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vendredi 30 novembre 2018

Scarlet - The Lunar Chronicles #2 - Marissa Meyer

A-

ATTENTION: SPOILERS SUR LE TOME 1: CINDER


Présentation de l'éditeur: Depuis les lointaines étoiles jusqu’aux recoins d’une sombre forêt, les destins de Scarlet et de Cinder semblent liés.

Alors que l’une cherche sa grand-mère mystérieusement disparue et que l’autre poursuit la quête de ses origines, la menace lunaire qui pèse sur l’humanité se renforce.
Cinder et Scarlet parviendront-elles à lui résister ?

Nous avons laissé Cinder en très mauvaise posture, en proie à pas mal de tourments. Elle vient de découvrir qu'elle était une lunaire et que la reine Levana projette d'assassiner Kaito après leur mariage pour prendre le contrôle de la Terre.
Très loin de la Communauté orientale, dans un petit village près de Toulouse, Scarlet Benoît cherche sa grand-mère disparue et va s'octroyer l'aide d'un personnage très énigmatique qui se fait appeler Wolf/Loup.

On reprend l'intrigue exactement là où on l'avait laissé et les deux tomes se lisent donc dans la foulée. C'est assez agréable car il n'y a pas de blanc entre les deux tomes et on peut vraiment lire la série d'une traite sans sentir d'ellipse. De plus, cela fait rentrer directement dans le vif du sujet, rien de mieux pour se remettre dans le bain si comme moi on a fait une pause entre Cinder et Scarlet. 
Scarlet est pour moi un tome de transition entre Cinder et les deux derniers volumes de la saga. On suit deux intrigues en parallèle, l'évasion de Cinder accompagnée d'un repris de justice américain Carswell Thorne d'un côté et Scarlet et Loup de l'autre à la recherche de Michèle Benoît. Vous vous en doutez, les deux histoires se rejoignent à un moment car elles sont indubitablement liées, ce qui permet à la fin de Scarlet de repartir sur une intrigue plus resserrée qui reprend dans Cress. 

Dans Scarlet, Marissa Meyer continue d'exploiter son univers. Ce n'est pas forcément l'action qui compte ici mais plus d'avancer dans l'intrigue autour du statut de Cinder et de sa propre histoire, ce qui croise celle de Scarlet. Je ne peux malheureusement pas en parler dans dévoiler des pans de l'intrigue, mais l'ensemble s'emboîte bien avec ce qu'on apprend à la fin du tome 1. Je trouve qu'on sent bien que Marissa Meyer a pensé son intrigue et son monde sur le long terme et pas simplement tome à tome puisqu'on parle déjà dans Cinder de personnages essentiels des tomes 2 à 4.
Même si l'intrigue est centrée sur Cinder et Scarlet, on n'abandonne pas pour autant Kai et Levana. Dans le cas de l'Empereur on suit ses doutes et ses interrogations sur Cinder et dans l'autre, les exaspérations de la reine qui elle sait qui est Cinder et ce qu'elle pourrait remettre en cause.

Parmi les nouveaux personnages, j'ai beaucoup aimé Scarlet. Non seulement elle est française (et de Toulouse, je ne dirais jamais assez à quel point j'aime quand l'action ne se passe pas à Paris/Londres/New York) mais en plus elle n'a pas sa langue dans sa poche. C'est une jeune femme affirmée qui sait défendre ses idées et surtout qui se bat pour ceux qu'elle aime. Elle forme un couple très intéressant avec Loup, personnage au combien mystérieux.
Evidemment vous aurez reconnu en Scarlet et Loup le petit chaperon rouge et le grand méchant loup. Comme dans Cinder j'ai aimé que l'auteure s'inspire d'un conte classique mais qu'elle n'alourdisse pas le récit en cherchant à coller à ses éléments. Cela donne des clins d’œil inspirés sans jamais empêtrer sa propre histoire de science-fiction.

J'adore Thorne. J'ai eu du mal à deviner à quel personnage de conte il se rapportait mais lorsque j'ai compris j'étais ravie! Il est très drôle, canaille, cunning comme diraient nos amis britanniques et il apporte un peu de légèreté à un tome assez noir.

Je ferais remarquer que les couvertures sont MAGNIFIQUES! Elles rendent justice au côté contes de fée de la série et permettent de l'identifier très vite.
Si j'ai un tout petit peu moins aimé que le tome précédent, il manque forcément l'élément de surprise et la nouveauté, il n'en reste pas moins que Scarlet était très plaisant à lire et que j'ai enchaîné immédiatement sur le suivant Cress qui s'est révélé aussi très bon mais ça je vous en reparle une prochaine fois!

Bonne lecture!

vendredi 16 novembre 2018

Uprooted (Déracinée) - Noami Novik

A+


Présentation de l'éditeur: Depuis toujours, le village de Dvernik est protégé des assauts du Bois – une forêt maléfique douée d’une volonté propre – par le «Dragon», un puissant magicien. Celui-ci, en échange de ses services, prélève un lourd tribut : à chaque génération, la plus jolie jeune femme de la communauté disparaît dans sa tour. Cette année, c’est Kasia qui sera choisie. Forcément, c’est la plus belle, la plus populaire. Personne n’en doute, et encore moins Agnieszka, qui n’a jamais voulu de cet honneur. Mais les choses ne vont pourtant pas se passer comme prévu, et Agnieszka va découvrir un monde au-delà de l’entendement...

Uprooted fait parti de ces romans qui vont soit beaucoup plaire, soit ne pas plaire du tout. Ce n'est pas un roman facile d'accès: ni la narration, ni les personnages ne vous aideront à vous sentir dans un cocon mais c'est fait exprès. A l'instar de son héroïne, le lecteur, la lectrice, est déraciné-e, mis hors de sa zone de confort et perdu-e dans un univers qu'il-elle ne connait pas. Je mets donc en garde. Si j'ai vraiment BEAUCOUP aimé le roman, je ne suis pas sûre qu'il convienne ni qu'il soit apprécié par tout le monde. Vous ne pourrez pas dire que je ne vous ai pas prévenu. 

L'histoire commence dans le petit village de Dvernik à l'orée du Bois dans lequel personne ne s'aventure jamais. Tous les dix ans le "Dragon", un sorcier, vient choisir une jeune fille qu'il emmène dans sa tour avant de la relâcher. Bien que les filles assurent que le Dragon ne les touche pas ni ne leur fait du mal, personne au village ne le croit vraiment et elles finissent toutes par partir à la ville, loin du village où se sont des étrangères. 

Agnieszka et son amie Kasia font partie de la génération qui doit être sélectionnée même si tout le monde sait que c'est Kasia qui sera choisi. C'est la plus belle, la plus douée et sa mère l'a entraînée depuis son jeune âge pour être une aide pour le Dragon. Je vous laisse imaginer la stupéfaction du village, d'Agnieszka et du Dragon lui-même lorsqu'il comprend que l'élue dont il a besoin n'est pas la belle Kasia mais la brouillonne Agnieszka. A peine le temps de dire au revoir qu'elle disparaît avec le Dragon dans sa tour loin du village pour dix ans.

A partir de là, attendez-vous à tâtonner comme Agnieszka parce que le Dragon n'est pas vraiment un personnage facile qui met à l'aise. Pendant un long moment on est perdu dans ce qui se passe, pourquoi le Dragon emmène des jeunes filles, pourquoi vit-il reclus dans cette Tour alors qu'il est visiblement le plus grand des magiciens du royaume... 
Je sais que ce choix peut sembler brouillon et peut dérouter mais personnellement, j'ai trouvé ce choix de narration extrêmement pertinent car il colle en tout point à l'expérience de l'héroïne et on n'a aucun mal à imaginer ce qu'Agnieszka est en train de vivre, ce tourbillon d'émotion pas très clair. 


Cependant à mesure que le roman avance et qu'Agnieszka acquiert des connaissances, nous aussi et plus la jeune femme est à l'aise avec l'univers autour, plus nous le sommes. C'est véritablement en ça que j'ai trouvé le roman brillant. D'abord perdus, nous devenons ensuite extrêmement à l'aise dans notre compréhension de l'univers et de ses enjeux. 

Agnieszka est très attachante. C'est une jeune fille maladroite qui ne ressemble pas à sa parfaite Kasia. Elle se trompe, se salit, déchire ses vêtements et ne semble pas douée pour la magie que veut lui imposer le Dragon parce qu'elle a la sienne, une magie bien plus primitive et profonde, faite de la terre et du Bois maudit. Ce que j'ai aussi aimé avec ce personnage c'est qu'elle évolue très subtilement. La Agnieszka de la fin n'a rien à voir avec celle du début du roman mais vous ne vous en rendez pas vraiment compte à la lecture, ça glisse tout seul. 
Il y a autour d'Agnieszka et de Kasia une très belle histoire d'amitié faite d'entraide et de confiance mutuelle. J'aime beaucoup ce qu'elle a fait de leur relation qu'elle aurait très bien pu transformer en rivalité à un certain point mais non. Naomi Novik nous offre une très jolie amitié féminine, débarrassée de cette jalousie et rivalité que l'on retrouve trop souvent dans les romans.
Le Dragon quant à lui n'est pas facile d'accès comme je le disais mais si on va jusqu'au bout du roman on apprend à décoder sa personnalité, à voir derrière le masque qu'il s'est imposé. C'est un vieux magicien dans le corps d'un très jeune homme et son passé l'a rendu amer et fermé, concentré sur la malédiction du bois. Il me fait au 11ème Doctor joué par Matt Smith dans Doctor Who. C'est air juvénile qui renferme un très vieil esprit. 


Si on occulte tout ça, il reste un élément que j'ai VRAIMENT beaucoup aimé avec Uprooted c'est qu'il s'agit d'un conte. Un vrai conte à l'ancienne, ces contes noirs et légèrement cruels que les Grimm ont mis sur papier il y a plusieurs siècles. Naomi Novik réussit à créer un conte comme on en lit peu et tout tient dans ce Bois maléfique. Respirer l'air du Bois suffit à vous transformer et ce dernier avance, manipulant les gens et les royaumes pour s'étendre au delà des limites que lui a conféré l'être humain. La deuxième moitié du roman est tout simplement géniale jusqu'au dénouement final digne d'un conte de Grimm ou de Perrault. Cela faisait très très très longtemps que je n'avais pas lu ce genre de roman comme si j'avais à nouveau six ans et que je pouvais croire que des hommes fait de bois pouvaient sortir de la forêt pour kidnapper des gens. L'histoire du Bois couplé à la magie d'Agnieszka rendent le roman excellent. 

D'une certaine façon, Uprooted me fait très fortement penser à The Book of lost things (Le livre des choses perdues) de Connolly. Déjà si vous ne l'avez pas lu, il le FAUT, c'est un INCONTOURNABLE de la littérature de l'imaginaire. Il est extrêmement bien écrit et comme Uprooted il s'agit d'un conte mais un conte TRÈS noir et très cruel. On retrouve cette même atmosphère pesante, ces mêmes personnages horribles, monstres comme humains, et un personnage principal perdu dans ses émotions et dans ce qu'il est. Si vous avez aimé The book of lost things je pense que Uprooted vous plaira également. 

C'est difficile de parler de ce roman sans dévoiler des moments clefs de l'intrigue qui m'ont réellement captivée mais même si je reconnais que le début est un peu laborieux, il vaut largement la peine de s'accrocher car il gagne en fluidité et ce révèle être un vrai coup de cœur pour moi. J'ai très envie de lire d'autres romans de cette auteure maintenant, voir si celui-ci était une première dans son écriture où s'il s'agit d'un style propre à Naomi Novik. Je ne suis pas étonnée qu'elle ait remporté un très grand prix littéraire pour Uprooted, selon moi c'était largement mérité. 

Et vous, l'avez-vous lu? La connaissez-vous? Qu'en avez-vous pensé? 
Bonne lecture!

dimanche 11 novembre 2018

Cinder - The Lunar Chronicles #1 - Marissa Meyer

A

Présentation de l'éditeur: Humains et androïdes cohabitent tant bien que mal dans la ville de Néo-Beijing.

Une terrible épidémie ravage la population. Dans l’Espace, un peuple sans pitié attend son heure…
Personne n’imagine que le salut de la planète Terre repose sur Cinder, brimée par son horrible belle-mère. Car la jeune fille, simple mécanicienne à demi humaine, détient sans le savoir un secret incroyable, un secret pour lequel certains seraient prêts à tuer…

Je sais, je sais, je suis à la bourre. Qui ne connait pas encore The Lunar Chronicles de Marissa Meyer hormis moi? Vraiment on se le demande. En vrai, vous vous en doutez peut-être mais avec le travail de libraire, le temps de lecture est compté. On ne passe pas sa journée à lire (malheureusement) et le rythme des publications s'enchaîne tellement vite qu'on a parfois à peine de temps de se retourner. Comme ça m'est arrivé avec pas mal d'autres romans très connus, j'ai tout simplement loupé cette série à la sortie. J'ai aussi beaucoup hésité avant d'acheter le tome 1, je n'étais pas sûre que ça me plaise même si j'ai toujours trouvé la couverture très attirante et intrigante.

Je me suis enfin penchée sur le roman lorsque j'ai commencé à m'intéresser à la diversité des représentations dans la littérature Young adult de Fantasy et SF. Parmi les ouvrages proposés, Cinder revenait régulièrement et pour cause...l'histoire se passe dans un futur lointain, à New Beijing. Une dystopie avec un ancrage asiatique? Voila de quoi attirer mon attention. Plus encore, on parle d'une jeune femme cyborg et le tout emballé dans une belle réécriture de Cendrillon. Mon hésitation vaincue, je me procurais le roman. Je remercie au passage Glow de me l'avoir fait dédicacer par l'auteure lors de son passage à Paris. Thanks sweetie. 

Sans vraiment aucune surprise j'ai adoré Cinder. Le roman a absolument tout ce qu'il me fallait et je l'ai boulotté comme Cheshire les souris en chocolat que je lui offre à Noël. Il faut dire que c'est un roman qui sait parfaitement allier l'original au connu. Oui il s'agit d'une réécriture de Cendrillon avec une jeune orpheline maltraitée par sa belle-mère qui va rencontrer le prince du royaume. Malgré tout cette réécriture n'est pas du tout lourde et se fond très bien dans l'histoire que tisse Marissa Meyer et j'ai adoré l'idée d'une réécriture SF, tout simplement. Si vous cherchiez une réécriture pure de Cendrillon, passez donc votre chemin. De même ici, bien que nous soyons - à mon sens - dans la science-fantasy (science-fiction dans un univers médiéval ou fantasy dans un monde technologique), la SF tient une bonne place, aussi peut-être que le mélange Lunars/Cyborgs n'est pas pour vous. Pour moi, tout a très bien fonctionné.

Nous rencontrons donc Cinder, une jeune cyborg orpheline. De sa petite enfance en Europe et de ses parents elle n'a gardé aucun souvenir et ne sait de cette vie d'avant que ce que son père adoptif lui en a dit. Malheureusement, ce dernier est mort la laissant aux bons (non) soins de son épouse qui déteste Cinder. Il faut préciser que dans cette société de New Beijing, même si les cyborg vivent parmi la population, ils forment une caste à part qui n'est pas du tout apprécié. Ce sont des parias. Cinder est forcée par sa belle-mère de travailler sur le marché de New Beijing car la jeune femme est très douée en mécanique et notamment dans la réparation des androïdes. J'ai beaucoup, beaucoup aimé cet aspect de la personnalité de Cinder. Marissa Meyer arrive très bien à ne pas tomber dans la caricature du garçon manqué. Cinder est douée mais cet aspect de sa personnalité ne limite en rien le reste de sa personne. Elle est accompagnée d'une androïde "défectueuse" très drôle et attachante. 
Notre Cinder va rencontrer le Prince Kai et travailler pour lui. Malheureusement, l'épidémie qui ravage le pays va s'abattre sur la famille de Cinder, entraînant pour elle de lourdes conséquences (que je ne vous spoile pas par respect...mais sachez que j'en ai très envie!). 

Kai est aussi un super personnage. Jeune prince beau gosse qui a l'air assez léger, on se rend compte très rapidement qu'il est plus profond qu'il n'en a l'air. Son père est en train de mourir et la situation diplomatique avec les Lunars est de plus en plus tendue. Je l'ai trouvé très responsable et pas du tout en mode bad boy comme on trouve parfois dans la dystopie Young adult et de ce fait, il répond très bien au personnage de Cinder. La romance est là mais assez légère, elle ne parasite pas l'intrigue mais permet à Cinder d'explorer son rapport à son corps de cyborg, notamment le fait qu'elle soit BEAUCOUP cyborg, elle n'a pas juste un bras ou un pied synthétique, elle a de nombreux organes internes robot. 

J'ai trouvé très intelligent de mélanger la technologie et les Lunars qui apportent une touche de fantasy dans cette dystopie. Les Lunars sont un peuple qui vit sur la lune. Ils sont physiquement un peu différents des êtres humains mais ils possèdent aussi quelques capacités spéciales. On comprend que leur reine Levana n'est pas forcément quelqu'un de bien sympathique vu le massacre opéré au sein de la famille royale. Leur introduction dans le récit est assez fine par le biais de rumeurs, d'histoires, puis par le biais diplomatique qui permet de voir comment se comporte le reste de la planète Terre face à cette menace voilée qu'ils représentent. 
Je fus séduite aussi par le fait que l'intrigue se passe à New Beijing et que Kai soit chinois. Ça m'a plu de délocaliser l'intrigue en Asie et d'avoir un héros intéressant qui ne soit pas blanc. Par ailleurs, Marissa Meyer ne tombe dans aucun cliché sur l'Asie ou la Chine, c'est Cinder la pro en technologie or elle n'est pas chinoise. Les descriptions de la ville et de ses coutumes m'ont beaucoup plu. 

Le roman est très dynamique, il n'y a pas de temps mort et l'introduction a l'univers, son histoire, son fonctionnement, est très bien rendu. On n'est jamais perdu, on recolle vite les morceaux et comme on éprouve énormément d'empathie pour Cinder - qui n'est jamais une grande naïve sans être une surfemme - on accroche très vite. Les personnages secondaires sont très bien campés qu'il s'agisse de personnages que l'on aime ou que l'on déteste. Seuls les Lunars restent encore très mystérieux. 

Cinder n'est que le début d'une série en quatre tomes sur l'affrontement entre terriens et lunars. Si l'auteure maintient en filigrane l'histoire de Cendrillon, elle ne perd pas de vue son objectif final et le roman se termine dans un fracas de révélations et de cliffhanger bien agréable. J'ai eu l'impression en lisant ce premier tome que l'auteure avait déjà placé les bases et les personnages du reste de la série, clin d’œil passionnant qui permet à la série d'être relue avec un autre point de vue une fois finie. J'ai aussi l'impression - au vu des titres - qu'elle maintient ces réécritures de contes tout en maintenant une trame dystopique forte. J'ai hâte de poursuivre et de voir où elle va nous emmener et quel sera le propos final du roman. Il faut savoir qu'il y a aussi deux novellas/compilations parallèles à la série pour approfondir l'univers et qu'évidemment je les lirai sans doute aussi.  

Bref. Je suis à la bourre certes mais j'ai passé un excellent moment avec ce premier tome. J'ai déjà les trois autres en ma possession et je les entame dès que j'ai fini Girls of Paper and Fire de Ngan. J'espère avoir le temps de vous chroniquer cette suite et qu'elle me plaira autant que Cinder.

Et vous? Êtes-vous moins en retard que moi? N'hésitez pas à me donner votre avis sur Cinder et les autres tomes surtout! 

mercredi 12 mars 2014

La malédiction Grimm - Polly Shulman

COUP DE CŒUR DE PERSÉPHONE



Présentation de l'éditeur: Elizabeth  s’ennuie au lycée. Sur les conseils de son professeur préféré, elle se présente pour un emploi de bibliothécaire. Après un entretien étrange, la voilà engagée. Or, elle s’aperçoit que le Dépôt n’est pas une bibliothèque ordinaire : aucun livre à l’horizon, uniquement des objets Mais surtout plane un mystère autour d’une collection située au sous-sol : la mystérieuse Collection Grimm. Elle abrite des objets de contes de fées,  comme les bottes de sept lieues ou le miroir magique de la belle-mère de Blanche-Neige…

Des contes de fées! Et des bons! Après la grosse déception que fut La belle et la bête de Gans, j'avais besoin de retrouver un peu de cette magie frôlant parfois l'absurde qui émane des contes de fées populaires, que ce soit ceux de Perrault ou ceux des Grimm. Je dois admettre que la couverture m'a tout d'abord attiré l’œil, je l'ai trouvé très belle dans son genre foutoir. Heureusement, la quatrième de couverture annonçait une intrigue originale et je n'ai pas été déçue une seule seconde par ce que j'ai découvert en soulevant la couverture.

Elizabeth est une héroïne qui n'est pas sans rappeler Cendrillon. En effet, sa maman chérie, celle qui lui lisait les contes de fée lorsqu'elle était enfant, est morte et son père - ce père si aimant - s'est remarié avec une femme ayant deux filles. Comme le conte bien nommé, les deux demi-sœurs sont affreuses, la belle-mère n'aime pas sa belle-fille et lui fait faire les corvées ménagères et le père sonne aux abonnés absents. Comble du malheur pour notre héroïne, pour payer les frais de scolarité des deux demi-sœurs, Elizabeth doit quitter son chic lycée privé et ses amis, pour intégrer le lycée public où elle demeure terriblement seule.
Pas d'inquiétude! Les similitudes avec Cendrillon s'arrêtent là. Polly Shulman sait rester subtile et c'est en brossant légèrement un portrait inspiré du conte, qu'elle nous offre une héroïne imparfaite et touchante. Bon démarrage donc...

Elizabeth a un grand cœur, elle n'hésite pas à donner ses tennis de sport à une SDF, est gentille et courageuse, passionnée par les contes de Grimm et surtout parfaitement normale. Ce n'est pas une super belle fille ou supra intelligente. Elle est un peu comme nous toute et j'apprécie de plus en plus le fait de pouvoir m'identifier facilement à un personnage principal. C'est sans doute idiot mais particulièrement dans un roman ado/young adult je rentre plus vite dans l'histoire.
Elizabeth est aussi entourée d'amis très différents : Marc Merrit, le beau gosse basketteur et star du lycée, un brin menteur mais qui a bon fond et son petit frère Andrea, Anjali la magnifique magasinière indienne et sa petite sœur Jaya, un brin sorcière sur les bords en plus d'être fouineuse mais marrante et Aaron Rosendron, le magasinier tatillon anti-Marc Merritt et amoureux d'Anjali. On trouve aussi le Dr Rust, sorte de Merlin de bibliothèque, Mrs Callenders qui appelle tout le monde "mon chou" et le Professeur Mauskopf qui a su repérer le vrai talent d'Elizabeth. J'ai beaucoup aimé toute cette petite bande, c'était vraiment sympa de suivre leurs aventures. Il y en a pour tous les goûts entre Marc qui est doué au baskett, Anjali douée en informatique et Aaron qui a du flair bien qu'il soit particulièrement agaçant pendant un long moment du roman. Si j'adore Elizabeth, c'est finalement Aaron qui reste le personnage que j'ai préféré, celui qu'on apprend le plus à connaître et que j'ai hâte de retrouver puisqu'il est le spécialiste du Leg Wells sur la science-fiction.

En plus de bons personnages, l'histoire est tout à fait originale. La malédiction Grimm n'est pas qu'une simple réécriture de conte comme c'est la mode en ce moment. Polly Shullman ne s'attarde pas sur les personnages de contes de fée mais bien sur ce qui fait toute leur singularité: les objets magiques. Qui n'a jamais rêvé d'utiliser les bottes de sept lieues ou le miroir de la belle-mère de Blanche-neige? C'est chose faite dans la Malédiction Grimm avec en prime une caution à déposer sous forme de morceaux de soi. Autre originalité, chaque personnage est capable de voir ou de ressentir la magie d'une façon qui lui est propre. Alors qu'Elizabeth sent littéralement la magie, Aaron la voit, Marc doit la toucher et Anjali l'entend. J'ai vraiment adoré toute cette partie de l'intrigue où on se laisse embarquer sans hésiter. C'est vraiment original et agréable de voir que l'on peut se renouveler avec des contes vieux de plusieurs siècles.

Le mélange de la magie et du monde "réel" se fait sans heurt ni explication confuse. Elle est là, elle est connue d'un petit nombre et c'est tout. Point de départ simple mais toujours efficace, l'auteure ne s'attarde jamais à nous décrypter son univers. On y rentre avec Elizabeth, on apprend et on doute de la sincérité de l'un ou l'autre des personnages tout en étant parfaitement à l'aise.

Les relations entre les personnages sont également intéressantes et finement menées. Mr Maukorpf fait figure de père sans pour autant jouer au père suppléant, se contentant de surveiller Elizabeth de loin, le Dr Rust dans son rôle de Merlin un peu distrait ouvre aux adolescents un monde nouveau et enchanteur tandis que les histoires d'amour et d'amitié entre nos quatre ados sont bien maîtrisées. Sans que cela soit surprenant au possible - avec un peu de flair on se doute de ce qui va arriver - j'ai trouvé leurs histoires croisées mignonnes et crédibles. J'ai aussi beaucoup aimé la diversité ethnique des personnages, souvent peu utilisée en littérature pour ado. Anjali est indienne, Marc est métisse alors qu'Aaron fait figure de prince de conte de fée européen avec ses cheveux noirs et sa fossette au menton. Un petit groupe hétérogène ou filles et garçons ont besoin les uns des autres.

Vous l'aurez compris, j'ai dévoré ce roman avec délectation. Une utilisation intelligente des contes de fées - dont l'un de mes préférés Jorinde et Joringel - des personnages sympathiques, une immersion totale...j'attends la suite: The Wells Legacy. J'ai hâte de découvrir comment Polly Shulman va s'attaquer à la science-fiction.

mercredi 1 août 2012

When Beauty tamed the Beast - Happily ever after #2 - Eloisa James


COUP DE COEUR DE PERSEPHONE

Présentation de l'éditeur: La mère de Linnet avait une "réputation" (bien méritée du reste). Alors lorsqu'une duchesse surprend la jeune femme en train d'embrasser le prince Augustus et que sa robe mal ajustée lui donne l'air d'une montgolfière, la bonne société s'empresse de répandre le bruit que Linnet attend un rejeton royal. Belle ironie puisque Linnet trouve toutes ces affaires du corps bien peu ragoutante. 
Pour sauver la face, sa tante lui arrange un mariage vite fait bien fait avec un Conte, fils d'un Duc. Le hic? Le Earl of Marchant est réputé impuissant et on l'appelle "The Beast"...

Après avoir beaucoup aimé A Kiss at midnight, le premier tome de la série des Happily Ever After, j'ai décidé d'enchaîner (toujours sur les conseils de Chi-chi et Tam-Tam) avec When Beauty tamed the Beast, la réécriture de La Belle et la Bête. 

La Belle et la Bête est mon conte préféré. Il existe deux versions françaises dont la plus connue reste celle de Madame Leprince de Beaumont au XVIIIe siècle, mais on retrouve les bases de l'intrigue dans le mythe d'Eros et Psychée chez les grecs. Autant dire que j'en attendais beaucoup. Même si l'histoire d'Eloisa James s'éloigne quand même beaucoup du conte original, je n'ai pas été déçue.

La Bête d'Eloisa James tient plus de celle de Disney que de celle de Madame Leprince de Beaumont, il est plus ronchon invétéré que prince énamouré. Je ne vous donne pas  l'inspiration première d'Eloisa pour le personnage de Piers (*soupires*) mais je pense que vous trouverez tout de suite de qui elle s'inspire (au pire vous avez une petite note à la fin, si vraiment vous avez vécu dans une cave ces dernières années). 
J'ai vraiment trouvé l'idée super, cela inaugure un personnage qui va être plus profond que ce qu'on peut penser. Piers, médecin de son état (en plus de conte, avouez que ça en jette), est franco-brittanique. Déjà il y a de quoi être conquise.... Elevée en France avec sa mère, il ne s'est installé au Pays de Galle que tard en compagnie de son cousin, un français tout mimi et raffiné. Le duo Piers/Sebastian manque un peu de dynamisme, j'avais préféré le duo Gabriel/Berwick (ahhh Berwick), mais Piers compense par une très grande présence et un caractère de dogue! Tantôt froid et clinique, il sait se montrer beaucoup plus drôle, voire taquin. Ses sarcasmes se disputent à son cynisme et à ses coups de gueule. C'est un personnage tout à fait cohérent qui a une évolution intéressante. Même si je n'ai pas toujours été surprise par certaines de ses décisions, il reste d'un même bloc. 

Linnet quant à elle est une héroïne vraiment intéressante. Complètement submergée par le poids de cette mère volage et de son père absent, elle a prit en dégoût tout ce qui touche aux relations physiques. Embrasser le prince? Oui elle s'ennuyait...Est-ce que ça lui a plu? Non merci, je préfère regarder de loin. J'ai trouvé cette idée intéressante, pas du tout "cliché romance". D'ailleurs, ce qui m'a aussi beaucoup plu c'est qu'elle ne se jette pas dans les bras de Piers en un claquement de doigt. On voit bien qu'elle se découvre elle-même petit à petit. Leur relation se joue aussi autour de la réputation de Linnet, ce qui reste très cohérent en soi. Elle est têtue, drôle et même si quelques côtés du personnage de Kate du tome précédent m'ont manqué chez Linnet, je l'ai trouvé très attachante. 

La dynamique entre les deux est excellente et même si le titre est "when beauty tamed the beast" j'aurai plutôt tendance à dire qu'ils se sont apprivoisés mutuellement, parfois en décalé mais au final on a le sentiment d'une grande entente entre les deux personnages. J'ai ri aux larmes au moment fatidique tant l'héroïne débarque d'une autre planète:
"I really need to move now"
"Move where?"
Je m'en suis décrochée la mâchoire! Entre Piers qui est ultra clinique, genre je te décris scientifiquement ce que je suis en train de faire et ce qu'il va se passer et Linnet qui ne sait rien de rien (mais vraiment rien de rien), ce n'est que du bonheur et la scène est cocasse et très bien placée. Les scènes dans le ce roman ont quelque chose de witty qui est le bienvenu. On glousse et on rit en même temps. 
L'histoire gagne en intensité, la tension dramatique est vraiment plus fouillée que dans le premier tome et donne un côté "authentique" à l'histoire des personnages.

A noter quand même des personnages secondaires variables: Le Duc est très attachant, en opiomane repenti. Le valet aurait mérité plus de développement et d'importance car il avait du potentiel, mais la faute à Piers qui est un personnage qui mange l'attention autour de lui. La mère de Piers, hormis le fait qu'elle a un nom absurde "Lady Bernaise" fait des fautes de français, ce qui est dommage pour une duchesse française. Le petit garçon est mignon comme tout et l'eau tient une vraie place dans le roman, un personnage à part entière.   

Un très bon moment de lecture, j'aime toujours autant la plume d'Eloisa James. Je vais bientôt entamé le troisième tome : The Duke is mine, qui reprend la princesse au petit pois. Je suis un peu plus dubitative mais nous verrons bien.
Merci aux princesses! 

samedi 14 juillet 2012

A Kiss at Midnight - Happy ever After #1 - Eloisa James


COUP DE COEUR DE PERSEPHONE

Résumé: Kate Daltry ne crois pas aux contes de fées. Depuis que son père est mort, elle doit gérer le domaine familiale seule. Sa belle-mère Mariana se préoccupe plus de paraître dix ans de moins que de son domaine. Quant à ses serviteurs, elle les congédie à tour de bras. Heureusement Kate fait ce qu'il faut pour ses terres. Quand sa soeur Victoria se fait mordre par son chien César, Marianne refuse qu'elle se présente avec Algie, son fiancé, au bal que donne l'oncle d'Algie, le prince Gabriel. C'est donc à Kate de s'y coller, de se faire passer pour Victoria et d'emporter l'approbation du prince pour qu'Algie et Victoria puisse se marier. Si seulement tout se passait comme prévu...

Guidée comme il se doit par la merveilleuse Chi-chi et son acolyte, la non moins merveilleuse Tam-Tam (deux princesses en somme), j'ai effectué mes premiers pas dans la romance avec cette réécriture de Cendrillon. Chers amis, je vous préviens tout de suite, je suis addict! Ca y est, j'ai plongé corps et biens dans ce genre et je ne compte pas m'arrêter là (surtout que la Bibliothèque de Cambridge a un rayon rangé par couleur de romans romance donc comprenez-moi bien je n'ai vraiment pas le choix!). 

J'ai donc commencé par A kiss at midnight qui devrait figurer sur la Booklist des princesses pour les novices (mais je les pardonne, son petit frère When Beauty tamned the beast y figure et il parait qu'il est encore mieux, ça promet). 

Si je n'ai pas été tout à fait conquise par les premiers chapitres, c'est tiré par les cheveux tout ça mais il faut bien un prétexte et puis bon la suite est tellement bien que je dis banco, j'ai tout de suite accroché à l'écriture d'Eloisa James. C'est délicieusement cynique, drôle, impertinent et vraiment pas vulgaire mais papillonnant. J'ai aussi eu beaucoup d'affinité avec Kate qui si elle a la tête sur les épaules et ne manque pas de répartie, rêve aussi un peu à une vie "normale". C'est plus facile de s'identifier à une héroïne qui n'est pas d'ailleurs physiquement "parfaite" même nous sommes différentes. Kate est normale finalement et ça fait du bien, la normalité. 

Evidemment, il y a aussi un prince, Gabriel, vous l'aurez compris. Il est beau, très beau même, intelligent (il est passionné par Carthage) et il prend ses responsabilités à coeur car de son côté à lui, les histoires de famille sont plutôt velues! Pour arranger le tout, Gabriel doit épouser Tatiana une princesse russe très bien dotée, ce qui lui permettrait de subvenir aux besoins du château et des gens dedans. Aussi, lorsqu'il rencontre Kate c'est l'explosion. Elle, il la veut et il ne sait même pas pourquoi. Nos deux héros se retrouvent attirés l'un vers l'autre, ce qu'ils rejettent de toute leur force (enfin....bref, on se comprend). 

J'ai vraiment adoré cette histoire qui se déroule parfaitement bien. Si le début manquait de naturel, la suite du roman ne souffre d'aucun temps mort. Il n'y a pas, contrairement à ce que l'on pourrait penser, de longs quiproquo. Les choses se résolvent d'elle-même sans exagérer les malentendus. Mais plus encore que l'histoire - somme toute assez classique car elle suit plus ou moins le conte de Cendrillon - ce sont les personnages qui importent. Eloisa James a le don de croquer des personnages vraiment complets et attachants. 

Kate n'est pas une oie blanche, elle a des principes, tente de s'y tenir et surtout elle n'a pas sa langue dans sa poche. Certe, Gabriel est magnifique mais elle n'oublie pas non plus de lui faire part de ce qu'elle réprouve dans son comportement. De son côté Gabriel est un séducteur mais avec une morale. Hors de question de se comporter comme son frère aîné qui produit des bâtards au petit bonheur la chance. Pas question de se soustraire à ses responsabilités pour filer le parfait amour à Carthage avec Kate. Il y a une cohérence qui m'a plu, ce qui tient le lecteur en haleine jusqu'aux dernières pages. 
J'ai tout simplement adoré les chapitres sur le dernier bal!!! (OMG) Eloisa James met les personnages au supplice ainsi que les lecteur par des coupures intelligentes de son texte. C'était frustrant mais génial en même temps.

Les personnages secondaires sont aussi excellents. J'ai adoré Henry, la marraine de Kate. J'en veux une toute pareille! Femme voluptueuse, elle n'a pas non plus sa langue dans sa poche pour notre plus grand bonheur. Elle a des répliques cultes. 
Quant à Jonas Berwick je vais courir trouver la nouvelle qui lui est consacré!!! Il a des répliques drôles et percutantes, je ne résiste pas:
"I studied Philosophy and he studied History and we both studied women"
Victoria et Algie sont adorables et même Mariana n'est pas si affreuse que ça.

A Kiss at midnight m'a donné des papillons dans le ventre, des sourires jusqu'aux oreilles et j'ai passé un excellent moment! Je vais vraiment lire les tomes suivants. Je vous conseille ce premier tome des Happy Ever After sans hésiter! 

mardi 5 juin 2012

Le livre des choses perdues - John Connolly


Présentation de l'éditeur: Il était une fois - car c'est ainsi que toutes les histoires devraient débuter - un garçon de 12 ans qui venait de perdre sa maman. Inconsolable, David a trouvé refuge dans les livres pour oublier le remariage de son père et la naissance de Georgie, son demi-frère. Une nuit, persuadé d'entendre sa mère l'appeler, David découvre un passage caché au fond du jardin. Il le franchit et se retrouve propulsé dans un monde fantastique, peuplé de personnages issus de ses lectures et de son imaginaire. Alors que la Seconde Guerre mondiale déferle sur l'Europe, David entame un périple à la recherche d'un vieux roi qui conserve ses secrets dans Le Livre des choses perdues, sésame qui permettrait au jeune garçon de quitter ce royaume. Mais le conseiller du souverain a pour lui d'autres desseins...

Dit comme ça on a grandement l'impression d'une énième réécriture des comtes de fées. En fait pas vraiment car si l'auteur réécrit les contes de fées nous ne sommes pas du tout dans un bel univers roses avec le grand amour et l'Amitié. Ce qu'il faut savoir, c'est que ce roman existe aussi bien en VO qu'en VF dans une double édition: c'est à dire qu'il est disponible à la fois en jeunesse et chez les adultes.
Que cela soit clair: Le livre des choses perdues n'est PAS un roman pour la jeunesse! Je suis catégorique, ce roman n'a rien à faire chez la jeunesse. Je veux bien qu'il soit considéré comme Young Adult mais vraiment, il n'a pas sa place dans une maison d'édition pour les plus jeunes.

Le livre des choses perdues ressemble à un Alice in Wonderland qui aurait mal tourné. Vous avez cette même impression de sans queue ni tête mais en beaucoup plus sombre. Le monde que va découvrir David est un monde dangereux, peuplé de ses pires cauchemars.

Le personnage de David est intéressant car c'est un petit garçon complexe. A la fois bouleversé par la mort de sa mère et le remariage brutal de son père, on sent qu'il n'a apparemment pas beaucoup d'affection pour ce nouveau petit frère Georgie. Il a l'impression d'être exclu de cette nouvelle vie, de cette nouvelle famille où il ne trouve pas sa place. Le livre des choses perdues est un roman psychologique car les pensées positives comme négatives de David sont au centre de l'intrigue. Tout commence par lui et tout fini par lui. Ce petit garçon va beaucoup évoluer et comprendre des choses sur lui même qui vont - durement - le faire grandir.

Tout autour de David gravitent des personnages plus ou moins sympathique. Il y a le chasseur, homme courageux et Roland, le chevalier déchu que j'ai trouvé très bien écrit. Son personnage va aborder des thèmes particuliers mais tout en finesse ce qui est très appréciable. John Connolly vous laisse arriver à vos propres déductions, il n'est pas constamment en train de vous mettre les pistes évidentes sous le nez. Ce roman est un voyage initiatique aussi pour le lecteur.
Le Crooked-man est proprement terrifiant. Il est l'incarnation de nos pires cauchemars et quand je dis pires cauchemars je ne mens pas. Nous sommes très loin de la simple peur du noir ou d'un monstre sous l'escalier. D'ailleurs lorsque David se rend dans les caves du Crooked-man c'était le summum du tordu et de l'horreur. Je vois bien le personnage joué par Robert Carlyle d'ailleurs mais en plus noir encore, sûrement plus tordu car ce Crooked-Man est vicieux. Lorsqu'il parle de Roland à David, ses propos sont des insinuations vraiment malsaines et même si David s'excuse et comprend que le Crooked-man a dit des choses horribles, David s'en veut de s'être plus ou moins volontairement laissé convaincre. C'est un personnage insidieux...

Le livre des choses perdues est aussi une réécriture ingénieuse des contes de fées. Les comtes sont détournés dans leurs aspects les plus noirs et affreux. Nous avons par exemple une réinterprétation du Petit-Chaperon rouge assez particulière, d'un conte sur une chasseresse que j'avoue ne pas avoir identifié, de Rumpelstiltskin (Crooked-man) et de Blanche-Neige et les sept nains. J'ai adoré la réécriture de Blanche-Neige et de ses nains communistes qui est aussi (accessoirement) le seul moment drôle du récit.

Parce qu'il faut aussi le savoir, Le livre des choses perdues est très bien écrit. Le langage de John Connolly est captivant, fascinant et diablement réel. Ce roman est un roman d'ambiance, à la Rebecca de la Daphné du Maurier où dés l'ouverture des pages, l'ensemble du récit tombe sur les épaules du lecteur. Dès que j'ouvrais le roman j'avais l'impression que tout devenait noir autour de moi et que j'étais privée de tout espoir. Nous sommes un peu des Frodon porteurs de l'anneau pour être plus parlant.
Cela explique aussi pourquoi j'ai mis 6 mois à le lire.

J'ai adoré ce roman dont on ne peut pas avoir, à mon sens une opinion mitigée, car il est réellement puissant, au-dela même de l'idée de réécriture (réussie) et du Crooked-man. Je l'ai lu en vo et je n'en ai pas perdu une miette contrairement à ce que je pensais. Je ne le conseille pas aux personnes déprimées et je conseille d'alterner la lecture avec un roman plus léger.

Une lecture à ne pas louper.

samedi 10 mars 2012

Contes traditionnels - Rue des Enfants


Présentation de l'éditeur: On peut découvrir le monde sans bouger de chez soi...grâce à la magie du livre. Partez pour un fabuleux voyage à travers le temps et les pays grâce aux différents ouvrages de la collection « conte du monde ». La banquise des inuit, les villages africains, les forêts de nos régions, les plaines d'Amérique et les jungles d'Asie n'auront bientôt plus de secrets pour vous.
J'ai toujours aimé les contes, tous types de contes. Rue des enfants propose des contes du monde entier : contes Inuit, africains, américains, asiatiques ainsi que des mythes et des légendes. J'ai découvert pour vous le petit volume des contes traditionnels, c'est-à-dire les contes de Charles Perrault, de Wilhem et Jacob Grimm et d'Andersen. Ce petit ouvrage comprend donc 5 contes, chacun comportant une illustration au début de l'histoire, dessinée par Julie Faulques.
C'est avec plaisir que l'on retrouve Le petit Chaperon rouge, La Belle au bois Dormant, Blanche-neige, Cendrillon et la Princesse au petit pois.
Il est difficile de juger de la qualité de cette édition des contes puisque les textes sont traditionnels comme cela est si bien souligné par le titre. Sur l'édition en elle-même, je dirais qu'elle est parfaite pour faire découvrir aux enfants des contes dans leur version originale (sans doute abrégée et simplifiée). C'est une bonne façon de s'éloigner un peu des versions Disney pour retourner au texte même et à la morale qui parcoure ces histoires depuis au moins le XVIIe siècle. J'ai trouvé les contes choisis efficaces, en effet ce sont sans doute les plus connus même si tous ne figurent pas parmi mes préférés.
La version choisie pour le petit chaperon rouge est celle de Charles Perrault. Je me suis étonnée de ce choix car dans la version de Perrault, nul salut pour la pauvre petite et sa grand-mère. Dans la version des Grimm le chasseur vient les délivrer. C'est le choix le plus étrange du recueil car aussi le plus dur. Il ne sera pas difficile pour les parents d'agrémenter l'histoire d'une fin plus joyeuse ou d'expliquer la morale finale aux enfants.
La Belle au bois Dormant est celle des Grimm, choix intelligent car la version de Perrault n'est décidément pas celle à raconter aux enfants (vraiment) ! Celle des Grimm se rapproche de ce Walt Disney, elle est bien écrite et est particulièrement agréable à lire. Ce conte a une ambiance vraiment particulière je trouve, qu'on ne retrouve pas ailleurs. Je ne sais pas si c'est le fait de la malédiction de la méchante fée ou si cela est dû à autre chose mais ce conte a une saveur particulière.
Blanche-neige est un conte que j'aime beaucoup parce que c'est des premiers que j'ai lu. La version que nous offre Rue des Enfants est bien développée et prend son temps. Le conte est plaisant et bien écrit.
La version choisie de Cendrillon est celle de Charles Perrault. Là encore je suis d'accord avec ce choix car pour une fois la version de Perrault est plus douce et positive que celle des Grimm. C'est assez drôle de retrouver le second surnom de Cendrillon, Cucendron qu'on oublie souvent.
Enfin, la princesse au petit pois (qui est peut-être un peu trop court) qui raconte l'histoire d'une vraie princesse. J'aurai peut-être préféré un autre conte d'Andersen comme la Reine des Neiges qui comporte un peu plus de poésie que La princesse au petit pois, ou Hans le balourd qui est tout à fait savoureux !
Je mettrais simplement un petit bémols sur cette présentation : j'aurai aimé qu'ils précisent quelle version de quels contes ils ont choisi car on pourrait penser que les contes ont la même valeur or l'oeuvre de Perrault et l'oeuvre des Grimm ont leur cohérence en soit. Si les frère Grimm veulent fixer le folklore allemand, Charles Perrault écrit pour la cour et les courtisans et dispense des morales parfois différentes de celles que l'on trouve dans des versions populaires. De plus, certaines versions sont plus douces que d'autres et pour des enfants il est très important de savoir quelle version on leur donne. De manière générale (sauf pour Cendrillon) je recommande les versions de Grimm beaucoup moins violentes que les versions de Charles Perrault.
J'ajouterai un petit mot sur les illustrations, que j'aurai peut-être aimé plus nombreuses parce que j'aime le coup de crayon de Julie Faulques. Les dessins sont drôles (j'aime beaucoup celui de Cendrillon et de la Princesse au petit pois!) et correspondent à un moment fort du conte.
Un petit recueil agréable et bien fait, parfait pour une lecture du soir.
Merci à Rue des enfants et à Vincent des Agents littéraires pour cette découverte.
Lu dans le cadre du challenge : Once upon a time.

vendredi 30 décembre 2011

A christmas Carol - Charles Dickens


En cette veille de Noël, ce vieil avare d'Ebenezer Scroodge se montre plus détestable que jamais. Il déteste Noël, refuse de donner aux pauvres et trouve que c'est un prétexte pour prendre un jour de congés payés. Mais lorsque le fantôme de son associé Marley fait son apparition pour prévenir Scroodge de ce qui l'attend si jamais il ne change pas de comportement, Scroodge commence à se demander ce que cette vieille de Noël lui réserve.

Le Christmas Carol est une relecture pour moi, mais je n'ai pas pu résister quand le livre a été proposé au club de lecture de Whoospy Daisy. Cette histoire, je la connais depuis que je suis petite et c'est véritable doudou. D'ailleurs au moment où j'écris ces lignes j'ai la musique du dessin animé de Disney dans la tête. "C'est le miracle de Noël, tous les enfants s'émerveillent, car aujourd'hui dans le ciel, une voix les appelle, une voix les appelle, c'est le miracle de Noël!" (plutôt envahissant je vous l'avoue).

Comme prévu dans la Lecture commune, je vais répondre aux questions posées:

1. Qu'avez-vous pensé du style de Dickens? Avez-vous eu du mal à entrer dans le conte, ou votre lecture a-t-elle été fluide?
Dickens n'est pas le plus dur des auteurs anglais à lire. Ce qui pourrait s'avérer pénible (ou fatiguant lorsqu'on lit en anglais) c'est le volume de ses oeuvres. Cependant le comte de Noël n'est ni long, ni fatiguant. Cette lecture est particulièrement fluide et je trouve qu'on sent très bien l'ironie et l'humour de la nouvelle dans le ton de Dickens. Je trouve les personnages bien campés et leur voix sont clairement identifiables.
Je n'ai eu aucun mal à entrer dans l'histoire, d'une part parce que je la connais déjà et d'autre part parce que Dickens nous fait entrer directement dans l'action. Il ne faut attendre que quelques pages avant de voir apparaître le fantôme de Marley donc l'action arrive très vite et les premières pages sur Scroodge sont très drôles, presque caricaturale.
En somme, si vous n'avez jamais lu de Dickens, plutôt que de commencer par Bleak House ou Great Expectations, je conseillerai le Christmas Carol.

2. Quelles sont les références culturelles/ les jeux de mots que vous avez réussi à identifier?

Je dois avouer que l'ayant lu en anglais je n'ai rien relevé du tout, à part Humbug! j'admets que je sèche totalement. Je serai curieuse d'avoir l'avis d'expertes ;)

3. Qu'avez-vous pensé de la description de l'atmosphère de Noël? Du portrait de Scroodge? De l'intrusion du surnaturel? De la morale de cette histoire?

Je trouve ce conte particulièrement Christmassy! C'est sûrement le fait de le connaître depuis petite mais pour moi, ce comte est irrémédiablement lié à Noël. Le surnaturel et la morale de l'histoire trouve leur place sans difficulté. Noël étant une période magique, tout peut arriver et c'est ce qui me plait dans cette histoire. Le côté mystérieux de cette veille de Noël renforce l'impression que j'en ai.
J'aime énormément les trois fantômes du Noël présent, passé et futur. Ils apportent chacun un éclaircissement des actes de Scroodge et ce qui me plait surtout dans ce conte c'est que l'humour n'en est pas absent! C'est un mariage très difficile d'allier l'ambiance de Noël et l'humour de Dickens et pourtant je trouve que l'un n'empêche pas l'autre.
Je suis très sensible à l'histoire de Tiny Tim. C'est bien simple, cela me faisait pleurer comme une madeleine. Du coup je pleurais même à la fin de l'histoire de savoir que le petit s'en sortirai.
La morale ne me dérange pas dans le sens ou 1) c'est Noël et donc LA période par excellence pour que ces choses arrivent.
2) Dickens écrit si souvent sur les misères de la société victorienne et la noirceur du monde qu'avoir une nouvelle de Noël où la leçon est apprise et ou la générosité, le bonheur et l'amour triomphent, je trouve que ça fait du bien au moral et c'est parfait pour rebondir sur une nouvelle année.

Avez-vous aimé ce roman?
Vous l'aurez compris, Christmas Carol est mon doudou à moi. J'adore cette histoire et tout ce qui l'environne. C'est un souvenir d'enfance très fort que je compte bien faire profiter moi aussi à mes enfants dès que j'en aurai!

Un petit mot des adaptations pour finir.

- Le Noël de Mickey est très fidèle au conte de Dickens. La magie Disney sert admirablement bien cette histoire et les personnages choisis sont parfaits (à tel point que lorsqu'on me dit Scroodge je pense à Picsou).

- Le drôle de Noël de Scroodge est lui aussi très bon. Il m'a fait une très forte impression car il est fidèle à la partie sombre du conte. Contrairement à la version Disney, il est plutôt fait pour les adultes mais il vaut le coup d'oeil et Jim Carrey prête très bien ses traits au personnage.

- A Christmas Carol (Doctor Who, épisode de Noël 2010): une variante mi-alien mi-steampunk du conte de Dickens mais parfaitement réussi, extrêmement touchante et Christmassy!

Je vous mets Abigail's song tiré de l'épisode chanté par Katherine Jenkins.



Et c'est toujours le mois anglais!

dimanche 26 juin 2011

Ella l'ensorcelée - Gail Carson Levin


COUP DE COEUR DE PERSEPHONE

Lucinda, cette idiote de fée, n'avait pas l'intention de me jeter un sort. Elle voulait me faire un cadeau. Comme j'avais pleuré désespérément pendant toute la première heure de mon existence, ce furent mes larmes qui lui donnèrent une idée. Hochant la tête et regardant ma mère d'un air compatissant, la fée me toucha le nez. - Mon cadeau sera l'obéissance. Elle sera toujours obéissante. Et maintenant, arrête de pleurer, mon enfant. Je m'arrêtai. " Le sort de la fée Lucinda est si puissant qu'Ella est obligée d'exécuter tous les ordres qu'on lui donne, quels qu'ils soient, même si elle s'y refuse de toutes ses forces. En grandissant, elle a appris à mettre toute son intelligence au service d'une lutte de chaque instant pour dissimuler sa vulnérabilité. Mais à présent que sa mère est morte, que son père a décidé de se remarier, la voilà plus fragile que jamais. Car certaines personnes malveillantes ont tôt fait de percer son secret et de s'en servir. Les pouvoirs de sa marraine et l'amour du prince Charm l'aideront-ils à échapper aux personnes qui la haïssent et à vaincre la malédiction ?

J'avais un peu d'appréhension avant d'ouvrir ce roman car j'avais en tête le film avec Anne Hathaway et ça me semblait un peu trop cousu de fils blanc pour me plaire (d'ailleurs si quelqu'un a lu le livre et vu le film, je veux bien un avis sur l'adaptation). Et puis comme tout le monde m'en disait du bien, je me suis laissée tenter.
Premier constatation: je l'ai commencé hier matin et je l'ai fini hier soir. Ca vous donne une petite idée de l'avis qui va suivre.

Ce livre est PARFAIT. Une vraie histoire de fée, de princesse et une relecture de Cendrillon suffisamment claire (au bout d'un certain temps, j'ai été assez longue à le remarquer) pour que ce soit une relecture mais aussi subtile pour que l'effet n'en soit pas lourd.

L'originalité du roman tient en la malédiction dont souffre Ella, elle ne peut qu'obéir aux ordres directs qu'on lui donne. Cette faiblesse la met en grand danger surtout à la mort de sa mère. Son père décidé à en faire quelqu'un pour pouvoir la marier, l'envoie en pension ou elle se retrouve à la merci de deux harpies. Heureusement qu'elle a le prince Charmont et sa marraine la fée pour l'aider dans cette aventure.

Le personnage d'Ella est vraiment bien imaginé, elle n'a rien d'une petite princesse et est loin d'être niaise. Elle est intelligente, taquine et rebelle. Son humour donne de la légèreté au récit. Ce qui me faisait peur se révéla être une vraie surprise.
Le prince Charmont (Charm pour les intimes) défit lui aussi les classiques du genre, c'est quelqu'un de profond qui n'hésite pas à montrer ses défauts.
Mandy, la cuisinière est vraiment l'amie rêvée! elle aussi est drôle et attachante, on aimerait vraiment passer du temps dans sa cuisine.
Les autres personnages sont vraiment des méchants de conte de fée, ils sont odieux, cupides et mesquins. Mais heureusement que nous sommes dans un conte de fée non?

L'écriture est pertinente (même si je l'ai lu en français), elle n'a rien d'enfantin, ce qui me faisait peur au début. En fait c'est une écriture mature qui peut plaire à un public plus âgé (dont je fais parti). On rêverait d'être avec Ella et de vivre ces aventures avec elle. Les aventures elles-mêmes sont très diversifiées avec des rebondissements à chaque page pour une lecture enjouée.
L'histoire se déroule parfaitement et je vous préviens il est juste TRES dur de reposer ce livre!
Un gros coup de coeur en ce début d'été.

mardi 12 avril 2011

Sortilège (Beastly) - Alex Flinn

Kyle, un jeune, riche et beau New-Yorkais de 16 ans, dont la méprisable insolence a été punie par le sort d'une sorcière, devient un monstre hideux. Renié par sa famille et ses amis, il s'isole à Brooklyn. Il a deux ans pour se défaire de ce sortilège. Pour cela, il doit séduire une jeune fille par sa bonté.
"Je suis un monstre. Pourtant, autrefois, j'étais le type parfait : grand, beau, riche et... atrocement méchant. Je n'aimais que moi et c'est pour cela qu'un sort m'a été jeté. Je suis devenu une bête difforme, velue, monstrueuse. Il me reste deux ans pour être aimé d'une jeune fille, sinon...Ceci n'est pas un conte de fées. Mon histoire prend place aujourd'hui, en plein coeur de New York. J'espère que quelqu'un va venir à mon secours."
Cela fait très longtemps que je n'avais pas lu de "vrais" romans pour ados/youngs adults. D'ailleurs je me sens toujours assez mal à l'aise lorsque j'en lis. Pourquoi? Simplement parce que je trouve que la plupart du temps, les maisons d'éditions prennent les adolescents et les jeunes adultes pour des imbéciles en leur proposant de la littérature bon marché indolore. Exemple: twilight. Je l'ai lu en anglais (le volume 1) et je sais donc de quoi je parle. Le style de Stephanie Meyer est pauvre et c'est un peu la dernière image que m'a laissé la littérature jeunesse.

Mais revenons à nos mouton
s. Lorsque ma meilleure amie (merci Nanie) m'a proposé de lire Sortilège "qui est vraiment trop génial et en plus ils vont en faire un film avec le mec de Numéro quatre", j'ai craqué. J'ai craqué parce que 1) c'était Nanie....et je craque souvent lorsqu'elle me prête un bouquin
2) un remake de la B
elle et la Bête pour moi qui ai toujours adoré ce conte, je me suis dis qu'après tout...

Et je ne l'ai pas regretté du tout. Dès le début je me suis laissée guider par le récit de Kyle "petit merdeux imbuvable" comme pourrait le dire mon grand-père. Kyle à tout, sauf l'amour de son père et des autres en général, car sa vie n'est que façade et malheureusement il va s'en rendre compte à ses dépends.
C'est vrai, Kyle est un emmerdeur qui joue de son charme pour tout faire passer, sauf que...dans sa classe il y a une "moche", une laideur que le beau Kyle n'arrive pas à supporter. Lorsque la "moche", Kendra lui lance au visage qu'il est bien plus laid qu'elle à l'intérieur, il ne sait pas encore pourquoi mais quelque chose ne tourne pas rond. Et sa belle vie bien huilée dérape: le voila transformé en monstre de Walt Disney.
Comment survivre à présent que son bien le plus précieux - sa beauté - lui a été arraché? Kyle devra réapprendre à vivre et apprendre à aimer s'il ne veut pas finir ses jours dans ce corps de monstre.

J'ai beaucoup apprécié le roman d'Alex Flinn, non pas pour sa morale disney - oui merci j'ai lu des contes toute mon enfance - mais pour sa vision moderne du conte de Mme Leprince de Beaumont. J'ai trouvé que
Sortilège était une adaptation très fine du conte. Il a su en garder les éléments principaux sans jamais les dénaturer. Tout y est, la rose, le miroir, l'enlèvement de l'héroïne (dont je tairais le nom) et même les fidèles serviteurs de la bête.
A mi-chemin entre Mme Leprince de Beaumont et Walt Disney,
Sortilège offre au lecteur un roman intriguant, drôle mais aussi émouvant car au fond, Kyle est juste désespérément en manque d'amour. Même s'il dit le contraire, c'est un gamin malheureux dont les parents ont toujours comblé cette soif d'amour par de l'argent.
J'aime beaucoup les héros de ce roman, en particulier "Belle" qui ressemble à beaucoup de Bloggolectrice! Will le professeur est quelqu'un d'assez froid, que j'ai apprécié mais qui m'a aussi agacée, sûrement parce que l'on vit l'histoire du point de vue de Kyle.

Détail intéressant: les pages "web" du forum sur les monstres qui ouvrent le roman et clôturent chaque "partie" sont très drôle et moderne. Preuve qu'Alex Flinn sait très bien jouer avec les contes qu'il utilise.

Sortilège va être adapté en film sous le nom original Beastly avec Vanessa Hugden et Alex Pettyfer et Mary-Kate Olsen. Voici la bande-annonce (attention, la bête n'est pas ici une bête comme dans le livre mais quelqu'un de mutilé ce que je trouve dommage).