lundi 12 août 2013

Un risque calculé - Katherine Neville


Présentation de l'éditeur: Verity Banks est vice-présidente en charge des transferts informatiques de fonds à la Banque mondiale, une institution financière prestigieuse et respectée. Afin de prouver à sa direction que la sécurité informatique de l'établissement est perfectible, elle s'apprête à détourner un million de dollars sans que quiconque ne s'en aperçoive. C'est ce moment que choisit pour réapparaître dans son existence son mentor, le docteur Zoltan Tor, un séduisant génie de l'informatique qui, vingt ans plus tôt, lui a tout enseigné. Celui-ci lui propose alors un défi détourner un milliard de dollars, l'investir durant trois mois, et le remettre à sa place sans que personne ne découvre la substitution. Ce qui au départ n'était qu'un jeu dangereux prendra une tout autre ampleur lorsque nos deux complices découvriront l'existence d'un complot machiavélique. Ils iront alors de surprise en surprise jusqu'à un final palpitant.

Enorme déception avec cette lecture foireuse d'Un risque calculé de Katherine Neville. Pourtant j'avais adoré son premier roman Le Huit ainsi que la suite Le feu sacré et dans une moindre mesure Le cercle magique. Les éditions du cherche-midi précisent qu'il s'agit de son premier roman et ils se trompent. Cela dit, vu la teneur d'Un risque calculé, cela aurait pu effectivement être un premier roman tant on ne comprend pas le décalage entre le génialissime Le Huit et celui-là. 

Après avoir lu tous les romans de l'auteure, je peux faire deux reproches majeurs à Katherine Neville, reproches qui d'ailleurs ne gêneront sans doute, que ceux qui, comme moi, ont lu les quatre romans. Si vous vous arrêtez au Huit et à sa suite, je ne suis pas sûre que cela vous choque.
Tout d'abord les quatre romans se ressemblent. Même ligne principale, mêmes personnages d'une série sur l'autre, seul finalement le contexte change. Je trouvais déjà que Le cercle magique était déjà un peu un Huit en moins bien parce que l'intrigue n'est tout simplement pas menée à terme, ici je suis assez étonnée de la pauvreté de l'intrigue et de l'ensemble. Je n'arrive pas à comprendre comment elle a pu écrire ce roman après le Huit. Autre problème pour moi, et problème de taille, toutes les héroïnes se ressemblent. Elles sont toutes physiquement semblables, même morphologie, même vie avec carrière de haut vol même si Verity est quand même l'héroïne la moins agréable des quatre romans, Catherine était plus sympathique et Arielle était une héroïne assez rigolote. Pire pour moi, les trois romans: Le Huit, Un risque calculé et Le cercle magique sont tous très inspirés de la propre vie de Katherine Neville.
Et alors? vous me direz.
Et bien qu'un auteur s'inspire de ce qu'il connait pour écrire ne me dérange pas. Qu'un historien écrive sur l'histoire qu'il maîtrise, qu'un criminologue écrive des romans policiers, qu'un médecin écrive des trames médicales etc. je comprends. Après tout c'est normal et même souvent mieux puisque ayant une connaissance du milieu qu'il décrit, les incohérences sont moins nombreuses. Cependant, quand par trois fois l'auteure reprend exactement des postes qu'elle a occupé, j'ai au final l'impression qu'elle se met simplement en scène et ça m'ennuie. Ce n'est pas de la jalousie, devenir experte en nucléaire, en banque ou en pétrole ça n'est pas mon truc mais je trouve qu'au final l'ensemble manque clairement d'originalité. Des inspirations oui, mais de là à se mettre en scène à chaque fois....ça devient franchement lassant.  

D'accord, d'accord on a compris Katherine Neville est un peu narcissique, mais sinon, qu'est-ce que tu reproches concrètement à Un risque calculé?

Je lui reproche trois gros problèmes. Tout d'abord, l'intrigue est molle. On me promet un mystère palpitant et un complot machiavélique...au trois quart du roman je le cherche encore. Effectivement, les chefs de Verity lui mettent des bâtons dans les roues. Surprenant! Surtout quand Verity précise dès les premières pages que son chef le kiwi comme elle l'appelle, est un incompétent fini qui cherche à empêcher ses collègues plus talentueux de grimper dans l'échelle de l'entreprise. Du coup je suis moyennement étonnée. Pareil avec l'un des directeurs de la banque qu'elle décrit comme un type froid et arriviste, qui n'aime pas plus ses subalternes que ses directeurs et qu'au fond à part sa pomme...Elle a l'air de tomber des nues quand ces gens là s'allient pour l'empêcher, elle, une femme, de grimper dans la banque alors qu'elle nous rappelle depuis le début que ce milieu est un milieu misogyne et que pour ce faire elle a effacé minutieusement toutes les traces de sa féminité. Paye ton cliché. Alors je m'interroge...où est l'intrigue palpitante? Je le cherche toujours.
De plus, pardonnez-moi mais l'intrigue qui repose sur "On va voler des millions, les faire fructifier et les remettre" il n'y a que moi que ça gêne? En quoi ça va t'aider à démontrer que tu es plus forte? Tu ne sens pas venir le coup foireux? Non vraiment?  

Parlons à présent de l'héroïne.


Ouais voila...Merci Ten. 
Elle est censée être vice-présidente d'un service informatique d'une banque énorme, d'être ultra brillante...et se fait contre-carrer TOUT LE TEMPS mais vraiment tout le temps. Que ce soit par Zoltan Tor qui lui montre par A+B qu'elle pourrait mieux faire ou par ses chefs - censés être idiots - qui arrivent toujours à la devancer. Une fois je veux bien mais à chaque rebondissement ça devient ridicule. En plus de ne pas se montrer particulièrement intelligente, on sent bien que Zoltan a une longueur d'avance, elle n'est pas du tout sympathique. Le première page du roman montre une héroïne froide, calculatrice et qui ne s'intéresse exclusivement qu'à l'argent. Je me doute bien que lorsque l'on rentre dans ce monde de la finance on doit être doté d'une certaine mentalité mais ici j'ai trouvé ça tellement caricatural que ça en devenait trop. Verity est exactement ce qu'on attend du cliché d'une banquière ambitieuse aux dents qui rayent le parquet. Autant dire que je n'ai pas du tout accroché à l'héroïne mais le pire était à venir. Si si....

Parlons un peu de Zoltan Tor...Zoltan Tor c'est ni plus ni moins qu'un mauvais Nim (Le Huit), comme si Katherine Neville avait voulu rétablir une relation qui ne se fait pas dans Le Huit et que l'équivalent de Nim finisse avec l'héroïne pour une fois. Pourquoi ça me gêne? Parce que là ou Nim n'était que choupitude et bon sentiment, il est sincère envers Catherine, veut l'aider, la protéger mais ne la prend jamais pour une enfant, Zoltan lui se veut Pygmalion. Il façonne Verity comme il l'entend, la rudoie, la prend vraiment pour une enfant - Mr Knightley et Emma c'est le monde des bisounours du paternalisme à côté - et lui fait la leçon. Déjà, moi ça me hérisse. Surtout quand l'héroïne est censée être une femme brillante, le côté paternaliste ridicule de Zoltan est complètement déplacé. Si on rajoute à ça, les sentiments de Verity sur l'affaire, cet espèce de faux sentiment du "j'ai besoin de lui mais en même temps je le déteste parce qu'il réveille quelque chose en moi..."... Leur relation est sans nuance, sans papillon et sans surprise. Dès les premières descriptions de Zoltan (pas DU TOUT mon type d'ailleurs, elle a des goûts bizarres là...) on comprend que Verity est morte d'amour pour son mentor. Honnêtement, on retrouve tous les pires clichés de la romance. Alors cette histoire, elle a commencé par réveiller ce genre de sentiment en moi:


Le genre de sentiment où tu sens que ça pue...et que ça va continuer à ne pas du tout aller. Le coup de l'héroïne garçon manquée je l'avais vu venir...car accrochez-vous...on est au moins dans du Harlequin années 70 bien lourdingue.....Zoltan lui révèle sa féminité! TADAM. Et oui mesdemoiselles, en plus d'être Pygmalion, c'est lui qui lui montre que son côté garçon manqué n'est qu'une façade pour cacher qui elle est réellement et qu'après leur première nuit, elle a des papillons dans le ventre et des étoiles pleins les yeux, bien sûr elle n'a pas de vie privée, elle travaille dur et une femme ne peut pas tout avoir voyons. Prenez ça dans les dents féministes! Vlan! Une femme a besoin qu'un homme lui révèle qui elle est. Là pour moi, ce qui avait commencé par un frisson d'appréhension fini en: 


Pour ceux et celles qui ne me connaîtraient pas: J'adore la romance et j'adore les héros bien alpha et bien bossy, type Gideon Westbrook, type Simon Hunt, type Derek, type Radcliffe Emerson et Lord Maccon. Vraiment... j'adore ça et j'en lis mais aucun de ces héros là ne prétend changer l'héroïne. Justement ce qu'ils aiment en elle, c'est tout ce qu'elle est, avec un caractère bien trempée et des idées et ô grand jamais ils ne prétendent de faire d'elles de vraies femmes. Elles sont déjà des femmes à part entière. Ils les mettent aussi sur un pied d'égalité et ne leur font pas la morale à tout bout de champ. Pourquoi une héroïne garçon manqué ne serait forcément qu'une façade? Qui a décrété qu'une femme pour être une vraie femme doit impérativement porter des jupes, se maquiller et avoir un homme à ses côtés? Ce genre de discours anti-féministe et réducteur me déplait d'autant plus qu'il vient de la part d'une auteure non seulement talentueuse - vu les postes qu'elle a occupé - indépendante et certainement libérée et qu'elle nous accable de vieux clichés stupides. Surtout qu'elle avait si bien établie les relations principales dans Le Huit et le Feu sacré. Comment après Catherine et Sasha, couple so cute ever, nous assommer avec Verity et Zoltan? Moi j'ai lâché...tout simplement. 

Vous l'aurez compris, une intrigue molle qui ne m'intéresse pas et qui manque de suspense, une héroïne idiote et froide et une histoire d'amour digne d'un Harlequin vintage, voici mon sentiment général sur Un risque calculé.


Non je ne le recommande pas. Lisez plutôt Le Huit

11 commentaires:

Bagatelle a dit…

Promis juré, je lirais pas!
Par contre j'adore tes gigs ;)
Et dans la série des mâles alphas, tu as oublier Adam!!!!!!

Karine:) a dit…

Oh boy... ça, ça ne me tente pas... L'histoire du contre-carrage constant suffit pour me dégoûter. Le huit est dans ma pile. Je pense.

Perséphone a dit…

@Bagatelle: Honte à moi d'avoir oublié Adam

@Karine: passe ton chemin, le huit vaut largement le coup et Tam-Tam est d'accord :D

Tam-Tam a dit…

bon, petite pause dans l'écriture de mon article...
Le risque calculé... vraiment moins bon... mais il précède en écriture le Huit, donc j'imagine qu l'auteur est devenue meilleure au fil des romans. Ce qui est bien non?
ensuite, en bonne addict de la romance, si tu me ressort le meme schéma avec un trame différente, je suis heureuse comme une malourde à marée haute.
c'est le principe meme de la romance, une homme, une femme, un happy end ^^
mais bon, la j'avoue, c'est aussi un de mes moins préféré... mais je l'ai quand meme en grand format, et je le garde quand meme :p

Perséphone a dit…

Il précède le Huit en écriture mais il a été publié après c'est ça? Parce que ce n'est pas clair. Et après le Huit elle a écrit Le cercle magique qui est déjà un cran en dessous. Mais le Huit reste un de mes livres doudous.
En tout cas, si on me ressort le même schéma traité de la même façon en romance il y a de fortes chances pour que le roman passe par la fenêtre. Le côté moralisateur "je te façonne selon mon désir parce que tu es une petite fille qui ne sait pas ce qu'elle désire vraiment" ça me donne juste envie de casser quelque chose ^^ Mais après un homme une femme un happy end j'adore aussi tu le sais bien, c'est juste le traitement de leur histoire que j'ai trouvé anti-féministe et raté. Je l'ai en grand format...quant à savoir si je vais le garder...

Tam-Tam a dit…

hahaha...
tiens, je me demande maintenant ou j'avais lu que l'acriture était anterieure... Impossible de remettre la main dessus.
peut etre que mon cerveau ne veut pas entendre qu'on puisse regresser! :p

le huit... rien que pour le passage de la travervée de l'atlantique (if you know what i mean), juste, je fonds!

Perséphone a dit…

EVIDEMMENT! La traversée de l'Atlantique quoi!

Tam-Tam a dit…

limite je veux etre coincée dans une tempète!
(Et parès on me demande pourquoi j'aime la mer/l'océan, et pourquoi un jour je veux apprendre à faire du bateau)

Perséphone a dit…

Le charme de la navigation. Pourquoi crois-tu que j'ai pris un homme qui sache faire de la voile à ton avis? :p

Tam-Tam a dit…

Pffff.... *tam-tam jalouse*
et d'abord le prince est mille fois mieux *tam-tam a mis ses lunettes roses*

Perséphone a dit…

Mouais......

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