vendredi 3 février 2012

A room with a view - James Ivory - 1986


COUP DE COEUR DE PERSEPHONE

Lucy Honeychurch et sa cousine Charlotte Bartlet voyage ensemble à Florence. Alors qu'on leur a promis une chambre avec vue sur l'Arno, celles-ci donnent sur de petites rues florentine. A table, un père et son fils les Emerson leur propose d'échanger leur chambre. Entre George Emerson, jeune homme discret et la passionnée Lucy Honeychurch quelque chose est en marche, mais c'est sans compter sur les convenances et la vie à laquelle est destinée la jeune fille à son retour en Angleterre.

CASTING

Maggie Smith ............................................................... Charlotte Bartlet
Helena Bonham-Carter ................................................. Lucy HoneyChurch
Denholm Elliot ............................................................. Mr Emerson
Julian Sands ................................................................. George Emerson
Simon Callow .............................................................. Révérend Arthur Beebe
Patrick Godfrey ............................................................ Révérend Eager
Judi Dench ................................................................... Eleanor Lavish
Fabia Drake .................................................................. Miss Catherine Alan
Joan Henley .................................................................. Miss Teresa Alan
Daniel Day-Lewis ......................................................... Cecil Vyse
Maria Britneva .............................................................. Mrs Vyse
Rosemary Leach ........................................................... Mrs. Marian Honeychurch
Rupert Graves ............................................................... Freddy Honeychurch


Comment dire à quel point j'ai aimé? Si je sais: JE VAIS LIRE LE LIVRE TRES RAPIDEMENT!
Quelle merveilleuse histoire, tout en retenue, en subtilité... Après avoir vu The Remains of the Day je savais que James Ivory était bon, mais j'avoue que A Room with a view dépasse mes espérances. Je vais tenter d'y aller point par point tellement tout me semble digne d'être commenté.


Le générique tout d'abord! On se croirait au théâtre dans une comedia dell arte. J'ai trouvé l'idée de succession de panneaux de théâtre avec les noms et fonctions de chaque personnages vraiment originale. Je trouve que cela fait rentrer directement le spectateur dans l'ambiance du film. Nous sommes dans le ton.
De la même façon j'ai trouvé très drôle les petites mentions en bas de l'écran pour nous dire qui est où et qui fait quoi. Il y a une grande ironie dans tout ça et je trouve que cela souligne bien le côté "gossip" du début du XXe siècle, où il faut savoir qui fait quoi par crainte du scandale. Quant aux encarts fait pendant le film "Home", "Lying to Cecil", je les ai trouvé tout simplement à propos, drôles souvent, utile pour planter le décor aussi.

Ce film est extrêmement lumineux et même s'il a vieilli on sent le travail sur la lumière, notamment à Florence et dans sa campagne. Les décors sont sublimes, aussi bien en Italie qu'en Angleterre. Quant aux costumes je les trouve tout à fait adaptés. Ni trop pompeux, ni ostentatoires, il reflète bien la personnalité de chacun il me semble.

L'histoire...que dire à part que j'ai été envoutée par cette histoire d'amour un peu particulière? Je trouve que tout s'enchaîne assez rapidement et que sans l'intervention de Charlotte (ah...Charlotte!) tout aurait pu se finir beaucoup plus vite. Forster et a fortiori Ivory ont très bien su reproduire ce monde de pudibonderie où quand même on aimerait bien bouger un peu plus mais où les bonnes manières et la peur du scandale sont toujours présents. Cela dit, je n'ai pas trouvé cette ambiance austère, on se dit que les personnages évoluent assez bien dans leur milieu et que tout ça n'est pas mal vécu. Du coup, on ne se sent pas écrasé par un poids quelconque. Cela vient aussi du fait que Lucy fait elle-même ses choix, elle n'est pas forcée donc on se dit qu'elle doit vivre avec maintenant.

Helena Bonham-Carter est une excellente actrice et je trouve que ce film nous le montre bien. Nous sommes loin de la jeune fille timide et "molle". Déjà dans son jeu on sent une force de caractère inouï. Sa diction et la fermeté de sa voix laisse entrevoir les rôles plus sombres qu'elle interprétera plus tard. J'aime beaucoup sa Lucy Honeychurch parce qu'on peut assez facilement s'identifier à elle. Elle n'est ni molle, ni trop passionnée, on sent que c'est un personnage tout en nuance. C'est ce qui m'a plu chez elle, son côté réellement humain avec ses bêtises, ses mensonges, ses espoirs.

Julian Sands est absolument magnifique pour le rôle. Enigmatique à souhait, brillant et passionnée derrière un masque plutôt froid c'est un personnage très fort....je ne me remets toujours pas des deux scènes de baisers et de son regard quand Cecil lit "Under a Loggia". C'était extrêmement fort alors que ça dure très peu, mais l'essence même du film est là, ces passions contenues qu'on entrevoit très vite, l'espace de quelques secondes qui décide tout...


Je n'ai pas lu le livre donc je ne peux pas juger de la qualité de l'interprétation mais Daniel Day-LEwis campe un Cecil Vyse qui, sans être odieux, n'en est pas moins absurde. Il est évident à la seconde même où il rentre dans le petit salon de la famille Honeychurch qu'il n'est pas fait pour aller avec Lucy! J'ai halluciné! On dirait un cliché d'un mauvais dandy, cette espèce de grande gigue déteste la laideur...Est-ce qu'il s'est regardé dans une glace? Il est juste insupportable de préjugés et surtout glacial...Il faut qu'il enlève ses lunettes avant d'embrasser Lucy, j'en connais un qui les aurait jeté au vent ses lunettes!

Freddy le petit frère est adorable et Rupert Graves joue à merveille la carte de l'insolence, s'en est presque charmant! (et j'ai juste envie de dire OMG il était siiiiiiiiiii jeune!) c'est un personnage qui m'a beaucoup plu parce que d'emblée il évalue les deux prétendants de sa soeur et sait lequel elle devrait choisir! Comme le révérend Beebe que j'ai littéralement adoré! On ne tombe pas dans la caricature du pasteur rigide, c'est un personnage ouvert et même éclairé.
Quant à Charlotte et bien ma foi je l'aime bien parce qu'elle ne veut pas faire de mal et qu'au fond elle répare ses bêtises! Maggie Smith est toujours aussi juste mais ça fait drôle de la voir dans ce genre de rôle, elle qui est plus habituée à jouer les badgirls (remember Downton Abbey et les bitchfaces ^^). Judi Dench enfin que l'on voit peu est très drôle dans le rôle d'une romancière qui écrit des histoires d'amour à l'eau de rose!


Je trouve que ce film, au-dela de l'aspect romantique et de la critique de la pudibonderie personnifiée par George pour son mépris et par Cecil pour son incarnation, est absolument tordant! L'humour est toujours là, de la scène du bain dans l'étant (où j'ai pleuré de rire de bout en bout...3 mecs dans une piscine quoi, totalement ça!) à la découverte de "under a loggia", au point d'interrogation de George, ce film dégage une fraîcheur bienvenue. Voila, je suis tombée amoureuse (again) du film, de George Emerson et de Julian Sands en Emerson. Je file acheter le livre parce que décidément, c'est sublime!

1 commentaires:

Les Livres de George a dit…

j'adore ce film vu, revu et rerevu !

Publier un commentaire