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vendredi 9 mai 2014

Les tribulations d'une cuisinière anglaise - Margaret Powell


UN VRAI RÉGAL!

Présentation de l'éditeur: Dans l'Angleterre du début des années 1920, la jeune Margaret rêve d'être institutrice, mais elle est issue d'un milieu modeste et doit "entrer en condition". De fille de cuisine, elle devient rapidement cuisinière, un titre envié parmi les gens de maison. Confinée au sous-sol de l'aube à la nuit, elle n'en est pas moins au service de ceux qu'on appelle "Eux", des patrons qui ne supporteraient pas de se voir remettre une lettre par un domestique autrement que sur un plateau d'argent.

Elle saura leur tenir tête et rendra souvent son tablier pour améliorer ses conditions de travail, jusqu'à ce qu'elle trouve enfin, sinon le prince charmant, du moins le mari qui l'emmènera loin des cuisines des maîtres.
 
Margaret Langsley, ce n'est pas un nom pour être en condition, c'est un nom pour faire du cinéma ça."
Cette petite phrase, c'est ce que s'entend dire la jeune Margaret par sa patronne, une Lady machine, qui trouve que son nom fait un peu vulgaire et tapageur. La jeune fille, qui vient de rentrer "en condition" comme on dit, va vite comprendre qu'entre "Eux", ceux d'en haut et elle, qui appartient à ceux d'en bas, il y a tout un monde.

Publié en 1968, ce témoignage de Margaret Powell, nous régale des souvenirs d'une fille de cuisine puis de la cuisinière qu'elle est devenue dans les maisons huppées - ou moins huppées - du Londres des années 20-30. De la patronne qui veut que les lacets de chaussures soient impeccablement repassés tous les jours à celle qui demande qu'on lui cuisine des plats dignes de Buckingham avec trois fois rien, c'est toute la diversité d'un métier disparu que Margaret nous raconte. 

On entre dans Les tribulations d'une cuisinière anglaise comme on entre dans un roman. Dès la première page, on est saisi par le franc-parlé de Margaret et sa joie de vivre car croyez-moi, cette jeune fille sait où elle va! Pas question pour elle d'être malheureuse même si tous les jours n'ont pas été rose. C'est à la force de sa volonté qu'elle compte bien s'élever dans la société. Citadine d'une petite ville anglaise, Margaret voit le jour dans une maison où il y a trop d'enfants et où son père, pourtant travailleur loin des clichés du prolétaire du début du siècle, n'a pas de travail en hiver. Après un passage à la blanchisserie, elle se voit donc forcée d'"entrer en condition" ce qui la rebute. 

On s'attache très vite à cette femme qui écrit comme elle parle, qui n'hésite pas à parler de tous les tracas du quotidien: sexualité, fatigue, ennuie, amour, tout y passe avec un bon sens et un pragmatisme bien anglais. Elle s'étonne encore que ses patrons, démissionnaires au sujet du bien-être physique de leur employé/es, s'inquiètent constamment de leur morale. Comme elle le démontre si bien, lorsque l'on vient d'un milieu pauvre, entre la peur et l'ignorance, on sait que se retrouver enceinte, c'est la fin de tout.

J'ai vraiment aimé qu'elle commence son récit par son enfance, cela permet de mieux comprendre d'où elle vient et surtout ce qui la pousse à entreprendre un métier qu'elle déteste. C'est aussi une femme en avance sur son temps avec pas mal d'idées progressistes et féministes - même si je doute qu'elle se revendique comme telle - sur la place des femmes dans la société et les injustices qu'elles subissent. On sent également l'importance du mariage dans ce Londres de 1920/30 comme seul échappatoire possible à sa condition. C'est assez tragique de penser que seul ce biais là pouvait lui permettre de changer de statut social et de commencer une nouvelle carrière.

On découvre des choses aberrantes dans son récit, comme le maintient à tout prix d'une certaine classe sociale, peut importe ce que ça implique pour les employées: les mauvaises conditions de travail, les places dont on bouge parce que trop mal payées ou parce que la patronne est insupportable, les patrons qui aimeraient vous voir faire plus que cirer les parquets mais aussi les patrons humains qui prennent soin de leurs personnels.

Témoignage touchant tout autant qu'essai sociologique sur une société disparue, Les tribulations d'une cuisinière anglaise se dévore en une fois. Impossible de ne pas se prendre au piège et de continuer à lire alors même qu'il n'y a ni histoire ni suspense, autre que de savoir ce qu'est devenue Margaret Langley.

Ne craignons rien pour Meg, elle s'en est très bien sortie et on est ravi! Une plongée dans le monde "Upstairs Downstairs" qui nous laisse un petit goût de Downton Abbey.

lundi 24 décembre 2012

It's nearly Christmas!

CHRISTMAS TIME! 

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Le Doctor nous a tous sauvé! Du coup c'est bientôt Noël. Comme je ne suis pas sûre de vous voir demain, je suis une femme très occupée et j'ai promis à Cheshire de lui faire des muffins de Noël (oui je suis une bonne âme, mais que voulez-vous, je l'aime ce chafouin) je préfère vous parler de tout maintenant.

Ce qu'il ne faut pas manquer cette année (à part le foie gras et les chocolats of course):

Sur la BBC:

- L'épisode de Noël de DOCTOR WHO "The snowmen" le 25 décembre à 6h15 heure française
- L'épisode spécial de Call The Midwife que je vous recommande, cette série est magnifique. Il est diffusé le 25 décembre à 20h30 heure française
- Les deux derniers épisodes de Merlin diffusés ce soir à 21h15 heure française


Sur ITV (oui je sais ça en fait des trucs à voir) :

- Episode de Noël de Downton Abbey demain soir à 21h45 heure française
- The Making of a Lady que vous pouvez vous en replay
- Doors Open avec Stephen Fry mercredi 26 décembre 22h heure française


Pour finir (et comme vous avez eu le droit à une overdose de Richard sur la page Facebook) voici une image bien swoonnante pour célébrer Noël.


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Je vous fais donc de gros

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A très vite!
Persie.

mardi 2 octobre 2012

Ces extravagantes soeurs Mitford - Annick Le Floc'hmoan

Présentation de l'éditeur: Au début du XXe siècle, dans la noblesse anglaise encore flamboyante, naissent les célèbres soeurs Mitford. Leur destin sera hors du commun. Nancy, amoureuse de la France et de Gaston Palewski, gaulliste historique, devient une romancière célèbre. Diana brûle pour le fascisme anglais naissant et se compromet auprès de son chef de file ; Unity devient une proche amie de Hitler ; tandis que Jessica, l'avant-dernière de la fratrie, s'engage auprès des jeunes républicains espagnols avant de rejoindre le parti communiste. Seules Pamela et Déborah suivent la voie rêvée par leurs parents, et se marient dans le luxe et le conservatisme. A travers le portrait étonnant de ces femmes passionnées, prises dans les tourments de la crise économique et des deux guerres mondiales, ce document présente une vibrante traversée du siècle.

Il est des familles particulières et la famille Mitford en fait décidément partie. Vous connaissez peut-être Nancy Mitford, l'aînée, romancière et amoureuse de la France à qui l'on doit La poursuite de l'Amour. Mais c'est sans compter sur Pamela, Diana, Unity, Jessica et Deborah, sans parler de leur frère fasciste notoire. Annick Le Floc'hmoan retrace pour nous l'itinéraire de ces femmes hors du commun dans tous les sens du terme! 

Grâce aux lettres de Nancy, à ses romans, à l'autobiographie de Jessica Mitford Hons and Rebels (que je meurs d'envie de lire maintenant) et à celle de Diana Mitford, A life of contrast (qui me tente beaucoup moins), Annick Le Floc'hmoan recompose les vies de ses femmes si particulières, engagées toujours à l'extrême pour l'une ou l'autre cause.
En lisant cette biographie multiple, on ne peut que penser à Brideshead revisited, roman d'Evelyn Waugh qui évoque cette aristocratie anglaise prise dans la tourmente. Evelyn Waugh était d'ailleurs un ami proche de Diana puis de Nancy, ils s'écrivent jusqu'à la mort d'Evelyn plusieurs lettres par semaine.  L'aristocratie anglaise et sa décadence tiennent une place à part dans le livre d'Annick Le Floc'hmoan. C'est un personnage à part entière que l'on effleure à travers les amis de Nancy Mitford.  

C'est évidemment Nancy que l'on suit le plus car c'est l'aînée de la fratrie et l'une des plus connue. Malgré tout, les destins s'entrecroisent et composent une famille déchirée par les différents politiques et l'évolution de l'aristocratie. 

J'ai eu un véritable coup de coeur pour Jessica Mitford! Jeune fille volontaire, passionnée qui n'hésite pas à rompre avec sa famille pour aller jusqu'au bout de ses idées. Communiste, elle s'engage aux côtés de son jeune mari dans la guerre civile espagnole. J'ai été bouleversée par son destin, ses tragédies et j'ai vraiment appris à l'apprécier. C'est une femme au destin incroyable que j'ai très envie de découvrir d'avantage grâce à son autobiographie. Comment penser que cette communiste qui a passé toute sa vie à combattre des injustices de toute sorte était tellement proche de sa soeur Unity? 
Nancy également m'a passionnée même si j'éprouve des sentiments différents. Nancy est très particulière à la fois adorable et profondément blessante. J'ai ressenti de la pitié pour elle, ces déboires sentimentaux et ses échecs personnels m'ont vraiment bouleversée. En même temps elle peut être odieuse et proprement insupportable! En politique, si elle n'a jamais soutenue les idées extrémistes d'une grande partie de sa famille, elle est une conservatrice convaincue. C'est peut-être le seul personnage de la famille qui soit réellement en nuance, changeant tandis que les autres soeurs ont des caractères et des opinions bien tranchés. 

Diana et Unity sont très différentes! Anti-conformistes à leur façon, se sont des profondes adeptes du nazisme. Unity Walkyrie Mitford était particulièrement fanatique, proche du Führer, elle se dévoue au nazisme avec une rage hallucinante. Quant à Diana Mitford, elle quitte tout pour le chef du parti fasciste  britannique. Elles sont elles-aussi faites d'un bloc uniforme. S'en est même profondément gênant tant on ne sent pas de recul de leur part dans leurs idées et leurs actes...


Dans cet entrelacs de destin hors norme, se joue le passage d'une époque, celle des années 20 insouciantes, puis celle de la guerre désespérante et le monde changeant des années 50, 60, celles où Nancy ne se reconnait plus. C'est un monde entier que l'on découvre à travers les vies des soeurs Mitford, dignes des plus grands romans du XXe siècle.


Annick Le Floc'hmoan fait renaître leurs histoires aussi bien que si elle avait inventé ces personnages et plonge le lecteur dans une période fascinante du XXe siècle. On sent tout le travail de l'auteur pour recomposer la vie des soeurs Mitford ainsi qu'un soucis d'objectivité. Elle nous présente ses femmes entières sous tous leurs aspects, leurs contradictions. Une lecture que je recommande donc! 

dimanche 8 juillet 2012

Rencontre avec Elisabeth Navratil


Comme je vous le disais dans ma chronique sur Les enfants du Titanic, j'ai rencontré l'auteure à un rendez-vous chez Hachette jeunesse.

Elisabeth Navratil nous a gentiment parlé de son parcours. Comment en est-elle venue à vouloir écrire sur le Titanic, combien de rééditions et modifications son livre a subi, son histoire familiale etc.

Je vous livre mes notes prises pendant la réunion. (Veuillez m'excuser du côté parcellaire et pas toujours organisé, le rendez-vous était en février dernier).

Son père a eu beaucoup de mal à parler du Titanic car c'est un épisode qui l'a beaucoup marqué même s'il n'avait que 4 ans. Même si Elisabeth Navratil a tenté de lui faire parler du Titanic, il lui répondait toujours de la même façon. Un jour, Michel Navratil a reçu une lettre de Sydney Tyler, un ami de la famille qui avait recueilli Michel et son frère après le naufrage à Philadelphie. Sydney Tyler offre à Michel un tapuscrit dans lequel il raconte tout ce qu'il s'est passé à New York. Le tapuscrit décrit la vie de Michel et son frère jusqu'au moment où leur mère est venue les chercher et les a ramené en France.

Cet épisode a donné envie à Elisabeth Navratil d'en apprendre plus sur l'histoire de sa famille et de trouver des réponses quant à ce que son père et son oncle avaient pu vivre.
En 1982 elle publie son premier livre sur les Enfants du Titanic. C'est un livre qu'elle a publié en secret sans que son père le sache. Il s'appuie sur des bases plus ou moins scientifiques et les héros portent des pseudonymes. Elle reçoit le prix Jules Vernes pour ce premier roman.
En 1998 sort la deuxième version des Enfants du Titanic en livre de poche. Un tiers du livre original est tronqué. Ce qui se passe avant le Titanic dans l'histoire de Michel (le grand-père d'Elisabeth) est reporté sous la forme de flash-back. Ce second roman est mieux documenté grâce à la découverte de l'épave en 1985.
La famille Navratil se rend sur les lieux du naufrage. C'est là que Michel Navratil décide de parler à sa fille de ses souvenirs de la traversée.


C'est là qu'elle décide de raconter la vraie histoire de sa famille sous la forme d'un roman. Elle tient aussi à raconter via son histoire familiale, l'histoire du RMS Titanic.

Des détails de son histoire son assez incroyable, comme le fait que son grand-père Michel Navratil avait kidnappé ses propres enfants à leur mère et qu'ils voyageaient sous des noms d'emprunt: Louis Hoffman et ses enfants. Les enfants qui ne connaissaient que leur surnom "Lolo" pour Michel et "Monmon" pour Edmond, ont été incapables de renseigner les autorités après le naufrage.

Malgré tout, il y a un manque dans l'histoire des enfants. Entre le moment de l'impact et une certaine heure de la nuit (le bateau a heurter l'iceberg vers 23h40 et a coulé à 2h20) il n'existe aucune trace des enfants et de leur père. Elisabeth Navratil décide donc de combler cette lacune, ce qui explique que Les Enfants du Titanic soit un roman et non un "pur" documentaire. Elle imagine alors que la famille Navratil s'est retrouvée coincée en 3eme classe (ils étaient passagers de 2ème classe).
Michel Navratil père sera retrouvé le lendemain matin. Il fut le 6ème repêché.

Elisabeth Navratil a dressé la liste des souvenirs de son père, que l'on peut retrouver dans la postface. Les souvenirs de Michel Navratil sont finalement plus joyeux que malheureux à propos de cet épisode de sa vie. Il reste tout de même un sentiment et un manque.

Elisabeth Navratil ne s'est pas contentée du témoignage de son père. Elle a effectué beaucoup de recherches pour son livre. Elle est allée voir les commissions d'enquêtes à Londres et à New York, a lu de nombreux témoignages et le livre Les français du Titanic. Elle a comparé les témoignages d'autres passagers.
Elle a aussi retracé l'histoire et l'itinéraire de sa grand-mère, son voyage à bord de l'Océanique.

Pour la nouvelle édition, l'auteure a rajouté deux chapitres sur sa grand-mère Marcelle ainsi que la correspondance entre son père et Sydney Tyler.

Ce que j'ai surtout apprécié dans cette rencontre avec Elisabeth Navratil c'est que l'on sent son amour et sa passion pour cette histoire. J'aime aussi le fait qu'elle ait fait des recherches, pris de le temps de réécriture, corriger et améliorer son roman.

C'était une rencontre passionnante avec une femme et une équipe passionnée!

mercredi 4 avril 2012

Call the Midwife - Jennifer Worth


COUP DE COEUR DE PERSEPHONE

Dans son récit autobiographique, Jennifer Lee devenue Jennifer Worth nous raconte son expérience à Nonnatus House, un couvent dans l'East End de Londres des années 50. Mais le récit de Jenny Lee est particulier car si elle vit dans un couvent, elle n'est pas religieuse mais sage-femme et les soeurs le sont aussi. Son parcours dans les quartiers pauvres de Londres au milieu de ses femmes exceptionnelles vous attend.

J'ai découvert Call the Midwife par la série du même nom de la BBC qui a été un vrai coup de coeur. Du coup j'étais très curieuse de découvrir le livre dont la série était inspirée et j'ai lâchement craqué lorsque je suis allée à Londres début mars, j'ai acheté le premier tome.

Comme la série, ce livre a été un coup de coeur car j'y ai retrouvé presque tout ce que j'avais aimé en premier lieu: les personnages, l'ambiance, le contexte. S'il s'agit d'un récit autobiographique, il se lit comme un roman car bien qu'il n'y ait pas de trame soutenue sur l'ensemble de l'ouvrage, on en arrive parfois à ce demander si tout ce qu'on lit est vrai.
Le livre est divisé en une succession de petits chapitres. La plupart du temps ils se suffisent à eux même mais de temps en temps une même histoire est racontée sur 2 ou 3 chapitres. Cette division était intelligente car nous n'avons pas un récit monotone et linéaire. Il y a une vraie volonté d'introduire le lecteur dans ce monde particulier.

En effet, nous sommes à la fois dans le monde des sage-femmes qui est loin d'être le domaine médical le plus connu et puis nous pénétrons également dans le monde "cockney" des années 50. Jennifer Worth par des histoires simples, des observations et comparaisons apporte à la fois un éclairage pertinent sur ce monde des sage-femmes (si primordial) ainsi qu'une étonnante étude sociologique de l'Angleterre pauvre des années 50.
J'ai été bluffée d'apprendre qu'à Nonnatus House on pouvait mettre au monde entre 80 et 100 bébés par mois (ce qui est proprement hallucinant, cela fait une moyenne de 3 par jours...) en 1950 alors qu'en 1963 à cause de l'arrivée de la pilule en Angleterre, elles ne mettaient plus au monde que 3 à 5 bébés par mois! Quels changements observés. De la même façon, Jennifer Worth a suivi la vie de ces gens, ces cockney dockers et pauvres de Londres. Elle nous apprend par exemple que s'il était normal de faire des blagues scatologiques, la vulgarité s'arrêtait là et il était très mal vu de faire des blagues à caractère sexuel. De même, les filles étaient particulièrement protégées et leur vertu comptait autant que celle des quartiers chics.
J'ai beaucoup apprécié le rendu cockney de la langue, c'était une façon intelligente de nous plonger dans la vie de Poplar. Un appendice consacré à la langue cockney et un lexique technique sur le métier de sage-femme sont également présents et admirablement utile!

Jennifer Worth a décidé d'écrire sa série de livre après avoir appris qu'il n'existait aucun récit sur les sages-femmes en langue anglaise. Elle y remédie avec intelligence et honnêteté, n'hésitant pas à montrer ses propres fautes et défauts.

Contrairement à la série, chacune des histoires racontées ici lui est personnellement arrivée (la série change de personnage). De ce fait les personnages secondaires sont beaucoup moins présents (mis à part les soeurs et notamment Sister Julienne et Cynthia). C'est peut-être ma seule déception (due à la série): Chummy a un chapitre pour elle et fait quelques apparitions mais très peu par rapport au personnage que j'ai vu dans la série.

Certaines histoires m'ont beaucoup plu et bouleversé: Eclampsia, a breech delivery, Len & Concita Warrens (!!!!), Mary, Of mixed descent (I, II et III) pour ne citer qu'elles (il faudrait bien sûr rajouter Chummy et bicycle). Ces histoires là sont reproduites dans la série qui laisse finalement très peu d'histoire de côté et qui en mélange parfois certaines pour donner un épisode plus étoffé mais au final fidèle à l'oeuvre originale.
Le style de Jennifer Worth s'avère en revanche assez froid et technique à l'image du personnage principal et finalement je ne me suis pas attachée à Jennifer, même si elle revient avec lucidité sur la jeune fille qu'elle était et c'est appréciable.

Pour l'ambiance du livre je vous renvoie à la série car celle-ci a su capter l'essence même du livre et les personnages sont tous admirablement retranscris. Aucune surprise là dessus j'avais l'impression de les connaître avant d'ouvrir le livre.
On pourrait dire encore beaucoup sur ce livre qui est pluriel: récit autobiographique, biographique, sociologique, médical, histoire d'amour et de haine, Call the Midwife dépeint avec délicatesse ce monde des dockers londonien.

Call the Midwife est suivi par Shadows of the workhouse, et Farewell to the East End.