vendredi 27 avril 2012

Ladies in Lavender (2004)

Résumé (allociné): Deux soeurs d'un certain âge, Janet et Ursula Widdington, vivent dans une petite ville tranquille sur la côte de Cornouailles. Un matin, après une violente tempête, elles découvrent Andrea, un jeune homme échoué sur la plage et gravement blessé. Sa présence dans le foyer des deux dames réveille des désirs enfouis chez Ursula, et l'instinct maternel de Janet. Elle provoque également la suspicion et la peur dans la région, en cette époque d'avant-guerre en Europe. Mais lors de son séjour, les soeurs découvrent ses véritables origines, ses talents de violoniste virtuose, et s'embarquent dans une aventure jusque-là inimaginable.

Ladies in lavender est un film à la fois doux et amer, d'une passion contenue mais néanmoins douloureuse, la rencontre de plusieurs destins et vies.

J'admets que j'ai immédiatement été séduite par le cadre. Les Cornouailles sont mises à l'honneur et le paysage n'aurait pas pu être mieux choisi. Le caractère écorché de la côte à la fois terriblement sauvage, dangereuse mais aussi sublime rappelle étrangement l'histoire des personnages principaux.

On ne peut pas ne pas s'attacher à ces personnages et à leur histoire. On en sait peu au final, juste assez pour nous faire comprendre qui ils sont mais le spectateur a aussi de la marge pour combler les trous lui-même et inventer ce qui n'est pas dit. De la même façon les personnages que ce soit Janet, Ursula ou Andrea ont plusieurs facettes, ils ne sont jamais lisses mais toujours humains avec des envies qui changent, évoluent au fil du film.

J'ai beaucoup aimé les personnages des deux soeurs qui sont bien distinguables. C'est un aspect du film que j'ai particulièrement apprécié. Bien que soeurs, elles ne sont pas identiques et ont chacune une identité propre. De ce fait (et même si Ursula me semble être le personnage principal) le spectateur peut choisir de s'identifier ou de préférer l'une ou l'autre.

J'aime beaucoup Janet qui sans être rigide est une femme forte, avec la tête sur les épaules mais non dénuée de chaleur. Le rapport qu'elle développe avec Andrea en est révélateur. Peut-être parce qu'elle a vécut, elle voue à Andrea un amour maternel et elle cherche à le protéger des dangers sans pour autant le ménager. Elle est vive et énergique et contrecarre la mélancolie et la langueur de sa soeur.
Ursula en revanche est une fleur délicate. Là ou Janet serait un Tournesol, Ursula serait un lys ou une rose fragile. On sent très vite qu'elle a gardé son côté enfantin, elle rit et s'amuse sur la plage comme une petite fille et Janet fait figure de mer qui jette un regard anxieux sur son petit. On la sent fragile, perdu dans ses rêves et une jeunesse perdue. Très vite on comprend la fascination d'Ursula pour Andrea, il représente cette vie qu'elle n'a jamais eu. Là où Janet cherche à protéger Andrea d'éventuels malheurs, on sait qu'Ursula le fait par pur besoin égoïste. L'animosité envers la peintre est d'ailleurs révélatrice, lorsque Janet a peur que l'on accuse Andrea d'espionnage, Ursula croit à une relation amoureuse entre eux.

Quant à Andrea on le sent presque absent. Malgré l'attachement qu'il éprouve pour les deux soeurs, c'est un jeune homme qui rêve de musique et d'ailleurs. Sa vie n'est pas plus dans son pays d'origine qu'en Cornouailles.
Ce film est aussi un très joli hommage à la musique en la personne d'Andrea et il y a des morceaux de violons très beaux à entendre qui rajoute à la mélancolie et au charme désuet qui se dégage du film.

Ladies in Lavender met surtout en scène deux actrices que j'adore: Maggie Smith et Judy Dench.
Elles sont, comme d'habitude, formidables mais surtout terriblement bien castée! En effet, on retrouve dans la Ursula de Judy Dench un peu de son personnage de Cranford: une cadette plus ou moins soumise à son aînée, poussée à la rêverie et un brin sentimental. Elle joue ce rôle à la perfection et réussi à convaincre le spectateur.
Maggie Smith de son côté, nous offre une Jane énergique qui n'est pas sans rappeler une certaine McGonagall par exemple. On sent très bien que les rôles n'auraient pas pu être inversé, du moins pas avec ces deux actrices.

Mon seul petit bémol concernerait la fin, je l'ai trouvé trop rapide et un peu bâclée bien que dans le ton du film. Pareillement je n'ai pas particulièrement accroché au personnage d'Ursula ce qui m'a aussi un peu gêné parfois.

Un film pour accompagné une tasse de thé un dimanche de pluie, servi par un casting délicieux.

7 commentaires:

Anou a dit…

J'avais beaucoup aimé ce film, en particulier grâce aux trois acteurs principaux que j'adore, maintenant je n'ai qu'une envie : le revoir.. Vilaine tentatrice..

Allie a dit…

J'ai aussi beaucoup aimé ce film! Les décors, l,atmosphère et l'histoire, tout est charmant!

Theoma a dit…

c'est devant ce film dont je garde un bon souvenir que j'ai réalisé à quel point on vieillit toujours à l'écran ces deux magnifiques actrices.

Touloulou a dit…

Tu en parles bien, ça donne vraiment envie de le voir ! En ce moment je suis friande de britonneries...

Perséphone a dit…

@Anou: niark!

@Allie: je suis bien d'accord

@Theoma: elles ne sont déjà plus toutes jeunes quand même et puis le film se passe dans les années 30 donc on vieillissait sans doute plus vite à cette époque

@Touloulou: Je te le conseille, il est parfait pour un dimanche après-midi

mondesmerveilleux a dit…

Et hop, dans la wishlist direct!
Merci ^^

Perséphone a dit…

De rien :D

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