Affichage des articles dont le libellé est Etagère des Polars venus du froid. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Etagère des Polars venus du froid. Afficher tous les articles

dimanche 26 février 2012

L'enfant Allemand - Camilla Läckberg


Présentation de l'éditeur: La jeune Erica Falck a déjà une longue expérience du crime. Quant à Patrik Hedström, l'inspecteur qu'elle vient d'épouser, il a échappé de peu à la mort, et tous deux savent que le mal peut surgir n'importe où, qu'il se tapit peut-être en chacun de nous, et que la duplicité humaine, loin de représenter l'exception, constitue sans doute la règle. Tandis qu'elle entreprend des recherches sur cette mère qu'elle regrette de ne pas avoir mieux connue et dont elle n'a jamais vraiment compris la froideur, Erica découvre, en fouillant son grenier, les carnets d'un journal intime et, enveloppée dans une petite brassière maculée de sang, une ancienne médaille ornée d'une croix gammée. Pourquoi sa mère, qui avait laissé si peu de choses, avait-elle conservé un tel objet ? Voulant en savoir plus, elle entre en contact avec un vieux professeur d'histoire à la retraite. L'homme a un comportement bizarre et se montre élusif. Deux jours plus tard, il est sauvagement assassiné...

Après plus de 6 mois d'attente (oui, je l'ai réservé à la bibliothèque en Juin ou Juillet 2011) j'ai enfin été chercher le dernier Camilla Läckberg traduit en français. Comme je suis vraiment une fille sympa, j'ai écourté les souffrances du lecteur qui vient après moi dans la file des réservations, j'ai lu le roman en deux jours (admettez que je ne suis pas rancunière hein!)

C'est sûrement le roman de Camilla Läckberg que j'ai préféré parce que c'est le plus personnel pour son héroïne, Erika. D'habitude, même si Patrick et elle connaissent les victimes de loin en loin, on ne peut pas dire qu'ils soient vraiment impliqués personnellement dans l'enquête. J'avais beaucoup aimé l'intrigue de L'oiseau de mauvais augure, mais j'admets que ce tome là a une saveur particulière.
Cette fois-ci, Erika enquête sur le passé de sa mère, de ce fait elle plonge dans les années noires de la Suède et de la Norvège.

L'intérêt dans ce roman c'est la vision de la Seconde Guerre Mondiale du point de vue d'adolescents suédois. En France je sais qu'on étudie à l'école la Seconde Guerre Mondiale presque exclusivement du point de vue français ou du moins européen. On sait peu que la Norvège a été occupée par les Allemands, que la Suède avait un fort passé d'amis du nazisme et que malgré tout des résistants passaient de Suède en Norvège et inversement pour apporter des nouvelles, des informations et des vivres. C'était très intéressant car Camilla Läckberg ne décrit pas l'ensemble de la guerre, mais le quotidien d'adolescents pris dans quelque chose de beaucoup plus grand qu'eux et qui a un côté terriblement proche mais aussi terriblement lointain. Entre le sympathisant nazi et le résistant, la gamme est assez étendue. C'est un côté du roman vraiment intéressant car on voit aussi les traces que le nazisme et la guerre on laissé à Fjallbäcka.
Un peu comme dans Millenium, Camilla Läckberg montre que les groupements néo-nazis existent en Suède et que le passé reste un vrai problème pour le présent.
Son nouveau personnage de Paula Morales, jeune femme qui a émigré en Suède à l'âge de 8 ans est assez révélateur des problèmes de la Suède. Bien qu'elle soit venue en Suède très jeune et qu'elle parle couramment la langue sans aucun accent, elle est quand même victime du racisme à cause de ses cheveux noirs et de ses yeux assortis.
Comme toujours, en plus de l'enquête policière, Camilla Läckberg développe de nombreux sujets: l'éducation des enfants, le couple, les familles recomposées. Ce tome tourne beaucoup autour de la famille et des difficultés qu'il peut y avoir dans la vie des uns et des autres.

J'ai bien aimé retrouver Erika, Patrick, Maja, Martin, Anna et Dan. Les histoires de Mellberg sont toujours rocambolesques mais ça m'a bien plu, il devient plus attachant au fil des tomes celui-là.

Je ne peux pas trop parler de l'intrigue en elle-même sans risquer de dévoiler des éléments importants mais elle m'a plu. L'intrigue est bien ficelée, mélange de récits du présent et de récits du passé qui s'entrecroisent et dont on perçoit petit à petit la cohérence. Jusqu'au bout le suspens est maintenu même si l'auteure laisse échapper des indices tout au long du récit.

Un bon roman de la série des Erika et Patrick Flack-Hedström à découvrir pour ceux qui ont déjà entamé la série.

samedi 26 mars 2011

Les chiens de Riga - série Kurt Wallander - Henning Mankell


Février 1991. Un canot pneumatique s'échoue à Mossbystrand, au large d'Ystad en Suède. Il contient les corps de deux hommes, torturés et exécutés d'une balle dans le cœur. L'origine du canot est rapidement établie : fabrication yougoslave, utilisé uniquement par les Soviétiques et leurs satellites. Les corps sont à leur tour identifiés : criminels lettons d'origine russe, liés à la mafia russe. Un officier de police de Riga est appelé en renfort à Ystad. Le commissaire Wallander se prend d'amitié pour l'étrange major Liepa et commence à entrevoir, à son contact, la complexité du monde où a été commis ce double meurtre. A peine rentré en Lettonie, le major Liepa est assassiné. A la demande des enquêteurs Wallander part pour Riga. C'est le début d'une aventure insensée où il va se trouver complètement démuni, privé de tout repère. Seule certitude : le major a été éliminé pour des raisons politiques. Quant à Wallander, il est manipulé. Par qui ? Par la veuve du major, la belle Baiba Liepa ? Par l'un ou l'autre des deux officiers de police chargés de l'enquête ?

Ecrit quelques mois à peine avant la chute du régime soviétique, ce second roman des aventures du policier suédois Kurt Wallander, tente de décrypter un monde incompréhensible pour les occidentaux. Car Kurt Wallander, policier suédois officiant dans une petite ville où la plupart du temps il s'agit de courir après un ivrogne, ne se doute pas qu'à seulement quelques kilomètres des côtes suédoises, les pays baltes vivent encore sous le contrôle de Moscou.
On retrouve avec plaisir Kurt Wallander, quarantenaire blasé et en perpétuelle remise en question ainsi que ses collègues du poste de police d'Ystad.

L'histoire est intéressante car elle mêle à une histoire policière les détails d'un monde aujourd'hui disparu et difficilement appréhendable pour toute une génération née post-URSS. Les descriptions de Riga sont fascinantes par le réalisme qui s'en dégage. Un monde gris, un manque cruel de denrées de tout type, des habitations presque communautaires et l'approche de la fin d'un monde, un basculement irréversible que Wallander n'arrive pas à comprendre. La peur est insidieuse, comme les chiens de Riga, la meute qui suit toujours le policier étranger.

Les personnages sont bien campés mais surtout mystérieux. A qui Kurt Wallander peut-il faire confiance? Pourquoi l'enquête sur le meurtre du Major Liepa a-t-elle été bâclée? Que veut-on lui cacher? Dans ce monde où les voies parallèles sont reines, Kurt Wallander trouvera-t-il une réponse à ses questions?

Henning Mankell nous gratifie là d'un bon roman policier. Néanmoins, tout comme le premier volume de la série des Kurt Wallander (que j'avoue ne pas avoir terminé), le roman démarre bien. Rythmé, posé et intriguant, le lecteur souhaite en savoir plus. Soudain, le calme plat s'installe. L'action s'éternise sans que l'on sache pourquoi et l'intérêt n'est plus aussi mordant, jusqu'au dénouement (10 pages avant la fin) assez peu original en fin de compte pour ce roman. On se demande même comment Kurt Wallander n'a-t-il pas pu voir la solution avant d'avoir le nez dessus.

Cependant ne désespérons pas. Comme de nombreuses séries et le vin, l'écriture se bonifie avec le temps et je suis sûre qu'Henning Mankell ne cesse de s'améliorer avec les autres tomes de la série Kurt Wallander.

mardi 15 février 2011

l'oiseau de mauvais augure - Camilla Läckberg

L'inspecteur Patrik Hedström est sur les dents. Il voudrait participer davantage aux préparatifs de son mariage avec Erica Falck, mais il n'a pas une minute à lui. La ville de Tanumshecle s'apprête en effet à accueillir une émission de téléréalité et ses participants avides de célébrité, aussi tout le commissariat est mobilisé pour éviter les débordements de ces jeunes incontrôlables. Hanna Kruse, la nouvelle recrue, ne sera pas de trop. D'autant qu'une femme vient d'être retrouvée morte au volant de sa voiture, avec une alcoolémie hors du commun. La scène du carnage rappelle à Patrik un accident similaire intervenu des années auparavant. Tragique redite d'un fait divers banal ou macabre mise en scène ? Un sombre pressentiment s'empare de l'inspecteur. Très vite, alors que tout le pays a les yeux braqués sur la petite ville, la situation s'emballe. L'émission de téléréalité dérape. Les cadavres se multiplient. Un sinistre schéma émerge...

Ce quatrième volume des aventures de Patrick Hedström et Erika Flakk est tout à fait réussit. Camilla Läckberg s'améliore à chaque ouvrage.

Ce qu'on apprécie dans ces romans, ce sont les descriptions réalistes et l'ancrage dans le réel des aventures, des personnages et des situations. Comment ne pas penser à Big Brother (le loft), secret story avec cette émission de télé-réalité sordide qui s'installe a Tanumshede? L'homophobie de certains personnages, ou encore les récits de vie de chacun rendent crédibles et attachants les personnages principaux.
Quant aux autres, ils sont totalement maîtrisés aussi. Quoi de plus réalistes que ces candidats de l'émission de télé-réalité? De l'adolescente paumée à la barbie siliconée en passant par le fils à papa et la petite frappe, on se dit que nos magasines "people" ne sont pas si loin.

Ce que j'ai également apprécié (comme toujours) c'est ce mélange entre histoire policière et récit de la vie des deux héros, comme une alternance ou des poses. Les romans de Camilla Läckberg ne sont pas que des romans policiers. Ils racontent aussi la vie de la Suède et des suédois, leur culture, leur problème, leur envie, leur colère. Cette alternance est vraiment agréable et permet de séduire à la fois les passionnés de crime mais également les amateurs de récits plus "traditionnels".

L'intrigue policière enfin est parfaitement menée. Pas à pas elle se complexifie puis se résout. Elle apporte avec elle son lot de questionnements et d'interrogations. Le seul bémol que je mettrais à ce roman est que j'ai pratiquement trouvé le coupable dans les premiers chapitres, même si je n'ai compris ses mobiles qu'à la fin. C'est un peu gênant parce que du coup l'effet de surprise (pourtant super) que Camilla met en place n'a pas atteint son but. C'est le paradoxe de la lecture de roman policier: vous voulez savoir mais en même temps, il faut tenir le livre entier et lorsque ce fragile équilibre est rompu, la lecture retombe comme un soufflé. Heureusement ce tome ci est suffisamment passionnant pour que j'en achève la lecture malgré la solution de l'énigme au chapitre 2.

Rassurez-vous pour ceux qui ne trouverai pas le coupable immédiatement, l'effet de surprise sera d'autant plus fort.

Pour terminer je dirais que j'attends avec impatience le tome suivant L'enfant allemand, puisqu'il est introduit à la fin de ce tome-ci. Camilla Läckberg sait décidément maintenir le suspens et l'envie de poursuivre l'aventure avec elle.

mercredi 1 septembre 2010

Le tailleur de pierre - Camilla Läckberg

"La dernière nasse était particulièrement lourde et il cala son pied sur le plat-bord pour la dégager sans se déséquilibrer. Lentement il la sentit céder et il espérait ne pas l'avoir esquintée. Il jeta un coup d'oeil par-dessus bord mais ce qu'il vit n'était pas le casier. C'était une main blanche qui fendit la surface agitée de l'eau et sembla montrer le ciel l'espace d'un instant. Son premier réflexe fut de lâcher la corde et de laisser cette chose disparaître dans les profondeurs... " Un pêcheur de Fjâllbacka trouve une petite fille noyée. Bientôt, on constate que Sara, sept ans, a de l'eau douce savonneuse dans les poumons. Quelqu'un l'a donc tuée avant de la jeter à la mer. Mais qui peut vouloir du mal à une petite fille ? Alors qu'Erica vient de mettre leur bébé au monde et qu'il est bouleversé d'être papa, Patrik Hedstrôm mène l'enquête sur cette horrible affaire. Car sous les apparences tranquilles, Fjâllbacka dissimule de sordides relations humaines - querelles de voisinage, conflits familiaux, pratiques pédophiles - dont les origines peuvent remonter jusqu'aux années 1920. Quant aux coupables, ils pourraient même avoir quitté la ville depuis longtemps. Mais lui vouer une haine éternelle.

Dans ce troisième opus, Camilla Läckberg nous fait suivre deux récits parallèles. Celui de l'assassinat de cette petite fille et celui de la vie d'une jeune fille de la haute bourgeoisie suédoise des années 20.
Si la cohérence entre ces deux récits est sous-jacente mais jamais claire et bien défini, on ne trouve le lien entre les deux récits que très tardivement, presque au même moment que Patrick Hedström.
Une réflexion intéressante sur les haines familiales, sociales, et comment nos propres obsessions peuvent avoir des répercussions bien au-dela de nous même.

Camilla Läckberg ne se concentre jamais que sur l'intrigue policière mais s'attache à dépeindre la Suède contemporaine qu'elle connait, loin de Stockholm. Erika découvre une nouvelle vie, sa vie de mère qui s'avère plus compliquée qu'elle ne l'aurait cru. De relations tendues en petits bonheurs, Erika Flack se réinvente. Patrick aussi est chamboulé par l'arrivé de leur bébé et il ne sait pas toujours bien géré des situations tendues entre sa compagne et sa mère.
La soeur d'Erika s'enfonce de plus en plus jusqu'au point de non retour. Cette facette de la Suède est intéressante car pas aussi noire qu'un passage de Millenium, mais effrayante tout de même par le sentiment de réalité qu'elle dégage.

La fin inattendue entraîne le lecteur a désirer impatiemment la suite L'oiseau de mauvais augure.

mercredi 4 août 2010

Les hommes qui n'aimaient pas les femmes (Millénium 1) - Stieg Larsson


COUP DE COEUR DE PERSEPHONE

Ancien rédacteur de Millénium, revue d'investigations sociales et économiques, Mikael Blomkvist est contacté par un gros industriel pour relancer une enquête abandonnée depuis quarante ans. Dans le huis clos d'une île, la petite nièce de Henrik Vanger a disparu, probablement assassinée, et quelqu'un se fait un malin plaisir de le lui rappeler à chacun de ses anniversaires. Secondé par Lisbeth Salander, jeune femme rebelle et perturbée, placée sous contrôle social mais fouineuse hors pair, Mikael Blomkvist, cassé par un procès en diffamation qu'il vient de perdre, se plonge sans espoir dans les documnts cent fois examinés, jusqu'au jour où une intuition lui fait reprendre un dossier. Régulièrement bousculés par de nouvelles informations, suivant les méandres des haines familiales et des scandales financiers. lancés bientôt dans le monde des tueurs psychopathes, le journaliste tenace et l'écorchée vive vont résoudre l'affaire des fleurs séchées et découvrir ce qu'il faudrait peut-être taire. A la fin de ce volume, le lecteur se doute qu'il rencontrera à nouveau les personnages et la revue Millenium. Des fils ont été noués, des portes ouvertes.

La série Millénium de Stieg Larsson est un véritable chef d'oeuvre de roman noir policier. Loin du schémas classique du roman policier à la Agatha Christie (meurtre, enquête, résolution du meurtre), ici se sont plutôt les vies et les expériences des protagonistes qui façonnent le récit. L'écriture assez froide et journalistique, ce qui n'a rien d'exceptionnel étant donné que Stieg Larsson était lui-même un journaliste. Toutefois le style du roman est agréable à lire. Très pointilleux dans l'écriture, Stieg Larsson donne au récit un air de reportage journalistique et d'authenticité. Pas de pudeur, pas de faux sentiments, le récit parfois cru dépeint le côté noir de la Suède à des milliers de kilomètres de l'ambiance cosy de Camilla Läckberg.
Il ne s'agit pas vraiment de meurtres intimistes, résultant des problèmes internes à un groupe d'individus entretenant des relations, mais plutôt de grand banditisme et de trafics internationaux. Le grand groupe de la famille Vanger est un repère de nazis et de vipères. Mais lequel d'entre eux a tué Harriet? La disparition d'Harriet Vanger mène Mikael Blomkvist à découvrir le passé noir de la Suède ainsi que son présent tout aussi sombre.

Mikael Blomkvist - alias Super Blomkvist - est un journaliste intègre et acharné à sa tache. Personnage très attachant, on le suit avec plaisir dans son enquête.
Lisbeth Salander quant à elle, est un personnage beaucoup plus piquant. Mystérieuse, sous tutelle, violente parfois mais terriblement intelligente, Lisbeth fascine, et c'est avec plaisir qu'on l'a voit suivre l'enquête de Mikael Blomkvist.
Henrik Vanger est particulièrement touchant dans l'amour qu'il porte à sa nièce et à son dévouement pendant quarante ans pour retrouver son assassin.
Les autres personnages de Millénium ont tous leur cohérence, leur profondeur et leur réalité. Le roman offre un panel complet et bigarré de personnages, sensiblement identiques à la vie réelle ce qui donne du poids à l'histoire narrée par Stieg Larsson.

Les hommes qui n'aimaient pas les femmes est le premier volume d'un décalogue qui malheureusement ne vit jamais le jour. Malgré tout, Millenium 2 et Millenium 3 sont disponibles pour notre plus grand plaisir.

Un polar venu du froid à lire ABSOLUMENT.

vendredi 16 juillet 2010

Le prédicateur - Camilla Läckberg

Dans les rochers proches de Fjàllbacka, le petit port touristique suédois dont il était question dans La Princesse des glaces, on découvre le cadavre d'une femme. L'affaire se complique quand apparaissent, plus profond au même endroit, deux squelettes de femmes... L'inspecteur Patrik Hedstrôm est chargé de l'enquête en cette période estivale où l'incident pourrait faire fuir les touristes et qui, canicule oblige, rend difficiles les dernières semaines de grossesse d'Erica Falck, sa compagne. Lentement, le tableau se précise : les squelettes sont certainement ceux de deux jeunes femmes disparues vingt-quatre ans plus tôt. Revient ainsi en lumière la famille Hult, dont le patriarche, Ephraïm, magnétisait les foules accompagné de ses deux petits garçons, Gabriel et Johannes, dotés de pouvoirs de guérisseurs. Depuis cette époque et un étrange suicide, la famille est divisée en deux branches qui se haïssent. Alors que Patrik assemble les morceaux du puzzle, on apprend que Jenny, une adolescente en vacances dans un camping, a disparu. La liste s'allonge...

Ce deuxième opus de la série de Camilla Läckberg est meilleur que le précédent même si je regrette un peu que l'héroïne Erica Flack est moins présente que dans le premier livre La princesse des glaces. Meilleur car l'intrigue est mieux pensée, plus construite et beaucoup plus prenante. Mélange habile d'Agatha Christie et d'Anne Perry, on retrouve les éléments idéaux pour une bonne intrigue policière.

La petite ville de Fjällbacka est bouleversée par cette série de meurtres et de disparitions.
Tout comme dans l'Etrangleur de Cater Street d'Anne Perry, Camilla Läckberg passe au crible une famille: sa vie, ses mensonges, ses secrets et ses trahisons. Comment des mensonges peuvent détruire des vies, la folie se transmettre au sein de la même famille. L'intrigue est prenante car tout comme Patrik Hedström, tout nous ramène à la famille Hult, à son patriarche prédicateur Ephraïm et à ses enfants Gabriel et Johannan. Pourtant, si on sait que quelque chose ne va pas dans cette famille, mettre un nom sur ce malaise s'avère plus difficile que prévu et tout comme Patrik nous nous perdons en conjecture.

La richesse de la série des Camilla Läckberg tient aussi dans sa capacité à faire évoluer deux histoires en parallèles. Tout d'abord l'intrigue concernant l'enlèvement puis le meurtre d'au moins 3 jeunes filles, mais aussi l'histoire plus intime des habitants de Fjällbacka et en particulier celle d'Erica Flack. Sa grossesse, sa relation avec Patrik et ses difficultés avec sa soeur Anna, ancienne femme battue qui évolue dans un cercle vicieux.
J'ai particulièrement apprécié cette partie du livre car elle donne une vision sur la vie en Suède et montre finalement que les problèmes de société sont toujours les mêmes: glandeurs au boulot, chefs arrivistes, problèmes familiaux et pique-assiette.

Il est difficile de faire la critique d'un livre policier sans en dire trop, donc, je vous conseille de le lire tout simplement.

mercredi 14 juillet 2010

La princesse des Glaces - Camilla Läckerg

Erica Falck, trente-cinq ans, auteur de biographies installée dans une petite ville paisible de la côte ouest suédoise, découvre le cadavre aux poignets tailladés d'une amie d'enfance, Alexandra Wijkner, nue dans une baignoire d'eau gelée. Impliquée malgré elle dans l'enquête (à moins qu'une certaine tendance naturelle à fouiller la vie des autres ne soit ici à l'œuvre), Erica se convainc très vite qu'il ne s'agit pas d'un suicide. Sur ce point - et sur beaucoup d'autres -, l'inspecteur Patrik Hedström, amoureux transi, la rejoint. A la conquête de la vérité, stimulée par un amour naissant, Erica, enquêtrice au foyer façon Desperate Housewives, plonge clans les strates d'une petite société provinciale qu'elle croyait bien connaître et découvre ses secrets, d'autant plus sombres que sera bientôt trouvé le corps d'un peintre clochard - autre mise en scène de suicide. Au-delà d'une maîtrise évidente des règles de l'enquête et de ses rebondissements, Camilla Läckberg sait à merveille croquer des personnages complexes et - tout à fait dans la ligne de créateurs comme Simenon ou Chabrol - disséquer une petite communauté dont la surface tranquille cache des eaux bien plus troubles qu'on ne le pense.


J'étais très impatiente de découvrir les romans de Camilla Läckerg. Dans mon esprit, ces romans avaient tout du polar noir façon Steg Larsson. Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que ce n'était pas du tout le cas. Là où Steg Larsson est froid et journalistique, comme son personnage Super Blomkvist, Camilla Läckberg fait preuve de beaucoup plus de sensibilité, à la fois dans son traitement des personnages et de l'histoire. On est loin de la Suède noire. L'enquête se mêle habilement à la vie quotidienne suédoise, à ses travers et à ses bons côtés. Les bons sentiments côtoient ceux les plus sombres et le lecteur se retrouve plongé au coeur du Suède réelle. Ce n'est pas que la Suède de Steg Larsson n'est pas réelle, mais elle est tout de même particulièrement froide et loin de l'image idyllique des pays nordiques.

Plus proche d'une Agatha Christie, Camilla Läckberg dévoile les travers suédois par les yeux d'Erica Flack et de Patrick Hedström. Personnages touchants grâce à leur particularité tout à fait humaine: elle rêve de perdre du poids et lui a du mal à se reconstruire après un divorce douloureux, ils nous entraînent dans une enquête intimiste dans la petite ville côtière de Fjällbacka.
Lorsque Erica découvre le cadavre de son ancienne meilleure amie, de nombreux souvenirs ressurgissent: comme le départ précipité d'Alex pour Göteborg, et leur séparation définitive. De retour dans sa ville natale après la mort de ses parents, la vie de l'écrivain est plus que chamboulée. Pour couronner le tout, le mari de sa soeur, Lucas, veut vendre leur maison familiale pour en tirer profit: et Anna qui ne semble pas réagir...quelque chose se trame et la jeune femme est bien décidé à le découvrir. De son côté Patrick Hedström ne croit pas à sa chance tandis que son amour de jeunesse réapparaît dans sa vie. Heureux mais perplexe,il s'attèle à sa nouvelle enquête avec bonheur, même si ce qu'il s'apprête à découvrir est loin d'être réjouissant.

L'écriture de Camilla Läckerg est prenante, simple mais belle, réaliste sans l'être à l'excès, elle n'a pas ce côté fleur bleue de beaucoup d'auteure. Elle décrit sans complexe les interrogations de ces personnages, leur angoisse et leur attente sans être jamais vulgaire. Si chez Steg Larsson les personnages sont tranchés, presqu'à l'extrême, il y a chez Camilla Läckberg une sensibilité particulière, elle laisse évoluer ses personnages, tantôt haineux, tantôt aimants, tantôt faibles et tantôt forts, ils apparaissent sous un jour contrasté, parfait pour une enquête policière.

L'intrigue est prenante car derrière tous ces sourires et ces bonnes manières ce cache le meurtrier d'Alexandra Wijkner, mais pour quelle raison cette jeune femme discrète méritait-elle de mourir? Pourquoi passait-elle de nombreux week-end seule dans sa maison natale? Qui menaçait-elle? Erica sent tout de suite que quelque chose ne va pas dans toute cette histoire, comme si le portrait que les gens faisait d'Alex ne correspondait pas à ce qu'elle connaissait d'elle. C'est ce qu'elle entend bien découvrir aux côtés de Patrick Hedström.

Une série qui débute sous les meilleures auspices.