jeudi 5 avril 2012

La boutique au coin de la rue - D'après la pièce de Miklos Laszlo et le film d Ernst Lubitsch (1940)

Présentation de l'éditeur: Budapest, 1930 : Klara Novak, jeune fille au chômage, réussit à se faire embaucher dans la librairie du tyrannique monsieur Matutschek, au grand dam d'Albert Kralik, premier vendeur et jusqu'alors protégé du patron. Kralik et Klara se détestent cordialement et se font la guerre... alors que, sans le savoir, ils poursuivent anonymement une correspondance amoureuse.

J'ai lu cette pièce dans le cadre de l'animation "The shop around the corner" de Whoopsy Daisy. Je n'avais jamais vu le film d'Ernst Lubitsch ni la pièce du même nom ni le film "You've got a m@il" avec Tom Hanks. Je suis donc partie à l'aventure.

J'ai beaucoup aimé malgré le fait que cette pièce soit irrémédiablement trop courte. Je suppose que je l'aurai plus apprécié en ayant déjà vu le film car j'aurai eu peut-être une idée de ce à quoi je pouvais m'attendre. C'est vrai que j'ai été déçue qu'elle finisse si vite après avoir à peine commencé. De la même façon, je trouve le théâtre très difficile à lire car une pièce est faite de mouvement et de pause et cela manque à la lecture.

Voici donc mes réponses à cette Lecture commune très agréable!

1) Comment qualifieriez-vous l'humour de la pièce? L'avez-vous trouvé efficace? Avez-vous ri/souri?
J'ai beaucoup aimé l'humour de la pièce, il est très frais pas du tout lourd. On se moque parfois des personnages comme le vendeur impossible et obséquieux qu'on a envie de claquer, aux piques que se lancent Kralick et Klara!
Même si à mon sens il n'y avait pas assez d'échange entre les personnages (dû au cour format en fait) j'ai trouvé Kralick et Klara extrêmement savoureux dans leur comportement. J'ai beaucoup aimé les quiproquo et autres loupés entre les personnages, notamment dans les premières scènes ou Klara vient demander du travail.
L'humour est tout à fait efficace et doit l'être encore plus sur scène! Et bien évidemment je me suis bien amusée à la lecture.

2) Que pensez-vous de la galerie des personnages secondaires?
Ils sont particulièrement bien dosés je trouve. Le patron est assez pathétique. Je n'avais pas compris pourquoi il en voulait à Kralick mais en apprenant la vérité j'avais envie de lui dire: "hum comment dire? C'était un peu évident non?"
J'ai adoré Peppi, surtout lorsqu'il commence à donner des ordres à un autre coursier. Je pense que ça doit être sympa à interpréter comme rôle!
Flora est un peu en retrait en revanche c'est dommage. Vadas est tout simplement insupportable! J'étais bien contente de voir les autres le repousser. C'est le genre de personne obséquieuse et mielleuse comme je déteste. Ils ne font jamais très net et on sent qu'on ne doit pas s'y fier.
Quant à Pirovitch je l'aime bien, c'est un homme intègre et un bon ami pour Kralick. En même temps c'est aussi lui qui lui remet les idées en place pour Klara et c'est assez intéressant. Je pense que lui a peut-être compris ce qu'il se passait depuis longtemps mais qu'il n'a rien dit. J'ai beaucoup rit pendant la scène du portefeuille!
Du coup je trouve cette variété intéressante, ils ont tous leur caractère propre ce qui donne du relief à la pièce.

3) Comment décririez-vous la dynamique qui s'installe entre les deux personnages principaux? Avez-vous été séduit(e) par leur histoire? Vous ont-ils rappelé d'autres couples de la littérature, du cinéma?
C'est assez marrant en fait parce que finalement le résumé en dit un peu trop. On pourrait très bien rester dans le flou jusqu'à la moitié de l'histoire. En tant que personnage extérieure qui savons, effectivement c'est assez savoureux de les voir s'écharper et à vanter les mérites de son correspondant secret! J'ai beaucoup aimé leur histoire, je trouve qu'il y a une morale dedans, qu'on aime souvent certaines parties de la personnalité de quelqu'un et qu'à la foi on peut se leurrer mais aussi qu'il y a toujours à apprendre de l'autre.
Forcément ils rappellent des couples mythiques qui commencent par se détester avant de s'aimer comme Elizabeth Bennett et Fitzwilliam Darcy, Thornton et Margaret de North and South, Tarabotti et Maccon dans The Parasol Protectorate ou encore Peabody et Emerson, cela dit l'histoire de base est différente. D'ailleurs c'est assez original car nous avons deux histoires en une!

4) Quels sont selon vous les grands thèmes traités dans la pièce?
Pour moi c'est une pièce qui parle avant tout d'amour, ensuite d'amitié. On y trouve aussi quelques autres thèmes peut-être mais j'avoue que la pièce est trop court pour que je me concentre sur autre chose que l'histoire principale!

5) Est-ce que la pièce dénonce quelque chose de particulier? La société? Les travers de l'âme humaine? Si oui lesquels?
Personnellement je ne pense pas que la pièce dénonce quelque chose en particulier. La trame de base peut se retrouver partout avec les rivalités entre vendeurs, ce n'est pas en soi spécifique à la Hongrie des années 40. On parle de la nature humaine mais il n'y a pas forcément de critique pour moi, juste un énoncé des faits sur la diversité des personnalités et sentiments humains.

6) Quelles sont les références culturelles (ou autres) que vous avez retenues?
J'ai reconnu de nombreuses références russes, entre la musique de la boîte à cigarette, les romans russes proposés. Les citations dans les lettres étaient assez marrantes et bien utilisées car mélangées entre des mots de Kralick et des mots d'auteurs.
Mis à part ça je n'ai pas trouvé que les références étaient le point fort de la pièce.

La boutique au coin de la rue fut une très belle découverte! Je vais de ce pas me plonger dans les films!

1 commentaires:

dasola a dit…

Bonjour,
Tant le film de Lubitsch que la pièce que j'avais vu à Paris il y a quelques années sont vraiment pétillants d'humour. Je conseille. Bonnes soirée.

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