lundi 26 août 2013

Silence à Hanover Close - Charlotte et Thomas Pitt - Anne Perry


Présentation de l'éditeur: Londres, 1887. L'inspecteur de Scotland Yard Thomas Pitt est chargé de reprendre l'enquête sur un cambriolage meurtrier commis trois ans plus tôt, au cœur du très chic quartier d'Hanover Close. Un parfum d'espionnage plane autour de l'affaire et Thomas aura une fois de plus besoin de l'aide de sa femme Charlotte et de sa belle-sœur Emily. Dans un milieu très fermé, leur enquête va s'avérer complexe mais aussi très dangereuse et les menaces de mort violente vont aller crescendo, y compris contre Thomas...

Tout comme un bon Agatha Christie ne nuit jamais, un bon Anne Perry ça vous remet sur les rails de la lecture. Un peu en panne je l'admets, je me suis tournée vers le neuvième tome des aventures de Charlotte et Thomas Pitt...et ça n'a pas pris. Mais pas du tout. Arthur (mon fidèle Kindle) me tombait des mains tant l'histoire semblait plate et longuette. 

Pourtant, au démarrage, l'intrigue avait tout pour me plaire: un cambriolage qui tourne mal et un fils de bonne famille qui trouve la mort, notre inspecteur Pitt doit enquêter pour savoir si sa veuve, sur le point de se remarier avec un collègue du Foreign Office de son défunt mari, est une femme bien sous tous rapports. J'adore les intrigues de cold case, les cas où l'on rouvre les vieux dossiers, où l'on recherche un meurtrier alors que des années ont passé ou que les protagonistes de l'affaire sont morts. Je trouve que c'est un éclairage différent mis sur une même affaire. Les protagonistes principaux Veronica York, la veuve, et Loretta York, la mère de la victime, sont vraiment intéressants parce qu'on sent que quelque chose cloche même s'il est horriblement difficile de mettre le doigt dessus.
Parallèlement à cette intrigue, Silence à Hanover Close, fait suite à la mort de George, le mari d'Emily qui termine sa période de veuvage. Anne Perry effleure dans ce roman ce qu'il advient d'une femme jeune après la mort de son mari. Emily se sent complètement isolée et inutile, elle ne peut plus participer à des soirées mondaines, ni porter autre chose que des couleurs de deuil et pour une jeune femme, le sentiment d'isolement est difficile à assumer. Du coup, lorsque Charlotte lui parle des York et du mystère que doit résoudre Thomas, Emily se met en tête de faire quelque chose de complètement...absurde!

C'est là qu'elle m'a perdu pour tout dire. Bien qu'il y ait un gros travail sur son intrigue et le monde des employés de maison au XIXe siècle, je n'ai pas cru une seconde à ce stratagème. Il m'a semblé tellement énorme et pas du tout dans le caractère d'Emily que je n'ai pas du tout compris Anne Perry. Elle qui prend soin des détails sur la vie au XIXe siècle, nous vend une ficelle complètement stupide. Le tout passe plutôt bien parce que l'écriture est soignée et qu'elle travaille quand même son contexte mais pour moi il y avait clairement un gros problème. 
Et puis l'intrigue était si lenteeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeee à se mettre en place...

A force de me tomber des mains, je l'ai carrément laissé de côté. Pour le reprendre il y a 3 jours. La reprise a été un peu difficile, toujours à cause de l'intrigue d'Emily et puis...le miracle, l'épiphanie! 
La seconde partie du roman est du vrai bon Anne Perry comme on l'aime. L'intrigue et les rebondissements s'enchaînent, des questions sans réponse sont posées, les relations entre les personnages se construisent. J'ai été happée. 
Beaucoup de surprise dans cette seconde moitié de roman avec un rebondissement complètement inattendu qui permet d'exploiter une nouvelle thématique sur l'isolement des femmes dans la société. C'était extrêmement bien mené, notamment grâce au personnage de Caroline, la mère de Charlotte et Emily, qui donne un corps et une voix à la rumeur publique et au comportement et suspicions des voisins. 

Au niveau de l'enquête à proprement parlé, j'ai résolu l'une des énigmes justement à la moitié du tome et l'attente a été longue jusqu'au dénouement. Cela dit, même si j'avais résolu quelques éléments de l'intrigue policière, celle-ci s'est révélée particulièrement touffue et le dénouement, un peu à la Hercule Poirot était véritablement passionnant. 

Silence à Hanover Close m'a donc surprise à plus d'un titre. Après une première partie lente et passablement ennuyeuse, le récit prend son envol et nous offre un thriller historique impossible à lâcher jusqu'à la fin.

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