mercredi 28 novembre 2018

Duchess by design - The gilded age girls club #1 - Maya Rodale

A

Résumé: Durant l'Age d'or américain à Manhattan, tout peut arriver...
A la recherche d'une riche américaine à marier qui pourrait sauver son domaine familial, Brandon Fiennes, duc de Kingston est déterminé à faire ce qu'il faut. Cependant, sa recherche d'une héritière américaine est compromise lorsqu'une ravissante couturière croise sa route. 

...et l'amour véritable est toujours à la mode.
Miss Adeline Black aspire à être une couturière de renom - pas une duchesse - et même un duc très séduisant ne peut la distraire de son but. Kingston lui fait une offre qu'elle ne peut malgré tout refuser: l'accompagner à des événements mondains pour mettre en avant ses propres créations et le conseiller sur les héritières qui auraient les qualités requises pour faire une bonne duchesse. Le plan est parfait...aussi longtemps qu'ils résistent à la tentation, évitent le scandale et ne perdent pas leur cœur dans la foulée. 

La nouvelle série de Maya Rodale démarre sous les meilleurs hospices. Clairement centré sur des femmes fortes américaines, j'ai trouvé ce premier tome tout à fait rafraîchissant et qui aborde plein de thématiques intéressantes. 
Il s'agit de façon évidente du trope du prince et de la bergère. Si vous êtes allergiques à cette différence de classe, passez votre chemin, c'est clairement la trame principale. Kingston est un duc britannique et comme pas mal de duc britannique de la fin du XIXe siècle, l'argent vient à manquer. Il fait donc ce que bon nombre de ses compatriotes vont faire, traverser l'Atlantique pour se trouver une héritière tentée par un titre de duchesse en échange de quelques liquidités. De son côté, Adeline rêve d'ouvrir sa propre boutique de conception de robes. Elle est douée et inventive, elle veut embellir les femmes tout en leur donnant les armes pour être plus fortes et indépendantes comme...des poches! Oui des poches dans les robes, idée révolutionnaire mais Ô combien importante. A la suite d'une rencontre fortuite dans un ascenseur et un bon qui pro quo, Kingston est sûr qu'Adeline est non seulement la femme de sa vie mais aussi celle qui va pouvoir le sortir de ses ennuis. Oups. 

Je sais que Duchess by design a reçu un très bon accueil public et critique mais j'ai tout de même lu quelques commentaires sur la masculinité toxique et les privilèges des hommes blancs auquel correspond Kingston. 
Alors oui, sans suspense aucun, Kingston est riche, blanc, privilégié et n'en a aucune idée mais j'ai envie de dire...normal. On est en 1893 et c'est un duc. S'il avait conscience de tout ça, il serait plus en avance sur son temps que la plupart de nos contemporains. Donc oui, il commet plein de bourdes, il ne comprend pas comment fonctionne les USA et les convenances sont légèrement différentes de l'Angleterre MAIS, il n'est jamais cruel ni absurdement fermé. Il réalise vite qu'il est à l'origine de problèmes pour Adeline et fait tout son possible pour se racheter. Il est en conflit avec elle, souvent, sur des idées qui bousculent son confort mais grâce à Adeline il grandit. 
Ce roman est féministe il n'y a pas à chercher pour moi. Alors oui, Adeline fait de la pédagogie avec Kingston, alors qu'elle n'y est pas forcé. Oui, ils se disputent sur des concepts qui lui sont étrangers mais à force de réflexion, Kingston change vraiment et prend conscience de sa propre place dans la société et ça fait du bien de voir un héros capable d'évoluer. De plus, si Kingston change c'est grâce à Adeline mais la réciproque n'est pas vraie. Adeline n'a pas besoin de Kingston. Elle accepte son aide certes, mais son vrai salut viendra d'une société féministe passionnante. Il y a beaucoup de femmes dans cette romance et beaucoup d'entraide, c'est aussi ce qui m'a séduite dans Duchess by design

Pour moi, la relation Kingston-Adeline fonctionne très bien d'autant plus que j'ai eu énormément d'empathie pour Adeline. Elle est vive, joyeuse, déterminée, intelligente et elle a de la repartie. Bref, gros coup de cœur pour ce couple. J'ai aimé les thématiques d'émancipation que développe Maya Rodale à travers son héroïne: l'importance de la réputation, l'inventivité de l'héroïne et sa volonté d'indépendance qui passe par un détail aussi anodin que les poches dans les robes. 

Le roman est très bien rythmé, il y a beaucoup de rebondissements, retournement de situation et Maya Rodale utilise très bien les différences culturelles entre les Etats-unis et l'Angleterre. Le décalage est parfois drôle à suivre, les américains étant bien moins impressionnés par les titres que les anglais qui baignent dans cette hiérarchisation depuis l'enfance. Kingston va vite déchanter. 
Il ne faut pas paniquer sur le qui pro quo, Maya Rodale ne l'étire pas outre mesure et sait exactement quand le démonter pour mieux rebondir. 
De plus, il y a plusieurs explications historiques à la fin de l'ouvrage pour montrer exactement d'où lui viennent les idées du roman. C'était passionnant parce qu'elle remet ainsi sa romance dans un contexte plus large et très appréciable. 

Je suis rentrée très vite dans le roman, son humour, ses thèmes, ses personnages et je l'ai boulotté comme une sucrerie. C'était mon premier Maya Rodale bien que j'ai lu son essai sur la romance (essai que je vous recommande chaudement, elle analyse de façon très pertinente pourquoi la romance est mal vue en tant que genre littéraire). J'ai peu lu de romances qui se passent aux Etats-unis, je préfère malgré tout l'Angleterre mais je vais sans doute lire la suite de la série, en espérant qu'elle soit à la hauteur de Duchess by design
Bonne lecture!

1 commentaires:

Léa Delapierre a dit…

Je note !

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