous conter l’histoire de Peter, l’ange du cirque des Merveilles. Est-il homme ou oiseau ? Nul ne le sait. Toujours est-il qu’il vit aujourd’hui parmi nous, le garçon aux ailes de plumes et aux rêves d’altitude. Laissez-vous envoûter par la magie de son ballet aérien, envolez-vous à ses côtés le temps d’une représentation…
Lorsque Peter Petons prend son envol sous le chapiteau du cirque des Merveilles, nul ne peut imaginer que le garçon aux longues ailes déployées a longtemps été un vilain petit canard.
Bébé, il est né fragile, jugé simplet par les médecins. Plus âgé, quand son dos s’est déformé, quand deux moignons d’ailes ont poussé, on l’a surnommé Peter Poulet !
Que s’était-il passé ? La chose est difficile à raconter. Tout a commencé par l’explosion d’une chaudière dans une usine de fabrication de pantoufles, lorsque Peter a été recouvert de pâte polyductimère…

Quand on s'appelle Fierpied, que son héros s'appelle Petons et qu'il vit dans l'usine à pantoufle, ce n'est plus de la coïncidence, c'est la destinée! 
C'est avec beaucoup de poésie et une grande tendresse que Maëlle Fierpied nous raconte l'histoire de Peter un petit garçon très simple qui à la suite d'un incident spectaculaire va devenir un être exceptionnel. 
Dans ce texte on retrouve tout ce qui fait la douceur des romans médium de l'école des loisirs: une histoire choupinoupinette remplie de personnages tous plus attachants les uns que les autres, tous plus loufoques les uns que les autres également, un récit haut en couleur qui nous emporte véritablement dans un monde coloré et imaginaire. 

La réussite du texte de Maëlle Fierpied tient tout d'abord à sa très jolie écriture. Dès les premières pages elle arrive sans aucune difficulté à créer une ambiance propre à son récit et qui ne nous lâchera pas de toute la lecture. On sent immédiatement que nous sommes dans un livre doudou, propre à devenir ce genre de récit qu'on ne veut plus quitter parce qu'il nous fait du bien et qu'il nous raconte de jolies choses impossibles. Je suis souvent la première à dire que je m'attache moins au style qu'à l'intrigue - et d'une manière générale c'est vrai, sauf lorsque l'ensemble est écrit à la truelle, know your limits - ceci dit, il est très important que l'écriture dégage un petit plus, nécessaire à nous immerger dans le roman de façon rapide et agréable. Pari réussi pour Maëlle Fierpied qui y parvient sans peine. Ce fut un vrai bonheur de lire ses lignes et de se laisser porter au gré des mots.

Comme je le disais, les personnages sont très attachants et un peu loufoques et c'est une excellente chose. Bien que sur un modèle semblable - on sent une grande cohérence entre les personnages du roman - ils n'en restent pas moins uniques, bien distincts les uns des autres avec leurs petites particularités. Les époux Pantoufles sont adorables et gentiment allumés, comme le docteur qui s'occupe de notre ami Peter. Les gens du cirques et notamment les personnages d'enfants sont écrits de façon très juste. Peter Petons est d'ailleurs très intéressant car on ne commence à s'intéresser véritablement à lui et à le comprendre qu'à partir du moment où il se transforme. C'est une transition très bien menée, tout en douceur à l'image de son personnage. Peter est un petit garçon avec des rêves plein la tête, des envies de voler fascinantes et beaucoup d'imagination. C'est un régal de suivre son parcours. 

D'ailleurs en parlant de son parcours, cette transition assez inattendue vers le cirque était une excellente idée! Il y a dans ce cirque une ambiance années 20 tout à fait charmante, un peu surannée qui fait encore rêver les petits et les grands. Pour être honnête, j'adore j'adore j'adore le cirque. Voir les animaux, les voltigeurs, les jongleurs, les acrobates et les clowns ça me fascine, j'adore ça! Je ne pouvais qu'être ravie de constater que la seconde partie de l'intrigue se déplaçait vers un univers que j'affectionne tout particulièrement. J'ai littéralement fondu pour l'ambiance du cirque et ses habitants! Voila pourquoi je pense que Le prodigieux destin de Peter est un livre absolument doudou qui vous met des étoiles plein les yeux. Cette partie est clairement ma préférée et jétais ravie de ce que l'auteure en a fait! 

Si je devais formuler une critique c'est que l'ensemble manque un peu d'enjeu, un méchant apparaît brièvement dans le dernier tiers du roman mais il n'a pas le temps de s'installer comme véritable menace. Du coup, certains pourraient trouver que l'intrigue est finalement simpliste mais personnellement, ça ne m'a pas dérangée. J'ai aimé lire pour une fois une histoire simple mais bien écrite, avec une ambiance câline et des personnages que j'aimerai retrouver par la suite.

En bref, Le prodigieux destin de Peter, est un roman doudou qu'il faut découvrir! Si vous aimez les romans de Malika Ferdjoukh et ceux de Marie-Aude Murail, je pense que vous ne pourrez pas passer à côté de la poésie de Maëlle Fierpied et de Peter Petons!

Le Club de la pluie brave les tempêtes - Malika Ferdjoukh


Présentation de l'éditeur: C’est la fin des vacances d’hiver à Saint-Malo, et voilà un moment que le Club de la Pluie n’a pas eu une énigme à se mettre sous la dent. Mais lorsque Jeanne Eyrmont, la filleule de la directrice, débarque à l’internat des Pierres-Noires, elle semble apeurée, comme si elle avait vu des fantômes. Des fantômes, vraiment ? Ambroise, Rose, Nadget et Milo sont bien décidés à tirer cette affaire au clair.
Ce livre réunit deux nouvelles enquêtes du Club de la Pluie, Le fantôme des Pierres-Noires et Le mystère des chaussons rouges.

On les attendait, les voici! La suite des aventures de nos petits pensionnaires bretons est enfin là! Après Le club de la pluie au pensionnat des mystères, nous retrouvons Nadget, Rose, Ambroise et Milo pour deux nouvelles aventures, cette fois-ci racontées par les garçons.

J'adore toujours le changement de point de vue d'une nouvelle à l'autre, cela permet de comprendre les enfants, de leur donner de la profondeur et du relief. Après avoir rencontré les filles, Malika Ferdjoukh se penche maintenant sur les garçons des Pierres noires. Milo revient de voyage et la petite bande est de nouveau réunie. 

Ces deux nouvelles intrigues sont aussi bien que les précédentes. La première s'intéresse à un fantôme, une jeune fille hantée par un spectre dans les couloirs du pensionnat mais ce n'est pas pour décourager notre petit club, bien au contraire. Quant à la seconde intrigue, il faudra toute la sagacité de nos héros pour empêcher une injustice de se produire. 
Les quatre enfants résolvent les énigmes au nez et à la barbe des adultes. 

Comme toujours, les romans de Malika font preuve de finesse, dénonçant les injustices et les faux semblant dans un langage qui, loin de prendre les enfants pour des idiots, leur donne au contraire des armes. Les références à la littérature et au cinéma sont toujours là, qui font de ce nouveau roman une petite pépite pour les plus jeunes.

Allez on ne tergiverse plus et on va jeter un œil du côté d'un pensionnat battu par les pluies de Saint-Malo! À partir de 8 ans.

lundi 27 octobre 2014

L'escalier Hurleur - Agence Lockwood #1 - Jonathan Stroud


COUP DE CŒUR DE PERSÉPHONE

Résumé: Un terrible fardeau s’abat sur Londres : des fantômes envahissent les rues de la ville, s’introduisent dans les maisons et terrorisent leurs occupants… La jeune et talentueuse Lucy Carlyle, promise à une grande carrière de chasseuse de spectres, vient d’intégrer la modeste agence du déjanté Anthony Lockwood. Mais leurs affaires vont mal. Les agences d’extermination de fantômes fleurissent et la concurrence est rude. Impossible de refuser le moindre contrat, même si la mission s’avère des plus dangereuses… C’est ainsi que Lockwood et Lucy se retrouvent en pleine nuit dans la terrifiante demeure de la famille Hope, à traquer le fantôme du sanguinaire duc rouge. Un escalier hurlant, une chambre de torture, des squelettes derrière toutes les portes… un seul mot d’ordre : ressortir vivants !

 Après la terrific série Bartimeus (#2) j'étais ravie d'apprendre que Jonathan Stroud revenait sur le devant de la scène ado avec une nouvelle série qui penche cette fois un peu plus vers l'Urban Fantasy et l'Horreur. Ce nouveau roman nous entraîne dans un Londres hanté! Attachez vos ceintures, l'Agence Lockwood and Co vous emmène dans les tréfonds de l'angoisse. 

Je me suis amusée comme une petite folle dans ce premier tome. Jonathan Stroud y a mis tous les ingrédients qui nous faisaient plaisir dans Bartimeus: un intrigue pleine de rebondissements, de l'humour et un flegme tout britannique. 

L'histoire est racontée à la première personne par Lucy Carlyle, une jeune fille énergique et brillante. C'est un personnage avec lequel nous sommes immédiatement en confiance. Elle n'a pas les deux pieds dans le même sabot et sait ce qu'elle fait. À côté de Lucy nous retrouvons Anthony Lockwood, le directeur de l'agence (à peine plus âgée que notre héroïne) qui fait preuve d'un flegme britannique dans absolument toutes les situations! Pour compléter ce trio, George fait figure de rat de bibliothèque débraillé mais compétent. Trois personnages très différents, suffisamment différents pour que les lecteurs puissent s'identifier à l'un ou à l'autre et ça, c'est une caractéristique qui m'a beaucoup plu.

Depuis que je suis librairie, j'ai pris d'avantage conscience des problèmes d'identifications dans les romans, à savoir: l'héroïne est une fille donc c'est pour les filles, le héros est un garçon = c'est pour les garçon. Premièrement, c'est une idée qui m'insupporte au plus au point. En quoi cela est-il pertinent? En tant que femme, je lis des romans dont les héros sont des hommes et je n'ai pas de problème à apprécier ma lecture. En quoi de petites filles seraient incapables de faire pareil? Pareillement, pourquoi un petit garçon ne pourrait pas lire de romans dont l'héroïne serait une fille? C'est tout de même se priver de nombreux très bons romans pour des raisons fumeuses. Le rapport avec L'agence Lockwood me direz-vous? Le fait est qu'ici, Jonathan Stroud choisi trois héros et leur donne une certaine neutralité, ce qui permet d'être un excellent livre pour TOUS les enfants. Et ça me repose!

L'intrigue en elle-même reprend à la fois les codes du roman d'horreur, avec les apparitions de fantômes, les cadavres planqués un peu partout, mais aussi les codes du roman policier car nos trois agents recherchent activement le meurtrier d'une jeune fille. Comme d'habitude avec Stroud, l'intrigue est bien maîtrisée, gérée comme il faut du début à la fin avec ce qu'il faut de fausse piste pour donner de bons retournements de situation. Même si j'avais compris assez vite qui était l'assassin, l'intrigue était très agréable à suivre et les personnages prennent de plus en plus d'ampleur au fur et à mesure que le roman avance. Jonathan Stroud joue de la peur des fantômes mais le roman n'est pas non plus effrayant. Il fait peur, un peu, mais pas trop.

L'agence Lockwood, tome 1, est encore une fois un très bon cru de l'auteur qui sait se renouveler après Bartimeus. Ce sont deux séries très différentes même si elles partagent des caractéristiques communes intéressantes. C'est un roman que je recommande chaudement, un très bon moment de lecture. Quant à moi, j'ai déjà récupéré la suite (disponible en anglais). Je vous en reparle plus tard! 

lundi 22 septembre 2014

Le ciel nous appartient - Katherine Rundell


COUP DE CŒUR DE PERSÉPHONE

Résumé: Tout le monde pense de Sophie qu’elle est une orpheline. Nulle femme n’a en effet survécu au naufrage qui la laissa, à l’âge d’un an, flottant dans un étui à violoncelle au beau milieu de la Manche. La fillette demeure cependant intimement persuadée que sa mère n’a pas sombré avec le navire. Alors, lorsque les services d’Aide à l’enfance anglais menacent Charles Maxim, son tuteur, érudit généreux aussi courtois que maladroit, aux méthodes d’éducation  fantasques, de lui reprendre la garde de Sophie, celle-ci, suivant l’enseignement de ce doux rêveur, décide de ne négliger aucune possibilité, et part pour Paris en sa compagnie sur les traces de sa mère… Une cavale menée sous le signe de l’espoir, qui conduira la fillette aux cheveux couleur des éclairs sur les toits de la ville-lumière. Elle y fera la connaissance de Matteo et de sa bande de danseurs du ciel. Froussards et phobiques des hauteurs s’abstenir : mieux vaut avoir le cœur bien accroché pour pouvoir suivre ces gamins-là !

Je suis tombée dans l'univers des Grandes Personnes depuis que je suis libraire et c'est une plongée que je ne peux regretter. Entre les livres de Mary Hooper (je conseille le génial Velvet), le drôlissime et noir Les 9 vies de Philibert Salmek, et le GENIALISSIME Mademoiselle Scaramouche de Jean-Michel Payet (dont je vous dois une critique, I know), Les Grandes personnes est une maison d'édition de qualité et qui propose aux adolescents de bons romans atypiques. Il y a une vraie ligne éditoriale et cela mérite d'être dit et répété. Je suis d'ailleurs pleine de tristesse car j'ai appris que faute de succès, ils arrêtent de publier des romans pour le moment.
Après vous avoir parlé de Le ciel nous appartient (Rooftoppers) de Katherine Rundell, vous comprendrez sûrement pourquoi je suis plus que peinée de voir une maison d'édition de qualité cesser sa production.

Mais revenons à nos grenouilles, j'ai découvert Le ciel nous appartient au début de l'été car il fait partie de la rentrée littéraire et ce fut pour moi un IMMENSE COUP DE CŒUR! Je dirais même que des 33 romans que j'ai lu pour cette rentrée littéraire, celui-ci est sans aucun doute celui que j'ai préféré, tout genre confondu.

Dans ce roman qui sent bon le mélange franco-britannique, nous retrouvons Sophie, une petite fille indépendante et débrouillarde, sauvée de la noyade dans son étui à violoncelle par Charles Maxim, un anglais excentrique comme on les aime. La première moitié du roman est vraiment marquée par l'excentricité britannique, ce petit grain de folie qui nous fait nous sentir comme à la maison. L'éducation donnée par Charles Maxim à la jeune Sophie est atypique, charmante et les efforts de cette dernière pour comprendre ce que les services de l'orphelinat attendent d'elle sont touchants. La relation père-fille que les deux protagonistes entretiennent est également l'un des facteurs doudou de l'intrigue. Même si Charles ne s'improvise pas père du jour au lendemain, l'amour qu'il porte à sa pupille est palpable et réciproque. C'est une très jolie relation que l'auteure nous propose, pleine de tact et de douceur et beaucoup de beaux sentiments sont pudiquement montrés.

La seconde moitié nous transporte à Paris dans une ambiance différente, beaucoup plus aventureuse. Charles et Sophie sont sur la piste de la maman de la jeune fille. La rencontre de celle-ci avec des enfants des rues change la donne. J'ai adoré cette seconde moitié autant que la première. Bien que différente, la transition se fait en douceur. Découvrir Paris par les toits et le jeune Matteo permet de replacer Sophie dans un environnement plus enfantin tout en développant son côté casse-cou. C'est une petite fille intelligente, débrouillarde et attachante. Les autres enfants forment une super bande, hétérogène et drôle mais qui sait aussi être grave lorsqu'il le faut.

L'histoire serait seulement sympathique si elle n'était pas soutenue par une magnifique écriture, pleine d'émotion. Lire Le ciel nous appartient, c'est comme se laisser porter par un morceau de violoncelle qui nous guiderait jusqu'à la maman de Sophie. Définitivement, ce roman est un morceau de poésie et de musique, les dernières pages sont comme une frénésie de musique qui transporte le lecteur. Katherine Rundell nous offre un roman poétique, magnifique, musical, un vrai morceau de langue.

Un roman superbement écrit aux personnages émouvants et à la beauté évidente. Un vrai coup de cœur qu'il faut faire lire à tout le monde.
À partir de 11 ans pour les bons lecteurs. 

dimanche 15 juin 2014

Chien pourri à la plage - Colas Gutman et Marc Boutavant


COUP DE CŒUR DE PERSÉPHONE

Présentation de l'éditeur: L’été, il fait chaud, surtout quand on vit dans une poubelle. Chien Pourri et son fidèle ami Chaplapla rêvent de vacances sur la Côte d’Azur. Par miracle, il reste une place pour eux à la Colonie des oubliés. Au programme : ramassage de détritus, Club Biquet et glaces au sable.
De formidables vacances pourries en perspective !

 Chien pourri et Chaplapla sont de retour pour les vacances. Après Chien pourri et Joyeux Noël Chien Pourri, nous retrouvons nos deux compères pour les vacances à la mer mais rien n'est simple lorsque l'on vit dans une poubelle et qu'on ressemble à une vieille serpillère. 

Chien pourri et Chaplapla ont réussi à avoir les deux dernières places pour la colonie des oubliés pour voir la mer. À la plage, le très select club biquet, dans lequel on n'entre qu'en montrant patte blanche ou accompagné d'un humain-ami-pour-la -vie. Autant dire que ce n'est pas gagné d'avance...

Bon, je suis bien embêtée avec ce chien pourri moi! Comme j'adore les aventures de ce sale - au sens propre du terme - cabot, j'ai laissé traîner un peu trop longtemps le roman sur ma table de chevet et Prince Charming est tombé dessus...
Je me suis donc retrouvée avec un amoureux tout content de lui parce qu'il avait trouvé un nouveau chien pourri...il me l'a donc lu avant de s'endormir - interdiction d'éteindre la lumière avant de savoir si Chien pourri a pu intégrer le club biquet. Véridique! 

Les aventures de Chien Pourri m'ont non seulement plu mais elles ont aussi ravi mon amoureux qui est devenu complètement toqué de ce chien, au point de vouloir accrocher un poster Chien pourri dans notre chambre...si si..je vous jure. Cheshire en est vert de jalousie!  

On retrouve donc avec plaisir les mêmes ficelles sympathiques qui ont su séduire les lecteurs depuis les deux premiers tomes. L'écriture de Colas Gutman est savoureuse, autant pour les enfants que pour les parents et les dessins de Marc Boutavant très expressifs. Non mais regardez moi la bouille de Chaplapla!

Une nouveauté géniale que les enfants adorent, foi de libraire!

mercredi 4 juin 2014

Les Tchouks 1 et 2 - Benjamin Richard et Kerascoët


COUP DE CŒUR DE PERSÉPHONE

Aujourd'hui nous plongeons dans un univers mimi à souhait qui ravira les petits comme les grands et c'est une garantie, Prince Charming en est complètement fou, c'est vous dire! Aujourd'hui nous embarquons au pays des TCHOUKS. 

Les Tchouks sont nés de la rencontre de Benjamin Richard scénariste de séries Télé et de Kerascoët - pseudonyme derrière lequel se cache un couple, Marie Pommepuy et Sébastien Cossey, deux dessinateurs de Bd. Ils ont bien fait de s'associer parce que le résultat est super: drôle, mimi, un joli coup de coeur. Les deux premières aventures des Tchouks sont sorties en même temps, le 14 mai, chez Rue de Sèvres, l'éditeur bd de l’École des loisirs.
Les tchouks: On a fait une cabane!

Présentation de l'éditeur: Ils s’appellent Pitchouk, Patachouk, Tchougris, Tchoukrik, Tchoukidou, Tchougrak. Pas plus hauts que trois pommes, ils forment une chouette bande de copains à qui il arrive un tas d’aventures… Dans ce premier tome, les Tchouks réalisent qu’il leur manque une chose essentielle : une cabane ! Ils abandonnent séance tenante tous leurs jeux en cours pour se consacrer à sa construction. Mais comment doit-elle être : ÉNORME ou minuscule ? Heureusement que Tchougris, qui sera ingénieur quand il sera grand, fait les plans de ce que la bande a déjà construit... Et surtout, surtout, il ne faut pas qu’un grand puisse rentrer dedans. 

Non seulement ils ont des noms rigolos: Patachouk, Tchoukrik, Tchoukidou, Tchoubok mais ils sont aussi très attachants. Même s'il est parfois difficile de comprendre qui parle - encore qu'à partir du moment où vous avez compris que c'est le petit lapin, alias Tchoukrik qui raconte, tout va bien.

Les albums des Tchouk mélangent album et premières bulles où les autres petits Tchouk peuvent s'exprimer. L'intérêt de cette première bd/album tient surtout dans le fait que chaque petits personnages a une personnalité bien à soit. On notera sans soucis Patachouk le râleur de la bande qui a décidé de ne jamais faire comme tout le monde. Du choix de la taille de la cabane, aux plans, à la construction et à l'orage qui s'approche, la journée des Tchouks sera bien mouvementée.

J'ai adoré ces petits personnages à la bouille craquouillante et aux arrière plans très soignés. Je suis fan des dessins des Kerascoët!

Je ne résiste pas à vous mettre une planche qui concerne Patachouk, mon préféré, parce que ce râleur est vraiment trop marrant et que c'est aussi le préféré de Prince Charming!

Les Tchouks: on a vu la mer!

Présentation de l'éditeur: Ils s’appellent Pitchouk, Patachouk, Tchougris, Tchoukrik, Tchoukidou,Tchougrak. Pas plus hauts que trois pommes, ils forment une chouette bande de copains à qui il arrive un tas d’ aventures… Cette fois-ci, les Tchouks partent au bord de la mer. En sortant du bus, ils ne savent plus où donner de la tête : un cerf-volant à essayer, un château à déconstruire, des crabes à attraper. Ils ont à peine le temps d’imaginer le bateau de leur rêve : un trois-mâts de pirate pour Pitchouk? Un hors-bord pour Tchougrak ? Rien de tout cela, c’est un seul gros bateau qui vient tous les chercher, et c’est quand même super.  

Ils sont déjà de retour pour une nouvelle aventure, cette fois-ci, en vacances au bord de la mer. Encore une fois, on retrouve avec plaisir nos petits sacripants tous plein de bonnes idées pour cette journée à la plage. J'ai adoré retrouver les traits de caractères des différents Tchouk comme dans le premier: Patachouk râleur, Tchougrak marrant comme tout etc. J'ai d'ailleurs préféré cet opus au premier. Je les ai trouvé vraiment mignon et les décors de plage et de mer des Kerascoët me plaisent toujours autant.

Je ne peux que vous encourager à découvrir les Tchouks. Je sais que j'en ai lu deux très mauvaises critiques et j'aimerai un peu contrebalancer ces jugements parce que j'ai trouvé ça mignon et que le mélange album bd est pas mal du tout pour les 5 ans.  


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samedi 19 avril 2014

Sacrées souris - Lois Lowry

Présentation de l'éditeur: Pour vivre nombreuses, vivons cachées. Hildegarde, la Maîtresse Souris qui préside à la destinée des deux cent vingt souris de l’église Saint-Bartholomew, le sait bien. Toutes doivent apprendre à se faire discrètes pour ne pas effrayer les dames du comité paroissial. Elles savent que, sinon, une terrible épreuve les menace : le Grand X. Mais le danger devient de plus en plus proche. Ce sera bientôt le jour de la Bénédiction des Animaux, et les habitants de toute la région viendront à l’église avec leurs chiens, leurs chevaux et… leurs chats.

On connaissait Lois Lowry pour son excellent roman dystopique Le Passeur  - que je recommande chaudement, c'est un grand livre qui fait réfléchir à la manière de 1984 d'Orwell - voici qu'elle nous revient avec un roman pour les plus jeunes Sacrées souris!. Lois Lowry n'a plus besoin de faire ses preuves, ses romans pour enfants sont de petites perles à savourer. Si dans le Passeur, elle nous proposait une véritable réflexion sur la société, dans Sacrées souris!, c'est le parcours de toute une communauté qu'elle met en scène.

Hildegarde n'a pas la tâche facile. Lorsque l'on doit gérer 220 souris d'église, il n'est pas question de dormir sur ses lauriers. Entre une souris qui se permet de mettre bas sans la prévenir, sa rivale qui veut prendre sa place, la Bénédiction des animaux qui approche à grand pas et la menace du grand X qui plane toujours sur leurs têtes, Hildegarde aurait bien besoin de repos. 

Le roman a beau être court, il n'en est pas moins dense: riche de sens et de symboles. Hildegarde est un personnage assez hors norme qui m'a marqué par sa personnalité de cheffe bien trempée. Elle est dure, à la fois envers les membres de sa communauté - untel est assez stupide, telle autre n'arrête pas de mettre bas et ça la dégoûte - mais aussi envers elle-même. Elle s'astreint à une discipline et une rigueur qui font d'elle une parfaite souris d'église. 
Je n'ai pas trouvé le personnage d'Hildegarde sympathique car il faut avouer qu'elle ne l'est pas mais elle est remarquable par son dévouement pour sa communauté et ses talents de cheffe. Pas facile d'être une souris qui prend de l'âge et qui se sent investie d'une mission pareille. 

Comme souvent avec Lois Lowry, on sent bien l'importance de la religion chrétienne, c'était déjà le cas dans le Passeur sous forme de symboles, ici, ce sont plutôt les rituels qui sont mis en avant. Cependant, cet aspect du roman n'est pas gênant pour celles et ceux qui ne seraient pas croyant car elle sait bien utiliser son cadre afin de planter un décor et une ambiance, sans jamais faire de prosélytisme. Au contraire, c'est même intéressant de voir ces petites souris, à la manière de celles de Cendrillon, s'affairer pour que tout fonctionne dans l'église: rogner les fils qui dépassent des coussins ou des chasubles, nettoyer les taches faites par le vin de messe ou encore les voir chanter les cantiques d'église le dimanche.
Le roman ne manque également pas d'humour car à côté de l'austère Hildegarde, il y a toute une galerie de personnages assez truculents, avec leurs remarques farfelues ou joyeuses. Entre évitement des hommes et sauvetage impromptu, Hildegarde nous entraîne avec sa marmaille dans les tréfonds d'une petite église de campagne et de ses rituels jusqu'à l’apothéose final!

Un très joli roman, plein de rebondissements et d'entraide. De sacrées souris en somme que je vous engage à découvrir. 

mardi 25 mars 2014

Douze minutes avant minuit - Christopher Edge


Présentation de l'éditeur: Londres, 1899.
Tous les soirs, douze minutes avant minuit, un phénomène inquiétant frappe un hôpital psychiatrique : les patients se mettent à écrire frénétiquement d’étranges messages sur des papiers, des murs, et même leur peau. Penelope Tredwell, propriétaire à treize ans du célèbre magazine
Le Frisson illustré, et auteur d’histoires terrifiantes, décide d’enquêter.
Bientôt prise au piège dans une véritable toile d’araignée, Penelope regarde d’un oeil angoissé les minutes s’écouler : chacune d’elles la rapproche du vénéneux complot qui se prépare…

Vous me connaissez, je suis incapable de résister à un roman policier jeunesse qui se passe à l'époque victorienne. J'entends déjà les mauvaises langues du fond "Persie est incapable de résister à la période victorienne". Oui bon d'accord je suis faible tout le monde le sait merci bien. Du coup, quand j'ai reçu le tome deux de la série de Christopher Edge, je me suis dis que c'était vraiment bête de passer à côté du tome un et c'est comme ça que j'ai ouvert Douze minutes avant minuit et son héroïne Penelope Tredwell.

Pour ceux et celles qui ont lu The Agency (Tome 1, Tome 2), je m'attendais, peu ou prou, au même "genre" d'intrigues mais en un peu plus simple, tout simplement parce que The Agency était à destination des grands ado/young adult, alors que Douze minutes avant minuit est plus destiné au pré-ado. Finalement après l'avoir lu, je me rends compte que l'intrigue de Douze minutes avant minuit est bien sombre et que cela pourra aussi plaire aux ados un peu plus vieux.

Tout commence comme une intrigue policière un peu flippante. À la veille du nouveau siècle, Montgommery Flinch, l'auteur à succès du Frisson illustré, est convoqué par le directeur de l’hôpital Bedlam - l'asile psychiatrique de Londres - pour régler un mystère insoluble.
C'est vrai qu'avoir une héroïne de treize ans, indépendante et aussi éveillée peut être un problème pour le lecteur qui aurait dépassé la puberté. Cela dit, ça passe plutôt bien car Penelope est vraiment attachante et se sert plus de son intellect que de ses muscles ce qui rend le personnage crédible. En cela, elle n'est pas si loin d'un Lemony Snickett, jeune détective de treize ans lui aussi. Le contraste entre ce petit bout de femme et le monde des adultes qui l'entoure est plutôt bien fait car on ne manque pas durant le roman de lui rappeler que non seulement elle est jeune mais qu'en plus, elle est une fille - tare suprême vous en conviendrez comme Cheshire.
L'intrigue policière est intéressante et la jeune fille ne manque pas d'intuition. J'ai vraiment aimé le personnage de Penelope. Elle est dégourdie, elle n'a pas sa langue dans sa poche et c'est une fille maligne. j'ai vraiment pris plaisir à la suivre dans ses aventures, le contact est assez naturel et on a vraiment envie qu'elle finisse par sauver les adultes de leurs propres bêtises. 

Ce qui différencie surtout Douze minutes avant minuit de la série Agency, c'est la dimension fantastique que Christopher Edge donne à son récit. En effet, si l'essentiel du roman tombe dans le genre du policier, on ne peut nier que l'auteur ait voulu pimenter son récit par de petites touches de fantastiques. Douze minutes avant minuit devient de ce fait, un récit beaucoup plus flippant et étrange qu'attendu. Je ne peux pas en dire beaucoup plus au risque de vous gâcher le suspense mais Christopher Edge maîtrise bien à la fois le récit fantastique et le polar qu'il met en place. Il n'hésite pas à dépeindre une Londres noire et dangereuses, sans oublier les personnages tout droit sortis d'une ruelle sombre de Dickens.

J'ai été vraiment étonnée par la tournure assez sombre du récit, j'avoue que j'attendais quelque chose de plus "gentillet" que ça. C'est une excellente surprise donc, un vrai roman policier victorien pour les ados qui ne les prend pas pour des quiches.
À découvrir.

vendredi 14 mars 2014

Le Club de la Pluie au Pensionnat des Mystères - Malika Ferdjoukh


Présentation de l'éditeur: Quand Rose Dupin fait son entrée au collège à l’internat des Pierres-Noires, elle ne se doute pas de ce qui l’attend. Elle fait la connaissance de Nadget Mellaoui et de son sourire ravageur, ainsi que d’Ambroise, le fils des gardiens de l’internat, et de son chien Clipper. Il pleut ce jour-là sur Saint-Malo. Mais, depuis la tour de l’internat, ce sont des appels au secours qui pleuvent sous la forme de petits papiers. Qui peut bien envoyer de tels messages ? Un mystère que devront résoudre Rose, Nadget et Ambroise, réunis au sein du Club de la Pluie.

Malika Ferdjoukh est de retour et ce n'est jamais trop tôt! Cette fois-ci, l'auteure nous emporte à Saint-Malo dans l'internat du collège des Pierres-noires où les mystères s'accumulent. Une directrice absente, des objets volés, de mystérieux indices et une fine équipe...les intrigues se multiplient sous la pluie bretonne.

Je ne vais pas râler sur le fait qu'une fois encore, c'est un roman bien trop court que nous propose Malika - même si oui, c'est carrément über trop court en fait - parce que la suite ne saurait tarder...donc je vais passer l'éponge pour une fois. Autoritaire mais magnanime voyez-vous. 

Revenons à nos moutons, où plutôt à nos pensionnaires. Ils sont trois, Rose, Nadget et Ambroise et nous entraînent avec eux dans deux petites histoires, L’énigme de la tour et Le voleur de Saint-Malo, bien sympathiques. 

Comme toujours c'est un véritable régal de retrouver la plume de Malika Ferdjoukh et son don pour croquer les personnages qu'elle met en scène. Rose, Nadget et Ambroise sont très différents mais complémentaires et surtout très attachants. J'ai adoré d'emblée Rose et sa façon de parler très décontractée. On retrouve en elle un peu d'Enid Verdelaine, elle est très drôle et ses premiers échanges avec son père qui la conduit au pensionnat sont hilarants. Nadget quant à elle est complètement l'opposée de Rose un brin tomboy car elle est super jolie et super coquette, toujours avec un miroir à la main. Cependant, il ne faudrait pas croire que Nagdet est complètement idiote parce que féminine. Joli pied de nez à tout ce qu'on entend en ce moment, Nagdet est super intelligente et fait preuve de beaucoup de finesse, elle met Rose dans sa poche en quelques instants. Quant à Ambroise, c'est un bon petit gars, qui n'hésite pas à aider ses deux nouvelles amies.

J'ai beaucoup aimé que la première histoire soit racontée par Rose et la seconde par Nagdet car le changement de point de vue permet non seulement de mieux connaitre les protagonistes mais aussi de varier le ton et la plume. Bien que s'adressant aux 9-12 ans, il y a dans Le Club de la Pluie au pensionnat des mystères toute la verve de Malika Ferdjoukh qui plaira aux plus vieux. 

Les intrigues sont très simples et souvent résolues à la dernière minute par un coup de bol mais vu l'âge des héros, je trouve ça plutôt bien trouvé. Malika Ferdjoukh sait très bien se mettre à la portée de ses lecteurs sans les prendre pour des idiots.

Ce nouveau roman de Malika ne serait pas complet sans des allusions et références au cinéma américain! Rassurez-vous, Fred Astaire et Gene Kelly sont bien là! Nadget est une fan des comédies musicales américaines, avec un peu de chance cela déclenchera des vocations.
Enfin, elle n'oublie pas de nous parler de la Bretagne. Ce n'est pas pour rien que le pensionnat se trouve à Saint-Malo. Kouignamann, pluie et marée, j'ai l'impression de rentrer à la maison en lisant ses lignes. 

Sans surprise, j'ai adoré! Un roman intelligent et bien écrit, parfait pour tous les détectives en herbe...et les confirmés! J'ai hâte de retrouver notre petit groupe cet automne dans Le Club de la Pluie dans la tempête.

dimanche 23 février 2014

Mais qui cela peut-il être à cette heure? - les fausses bonnes questions de Lemony Snicket #1


Présentation de l'éditeur: C'est l'histoire d'une ville, c'est l'histoire d'une fille, c'est l'histoire d'un vol. Je séjournais dans la ville, j'enquêtais sur le vol, j'étais persuadé que la fille n'y était pour rien. J'avais pas loin de treize ans et j'avais faux. Faux sur toute la ligne. J'aurais dû me demander : «Pourquoi aller raconter qu'on vous a volé un truc quand ce truc n'a jamais été à vous en réalité ?» Au lieu de quoi, je me suis posé la mauvaise question - quatre mauvaises questions au bas mot. Ce qui suit est le rapport détaillé de la première.

Vous connaissez tous je pense Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire et ses personnages, Violet, Klaus et Prunille (Sunny pour la VO) qui nous ont entraîné dans leurs folles histoires toutes plus horribles les unes que les autres. Si j'avais été déçue du treizième tome, il me tardait néanmoins de retrouver la plume de "Lemony Snicket". 

Nous voilà donc plongés dans l'adolescence de l'auteur pour cette nouvelle série en 4 volumes Les fausses bonnes questions de Lemony Snicket. C'est un réel délice de retrouver la plume pleine d'humour de Lemony Snicket. Comme dans les Orphelins Baudelaire, nous sommes prévenus à l'avance de ce qui ne va pas aller, des erreurs que vont commettre les personnages - surtout lui - tout en parvenant à conserver une bonne dose de mystère. 
Qui est la personne avec qui Lemony Snicket avait rendez-vous? Quel est son projet secret? Que fait-il à Salencre-sur-mer avec une mentor plus nulle que nulle et pourquoi dire qu'on vous a volé une statuette si elle n'a jamais été à vous en premier lieu? 
Cela fait beaucoup de questions, auxquelles le jeune Lemony Snicket, va devoir répondre et parfois, de travers!

Depuis Londres, le lecteur est traîné dans cette ville imaginaire qu'est Salencre-sur-mer, ville réputée pour son extraction d'encre qui se retrouve dans les stylos plumes. A présent à la dérive, la ville se vide et ses derniers habitants ont des motifs pas toujours très clairs. C'est là que le jeune Lemony va tenter de se débarrasser d'une mentor incompétente, rencontrer une adolescente qui s'entraîne à devenir journaliste, un bibliothécaire peu regardant, une jeune fille à la recherche de son père et plusieurs mystères insondables dont les résolutions nous attendent dans les tomes suivants. 

J'ai été séduite sans hésiter par le style de Lemony Snicket. Toujours enlevé et drôle, il ne prend pas non plus ses lecteurs pour des idiots et son propre personnage est plutôt dégourdi pour ses 13 ans. A côté de ce style joyeux et entraînant, le roman est bourré de références littéraires. Je ne sais pas dans quelle mesure les adolescents qui liront le livre seront capables de les comprendre mais pour les plus vieux, grands ados ou adultes, c'est un véritable régal. 

Un récit drôle, entraînant, intelligent. Ma chronique est courte mais je n'ai pas grand chose d'autre à dire hormis: lisez-le et faites-le lire!

vendredi 14 février 2014

Et si on se mettait à la BD? Episode 7: Quatre sœurs la BD - Malika Ferdjoukh et Cati Baur : tome 1 et 2, Enid et Hortense


Les Quatre sœurs, c'est mon roman jeunesse préféré de l'univers entier, rien que ça. Les Sœurs Verdelaine et la Vill'Hervé je les adore au point que je regrette toujours que Charlie, ma préférée, n'ai pas son tome consacré, rien que pour pouvoir recroiser le beau Valéry. La bande dessinée de Cati Baur et de Malika Ferdjoukh était sortie une première fois chez Delcourt mais je n'avais pas eu l'occasion de la lire. Elle est tout récemment ressortie chez Rue de Sèvres, la maison d'édition BD de l'Ecole des Loisirs qui nous promet cette fois la série complète. Ni une ni deux, j'ai donc pu mettre la main sur les deux premiers tomes disponibles, Enid et Hortense.


Découpées de la même façon que les romans, c'est à dire en quatre volumes, la BD suit pas à pas les livres qu'elle met en scène.

J'ai adoré voir vivre à travers le dessin mes cinq sœurs préférées - quid des sœurs Bennet me direz-vous, je répondrais que des cinq, je n'en aime que deux...Je ne sais pas si je les imaginais véritablement comme ça en lisant le roman mais la BD m'a tout de même convaincue. Les sœurs Verdelaine sont différentes les unes des autres, tant physiquement que psychologiquement et on arrive bien à les distinguer.

Charlie, avec son air de lutin et ses cheveux courts, reste ma préférée et j'adore le look que Cati Baur lui donne, avec ses pull trop grands, sa salopette et son pantalon à bretelles. C'est un style qui me ressemble assez dans ce que j'aime et je me sens donc très proche de l'aînée des Verdelaine. Geneviève à un physique très agréable, elle fait très douce et cela dégage un contraste assez marrant lorsqu'elle fait du baby-sitting pour les jumelles Desroulliere. Bettina est superbe et bénéficie souvent de gros plans très jolis sur ses cheveux roux et ses tâches de rousseurs et même si c'est la sœur que j'aime le moins, je la trouve réellement touchante qu'à partir de la fin du tome 2, la bande dessinée lui rend joliment hommage avec son petit nez en pointe. Hortense se fait très discrète dans le premier tome mais heureusement, la seconde histoire lui est consacrée et c'est un personnage - dans le sens fantasque du terme - qui se révèle aux lecteurs et lectrices. Enid enfin est vraiment drôle parce qu'elle ne se rend pas compte qu'elle est encore un bébé pour ses sœurs et que sa lubie de sauver sa chauve souris Swift en plein orage aurait pu avoir des conséquences terribles. Avec sa jolie bouille et ses barrettes roses, elle apporte de la gaieté dans la Vill'Hervé.

 Présentation de l'éditeur: Orphelines depuis peu, les soeurs Verdelaine vivent à la Vill'Hervé, une grande maison en bord de mer. Enid, c'est la plus jeune, celle qui ne comprend pas vraiment les choses de l'amour, celle que personne ne croit quand elle dit qu'elle a entendu un fantôme hurler dans le parc. Ni Geneviève, ni Hortense, ni Bettina... Pas même Charlie l'aînée qui s'occupe de toute la petite tribu. 

Dans ce premier tome, nous apprenons donc que les filles Verdelaine vivent désormais seules, à la suite de la mort de leurs parents, Lucie et Fred. C'est Enid, la plus jeune qui nous entraîne tout d'abord dans leur grande maison au bord de la mer, la Vill'Hervé, où le vent s'engouffre dans un bruit de hibou asthmatique. Les fuites, la chaudière qui déconne, le macaroni - cet escalier biscornu - l'aile des filles et l'aile de Bettina avec salle de bain perso - lenteur de douche de la demoiselle oblige - mais heureusement il y a aussi les pâtisseries de Geneviève, les vêtements bien repassés et Charlie et ses outils. Il y a aussi Basil, l'amoureux de Charlie, médecin de son état qui vient aider la tribu Verdelaine dès qu'un nez se met à couler. 

Les filles ont aussi un secret, elles parlent toute à leurs parents disparus, qui apparaissent toujours vêtus n'importe comment. Réconfortant et douloureux, ces apparitions sont l'occasion pour les filles de confier ce qu'elles ont sur le cœur. 

A côté de la grande tempête qui s'abat sur la Vill'Hervé, détruisant le puits et le vieil arbre, Colombe, une jeune fille dont les parents sont à l'étranger, vient passer les vacances chez les Verdelaine au grand dam de Bettina qui redoute une rivale. Il faut dire que Colombe est aussi belle que gentille et ça a de quoi énerver. Sauf que non...Colombe a tout de Miss parfaite mais elle est vraiment adorable, bien élevée et c'est une bonne nature. Elle n'en veut jamais à Bettina pour ses impolitesses et ses vacheries, ne la dénonce pas, parce qu'elle sait que cela ne sert à rien. C'est finalement Bettina qui nous apparaît comme une insupportable ado, jalouse et mauvaise jusqu'à la fin du tome. Il lui faudra faire encore un peu de chemin avant de grandir! 

Colombe est très joliment dessinée et correspond bien à l'image que je m'en faisais et le beau Juan avec ses cheveux roux et ses tâches de rousseurs était parfait aussi!

 Présentation de l'éditeur: Dans ce deuxième tome de ta série, il est question d'Hortense, 11 ans, qui passe sa vie dans les livres et se demande ce qu'elle va devenir : un personnage de sa série préférée ? Chirurgienne des maladies incurables pour venir en aide à sa nouvelle amie Muguette ? Ou bien comédienne ? Mais pour monter sur scène, Hortense va devoir vaincre sa timidité... C'est dans son journal intime dont elle nous livre des extraits, qu'Hortense s'interroge et partage les hauts et les bas de sa vie d'adolescente. 

Enfin nous découvrons Hortense, 11 ans et malheureuse, noyée dans la masse de ses sœurs. Trop de filles dans cette maison, trop de caractères différents et surtout trop de Bettina qui ne voit sa petite sœur que pour se moquer d'elle. Lorsque Hortense rencontre Muguette, une petite fille gravement malade mais pleine de vie et d'espièglerie, l'adolescente se dit qu'il est temps d'agir. Grâce à cette nouvelle amitié et aux cours de théâtre, Hortense sort lentement mais sûrement de sa coquille et se découvre une passion. 

J'ai beaucoup aimé que ce tome-ci prenne une forme qui lui est propre, notamment avec les pages du journal d'Hortense qui jalonne la lecture. C'est donner vie au roman d'une façon visuelle fort agréable. 

Parallèlement à Hortense, c'est Bettina qui vit une histoire peu commune avec un magicien nommé Merlin aussi drôle et gentil que laid. Entre la peur d'être rejetée par ses amies et la découverte de l'amour, Bettina passe de l'odieuse à l'émouvante. Les deux premiers tomes en font finalement un personnage de premier plan parfois au détriment de Geneviève ou Charlie que l'on voit moins.

J'ai beaucoup apprécié ce que Cati Baur a fait de Merlin. Le garçon a d'immenses oreilles et un grand nez mais il est immédiatement attachant comme dans le roman. On a envie de rire avec lui et de le voir faire des tours de magie. C'est un personnage que j'avais déjà adoré dans le roman et ici, tout comme Colombe dans le tome 1, Cati Baur a su le retranscrire juste comme il fallait. De la même façon j'ai trouvé le personnage de Muguette très juste. On voit bien qu'elle est malade, avec ses yeux cernées et ses cheveux très courts qui ont l'air d'être un petit duvet, mais en même temps, il se dégage une très grande force de son personnage ainsi que beaucoup d'humour. Cati Baur a gardé toutes les expressions de Muguette, les "Maine et Loire" ou autre "Tarn et Garonne" qui m'ont toujours beaucoup plu.

Ces deux premiers tomes des adaptations des Quatre sœurs retranscrivent avec brio mes romans chéris. Des larmes de rire en passant par celles de tristesse, des disputes aux franches rigolades, c'est avec une joie non dissimulée que l'on se replonge dans les aventures des cinq filles Verdelaine. Il est indéniable que l'on sent la complicité des deux auteures. Une lettre de Malika Ferdjoukh au début du premier tome retrace d'ailleurs leur rencontre et leur projet. De l'inspiration très hollywoodienne de Malika Ferdjoukh, toujours très friande du cinéma de l'âge d'or, aux choix de Cati Baur, la BD finale ressemble bien à la mise en image des romans. 

L'humour et les mots d'esprit qui les jalonnent non pas disparu non plus et c'est avec le sourire et en attendant la suite que l'on referme ces deux premières bandes dessinées.

J'ai déjà parlé des dessins de Cati Baur pour ses personnages mais il faut encore mentionner tous les décors et les paysages. J'adore plus que tout la Vill'Hervé, absolument magnifique. Elle figurait déjà dans le Top 10 des maisons dans lesquelles je voulais vivre mais la voir presque en vrai est insoutenable. Immédiatement, nous sommes plongés dans l'ambiance et la Vill'Hervé et les cinq Verdelaine prennent corps. Trois pages de BD c'est tout ce qu'il aura fallu pour m'avoir, sans parler de la plage, des falaises d'Hortense et de la chambre de Geneviève avec son lit que l'on peut entièrement fermer. J'ai hâte d'arriver dans les autres tomes lorsque les filles vont à Paris. La capitale sous les pinceaux de Cati Baur ne doit pas manquer d'attraits.

La maison idéale, au bord de la mer!

Je ne peux donc QUE vous recommander ces deux premiers tomes, dans l'attente fébrile des deux derniers. Ceux qui ont lu les romans vont juste adorer, pour les autres, c'est une excellente occasion de découvrir l'univers des cinq soeurs Verdelaine et de Malika Ferdjoukh.

Dessin préparatoire de Cati Baur, trouvé sur son blog

vendredi 10 janvier 2014

Le mystérieux cercle Benedict - Trenton Lee Stewart



Suite à la parution de cette intrigante annonce dans le journal, des dizaines d’enfants se sont portés volontaires pour passer une série de tests aussi insolites que difficiles. En fin de compte, seuls quatre candidats très spéciaux parviendront à les réussir. Mais déjà un autre défi les attend : une mission secrète que ne peuvent accomplir que des enfants d’une intelligence et d’une débrouillardise hors du commun. Pour la mener à bien, ils devront entrer incognito à la Très Originale Pension Scolaire, où l’unique règle est qu’il n’y a pas de règle.

Confrontés à des périls physiques et psychologiques plus effrayants que tout ce qu’ils auraient pu imaginer, nos héros n’auront d’autre choix que de se serrer les coudes. Mais cette amitié toute neuve sera-t-elle assez forte au moment d’affronter la plus terrible des épreuves ?(source)

Le mystérieux cercle Benedict est une série de romans jeunesses écrite par Trenton Lee Stewart et qui comprend dans sa version originale déjà trois volumes et une novella. En France, vous pouvez dores et déjà vous procurer les deux premiers tomes, le troisième sera disponible quant à lui au printemps 2014.

Ce roman m'a fait de l’œil dès sa sortie anglaise. Je le croisais partout à Cambridge dans les librairies et j'étais vraiment attirée par sa couverture. Le dessin, dans un style qui me plait beaucoup, a pu me faire penser qu'il s'agissait d'une histoire se déroulant dans une maison alors qu'en fait pas du tout. Quoi qu'il en soit, j'ai attendu, attendu, attendu et finalement, c'est grâce au rer parisien que j'ai décidé de craquer. Oui deux heures c'est beaucoup trop long comme temps de transport et il me fallait un bon livre pour décompresser. En plus, ma libraire jeunesse n'arrêtait pas de me le vanter et vu que nous avions toutes deux aimés Vango et Tobie Lolness, j'ai décidé de lui faire confiance. Merci Anne!

Si Le mystérieux cercle Benedict n'est pas le coup de coeur que je m'attendais à avoir, il n'en reste pas moins que c'est un roman extrêmement sympathique qui plaira au plus grand nombre. 

J'ai tout de suite aimé les parti pris de narration puisque nous commençons le récit par la découverte de Reynie et c'est son point de vue que l'on adopte. Cependant, ce point de vue est vite nuancé lorsque l'on rencontre les autres personnages. C'est intéressant parce que du coup, bien que l'on soit souvent plus proche de Reynie, cela n'empêche pas de bien comprendre qui sont les autres enfants du cercle Benedict et ce qu'ils ressentent. Il est toujours difficile de bien caractériser des personnages multiples et encore plus les membres d'un groupe mais ici, Trenton Lee Stewart s'en sort bien. C'est même très agréable de découvrir quatre enfants radicalement différents les uns des autres mais aussi des autres enfants que l'on croise à la Très Originale Pension Scolaire (TOPS).

L'intrigue se fait en deux temps. C'était plutôt sympathique de commencer par le recrutement de l'équipe. Les épreuves sont assez loufoques, on découvre les enfants un par un et leurs particularités ne manquent pas de nous sauter aux yeux. L'ensemble est peut-être un peu long à se mettre en place mais j'ai apprécié cette entrée en matière en douceur, notamment parce que la suite se révèle beaucoup plus punchy et que par la même occasion, ce sont d'autres capacités et d'autres relations entre les enfants que le roman met en avant. 
Dans un second temps, nous retrouvons notre super équipe à TOPS. J'ai adoré la description de la pension, les autres élèves et l'ambiance étrange qui y règne. D'habitude, les pensions font rêver. Comme Hogwards tout le monde a envie d'y être mais TOPS est légèrement différente. C'était extrêmement drôle de voir Reynie et les autres relever toutes les contradictions dans les non-règle établies par Monsieur Curtain, le directeur. Le personnage en soit est aussi excellent. Sur son fauteuil, son air faussement aimable ne trompe pas les enfants une seule seconde. Cette deuxième partie est aussi plus dynamique et entraînante quoique parfois un peu longue.
C'est sans doute le défaut majeur du roman à mon sens. Le rythme n'est pas toujours bien gérer et on passe d'une période un peu lente à une période plus dynamique sans parfois voir où cela va nous mener. C'est sans aucun doute le fait que le récit débute lentement, prenne son temps pour se poser, tandis que certains événements à la pension rendent le récit un peu plus vif. Ce n'est pas non plus un énorme problème soyons d'accord. Le livre ne vous tombera pas des mains et il se lit bien. Je regrette peut-être juste un peu qu'il ne se soit pas révélé être un super page-turner pour moi. 

Cependant, il y a deux points que j'ai particulièrement aimé dans Le Mystérieux cercle Benedict et qui font que je recommande cette lecture aux enfants à partir de 8 ans mais aussi aux ado.

Les personnages et notamment ceux des quatre enfants sur géniaux. Pourquoi? Tout simplement parce que l'auteur réussi à présenter quatre personnalités bien distinctes avec des défauts et des qualités qui empêchent toute hiérarchisation au sein même du groupe. En n'oubliant pas non plus la parité, deux garçons, deux filles, et la diversité, Trenton Lee Stewart permet la création d'un groupe hétérogène mais équilibré. Si Sticky est indubitablement le plus intelligent de la bande - il possède une mémoire eidétique qui lui permet de retenir absolument tout ce qu'il voit - il est peureux et a besoin des autres pour l'aider à avancer dans les épreuves. Reynie est un garçon intelligent doté d'un esprit d'analyse et d'une logique implacables. Les deux garçons se complètent bien d'ailleurs sur ce point. Bien que vif et leader naturel, Reynie est quelqu'un qui doute et qui aura besoin de ses amis pour surmonter ses peurs. Kate est une gamine débrouillarde et agile qui n'est pas dénuée d'intelligence même si elle ne se montre pas sous la même forme que celle de ses deux camarades. Quant à Constance, c'est un personnage très mystérieux mais sans aucun doute le plus réussi et le plus surprenant du lot. J'ai vraiment aimé ces quatre gamins parce qu'ils montrent tous des qualités différentes mais valables pour chacun d'entre eux. L'intelligence de Sticky n'est pas valorisée par rapport à l'habileté de Kate et c'est un message que je trouve particulièrement intéressant pour les enfants. Finalement, l'union fait la force et c'est le message positif que j'ai aimé retenir du roman.

A côté de ses personnages sympathiques, le roman est bourré d'énigmes et de devinettes. Il y a un petit goût des Désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire dans Le mystérieux cercle Benedict avec ses enfants débrouillards qui doivent s'adapter, répondre à des énigmes, trouver des solutions à des situations désespérées et enfin, sauver le monde. J'adore les romans qui non seulement offrent des modèles positifs et diversifiés aux enfants mais qui sont aussi capables de les mettre au défi intellectuellement. Ils pourront toujours développer leur imagination avec les membres du cercle Benedict mais les énigmes et challenges sont pour moi un petit plus non négligeable. 

Un groupe d'enfants très sympas, des énigmes, un Mr Benedict mystérieux et attachant, un excellent moment de lecture. Je lirai la suite sans aucun doute!
N'oubliez pas de jeter un œil sur le site internet dédié aux livres. Vous trouverez même des quizz et des petits jeux pour accompagner la lecture! Amusez-vous bien.