jeudi 20 septembre 2018

The Belles (Les belles) - Dhonielle Clayton

F

TW: ce livre contient une tentative d'agression sexuelle, des propos grossophobes, transphobes et lesbophobes. 

Attention je spoile méchamment et j'ai même pas honte. 

Présentation de l'éditeur français: Dans le monde opulent d’Orléans, les gens naissent gris, ils naissent condamnés, et seules les Belles peuvent, grâce à leur talent, les transformer et les rendre beaux. En tant que Belle, Camélia Beauregard est presque une déesse dans cet univers où triomphe le culte des apparences.
Or Camélia ne veut pas se contenter d’être une Belle. Elle rêve de devenir la favorite choisie par la reine d’Orléans pour s’occuper de la famille royale et d’être reconnue comme la plus douée du pays. Mais une fois Camélia et ses soeurs Belles arrivées à la cour, il s’avère que la position de favorite tient davantage du cauchemar. Derrière les ors du palais, les noirs secrets pullulent…

Avant toute chose, je voudrais parler de l'autrice Dhonielle Clayton, de son parcours et de ses inspirations pour l'écriture de The Belles. Dhonielle Clayton est une autrice afro-américaine, ancienne bibliothécaire et surtout COO (chief operating officer) de l'association à buts non-lucratif We need diverse books (Nous avons besoin de diversité en littérature). Elle est donc clairement engagée dans la promotion de la diversité dans la littérature et The Belles est sans aucune discussion possible un produit de cette réflexion et de ses engagements. Quant à ce qui l'a inspiré à écrire ce texte, voici ce qu'elle en dit sur son site:
Dhonielle écrit à propos de ce qui la perturbe et depuis l'adolescence, elle est agacée par la "marchandisation" du corps féminin. Les magazines, les films et la culture populaire ont eu une profonde influence sur Dhonielle à l'adolescence et elle a toujours voulu changer le regard qu'elle porte sur son propre corps. Après avoir lu la série Uglies de Scott Westerfield, elle a voulu répondre à une question similaire sur l'apparence physique, la perfection, le pouvoir et leur importance dans la société afin de démarrer une discussion sur l'impact des médias sur les femmes et leurs corps. 
Si on rajoute à ça que l'héroïne est noire et que l'homosexualité (notamment féminine) est parfaitement intégrée à la société, deux facteurs qui manquent cruellement à la Fantasy, on a tout ce qu'il faut pour faire de The Belles un de mes livres chouchou...sauf que. 
Sauf que non, pas du tout. The Belles est un livre absolument inachevé qui ne va jamais au bout de ses idées et qui souvent piétine allègrement ce qu'il prétend défendre. Pourtant croyez moi le postulat de départ me plaisait énormément

Dans cet univers, la beauté est contrôlée par les Belles et les gens, pour peu qu'ils aient de l'argent -mais on y reviendra - peuvent changer leur apparence aux grées des modes et de leur envie. Couleur de peau, texture et couleur des cheveux, formes du nez ou du visage, épaisseur de la taille, des cuisses etc, tout y passe. Pour cela on se rend dans les salons (de Feu, du Chrysanthème etc) éparpillé dans le royaume d'Orléans et en échange de jetons de beauté on peut se faire corriger par des Belles. Parmi ces jeunes filles, l'une d'entre elle va devenir la Favorite de la cour et se tenir au plus près du pouvoir et donc de la gloire. Nous nous tenons donc dans cette cour d'Orléans, un très bon mélange entre le bayou américain et la cour de Versailles. Il y a de multiples références à l'ancien régime français entre Du Barry, Pompadour et le ministre de la mode qui a un petit côté Rose Bertin et on sent très bien les influences de Dhonielle Clayton.
Le travail qu'effectuent les Belles sur les gens se fait grâce aux arcanes, une sorte de pouvoir magique contrôlé par le sang, qu'elles doivent régulièrement recharger au moyen de sangsue - là encore très ancien régime - qui évacuent les toxines de leurs corps. Le travail qu'elles pratiquent sur les gens est douloureux et cela est montré à plusieurs reprises. J'ai trouvé cette idée très bien articulée dans le récit comme un rappel cynique à l'adage "Il faut souffrir pour être belle". Le prix a payer pour la beauté passe déjà par une souffrance physique et ne dure pas. Au bout d'un moment le gris revient, les modifications corporelles s'estompent et les gens redeviennent gris et leur corps reprend leur forme originelle. Cela induit quand même l'idée pernicieuse qu'il faut sans cesse payer, sans cesse souffrir pour atteindre la Beauté. C'était une idée intéressante mais malheureusement, elle n'est pas plus exploitée que ça et reste à ce stade de constatation.

Une fois à la cour nous rencontrons la famille royale, la reine, une femme très froide, le roi complètement effacé et la princesse Sophia, une jeune femme dont on comprend très vite qu'elle va être l'antagoniste principale. Il faudrait aussi parler de la princesse Charlotte, la sœur aînée de Sophia, tombée dans un coma depuis quatre ans dont personne n'a réussi à la tirer. Il apparaît très vite que l'univers de la cour est impitoyable et que la position de Favorite n'est pas du tout une position privilégiée. De fait, on remarque rapidement que les Belles jouissent d'une position tout à fait paradoxale. Vénérées comme des déesses, elles n'en sont pas moins utilisées jusqu'à l'épuisement par tous ces riches et ces nobles qui veulent atteindre la beauté. Ce sont des jouets aux mains des puissants et là encore, on devra se contenter de cette constatation en demi-teinte.

L'ambition de ces belles, sauf Edel, est de devenir la Favorite et d'accéder au pouvoir suprême des Belles. J'ai vraiment été déçue par cet aspect là du roman. Que ce soit l'objet de convoitise de départ, certes mais cet objectif reste celui de l'héroïne tout du long. Jamais elle ne réalise vraiment l'horreur de sa position et l'absurdité d'un tel désir. Il faut que l'intrigue prenne un tour plus extrême pour que ça la secoue. Je suis vraiment déçue parce que l'objectif de l'héroïne n'est rien que de très classique. Elle a beau dire qu'elle veut apporter la Beauté au monde, elle oublie de préciser qu'elle veut apporter la Beauté au monde riche, puissant et aristocratique uniquement.
C'est d'autant plus dommage que les Belles, et l'héroïne en particulier puisque c'est elle que l'on suit à la première personne, n'ont aucune curiosité pour leur propre monde et pire pour leur propre histoire. Que l'on soit dans une intrigue de dystopie où une jeune femme découvre "The Terrible Truth" comme disent les américains, sur la société qu'elle pensait parfaite, d'accord. J'ai cependant beaucoup plus de mal à croire qu'elles soient innocentes à ce point. Elles ne se posent jamais aucune question de pourquoi elles ne doivent pas approcher des hommes, pourquoi leurs mères meurent toutes en même temps et encore pire pourquoi leurs mères ne leur ressemble pas physiquement alors que les Belles sont les seules qui ne naissent pas grises et qui ne peuvent changer physiquement grâce aux arcanes. On comprend au fur et à mesure de quoi il retourne mais l'ignorance à ce point de Camélia n'est pas crédible.

L'arc narratif est de ce fait très insatisfaisant. Il est prévisible et malgré quelques retournements de situations un peu artificiels, on comprend très rapidement qui va être la méchante du livre, comment cela va évoluer et même les rebondissements finaux. Il y a notamment quelques rebondissements qui crèvent les yeux et j'ai eu du mal à comprendre comment l'héroïne a pu passer à côté.
Le coma de la princesse Charlotte est dû à un empoisonnement dont est responsable la princesse Sophia. Vu le caractère de cette dernière et considérant que c'est elle qui hérite durant le coma de sa sœur, ce n'était pas tellement la peine d'être Sherlock Holmes pour comprendre qu'il y avait baleine sous gravillon...

Comme Dhonielle Clayton le dit sur son site, les média et leur traitement de la beauté féminine ont été une source sur l'élaboration de ce livre. Effectivement, plusieurs fois dans le roman apparaissent des gros-titres de journaux, certains parlant de la mode à suivre ou tout simplement, colportant des rumeurs. Là encore, je vois bien ce qu'elle a voulu faire, questionner le rôle des médias notamment à travers ces fameux "Feuilles de beauté" où sont affichés les plus belles femmes du moment et donc les modes à suivre. Malheureusement, cela reste une fois de plus superficiel, tant dans le traitement que dans l'impact réel de ces derniers sur l'intrigue. A aucun moment nous ne croisons de journalistes, leur présence étant seulement soulignée par de petits ballons postes noirs, ces curieux qui enregistrent des conversations. C'est une présence en arrière plan qui n'a jamais d'ampleur et qui n'est jamais remise en question par les personnages du roman.
Cela va de pair avec l'absence de remise en question de l'univers dans lequel s'inscrit l'histoire. Certes, il s'agit d'un tome 1 donc on peut légitimement supposer que cela viendra par la suite. Malheureusement, je trouve ça dommage de louper des thématiques pareilles. Si elles ne sont pas posées d'emblée j'ai dû mal à croire qu'elles pourraient survenir par la suite. De plus, on ne voit jamais de gris, l'héroïne ne s'interroge pas sur leur vie à eux et ce que cela veut dire d'être gris et donc pauvre puisque les deux sont liés. La beauté et la richesse sont des synonymes. Si Camélia veut se battre contre la princesse ce n'est pas pour empêcher un règne tyrannique pour tous mais seulement pour les aristocrates fortunés de la cour. Le roman semble au final complètement dépolitisé alors qu'il avait tout pour aborder des sujets de société importants.

Bien que le livre parle de beauté, de mode et de souffrance pour l'atteindre - le corps est parfois torturé, les os brisés pour être remodelés, sachant que l'ensemble n'est pas définitif - les canons de beauté restent malgré tout très classiques. Les traits restent fins et pas très éloignés de ce qu'on voit déjà partout dans les magazines. D'ailleurs les modifications plus exotiques sont proscrites par décrets. On peut donc changer la couleur de sa peau et avoir les cheveux roses, le modèle reste quand même jeunesse minceur et finesse des traits et pas trop particuliers si possible. Pas d'androgyne, pas de personnes très grandes ou très petites, l'ensemble reste formel et calibré. Pour une autrice qui cherche la diversité, la couleur de la peau des personnages n'a finalement pas de signification et n'est pas synonyme de diversité, c'est une utilisation esthétique qui n'a aucune portée symbolique. Dommage lorsque pour une fois l'héroïne d'un roman young adult est noire.

Enfin au niveau du style, l'autrice ne peut pas s'empêcher de toute comparer à de la nourriture: la couleur de la peau, des cheveux, les textures. C'est franchement lassant.

En soit, toutes ces remarques ne méritent pas un F, un C à la rigueur. Si encore The Belles n'allaient pas au bout de ses idées, ça serait excusable. Non, ce qui m'a fait hurler de rage c'est que le livre est grossophobe, transphobe et homophobe. Purement et simplement. J'enrage d'autant plus à cause de la démarche initiale de l'autrice qui promettait tellement...
Commençons par la grossophobie. La représentation des personnes grosses est désastreuse. Non seulement iels sont quasiment inexistants, on ne trouve que 2 personnages pour tout le roman, mais en plus ils sont systématiquement décrits à travers le prisme de clichés bien violents. On a d'un côté une jeune femme qui doit se faire réduire régulièrement la taille parce qu'elle mange trop - comme c'est original...vous me dites si l'ironie n'est pas assez palpable - et de l'autre, un aristocrate qui tente de violer l'héroïne - achevez-moi! Il n'y a pas de diversité à reproduire encore et toujours les mêmes clichés, les mêmes représentations stigmatisantes. Ce n'est pas parce qu'il y a des personnes grosses dans le roman que celui-ci est inclusif et bienveillant. La façon dont on représente les gens et à fortiori les minorités discriminées est importante. Le roman s'adresse à des adolescents. Que peuvent-ils penser quand dans un roman on leur dépeint des personnages au mieux faibles au pire écœurants dont le seul point commun se trouve être le poids? C'est gravissime parce que cela entérine des idées dévastatrices qui ont des répercussions dans la vie de tous les jours des personnes stigmatisées par notre société.
Le roman est aussi transphobe avec une super mention d'un personnage transgenre qui est tout simplement mégenré dans une page de journal. Pour l'univers inclusif on repassera, c'est exactement le contraire de ce qu'il faut faire qui est fait (je précise que ce n'est pas une question de traduction, c'est dans le texte original).

Et pour finir, que ne serait pas The Belles sans une petite homophobie bien sournoise. Sournoise parce que si vous ne faites pas attention, si vous n'êtes pas déconstruit-e-s sur le sujet ou si vous ne vous vous êtes jamais posés la question, vous pouvez très bien ne pas remarquer le problème alors qu'il fait la taille de la Tour Eiffel.
Dans l'univers des Belles, l'homosexualité, notamment féminine, semble être tout à fait accepté par la société. Il est fait mention dans une page de journal d'un mariage entre deux femmes, la reine a une maîtresse et une amie de la princesse, Claudine - celle qui mange trop souvenons-nous - aime sa domestique. Jusque là tout va bien me direz-vous. Sauf que non. Sur l'ensemble de ces personnages, deux seulement on le droit a une vraie présence et du texte. Les autres? Elles n'existent pratiquement pas, elles n'ont pas de textes et parfois même pas de noms ni de représentation physique.
Il y a aussi ce que les américain-e-s appellent le "Bury your gay" trope. Un trope c'est un cliché narratif qui peut être utilisé à bon ou mauvais escient. "Bury your gay", signifie "enterrez vos gay", cela désigne l'habitude scénaristique de faire mourir les personnages homosexuel-le-s dans une fiction, soit parce qu'iels se sacrifient pour que le héros ou l'héroïne hétérosexuel-le survive, soit parce que leur fin est tragique. Cela veut dire, qu'un personnage homosexuel ne peut pas avoir de happy end.
Je vous le donne en mille, c'est exactement ce qu'il se passe ici. Les deux femmes homosexuelles du roman qui avaient un tant soit peu d'épaisseur meurent. Claudine cumule: non seulement elle ne peut pas épouser sa domestique à cause de la différence sociale, la Princesse lui impose d'épouser un homme - qui se trouve être l'aristocrate violeur, histoire de stigmatiser en même temps les lesbiennes et les personnes grosses: combo fatal - et elle meure torturée devant tout le monde par deux Belles juste pour montrer à quel point la princesse est vraiment très méchante. Rien ne viendra sauver ce texte. Vraiment rien. Le roman a beau être féminin, diverse dans ses représentations, il prend l'exact contrepied de ce qu'il prétend faire en renforçant les clichés dans sa représentation des minorités discriminées.  
Les femmes de ce roman sont cruelles et courent après le pouvoir et la beauté. Rien de glorieux, rien de galvanisant, rien qui mérite d'être admiré.

Je suis déçue parce que j'y croyais, je pensais vraiment que tout était réuni pour faire un grand livre de Fantasy young adult inclusif et bienveillant qui fait réfléchir sur notre société, la représentation des personnes stigmatisées, sur le féminisme mais au final, j'ai juste ressenti un profond dégoût.

Alors pour contrebalancer tout ça, j'ai décidé de faire une page sur ce blog dédiée à la représentation de la diversité en romance et dans la littérature de l'imaginaire. Que ce soit pour contrer le racisme, l'homophobie, la transphobie, la grossophobie, le validisme, le capacitisme, le classisme et toutes ces choses qui gangrènent notre société, je vais répertorier des romans où la diversité est vraiment à l'honneur et ou les représentations ne sont pas stigmatisantes et ne reprennent pas des schémas de pensée obsolètes et dégradants. Alors si vous voulez participer à ce projet, n'hésitez pas, vous êtes tout-e-s les bienvenu-e-s: une seule condition, avoir lu les livres que vous proposez et être sûrs qu'ils correspondent bien au projet.

A très vite!

jeudi 15 mars 2018

His sinful touch - The Mad Morelands #5 - Candace Camp

 A
 
Lorsqu’un mystérieux gentilhomme se présente à sa porte, Alexander Moreland est stupéfait de découvrir que l’inconnu n’est pas du tout un homme mais une jeune et jolie femme travestie et en grande détresse. La jeune femme ne se souvient de rien à l’exception de son nom Sabrina et n’a pour tout indice sur son identité que le contenu de ses poches: un mouchoir, une montre à gousset, une pochette en cuir, un morceau de papier chiffonné et une bague en or.

Sabrina est certaine de fuir quelqu’un ou quelque chose - comment expliquer autrement les bleus sur son visage et la peur constante qu’elle éprouve? Elle est aussi certaine d’avoir raison de demander son aide à Alex et ne peut nier les étincelles entre eux. Alors qu’ils parcourent la campagne anglaise, Sabrina et Alex doivent résoudre le mystère du passé de Sabrina avant que ce dernier ne les rattrape.

Avant de lire His sinful touch, je ne connaissais pas la série de Candace Camp The mad Morelands. Si comme moi vous prenez la série en cours, un petit historique s’impose. The Mad Morelands est une série qui fut écrite et publiée en deux temps. Candace Camp a en effet écrit tout d’abord quatre romans: Mesmerized, Beyond compare, Winterset et An unexpected pleasure. Dans ces premiers romans nous suivons les frères et sœurs aînés de la fratrie Moreland: Olivia, Kyria, Reed et Theo. Plusieurs années après, Candace Camp a décidé d’ajouter les histoires des jumeaux Alexander et Constantine, âgés d’une dizaine d’années dans les premiers tomes. Il y a donc un écart de temps entre An unexpected pleasure et His sinful touch. Je pense qu’on peut commencer par ce dernier et reprendre la série dans l’ordre après mais je sais qu’il se cache des puristes parmi vous!

Si j’ai pris le temps de détailler tout ça, c’est parce qu’on sent très vite l’importance des liens de cette famille Moreland que d’aucuns traitent d'excentriques. Car les Moreland ont une petite particularité, ils ont des dons qu’on pourrait qualifier d’extra-lucides. Alexander et Constantine ne sont pas dépourvus en cette matière et cela leur a même attiré quelques ennuis par le passé, échos des premiers tomes de la série.

Je sais c’est un peu perturbant. His sinful touch se présente comme une romance historique et là d’un coup je vous parle de paranormal...alors oui il y a un peu de paranormal, mais juste un peu. Pas de fantômes ni de loups-garous, pas de vampires ni de sorcières, juste une famille un peu en marge. J’aime beaucoup la romance paranormale et j’ai apprécié ici cette petite touche fantastique et un peu policière qui ne gâche pas un seul instant le côté historique du récit bel et bien le plus dominant.

J'ai vraiment beaucoup aimé cette romance. Les deux héros sont vraiment adorables et mignons! On s'attache très rapidement à Alex et Sabrina et on a envie de savoir pourquoi a jeune femme a perdu la mémoire et quoi ou qui elle fuit. Du fait que Sabrina est amnésique, Candace Camp nous présente plus le point de vue d'Alex et son côté chevalier est très attendrissant. Le contraste avec son jumeau Constantine est très bien rendu. C'est lui le détective à la base alors qu'Alex est architecte. Si Alex est un jeune homme assez réservé, Constantine est beaucoup plus du côté exubérant des Moreland. Le duo fonctionne bien parce qu'il est assez complémentaire. Constantine est très drôle et beaucoup plus insouciant que son jumeau mais sans jamais sombrer dans l'extrême.

On rencontre également Lila, la meilleure amie de Sabrina que j'ai immédiatement aimé. Ses chamailleries avec Constantine et son inquiétude sincère pour son amie et son histoire font que l'on s'attache à elle sans aucun soucis. Elle est ouverte et franche, un personnage là aussi complémentaire de celui de Sabrina, plus réservé et timide.

Candace Camp maîtrise parfaitement l'équilibre nécessaire à une bonne romance. Personnages complémentaires qui apporte une harmonie, intrigue classique mais efficace, pimentée par une pointe de fantastique juste là où il faut, quand il faut.

Par dessus tout, on rencontre la famille Moreland, les frères et sœurs, beaux-frères, belles-sœurs et les parents et le moins que l'on puisse dire c'est que cette famille est déjantée mais adorable. Leur attitude n'est pas crédible pour l'époque. Grands aristocrates, ils sont féministes et possèdent ces dons qui les classent immédiatement parmi les excentriques mais j'ai envie de dire qu'on s'en moque. En fait, l'alchimie fonctionne tellement bien entre eux, on sent tellement d'amour et de cohésion, que les petits accrocs à l'histoire passent sans difficulté.

Il y a une scène en particulier que j'ai adoré où la cohésion Moreland est super jouissive. Je sais d'ores et déjà que je vais lire les autres volumes de la série, les précédents comme le prochain sur Constantine et Lila!

L'intrigue en elle-même est assez chouette à suivre. Évidemment si vous n'aimez pas le côté policier, laissez tomber, retrouver l'identité de Sabrina et ce qu'elle fuit, est ici le nerf de la guerre. J'ai d'ailleurs trouvé l'intrigue, quoique conventionnelle, bien plus crédible que celle concernant la famille Moreland, bien que, comme je l'ai déjà dit, les erreurs historiques ne m'ont pas gênées. Les développements s'enchaînent bien et j'ai eu envie de lire pour savoir ce qui allait se passer.

His sinful touch (le titre n'a pas tellement de lien avec le reste de l'histoire je le reconnais volontiers), est une romance assez doudou avec des héros et héroïnes très cute et une intrigue qui ne s'essouffle jamais. Elle donne à la fois envie de lire les romans d'avant mais aussi de découvrir celui d'après. Ce fut un vrai plaisir pour moi de découvrir cette actrice, cette série et ces personnages. J'espère qu'il vous plaira tout autant. 

mercredi 14 mars 2018

Dédicace Sarah Dessen Samedi 17 mars à la Librairie Fontaine Villiers

Comme Glow et moi sommes de petites veinardes, ce n'est pas une mais deux dédicaces que nous organisons en ce week-end de salon du livre. Après Victoria Schwab vendredi 16 mars 2018 à 17h30, nous recevons Sarah Dessen pour son nouveau roman Once and for all

Si vous voulez rencontrer l'autrice américaine dans un endroit chaleureux et convivial - avec une équipe au top ... - n'hésitez à passer chez nous!
En attendant la sortie du livre jeudi 15 mars, nous vous avons concocté une petite vitrine avec la complicité des éditions Lumen! 

Pour ne rien oublier:









mardi 13 mars 2018

Dédicaces Victoria Schwab Vendredi 16 mars à la librairie Fontaine Villiers

Comme vous le savez - j'espère que vous le savez - Glow et moi recevons dans la librairie où nous officions, l'autrice Victoria Schwab pour la dédicace des deux premiers tomes de sa série Shades of magic
En plein salon du livre, c'est l'opportunité unique de rencontrer l'autrice dans un endroit moins bondé et calme! Et en plus l'équipe de la librairie est top...j'dis ça j'dis rien. 

Telles deux Cheshire bondissantes, nous avons du mal à patienter Glow et moi et c'est pour quoi nous nous sommes vaillamment attelées à la construction - oui construction...je n'exagère jamais! - de la vitrine. Grâce à Lumen qui nous a fourni un super matériel, nous sommes fières de vous présenter le résultat!

Pour ne rien oublier: 
Cheshire, Glow et moi on espère vous voir très nombreux et nombreuses vendredi!













lundi 12 mars 2018

A darker shade of magic - Shades of Magic #1 - Victoria E. Schwab

A+
Coup de cœur


Présentation de l'éditeur: Un autre monde vous attend, là, de l'autre côté du mur... 
Kell est le dernier des magiciens de sang, des sorciers capables de voyager d'un monde à l'autre. Des mondes, il y en a quatre, dont Londres est, à chaque fois, le cœur et l'âme. Le nôtre est gris, sans magie d'aucune sorte. Celui de Kell, rouge – on y respire le merveilleux à chaque bouffée d'air. Le troisième est blanc : là, les sortilèges se font si rares qu'on s'y tranche la gorge pour une simple incantation. Le dernier est noir, noir comme la mort qui l'a envahi quand la magie a dévoré tout ce qui s'y trouvait, obligeant les trois autres à couper tout lien avec lui. 
Depuis cette contagion, il est interdit de transporter le moindre objet entre les univers. C'est malgré tout ce que Kell va prendre le risque de faire, histoire de défier la famille royale qui l'a pourtant adopté comme son fils, à commencer par le prince Rhy, son frère, pour qui il donnerait par ailleurs sa vie sans hésiter. Mais, à force de jouer avec le feu, il finit par commettre l'irréparable : il emporte jusque dans le Londres gris une pierre noire comme la nuit, qu'une jeune fille du nom de Lila décide, sur un coup de tête, de lui subtiliser. Pour elle comme pour lui – pour leurs deux mondes, à vrai dire – le compte à rebours est lancé.

Comme vous l'avez peut-être vu passer sur les réseaux sociaux, j'ai l'insigne honneur avec Glow, de recevoir en dédicace, l'autrice américaine Victoria Schwab pour la sortie en France du deuxième tome de sa série Shades of magic, Shades of shadow. Cela faisait un moment que je voulais vous en parler et je profite de ce super événement pour enfin sauter le pas.

J'ai, VRAIMENT, beaucoup aimé ce premier tome. L'idée de départ était extrêmement séduisante: des mondes parallèles ayant pour point commun Londres et la Tamise, un héros capable de traverser ces frontières et une héroïne tout à fait atypique, il n'en fallait pas plus pour me convaincre. 
L'univers de la série est tout à fait original et n'a pas eu beaucoup de mal à emporter mon adhésion. J'aime beaucoup l'idée de ces Londres superposées, différenciées par la couleur de la Tamise et la quantité de magie qu'elles contiennent: la Londres grise, la nôtre, dépourvue de magie, la Londres rouge, débordante de magie, la Londres blanche, violente et en déclin et la Londres noire, disparue, absorbée par un pouvoir trop grand. C'est à la fois terriblement exotique et en même temps très familier. C'est un grand atout pour le roman car très vite on navigue entre deux univers distincts sans jamais avoir la sensation d'être perdu. Les contrastes entre les différentes villes sont assez saisissants et l'autrice réussit sans problème les descriptions des mondes pour qu'on puisse aisément se les représenter. La Londres grise parait pour le coup vraiment inintéressante comparée à la Londres rouge, une Londres telle qu'on peut l'imaginer en Fantasy sans être steampunk. La Londres blanche est elle-aussi extrêmement bien rendue et on imagine sans peine pourquoi ici la couleur blanche est synonyme de violence. C'est un monde dur et froid à l'image de ses souverains, les jumeaux Danes. 
Un autre point qui a su me séduire, le système de magie. Il y a cinq types de magie différents. Quatre concernent le contrôle d'éléments, le dernier dominant tous les autres. Les humains peuvent contrôler l'un ou plusieurs des éléments: l'eau, le feu, la terre et les os. Si les trois premiers éléments sont assez évidents, le quatrième lui est beaucoup plus dangereux et même interdit, à savoir le contrôle des êtres vivants. Les humains sont donc plus ou moins puissants à mesure qu'ils contrôlent plus d'éléments, bien que la magie des os soient fortement réprimée. A côté de cette magie "classique", il y a les Antari. Ces êtres, rares, contrôle une magie bien plus pure et plus puissante, celle du sang. Grâce à leur sang, ceux-ci ou celles-ci, ont un pouvoir bien plus grand, à commencer par celui de traverser les mondes. La magie est dans la Londres rouge et la Londres blanche un véritable marqueur social et de pouvoir. Être un-e magicien-ne puissant-e prévaut dans l'ordre social sur la richesse effective. La magie n'étant pas "génétique" cela peut parfois retourner des situations familiales et politiques. On comprend pourquoi on s'égorge pour une simple incantation dans la Londres blanche et pourquoi certains dans la Londres grise court après la magie. 

Le héros, Kell, est un Antari. Recueilli très jeune par le roi et la reine du pays d'Arnes, il exerce pour eux la fonction d'ambassadeur de leur monde auprès des monarques des autres Londres. Kell est très rapidement devenu mon personnage préféré. On comprend le poids qu'il porte sur ses épaules, être l'un des derniers Antari, de ne pas savoir d'où il vient vraiment et d'être aussi facilement reconnaissable avec ses cheveux auburn et son œil noir. C'est un personnage d'une grande profondeur et j'ai trouvé que ses actions, même si elles sont parfois imprudentes, n'en sont pas moins le reflet d'une personnalité agréable et profondément humaine. 

Ce n'est pas tellement le même ressenti que j'ai éprouvé pour Delilah - Lila - Bard. Elle a mis plus de temps à conquérir mon cœur mais une fois que ce fut fait, c'était acquis quoiqu'elle fasse. Lila est quelqu'un de très dur, élevée dans un univers absolument pas propice aux femmes. Pourtant c'est cette même dureté que j'ai fini par beaucoup apprécier. Elle n'est pas une héroïne ordinaire. Si Lila doit tuer, elle tue. Elle ne cherche pas non plus à rentrer dans le moule. Elle s'en moque éperdument et développe ses propres rêves. Physiquement aussi, elle se démarque. Très androgyne, elle passe facilement pour un garçon. J'ai évidemment beaucoup aimé que Victoria Schwab nous présente une féminité différente, tant physiquement que mentalement. Cela fait du bien dans le paysage littéraire et notamment en Fantasy Young adult où les héroïnes ont tendance à être souvent identiques les unes aux autres. C'est aussi pour ça que j'aime beaucoup Delilah. L'interaction des deux personnages fonctionne très bien, ils forment un duo très agréable à suivre. 

Parmi les autres personnages du roman, on trouve Rhy, "frère" cadet de Kell, prince du royaume qui est aussi insouciant et léger que Kell est sérieux. Rhy, c'est la petite touche d'imprévu et d'impétuosité, le petit grain de sable que j'aime beaucoup. Beau, très beau, charmeur et rusé, ce prince est l'une des pierres angulaires du récit.
Enfin, il y a Holland. L'Antari de la Londres blanche, un personnage puissant et inquiétant, très différent de Kell et pourtant très semblable par certains côtés. 
La complexité et la diversité des personnages m'a réellement séduite et j'ai pris énormément de plaisir à les suivre tout au long de ce premier tome.

Victoria Schwab mène également très bien sa trilogie. A darker shade of magic ne se contente jamais d'être un tome d'exposition. Si certains éléments ne trouvent pas de réponses dans ce tome-ci mais dans les suivants, il y a réellement une intrigue qui débute et finit dans ce premier volume ce qui maintient un vrai rythme et permet au tome deux de se faire une place pour lui-même. J'ai retrouvé ça avec A court of Thorns and roses de Sara J. Mass. Le premier tome sert d'introduction mais a une construction et une intrigue propre même si celle-ci est reprise, en écho ou directement dans les deux tomes suivants. Je trouve que cela garde une cohérence et un rythme à une série et Victoria Schwab maîtrise très bien cette double construction, d'avoir un tome cohérent seul et au sein d'une trilogie.  

Vous l'aurez compris, cette série est un grand coup de cœur et elle vaut largement la peine d'être lue. Le tome 2 est tout aussi intense que le premier, avec des rebondissements imprévus qui vous laissent pantois-e d'appréhension et d'attente. Si vous êtes suffisamment sages, peut-être que je vous en reparlerai. 

Si vous cherchez une très bonne intrigue de Fantasy, des personnages bien écrits et bien construits, un univers intrigant, il vous faut lire A darker shade of magic.

Si je vous ai convaincu-e-s et que vous êtes en région parisienne ce week-end, n'hésitez pas à passer me voir à la librairie Fontaine Villiers dans le 17ème à Paris vendredi à partir de 17h30 car Victoria Schwab sera là pour dédicacer ces deux premiers tomes en français!
Bonus, les couvertures française de chez Lumen, illustrées par la génialissime Charlie Bowater!!!!! J'adore cette illustratrice et je vous recommande chaudement tous ces dessins et autres fanarts. 


mardi 6 mars 2018

While the Duke was sleeping - The rogue files #1 - Sophie Jordan

D

Parfois l'homme de vos rêves...La jeune fleuriste Poppy Fairchurch sait très bien qu'il est inutile de rêver au beau duc d'Autenberry. Pourtant rêver n'a jamais fait de mal à personne...jusqu'au carrosse que Poppy repère et qui fonce à toute allure vers le duc insouciant. Après l'avoir poussé hors du chemin de la voiture, le duc tombe dans le coma et Poppy est prise malgré elle pour sa fiancée. Mais une personne n'est pas dupe: son arrogant et bien trop beau demi-frère, Struan Mackenzie. Bientôt Poppy n'est plus sûre de ce qu'elle désire le plus...un duc rêvé ou la réalité d'un brûlant écossais qui n'hésite pas à la mettre au défi à chaque occasion.

...n'est pas celui que vous croyez.
Fils cadet illégitime, Struan s'est peut-être bâti un empire et s'est positionnée comme l'un des hommes les plus riches de Grande-Bretagne, il sait qu'il sera toujours un étranger pour la bonne société anglaise. Tout comme il sait que l'exaspérante Poppy est une menteuse. Il n'y a aucune chance que le hautain duc d'Autenberry daigne épouser une jeune fleuriste. Peut-importe qu'elle soit charmante. Ou tentante. Ou que Struan la veuille pour lui-même. 

Si ce résumé vous dit quelque chose...c'est parfaitement normal! Sophie Jordan a décidé de réécrire l'intrigue du film While you were sleeping. Si vous êtes comme moi, un ou une enfant des années 90/2000, vous avez peut-être vu le film avec Bill Pullman et Sandra Bullock traduit en français par L'amour à tout prix. Ce film fait parti de mes films doudou d'enfance. Je ne l'ai pas vu directement à sa sortie, j'étais un peu jeune, mais je l'ai vu quelques années après avec ma grand-mère et j'en ai gardé une tendresse infinie. Si vous aimez comme moi Sandra Bullock - sérieusement, on parle de Sandra Bullock là, sa jolie bouille, ses cheveux magnifiques, son air de girl next door qui cache une princesse Disney, Anastasia en vrai - et les comédies romantiques swoonante à mort, vous devez voir While you were sleeping.
(Je découvre qu'il existe un drama coréen de 2017 qui porte le même nom mais je ne l'ai pas vu. Si jamais quelqu'un ou quelqu'une d'entre vous sait si ce drama a un rapport avec le film de 1995, n'hésitez pas à laisser la réponse en commentaire!).

Le fait que Sophie Jordan ait décidé de reprendre cette histoire et de la transposer dans une romance historique me plaisait infiniment vous vous en doutez! Ni une ni deux, mon amie Chloé Duval et moi nous nous jetons sur cette nouveauté en lecture commune.

Je voudrais dire tout d'abord que le défi que s'est lancé Sophie Jordan est tout à son honneur. Ce n'est pas évident de baser une romance sur l'une des meilleures comédies romantiques des années 90 car forcément elle est attendue au tournant. Évidement qu'à la lecture on va faire des comparaisons entre tel et tel personnage du film, telle et telle péripéties. Ce n'est donc pas une lecture dénuée d'attentes et certainement pas neutre. Cela explique en partie mon avis sur le livre. Je préfère vous le dire.
Avoir transposé cette histoire au XIXe siècle en Angleterre est une excellente idée. Cela demande des ajustements que Sophie Jordan fait intelligemment. Il est bien évident qu'une jeune femme comme Poppy ne peut pas avoir les mêmes circonstances de vie qu'une jeune femme des années 90. Encore une fois, c'était un exercice difficile et les choix de l'auteure sont dans l'ensemble plutôt louables et intéressants.

La première chose que l'on remarque c'est la disparition de certains personnages et l'apparition de nouveaux. En soi, je comprends tout à fait la démarche. Il faut bien adapter l'histoire, le but n'est pas de faire un copié-collé sans saveur ni intérêt. De ce fait, on se sépare du fils du logeur pourtant très drôle, de la quasi totalité de la famille du duc, remplacée par une belle-mère et une sœur et une demi-sœur, le frère par un demi-frère et le parrain par un meilleur ami.

C'est là mon premier problème. Si je suis d'accord sur la théorie, j'ai en revanche beaucoup plus de mal sur le résultat. Le fils du logeur aurait été hyper intéressant à conserver. Il aurait apporté à lui seul une partie de l'intrigue ou une sous-intrigue comme dans le film original. Idem pour Saul le parrain qui disparaît ici. J'adore ce personnage dans l'intrigue originale et j'aurai adoré en avoir une version XIXe qui aurait été très sympa à conserver. Le meilleur ami est très bien mais il ne joue pas tout à fait sur le même créneau que le parrain et on aurait très bien pu voir cohabiter les deux.
En revanche j'ai bien aimé la famille du duc. La belle-mère est adorable, la demi-sœur mignonne comme la sœur du film et la sœur est très intéressante. Si Sophie Jordan décide de lui consacrer un tome de sa série, je pense qu'il pourrait être très bien. 

Cela étant dit, ce n'est pas catastrophique...à un détail près: la petite sœur de Poppy. Que quelqu'un fasse quelque chose. C'est une jeune fille de quinze ans insupportable. Sa sœur travaille dur pour lui fournir un toit et une éducation tandis qu'elle doit abandonner ses rêves et sa place dans la société dans l'espoir que sa sœur s'élève au-dessus de sa condition et cette dernière passe son temps à se plaindre. De plus, le personnage n'a absolument aucun sens des conventions et de l'instinct de conservation. Comprenez-moi bien, j'adore les héroïnes à l'aise avec leur sexualité, qui n'ont pas froid aux yeux et qui maîtrise l'art du flirt. C'est très très satisfaisant à lire et on a juste envie d'être comme elles. Mais ici elle est capable de très mauvaises actions en utilisant comme enjeu sa sexualité et son pouvoir de séduction. Par pur jalousie, elle est capable de tenter de se compromettre pour ne pas que sa sœur "récupère" tous les hommes alors que le personnage de Poppy est clairement à des milles lieux de ça. Je n'ai pas aimé que la sexualité balbutiante de la petite sœur soit utilisée de cette façon. Cela m'a mis mal à l'aise parce que ça m'a fait détester un personnage que je n'aurai pas dû détester, surtout pour ces raisons là. Je pense que Sophie Jordan aurait pu se contenter d'une adolescente égoïste, incapable de voir ce que sa sœur fait pour elle et le malaise de cette dernière sans en faire une petite dévergondée que l'on se sent de réprouver...

Concernant l'adaptation du film au livre, le résultat final est très partagé. Pour celles et ceux qui ont vu le film, vous reconnaîtrez sans peine certains développements, certaines scènes qui sont très bien retranscrites mais je pense que vous serez déçu-e-s des divergences avec l'intrigue de base. Celles et ceux qui n'auront pas vu le film passeront à côté des petits clins d'œil du roman et c'est dommage.

Je me pose cependant une question supplémentaire. Qu'on les autrices de romance à coller des ducs partout? Non sérieusement? Je sais que le duc ça fait fantasmer mais quand ton héroïne est une fleuriste en 1870, il n'y a AUCUNE chance pour que le duc tombe vraiment amoureux d'elle, surtout un duc connu pour piocher ses maîtresses - maîtresses hein, pas épouses - parmi les grandes cocottes de l'opéra et du théâtre, ça semble encore plus compliqué. Alors quand tout le monde, et je dis bien tout le monde, depuis la famille dudit duc (c'est rigolo à dire à voix haute, dudit duc..) jusqu'aux serviteurs se réjouissent du mariage de l'aristocrate avec une jeune fille pauvre qu'ils ne connaissent même pas, je roule des yeux jusqu'à voir l'arrière de mon crâne. On aurait pu remplacer le duc par quelqu'un de la bourgeoisie que l'intrigue serait restée identique mais beaucoup plus plausible historiquement. J'ai le même problème avec la nouvelle série de Lorraine Heath, mais c'est une autre histoire.

Niveau intrigue, j'étais donc très partagée mais en soit ça aurait valu à While you were sleeping un solide B, parfait pour un moment détente ou un trajet en train. Seulement, comme vous l'avez vu, ce n'est pas un B que j'ai mis à ce roman mais un gros D.

On ne va pas y aller par quatre chemin, le gros problème du roman c'est le héros: Struan Mackenzie. Pour être honnête, j'ai lu ce roman deux fois. La première fois, je me souviens qu'avec Chloé on s'était fait la réflexion qu'on n'avait pas accroché avec le héros. Poppy était plutôt chouette, l'histoire assez sympathique si on évitait de trop comparer au film mais que tout bien considéré, le héros ce n'était pas ça. Et puis j'ai eu besoin de le relire et c'est là que ça m'a sauté aux yeux. Struan Mackenzie n'est pas juste passable, c'est un très mauvais héros. La relecture a été très difficile parce que Struan ne connaît pas la notion de consentement. A chaque instant qui aurait dû me mettre des papillons dans le ventre, je me sentais mal. La première scène de baiser n'est pas sexy, Struan se jette sur Poppy et on n'a pas l'impression du tout qu'elle en ait envie.
C'est très dérangeant quand l'héroïne fini par s'abandonner au baiser après cinq minutes de baisers forcés. J'ai eu l'impression de lire un vieux bodice ripper des années 70. La plupart des premières scènes sont du même tenant et je n'ai pas trouvé ça sexy du tout...

Comme si cela ne suffisait pas déjà à discréditer le héros, il faut rajouter qu'il se montre grossier, vulgaire et souvent méchant avec Poppy. Il l'a traite terriblement mal, fait des remarques déplacées et persiste à l'appeler Pet alors que Poppy lui signifie clairement qu'elle refuse qu'il l'appelle comme ça. Dans ce contexte je n'arrive pas à croire qu'elle puisse tomber amoureuse de lui. C'est compensé par le fait que Struan est mieux que le duc d'Autenberry (c'est dire), mais franchement est-ce qu'on doit se contenter de mieux que pas terrible?
Pour compléter le tableau, Poppy est l'objet d'une rivalité entre les deux frères et franchement c'est insupportable. Surtout que le personnage de la jeune fleuriste est agréable. Elle est gentille, mignonne, pleine de rêves un peu naïfs et mise devant une situation, elle essaye d'agir au mieux pour tout le monde mais pas un instant je n'arrive à croire qu'elle puisse sincèrement tomber amoureuse d'un type pareil! Le meilleur dans tout ça c'était encore l'image fantasmée qu'elle se faisait du duc et c'est un peu triste.
Donc Struan Mackenzie ne ressemble en RIEN au personnage de Bill Pullman dans le film et c'est une énorme déception en plus d'un sentiment de malaise prononcé.

Au final j'ai été très déçue par cette romance que j'attendais de savourer comme une petite madeleine de Proust. Le héros plus que tout fut un vrai NON pour moi, le manque de consentement dans la relation m'a mise trop mal à l'aise pour apprécier. 

vendredi 2 mars 2018

The Hazel Wood - Melissa Albert

C

Ne t'approche jamais d'Hazel wood...

La jeune Alice de dix-sept ans et sa mère ont passé la plus grande partie de l'enfance d'Alice sur les routes, devançant toujours la troublante malchance qui les poursuit sans relâche. Lorsque la grand-mère d'Alice, l'auteure recluse d'un livre culte de contes de fées très sombre, meurt seule dans sa demeure d'Hazel wood, Alice est sur le point de découvrir jusqu'où la malchance peut aller: sa mère est kidnappée par un étrange individu qui déclare venir de l'Hinterland, le cruel monde surnaturel dans lequel se passe les nouvelles de sa grand-mère. Alice est seulement guidée par le message laissé par sa mère avant de disparaître: "Ne t'approche jamais d'Hazel Wood".

Les contes de fées sont à la mode. Entre les réécritures diverses et variées, de la fantasy young adult à la romance et l'importance d'Alice au pays des merveilles dans l'imaginaire collectif ces dernières années, The Hazel wood est en droite ligne l'héritier de ce mouvement. L'ambiance un peu lourde, ces contes de fées très noirs avec la présence menaçante de l'Hinterland et d'Hazel Wood donne un vrai cachet à l'histoire.

J'ai toujours beaucoup aimé les contes de fées. Petite, j'en écoutais tous les jours sur des cassettes audio (oui je ne suis plus toute jeune...) et je connais par cœur plusieurs contes de Grimm, Perrault et Andersen. Les réécritures, les variations et les modulations autour des contes de fée ne me dérange donc pas. Pour preuve, je suis en train de lire Cinder de Marissa Meyer, dont j'espère vous reparler très vite. J'étais donc assez enthousiaste à l'idée de découvrir The Hazel wood, reçu dans ma box Fairyloot. Petite parenthèse, si vous cherchez une super box de livre fantasy young adult (en anglais seulement), je vous conseille fortement Fairyloot, elles sont toujours géniales et les livres sont magnifiques, dédicacés avec parfois des couvertures exclusives.

Si vous vous attendez à un récit à la Alice au pays des merveilles, je vous préviens tout de suite, ce n'est pas le cas. Dans sa grande majorité, le récit est beaucoup plus un roman d'ambiance, avec une trame policière assez prononcée et fantastique légère, tout du moins dans la plus grande partie du roman. Le deux premiers tiers du roman se passe dans le monde réel et c'est indéniablement la partie que j'ai préféré.

L'ambiance, les secrets, la narration m'ont beaucoup fait penser à l'un de mes romans préférés The thirteen tale de Diane Setterfield. Un peu noir, avec des tendances Daphné du Maurier, c'est tout à fait le genre d'ambiance qui me plait.

L'enchainement du récit est aussi passionnant parce qu'on sent assez vite que quelque chose ne va pas, que des secrets et des mystères égrènent la vie d'Alice et de sa mère et l'on croise des personnages particulièrement étranges. J'ai vraiment beaucoup aimé cette partie "policière". J'étais prise par le récit et j'avais envie de lire la suite pour comprendre qui en voulait à Alice et sa mère et quel était le rôle d'Althéa Proserpine et de l'Hinterland dans tout ceci. 

Alice est un personnage intéressant et assez attachant malgré une certaine froideur qui se dégage du personnage. Elle me fait penser un peu à Lyra de la Croisée des mondes. C'est une jeune femme qui a vécu, qui est poursuivie par la malchance et qui se méfie par dessus tout des gens. Harcelée depuis l'enfance par les fans de sa grand-mère, enlevée par quelqu'un qui se disait un ami de cette dernière, on peut facilement comprendre qu'Alice tente de se faire la plus transparente possible.

J'ai également beaucoup aimé Ellery Finch. C'est un jeune homme complexe qui n'est pas sans zone d'ombre. Je trouve ça toujours intéressant lorsque les personnages ont plusieurs facettes, qu'ils ne sont pas ce qu'ils semblent être au final. Cela offre une profondeur bienvenue et Ellery Finch rentre tout à fait dans cette catégorie. Il a un petit charme suranné que l'on rencontre peu dans la littérature young adult et cela fait plaisir à lire.

Alors voila, c'est un fait j'ai beaucoup aimé les deux premiers tiers de ce roman et j'ai été très emballée par cette ambiance mystérieuse, un peu noire et tintée de fantastique. Je me serai bien contentée d'un roman complet dans cette même veine, malheureusement l'autrice en avait décidé autrement.

Je n'ai pas aimé la fin. Très clairement, c'est cette dernière partie qui m'a déplut et fait finir le livre sur une note beaucoup moins enthousiaste qu'au départ. Pour moi, ce dernier tiers gâche un récit qui jusqu'à lors me plaisait beaucoup. A partir du moment où Alice pénètre dans l'Hinterland, j'ai complètement décroché.

Tout d'abord si certains rebondissements dans l'intrigue sont vraiment très bons, j'ai trouvé l'univers extrêmement brouillon. J'ai trouvé que l'Hinterland reste au final très flou malgré de gros efforts pour rendre l'ensemble concret. Étonnamment - je dis étonnamment parce que Carroll a inventé le non-sens - Wonderland est plus concret que l'Hinterland dans mon esprit. Je crois que j'ai surtout été déçue par cet univers après en avoir tant entendu parler. Je m'attendais sans doute à autre chose. Je l'ai trouvé dénué de magie et d'intérêt en fait.

De plus il y a un évènement que je n'ai pas aimé. Il s'agit du traitement d'un personnage que j'ai trouvé raté. L'autrice choisi un traitement doux amer pour ce protagoniste et je pense que j'aurai préféré une résolution beaucoup plus tranchée, dans un sens ou dans l'autre. Je me serai contentée de quelque chose de tragique ou d'un vrai happy end mais cet entre-deux mous ne m'a pas convaincu et je suis restée sur ma faim quant à ce personnage.

Ce côté brouillon et entre-deux se reflète dans la fin du roman. J'ai eu le sentiment que l'autrice ne savait pas trop comment finir qu'elle a hésité entre une fin joyeuse et une fin triste. On a même l'impression à la toute fin qu'elle fait même machine arrière sur des éléments qu'elle a mis en place un peu plus tôt en guise de conclusion.

Au final, je suis ressortis de cette lecture frustrée et déçue parce que je pensais vraiment adorer et que ce ne fut pas le cas. A mon sens c'est dommage parce que j'étais vraiment bien accrochée pendant la plus grande partie de l'histoire et que j'étais prête à tout pour aimer The Hazel wood.

mercredi 28 février 2018

My once and future Duke - The wagers of sins #1 - Caroline Linden

C

Ce qui arrive au très connu Vega Club...

Sophie Campbell est déterminée à être la maîtresse de son propre destin. Survivant grâce à son talent pour les cartes, elle ne risque jamais ce qu'elle n'a pas les moyens de perdre. Pourtant, lorsque le duc de Ware lui propose un scandaleux pari bien trop extravagant pour être refusé, elle ne parvient pas à résister. Si elle gagne, elle empochera cinq mille livres, assez pour assurer pour toujours son indépendance.

Reste au Vega Club...
Jack Lindeville, duc de Ware, se dit que s'il est présent au Vega club c'est simplement pour sauver son imprudent frère de la ruine mais il sait que c'est un mensonge. Il ne peut détourner le regard de Sophie et pour l'avoir il rompt sa sacro-sainte règle contre les jeux d'argent. S'il gagne, il la veut...pour une semaine.

Jusqu'à présent.Une semaine avec Jack peut ruiner ce qu'il reste de la réputation de Sophie. Cela pourra même lui coûter son coeur. Quand il s'agit d'amour, tous les paris sont permis.


J'adore les romances qui se passent dans les cercles de jeux. Sans se mentir, je dirai que tout ça c'est la faute de Derek (si vous n'avez pas lu Dreaming of you de Lisa Kleypas, lâchez tout et courrez vous le procurer, c'est un bijou) et je garde une tendresse particulière pour ces ambiances un peu dangereuses et illicites. On me promettait aussi une héroïne douée pour le jeu, donc intelligente et non traditionnelle. C'est l'un de mes catnip et je sentais que j'allais beaucoup aimer Sophie.
Je n'avais jamais lu de Caroline Linden mais le résumé était très alléchant: un pari un peu scandaleux, une héroïne atypique et un duc qui brise les conventions par amour, il ne m'en fallait pas plus.

Comme prévu j'ai adoré Sophie! Le personnage est bien écrit et cohérent de bout en bout du récit. Orpheline, elle est recueillie par son grand-père paternel, un comte, avec qui on père avait rompu les liens. En effet, ce dernier a épousé une chanteuse d'opéra française ce qui a causé une dispute familiale. Après la mort de ses parents, Sophie rejoint donc ce grand-père qui ne veut rien avoir à faire avec elle et la place dans un pensionnat. La jeune femme comprend assez vite qu'elle ne peut compter que sur elle pour survivre et qu'elle devra quitter la pension sitôt ses dix-huit ans. Sophie se montre rapidement lucide et intelligente et on s'attache au personnage dès le prologue. J'ai trouvé ce dernier très bien écrit d'ailleurs avec une mise en contexte du personnage féminin principal rapide et efficace. Il en va de même pour ses deux amies d'ailleurs, que je soupçonne fortement d'être les héroïnes des tomes suivants puisqu'il s'agit d'une série.

Tout au long du roman, Sophie garde la même ligne de conduite, elle réfléchi à son avenir, patiemment, elle a une attitude mesurée et jamais irrationnelle. C'est un élément du récit qui m'a vraiment plu, le fait qu'elle sache exactement ce qu'elle veut. De plus, Sophie est très bonne en mathématiques. Elle calcule les probabilités lorsqu'elle joue et j'adore les héroïnes douées en mathématiques ainsi que celle qui s'en sortent par leur propre intelligence. Encore une fois le prologue est excellent pour expliquer la passion de Sophie pour les mathématiques et pourquoi, une fois adulte, elle choisi de gagner sa vie au Vega club, jour après jour.
Sincèrement, Sophie est une héroïne parfaite, dont j'ai pris plaisir à lire l'histoire.

En revanche, c'est loin mais très loin, d'être le cas pour Jack. J'ai autant aimé l'héroïne que détesté le héros. Il y a tellement de problèmes avec Lindeville, que je ne sais pas par où commencer.

Si le prologue est excellent, les chapitres suivants sont quant à eux catastrophiques. On nous dresse un portrait de Jack assez flatteur, c'est un homme droit, honnête, qui n'est pas gouverné par ses pulsions. Il a horreur du jeu, il fait très attention à sa réputation et tente coûte que coûte de protéger son frère malgré son insupportable mère. On se dit donc dans les premières pages qu'il va être intéressant de voir son interaction avec Sophie. Sauf que...tout s'enchaîne en deux chapitres et là c'est la débandade. Je vous résume: Jack Lindeville, la rigueur incarnée, voit Sophie, la veut, joue au jeu, perd une sacré somme, lance un pari ultra osé - tellement osé que le propriétaire du club est à deux doigts d'intervenir - gagne et enlève Sophie, littéralement. Temps réel: deux heures à tout casser. En un coup d'œil, le personnage perd complètement pied. J'ai détesté cette mise en scène, non seulement parce que cela va à l'encontre de la personnalité du héros telle qu'on nous le montre au départ mais aussi parce que c'est ultra malsain. On parle d'un duc qui fait sortir une femme contre son gré pour l'emmener chez lui sans prendre un instant en compte la réputation de la jeune femme. Un homme tel que Lindeville ne peut manquer de savoir ce que cela peut faire à Sophie mais c'est plus fort que lui.

Le personnage est complètement en dent de scie, lorsqu'ils sont seuls il se comporte bien et est même agréable mais dans le Vega club, une espèce d'instinct mâle alpha reprend le dessus et là c'est festival. On n'a pas vraiment l'impression qu'il prenne conscience de ce que tout ça va entraîner pour Sophie une fois la semaine écoulée, pas plus qu'il ne s'interroge vraiment sur toutes les irrégularités dans l'histoire de Sophie. C'est un comportement assez égoïste quand on y réfléchi bien. Lindeville a fait ce qu'il a voulu et c'est justifié finalement par le happy end...ce qui est en soi une mauvaise justification.

Il ne fallait pas grand chose pour l'intrigue soit posée de façon beaucoup plus cohérente. A mon avis, reculer le pari de quelques chapitres aurait permis de mieux expliquer l'attirance du héros pour Sophie autre qu'une bouffée de désir irrationnelle et soudaine. Honnêtement, les faire se rencontrer plusieurs fois, tenter le héros au jeu, cela aurait donné un peu d'ampleur à la rencontre ainsi qu'une plus grande tension entre les héros. La relation de départ entre Sophie et Jack aurait été bien plus saine et plus crédible. J'ai un peu de mal à comprendre comment Caroline Linden a pu écrire un prologue aussi bon et ne pas voir les énormes problèmes dans ses deux chapitres suivants surtout lorsqu'il était facile d'y remédier.

Il y a également quelque chose d'autre qui m'a profondément agacée, c'est la rivalité entre les deux frères qui se cristallise autour de Sophie. C'est assez désagréable à lire et je n'aime pas du tout les intrigues où le personnage féminin sert de prix à une rivalité masculine. Cela ne servait à rien, cela ne renforce pas l'amour entre les héros cela fait juste passer Lindeville et son frère pour pathétiques.

Ces défauts de structure sont vraiment dommages parce que tout le roman n'est pas à jeter. Il y a plusieurs passages très mignons ou bien écrits malgré une fin que j'ai trouvé très artificielle et convenue.

My once and future Duke n'est pas pour moi, une bonne romance. Le comportement du héros est très problématique et les premiers chapitres vraiment catastrophiques. J'ai cependant beaucoup aimé Sophie et le cliffhanger final qui ouvre sur le tome deux est assez alléchants.

Je donnerai définitivement une autre chance à Caroline Linden parce que je suis sûre qu'elle est tout à fait capable d'écrire une romance à la hauteur d'un personnage comme Sophie et j'attends sagement la suite de la série The wagers of sins.

lundi 19 février 2018

Strange the dreamer - Laini Taylor

A

Résumé (traduction): Le rêve choisi le rêveur et non l'inverse et le jeune Lazlo Strange, orphelin de guerre, a l'impression que ses rêves n'ont pas choisi bien haut. Depuis ses cinq ans, il est obsédé par Weep la mystérieuse citée disparue mais il faudrait quelqu'un de plus courageux que lui pour traverser la moitié du monde à sa recherche. Lorsqu'une sensationnelle opportunité se présente en la personne d'un héros appelé le Godslayer et d'un groupe de guerriers légendaires, Lazslo va devoir saisir sa chance ou risquer de voir son rêve disparaître à jamais. 

Qu'est-il arrivé à Weep il y a deux cent ans pour qu'elle soit complètement coupée du reste du monde? Qu'a massacré le Godslayer qui portait le nom de Dieu? Et qu'est ce mystérieux problème qui a besoin d'être résolu? 

Les réponses attendent à Weep...

Je suis ravie de vous retrouver pour parler d'un roman qui m'a fait tomber sous son charme par son originalité et son univers dépaysant. 
Sans grande surprise j'ai tout d'abord était attirée par la magnifique couverture! Sans mentir, elle est vraiment très belle et donne tout de suite le ton du roman avec ce fond azuré et ce papillon doré posé par dessus. On est tout à fait dans une ambiance onirique propre à l'univers du nouveau roman de Laini Taylor où le bleu tient une importance capitale. 

Dès le prologue, j'ai été happée par l'atmosphère du roman, par l'ambiance qui se dégage des pages et j'aimerai m'attarder un instant sur ce prologue qui est une très grande réussite. Souvent on comprend très tôt ce qu'un prologue veut montrer mais ici ce n'est pas le cas, il est absolument mystérieux et même nébuleux. Il faut attendre la seconde partie du livre pour commencer à deviner le lien que peut avoir le prologue avec l'histoire de Lazlo. Le grand intérêt aussi de ce prologue est que même si on fini par se douter de ce qu'il raconte, il n'en reste pas moins très angoissant...Il reste en arrière plan de votre esprit et augmente considérablement la tension. Vraiment, cette ouverture est une grande réussite et présageait une très bonne suite.

Je n'ai donc pas été surprise de la qualité du roman. Je ne veux pas tellement vous parler de l'histoire plus que ne le fait le résumé, elle mérite amplement votre temps mais sachez que j'ai adoré l'univers crée par Laini Taylor. Si le monde de Lazlo est assez classique quoique intéressant, Weep et son histoire m'ont totalement dépaysée. Ce n'est jamais évident je trouve de donner de la profondeur à un nouvel univers, à tel point que ses coutumes, ses légendes et son histoire nous semblent tangibles et non pas artificielles ni là uniquement pour décorer. Tolkien et J.K Rowling sont passés maîtres dans cet exercice et j'ai retrouvé ça aussi avec les romans de Sarah J. Maas et de Christel Dabos dans lesquels je me glisse comme dans une couverture chaude avec une odeur reconnaissable entre toute. Laini Taylor réussit pour moi ce tour de force de nous offrir une mythologie, une histoire, une culture unique et magique. On a, nous aussi comme Lazlo, envie de mieux connaitre Weep et ses habitants. 
Je préfère prévenir cependant, le roman n'est pas exempt de violences, notamment de violences sexuelles. Ce n'est jamais gratuit ni graphique, ce n'est pas Game of  Throne, mais c'est néanmoins présent et ça m'a un peu tordu l'estomac à l'évocation de certains faits horribles. 

Lazlo est un très bon personnage. J'aime sa détermination, sa passion des contes lorsque tout le monde autour de lui trouve ça puéril et le fait que son rêve le porte jour après jour. C'est un personnage très ouvert et profondément bon auquel on ne peut manquer de s'attacher. Un autre détail aussi a su me captiver: Lazlo n'est pas beau. C'est presque une anomalie dans la Fantasy Young adult où tout le monde a un physique de mannequin Abercrombie mais cela reste un fait, Lazlo n'est pas beau. Il a le nez tordu, les traits à la serpe - mais pas à la serpe façon Spike de Buffy on est d'accord - il n'a rien d'une gravure de mode. Cependant, c'est un facteur qui m'a fait m'attacher encore plus au personnage et dont l'évolution est fascinante à suivre. Avec le temps et les voyages, son corps se modifie et son visage se marque, preuve de ce qu'il vit. 
Si vous me lisez un peu vous savez à quel point j'aime la diversité de représentation des héros et héroïnes et l'importance que j'attache aux personnages principaux qui n'ont pas un physique conventionnel. Je suis comme tout le monde et je ne rechigne pas devant un héros sublime (celles qui auraient l'idée de mentionner un certain High Lord sont priées de se taire...thanks) et ce serait d'autant plus hypocrite de ma part de le nier vu ma passion - c'est le cas de le dire - pour la romance. Cela dit, je suis ABSOLUMENT pour cette diversité et il y a une scène en particulier qui m'a interpellée. Un personnage (ne cherchez pas à savoir je ne vous dirais rien), découvre Lazlo et les autres étrangers qui arrivent à Weep et ce personnage remarque d'abord un jeune homme très très beau, absolument parfait. Sauf qu'un peu plus tard on apprend que si au premier abord, le beau jeune homme lui avait plus, il avait quelque chose de repoussant au contraire de Lazlo, pas très attirant au premier regard mais définitivement plus charismatique et lumineux. On sous-estime trop souvent le charisme dans un bon personnage et Lazlo n'en manque pas. 

J'aimerais bien vous parler des autres personnages mais comme iels interviennent tard dans l'intrigue, je préfère vous laisser la surprise! Les découvrir au fur et à mesure a été un grand plaisir que je m'en voudrais de ruiner. 

Cependant, pour continuer de vous faire comprendre pourquoi Strange the dreamer fut un vrai coup de cœur pour moi, je me dois de parler encore un peu de la construction des personnages. Il y a toujours dans un roman des protagonistes qu'on aime et d'autres qu'on déteste mais il est vraiment rare de comprendre les motivations des personnages dans toute leur complexité et leur variété. Laini Taylor est très douée car elle arrive à expliquer les motivations derrière les actions de chacun de ses personnages, de comprendre pourquoi iels agissent ainsi.
Un des personnages que l'on rencontre tardivement dans le récit est pour moi un monstre, cruel·le qui est particulièrement glaçant·e. Pourtant, une scène nous fait comprendre très précisément pourquoi ce personnage agit ainsi. Cela ne l'excuse en aucun cas, je n'ai pas changé d'avis après cette scène mais cela lui offre une profondeur et une complexité incroyable et tous les personnages du roman sont sur ce même modèle. Toutes les actions trouvent une explication sans forcément être une justification. A vous de vous laissez attendrir ou de compatir ou non avec eux. 

C'est assez frustrant de ne pas pouvoir vous parler de tout mais sachez-le, Strange the dreamer est un excellent livre de Fantasy, avec une vraie mythologie, un monde unique qui n'est pas sans violence, et de très bons personnages. J'ai absolument hâte de lire la suite et il ferait sans aucun doute parti de mes favoris sur mon étagère. Je vous recommande chaudement ce premier tome! 

mercredi 31 janvier 2018

Traquée - Rebecca Kean #1 et #2 - Cassandra O'Donnell

Il est un peu tard pour vous souhaiter une bonne année mais tant pis: Bonne années à tous et toutes. Je vous souhaite évidemment plein d'excellentes lectures et surtout des découvertes: un nouveau genre, une nouvelle série, un.e nouvel.lle auteur.ice etc.

Quant à moi, ça ne vous surprendra pas mais je suis versatile au possible. J'avais initialement prévu de vous parler d'une romance que vraiment, vraiment en italique c'est dire, je n'ai pas aimé mais je trouvais que ça manquait un peu de nuance et de positif pour débuter l'année. Je change donc mon Cheshire d'épaule pour vous parler d'une série que je viens juste de découvrir même si elle n'est pas récente.
Noël est une période toujours active en librairie et j'avais besoin de réconfort et quoi de mieux que de discuter avec une amie de toutes ces séries d'Urban fantasy qu'on adore? Après avoir abordé le cas de Mercy Thompson et de Charley Davidson (que je vous recommande et que vous trouverez sur le blog), Clothilde (puisqu'il faut rentre à Cheshire ce qui est à Cheshire) m'a demandé si j'avais lu la série des Rebecca Kean de Cassandra O'Donnell. Comme vous vous en doutez, elle me l'a super bien vendu et quand j'ai réalisé que Cassandra O'Donnell était en fait française, j'étais encore plus curieuse de découvrir Rebecca Kean.
Après la lecture des deux premiers tomes, voila ce que j'ai a en dire.

Présentation de l'éditeur : Nouvelle-Angleterre, Burlington…Pas de délinquance, élue la ville la plus paisible des Etats-Unis, bref, un petit havre de paix pour une sorcière condamnée à mort et bien décidée à vivre discrètement et clandestinement parmi les humains. Malheureusement, en arrivant ici, je me suis vite aperçue que la réalité était tout autre et qu’il y avait plus de démons, de vampires, de loups garous et autres prédateurs que nulle part ailleurs dans ce foutu pays. Mais ça, évidemment, ce n’est pas le genre de renseignements fournis par l’office de tourisme.
Maudit soit-il…

J'adore l'Urban fantasy, le côté surnaturel et adrénaline en même temps ainsi que le mélange de notre univers et de toutes ces créatures imaginaires. Rebecca Kean s'inscrit sans difficulté dans cette lignée très Mercy Thompsonesque où différentes communautés surnaturelles se sont intégrées à notre société et vivent, bien que cachées, complètement en accord avec les humains. Si dans Mercy, le monde surnaturel apparaît peu à peu au grand jour, ce n'est pas du tout le cas du monde de Rebecca qui fait tout pour maintenir le secret, allant même jusqu'à tuer des humains qui pourrait surprendre leur existence.

Puisqu'il faut bien commencer quelque part je vais tenter de vous décrire pourquoi je déteste très très fort certains aspects de cette série et pourquoi j'ai roulé des yeux jusqu'à voir l'arrière de mon crâne.

Je ne suis pas une amatrice de l'écriture à la première personne. Je trouve qu'il s'agit d'un exercice très difficile à maîtriser. Nous avons tous des pensées plus ou moins idiotes ou immatures, des accès de mauvaise foi et j'en passe. Dans Charley Davidson cela passe très bien parce que l'héroïne est très drôle et qu'elle pratique l'auto-dérision. Avec Rebecca, je trouve ça moins finement fait mais ça passe quand même, malgré le fait que j'aurai préféré un texte à la troisième personne qui m'aurait sans doute évité une rééducation oculaire.
Non ce qui m'insupporte au plus au point, et je crois sincèrement que c'est un défaut du genre que l'autrice ne fait que reproduire, c'est le côté super méga bombasse de l'héroïne. Je comprends qu'on veuille avoir des héros et héroïnes désirables, que la plupart des gens, moi largement comprise, ne ressemblent pas à des gravures de mode et que s'imaginer de beaux héros ça nous évade. Cependant, lorsque cela nuit à l'identification c'est, à mon sens, très gênant.

Que ça soit clair, on ne parle pas d'un "simple" triangle amoureux, je ne me mettrais pas dans des états de nerfs pareil pour si peu. On parle bien d'une héroïne tellement belle que tous les mâles du livres, je dis bien tous, le lui disent/veulent se la faire/sont prêt à mourir pour elle. Dans le tome deux, elle partage tellement de liens "impossibles" (selon la mythologie mise en place par l'autrice) avec différents hommes que j'en étais saoulée. Sans blague, deux vampires millénaires sont prêts à faire cramer le monde pour elle, plus un semi-démon, un loup-garou et on rajoute un chef de clan muteur qui veut désespérément se la faire. Elle est belle et puissante je veux bien mais ça fini par être très fatiguant et redondant. Au bout d'un moment on a compris, elle est canon.
Comment voulez-vous que des lectrices lambda puissent s'identifier à une héroïne pareille? Ce n'est peut-être que moi, mais ça me fait toujours me sentir minable, cette impression que finalement je suis pas aussi bien ni aussi badass que cette héroïne. Je n'ai pas du tout ce sentiment là avec Mercy parce qu'elle est plus humaine. Elle est belle mais pas au point non plus d'avoir tous les hommes à ses pieds et ça n'en diminue pas moins sa "badasserie". Idem pour Charley car même si elle est plus "canon" que Mercy on sait que sa sœur est plus belle et au fond l'histoire d'amour se concentre surtout sur Reyes, il n'y a pas une multiplication lassante. Et puis, vous ne serez peut-être pas d'accord, mais je trouve que ça diminue toujours les personnages masculins. Ils sont réduits à leur désir pour Rebecca ou à leur besoin de protection alors que certains sont vraiment très intéressants et mériteraient plus de développement et de profondeur que j'espère voir apparaitre dans les prochains tomes. Là, elle les attire comme des aimants et leur cerveau fond dans le processus.
Je m'attends à tout pour le tome 3 parce que là on est quand même aux portes d'une guerre juste pour ses fesses.

Le pendant à cette situation, c'est que bien évidemment, tous ces hommes en questions sont à tomber. Pas juste mignons on est d'accord mais bien divins ce que l'autrice ne manque pas de répéter ad nauseam. C'est là que réside le défaut de la première personne. Lire une fois que Raphael a la perfection d'un dieu grec passe encore, même si j'avoue, j'ai roulé des yeux, mais le lire souvent, durant deux tomes, je n'en pouvais plus.

On ne va pas jouer les hypocrites. Si vous me connaissez, vous savez que je ne rechigne jamais contre un ou plusieurs beaux mâles dans un roman. Mon vrai problème dans Rebecca Kean c'est la multiplication de ces beaux mâles. Je sais bien que les loup-garou sont forts et les vampires magnétiques mais un tout petit peu de normalité ça ne pourrait pas nuire. C'est ce qui différencie les tropes des clichés et ici on tend malheureusement plus dans le cliché. Et puis la féministe en moi s'arrache les cheveux devant tous ces alpha protecteurs qui la considèrent comme leur propriété. Cela dit, cela agace aussi beaucoup Rebecca! 

Dernier point mais non négligeable à mes yeux, les représentations raciales et LGBT. Ce sont deux sujets sur lesquels j'ai beaucoup réfléchi ces derniers mois, notamment grâce à Clothilde et je fais dorénavant bien plus attention à ces représentations et à leur traitement et cela va aussi devenir un de mes critères de réflexion parce que tant que les romans seront 100% blancs et hétéronormés, je pense qu'on passera à côté de notre société, surtout pour un genre qui se passe dans un milieu urbain multiculturel (on est bien d'accord que je ne parlerais pas du sujet de la même manière sur un roman histoire qui se passerait dans le Berry en 1750...). Niveau représentation raciale, on est bien loin de Mercy Thompson mais on sent un effort louable. Niveau LGBT en revanche c'est un peu la catastrophe et j'espère que l'autrice va s'améliorer dans la suite.

Voila, ces exagération me font m'arracher les cheveux et me gâchent un peu les intrigues principales mais...Mais en vrai j'aime bien...

C'est le paradoxe de cette série: je crise, je roule des yeux et il y a pleins de détails qui m'agacent mais...j'adore quand même. J'ai lu le tome 2 en 48 heures et j'ai très envie de découvrir la suite. Les intrigues principales sont très prenantes et j'aime beaucoup l'univers que construit Cassandra O'Donnell.

Elle arrive à développer un monde cohérent et personnel en s'inspirant du genre de l'Urban fantasy. On est tout de suite bien dans cette petite communauté et on comprend très vite comment elle s'organise. J'aime bien aussi l'histoire que l'autrice met en place. L'ancienne guerre entre les clans, le traité de paix et les Directum. Le fait que ça se passe dans le Vermont me plait beaucoup aussi, ça change de New York ou de Londres. Le côté plus intimiste d'une petite ville donne l'impression d'être dans un cocon, un endroit familier.

J'ai beau râlé sur le physique de

s personnages mais il faut admettre qu'ils sont rudement attachants. Beth, Leo, Gordon, Aligargh et même Rebecca, je les aime bien. Ils ne sont pas parfaits (hormis le physique) et c'est ce qui les rend sympathiques. On aimerait bien passer du temps avec eux. Bref je les aime tous - ne me parlez pas de Bruce, je ne pourrais plus m'arrêter - sauf les vampires (débarrassez moi de Michael et Raphael please!) et Mark (qui est personnage gâché d'ailleurs mais on ne va pas charger la mule non plus). 

Donc voila, je suis consciente des défauts de la série mais malgré tout...et bien j'aime beaucoup et je compte lire la suite. C'est exactement le genre d'univers que j'aime, c'est souvent très drôle, les intrigues sont bonnes et c'est carrément addictif. Je continuerai sans doute à rouler des yeux et à soupirer mais malgré tout Rebecca Kean c'est cool.

Allez on va oublier la rationalité, je retourne dans mon canapé, j'ai le tome 3 qui m'attends.