lundi 30 janvier 2012

The Remains of the Day - James Ivory 1993


En 1959, Miss Kenton écrit à son ancien chef, Mr Stevens, au sujet du récent décès du maître de celui-ci, Lord Darlington, un comte anglais ; ils ont été tous deux à son service avant-guerre, elle comme intendante et lui comme majordome. Elle évoque également un scandale qui a éclaté après la guerre ayant impliqué le comte. Afin d'aller rendre visite à Miss Kenton, Stevens obtient un congé de son nouveau patron, un riche américain nommé Lewis qui a racheté le domaine Darlington. Chemin faisant, dans la limousine que Lewis lui a prêtée, Stevens repense au jour où il a engagé Miss Kenton : c'était en 1936. (merci Wiki)

CASTING

Christopher Reeve ............................................... Jack Lewis
Anthony Hopkins ................................................ James Stevens
Emma Thompson ................................................ Miss Kenton
James Fox ........................................................... Lord Darlington
Peter Vaughan .................................................... William Stevens
Ben Chaplin ....................................................... Charlie, Valet de pied
Hugh Grant ........................................................ Reginald Cardinal

Desservi par un casting de rêve, James Ivory nous livre une magnifique adaptation du roman touchant de Ishiguro.

Au départ je pensais que the Remains of the Day (Les vestiges du jour) serait un film très lent, assez sombre. Je ne sais pas pourquoi j'avais cette image en tête. J'ai été agréablement surprise de découvrir un film très bien rythmé, dans lequel tout s'enchaîne naturellement. Il n'y a pas de temps morts, pas de pauses inutiles, les dialogues coulent vraiment facilement.
De plus, ce n'est pas du tout sombre. La campagne anglaise est lumineuse et magnifiquement exploitée.

C'est une histoire extrêmement touchante que celle racontée par Ishiguro et James Ivory. Bien que Stevens soit extrêmement rigide, voir détestable au début, on sent qu'il y a plus que ça en lui et que le poids du passé et de sa charge pèse vraiment sur ses épaules.
J'ai beaucoup aimé les flash back sur toute cette période d'avant guerre. C'est incroyable car il y a vraiment 3 niveaux de lecture dans ce film et tout s'entrecroise sans que l'on s'en rende vraiment compte.


Il y a bien évidemment la montée du nazisme et de l'attrait que l'Allemagne nazie a pu suscité pour l'aristocratie anglaise. D'ailleurs cette partie là de l'histoire m'a fait penser à Upstairs Downstairs même si l'un se passe à la campagne et l'autre à la ville, nous nous retrouvons dans cette ambiance trouble ou l'Angleterre a flirter avec le nazisme. On se rend compte des propos tenus sur les juifs et les tziganes. Je crois que la pire scène du film est quand même lorsqu'un vieux politicien pose des questions extrêmement pointues en politique et économie à Stevens et comme il ne peut pas répondre, dit que cela prouve bien qu'on ne peut pas laisser la démocratie au peuple ignorant...et Lord Darlington qui ne défend pas cet homme qui s'occupe de lui tous les jours depuis des années...j'ai trouvé ce passage assez choquant.

A côté de cette "grande histoire", nous suivons aussi la vie quotidienne de la maison Darlington, ce qui est assez agréable car l'on voit bien que la vie est régie par des règles strictes mais que la vie n'est pas non plus affreuse. Les domestiques ont leurs rêves et leurs espoirs, ils ont aussi leur routine et une certaine affection les uns pour les autres.

Enfin, nous découvrons l'histoire de Stevens et de Miss Kenton. Stevens est un personnage tellement droit. On sent vraiment que la charge de majordome est une charge immense et qu'elle doit être tenue avec respect et dignité. Il est tellement anglais et contenu qu'il passe malgré lui à côté du bonheur alors qu'il lui aurait suffit d'un seul mot. Les scènes avec son père sont révélatrices. La charge de majordome est une affaire de famille et on la quitte seulement quand on meure. On sent aussi une certaine culpabilité par rapport aux actes de son maître, mais je trouve que sa réaction est assez juste: son but était de servir et non d'approuver ou réfuter les idées de son maître. Je crois que c'est assez important de dissocier le maître et le serviteur. D'ailleurs c'est assez clair pour moi qu'il ne partage pas les opinions de son maître.

La réalisation est donc parfaite, sobre mais efficace. Belle dans les décors et la musique sans être ostentatoire. Les plans de Darlington sont très justes, pas du tout pompeux.

Anthony Hopkins est juste impeccable dans ce rôle. Si je dois retenir deux rôles de lui, ce sera Mr Stevens et Hannibal Lecter, pourtant diamétralement opposés. Il a une retenue incroyable et fait passer tous ses sentiments d'un façon intrigante et pourtant efficace. J'ai été soufflée par son interprétation.
Emma Thompson est égale à elle-même, juste, parfaite, éblouissante de vérité. J'ai tout de suite accrochée avec Miss Kenton et j'ai partagé ses émotions sans difficulté. Cette dernière scène lorsqu'elle pleure dans sa chambre...c'est magnifique. Jouée par d'autres acteurs elle aurait pu être drôle, avec eux elle est tragique. Je retiens aussi le passage sur le livre de Mr Stevens....que d'émotion.

J'ai été étonnée par Christopher Reeve (je ne sais pas pourquoi dans ma tête il n'a fait que Superman, alors qu'en fait il a eu son accident, 2 ans après The Remains of the Day). Il sort d'un film des années 50 c'est incroyable, il est presque irréel comme acteur, mais j'ai beaucoup aimé ses prestations!
Ben Chaplin et Hugh Grant sont aussi très justes dans leur rôle respectif.

Un film magnifique, servi par un casting de rêve. Une perle à découvrir au plus vite!

Vu avec le challenge Period Drama!

2 commentaires:

trillian a dit…

J'adore ce film, et en particulier la musique qui donne une atmosphère très particulière. Et j'adore la fin, je la trouve très juste, la façon dont Miss Kenton voit la vie est juste bouleversante de réalisme, ça me donne très envie de le revoir!!

Betti a dit…

Je te conseille vraiment le livre, écrit à la 1e personne, on est totalement immergé dans la conscience du majordome et on ne comprend que lentement tout ce qui se passe.

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