lundi 20 mai 2013

La vérité sur l'affaire Harry Quebert - Joël Dicker


Mais après l'amour, Marcus, après l'amour, il n'y a plus que le sel des larmes.

Présentation de l'éditeur: À New York, au printemps 2008, alors que l’Amérique bruisse des prémices de l’élection présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente : il est incapable d’écrire le nouveau roman qu’il doit remettre à son éditeur d’ici quelques mois. Le délai est près d’expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d’université, Harry Quebert, l’un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d’avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison. Convaincu de l’innocence de Harry, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les événements : l’enquête s’enfonce et il fait l’objet de menaces. Pour innocenter Harry et sauver sa carrière d’écrivain, il doit absolument répondre à trois questions : Qui a tué Nola Kellergan ? Que s’est-il passé dans le New Hampshire à l’été 1975 ? Et comment écrit-on un roman à succès ?

Je sais, je sais, je suis encore à la bourre! La Vérité sur l'affaire Harry Quebert a été un super succès il y a quelques mois déjà mais vous me connaissez, si je suis seulement en train de vous parler de ce fabuleux roman c'est que je m'occupais d'une bonne cause: Romance/Mercy Thompson/Doctor Who/inscrivez votre bonne cause ici. Il n'empêche, je l'avais déjà remarqué lorsque Cess, Sandy et Mademoiselle Pointillé en avait parlé et lorsque j'ai enfin pu mettre la main dessus, je n'ai pas été longue à réparer mon erreur. (je vous encourage d'ailleurs à aller lire leurs chroniques, elles ont mis plein de jolies citations). 

Donc, comme de bien entendu, aussitôt acheté, aussitôt commencé vous voyez. Mais si, vous savez, cette petite manie qui fait qu'à peine dans le sac de la librairie, vous vous surprenez à dire "oh allez, juste les premières phrases"...oui ça....Juste les premières phrases et en l'espace d'une seconde vous êtes déjà au chapitre 12. Enfin, je devrais plutôt dire au chapitre 27, parce qu'ici, tout ce lis à rebours. 
Je ne me souviens plus où exactement j'ai entendu cette phrase (une bonne âme pour un pauvre poisson rouge) mais je sais que j'ai entendu/lu/vu quelqu'un dire: "on croit toujours qu'un roman policier commence par le crime mais c'est faux. Le crime c'est la fin de l'histoire". Je crois qu'effectivement, il n'y a rien de plus vrai et cette théorie est mise en avant dans le roman de Joël Dicker. Nous allons à rebours, commençant au chapitre 30 (et des pâquerettes) et terminant au chapitre 1. 

La Vérité sur l'affaire Harry Quebert est un roman complexe, à étage, un livre sur les livres aussi. Au-delà de l'histoire policière, il s'agit d'un questionnement sur ce qu'est un écrivain, un écrivain à succès, et sur l'écriture et ses motivations. Deux des principaux protagonistes sont des auteurs: Harry Quebert, auteur de Aux origines du mal, considéré comme l'Auteur du XXème siècle ayant écrit son plus grand roman à trente quatre ans et Marcus, prénom prédestiné en ce moment (comment ça Marcus Marsden, Earl of Westcliff? Je ne vois pas du tout de quoi vous parlez), pas encore trente ans, adulé pour son premier roman et qui doit faire face au syndrome de la page blanche et à la pression de son éditeur. Derrière cette réflexion sur l'écriture - condensée en petit prologue à chaque début de chapitre - on retrouve également une critique du monde de l'édition et en particulier de l'édition américaine "à succès" qui produit plus de quantité que de qualité pour faire vendre. Le héros, complexe, multiple mais néanmoins passionnant parce que passionné, n'est pas sans rappeler un peu l'auteur, Joël Dicker, écrivain lui aussi et jeune, 27 ans au compteur et (vraiment) charmant de surcroît *Hum Hum (toussotement)* *oui Cheshire?* * non rien (grin)*. J'ai aimé la profondeur des personnages, leurs multiples facettes. Ils ne sont ni bons, ni mauvais, juste humains. J'ai apprécié cette nuance de ton. Ils ont tous quelque chose de sombre qui ne leur rend pas justice. Amour, haine, trahison, vengeance, loyauté, tout ces sentiments et plus encore mélangés dans autant de personnalités différentes. 

En plus de cette reflexion sur l'écriture, on trouve un second thème traité de façon particulièrement sensible. L'amour interdit, sujet préféré des auteurs, avec ici un petit goût amer à la Lolita de Nabokov mais pas que. En effet, comment parler de façon juste d'un amour entre une adolescente de 15 ans et d'un auteur de 34? Tout simplement en travaillant les personnages. Harry Quebert, n'a rien d'un Humbert Humbert vicieux, tout simplement parce qu'il sait que cet amour est interdit et parce que Nola, sa Nola, est restée le seul amour de sa vie. Si seulement il avait été plus jeune. Ou plus vieux. De son côté, Nola, bien que morte depuis plus de trente ans, a une épaisseur folle. C'est un personnage intense, extrêmement complexe - j'avais deviné certains de ses comportements mais sans me gâcher le plaisir de la lecture - qui aime sincèrement Harry Quebert. Je trouve donc que Joël Dicker nous parle d'une histoire interdite, sans les relents nauséabonds de Lolita, juste de simples touches. Le personnage de Marcus éprouve d'ailleurs un conflit intérieur, 20 ans séparent Nola et Harry, mais ce sentiment s'estompe à mesure qu'il apprend à les connaitre. 

Au final, le côté policier du roman n'est pas le plus développé, le tout s'imbrique bien et on assiste à un excellent mélange des genres. En étant honnête, je l'ai juste dévoré. Un veritable page-turner, un bon polar comme je n'en avais pas lu depuis un moment, sans profiler, sans rien, à l'ancienne. On va de rebondissements en rebondissements et la fin m'a complètement prise au dépourvu (chose assez rare pour être notée!). 
Je sais que beaucoup de critique lui ont reproché son style, personnellement je ne vois pas du tout de quoi elles parlent. Effectivement si vous comparez le style et de Joël Dicker et de Proust vous pouvez dire que Joël Dicker n'écrit pas bien mais je ne suis même pas sûre que cela soit pertinent. Il a d'ailleurs gagné le grand prix du roman de l'académie française ce qui est à mon sens un gage de qualité, en plus du Prix Goncourt des lycéens. Je suis aussi soufflée de voir que l'auteur, un suisse, n'a que vingt-sept ans...(j'ai déjà dit qu'il était charmant?). Bon j'ai encore deux ans pour publier un prix du roman de l'académie française *Cheshire accroche-toi, on va en baver*

Un roman superbe sur l'amour aussi, ses beautés et ses tragédies. Il a su me bouleversé par l'histoire de nombreux protagonistes qui entoure Harry et Marcus comme Luther Caleb, Jenny et bien d'autres encore. 

Un roman que je recommande sans hésiter. Allez-y vous ne le regretterez pas. 

samedi 18 mai 2013

Frères, soeurs et autres complications! Les fratries en littérature



Pour my Baby Sister Frans


Nous revoici pour une nouvelle thématique littéraire! 

Cette fois-ci j'ai prévu de vous parler des fratries tout simplement parce que c'est un sujet qui me plait énormément. Je ne saurais pas vraiment vous dire pourquoi, mais j'aime les familles nombreuses, les maisons où il y a du bruit et des cris, des enfants partout. Certaines de mes amies les plus proches viennent de ce genre de famille et je comprends qu'avec cinq ou six frères et soeurs la vie ne soit pas tout à fait simple. Cela dit, seul à deux ou à trois, rien n'est moins compliqué! Et comme les frères et les soeurs ça ne se noie pas à la naissance comme les chatons (mais non je n'ai noyé personne!) il faut bien faire avec. 

Je vous parlais déjà des fratries en 2011, je réitère avec de nouveaux titres dans ma besace. 

Qu'est-ce qu'une histoire sur une fratrie? C'est avant tout une histoire centrée sur la famille ou dans laquelle la famille à une grande place. Il faut qu'il y ait de l'interaction entre tout ce petit monde sinon ça ne compte pas. Si j'aime les histoires de familles nombreuses, on peut parler aussi de romans sur les fratries même en nombre restreint même s'il est vrai que ce sont les premiers qui viennent à l'esprit d'abord. 

Gérer une histoire sur une fratrie ou éventuellement sur un couple (frère/soeur, frère/frère, soeur/soeur) n'est pas une chose simple. En effet il faut parvenir à la fois à rendre compte de l'impression globale de la fratrie ensemble, leur relation les uns aux autres, mais aussi leur caractère individuel propre. Ainsi, une impression de groupe collectif sans distinction entre tel ou tel membre ne rend pas justice au genre, de même qu'une trop grande indépendance des membres sans véritable lien entre eux n'est pas non plus concluant. Chaque roman est donc unique en son genre. Un roman unique sans suite devra faire attention par exemple à ne pas trop mettre en avant le groupe sur l'individu tandis qu'une série ou une saga devra penser à bien interconnecter les différents tomes et les différents membres de la fratrie pour ne pas surestimer l'individu sur le groupe. Oui je sais la théorie c'est barbant.
Pour résumer, la fratrie en littérature c'est un dosage savant, un peu comme la recette de muffins. 

Qu'il s'agisse d'un roman, d'une série ou d'une saga (pour la différence entre série/saga je vous renvoie chez les princesses), que l'on ne s'attache qu'à un seul frère ou une seule soeur ou bien à chacun, petit tour d'horizon des fratries en littérature par thème s'il vous plait! 


On ne les présente plus, vous les avez lu enfant ou adolescente (ou bien il ne vous manquait que mon billet pour avoir envie de les découvrir) et ils ont ou vont marquer votre imaginaire! 

- Pride and Prejudice de Jane Austen. On pouvait pas commencer cette liste sans parler d'une des fratries les plus connues du XIXe siècle! Les cinq soeurs Bennet: Jane, Elizabeth, Mary, Kitty and Lydia font le bonheur des lectrices (et lecteurs) depuis leur parution.

- Sense and Sensibility de Jane Austen. Parce que le lien qui uni Elinor et Marianne est particulièrement fort, les deux soeurs Dashwood méritent bien leur place ici. 

- Mansfield Park de Jane Austen. Même s'il ne s'agit pas tout à fait de fratrie conventionnel entre les Bertram et les Price on trouve un nombre non négligeable de frères et soeurs et de cousins, cousines. 

- Les quatres filles du Doctor March (Little Women) de Louisa May Alcott ou nous rencontrons Margaret, Josephine, Elizabeth et Amy March. 

- La série Nurse Matilda, Nurse Matilda goes to town et Nurse Matilda goes to the hospital de Christianna Brand (adapté au cinéma sous le titre de Nanny McPhee). 

- La série Narnia de C.S. Lewis où nous suivons les quatre Pevensie: Peter, Susan, Edmund et Lucy ainsi que leur cousin dans le monde magique de Narnia. 

- Les frères Karamazov de Dostoïevski grand classique de la littérature russe. 



Evidemment, ce thème est particulièrement exploité dans la littérature pour enfant notamment parce que c'est là que, le plus souvent, se construisent les relations fraternelles et sororales. Dans les romans jeunesses on compte sans problème quelque fratries célèbres!

- Quatre soeurs de Malika Ferdjoukh voici quatre romans (et une intégrale) sur les soeurs Verdelaine qui, comme les trois mousquetaires étaient quatre, sont en fait cinq: Charlie qui répare tout dans la maison, Geneviève qui ne ment jamais, Bettina l'ado terrible, Hortense et son côté Saint-Pierre et Miquelon et Enid la petite dernière protectrice de Blitz et Swift. 

- La série Harry Potter de JK. Rowling. Paradoxe puisque le héros est orphelin mais la famille Weasley compense largement. Il s'agit d'une des fratries les plus connues dans le monde, les Weasley, leurs tâches de rousseur et leurs cheveux roux! Une de mes fratries préférées. 

- La série The Quantock Quartet de Ruth Elwin Harris. Cette série nous fait vivre aux côtés de quatre soeurs: Sarah, Frances, Julia et Gwen durant la première guerre mondiale. 

- La série Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire de Lemony Snickett qui nous narre en treize tomes de treize chapitres la vie malheureuse et pleine d'embuche des trois Baudelaire: Violette, Klaus et Prunille (Sunny). 

- La série Une famille aux petits oignons de Jean-Philippe Arrou-Vignod. Quatre histoires sur six frères dont le prénom commence par Jean-...

- Oh boy! de Marie-Aude Murail largement sur le thème de la famille recomposée. Un petit bijoux.



Parce que justement les relations Frères/soeurs ne sont pas toujours des plus roses, voici quelques romans qui font part entre amour et haine avec souvent une frontière très mince entre les deux.

- Les Hauts de hurlevent d'Emily Brontë. Si je l'ai mis ici et non pas dans les classiques c'est avant tout parce que ce roman est viscéralement chargé en haine et notamment d'une haine entre frère/soeur et autre membre de la famille. Un roman bouleversant.

I capture The Castle de Dodie Smith qui nous parle de Cassandra et de sa soeur Rose dont les relations sont à la fois houleuse et pleine d'amour et de compréhension.

- Les nouvelles de JD Salinger sur la fratrie Glass: Seymour, Bud, Boo boo, Walter, Franny et Zooey. Les relations sont plutôt fusionnelles chez les Glass surtout entre les deux aînés et les deux benjamins.  

- Geek Love de Katherine Dunn aborde des relations perverses entre les jumelles Iphy et Elly et leur frère Arty. 

- Reviens-moi de Ian McEwan ou comment la jalousie peut détruire les relations entre deux soeurs. 

- We have always lived in the Castle de Shirley Jackson sur les soeurs Merricat et Constance blackwood qui vivent recluses après un drame familial. 

- The Blind Assassin de Margaret Atwood qui nous parle de la relation très difficile des soeurs Chase entraînant le lecteur dans les coulisses de deux guerres mondiales.  



Parce que dans les fratries on peut aussi voir double...ou triple...ou plus encore! 

- Le Treizième conte de Diane Setterfield, un roman sur la gémellité et sa complexité. Une histoire philosophique sur l'amour et la haine entre des jumeaux. 

- Twelfth Night (La nuit des Rois) de William Shakespeare. Lady Viola prend l'apparence de son frère Sebastian pour entrer au service du comte Orsino. 



Certaines vraies fratries (comprenez qui ont réellement existé) sont devenus célèbres. Je vous en propose une pas piquée des vers!

Les extravagantes soeurs Mitford d'Annick Le Floc'hmoan. Une biographie sur les soeurs les plus déjantées du XXe siècle! 



La Romance est partout! Je ne lâcherai pas le morceau avant que tout le monde soit converti au Poney paillette! Nom de Nom. Bref, la romance a réussi à sentir (flairer?) le potentiel de la fratrie. Quoi de mieux en effet que plusieurs happy ending pour non pas deux individus mais carrément une famille entière?! Je dois dire que lorsque les séries romances (il s'agit forcément de séries, un tome par frère/soeur) sont particulièrement bien réussies, on sent l'équilibre dans chaque tome entre l'importance de la fratrie et l'individualité de nos héros/héroïnes. 

- Les Bridgerton de Julia Quinn. La famille Bridgerton a une particularité, les enfants sont nommés par ordre alphabétique! Anthony, Benedict, Colin, Daphne, Eloisa, Francesca, Gregory et Hyacinthe. 



- Les soeurs Essex d'Eloisa James: Tess, Annabelle, Josie et Imogène. 


- Les Hathaway de Lisa Kleypas. Une de mes auteures chouchou

- Les Bedwyn de Mary Balogh

- Les Carsington Brothers de Loretta Chase

- Les Kowalski de Shannon Stacey 


- Les Gallagher (Magie Irlandaise) de Nora Roberts

- Les Frères McKade de Nora Roberts 

- Les MacGregor de Nora Roberts

- Les Frères Carhart de Courtney Milan

- Les Frères Turner de Courtney Milan

- Les Frères Sinister de Courtney Milan

- Les Malory de Johanna Lindsey

- Les Huxtable de Mary Balogh

J'en oublie sûrement beaucoup bien sûr! N'hésitez donc pas à participer et à laissez vos avis sur les fratries et les romans en question!

mercredi 15 mai 2013

Les trois mousquetaires (2011)



LA CRITIQUE WTF

SPOILERS, SPOILERS et RESPOILERS (mais avouez que vous vous en moquez vous ne verrez jamais ce film). 

Résumé: (really?)(j'adore Allociné dit: a partir de 10 ans. Moi qui croyais que les complots politiques c'était compliqué. M'aurait-on menti?) L'impétueux jeune d'Artagnan et ses trois légendaires compagnons, Athos, Porthos et Aramis vont devoir s'unir et combattre tous ensemble un mystérieux agent double, Milady de Winter et son employeur crapuleux, le cardinal Richelieu, afin de les empêcher de s'emparer du trône français et d'éviter que l'Europe toute entière sombre dans la guerre.



CASTING (really?)

Matthew MacFadyen ...................................... Athos
Luke Evans ..................................................... Aramis
Ray Stevenson ................................................ Porthos
Logan Lerman ................................................ d'Artagnan
Mila Jovovich ................................................. Milady de Winter
Orlando Bloom ............................................... Duc de Buckingham
Gabriella Wilde ............................................... Constance
James Corden  ................................................. Planchet
Freddie Fox ..................................................... Louis XIII
Christoph Waltz ............................................... Cardinal de Richelieu
Mads Mikkelsen .............................................. Rochefort
Carsten Norgaard ............................................ Jussac
Til Schweiger .................................................. Cagliostro
Juno Temple .................................................... Reine Anne d'Autriche

Ce film est tellement improbable que je ne sais même pas par quel bout commencer en fait. C'est une sorte de chef-d'oeuvre dans son genre parce qu'il réussit, avec un casting de folie (si si vraiment....à part Mila Jovovich...) et une des meilleures histoires de cape et d'épée qui existe sur cette planète (on parle du roman là, pas de leur scénario, faut pas pousser) à produire une bonne grosse bouse. Littéralement. 

On pourrait se dire qu'une adaptation c'est plus ou moins facile: tu prends le roman, tu élagues un peu parce que le père Dumas était payé à la ligne et que parfois ça se sent un tout petit peu, bref, tu réorganises juste ce qu'il faut pour donner une forme et une cohérence à un film d'1h30/2h et roule ma poule. Alors personnellement je pense que les scénaristes ont fait grève à un moment donné, où qu'ils avaient une gastro collective un truc bien lourdingue et que n'ayant plus de scénario et de dialogues sous la main, les acteurs ont commencé à faire de l'impro. C'est la seule solution que je vois à toutes les incohérences du film....
Pourquoi le méchant Duc de Buckingham fait savoir aux mousquetaires que c'est lui qui a les plans qu'ils veulent? Pourquoi Milady grille systématique sa couverture en prouvant qu'elle trahi (une fois on veut bien penser à un oubli mais au bout de trois...et moi qui pensais que les espions étaient discrets....*quoi? pardon? Vous dites? James Bond...ah oui autant pour moi*). Pourquoi des mousquetaires du royaume de France sont-ils envoyés en mission à Venise? Pourquoi un mousquetaire du roi met-il des amendes pour déjections équestres sur la voie publique? (si si) Pourquoi ces p****** de mousquetaires ne portent JAMAIS leur casaque? Pourquoi Richelieu est-il aussi stupide? Pourquoi Milady est-elle aussi stupide? Mais POURQUOI POURQUOI? Tant de haine envers le bon sens et Dumas me sidère.   

Juste pour le plaisir, je vous détaille un peu les premières minutes du film. Vous allez comprendre:
Tout commence donc à Venise (oui je sais) qui est en fête, feux d'artifices et tout (quand on sait le prix des feux d'artifices à l'époque, mais passons). Devant une maison cossue, un garde qui fixe le vide (il n'a que ça à faire le pauvre) quand soudain nous entendons des bloup bloup dans l'eau et le gardounet se prend un carreau d'arbalète dans le thorax. De l'eau émerge donc un ninja sous scaphandre qui deplie deux arbalètes mécaniques pour tatanner la tête des deux gardes qui arrivent en renfort, alertés par le plouf de leur pote dans l'eau. Ce ninja (déjà on se demande s'il ne s'est pas perdu) enlève son masque, enfin le truc qu'il a pour respirer, et nous découvrons..........accrochez-vous ça pique.....Athos. Oui Athosninja qui, comme chacun sait, est le premier des mousquetaires. Bon j'avais déjà les yeux qui saignaient pas mal quand PAF! Milady roule un gadin à Athos en lui disant "je t'aime je t'aime" à qui mieux mieux. Après avoir secoué Cheshire pour me défouler sur quelqu'un j'ai poursuivi....pour découvrir l'Aramis volant, sorte de nouvelles bêtes à bon Dieu qui vole directement des toits vénitiens jusque dans les gondoles pour piquer une clef et compter fleurette à la prostituée du coin, c'est vrai quoi c'était tellement simple il est en avance le bougre. Porthos quant à lui est enchaîné à un mur mais se libère vite fait bien fait de ses chaînes. Je ne confierai pas ma maçonnerie à des vénitiens ils font des murs en pain d'épice. Bref après tout ça, un passage dans une voûte avec un emplacement secret tellement secret qu'à côté le "X" dans indiana Jones c'est carrément invisible, nos amis entrent dans les souterrains (en fait un long couloir) où les torches s'allument toutes seules. Léonard de Vinci était vraiment en avance sur son époque. Des têtes sculptées (les unes en face des autres les têtes.....un génie on vous dit, un génie) attirent l'attention des mousquetaires. Athos lance son poignard qui révèle un piège: sous les dalles, des pressions qui font jaillir des carreaux d'arbalètes. Pendant que nos compères réfléchissent au moyen de les désamorcer (sérieux les gars? Athos vient de lancer un poignard et il ne vous vient pas à l'idée deux secondes de faire pareil pour désamorcer le bordel? *Miss Persie?* *Oui?* *Si on fait ça, on empêche 1) Milady de se ridiculiser en jouant les bourrines sans cervelle 2) d'avoir une vision en plongée sur son décolleté.* *Ah oui pardon c'est vrai*)
Donc, tandis que nos trois idiots  mousquetaires réfléchissent, Milady décide de courir comme une folle devant les pièges histoire de prouver qu'elle slalom entre les carreaux. Si si...elle courre comme une tarée sur les pièges....*facepalm* Après cette démonstration de....je ne sais même plus quoi dire....ils commencent à chercher les plans de Léonard. Et donc...au lieu de tout emporter (après tout ce n'est pas comme si les inventions de Léonard ne pouvait pas servir à la France) ils décident de ne chercher qu'un seul parchemin (qui révèle le plan d'un bateau volant sympa certes mais pour des indications tu repasseras c'est juste un joli dessin, ça valait la peine de venir jusqu'à Venise tient!) et pour couronner le tout, ils ne trouvent pas plus intelligent pour s'évader que de faire péter la gallerie et d'inonder ainsi la cachette de Léonard détruisant par la même occasion tous les autres plans...*facepalm2* 
Non soyez gentil reposez ce couteau. 
IL NE S'AGIT QUE DES 8 PREMIERES MINUTES DU FILM!!!!!! 

Sinon, hormis les incohérences (avouez que c'est pas mal quand même non?) n'y a-t-il pas quelque chose à sauver? Laissez moi réfléchir...non. 
L'ambiance pseudo-steampunk aurait pu être bien si elle n'était râtée, Paris au XVIIe ne ressemble pas du tout à Paris au XVIIe, ils n'ont pas été foutus de lire le roman pour prendre une histoire qui tient la route un minimum et modifie absolument tout de tout. 

Même les acteurs sont blasés parce qu'ils tournent dans un film pourri, sauf peut-être Orlando Bloom qui a l'air de s'amuser à mort en cabotinant, sauf qu'il cabotine à l'extrême et que Buckingham - qui est je le répète un homme superbe, digne etc - perd les muscles, la prestance, le cerveau et se noie dans les froufrou et les manières. A vomir des arc-en-ciel. 
Quand au final...le bateau volant qui détruit Notre-Dame (et la flèche de ND qui n'existe même pas en 1620 et des patates) là ce fut le pompom. 

Pourtant...pourtant il y aurait pu avoir au moins une bonne chose: le casting. C'est bien ce qui m'écoeure, d'avoir gâché un casting pareil. Pour une fois d'Artagnan est vraiment un jeunot (19 ans dans le roman) et Logan Lerman était parfait pour le rôle. Mignon, volontaire, légèrement taquin dans le regard et le sourire il aurait fait un super gascon. L'Aramis joué par Luke Evans aurait pu être un homme magnifique, sensuel mais pas efféminé comme on le voit trop souvent. Pour une fois que Porthos n'est pas un gros porc! Ray Stevenson est juste parfait en Porthos, il a de très beaux yeux et un magnifique sourire tout en conservant une espèce de force brute et extrêmement virile qui convient au personnage. Mads Mikkelsen aurait pu nous donner un Rocherford détestable à souhait, Christopher Waltz un Richelieu retors...mais non. Rien ne fonctionne parce que le scénario est si pourri qu'ils ont tous l'air plus stupides les uns que les autres. *facepalm3*

Je crois avoir bien résumé: pas une minute de ce film n'est cohérente ni avec le roman ni elle-même ce qui fait que les acteurs s'ennuient/sont mauvais/passent pour des andouilles (pas de mentions inutiles à rayer). Les décors sont pourris, l'ambiance steampunk est ratée. Il n'y a rien à sauver.

Comprenez moi bien. Je n'aurais pas été contre une vraie bonne ambiance steampunk, des changements dans l'histoire de Dumas et même une incursion dans la fantasy comme chez Pierre Pevel et les Lames du Cardinal parce que j'adore ça. Croiser les romans de capte et d'épée avec ces imaginaires je suis pour, seulement il faut que ça soit bien fait ce qui n'est pas du tout le cas ici. Je ne suis pas non plus tatillonne avec les incohérences cinématographique parfois on pardonne parce que ça colle avec le reste mais là d'entrée de jeu Athos ninja...mon petit coeur est mort. L'ensemble fait brouillon et franchement écrit avec les pieds. 

Bon sur ce, je m'en vais revoir un vrai bon film de cape et d'épée et je vous laisse avec le spoiler de l'Odieux Connard parce qu'il a tout dit en beaucoup plus drôle! 

lundi 13 mai 2013

Le Baiser du Fer - Mercy Thompson #3 - Patricia Briggs



ATTENTION POSSIBLES SPOILERS

Présentation de l'éditeur: "Je retroussai mes babines pour lui donner une bonne vue de mes crocs. J'avais beau ne pas peser plus de quinze kilos sous ma forme de coyote, j'étais néanmoins un prédateur..." La forme de Mercy Thompson est peut-être changeante, mais ce n'est pas le cas de sa loyauté. Lorsque son ancien patron et mentor est arrêté pour meurtre et abandonné par les siens, Mercy est la seule à vouloir l'innocenter, qu'il le veuille ou non. Le coeur de Mercy , quant à lui, est à l'image de la nature de sa propriétaire : partagé. il balance entre deux loups-garous. Or, ces derniers ne sont pas réputés pour leur patience, et si elle ne parvient pas à faire un choix, Sam et Adam s'en chargeront peut-être pour elle...

Si vous suivez un peu la page facebook du blog, vous avez dû suivre la progression de ma lecture dans ce tome de Mercy Thompson. Pour ceux qui n'aurait pas suivi, je récapitule: Oh trop bien, ah ça c'est moins chouette, Mercy t'es trop forte et enfin le fameux: "ARGHHHHHHHHHHHHHHHHH" où j'ai voulu balancer le livre par la fenêtre. Comment j'en suis arrivée là? Je vais vous raconter.

Tout partait bien. Après les loups-garous, nous embarquions pour une affaire Faë où enfin on allait en savoir plus sur Zee, un personnage que j'aime beaucoup. L'histoire était intrigante avec rebondissements à la clef. C'était particulièrement intéressant de découvrir l'univers Faë au delà de Zee et Oncle Mike, de découvrir qu'il y avait tout un monde a explorer et des règles à respecter. J'ai apprécié de découvrir la réserve faë, voir les grands faë qui ont l'air affreusement redoutable et la manipulation qu'il y a finalement partout. Cela dit, tout cela conforte mon idée comme quoi les loups-garous sont quand même les meilleurs: 1/ moins de manipulation cynique 2/ des rapports bien établis sans finalement trop de violence ou de rebellion 3/ des mecs sex on a stick qui n'essayent pas de te tuer à chaque fois qu'ils te regardent etc etc (la liste est longue). Les faë sont très proches des vampires dans leur dangerosité et leur méchanceté parfois (quelques faë mis à part). On découvre également des associations racistes anti-faë ce qui glace le sang. Cela dit ça reste très réaliste dans la construction et l'organisation à différentes échelles. 

A côté des faë, on notera l'absence de Stephan (qui se fait pardonner *tousse* dans le tome suivant) et le triangle amoureux que forment Mercy, Adam et Sam. Je dois admettre que Patricia Briggs s'y prend comme une chef. Jusqu'à présent la tension entre les trois protagonistes a toujours été parfaitement gérée sans que cela déborde sur l'histoire principale. Toujours à la périphérie, leur histoire est néanmoins présente par touche et l'auteur prend son temps pour construire les rapports entre les personnages. Du coup, la résolution de ce triangle amoureux est particulièrement bien trouvée et a le mérite de ne pas trainer en longueur. Alors forcé, je suis de la team Adam depuis le début...je ne pouvais qu'être contente. Non pas que je n'aime pas Samuel - au contraire - mais ça m'aurait déçue que Mercy finisse avec quelqu'un qui ne l'aime pas vraiment. J'espère cependant que le personnage de Samuel conservera de l'épaisseur et qu'il aura le droit aussi à son histoire (comme son frère Charles) parce que j'aimerais vraiment voir ce que ça donne lorsqu'il tombe amoureux lui, Alpha comme il est! 
J'ai beaucoup beaucoup aimé la façon dont l'auteure fait prendre conscience à Mercy de l'importance de sa décision pour la meute et le fait que sans le faire exprès elle la mette en danger. C'était très fin de la part de l'auteure. 

Je vous vois venir: Mais Persie, si tu as tant aimé pourquoi avoir voulu jeter ce pauvre livre sans défense par la fenêtre? 

A CAUSE DE LA FIN! Comprenez-moi bien, j'ai aimé ce tome comme le reste de la série. A l'heure où j'écris j'ai déjà lu le tome 4 (vraiment très bon et complexe) et je suis sur le point d'entamer le cinquième. C'est juste que Mercy je l'aime vraiment vraiment vraiment beaucoup. Comme je le disais à propos du tome 2 , j'aime Mercy parce que justement ce n'est pas une héroïne badass. J'adore les héroïnes badass, drôles et tout et tout, mais parfois une héroïne juste normale pas forcément canon, ni over intelligente de la mort qui tue, ni over téméraire, ça me plait. J'arrive à m'identifier à elle et je ne sors pas de ma lecture en me disant "pfff de toute façon avant d'être Mercy..." (sauf pour la partie coyotte ne jouez pas aux imbéciles!). C'est une amie, une nana que j'aimerai être - et les relations qu'elle entretient avec ses amis et Adam sont là encore plutôt normales finalement. Du coup, lorsqu'il lui arrive un truc aussi affreux (mon point de rupture en film ou roman, je peux tout gérer...sauf ça...) que ce qu'il se passe à la fin du tome 3, ça me retourne les tripes. Mais genre...vraiment. 
Heureusement l'auteure est très très fine et d'une intelligence rare pour manier ce genre de sujet vraiment comme il faut. Grâce notamment au personnage de Ben que j'aurai eu envie d'embrasser!!! (ouais je sais...) Dire autant de chose sur ce que Mercy peut ressentir c'était puissant. Il explique la situation de façon tellement claire, tellement bien, tellement tout quoi! J'ai beaucoup aimé la réaction d'Adam qui, si elle se fait balbutiante au début, s'affirme (ouf) très vite et permet à Mercy d'avancer. 

Ce fut donc une lecture éprouvante. Les toutes dernières pages m'ont fait un peu peur mais ouf le tome 4 m'a rassurée. Patricia Briggs maîtrise! Malgré pour coup de gueule, n'hésitez pas à lire cette série, elle est vraiment excellente! 

vendredi 10 mai 2013

Chien Pourri - Colas Gutman et Marc Boutavant


Présentation de l'éditeur: Il s'appelle Chien Pourri. Il sent la sardine, il est couvert de puces et son pelage ressemble à une vieille moquette râpée. Pour ne rien arranger, il est aussi bête qu'il est moche. Un jour, il décide de courir le vaste monde à la recherche d'un maître. Il rêve de su-sucres, de ba-balles. Il aimerait tant faire le beau pour quelqu'un. Car Chien Pourri n'a pas que des défauts, il a aussi du coeur. Hélas, les gentils maîtres ne courent pas les rues, et le vaste monde se révèle truffé de pièges.

Dans Rose, la petite héroïne de Colas Gutman lisait les aventures d'un Chien pourri. Cet animal "Moche, bête et puant" est aujourd'hui le héros d'un vrai livre. Nous on l'adore! Warf! 

Aussitôt reçu, aussitôt lu et j'en redemande. J'avais rencontré Colas Gutman lors de la soirée I Blog You de l'école des Loisirs en décembre dernier. J'avais adoré les extraits de Chien Pourri qui promettaient une lecture tout à fait distrayante.

Effectivement, Chien Pourri est moche, est naïf et même carrément bête. Il sent la sardine, il est plein de puces mais c'est aussi un chien au grand coeur qui veut se trouver un maître. Quelqu'un qui l'aime quoi. Prenant un jour conscience de ce qui lui manque alors qu'il discute avec son ami Chaplapla (le pauvre est passé sous les roues d'un camion lorsqu'il avait 3 mois, ce qui lui assure la ligne d'un dessous de plat!), Chien Pourri décide de partir à l'aventure pour trouver un maître et ramener une pompe à vélo pour regonfler son ami. Noble entreprise. Seulement ce chien est bête comme ses pieds! Et ce n'est pas rien de le dire. De mésaventure en mésaventure, Chien Pourri ne comprend vraiment rien à rien et ne doit la vie sauve parfois qu'à sa bêtise! Heureusement, Chaplapla et la petite fille sont avec lui et assure un joli happy end pour notre compère. 

Le personnage de Chien Pourri est attachant, le genre de bestiole un peu idiote que finalement on adore. Ne manque qu'un bon bain et un shampoing anti-puce pour le rendre présentable! 

L'écriture de Colas Gutman est drôle, percutante et propre à déclancher le rire chez les plus petits comme chez les plus grands. Après les aventures de Sandra Bullot, cette incursion dans l'univers de Colas Gutman est la bienvenue. 
Les dessins qui jalonnent le récit sont de Marc Boutavant. J'ai beaucoup aimé la tête qu'il a donné à Chien Pourri, notamment sur la couverture. Ce chien prend vraiment corps grâce aux dessins! J'ai bien aimé également comment les dessins ne restent pas de simples illustrations de ce qu'on vient de lire mais s'incluent vraiment dans le corps du texte. 

Une super découverte que je recommande. Moi j'attends la sortie de la suite: Chien Pourri va à l'école! Et sinon vous pouvez toujours lire Rose. 

Merci à Doriane de l'Ecole des Loisirs et à Colas Gutman pour la gentille dédicace!

mercredi 8 mai 2013

L'importance d'être constant (2002)


Résumé: John Worthing propriétaire et notable extrêmement sérieux à la campagne, utilise l'excuse d'un frère débauché vivant à Londres pour y faire de fréquent séjour. Une fois à Londres, John endosse donc l'identité de ce frère: Constant (Earnest) Worthing. Son ami Algernon "Algy" Moncrieff, jeune homme constamment sans le sou est le seul à connaître son identité. Alors que John tente de séduire la cousine de Moncrieff, la belle Gwendolen Fairfax qui s'est jurée de n'épouser qu'un homme du nom de Constant, Algernon file à la campagne sous le pseudonyme de Constant Worthing afin de séduire la pupille de John, la jeune et belle Cecily Cardew. Lorsque tout ce beau monde se retrouve à la campagne, il en résulte un problème: il y a beaucoup trop de Constant! 


CASTING

Colin Firth ................................................................. John "Jack" Worthing
Rupert Everett ............................................................ Algernon "Algy" Moncrieff
Reese Whiterspoon .................................................... Cecily Cardew
Frances O'Connor ...................................................... Gwendoline Fairfax
Judi Dench ................................................................. Lady Augusta Bracknell
Tom Wilkinson ........................................................... Dr. Frederick Chasuble
Anna Massey .............................................................. Miss Laetitia Prism
Edward Fox ................................................................ Lane

Tiré de la pièce du même nom d'Oscar Wilde, L'importance d'être constant est l'une des pièces de théâtre britannique les plus connues. Je suis une grande admiratrice d'Oscar Wilde et peut-être encore plus de ses pièces de théâtre que de ses romans et autres essais. C'est un condensé d'humour, de quiproquo et de scènes rocambolesques. Si vous n'avez pas le moral, je vous conseille Oscar Wilde sans hésiter.

Je ne pouvais donc pas passer à côté de cette adaptation. Rajoutez Colin Firth, Judi Dench et Frances O'Connor au casting et je me rue dessus.
L'histoire est complètement loufoque faite de quiproquo, de retournements de situation et rebondissements tous plus aberrants les uns que les autres! L'adaptation va grandement dans ce sens, entre les décalages de situation et les répliques d'Oscar Wilde qui font mouche, le spectateur ne peut qu'être mis dans l'ambiance. C'est rocambolesque et il n'y a aucune vraisemblance mais ce n'est pas ce qu'on lui demande!

Les décors sont somptueux et mettent en valeur la campagne anglaise. La demeure de John Worthing est magnifique tout comme celle de Lady Bracknell. J'ai d'ailleurs adoré la façon dont sont filmées les différentes enfilades de couloir avec les domestiques qui ouvrent les portes à la suite comme des poupées russes. On sent l'influence de Wilde dans les scènes au Savoy, un nom tout à fait lié à l'auteur!

Les actrices sont ravissantes et complètement tête à claque, embourbées dans leur volonté d'épouser un "Constant". Reese Whiterspoon je l'aurais volontiers emplafonnée mais c'est fait pour je pense. Quant à Frances O'Connor elle est britannique et noble jusqu'au bout des ongles, jusqu'à la réplique "qu'elle garde toujours son journal sur elle pour avoir quelque chose d'intéressant à lire dans le train".
Judi Dench est impériale, comme toujours lorsqu'elle joue ces rôles là. Hautaine, glaçante et parfaitement aristocratique, Dame Judi Dench envoie!

Colin Firth (oui je sais que c'est de lui dont vous voulez que je parle) est parfait (avouez que ça vous étonne). Il alterne parfaitement entre le John volontiers droit et moralisateur et le Constant canaille et débauché. Il met en avant son fameux petit sourire en coin pour mettre ainsi le spectateur dans sa poche. Car c'est lui finalement qu'on aime dans la pièce et c'est lui que l'on veut voir réussir contre vents et marées. Colin Firth assure avec une classe toute britannique.
En contrepartie et bien que j'adore Rupert Everett (il n'y a qu'à voir le duo que Colin Firth et lui forme dans Another Country ou les St Trinian's pour comprendre), ici je le trouve un peu too much. Autant je l'avais beaucoup aimé dans Midsummer night's dream autant ici il m'amuse beaucoup moins car Algy est un peu trop caricatural. Je trouve que Rupert est également un peu trop maniéré pour le rôle ce qui fait que j'ai encore plus de mal à croire à son histoire - sincère - avec Cecily (oui je mets de côté le fait qu'il la demande en mariage après 1 matinée en sa compagnie, on ne va pas chipoter non plus).

Malgré cette anicroche j'ai beaucoup ri et j'ai passé un très agréable moment avec cette adaptation de Wilde. Maintenant je dois voir L'éventail de Lady Windermere et An ideal Husband pour complèter mon cycle Oscar Wilde.

Et vous? Quelle est votre pièce de Wilde préférée? 

lundi 6 mai 2013

Les Lames du Cardinal - Les lames du Cardinal #1 - Pierre Pevel


GROS COUP DE COEUR DE PERSEPHONE

Présentation de l'éditeur: Paris, an de grâce 1633. Louis XIII règne sur la France et son éminence Armand Jean du Plessis de Richelieu gouverne avec lui. Personnalité des plus puissantes et des plus menacées de son temps, le Cardinal doit se garder de tous ceux qui jalousent l'influence qu'il exerce sur le roi, et se prémunir contre les attentats ourdis par les ennemis de la France, au premier rang desquels l'Espagne et sa Cour des Dragons. Car dans cet univers, des intrigues alliant espionnage, politique et sorcellerie menacent de faire vaciller le trône!
Or, en cette nuit de printemps 1633, Richelieu décide de jouer une carte maîtresse et reçoit en secret un bretteur exceptionnel, un fidèle parmi les fidèles dont le dévouement lui a autrefois valu d'être trahi et déshonoré : le capitaine La Fargue, chef des Lames du Cardinal !
En effet, l'heure est venue de reformer cette élite secrète autrefois dissoute dans l'opprobre et la raison d État : des combattants hors du commun, une compagnie d'aventuriers, d'espions et de fortes têtes rivalisant d'élégance, de mystère... ou de paillardise, qui ne redoutent aucun danger.

J'ai eu l'occasion de le dire plusieurs fois par ici mais mes premières amours littéraires (et même cinématographiques), ce qui me faisait rêver dans mon enfance puis dans mon adolescence, n'était pas de la romance, ni de la science-fiction ou de la fantasy, point de tout ça mes amis, mais d'une façon tout à fait classique: les romans de capes et d'épées. J'ai grandi avec mon héros chouchou: Henri de la Lagardère dit le bossu et j'ai rencontré quatre gaillards - Athos, Porthos, Aramis (gniiii) et d'Artagnan - qui ont poursuivis l'oeuvre entamée par mon cher Lagardère. J'étais complètement à la merci de ces mousquetaires courageux et fines lames qui défendaient l'honneur de la France (en général) et les jolies demoiselles en détresse (toujours). En plus comme il se trouve que je suis aussi escrimeuse, la passion était et est toujours bien plantée. Le bon Capes et épées est difficile à trouver et si le genre était à la mode au siècle dernier, force est de constater que ce n'est plus vraiment le cas aujourd'hui. 
Voici ce qui est dit sur la quatrième de couverture des Lames du cardinal:
Avec une virtuosité et une verve romanesque dignes des grandes heures du feuilleton populaire, il signe là tout à la fois un hommage aux romans de cape et d'épée, un récit historique admirablement documenté et une Fantasy épique à grand spectacle.
Je dois admettre que pour une fois, je suis parfaitement d'accord avec cet encart publicitaire. On retrouve sans hésiter le goût des vieux romans de capes et d'épées, avec leur lot de preux mousquetaires, d'espions et d'assassins implacables, de sauvetages et de pièges, de trahisons et de hauts faits d'armes. Et croyez-moi, égaler Lagardère ou les célèbres mousquetaires de Dumas ce n'est pas évident!

L'histoire de ce premier tome est découpé en quatre parties. La première permet d'introduire les personnages car il y en a un sacré paquet (moins que dans Game of Thrones mais George Martin est un peu imbattable!) et c'est d'autant plus difficile de les définir qu'à ce stade là du récit on ne sait pas qui est dans quel camp (cela dit je suis aux trois quart du tome 2 actuellement et je ne suis pas sûre d'en savoir plus!). En tout cas cette partie permet d'apprivoiser les personnages et de se faire un ressenti personnel. Certains comme Saint-Lucq et Arnaud de Laincourt sont particulièrement intriguants, le genre de personnage taiseux dont on ne connait ni les loyautés ni les sentiments, d'autres comme Antoine Leprat chevalier d'orgueil ou la baronne Agnès de Vaudreuil vous touchent immédiatement. J'aimerai vous parler de chaque personnage mais cela sera difficile sans spoiler et je m'y refuse tant l'histoire est trépidante et les rebondissements, nombreux, toujours inattendus (ou presque). Je vous laisse donc les découvrir par vous même. Sachez sinon que je suis tombée pour les Lames du Cardinal, ils ont tous leur caractère propre, leurs spécificités, leur histoire et sont tous attachants à leur manière. J'aime énormément le fait que des informations sur eux sont distillés au fur et à mesure. Il n'y a jamais un point: "STOP maintenant on vous raconte tout de la vie de truc." Jamais. Tout est toujours subtilement distillé. C'est ce qui vous maintient aussi en haleine car on sait qu'en avançant dans la lecture on en découvrira des éléments nouveaux sur les personnages que l'on aime. Je prends juste le temps de vous dire que je suis amoureuse d'Antoine Leprat chevalier d'Orgueil, de son style, de sa rapière d'ivoire et que je l'épouse immédiatement si possible! Quant au personnage d'Agnes de Vaudreuil je suis admirative du travail de Pierre Pevel pour nous montrer une héroïne forte, indépendante, fière, libérée sur bien des points mais qui ne tombe jamais dans l'excès. Elle est l'égale de ses compagnons sans avoir à jouer des coudes, elle prend des décisions, agit, remet en question les actes d'autres Lames, bref, son personnage est parfaitement équilibré et ne tombe jamais dans la caricature de la belle amazone. Merci Monsieur Pevel de nous donner à lire une Lame féminine forte et naturelle. 

La seconde partie du roman permet, une fois les lames réunies, d'avancer dans l'intrigue à proprement dite (même si des bases sont posées tout au long des 100 premières pages) avec l'exposition de la mission et surtout l'interaction des Lames entre-elles. On sent immédiatement la cohésion des troupes, les relations qu'ils entretiennent entre eux et les liens qui sont tissés depuis longtemps. Bien qu'ils soient très différents, certains aiment faire la fête, d'autres sont plutôt silencieux de nature, l'équipe est bien équilibrée et les rôles bien établis. On les voit suffisamment pour s'attacher à eux sans regretter la présence de l'un ou de l'autre.
La troisième partie amène des éléments de réponse. Quant à la quatrième...elle introduit brillamment le tome deux. Je me laisse très très rarement surprendre par des rebondissements mais ici je dois dire que j'ai été bercée par l'histoire sans aucun problème. Si vous me lisez régulièrement vous savez que je ne lis jamais aucune série à la suite de peur de m'écoeurer...Jamais...Pierre Pevel vient de me faire mentir puisque je ne pourrais sans doute m'arrêter qu'une fois les trois tomes avalés! L'histoire est parfaitement maîtrisée du début jusqu'à la fin, c'est un régal de raffinements dans le détail que ce soit des armes, des décors, des vêtements etc.

Ce qui m'amène au point du style et de la langue. L'écriture de Pierre Pevel est exquise, percutante, extrêmement dense avec un vocabulaire choisi avec soin. C'est réellement extrêmement bien écrit et c'est un délice de retrouver du français sous une plume pareille. Il y a de la recherche à la fois dans la narration mais aussi dans les dialogues pour recréer un parlé XVIIe siècle sans jamais forcer le trait ni l'exagérer au risque de le rendre lourd ce qui aurait pu être le cas. Ici, vous effectuez une plongée dans le Paris de 1633 d'une façon merveilleusement naturelle et simple. Au-delà de l'histoire j'ai pris énormément de plaisir à lire ce roman pour la qualité de sa langue. L'auteur sait parfaitement donner du rythme à son histoire et les scènes d'actions sont vraiment bien faites. Il y a du rythme, on passe d'une action à l'autre pour revenir sur la précédente, toute s'enchaîne admirablement bien (vous avez vu aujourd'hui beaucoup d'adverbes! mais c'est à la hauteur de mon amour pour cette série alors ne râlez pas). Je me demande comment Pierre Pevel écrit. Voit-il la scène dans sa tête? Parce que son écriture me fait souvent penser à des scènes de films notamment dans le rythme et je me demande s'il ne les construit pas de cette façon (Si quelqu'un lui a posé la question et connaît la réponse n'hésitez pas à partager). 

Autre point non négligeable: Nous sommes ici dans un roman d'uchronie, oui par exemple dans le Paris de 1633 qu'évoque Pierre Pevel, le Cardinal de Richelieu (et par extension le roi de France) a "perdu" le siège de La Rochelle. Cependant, on sent un travail phénoménal sur la période, ses moeurs, son histoire, ses personnages célèbres et Paris qui font du roman un délice pour un historien (et vous l'aurez compris, pour l'historienne que je suis). Les détails sur la ville de Paris, le caractère des personnages célèbres qu'il met en scène (à commencer par Richelieu qui retrouve un peu de son lustre après Les trois mousquetaires, ici point de traits lourds ou machiavéliques, Richelieu est certes un homme d'Etat volontiers cynique mais qui oeuvre avant tout pour la France. Un portrait nuancé particulièrement agréable) tout est réfléchi. J'adore également le détail sur les armes des Lames, les clins d'oeil au roman de Dumas et toutes les modifications historiques qu'il apporte et qui passent comme une lettre à la poste. 

Tout cela est renforcé par les éléments de fantasy qui sont introduits ici de façon presque naturelle je dirais. Des dragons, des dragonnets, du dracien, des vyvernes et des sangs-mêlés sont rajoutés à l'intrigue, mêlés aux intrigues politiques de l'époque, ces derniers servant la cour d'Espagne sans que jamais on ne trouve tout ça forcé. C'est sans doute dû à la maîtrise dont l'auteur fait preuve mais on en vient presque à regretter que tout ce "beau" monde n'existe pas pour de vrais (à l'exception des dracs peut-être). Ces éléments sont mélangés à l'intrigue, fondus en son sein ce qui fait que le lecteur "débarque" dans cet univers déjà construit et d'une certaine façon acquis. 

Vous l'aurez compris, Les Lames du cardinal m'a littéralement séduite, je pense attaquer le tome 3 très prochainement et je ne peux que vous conseiller de les lire. J'ai déjà mis de côté la série d'Embremer toujours de Pierre Pevel. Je sais qu'il vient de lancer une nouvelle série mais s'il vous plait, monsieur Pevel si jamais un jour vous passez par là, s'il vous plait, continuez à écrire du Capes et d'épées. Nous avons, plus que jamais, besoin de ces héros là! 

(J'ai même un casting dans la tête pour une possible adaptation....oui oui j'en rêve même la nuit!).