mercredi 7 août 2013

Quartet (2012)


Résumé: À Beecham House, paisible pension au cœur de la campagne anglaise qui accueille des musiciens et chanteurs d’opéra à la retraite, le bruit court qu’une nouvelle pensionnaire arriverait sous peu. Et ce serait une diva ! Pour Reginald, Wilfred et Cissy, le choc est grand lorsqu’ils voient débarquer l’impétueuse Jean Horton, avec laquelle ils triomphaient sur les scènes internationales des années auparavant. L’ambition de Jean et son ego démesuré avaient alors ruiné leur amitié et mis un terme au mariage qui la liait à Reginald. Malgré les vieilles blessures, Reginald, Wilfred et Cissy mettront tout en œuvre pour convaincre Jean de reformer leur célèbre quatuor à l’occasion du gala annuel de Beecham House. (source)

CASTING

Maggie Smith .................................. Jean Horton
Tom Courtenay ............................... Reggie Paget
Billy Connolly ................................. Wilf Bond
Pauline Collins ................................. Cissy Robson
Michael Gambon .............................. Cedric Livingston
Sheridan Smith ................................. Dr. Lucy Cogan
Andrew Sachs .................................. Bobby Swanson
Gwyneth Jones ................................. Anne Langley

TRAILER
(Blogger refuse de m'intégrer les vidéos...)

Produit et réalisé par Dustin Hoffman, des têtes d'affiches à faire pâlir une sélection des oscars, un contexte british au possible (Beecham House....soupirs) et un thème sur la musique et l'opéra, il était IMPOSSIBLE que je loupe ça. Je crois que j'attendais peut-être trop du film ou que la bande-annonce était légèrement trompeuse, je ne sais pas. En tout cas même si le film est bien il n'a pas tout à fait répondu à mes attentes.

Il n'y a pas de doute, Dustin Hoffman sait parler de la vieillesse sans fausse pudeur ni compromis. La vieillesse n'est pas que radieuse sans pour autant être noire. Cissy perd la mémoire mais reste une très gentille lady, Wilf a des problèmes cardiaques mais reste un dragueur invétéré plein d'humour. Il explore aussi la perte des facultés notamment pour les chanteurs ce qui est extrêmement dur à vivre. Il nous offre un tableau en demi-teinte bien que pas toujours réaliste - Beecham House est une trop belle pension, un peu trop parfaite pour être vraie. On est loin du film qui ne parlerait qu'aux personnes âgées, chaque génération peut y trouver son compte notamment parce que Quartet est avant tout un film sur l'amour et l'amitié.


Comment, après trente ans de rancune tenace, finir ses jours dans la même maison que son ex-femme que l'on a jamais cessé d'aimer? C'est ce que se demande Reggie lorsque Jean débarque à Beecham House. Quartet nous offre une très jolie histoire sur l'amitié avec notre petit trio principal et sur l'amour. Comment faire lorsque l'on ambitionne une carrière internationale de conjuguer amour et amitié alors que la concurrence est rude. On le sent bien, à peine arrivé Beecham House, Jean se rend compte que sa grande rivale Anne Langley est présente et demande à avoir une chambre plus grande qu'elle. Un peu puéril, comme si les gloires passées comptaient encore aujourd'hui ce qu'on sent bien d'ailleurs dans le gala final avec Anne qui arrive dans une tenue éblouissante. Jean et Reggie tentent alors tant bien que mal de se rabibocher, aidés dans leur entreprise par Wilf et Cissy qui sont deux personnages très touchants, ceux que j'ai préféré.

Mais voila, malgré tout je n'ai pas pu m'empêcher d'être déçue par le film. La faute à la bande-annonce que j'ai vu qui je pense m'a laissée croire que l'histoire s'intéressait plus à la musique qu'à l'histoire d'amour.

Même si je ne suis pas une fan de Tom Courtenay, que vous avez pu voir dans Little Dorrit dans laquelle il jouait l'odieux père d'Amy, le casting était très alléchant. Alléchant mais cependant (trop) convenu car finalement les acteurs choisis ne sortent pas de leurs rôles traditionnels. Maggie Smith est superbe comme d'habitude, très british, élégante jusqu'au bout de la canne et odieuse. Une Lady Violet en moins snob et plus star. Ce rôle lui va comme un gant mais on l'a tellement vu comme ça qu'il n'y a plus aucune surprise. J'avais préféré son rôle dans The Best exotic Marigold Hotel ou bien qu'odieuse et raciste, elle révélait un personnage finalement plus en nuance, capable d'évoluer, plus complexe aussi et plus inattendu chez elle. Pauline Collins joue encore une fois une lady anglaise à la mémoire vacillante, attachante mais un peu spéciale comme dans Bleak House. Je l'aime beaucoup dans ces rôles là mais il n'y a pas de surprise. Je pardonne plus volontiers à Billy Connolly que j'aime d'amour, parce qu'avec son accent écossais et son regard plein de malice il fait un sémillant sexagénaire et que j'adore le voir cabotiner. Son personnage est celui qui m'a le plus touchée, il essaye sincèrement de réconcilier ses vieux amis et de reformer le quatuor d'antan. Quant à Michael Gambon...et bien c'est du Michael Gambon, un rôle de vieux tyrannique et sûr de ses choix assez peu différents de ce qu'il a fait auparavant. Il le joue bien cependant, avec une façon marrante de reprendre tout le monde sur la prononciation de son prénom mais c'est un peu du déjà-vu.

Finalement, je crois que ce qui m'a le plus déçue dans l'ensemble c'est l'utilisation de la musique ou plutôt l'absence d'utilisation. Au final Dustin Hoffman aurait pu placer son contexte avec de vieux écrivains, de vieux acteurs, de vieux danseurs etc., il aurait produit exactement le même film et je trouve ça dommage. On ne voit même pas à la fin du film le quatuor! On les voit entrer en scène et c'est tout. Je pense que Dustin Hoffman voulait parler avant tout d'une histoire d'amour et d'amitié et la musique est là-dedans utilisée que comme toile de fond.
Oui cela m'a déçue. Alors qu'il parle de la vieillesse et de ces maux, il ne fait qu'effleurer très rapidement les problèmes que rencontrent ces gens dans la perte de leur art. Pourtant il partait bien. Jean Hogan qui écoute ses vieux disques en boucle à la recherche de sa voix perdue, Cissy qui perd la mémoire, Wilf qui vacille. Malgré tout, passée la première demie-heure du film, cette dimension se perd dans le reste de l'intrigue. J'aurai aimé un questionnement plus profond pour tous ces gens. Imaginez un peu, vivre toute votre vie dans votre art, par et pour lui, être une voix (parce que les protagonistes principaux sont des chanteurs avant d'être des musiciens qui eux continuent à jouer), et se retrouver vieillissant, parfois malade, dans une maison de retraite, entouré d'amis mais aussi d'anciens rivaux? La tension entre Jean et Anne est palpable mais sert finalement à Maggie Smith à placer ses petites piques à la Lady Violet dont elle a le secret mais sans plus. La musique qui sert la bande-originale n'est pas assez mise en valeur non plus, ce sont de beaux morceaux d'opéra, certes, mais il n'en fait rien. J'ai eu l'impression qu'on me lançait cette musique pour me dire "hey regarde, tu es dans un film qui parle de chanteurs d'opéra!". "Thank you captain obvious!". Pour beaucoup de spectateurs, cette dimension ne sera pas gênante mais elle me gêne moi parce que Dustin Hoffman avait tout pour faire un film original, à thème, et on se retrouve au final avec un film assez classique et attendu.

Les images sont superbes, les acteurs bons et je n'ai pas grand chose à dire sur la réalisation. L'ensemble manque simplement de surprise et d'originalité pour qu'il ait su véritablement me toucher. Un film de bonne facture qui ravira je pense les amateurs de film à l'anglaise et les amoureux de Maggie Smith. 

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