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dimanche 1 mai 2011

Dorian Gray (2009)


Le jeune Dorian Gray accepte d'être le modèle du célèbre peintre Basil Hallward. Celui-ci persuade le jeune homme de vendre son âme en échange d'une jeunesse éternelle. Dorian Gray ne vieillit plus, et ne souffre plus des affres du temps, mais le tableau le représentant révèle progressivement sa véritable nature...

CASTING

Ben Barnes ........................................................ Dorian Gray
Pip Torrens ........................................................ Victor
Fiona Shaw ........................................................ Agatha
Ben Chaplin ....................................................... Basil Hallward
Rebecca Hall ...................................................... Emily Wotton
Caroline Goodall ................................................ Lady Radley
Maryam d'Abo ................................................... Gladys
Micheal Culkin .................................................. Lord Radley
Colin Firth ......................................................... Lord Henry Wotton
Emilia Fox ......................................................... Lady Victoria Wotton
Nathan Rosen .................................................... Dorian Jeune
Jeff Lipman ....................................................... Lord Kelso
Rachel Hurd-Wood ........................................... Sybil Vane


Quelle affreuse deception que cet Dorian Gray là. Pourtant, il y avait de quoi être réjoui.
Je m'explique: ce film avait tout pour être le plus beau film de l'année!

L'adaptation du Portrait de Dorian Gray, l'histoire de ce jeune homme tellement beau que pour préserver sa beauté que c'est son portrait qui vieilli à sa place, avait de quoi réjouir. Un des meilleurs romans de ce cher Oscar Wilde mis en scène, bref ça me mettait en transe d'autant plus que le casting était des plus alléchant!
Imaginez: Ben Barnes (j'avoue ma faiblesse pour Ben Barnes depuis que je l'ai vu dans Easy Virtue) en Dorian..., Colin Firth (THE Colin Firth) en Lord Henry et puis Ben Chaplin et Rachel Hurd-Wood...

Bref! THE casting + THE histoire = film merveilleux en perspective....Mais non.

Le gros problème de Dorian Gray tient en une phrase: les scénaristes et le metteur en scène n'ont pas lu le livre ou s'ils l'ont lu ils n'ont pas dû le comprendre (ce qui est pire en un sens).
Je pense que ce pauvre Oscar s'est retourné dans sa tombe ce jour là, son beau concept d'épicurisme et d'esthétisme a pataugé dans la boue d'un bordel fin XIXe. Parce que c'est vraiment là que le bas blesse (comme dirait ma grand-mère).
Dorian d'un épicurien, se voit transformer en un mauvais jouisseur, adepte de la drogue et des prostituées de bordel sous prétexte qu'il faut tout expérimenter.

On ne retrouve rien ici de l'élégance, du charme et de l'anti-vulgarité qui caractérise Oscar Wilde. Envisager le contraire est un contre-sens total dans lequel s'abime le film. Délibérément (et inutilement) provocant (même si j'ai apprécié de reluquer Ben Barnes), le film se fait plutôt vulgaire et sans but.
Un exemple: Dans le roman, Dorian quitte Sybil parce qu'étant amoureuse de lui, elle se permet de mal jouer le rôle de Juliette. Or ce qui attirait Dorian était précisément la beauté de Sybil dans son jeu de Juliette. Dès lors qu'elle a Dorian dans la vie, le rôle de Juliette lui semble inutile et vain. Devant ce manque de grâce et de beauté, Dorian la quitte.
Dans le film, Dorian quitte Sybil parce que Lord Henry lui dit qu'il est ridicule pour un homme (même amoureux) de se contenter d'une seule femme alors qu'il peut tester tous les plaisirs qu'offrent les filles publiques. Et donc ce brave Dorian (un peu crétin il faut l'avouer), quitte sa Sybil après avoir "consommé" pour se tourner vers d'autres pâturages. Avouez que le message d'Oscar Wilde est complètement détourné.

Bon, admettons que l'histoire ne soit pas bonne, pas fidèle au roman d'Oscar, mais est-ce le casting (impeccable au demeurant) permet de sauver le film? Amon grand désespoir, non plus.
Ceux qui me connaissent savent à quel point j'aime Colin Firth et Ben Barnes mais là, force est de reconnaître qu'ils sont mauvais! Ben Barnes qui commence bien devient très vite désespérant. Quant à Colin Firth son interprétation blasée m'a portée sur les nerfs. Rachel Hurd-Wood est aussi expressive qu'un navet et Ben Chaplin manque de consistance.

Pourtant je voulais y croire moi mais je n'ai pas pu aller jusqu'au bout. Une amie a moi a essayer de le voir jusqu'au bout dans l'espoir que cela s'améliore et malheureusement elle n'a rien trouvé pour sauver le film non plus.

Un point positif tout de même, la photographie est superbe et le portrait de Ben Barnes magnifique.

jeudi 15 avril 2010

Oscar Wilde et le cadavre souriant -Gyles Brandreth


En 1883, Sarah Bernhardt et Edmond La Grange dominent le théâtre mondial. Déterminé à faire fructifier sa renommée naissante après sa triomphale tournée américaine, le jeune Oscar Wilde se rapproche de ces deux monstres sacrés. Installé à Paris, il travaille avec La Grange à une nouvelle traduction d'Hamlet qui promet de faire des étincelles. Mais, pour l'heure, elle fait surtout des victimes..... la compagnie La Grange est frappée par une série de disparitions mystérieuses, et Oscar Wilde est bien décidé à en trouver le responsable. Entre jalousies artistiques, vices cachés et secrets de famille, le poète dandy découvre l'envers peu reluisant du décor flambloyant du Paris fin de siècle.

C'est lors du salon du livre de Paris 2010 que je me suis rendue compte que Gyles Brandreth venait de sortir un nouvel opus à sa fabuleuse série de romans policiers ayant pour héros le fameux Oscar Wilde. Déçue d'apprendre que j'avais loupé la séance de dédicace de l'auteur, je me suis vengée sur son livre.
Comme le savent les grands oenologues, le bon vin se bonifie avec le temps et bien les romans de Gyles Brandreth également. Si j'avais trouvé le premier tome un peu long à démarrer, le deuxième était sans reproche mais celui-ci fut captivant, envoûtant, enivrant tout comme l'absinthe qui émaille le fil de l'histoire. L'intrigue est particulièrement bien ficelée et originale je dois le dire car elle commence en 1891 à peu près à la même époque que les romans précédents mais l'intrigue même du livre aborde les jeunes années d'Oscar. Les années d'avant le Portrait de Dorian Gray, d'avant Constance Lloyd, d'avant Bosie Douglas...Oscar est jeune, libre, connu et il a la vie devant lui.

Ce qui est passionnant avec ces romans, c'est qu'ils ont le mérite de combiner une biographie ludique du dandy à un bon Agatha Christie. Gyles Brandreth, véritable amoureux de l'Irlandais fantasque nous livre avec beaucoup de sensibilité la personnalité véritablement attachante et grandiloquente de ce Personnage.
L'intrigue du roman, sans être sensationnelle est néanmoins tout à fait agréable et il est très aisé de se laisser porter par Oscar et son ami Robert Sherard, narrateur ici encore. Le dénouement n'est jamais spéctaculaire à l'image d'un Hercule Poirot ou d'un Sherlock Holmes, mais s'accorde parfaitement avec son héros. Flegmatique, malicieuse et indolente à l'image d'Oscar, elle met un point final naturel au récit.
Je ne connais pas assez bien Sarah Bernhardt pour savoir si elle est bien croquée mais je veux crois que les mots de Gyles Brandreth sont vrais et me laisser glisser dans ce fleuve policier.

mercredi 29 juillet 2009

Oscar Wilde et le Jeu de la mort - Gyles Brandreth

Facétieux Oscar Wilde!

Après avoir choqué tout le monde par ses boutades lors de la première triomphale de l'Evantail de Lady Windermere, le voici qui propose à ses amis une curieuse activité pour les distraire: le jeu de la mort. Chacun inscrit sur une feuille de papier le nom de la victime de son choix et aux participants de deviner qui veut tuer qui. Mais quand la mort commence à frapper les victimes potentielles dans l'ordre exact dans lequel elles ont été tirés, le drame succède à la comédie. Flanqué de son fidèle ami Robert Sherard et assisté par Arthur Conan Doyle, Bram Stocker et le peintre Walter Sickert, Wilde mène une enquête avec plus de zèle que jamais...Car son nom et surtout celui de Constance, sa femme, figurent sur la liste funèbre.




Avec le Jeu de la mort, Gyles Brandreth récidive pour une nouvelle intrigue Wildienne qui pourrait aisément concurrencer un très bon Sherlock Holmes. Ce second opus surpasse aisément le premier par une intrigue beaucoup plus prenante et de nouveaux personnages hauts en couleur.

Parmi ces derniers, nous retrouvons bien sûr Robert Sherard et Conan Doyle et nous faisons la connaissance de Bram Stocker, papa de Dracula, le peintre Walter Sickert mais aussi les frères Douglas dont le fameux et tristement célèbre Alfred "bosie" Douglas, fils de Lord Queensberry. Cercle d'amis fidèle et admiratif de Wilde, nous découvrons avec plaisir plusieurs anecdotes joyeuses, tant sur le dandy que sur ses amis, comme le fait que Bram Stocker ait épousé le premier amour d'Oscar et que celui-ci considérait Dracula comme le plus beau roman du siècle.

La chère Constance Wilde prend également une place nouvelle, courtisée par plusieurs amis de Wilde, elle est la cible de toutes les attentions et de toutes les protections car elle aussi est menacée.

Nous retrouvons également le Londres des années 1880-1890 dans sa splendeur et ses horreurs. L'intrigue est particulièrement prenante, rappelant un peu les Dix petits nègres d'Agatha Christie. De meutres en disparitions nous nous demandons qui peut bien avoir l'audace d'exécuter ce tour macabre. Et qui a désigné Oscar? Qui a désigné Constance? Autant de questions qui nous tiennent en haleine jusqu'à la dernière page.

Hommage délicieux au grand homme, cette saga nous offre un portrait en profondeur de la personnalité du plus célèbre des dandy, ses qualités d'observations et son sens aigu de la répartie. Le trio qu'il forme avec Robert Sherard et Conan Doyle est attachant, et subtile.
Un beau roman offert à Oscar Wilde, l'un des hommes les plus brillants de son siècle.
Critique de Gabriel sur le blog Children of the Night

Oscar Wilde et le meutre aux chandelles - Gyles Brandreth

En cette fin de siècle trépidante, Oscar Wilde, dandy éclairé, virevolte de mondanités en rendez-vous discrets, lorsqu'un drame vient bouleverser sa vie. Tandis qu'il s'apprête à écrire le Portrait de Dorian Gray, il découvre dans un meublé de corps d'un jeune garçon de sa connaissance. Tout semble indiquer un meurtre rituel. Et en ami fidèle, Oscar Wilde s'est juré de ne pas trouvé le repos tant que justice n'aura pas été faite pour Billy Wood. Commence alors pour Oscar et ses amis Arthur Conan Doyle et Robert Sherard un ensuète dans les bas-fond de Londres qu'aucun d'eux n'est prêt d'oublier.

Gyles Brandreth est un passionné d'Oscar Wilde et cela se sent. Ce roman et le suivant (Oscar Wilde et le jeu de la mort) sont de véritables odes au dandy Wilde...

Ficelé comme une intrigue à la Sherlock Holmes, The candlelight murders nous entraîne rapidement dans les bas-fond londoniens, mais toujours avec un style et une élégance des plus raffinée. Une élégance à la Wilde. Une élégance lente et précieuse à l'image du héros. Ne cherchez pas un thriller mouvementé et plein de rebondissements. Ceux-ci arrivent à la fin, produit de la sublime déduction d'Oscar.


On retrouve avec plaisir Sir Arthur Conan Doyle, le père de Sherlock Holmes, et Robert Sherard, biographe d'Oscar Wilde et arrière petit fils du poète William Wordsworth. Evidemment, les rapports et parallèles à Sherlock Holmes sont nombreuses et voulus. Le duo Robert-Oscar rappelle sans l'ombre d'un doute celui formé par Sherlock et Watson, pour notre plus grand plaisir et les multiples déconvenues du narrateur (Robert Sherard) sont aussi drôles que celles du fameux docteur du 221b Baker Street.


Si l'intrigue est passionnante et nous offre un excellent retournement de situation tant attendu, il n'en ai pas moins que ce roman est plutôt destiné aux amateurs et fanatiques de ce cher dandy flegmatique.

L'auteur nous livre plusieurs détails de la vie d'Oscar Wilde, ses amitiés, ses goûts, ses intérêts et également la vision qu'avait de lui les plus grands hommes du siècle.

Ce livre est une véritable réussite car il nous montre le vrai Oscar, celui d'avant le procès, d'avant la réputation sulfureuse qu'on lui a donné malgré lui. Oscar Wilde vivait par les convenances, il avait toujours à coeur d'être courtois et présentable et cela ressort d'une façon intéressante dans l'intrigue. L'homosexualité est évoquée à maintes reprises mais toujours en finesse car au fond ce n'est pas ce qui importe n'est-ce pas? Oscar Wilde était plus que ça, c'était un philosophe de l'esthétisme et un poète de l'amour grec. Nous avons malheureusement oublié cette caractéristique d'Oscar wilde pour ne garder que la rumeur et sa fin. Gyles Brandreth nous présente autre chose, de façon particulièrement ludique mais qui s'imprime remarquablement dans notre esprit.

Vous apprécierez particulièrement les nombreuses phrases célébres d'OScar qui ponctuent le roman comme un métronome.

De plus, et c'est une qualité du livre qui m'a beaucoup touché, Gyles Brandreth nous offre un portrait de Constance Lloyd, Mrs Wilde, qui nous rappelle que cette femme, loin d'être dans l'ombre de son mari, a constituer un rempart pour celui-ci. Femme belle et brillante, intelligente et qui comprenait les besoins de son époux plus que la société entière, elle était indispensable. Oscar aurait-il été Oscar sans Constance? Aurait-il été le dandy que nous connaissons? Je ne puis pas l'affirmer. En tout cas, Gyles Brandreth nous offre un très joli portrait de cette femme charmante que tous adoraient.



A dévorer sans modération.
Je vous indique aussi la critique de Gabriel sur le blog Children of the Night.