mercredi 17 avril 2013

Desperate Romantics - BBC 2009



Résumé: Le jeune journaliste Fred Walters est particulièrement intrigué par la bande d'artistes se faisant appeler "The Pré-Raphaelite Brotherhood"qui entend révolutionner la peinture et les poésies de leur époque. Aux côtés de John Millais, de William Hunt et de Dante Gabriel Rossetti, le jeune Fred expérimente les réussites et les échecs, les joies et les tristesses de ces hommes, au risque de se perdre lui-même. 


CASTING

Aidan Turner ........................................................ Dante Gabriel Rossetti
Samuel Barnett ..................................................... John Millais
Rafe Spall ............................................................. William Holman Hunt "Maniac"
Sam Crane ............................................................ Fred Walters
Tom Hollander ..................................................... John Ruskin
Jennie Jacques ...................................................... Annie Miller
Amy Manson ........................................................ Lizzie Siddal
Mark Heap ............................................................ Charles Dickens
Zoë Tapper ............................................................ Effie Ruskin/Millais
Josie Farmiloe ........................................................ Charlotte Siddal
Polly Kemp ............................................................ Mrs Siddal
Ian Puleston-Davies ............................................... Mr Siddal
Georgie Glen ......................................................... Ruskin's mother
Philip Davis ........................................................... Mr. Stone
Rebecca Davies ..................................................... Fanny Cornforth
Dyfrig Morris ......................................................... William Morris
Peter Sandy-Clarke ................................................ Edward Burne-Jones
Natalie Thomas ...................................................... Jane Burden
Poppy Lee Friar ...................................................... Rose La Touche


Lorsque Shelbylee a su que je voulais voir cette mini-série pour faire le pendant de celle sur The Impressionists, elle s'est gentiment proposée de m'envoyer le DVD. Grâce à elle j'ai enfin pu découvrir un peu plus la vie des peintres pré-raphaélites que j'aime tant. 

J'étais toute prête à adorer comme j'ai adoré celle sur les impressionnistes (une historienne de l'art me dit dans l'oreillette que The Impressionists est moins bon que Desperate Romantics du point de vue historique) mais après avoir vu l'ensemble des épisodes je dois dire que je suis très partagée. 

Lizzie et Gabriel
Même si on m'a assuré qu'historiquement (et du point de vue de l'Histoire de l'art) que Desperate Romantics était plus proche de la vérité que The Impressionists, je n'en ai pas moins été déçue par le traitement qui en est fait. 
La peinture et l'art des pré-Raphaélites est pour moi particulièrement sous-exploitée ce qui est plus que dommage. Comparé à The Impressionists, j'ai eu l'impression finalement de peu en savoir sur leur travail, pourquoi ils s'intéressent aux mythes et aux légendes, ni même sur leur peinture en elle-même qu'ont voit assez peu au final. Après avoir vu les épisodes j'ai plus de souvenir de scènes à la taverne à les voir pleurer sur leur malchance ou leur problème de femmes que de scènes dans leur atelier. Je trouve que les scénaristes ont privilégié les parties sur leur vie privées tumultueuses au détriment de l'histoire de l'art. Il y a un côté un peu facile et voyeur dans les histoires de coeur de notre charmante compagnie à tel point que j'ai parfois cru que nous étions dans les Tudors ou les Borgia de Showtime. 

Le problème pour moi vient aussi du fait qu'ils se concentrent beaucoup sur Rossetti au détriment des autres. Si les deux ou trois premiers épisodes nous montre aussi Millais et Hunt, je trouve qu'ils sont presque complètement oubliés par la suite, comme si, maintenant qu'ils sont connus et riches il n'y avait plus rien à raconter. Rossetti n'est pas le Pré-Raphaélite que je préfère et maintenant que je connais un peu mieux le personnage je peux dire que je ne l'aime pas du tout! Du coup je n'en pouvais plus de son histoire d'amour avec Lizzie Siddal...Je n'avais plus qu'une envie c'est que cela finisse! L'histoire Rossetti-Lizzie se fait à mon sens au détriment d'Effie-Millais ou d'Annie-Hunt. C'est dommage j'aurai aimé en savoir plus sur eux. Là où Claude Monet servait de ligne rouge, puisque c'était lui qui avait vécu le plus longtemps ce qui permettait d'avoir un point de référence pour balayer l'histoire des personnages, ici Rossetti semble focaliser l'attention et déséquilibre le récit. 

De plus je suis vraiment gênée par leurs choix scénaristiques. S'ils prennent beaucoup de temps pour le début de leur histoire, j'ai trouvé la fin beaucoup trop rapide, voire bâclée et le dernier épisode n'est même pas une vrai fin pour moi. William Morris et Edward Burne-Jones paraissent anecdotiques et rien n'est dit pour nous expliquer ce qu'ils deviennent. Il aurait fallu prendre un parti-pris: soit raconter seulement leur montée dans l'art du XIXe siècle anglais et s'arrêter lorsqu'ils deviennent célèbres (par ailleurs on a l'impression que Rossetti ne l'est pas et ne bosse jamais) soit faire comme dans The Impressionists et raconter leur histoire dans son ensemble. Ici j'ai un peu eu l'impression qu'on m'en disait trop ou pas assez et qu'au final je n'avais vu qu'un début d'histoire. 

Pour moi cela manque étrangement d'art et de ligne scénaristique bien définie, qui sont remplacés par des moments assez drôles et des scènes crues (souvent marrantes d'ailleurs) plus anecdotiques.

Malgré ce que vous pouvez croire, je n'ai pas détesté loin de là. Le casting est extrêmement plaisant. Aidan Turner offre un Gabriel Rossetti haut en couleur à la fois totalement insupportable - le bonhomme est passablement égocentrique et god! he can't keep it in his pants! si vous voyez ce que je veux dire -  mais pourtant touchant, comme Lizzie et Fred on se laisse avoir facilement. Shelbylee a raison, Aidan Turner est très bon en charmeur Rossetti et n'est pas charmeur qui veut avec cette capacité à émouvoir à volonté malgré le fait que l'on sache pertinemment que le personnage est incontrôlable. J'ai eu un petit coup de coeur pour Samuel Barnett qui joue un John Millais craquant à souhait et Sam Crane dont j'ai adoré le Fred. 
J'ai apprécié l'idée de voir cette confrérie à travers l'oeil extérieur et les commentaires de Fred Walters qui est sans doute le meilleur personnage de la série. Pas tout à fait dans la Confrérie mais pas exclu non plus, il est comme le spectateur, témoin de la naissance de ces génies, de leurs déboires aussi...
Les actrices font un excellent pendant face aux acteurs de la série, qu'elles soient prostituées comme Annie Miller (particulièrement touchante) ou de la "haute" (comme Effie Ruskin que j'aime vraiment beaucoup) elles arrivent à mettre en avant les caractères des pré-raphaélites sans pour autant n'être que de simples faire-valoir. Elles tiennent leur place et sont, tout autant que les hommes, le moteur de l'action, les muses des poètes, leurs points de repère. J'ai particulièrement aimé l'épisode 3 avec l'histoire d'Effie et de Millais que je trouve extrêmement touchante. Ils remportent d'ailleurs sans problème la palme de cuterie! 

Ophelia
Si les tableaux ne sont pas à mon sens suffisamment utilisés, les décors, les reconstructions et les petits passages sur leurs créations artistiques n'en sont pas moins très intéressantes. Le passage sur l'Ophelia de Millais est vraiment bluffant, on s'y croirait presque. C'était aussi très intéressant de voir à quel point la pose, le modèle et la mise en scène était important pour les peintres de même que les sujets: la "fallen woman", les sujets bibliques ou mythologiques, l'importance des légendes arthuriennes etc. On se rend bien compte à quel point le modèle est important et que leur inspiration était souvent lié à la femme qui posait pour eux, c'est en tout cas ce que l'on ressent fortement chez Rossetti qui semble prit d'une bouffée d'inspiration nouvelle dès qu'il croise une nouvelle femme. 

Comme les décors et la reconstruction de la vie modeste de Rossetti ou de Hunt, j'ai adoré la musique (dont je vous fais partager le thème principal avec l'ouverture). Elle a quelque chose d'enjoué, de drôle aussi et de léger, comme si après tout la vie d'artiste était faite de hauts et de bas et que tout finit par s'arranger.  

Pour finir, voici une publicité pour les Desperate Romantics, il s'agit d'Aidan Turner, l'interprète de Dante Gabriel Rossetti qui lit le poème The kiss.

Un visionnage en demi teinte donc. Merci encore à Shelbylee! 

 

9 commentaires:

Titine a dit…

Du coup je ne sais pas si j'achète le DVD ou non ! Les images me font bien envie quand même ...

Perséphone a dit…

Je ne saurais pas te dire pour le coup :( Je sais que certaines personnes ont adoré, essaye de trouver d'autres avis peut-être avant de te décider?

Chi-Chi a dit…

Ce sont des peintres que j'adore mais je vais m'en tenir à ça... Tu as lu Autumn de Philippe Delerm, qui parle du mouvement aussi?

Perséphone a dit…

Non je ne l'ai pas lu. Je t'avoue que depuis la fin des mémoires j'ai du mal à lire autre chose que des romans!

Shelbylee a dit…

J'ai envie de la revoir quand même à lire ce que tu en écris ;-) J'avais oublié qu'effectivement Burne-Jones et Morris sont présentés de manière anecdotique mais surtout sont complètement niais.
J'ai moins aussi eu une impression d'inachevé, mais je pense qu'il se réservait pour une deuxième saison.
Aidan Turner qui nous lit de la poésie c'est quand même swoonant ;-)

Perséphone a dit…

Oui j'admets, Aidan Turner qui lit de la poésie c'est crousti-fondant!

Chi-Chi a dit…

Mais c'est un roman miss, un tout petit en plus! ;)

Sarah a dit…

Cela fait un moment qu'une amie me l'a passé et je ne sais pas pourquoi je ne l'ai pas encore vu!
Ton article m'a intrigué. J'adore ce mouvement artistique et le casting me tente bien.
Je pense acheter les Impressionnistes du coup :)

Perséphone a dit…

@Chi-Chi:: Je n'avais pas compris ça comme ça ;)

@Sarah: Je sais que les impressionnistes sont sur you**** si tu veux te faire un avis avant de l'acheter. Sinon pour les Pré-Raphaélites, c'est aussi un mouvement que j'adore mais du coup j'étais un peu déçue :(

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