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mardi 17 décembre 2013

The Eyre Affair (L'affaire Jane Eyre) - Thursday Next #1 - Jasper Fforde

COUP DE COEUR DE PERSEPHONE

(Article bis après moult relectures)


Présentation de l'éditeur (modifiée): Dans le monde de Thursday Next, la littérature fait quasiment office de religion. A tel point qu'une brigade spéciale a dû être créée pour s'occuper d'affaires aussi essentielles que traquer les plagiats, découvrir la paternité des pièces de Shakespeare ou arrêter les revendeurs de faux manuscrits. Mais quand on a un père capable de traverser le temps et un oncle à l'origine des plus folles inventions, on a parfois envie d'un peu plus d'aventure. Après l'énorme fiasco de l'affaire Martin Chuzzlewit, manuscrit volé par Acheron Hadès (ancien professeur malfaisant de Thursday), elle décide de retourner à Swindon, sa ville natale, afin de prouver qu'Acheron Hadès sévit toujours et qu'il a en tête une proie bien plus importante que Martin Chuzzlewit. La littérature victorienne est menacée mais Thursday ne se laissera pas faire. 
 
Je ne fais pas souvent de second article après relecture mais étant donné que l'article sur Thursday Next faisait parti des premiers du blog, je pense que ce n'est pas si mal que ça de dépoussiérer cette chronique pour donner envie de relire la série ou de la découvrir. Il n'est jamais trop tard pour du Jasper Fforde!

Alors voilà, la double série des Thurday Next fait partie de ces livres doudous que j'adore relire une fois tous les un an et demi environs. L'affaire Jane Eyre, The Eyre affair donc, est le premier tome d'une série en 2 saisons et huit volumes, mettant en scène l'héroïne Thrusday Next (littéralement Jeudi Prochain... et oui il n'y pas que moi pour avoir un nom étrange). Je vous renvoie sur l'article consacré à Jasper Fforde pour le détail des livres parus.

Il est particulièrement difficile de catégoriser cette série tant elle mélange plusieurs courant de Science-Fiction. C'est sans aucun doute une uchronie pure puisque le monde dans lequel vit Thursday Next n'est pas historiquement semblable au notre. L'Angleterre et la Russie impériale poursuivent toujours la Guerre de Crimée en 1985, l'Angleterre est un état policier gouverné par le Groupe Goliath, une multinationale en armement à la morale douteuse, et le Pays de Galles est une nation socialiste indépendante (entre autre). La meilleure preuve de cette uchronie loufoque tient bien sûr dans le père de Thursday, Mr. Next, ex-agent de la chronogarde en fuite poursuivi par Lavoisier son ancien coéquipier. Mr. Next voyage dans le temps et gère les anomalies. Pour les gens férus d'Histoire, c'est très drôle de voir les modifications historiques que plantent Jasper Fforde. Entre les révisionnistes français qui font tuer Nelson et Wellington, s'en prennent à Churchill ou la banane qui n'est pas introduite en Europe, notre Histoire en prend un coup. Le père de Thursday vient la voir de temps en temps - parfois au bon moment - afin de lui poser toutes sortes de questions qui nous paraissent tout à fait saugrenues! Ce sont toujours de petits interludes très drôles qui égayent le récit. C'est également de la light fantasy assumée. Entre les multiples bizarreries du récit et les gens qui peuvent rentrer dans les livres ou en sortir, le monde de Thursday est décidément un endroit bien sympathique que j'aimerai visiter.

A côté de cette uchronie, c'est l'attachement à la littérature et l'importance qu'il donne à celle-ci qui m'a véritablement séduite. Le roman est bourré de clins d’œil à la littérature classique anglaise - les tomes suivants exploreront la même veine tout en élargissant les anecdotes aux littératures étrangères - qui ne manqueront pas de ravir les passionnés du genre. Entre les jeux de mots - le biographe de Thursday Next s'appelle Millon de Floss en référence au roman de George Eliot - et les références sur les différents romans du XIXe siècle, il y a de quoi passer un excellent moment. Bien évidemment, si vous n'êtes pas un passionné de littérature anglaise, j'ai bien peur que L'affaire Jane Eyre ne perde un peu de son intérêt puisque l'intégralité de l'intrigue est basé sur Dickens et Charlotte Brontë. En effet, il est à mon avis important de bien connaître Jane Eyre pour apprécier à sa juste mesure le dernier tier du roman. Sans connaître l'histoire, on passe à mon sens à côté des modifications géniales qu'en fait Jasper Fforde. C'est ce que j'aime beaucoup dans cette série, la manipulation des textes connus pour les faire entrer dans ses intrigues. C'est souvent génial et toujours inattendu.

Si l'uchronie et la littérature ne sont pas assez convaincants, le personnage de Thursday Next pourra s'en charger. Thursday a 36 ans, elle est célibataire, possède Pickwick, un dodo en kit, est une vétérante de la Guerre de Crimée et détective littéraire à Londres dans la brigade des SpecOps (SO-27). Tout irait plutôt bien dans sa vie si Achéron Hades (chez lui aussi toute les enfants portent le nom des fleuves de l'enfer grec...la vie est dure) un de ses anciens professeurs de Fac et troisième plus grand criminel mondial, ne cherchait pas un moyen diabolique pour détruire la littérature. C'est un personnage que j'adore parce que c'est une vraie femme forte, une badass mais sans jamais tomber dans les travers du genre. Elle a mené plusieurs vies avant d'atterrir au SpecOp à Swindon. Ses dilemmes entre sa loyauté pour son frère Anton Next et son amour pour Landen Parke-Laine sont toujours bien dosés. Thursday est forte même si elle s'autorise quelques moments de mélancolie, elle est efficace et terriblement attachante. Je l'adore! C'est rare que des auteurs arrivent à créer en personnage principal des héroïnes fortes sans tomber dans quelques clichés que ce soit. Thursday est de ce point de vue vraiment bien pensée, elle arrive à concilier toutes les facettes de sa personnalité avec beaucoup de naturel. Sans aucun doute Thursday Next fait parti de mes héroïnes préférées.

Acheron Hadès est un méchant tout à fait à la hauteur. Même si dans ce premier tome on se doute qu'il ne va rien arriver de grave à l'héroïne, on sent tout de même le potentiel monstrueux d'Hadès. Un peu comme le joker de Nolan, c'est un fou qui aime faire le mal pour le mal et qui se sert de son Q.I. disproportionné à des fins néfastes. Il possède aussi quelques pouvoirs surnaturels qui ne paraissent pas complètement incongrus. Une fois le coté Fantasy-Sciences-Fiction intégré, le personnage d'Hadès reste cohérent avec lui-même du début jusqu'à la fin. 

Alors, récapitulons: uchronie + Littérature au rang de religion + une héroïne qui déchire + un bon méchant = Excellent livre et il y a même des petits bonus!
Tout au long du roman, la question de la véritable identité de Shakespeare est posée à Thursday par plusieurs interlocuteurs ayant chacun une théorie différente pour une conclusion pas piquée des vers! 
La représentation de la pièce de Richard III à Swindon est un régal pour les amateurs de Shakespeare qui regretteront sans doute comme moi de ne pas pouvoir y assister vraiment!

Pour finir, j'aimerai faire remarquer que Jasper Fforde est aussi très fort pour faire communiquer ses différentes séries entre elles. Ainsi dans ce premier tome de Thursday Next, vous aurez le droit à un morceau du tome 4 (oui madame, oui monsieur) ainsi qu'un petit clin d'oeil à sa série The Last Dragonslayer (Jennifer Strange en VF) avec un petit quarkbeast qui vient se faire cataloguer. Lorsque comme moi vous avez pratiquement tout lu ce que Jasper Fforde a écrit, vous ne pouvez manquer de sourire à l'interconnexion de ses univers complètement barrés!

Que dire de plus sur Thursday? Hormis un "lisez-le" farouche, je ne saurais pas quoi ajouter d'autre que mon virulent exposé ci-dessus. C'est mortellement drôle, bien écrit et surtout plein de génie car bien manier l'uchronie n'est pas chose aisée. Pour tous ceux qui aiment la littérature anglaise Thursday Next est une série à ne pas manquer, et pour les autres un moyen de la découvrir de façon tout à fait ludique, moderne et carrément loufoque.

lundi 23 septembre 2013

Fatherland - Robert Harris


Présentation de l'éditeur: Berlin, 1964. Depuis que les forces de l'Axe ont gagné la guerre en 1944, la paix nazie règne sur l'Europe. Seule, l'Amérique a refusé jusqu'ici le joug. Mais dans quelques jours, le président Kennedy viendra conclure une alliance avec le Reich. Ce sera la fin du monde libre. 
Deux meurtres étranges viennent perturber les préparatifs. Les victimes sont d'anciens S.S. de haut rang jouissant d'une paisible retraite. Chargé de l'affaire, l'inspecteur March s'interroge. S'agit-il d'un règlement de comptes entre dignitaires? Mais, s'il s'agit d'affaires criminelles, pourquoi la Gestapo s'intéresse-t-elle à l'enquête? Quelle est cette vérité indicible qui tuent tout ceux qui la détiennent et semblent menacer les fondations mêmes du régime? Le mystère s'épaissit et, dans Berlin pavoisée, les bourreaux guettent, prêts à tout pour étouffer dans la nuit et le brouillard les dernières lueurs de liberté.

Après mes travaux de l'année dernière - sur les organisations criminelles nazies pour ceux qui ne sauraient pas - je m'étais jurée de ne pas ouvrir un roman sur la Seconde Guerre mondiale avant un délais raisonnable. Un an est passé et j'ai craqué. Evidemment quand on m'a dit que Fatherland de Robert Harris prenait place en 1964 dans une Europe fédérée autour d'une Allemagne nazie victorieuse, je n'ai pas pu résister (et puis entre les copines et mon ancêtre qui m'assurait que c'était génial, c'était obligé que je le lise). 

Incontestablement, Fatherland est un grand roman d'uchronie sur la Seconde Guerre mondiale. Il y a deux types d'uchronie : celles qui s'écartent largement de la réalité connue pour nous offrir un contenu WTF ex: Napoléon a gagné contre l'Angleterre et l'action se passe dans un Londres francophone de 2013. Cela laisse une marge certaine pour faire un peu ce que l'auteur veut. Puis il y a la seconde méthode, faire dériver le cours du temps d'un petit détail et entraîner une réalité alternative probable, glaçante parce que fondamentalement vraie.
Ici c'est bien évidemment la seconde solution qu'a privilégié Robert Harris. L'Allemagne et l'Europe de 1964 est une alternative pétrifiante à ce qu'aurait pu être notre univers avec une victoire allemande. Je suis admirative des choix fait par Harris pour son uchronie. Petits détails qui sembleront anodins, c'est ici une tactique d'espionnage anglaise qui échoue et qui entraîne une victoire maritime, c'est là un attentat qui échoue et qui laisse vivre Reinhard Heydrich en 1942. L'ensemble des jalons placés par Robert Harris offre au final un contexte historique et politique crédible. C'est peut-être à cause de ça que Fatherland est effrayant. Il ne l'est pas à cause du destin de son héros Xavier March, ni des secrets découverts, il l'est parce que l'Europe de 1964 post-victoire nazie mise en place par l'auteur est d'une incroyable véracité. C'est absolument saisissant de voir comment finalement une victoire allemande aurait pu changer tellement et si peu notre histoire. Une Union Européenne voit le jour, même si le leadership principal est assumé par un Adolf Hitler vieillissant. Une guerre froide existe malgré tout, bien que les protagonistes se soient déplacés, Allemagne contre Etats-unis, laissant un reste d'Union soviétique exsangue à la traîne.

Ce qui m'a le plus remué en découvrant la Berlin fantasmée de Robert Harris est de se rendre compte qu'il ne s'agit pas ici de guerre perpétuelle et que la vie continue. C'est un constat terrible n'est-ce pas? Que l'on puisse vivre dans une Allemagne rongée par le nazisme est impensable et pourtant c'est ce qu'arrive à créer l'auteur dans ces pages. Même si les uniformes noirs des SS et de la Gestapo hantent les rues pendant leurs occupations habituelles, les gens n'ont pas l'air sous pression. Ils travaillent, sortent, tombent amoureux, forment une famille, sont dévoués à l'Allemagne et au Führer. Certains vivent d'ailleurs très bien et s'adaptent parfaitement à cette période d'après-guerre. Il suffit de voir la femme et le fils du héros pour s'en convaincre. Ils obéissent, sont formés comme de bons petits soldats à vivre selon les règles stériles érigées par le parti. C'est sans aucun doute le plus ahurissant et le plus clair dans ce roman et l'ensemble est dépeint avec une vivacité et un réalisme surprenant et odieux.

Robert Harris connait bien la Seconde Guerre mondiale et ses développements. A voir les documents originaux qu'il a utilisé, les choix uchroniques qu'il a fait, les personnages qu'il a conservé ou éliminé, il est évident qu'il connait parfaitement cette période de notre Histoire. Il ne se contente pas d'ailleurs de partir du postulat que l'Allemagne a simplement gagné, ce ne serait pas lui rendre justice. Tout au long du roman il nous distille des informations sur la guerre, ses développements et l'Europe depuis 1945 que ce soit des éléments historiques, sociaux, politiques, religieux etc. qui permettent de recomposer sans aucun doute possible le chemin parcouru.
Là où le roman est aussi intelligent, tient dans ses choix de protagonistes. La quasi-totalité des hauts dirigeants nazies sont morts en 1945 avant de pouvoir être jugés. Il suffit pour s'en convaincre de regarder les accusés à Nuremberg et de se rendre compte qu'il manque les personnages les plus horribles du régime. Bien évidemment, dans cette uchronie ils sont bel et bien vivants à quelques exceptions près, Harris faisant à mon avis le choix logique d'en faire mourir certains avant 1964. Là où je le trouve subtil, c'est d'incorporer à son récit des personnages historiques, ayant bien officié sous le troisième Reich qui sont suffisamment placés dans la hiérarchie nazie pour être potentiellement dangereux sans pour autant jamais toucher aux vaches sacrées du parti. Même si on parle d'Hitler ou d'Heydrich, jamais on ne les voit. On se contente de Globocnik et de Nebe.
Cela peut paraître un détail ou complètement secondaire puisqu'il s'agit d'uchronie et que donc on peut faire ce qu'on veut et faire dire ce qu'on veut aux personnages censés être morts mais je persiste à penser que les meilleurs romans historiques ne sont pas ceux qui mettent en scène des personnages particulièrement connus. Je trouve que dans 99% des cas, faire parler des personnages historiques célèbres est un échec. C'est investir tout un imaginaire sur une personne ayant existé et cela ne peut être plus loin de la véracité historique. Vous voyez un auteur faire parler Hitler? Hormis La part de l'autre d'Eric-Emmanuel Schmitt, je trouve le concept périlleux. L'excuser? En faire un monstre? (je reste convaincue que la réussite et la monstruosité du régime nazi ne tient pas qu'en la seule personnalité d'Hitler. Après avoir travaillé sur les procès des médecins des camps de la mort, je peux vous garantir que certains étaient beaucoup plus cyniques dans leur pensée de l'extermination des juifs d'Europe que les gesticulations hystériques du Führer devant la foule.) Mais je digresse.
Ici, Robert Harris, en nous offrant de véritables personnages du Reich, moins connus que les hauts dignitaires nazis, permet d'ancrer son récit dans un vrai paysage politique et donne du corps à la société qu'il reproduit. L'ensemble fonctionne sans aucune anicroche et met d'emblée le lecteur mal à l'aise face à cette implacable bureaucratie teutonne.

L'autre point fort de ce récit reste le personnage principal, l'anti-héros Xavier March. C'est un personnage diablement intéressant qui m'a fait penser par de très nombreux aspects à Finch, l'inspecteur du Doigt dans V pour Vendetta. La aussi, Robert Harris se montre subtil. Il aurait été largement plus simple d'accrocher le lecteur avec un héros, chevalier-blanc anti nazi à la Ned Stark. Quelqu'un auquel le lecteur peut s'identifier pour la pureté de l'idéal. C'eut été beaucoup trop facile et je préfère nettement notre Xavier March SS Sturmbannführer pour la Kripo (Kriminalpolizei). Le décalage entre ce qu'il représente, la police d'Etat nazie, et ce qu'il est, un homme bon et intelligent, pousse à réfléchir sur ce qui fait un homme. Xavier March est attachant par la réflexion qu'il porte sur le monde qui l'entoure et les choix qu'il fait face à des situations douloureuses. Il est prêt à remettre en cause le fondement même de sa vie pour chercher la vérité.
Comme Finch, Xavier March est un homme né à l'aube du système et qui y est entré l'un par conviction, l'autre presque par hasard. Bon petit flic bureaucrate il n'en reste pas moins un peu à la marge par leur volonté de garder une indépendance d'esprit et de réflexion. Rien n'est jamais ostentatoire, tout est naturel. Il est autant naturel pour Finch de s'interroger sur la personnalité du terroriste V que pour March d'enquêter sur le crime commis. March comme Finch perd peu à peu repères et certitudes et si pour l'Allemand les doutes commencent dès son divorce et la découverte de la photo de famille des Weiss, pour Finch c'est réellement son contact avec V qui le fait s'interroger sur le bien fondé de sa "démocratie". Dans le fond, Fatherland n'est que l'achèvement des doutes de notre anti-héros. Il n'apprend finalement rien qu'il ne sache pas déjà au fond de lui-même, une révélation, une prise de conscience de ce qui se joue autour de lui depuis 30 ans.

Cependant je reste légèrement sur ma faim. Il y a pour moi un léger problème de rythme dans la première moitié du roman qui aurait mérité un peu plus de légèreté dans le traitement de l'affaire policière avec des révélations qui arrivent finalement peut-être un chouille trop tard pour véritablement surprendre le lecteur averti. Evidemment si vous ne connaissez pas bien la Seconde Guerre mondiale cela ne vous choquera pas. Quant à la fin, si je suis évidemment d'accord avec le traitement de l'intrigue et du personnage, je pense quand même qu'il aurait fallu rajouter un épilogue. Je comprends ce qu'a voulu faire Harris ici mais je ne partage pas tout à fait son point de vue sur le traitement de la chose.

Fatherland est un roman qui vous atteint dès les premières pages, qui vous accrochent par son réalisme alors même que nous sommes dans l'Europe imaginaire de l'auteur. Xavier March, SS du Reich arrive à nous toucher et à nous entraîner avec lui dans l'horreur du nazisme avec une intelligence rare. Un grand roman. 

lundi 16 septembre 2013

L'alchimiste des ombres - Les Lames du Cardinal #2 - Pierre Pevel


SERIE COUP DE COEUR

Présentation de l'éditeur: Paris, 1633. Les dragons menacent le royaume. Surgis de la nuit des temps, ils sont avides de pouvoir et décidés à restaurer leur règne absolu. Usant de sorcellerie, ils ont pris apparence humaine et créé une puissante société secrète, la Griffe noire, qui conspire déjà dans les plus grandes cours d'Europe. Pour déjouer leurs sinistres complots, Richelieu a reformé son unité d'élite, une compagnie clandestine d'aventuriers et de duellistes rivalisant de courage, d'élégance et d'astuce. Six hommes et une femme aux talents exceptionnels prêts à braver tous les dangers et à risquer leur vie pour la Couronne : les Lames du Cardinal. Mais alors qu'ils ont rendez-vous, par une nuit d'orage, avec une espionne italienne aussi belle que dangereuse qui prétend détenir les clés d'un complot à venir, ils sont loin d'imaginer l'ampleur de la tragédie qui va s'abattre sur la France et les obliger à affronter leur plus terrible adversaire : l'Alchimiste des ombres...

Il y a quelques temps je vous parlais du tome 1 des Lames du Cardinal de Pierre Pevel. Ma procrastination aidant, je ne vous parle de la suite que maintenant alors que j'ai fini de lire ma trilogie quasiment au moment où j'écrivais ma première chronique. Aucun rapport avec mon avis sur le roman cela dit, juste une bonne vieille procrastination. 
Même si la surprise du premier tome a disparu, L'Alchismiste des ombres se place dans la droite ligne du premier tome des Lames et concrètement, j'y ai retrouvé tout ce que j'avais apprécié dans celui-ci. 

Bien que nous connaissions davantage les personnages, certains mystères s'épaississent à leur sujet - pourquoi Agnès n'a-t-elle pas fini son noviciat? Comment Leprat a-t-il attrapé la rance? Quels secrets cache le capitaine? Qui est vraiment Saint-Lucq? - tandis que d'autres trouvent leurs réponses comme ce qui s'est réellement passé à La Rochelle lors du siège raté. L'auteur distille les informations tout au long des trois tomes ce qui permet une approche en profondeur des personnages, de leur histoire et de leur psychologie, bien mieux que ce qu'il aurait pu faire en une fois. On dépasse alors le côté stéréotypé des personnages pour comprendre ces individus et voir au-delà du masque. On comprend mieux ce qui agite Agnès, ses peurs et ses espoirs. Leprat également, qui balance toujours entre sa casaque bleue des mousquetaires et l'habit des lames. Le taquin Marciac, le silencieux espagnol, le fidèle Ball, le profond Arnaud de Laincourt et le mystérieux Saint-Lucq complètent, aux côtés du Capitaine La Fargue, les Lames et leur mystère. 

Ce second tome prolonge l'intrigue du premier en s'appesantissant néanmoins plus sur les intrigues de cour que sur l'action proprement dite. Certes, nos amis rencontrent de temps à autre dragons et autres dracqs mais entre l'italienne espionne mercenaire qui cherche à se mettre sous la protection de Richelieu et les intrigues à la cour de Louis XIII qui implique Anne d'Autriche et la duchesse de Chevreuse, nous sommes plongés dans un monde plus politique. C'est l'une des grandes qualités de cette série, la manipulation habile de l'action et de l'Histoire, cette jonglerie entre notre Histoire et l'uchronie que Pierre Pevel met en place. Pour les lecteurs qui connaissent la cour de Louis XIII ou plus généralement le XVIIe siècle, c'est toujours un régal de voir comment il modifie l'Histoire et sa façon de croquer les personnages célèbres. La duchesse de Chevreuse est de ce point de vue là une véritable réussite. Indéniablement, Pierre Pevel a su comprendre la femme ambitieuse qu'elle était tout en montrant une de ses jolies facettes, son attachement profond et sincère à la reine qui n'avait d'égal que son mépris pour le roi. J'ai trouvé sa caractérisation très juste. 

L'écriture reste un régal. Léchée, elle affecte une caractéristique XVIIe siècle sans jamais trop en faire. Pas de recréation d'un parlé dans le vocabulaire mais plus un ton, un phrasé d'époque. Le lecteur reste immergé dans ce Paris du XVIIe siècle sans sentir néanmoins de décalage qui nuirait à la lecture. 

Si la fin du tome 1 nous incitait instamment à lire la suite, c'est encore pire avec le tome 2. Cette fin qui n'en est pas une, oblige le lecteur à enchaîner sur le tome 3 qui s'avère encore un cran plus sombre. A mesure que l'on s'avance dans l'intrigue, nous plongeons dans les méandres d'une France sombre, envahie par les traitres et les dragons. Nos héros s'en sortiront-ils sans trop de perte? C'est ce qu'il reste à découvrir dans le troisième tome Le dragon des arcanes.

lundi 6 mai 2013

Les Lames du Cardinal - Les lames du Cardinal #1 - Pierre Pevel


GROS COUP DE COEUR DE PERSEPHONE

Présentation de l'éditeur: Paris, an de grâce 1633. Louis XIII règne sur la France et son éminence Armand Jean du Plessis de Richelieu gouverne avec lui. Personnalité des plus puissantes et des plus menacées de son temps, le Cardinal doit se garder de tous ceux qui jalousent l'influence qu'il exerce sur le roi, et se prémunir contre les attentats ourdis par les ennemis de la France, au premier rang desquels l'Espagne et sa Cour des Dragons. Car dans cet univers, des intrigues alliant espionnage, politique et sorcellerie menacent de faire vaciller le trône!
Or, en cette nuit de printemps 1633, Richelieu décide de jouer une carte maîtresse et reçoit en secret un bretteur exceptionnel, un fidèle parmi les fidèles dont le dévouement lui a autrefois valu d'être trahi et déshonoré : le capitaine La Fargue, chef des Lames du Cardinal !
En effet, l'heure est venue de reformer cette élite secrète autrefois dissoute dans l'opprobre et la raison d État : des combattants hors du commun, une compagnie d'aventuriers, d'espions et de fortes têtes rivalisant d'élégance, de mystère... ou de paillardise, qui ne redoutent aucun danger.

J'ai eu l'occasion de le dire plusieurs fois par ici mais mes premières amours littéraires (et même cinématographiques), ce qui me faisait rêver dans mon enfance puis dans mon adolescence, n'était pas de la romance, ni de la science-fiction ou de la fantasy, point de tout ça mes amis, mais d'une façon tout à fait classique: les romans de capes et d'épées. J'ai grandi avec mon héros chouchou: Henri de la Lagardère dit le bossu et j'ai rencontré quatre gaillards - Athos, Porthos, Aramis (gniiii) et d'Artagnan - qui ont poursuivis l'oeuvre entamée par mon cher Lagardère. J'étais complètement à la merci de ces mousquetaires courageux et fines lames qui défendaient l'honneur de la France (en général) et les jolies demoiselles en détresse (toujours). En plus comme il se trouve que je suis aussi escrimeuse, la passion était et est toujours bien plantée. Le bon Capes et épées est difficile à trouver et si le genre était à la mode au siècle dernier, force est de constater que ce n'est plus vraiment le cas aujourd'hui. 
Voici ce qui est dit sur la quatrième de couverture des Lames du cardinal:
Avec une virtuosité et une verve romanesque dignes des grandes heures du feuilleton populaire, il signe là tout à la fois un hommage aux romans de cape et d'épée, un récit historique admirablement documenté et une Fantasy épique à grand spectacle.
Je dois admettre que pour une fois, je suis parfaitement d'accord avec cet encart publicitaire. On retrouve sans hésiter le goût des vieux romans de capes et d'épées, avec leur lot de preux mousquetaires, d'espions et d'assassins implacables, de sauvetages et de pièges, de trahisons et de hauts faits d'armes. Et croyez-moi, égaler Lagardère ou les célèbres mousquetaires de Dumas ce n'est pas évident!

L'histoire de ce premier tome est découpé en quatre parties. La première permet d'introduire les personnages car il y en a un sacré paquet (moins que dans Game of Thrones mais George Martin est un peu imbattable!) et c'est d'autant plus difficile de les définir qu'à ce stade là du récit on ne sait pas qui est dans quel camp (cela dit je suis aux trois quart du tome 2 actuellement et je ne suis pas sûre d'en savoir plus!). En tout cas cette partie permet d'apprivoiser les personnages et de se faire un ressenti personnel. Certains comme Saint-Lucq et Arnaud de Laincourt sont particulièrement intriguants, le genre de personnage taiseux dont on ne connait ni les loyautés ni les sentiments, d'autres comme Antoine Leprat chevalier d'orgueil ou la baronne Agnès de Vaudreuil vous touchent immédiatement. J'aimerai vous parler de chaque personnage mais cela sera difficile sans spoiler et je m'y refuse tant l'histoire est trépidante et les rebondissements, nombreux, toujours inattendus (ou presque). Je vous laisse donc les découvrir par vous même. Sachez sinon que je suis tombée pour les Lames du Cardinal, ils ont tous leur caractère propre, leurs spécificités, leur histoire et sont tous attachants à leur manière. J'aime énormément le fait que des informations sur eux sont distillés au fur et à mesure. Il n'y a jamais un point: "STOP maintenant on vous raconte tout de la vie de truc." Jamais. Tout est toujours subtilement distillé. C'est ce qui vous maintient aussi en haleine car on sait qu'en avançant dans la lecture on en découvrira des éléments nouveaux sur les personnages que l'on aime. Je prends juste le temps de vous dire que je suis amoureuse d'Antoine Leprat chevalier d'Orgueil, de son style, de sa rapière d'ivoire et que je l'épouse immédiatement si possible! Quant au personnage d'Agnes de Vaudreuil je suis admirative du travail de Pierre Pevel pour nous montrer une héroïne forte, indépendante, fière, libérée sur bien des points mais qui ne tombe jamais dans l'excès. Elle est l'égale de ses compagnons sans avoir à jouer des coudes, elle prend des décisions, agit, remet en question les actes d'autres Lames, bref, son personnage est parfaitement équilibré et ne tombe jamais dans la caricature de la belle amazone. Merci Monsieur Pevel de nous donner à lire une Lame féminine forte et naturelle. 

La seconde partie du roman permet, une fois les lames réunies, d'avancer dans l'intrigue à proprement dite (même si des bases sont posées tout au long des 100 premières pages) avec l'exposition de la mission et surtout l'interaction des Lames entre-elles. On sent immédiatement la cohésion des troupes, les relations qu'ils entretiennent entre eux et les liens qui sont tissés depuis longtemps. Bien qu'ils soient très différents, certains aiment faire la fête, d'autres sont plutôt silencieux de nature, l'équipe est bien équilibrée et les rôles bien établis. On les voit suffisamment pour s'attacher à eux sans regretter la présence de l'un ou de l'autre.
La troisième partie amène des éléments de réponse. Quant à la quatrième...elle introduit brillamment le tome deux. Je me laisse très très rarement surprendre par des rebondissements mais ici je dois dire que j'ai été bercée par l'histoire sans aucun problème. Si vous me lisez régulièrement vous savez que je ne lis jamais aucune série à la suite de peur de m'écoeurer...Jamais...Pierre Pevel vient de me faire mentir puisque je ne pourrais sans doute m'arrêter qu'une fois les trois tomes avalés! L'histoire est parfaitement maîtrisée du début jusqu'à la fin, c'est un régal de raffinements dans le détail que ce soit des armes, des décors, des vêtements etc.

Ce qui m'amène au point du style et de la langue. L'écriture de Pierre Pevel est exquise, percutante, extrêmement dense avec un vocabulaire choisi avec soin. C'est réellement extrêmement bien écrit et c'est un délice de retrouver du français sous une plume pareille. Il y a de la recherche à la fois dans la narration mais aussi dans les dialogues pour recréer un parlé XVIIe siècle sans jamais forcer le trait ni l'exagérer au risque de le rendre lourd ce qui aurait pu être le cas. Ici, vous effectuez une plongée dans le Paris de 1633 d'une façon merveilleusement naturelle et simple. Au-delà de l'histoire j'ai pris énormément de plaisir à lire ce roman pour la qualité de sa langue. L'auteur sait parfaitement donner du rythme à son histoire et les scènes d'actions sont vraiment bien faites. Il y a du rythme, on passe d'une action à l'autre pour revenir sur la précédente, toute s'enchaîne admirablement bien (vous avez vu aujourd'hui beaucoup d'adverbes! mais c'est à la hauteur de mon amour pour cette série alors ne râlez pas). Je me demande comment Pierre Pevel écrit. Voit-il la scène dans sa tête? Parce que son écriture me fait souvent penser à des scènes de films notamment dans le rythme et je me demande s'il ne les construit pas de cette façon (Si quelqu'un lui a posé la question et connaît la réponse n'hésitez pas à partager). 

Autre point non négligeable: Nous sommes ici dans un roman d'uchronie, oui par exemple dans le Paris de 1633 qu'évoque Pierre Pevel, le Cardinal de Richelieu (et par extension le roi de France) a "perdu" le siège de La Rochelle. Cependant, on sent un travail phénoménal sur la période, ses moeurs, son histoire, ses personnages célèbres et Paris qui font du roman un délice pour un historien (et vous l'aurez compris, pour l'historienne que je suis). Les détails sur la ville de Paris, le caractère des personnages célèbres qu'il met en scène (à commencer par Richelieu qui retrouve un peu de son lustre après Les trois mousquetaires, ici point de traits lourds ou machiavéliques, Richelieu est certes un homme d'Etat volontiers cynique mais qui oeuvre avant tout pour la France. Un portrait nuancé particulièrement agréable) tout est réfléchi. J'adore également le détail sur les armes des Lames, les clins d'oeil au roman de Dumas et toutes les modifications historiques qu'il apporte et qui passent comme une lettre à la poste. 

Tout cela est renforcé par les éléments de fantasy qui sont introduits ici de façon presque naturelle je dirais. Des dragons, des dragonnets, du dracien, des vyvernes et des sangs-mêlés sont rajoutés à l'intrigue, mêlés aux intrigues politiques de l'époque, ces derniers servant la cour d'Espagne sans que jamais on ne trouve tout ça forcé. C'est sans doute dû à la maîtrise dont l'auteur fait preuve mais on en vient presque à regretter que tout ce "beau" monde n'existe pas pour de vrais (à l'exception des dracs peut-être). Ces éléments sont mélangés à l'intrigue, fondus en son sein ce qui fait que le lecteur "débarque" dans cet univers déjà construit et d'une certaine façon acquis. 

Vous l'aurez compris, Les Lames du cardinal m'a littéralement séduite, je pense attaquer le tome 3 très prochainement et je ne peux que vous conseiller de les lire. J'ai déjà mis de côté la série d'Embremer toujours de Pierre Pevel. Je sais qu'il vient de lancer une nouvelle série mais s'il vous plait, monsieur Pevel si jamais un jour vous passez par là, s'il vous plait, continuez à écrire du Capes et d'épées. Nous avons, plus que jamais, besoin de ces héros là! 

(J'ai même un casting dans la tête pour une possible adaptation....oui oui j'en rêve même la nuit!). 

vendredi 12 avril 2013

Les magiciens de Caprona - Chrestomanci #3 - Diana Wynne Jones


Présentation de l'éditeur: Rien ne va plus dans la cité italienne de Caprona ! Les deux grandes familles de sorciers de la ville, les Montana et les Petrocchi, ennemis jurés depuis des générations, perdent chaque jour de leurs pouvoirs. Il semblerait que quelqu'un cherche à profiter de leur rivalité pour jeter Caprona dans le chaos. La ville commence à péricliter car les sortilèges qui assuraient sa cohésion ont perdu de leur efficacité et les villes rivales de Pise, Sienne et Florence se font de plus en plus menaçantes. L'enchanteur Chrestomanci, apparu mystérieusement, en sait visiblement très long sur la question…

De retour au pays de Chrestomanci pour ce troisième tome qui cette fois-ci se passe en Italie. Après Ma soeur est une sorcière et les neuf vies du magicien, Diana Wynne Jones nous emmène à la rencontre d'une Italie sans-dessus-dessous! La ville de Caprona fait fortement penser à Verone, avec son duc et ses deux familles rivales, les Petrocchi et les Montana qui se battent depuis si longtemps qu'ils ont oublié pourquoi. Comme toujours, ce sont les enfants qui sont au centre de cette histoire avec d'abord les plus jeunes Montana, Tonino et son frère, puis les plus jeunes Petrocchi.

On s'attache de nouveau très vite aux personnages, en particulier à celui de Tonino - qui fait figure de héros ici et que l'on retrouve dans les nouvelles Mixed Magic aux côtés de Cat, le héros du tome 1 - et son chat. Il y a toujours des chats malins chez Diana Wynne Jones. J'ai aimé l'interaction de la famille Montana, ce monde où la magie est officielle et dont la maison vibre. Il y a une organisation très particulière à la maison avec les cours pour les petits, les ateliers de recopiage de sorts et les différents préparatifs.
Autre élément surprenant et qui change du reste de la série, à Caprona, la magie est intimement lié à la musique puisque les sortilèges se chantent. J'imagine bien les batailles de magiciens, cela doit être superbe mais attention à la fausse note. Je trouve l'idée originale et très poétique.

L'Angleterre n'est cependant jamais loin que ce soit parce que la maman de Tonino, Elizabeth, est anglaise ou parce que Chrestomanci vient à Caprona pour régler les problèmes de la ville. L'ange de Caprona et son mystère nous tiennent en haleine tout au long de ces 250 pages. J'ai beaucoup aimé revoir Christopher Chant en Chrestomanci adulte, il a une prestance assez incroyable et le décalage entre le petit garçon qu'il était au tome précédent est assez saisissant!

Comme d'habitude le style est très soigné et l'histoire est de qualité. Rien de vraiment surprenant là-dedans, la série des Chrestomanci est une série culte pour la jeunesse.
J'espère que comme moi vous poursuivrez votre exploration du monde de Chrestomanci, je vous donne rendez-vous pour le prochain tome : Witch week.

dimanche 5 février 2012

One of our Thursdays is missing - Thursday Next #6 - Jasper Fforde


COUP DE COEUR DE PERSEPHONE

Thursday Next, celle des romans pas la vraie, a un problème. Non seulement, la série est en panne de lecteurs mais cette Thursday là a du mal à se faire une place parmi des gens qui ne l'aiment pas: son père la trouve mauvaise, Bowden la déteste et Pickwick se prend pour une star...Si encore il n'y avait que ça, car Thursday Next, la vraie, a disparu corps et bien. Que lui est-il arrivé? Alors qu'une guerre se prépare entre les "Racy Novels" et les "Women Fiction", Thursday Next (la vraie) est la seule qui puisse mener à bien les négociations de paix. Ne reste plus pour Thursday (l'écrite) qu'à retrouver la trace de son illustre modèle avant que tout dégénère.

Comme d'habitude, ce Thursday Next là est un coup de coeur. Pourtant, je dois vous avouer que ce n'était pas gagné.

L'histoire s'ouvre à la première personne comme d'habitude et là c'est un choc. Car la personne qui s'adresse au lecteur n'est pas Thursday (notre Thursday). Il s'agit en fait de son double, celle écrite pour la série de livre. Le choc est plutôt rude car je ne m'attendais pas du tout à un récit complet de quelqu'un qui n'était pas vraiment Thursday. Du coup il faut s'habituer au ton du récit et malgré tout, je dis vraiment chapeau à Jasper Fforde pour arriver à faire des voix si claire. C'est difficile à comprendre mais il ne m'a pas fallut 3 lignes pour savoir que ce n'était pas "notre Thursday" qui parlait. Je trouve ça vraiment remarquable lorsqu'un auteur arrive si clairement à nous faire connaitre ses personnages. Cette Thursday là est beaucoup moins "rentre dedans" que celle que l'on connait, peu sûre d'elle, débordée, elle peine à trouver sa place dans ce monde ou elle a raté son examen d'entrée à la Jurisfiction, où le casting de la série qu'elle dirige ne l'aime pas et où elle doit gérer les caprices de Pickwick et pire que tout: un monde sans Landen et les enfants. Malgré tout, cette Thursday là est attachante car avec une personnalité propre qui va s'affirmer le long du roman et nous donner parfois des moments mémorables (Gorgonzola!). Son interaction avec le majordome (parce que tout le monde a besoin d'un majordome) Sprockett est vraiment bien, il me fait presque oublier Cheshire (presque j'ai dit!).

Ensuite, le monde des livres tel qu'on le connait est en train de changer. La grande bibliothèque n'est plus vraiment là, à la place une véritable île agencée par genres a vu le jour. La carte est d'ailleurs superbe! On voyage de genre en genre par "TransGenreTaxi" car franchement jumper d'un livre à un autre est ultra démodé. Pour couronner le tout, les "Men in Plaid" (les hommes en tartan comme ils préfèrent dire) font office d'agents de la CIA du BookWorld. Cette réorganisation du monde est sinon perturbante, du moins brillante et franchement je donnerai cher pour être dans le tête de Jasper Fforde! Cela nous offre beaucoup de réflexion sur les genres en littérature mais aussi les ebooks et la fanfiction (j'aime bien d'ailleurs sa réflexion qui est au final nuancée, ni totalement pour ni totalement contre, tout comme pour les ebooks).
Jasper Fforde sait incontestablement se renouveler dans ses séries et ça se voit, il n'est jamais à court d'idée.

L'histoire en elle même est ultra complexe comme d'habitude, du coup je préfère ne rien dire de la trame pour ne pas spoiler. Pour donner mon avis, j'ai eu du mal à rentrer dans la première partie du roman, notamment à cause de tout ces changements. J'avoue que c'était un peu too much pour moi car si on reste dans le BookWorld qu'on connait, avec ses côtés délirants (deux mots: Champ de Mime, et je ne fais pas de fautes d'orthographe, et Frère Karamazov), il reste que les personnages qui évoluent autour de Thursday ne sont pas vraiment les nôtres, ce qui déstabilise un peu. Notre rapport à ce monde est donc différent ce qui fait que pour moi, ce roman là dans la série est un peu à part, admirable, mais à part.
Cependant (non parce que c'est un coup de coeur quand même!) la seconde partie m'a complètement avalée et j'ai fini ma lecture très rapidement! Cette seconde partie a plus de souffle et de dynamisme et je suis ravie d'avoir persévérer dans ma lecture malgré mes doutes initiaux, je ne le regrette pas du tout!

Mon seul regret serait peut-être l'absence de Cheshire car c'est un des personnages que je préfère et une dose de folie douce aurait été assez cool, cela dit les autres personnages sont vraiment chouettes donc on ne s'ennuie pas un seul instant. Personnellement j'ai adoré le milieu du livre (ceux qui l'ont lu sauront de quoi je parle, les autres mystères). J'ai trouvé tout ça fascinant et j'ai hâte, ô hâte de lire le 7ème Tome : Dark Reading Matter qui sort cet année et qui reprendra j'espère certaines choses qu'on a entrevu dans ce tome là.

Pour conclure je dirais encore bravo à Jasper Fforde qui nous offre une histoire véritablement inédite et intelligente et j'ai hâte de lire la suite (même si j'aimerai qu'on revienne un peu à la "mode" habituelle c'est-à-dire, retrouver Thursday Next, la vraie ^^)

samedi 19 novembre 2011

First among sequels (Le début de la fin) - Jasper Fforde


COUP DE COEUR DE PERSEPHONE

ATTENTION, SPOILER SUR LES TOMES PRECEDENTS

Présentation de l'éditeur: Quatorze ans après la tentative d'assassinat dont elle a été victime, la célèbre détective littéraire Thursday Next est toujours aux prises avec la fiction: on lui a collé son alter ego en guise de stagiaire, Sherlock Holmes est mort prématurément, un Excédent de Bêtise menace, et, surtout, la fin des Temps est à craindre. Tout ça alors que son fils, le petit Friday jadis si mignon, est devenu un adolescent mollasson qui lui cause bien du souci. Pourtant la ChronoGarde cherche à tout prix à le recruter: il est selon eux destiné à sauver la planète... pas moins de 756 fois! Et ce n'est que le début... car un livre interactif dans lequel les lecteurs pourront tout bonnement décider du sort des personnages et éliminer les passages dits ennuyeux est censé pallier la baisse vertigineuse de la lecture dans le Monde Extérieur! Les lecteurs qui prennent le pouvoir? Thursday doit bien avouer qu'on ne lui avait encore jamais fait ce coup-là. Et c'est à elle et à elle seule qu'il revient d'empêcher le Monde des Livres de voler en éclats...

Je suis toujours en retard, puisque je l'ai lu l'année dernière et que je ne le critique que maintenant... mais comme le numéro 6 m'attend dans ma pàl (je l'ai eu à mon dernier anniversaire quand même...8 mois de délais c'est raisonnable :D)

Ce tome 5 est le premier d'une nouvelle série de Thursday Next. Mariée à Landen (enfin de retour) et maman de trois enfants, Friday, Tuesday et Jennifer (oui ils ont épargné la dernière). On aurait tord de penser qu'elle est enfin établie car Thursday passe son temps entre monde réel où elle dirige une entreprise de pose de moquette avec Bowden et le monde des livres où elle a plus de responsabilité que jamais. De plus la Thursday Next 1-4 (comprendre des tome 1 à 4 de ses aventures romancées) qu'on lui a collé en stagiaire est une vraie calamité: c'est une sorte de guerrière à la sexualité exacerbée qui n'a rien en commun avec la vraie Thursday tandis que la Thursday5 est d'une timidité maladive!
Alors, lorsque les Racy novels menacent de laisser exploser des bombes de violences et de sexe gratuits dans les romans voisins (en priorité les romans victoriens et religieux bien évidemment, sinon ça ne serait pas drôle!) Thursday doit y mettre son grain de sel.
Elle a encore beaucoup de chose à démêler dans cette histoire qui compte au moins 4 intrigues entremêlées. Comme d'habitude le personnage de Thursday est truculent et il lui arrive encore plein de misère.

J'ai vraiment accroché à cette nouvelle histoire. C'était intéressant de voir Thursday dans le rôle de mère de famille avec 2 adolescents et une petite fille, de gérer une fausse affaire de moquette et d'être chargé de la Jurisfiction. Landen prend à son compte le rôle de femme au foyer et fait semblant de ne pas savoir ce que fait réellement Thursday. Au moins une fois depuis 4 tomes on prend le temps de découvrir Landen, c'est une sensation toute nouvelle et je dois dire que j'ai apprécié. Les débats enflammés à table étaient savoureux. Entre Friday qui est devenu un gamin paresseux ne sachant pas quoi faire de sa vie, tandis que les chronos gardes lui expliquent qu'il doit sauver la planète et Tuesday qui a apparemment hérité du cerveaux de son oncle Mycroft, les repas sont mouvementés. Et cette Jennifer qui n'est jamais à table!

L'écriture de Jasper Fforde est toujours extrêmement drôle avec de nombreuses références à la littérature anglaise et comme d'habitude il s'en amuse. Cette bataille avec les Racy novels est extrêmement drôle! Je suis toujours aussi fan de Cheshire qui a un petit côté loufoque que l'on retrouve dans Alice ainsi qu'une logorrhée amusante.

Enfin Jasper Fforde nous régale avec ses intrigue temporelle, dans laquelle deux Friday s'affrontent pour sauver la planète. Les deux timeline se croisent pour notre plus grand bonheur. Pour compléter le tout - parce qu'un Thursday Next ne serait pas Thursday Next s'il n'y avait pas Goliath - Goliath tente encore un mauvais coup et espère entrer dans le monde des livres afin d'en faire un commerce et tente d'abandonner Thursday dans l'océan des mots.

Des idées brillantes, une écriture percutante et un plaisir toujours renouvelé.

Bientôt la critique du tome 6: One of our Thursday is missing et le tome 7 est prévu pour 2012!

vendredi 18 novembre 2011

Something Rotten - Sauvez-Hamlet - Jasper Fforde


COUP DE COEUR DE PERSEPHONE

ATTENTION, SPOILER SUR LES AUTRES TOMES

Présentation de l'éditeur: Retour à Swindon, dans le Monde Extérieur, pour la célèbre détective littéraire Thursday Next désireuse d'offrir à son fils, Friday, une vie paisible... Le vœu pieu dans toute sa splendeur ! D'abord, elle n'aurait jamais dû accepter d'embarquer Hamlet dans la réalité. Rongé par ses états d'âme et tellement soucieux de savoir ce que les gens pensent de lui - rapport à son incapacité notoire à prendre des décisions -, il s'incruste chez les Next, flirte avec lady Hamilton, pendant qu'en son absence Ophélie fomente une révolution dans la pièce éponyme de Shakespeare. En fait de vie calme, Thursday aura à peine quelques jours pour régler le problème Hamlet, récupérer Landen, son mari éradiqué par Goliath, et empêcher le redoutable Yorrick Kaine, personnage sans scrupule, de déclencher un cataclysme planétaire. Sans parler d'un mystérieux tueur à gages lancé à ses trousses, d'un saint du XIIIe siècle aux manières douteuses ; et d'un match de croquet censé décider du sort de l'humanité... Sauver le monde ? Pas de problème, Thursday a l'habitude... mais qui va garder Friday ?

Je suis vraiment à la bourre dans mes critiques de Jasper Fforde hein? Je vais bientôt commencer le 6ème tome et voici que je vous livre le 4eme que j'ai lu il y a.....longtemps! Mais mieux vaut tard que jamais.

Alors, nous avions laissé Thursday enceinte dans le monde des livres, tentant d'échapper à Aornis Hadès et qui doit remplacer un personnage parti en vacances et élever 2 génériques afin qu'ils deviennent deux personnages de roman. Heureusement que Granny Next était là pour lui sauver la mise...
Donc, après deux ans à ce régime, notre chère Thursday en a assez. Les personnages des livres se reposent sur elle alors qu'elle chasse toujours le Minotaure. Friday commence à devenir grand (bien qu'il parle en Lorem Ipsum et qu'il pèle ses bananes avec les pieds) et Thursday aimerait bien qu'il grandisse avec son papa qui a été éradiqué par Goliath.
Thursday profite donc de la reconversion de Goliath en religion pour demander le retour de son mari. Mais c'est sans compter sur Kaine et Hamlet qui lui compliquent encore bien la vie!

Comme d'habitude j'ai adoré. Je reste toujours ultra sensible à l'humour et au côté décalé du roman de Jasper Fforde. Même si je regrette le monde loufoque des livres, l'action est tellement prenante qu'on ne voit pas le temps passer. Les références et clin d'oeil littéraires sont moins nombreux que dans les autres tomes mais c'est surtout parce que ce 4ème opus clôture une première série - elle se doit donc de résoudre des intrigues inachevées - et ouvrir sur la nouvelle série.
J'ai adoré le détournement d'Hamlet et des Joyeuses commères de Windsor. Cela montre encore à quel point Jasper Fforde connait la littérature de son pays et avec quel aisance il en joue.
Et puis le petit Friday est excellent, à mourir de rire. J'adore l'entendre parler en Lorem Ipsum la langue utilisée pour remplacer un vrai texte lors d'essais d'impressions. Il est vraiment mignon et attachant et c'est très agréable de découvrir Thursday en tant que maman et pas en tant que super détective. J'adore ce second côté mais cette nouvelle partie d'elle même est très agréable.

L'histoire avec le saint du XIIIe siècle était à mourir de rire. C'était une excellente idée d'écrire de deux façons différentes les propos du saint et ceux du reste des personnages. Il était vraiment à mourir de rire et les traductions du frère de Thursday aussi, j'ai beaucoup rit du décalage de paroles, tout comme l'histoire Hamlet-Lady Hamilton et Wednesday-Bismark, comme une petite vengeance contre le père de Thursday.

Le coup du match de cricket avec les Neandertal et les magouilles de Goliath était une idée excellente! Si Thursday gagne le match, elle sauve l'univers! Le challenge était énorme et la résolution vraiment sympa à lire.
De même, en apprendre plus sur Granny Next, avec ce dénouement surprenant et vraiment chouette - pour mémoire Granny Next ne peut mourir avant d'avoir lu les 10 classiques les plus ennuyeux de la terre, ce qui offre de bons débats entre elle et Thursday - est une bonne fin pour se personnage. Le procès de Thursday pour l'affaire Jane Eyre est tout simplement succulent. Le procès dirigé par le roi et la reine de coeur - off with her head! - est un morceau d'anthologie et j'étais ravie de revoir mon cher Rochester.

L'écriture de Jasper Fforde est toujours percutante, drôle et touche au but. On rigole encore beaucoup et ça met de bonne humeur.
Voila, le premier cycle des aventures de Thursday Next se termine ici. Le second cycle compte pour l'instant 2 romans, le troisième sera publié courant 2012.

mercredi 16 septembre 2009

Jonathan Strange & Mr Norell - Susanna Clarke


1806: dans une Angleterre usée par les guerres napoléoniennes, un magicien à la mode ancienne, Un certain Mr Norell, offre ses servicespour empêcher l'avance de la flotte française. En quelques tours, il redonne l'avantage aux anglais. Norell devient la coqueluche du pays. Voguant sur sa gloire, il fait la connaissance d'un jeune et brillant magicien qu'il prend sous son aile, Jonathan Strange. Ensemble, les deux hommes vont éblouir l'Angleterre par leurs prouesses. Jusqu'à ce que l'audacieux Strange, attiré par les aspects les plus sombres de la magie, provoque la colère de Norell. L'association tourne à la rivalité, causant des dommages insoupçonnables.

J'étais particulièrement excitée à l'idée de commencer ce roman qu'on disait fantastique. Malheureusement j'ai vite déchanté à la lecture de ce pavé (plus de 1000 pages) qui s'il fait preuve d'une écriture et d'un réalisme remarquable n'en est pas moins horriblement trop long et lent.
Je reconnais à Suzanna Clarke, un excellent travail de recherche sur l'Angleterre du début du XIXe siècle, une volonté impressionnante d'intrégrer un récit fantastique à une histoire réelle et une très belle écriture. Les notes de bas de pages, parfois extrêmement conséquentes, sont autant d'essais de récit historique que d'anecdotes pour le lecture.

Les personnages sont très bien campés et définis, de Mr Norell, horriblement ennuyeux et vieillot à Jonathan Strange qu'on ne peut qu'apprécier en passant par l'homme aux cheveux comme du duvet de charbon ou Stephan Black le serviteur noir au profil de prince.

Malheureusement je n'ai pas été séduite par ce roman, qui est remarquable au demeurant. Le récit s'étale en longueur sur plus de 1000 pages. A mon sens, il aurait fallu abréger certaines longueurs qui noient le lecteur dans un luxe de détails inutiles. Il faut attendre les pages "700" pour que l'action décolle et s'accélère enfin. La longueur du récit, au lieu d'être un atout, fatigue.

D'un point de vue général, je n'ai pas apprécié ce roman. Cependant je vous encourage à l'entamer pour vous faire votre propre opinion, car malgré ses défauts, il n'en reste pas moins incontournable.

dimanche 8 février 2009

The well of lost plots - Le puits des histoires perdues


Thursday est de retour pour une troisième aventure, pleine de rebondissement et de têtes connues.

Attention Spoiler: ce qui suit dévoile des éléments du roman précédent.

Un mari éradiqué, la petite soeur d'Hadès et la Goliath corporation aux trousses, notre chère Thursday Next décide d'aller se perdre dans le puit des histoires perdues. Cachée et bien au chaud dans les Hauts de Caversham le temps de mettre au monde le bébé de Landen. Mais c'est sans compter sur Miss Havisham qui a bien l'intention d'en faire un agent de la jurifiction à temps plein, Aornis Hadès qui s'amuse à lui voler ses souvenirs, des agents qui se font mystérieusement assassiner et la mise en place d'un nouveau système littéraire. Une fois encore Thursday devra sauver sa peau et peut-être même le monde.


Encore une histoire menée tambour battant. Jasper Fforde nous entraîne un peu plus loin dans le monde de la littérature anglaise et toujours avec brio. La jurifiction, son fonctionnement et ses agents (de Marianne Dashwood à Miss Havisham en passant par Béatrice et Bénédict) nous donne envie d'en faire partie. Un troisième tome dans la continuité des deux premiers mais qui sait toujours se renouveler.

mention spéciale: mamie Next (plus que jamais), au colonel Bradshaw, les génériques Lola et Rodolphe, et la cérémonie des BookWorld Awards (pauvre Heathcliff).

vendredi 30 janvier 2009

Lost in a good book - Delivrez-moi


Revoila notre Thrusday (que l'on voudrait "nationale") après ses péripéthies au coeur de Jane Eyre pour une seconde aventure "Lost in a good book"


Spoiler- Attention ce qui suit dévoile l'intrigue du roman précédent


Après avoir fait disparaître Jack Maird au fin fond d'un exemplaire du Corbeau d'Edgard Poe et l'évasion de Mycroft et Polly dans un exemplaire de Sherlock Holmes, Thursday a quelques petits soucis. Un mystérieux ennemi, qui a le don de manipuler l'entropie (terme signifiant approximativement « les coïncidences »), tente de la tuer et elle est victime de chantage par la Goliath Corporation. Ils ont éradiqué Landen (ayant été tué dans le passé, c'est comme s'il n'avait jamais existé) et elle est la seule à avoir conservé des souvenirs de lui. Afin de trouver des réponses et parvenir à réactualiser Landen, elle va devoir apprendre à entrer dans les livres sans le portail de son oncle et intégrer la Jurifiction, la police interne des livres, sous la tutelle de Miss Havisham, personnage secondaire mais haut en couleurs du roman de Charles Dickens Les Grandes Espérances. Sans oublier, une fois encore de sauver le monde !


Ce deuxième tome des aventures de Thursday Next est tout aussi réussi que le précédent car Jasper Fforde à su se renouveller et ne pas entraîner de nouveau Thursday dans une histoire trop similaire à la première. Toutefois pour ceux qui auraient peur que le roman entame un virage à 90° je vous rassure. Jasper Fforde s'est renouvellé mais n'a rien détruit. Plaisir toujours garanti.


Mention spéciale toujours à Mamie Next, au Colonel Next, à Miss Havisham (obviously) et bien sûr au Chat de l'autorité unitaire de Warrington (anciennement chat du Cheshire).