samedi 28 février 2009

Contes contre Walt Disney


Et Walt Disney dans tout ça? C'est une question des plus légitimes.On reproche souvent à ce cher Walt Disney de détourner les contes originaux. Soit dis-en passant les vrais contes sont tous sauf magiques. Ils sont cruels, sombres et la magie est assez absente (pour preuve, se reporter aux contes de Blanche neige ou de la Belle au bois dormant).
Contrairement à ce que l'on pourrait penser, La Belle et la Bête est une très bonne version, qui à le mérite de mélanger les deux versions originales et en même temps d'ajouter de petits signes distinctifs ou de détourner certains éléments à la façon de Disney.


I] Mais où sont passés les soeurs, la rose et le prince des songes?
* Rassurez vous les soeurs sont bien là! en fait elles sont même dans quatre personnages. Vous devinez? oui....non?? allez je vous le dis :
_ Les triplés
_ Gaston.
Oui je sais, Gaston ne ressemble pas vraiment à une fille mais il représente la méchanceté des soeurs de Belle qui veulent l'empêcher d'être heureuse, il est l'Obstacle. Les triplés quant à elles représentent le côté futile des soeurs qui demandent à leur père de leur rapporter parures et bijoux. Elles peuvent aussi rappeler (en étant amoureuse de Gaston) la version antique du conte "Eros et Psyché" où les soeurs essayent de prendre la place de la Belle lorsqu'elles voient à quel point elle est heureuse.
* Notre rose non plus n'a pas disparu, là c'est plus évident, la rose est devenu magique et annonce un décompte pour la Bête. L'idée n'est pas mauvaise parce que dans les deux contes la Bête semble à l'agonie, terrassé par une force plus puissante et que la rose est toujours le déclancheur.

* Le prince des songes: on le retrouve deux fois:
_ les portraits
_ Gaston
Je sais ça à l'air étrange mais attendez :
Oui! Le prince est un vrai rival pour la Bête puisqu'il se dispute l'amour de Belle or c'est le trait principal de Gaston. Et dans les deux cas c'est la Bête qui en sort vainqueur.
Les portraits c'est simple, c'est le moment ou Belle découvre le portrait tailladé du Prince dans l'aile ouest. C'est l'image du Prince qui apparait, la beauté derrière un tableau en lambeaux, la beauté derrière l'image du monstre.

II] Les éléments inchangés ou presque...
Belle: toujours la même avec les mêmes qualités ou presque, chez Walt Disney c'est un personnage fort qui n'hésite pas à tenir tête à la Bête ce qui n'existe pas dans les versions françaises.
la Bête: la même ou presque...elle est plus hargneuse (et donc Belle se rebiffe CQFD), plus égoïste. D'ailleurs le pourquoi du maléfice n'est pas ou peu abordé dans les contes et Disney en donne une bonne explication qui permet à la Bête de véritablement évoluer.
Les personnages du château: on en parle, mais certes beaucoup moins, pas de Big Ben ,Lumière ni Mrs Samovar qui le château particulièrement attachant.
Le miroir enchanté: il est présent chez Leprince de Beaumont seulement.

Pour conclure, Wal disney a fait un très bon travail, ils ont réussi à synthétiser les contes et leur apporter le petit plus de romantisme, de magie et de XXeme siècle qui manque fatalement aux contes. Ils rajoutent également leur petite touche magique et indélibile.
MA version préférée...

Mme de Villeneuve contre Mme Leprince de Beaumont


Quelle version choisir? La toute première est celle de madame de Villeneuve publiée en 1740. On y retrouve bien sûr la Belle, son père et ses frères et soeurs (6 frères 5 soeurs), le thème de la faillite financière puis de l'espérance (du renouveau) et bien sûr la bête ,le chateau et la rose. Le début est quasi identique chez Leprince de Beaumont, version datant de 1758, hormis peut être les périodes (le père part 3 mois au lieu de 2) et le nombre d'enfants 3 garçons et 3 filles dont la belle. Ce n'est qu'après que les choses changent.

Mme de Villeneuve: La Belle est tous les soirs demandée en mariage part la bête, et chaque nuit elle fait un rêve ou elle voit un jeune homme (et parfois une fée) dont elle tombe amoureuse et dont l'amour est partagé. En explorant le château elle remarque des portraits du jeune homme qu'elle voit en rêve et elle en conclue que la Bête le retient prisonnier quelque part. Mais au fur et à mesure, (même si le jeune homme donne des indices à la belle, indices pour nous lecteurs éclairés) Belle s'attache de plus en plus à la Bête. Elle part voir sa famille pendant deux mois et lorsqu'elle revient elle trouve la Bête presque morte. Elle se rend compte qu'elle l'aime plus qu'elle ne le pensait. Elle consent à devenir sa femme. La Belle et la Bête se couchent et au petit matin, la Belle en se réveillant découvre avec stupéfaction que ce n'est plus la Bête qui dort avec elle mais l'inconnu qu'elle aimait en songe. (fin vous la connaissez)

Mme Leprince de Beaumont: LA belle est tous les soirs demandé en mariage par la Bête. et chaque soir elle refuse. Mais voyant les bienfaits dont la couvre la Bête (livre, robe, bijoux) elle apprend à l'aimer davantage. Malheureusement un jour elle voit dans le miroir enchanté que son père est gravement malade et demande à la Bête de partir le rejoindre. La bête au desespoir lui accorde 8 jours et au bout de huit jours elle devra déposer la bague sur sa table de nuit et elle retournera au château. Lorsque ses soeurs la voient, jalouses elles décident d'empêcher la Belle de rentrer pour que la Bête en colère contre elle la dévore. La Belle croyant sincèrement ses soeurs décide de rester huit jour de plus. Dans son sommeil elle voit la Bête à l'agonie. prise de remords elle décide de rentrer. Elle trouve la Bête à moitié morte et à juste le temps de lui déclarer son amour. Aussitôt la Bête se transforme en Prince et le mariage est célébré.

La version de Leprince de Beaumont est plus courte et beaucoup plus moralisatrice que celle de mme de Villeneuve. Les deux soeurs sont punies et transformées en statues et la fée déclare à la Belle qu'elle a choisi "la vertu plutôt que la beauté et l'esprit".

A mon sens, les deux versions se valent, elles sont certes différentes mais sont très belles toutes les deux. J'aime beaucoup l'idée du prince dans les songes qui indique à la Belle la solution du mystère sans qu'elle le remarque même si cela mériterait d'être développé, de même que l'affection de Belle qui passe du jeune homme des songes à la Bête. L'implication des soeurs chez Leprince de Beaumont est aussi une bonne idée qui manque chez Villeneuve. En somme le meilleur, c'est de reprendre les deux contes, les mixer et de les mettre sous forme de romans, mais bon...les contes ont aussi leur charme...

Eros et Psyché


La belle et la bête tire ses origines de vieilles Légendes grecques notamment celle d'Eros et Psyché.
Cette légende raconte l'histoire d'une belle jeune fille qui selon une prophétie doit être sacrifier sur la falaise de la ville. Au lieu de ça Eros le fils d'Aphrodite en tombe amoureux et la fait enlever par un monstre qui l'amène dans un palais dans les nuages.
Cette version recoupe de nombreux traits caractéristiques des deux versions françaises du XVIIIe siècle. Sur ce site
vous trouverez une version résumé du conte, sur celui-la la version intégrale d'Apulé Le conte de La Belle et la Bête apparut pour la première fois en France sous la plume de Gabrielle-Suzanne de Villeneuve, en 1740, mais ne connut véritablement la célébrité lorsqu'il fut abrégé et repris par Jeanne Marie Leprince de Beaumont dans son Magasin des enfants en 1758. C'est sur cette version que sont basées la plupart des adaptations ultérieures.
La belle et la bête a donné de nombreuses interprétations psychologiques (psychologie des contes de fée) comme beaucoup d'autres conte.

si vous voulez lire la version de Jeanne Marie Leprince de Beaumont vous pouvez aller sur ce site:

Parmis les adaptations, je vous conseille particulièrement celle de Walt Disney et celle de Jean Cocteau avec l'inoubliable Jean Marais.

La bête regarda la Belle et la belle suspendit son geste. Des lors la bête fut comme morte.
And lo, the beast looked upon the face of beauty, and beauty stayed his hand, and from that day forward, he was as one dead

samedi 21 février 2009

The Hours


Dans le cycle Virginia Woolf, je vous propose le film The hours avec Nicole Kidman, Julianne Moore et Meryl Streep.
The Hours raconte une journée cruciale dans les vies respectives de trois femmes de différentes époques, dont les destins sont interconnectés par le roman Mrs Dalloway. Mal dans leur peau, l'existence de chacune d'elles n'a de raison d'être que dans leur attachement à un tiers.
Mrs Dalloway est le roman de Virginia Woolf qui raconte une journée dans la vie de Clarissa Dalloway, bourgeoise oisive qui organise une réception. The Hours était le titre initial prévu par Virginia Woolf pour Mrs Dalloway.

*Virginia Woolf, grande romancière du début du XXe siècle, s'ennuie dans la banlieue de Richmond, au Royaume-Uni, où son mari Leonard l'a emmenée pour qu'elle se repose. Elle commence une nouvelle œuvre, Mrs. Dalloway, qui sera la plus grande réussite de sa carrière, tout en luttant contre sa maladie, la bipolarité qui finira par l'emporter.

* Laura Brown, mère au foyer dans l'Amérique des années 50, lit Mrs. Dalloway et souhaite changer de vie, car la sienne ne lui convient plus. Elle doit s'occuper de son fils, Richie, petit garçon hypersensible qui vit uniquement pour plaire à sa mère. Laura sombre dans la mélancolie et ne sait pas quelle direction elle doit prendre.

* Clarissa Vaughan, éditrice à New-York au XXIe siècle, vit au grand jour son homosexualité et décide d'organiser une réception en l'honneur de son meilleur ami et ancien amant, Richard, atteint du sida. Elle représente la version moderne de Clarissa Dalloway, héroïne du roman de Woolf, et s'enlise dans une existence futile.

Durant les heures d'une journée d'apparence banale mais pourtant cruciale, les destins de ces troisfemmes en vaine quête de bonheur vont s'entrecroiser afin de tisser un tableau d'une écrasante mélancolie.

C'est un très beau film, triste mais en même temps plein d'espoir. Les prestations de Nicole Kidman et Meryl Streep sont éblouissantes! Nicole Kidman a même porté une prothèse nasale pour ressembler d'avantage à virginia Woolf, et sa voix semble tranformée par la même occasion. Meryl Streep est admirable comme toujours. Elle trouve toujours le ton adéquat, un bohneur. Quant à Julianne Moore je ne suis pas laissé convaincre par sa prestation parce qu'elle semble tout le temps au bord des larmes et à la longue cela devient assez ennuyant, même si on ressent bien le malaise de cette femme, elle semble plus fade comparée à Nicole Kidman et Meryl Streep. Il faut également noter la participation de la fabuleuse Claire Danes dans le rôle de la fille de Meryl Streep.
Le film aborde avec une grande pudeur et une égale douceur les thèmes de l'homosexualité (refoulé ou non) de l'amour en général (femme-homme, homme-homme, femme-femme, enfant et parent, soeurs et frère), la futilité de l'existance et plus généralement le mal être humain qui peut toucher tout le monde quel que soit son âge, son pays ou même son époque. Un film à ne pas manquer.

Oeuvres


Voici les grandes oeuvres de Daphnée du Maurier accompagnée de leur résumé (certaines de ces oeuvres feront l'objet d'article prochainement)

1931 : La Chaîne d'amour (The LOving Spirit) :
Etant enfant, Janet Coombe avait la passion des choses de la mer et ne .regrettait rien tant que de ne pas être née garçon pour pouvoir courir les océans. En grandissant, cette passion lui est restée. Le mariage avec son cousin Thomas, son nouveau rôle d'épouse et de mère vont-ils changer Janet ? Ses familiers le croient et se trompent. Sa nostalgie de la vie maritime devient chaque jour plus forte et elle la transmet à son second fils Joseph. Il projette de naviguer avec elle à bord d'un voilier portant son nom et dont la figure de proue estsculptée à son image. La joie tue Janet le . jour du lancement du navire, mais les liens qui l'unissent à Joseph ne se brisent pas. Par-delà la mort, Janet est l'inspiratrice et le soutien de ce fils très aimé, si différent de son inquiétant cadet Philip. Leur mère morte, ce dernier mène sans bruit une vendetta secrète, que tour à tour facilite ou déjoue la destinée, contre le hardi capitaine de la Janet-Coombe. C'est en Cornouailles, à l'époque où les voiliers étaient encore les rois des mers, que commence cette histoire d'un navire et d'un amour qui défie la mort et le temps.

1932 : Jeunesse perdue (I'll Never Be Young Again)
Est-ce qu'on se suicide parce qu'on a pour père le poète le plus célèbre d'Angleterre et qu'il se préoccupe plus de son œuvre que de vous bercer sur ses genoux ? Est-ce qu'on se suicide parce qu'on écrit des versincapables de rivaliser avec les siens... alors qu'il y a tant d'autres choses à faire, à voir, à savourer dans la vie? Richard en convient dès qu'il a passé une heure en compagnie de Jake qui l'a retenu au moment où il allait se jeter dans la Tamise. Quand Yake lui propose de s'engager avec lui comme marin pour se rendre en Scandinavie, il accepte d'enthousiasme. Rude est cette existence, mais combien exaltante - et de même en sera-t-il pour le voyage à cheval et le trajet en bateau le long des fjords. Jake mort dans un naufrage, Richard s'installe à Paris. Des aventures qu'il vient de vivre il sort à nouveau convaincu de sa vocation d'écri-vain ; il se met à un roman et rencontre Hesta. A-t-il enfin trouvé sa voie entre cet amour et ce livre ? Lm enfants des hommes, comme les arbres que travaille la sève, comme la pâte sous l'effet du levain, ont besoin de temps pour atteindre la maturité. Richard aura encore une étape à franchir avant de secouer les phantasmes de la jeunesse et apprendre enfin à devenir un adulte parmi les autres.


1936 : L'Auberge de la Jamaïque (Jamaica Inn)
Orpheline et pauvre, Mary Yellan n'a pas d'autre ressource que de quitter le pays de son enfance pour aller vivre chez sa tante, mariée à un aubergiste, sur une côte désolée de l'Atlantique. Dès son arrivée à l'Auberge de la Jamaïque, Mary soupçonne de terrifiants mystères. Cette tante qu'elle a connue jeune et gaie n'est plus qu'une malheureuse, terrorisée par Joss, son époux, un ivrogne menaçant, qui enjoint à Mary de ne pas poser de questions sur les visiteurs de l'auberge. Auberge dans laquelle, d'ailleurs, aucun vrai voyageur ne s'est arrêté depuis longtemps... De terribles épreuves attendent la jeune fille avant qu'elle ne trouve le salut en même temps que l'amour. Dans la grande tradition romantique des soeurs Brontë, la romancière anglaise, auteur de Rebecca, nous entraîne avec un sens prodigieux de l'ambiance et de l'intrigue au coeur d'un pays de landes et de marais battu par les tempêtes, où subsiste la sauvagerie ancestrale des pirates et des naufrageurs

1938 : Rebecca (Rebecca)
En épousant Maxim de Winter, la narratrice a-t-elle pris conscience qu'elle liait désormais son existence à une mystérieuse demeure, Manderley, et à un fantôme, Rebecca, la première épouse de Maxim ? A travers Manderley, par la voix de Mrs. Danvers, la gouvernante, dans les réactions de Maxim, à l'occasion d'événements apparemment futiles, il semble que Rebecca continue d'exercer une influence à la limite du surnaturel et du morbide. Peu à peu l'angoisse se précise. Rebecca est morte noyée et plusieurs indicespermettent de supposer qu'il ne s'agit ni d'un suicide ni d'un accident. Avec une puissance d'évocation toute en nuances, Daphné du Maurier fascine le lecteur et l'entraîne à la découverte d'inquiétantes réalités sans quitter le domaine familier de la vie quotidienne. Les moindres détails se chargent de signification, l'atmosphère de sourde hostilité dessine peu à peu les contours d'un drame dont la défunte Rebecca est à la fois la victime et l'inspiratrice.

1941 : L'aventure vient de la mer ou la Crique du Français (Frenchman's Creek) (retraduit)
Fuyant les mondanités londoniennes, Dona St Columb, une jeune lady à la beauté fière et au caractère rebelle, s'est réfugiée au bord de la Manche dans sa résidence de Narvon. Là, elle rencontre l'homme qui saura la séduire : un pirate français du nom de Pierre Blanc. Mais l'impitoyable Lord Rockingham, qui la poursuit de ses assiduités, n'entend pas céder à un pareil rival. La chasse au Français commence, et avec elle un crescendo d'épisodes dramatiques... Ici comme dans ses meilleures oeuvres - L'Auberge de la Jamaïque, Rebecca -, la grande romancière anglaise excelle à camper des personnages dont la destinée nous passionne ; elle nous entraîne jusqu'au dénouement dans un irrésistible tourbillon de romantisme et d'aventure.

1943 : Le Mont-brûlé (Hungry Hill)
Il y a des Brodick à Doonhaven depuis deux cents ans, mais cela n'empêche pas des gens comme lesDonovan de les traiter en usurpateurs. Avec quelque raison si l'on se réfère à l'Histoire puisqu'ils avaient été les premiers maîtres de ce coin de terre irlandaise avant que les protestants anglais vainqueurs de Charles Stuart ne les en dépossèdent.
Vieille querelle aux yeux de John Brodick qui, en 1820, obtient l'accord de son voisin pour exploiter une mine de cuivre au Mont-Brûlé. A quoi bon ruminer un passé révolu quand l'avenir est prometteur ? La prospéritérejaillira sur tout le pays et les Donovan aussi peuvent faire fortune s'ils le veu?lent. Le drame est là : ils refusent tout changement, tout effort au nom de leurs droits abolis. Dans sa famille même, Copper John verra se développer cette insouciance, ce goût de se laisser aller au fil des jours, ce sens poétique si opposé à tout progrès que l'on baptise le charme irlandais. Ainsi John, son fils cadet, et Wüd Johnnie, son petit-fils.
Est-ce la malédiction de Morty Donovan qui pèse sur les Brodrick ou la fatalité inhérente à la possession de la richesse ? Qui gagnera du rêveur aimable ou du travailleur acharné ? Mouvementées s'annoncent les cent années qui vont suivre le premier coup de pioche au flanc du Mont-Brûlé...

1946 : Le Général du roi (The King's General)
Quel rôle reste-t-il à la femme quand les hommes font la guerre ? C'est à cette question, vieille comme Homère, que répond ce roman violemment secoué par l'Histoire (nous sommes dans l'Angleterre du XVIIe siècle, en pleine guerre civile). Un livre publié en 1945 et composé dans l'urgence... au sortir d'une tout autre guerre.
Soit une sorte de récit de cape et d'épée subtilement dévoyé... L'héroïne en est une femme, et les hommes –même ceux qui sont dans le «bon camp»– sont loin d'y avoir le beau rôle. Mieux (ou pis), la jeune femme en question, qui cultive un goût de la liberté ignorant toute entrave, se trouve dès le début du livre, et jusqu'à la fin de tout, condamnée à l'immobilité d'un fauteuil d'infirme.
Une troublante méditation sur la fidélité et l'honneur, qui poussés à leur extrême n'hésitent pas à courir le plus beau risque : celui de l'indignité.
L'un des plus grands Du Maurier.


1949 : Les Parasites (The Parasites)


1951 : Ma Cousine Rachel (My Cousin Rachel)
L'affection que le jeune Philip nourrit, en dépit de la différence d'âge, pour son cousin Ambroise Ashley le pousse à gagner Florence sitôt que ce dernier, qui a épousé une comtesse italienne, lui écrit pour demander son aide. A peine arrivé, il apprend la mort d'Ambroise et repart sans avoir pu démêler le mystère qui entoure l'existence de la comtesse Rachel.Quand la cousine Rachel rejoint. soudain Philip en Angleterre, elle porte à son comble la confusion des sentiment,,, de haine et de désir qui animent le protégé d'Ambroise. Pourtant le charme de la jeune femme agit au point de susciter l'amour chez Philip qui, dans un élan de folle générosité,renonce à son héritage au profit de l'intrigante. Mis en garde par Louise, la fille du pasteur, à qui l'habileté del'Italienne n'a pas échappé, Philip ne comprend vraiment qu'il a été joué que le jour même où Rachel prend possession du domaine et laisse ouvertement paraître son mépris de tout sentiment amoureux. Un jour, Philip découvre que Rachel dissimule du poison. Ambroise est-il mort de mort naturelle comme on l'a prétendu ? Etcomment Philip échappera-t-il au même destin ?

1955 : Mary-Anne (Mary-Ann)
Mary-Anne a appris à lire dans les pamphlets que rapporte au logis son beau-père Bob Farquhar et c'est en écoutant ses propos satiriques qu'elle s'est délié l'esprit. Par lui encore, quand il plante là toute la famille pour aller vivre ailleurs, elle apprend que les femmes sont sans défense dans un monde que les hommes ont façonné à leur profit ? à moins d'avoir de l'argent. Elle oublie la leçon le temps de tomber amoureuse de Joseph Clarke et de l'épouser par un beau jour de mai 1792. Il ne lui faut pas huit jours pour découvrir que son mari n'a ni fortune ni talent sauf celui de boire et de mentir, Il lui faudra neuf ans pour comprendre qu'elle nel'empêchera pas de sombrer et d'entraîner les siens avec lui. Elle décide alors de conquérir par ses propres moyens richesse et confort. La « belle Mrs. Clarke » jettera ses filets dans le Londres tapageur de 1803. Le cordonnier Taylor et l'homme d'affaires Will Ogilvie y poussent une proie des plus enviables Frédéric-Auguste, duc d'York. L'aventure commence bien et Mary-Anne possède assez d'éclat et de savoir-faire pour mener la partie même quand les cartes se brouillent. Une partie authentique, car Daphné du Maurier retrace ici la vie ardente de sa propre trisaïeule dans le Londres du temps des « George ».


1957 : Le Bouc émissaire (The Scapegoat)
L'un s'appelle John, l'autre jean. Le premier est un Anglais professeur d'histoire à Londres, le second est le très normand comte de Gué, châtelain de Saint-Gilles - mais, placés côte à côte, on les prendrait pour des frères jumeaux. Est-ce cette ressemblance constatée lors de leur rencontre fortuite au Mans qui donne à Jean de Guél'idée de droguer son sosie et de partir avec ses vêtements, ses papiers et sa voiture ? S'éveillant le lendemainassez mal en point, John se voit placé devant l'alternative de porter plainte ou de se substituer au comte. Machinalement, persuadé que l'imposture sera aussitôt démasquée, il se laisse conduire à Saint-Gilles par le chauffeur venu chercher son maître. Mais chacun l'accueille avec le plus parfait naturel, et John sympathise avec cette famille tombée du ciel, lui qui est seul au monde et en plein désarroi. Assumer au pied levé le rôle d'un inconnu se révèle vite une tâche que rend périlleuse tout ce que la situation léguée par le comte à son « bouc émissaire » recèle de tragique sous le masque du quotidien.

1962 : Château Dor (Castle Dor)
Co-écrit avec Sir Arthur Quiller-Couch.
Château Dor est l'histoire de "L'éternel retour" de l'amour. La belle légende de Tristan et Iseult revit dans la Cornouailles du XIXeme siècle.

1965 : Le Vol du faucon (The Flight of the Falcon)
Une pauvresse poignardée à mort sur les marches d'une église de Rome - et voilà le narrateur, Armino Fabbio, guide pour touristes, reconquis par les envoûtements du passé et brûlant d'élucider les énigmes à présent posées par ce meurtre : il part, interrompant ses obligations professionnelles, pour Ruffano, sa ville natale, qu'il a quittée tout enfant dans les fourgons de l'envahisseur allemand.
Jadis, les Malebranche régnèrent sur cette cité, et en particulier le duc Claudio, surnommé Le Faucon, qui la soumit à une affreuse tyrannie. Pour l'heure, l'activité universitaire y a pris un vif essor. Des factions selon une antique coutume italienne, s'y affrontent ; des événements mystérieux s'y déroulent ; d'autres, plus alarmants encore, s'y préparent. De fait, Armino découvre une effarante menace: réincarné en l'un des êtres qui lui tiennent le plus au coeur, Claudio va-t-il rééditer ses sinistres exploits d'autrefois ? Quelle sera l'issue du dilemme dont Armino ne peut désormais sortir qu'en trahissant ses plus chers sentiments
Un grand roman romanesque qui renoue - bien que l'action se passe de nos jours - avec la meilleure tradition des maîtres du genre, tel Dumas père

1969 : La Maison sur le rivage (The House on the Strand)
Initialement publié, en France, sous le titre La Maison sur le rivage ou l'Élixir de double vie.
Dick Young passe ses vacances à Kilmarth, une maison de Cornouailles que lui a prêtée son ami Magnus Lane, professeur de biophysique. Il a accepté de faire office de cobaye en expé-rimentant une nouvelle drogue découverte -par Magnus. Il absorbe donc la dose prescrite et, sans qu'il y soit préparé, est ramené six siècles en arrière.
Au cours des jours suivants, il entreprend plusieurs autres « voyages » qui s'échelonnent dans le temps mais se déroulent toujours en compagnie des mêmes gens. Ainsi Dick s'aperçoit qu'il est une sorte d'alter ego de Roger Kylmerth, intendant de Sir Henry Champernoune, seigneur de Tywardreath. Il est ainsi le témoin d'événements dramatiques, allant jusqu'au meurtre, auxquels il se sent intimement mêlé.
S'agit-il d'hallucinations où son subconscient cherche un déri-vatif à sa peu satisfaisante vie conjugale ? Ou a-t-il réellement voyagé dans le temps? Telle est la question que se pose Dick, mais il lui en coûte chaque fois davantage de devoir quitter ces gens du XIVe siècle pour se retrouver avec sa femme, aimante autant que soupçonneuse, et ses deux beaux-fils qui font tous figure d'intrus dans sa vie secrète.
Avec son immense talent de narratrice, Daphné Du Maurier réussit à faire croître la tension aussi bien dans le passé que dans le pré-sent. L'obsession de Dick, de plus en plus troublé par ces voyages, gagneinsidieusement le lecteur jusqu'au moment où le passé et le présent s'emmêlent inextricablement en un dénouement inattendu et des plus saisissants.

1972 : Mad (Rule Britannia)
Publié en 1974, ce roman occupe une place à part dans l'oeuvre de Daphné Du Maurier. En l'an 2000, l'Angleterre retirée du Marché commun a formé une fédération économique, politique et militaire avec les États-Unis. Une partie de la population n'accepte pas ce choix. Mad, une célèbre comédienne retraitée, vit en Cornouailles avec sa petite-fille, Emma, et les six garçons qu'elle a adoptés. Lorsque les Marines débarquent sur le sol anglais, elle est de ceux qui choisissent la résistance. Le meurtre d'un soldat américain par un de sesgarçons va précipiter les événements. La rébellion du peuple anglais amènera les Américains à retirer leurs forces militaires. Une intrigue séduisante et surprenante, mêlant réalisme et fantastique

1952: Les oiseaux (nouvelles)
Dans la nuit, le vent d'est se lève et cingle la falaise. Entre deux rafales, des coups de bec crépitent sur les vitres. Nuée d'oiselets qui cherchent refuge contre le froid? Non, vague d'assaut qui tente d'abattre l'ennemi. Les oiseaux ont déclaré la guerre aux hommes. Ainsi commence la nouvelle dont le « maître du suspense »,Alfred Hitchcock, a traduit en images le fantastique et l'épouvante. L'horreur se feutre, le fantastique se fait plus subtil, à peine étranger au réel, dans les autres récits. Le mari de Midge est-il victime d'une hallucination ou du pommier ? Pourquoi la mort rôde-t-elle autour du cimetière rien que pour les aviateurs ? Quel enfer a voulu fuir Mary Farren? Et quel enfer va trouver la marquise qui n'était pas amoureuse du petit photographe ? Aucune souffrance n'égale pourtant la seconde d'éternité revécue par la douce Mme Ellis...

Autres Récits:

1960 : Le Monde infernal de Branwell Brontë (The Infernal World of Branwell Brontë)
Qualifié de « roman » dans l'édition française de 2006 chez Phébus.
Le secret des sœurs Brontë ? Leur frère Branwell. La clé de leur précocité inouïe, de leur imaginaire étrangement porté vers toutes les fièvres ? Branwell encore. Leur lien ? L'amour jaloux quelles ne cesseront de vouer à ce frère maudit mais préféré à elles, qui leur avait insufflé son génie et qui, parvenu à l'âge adulte et avant depuis belle lurette brûlé toutes ses cartouches, n'eut plus que la force de se détruire (le beau etinoubliable Heathcliff des Hauts de Hurlevent, c'est lui). Branwell est le prince des Brontë. Déchu, car ses sœurs, elles, peuvent mettre en œuvre leur talent quand lui peine à créer. Il est le grand sacrifié des Brontë, la part d'ombre de cette famille. L'ouvrage de Daphné Du Maurier (1960) est à la fois une étude formidablement documentée et le plus troublant des romans vrais.

1963 : Les Souffleurs de verre The Glass-blowers
Qualifié de « roman » dans plusieurs éditions françaises à partir de 1973
Elle évoque ses origines françaises.

1981 : Le Journal de “Rebecca” (The Rebecca Notebooks)
Publié en France dans une édition couplée avec le Rendez-vous.
Le carnet de bord de la plus grande oeuvre de Daphné du Maurier