dimanche 14 octobre 2012

Un, deux...Troie

Résumé de l'épisode précédent: Après avoir été nounou aux côtés de Mary Poppins dans la famille Banks, Cheshire décide de prendre de petites vacances, en Grèce. 

CE N'EST PAS MA FAUTE! 

Je vous vois venir mais je vous jure que je ne suis pour rien dans tout ça...enfin presque...
J'étais parti prendre quelques petites vacances vous voyez et je me suis dit que je ferai bien un arrêt à Sparte chez Ménélas et Hélène. Il est un peu rustre et ennuyeux, je vous l'accorde, mais le climat à Sparte est sympa en cette période de l'année et Hélène est une véritable déesse dès qu'il s'agit de me gratouiller derrière les oreilles.
J'aurai dû voir venir la chose quand ce jeune troyen, Pâris, m'a demandé un service. Vous me connaissez, je suis un chat serviable et très conciliant, dans ma grande mansuétude j'ai accepté. Je n'aurai peut-être pas dû lui dire que lorsqu'on veut vraiment quelque chose il fallait tout faire pour l'obtenir...Cette andouille a enlevé Hélène et m'a embarqué avec eux à Troie!
Tu parles de vacances...assiégés par une coalition grecque, comme ambiance j'ai connu mieux.
J'admire tout de même le sang froid des troyens. Hector est un type qui fait fasse à l'adversité, le vieux roi Priam a de la prestance. Moi je suis plutôt du genre à disparaitre en cas de coup dur. Comme j'avais du temps à perdre de toute façon, je suis resté un peu pour voir comment les choses allaient tourner. Avouez, faire la guerre à cause d'un gamin et d'une femme volage, je trouve ça limite mais comme ce n'est pas moi qui décide. Ils font ce qu'ils veulent me direz-vous, après tout c'est eux qui s'entretuent.

J'étais sur les remparts de la ville lorsque Ménélas défia Pâris en duel. Pour être tout à fait franc je me moquais complètement du combat qui avait lieu en contrebas car j'étais lové dans les bras d'Hélène à me faire papouiller les oreilles. J'étais bien, il faisait chaud - j'adore me faire roussir le poil au soleil - Hélène sentait bon et je commençais doucement à m'assoupir lorsqu'elle poussa un cri et porta les mains à son visage oubliant au passage que j'étais dans ses bras. Pris de panique parce que je me sentais tomber - oui je sais d'habitude je flotte dans les airs mais admettez tout de même que sans être prévenu cela a de quoi surprendre - je tentais, toutes griffes dehors, de me rattraper à quelque chose. N'a-t-on pas idée de faire des péplos retenus simplement par des fibules? Mes pattes s'accrochèrent au péplos d'Hélène et je retrouvais en train de pendouiller le long des remparts. Bien que terriblement gênant, ce fut apparemment une des meilleures décisions politiques de Troie en dix ans. Je peux au moins me flatter de ça.

Comme les Troyens commençaient à me courir sur le haricot, je décidais d'aller faire un petit tour du côté des achéens. Evidemment je suis arrivé en plein pendant la colère d'Achille. Vous auriez dû le voir hurler à Agamemnon qu'il n'était qu'un "sac à vin" et qu'il ne combattrait plus, c'était épique. Tout ça pour une histoire de -éis...Chryséis, Briséis...toutes les mêmes non?
Vu qu'Achille boudait comme le gamin qu'il est dans sa tente, j'ai passé pas mal de temps avec Patrocle un petit gars sympa, un peu moins stupide que Pâris et Achille - oui ce n'est pas difficile vous me direz -   avec qui j'ai pu discuter tranquillement. Bon, il ne comprend pas l'absurde mais c'est normal avec les antiques, à part Ulysse, se sont quand même 1) des brutes 2) des mecs sérieux. Pas tout à fait mon rayon habituel en somme.
Je n'aurai peut-être pas dû lui conseiller d'emprunter l'armure d'Achille mais la sienne était abîmée et comme Achille ne faisait rien de la sienne - puisque môssieur boudait toujours - je me suis dis que ça ne portait pas à conséquence. Quand l'armure (et Patrocle) sont revenus dans un état au-delà du réparable, il est entré dans une colère folle. Au moins ça l'a sorti de sa bouderie et il est retourné se battre comme un grand garçon. Dommage que ce brave Hector ait dû en faire les frais.

Achille est quand même une sacré tête de mule. Non content d'avoir fait rendre gorge (et les dents...et les bras...et le reste en fait) à Hector, il ne voulait pas rendre le corps à Priam. J'ai pris le bonhomme entre "quatre zyeux" et je lui ai dit:
"Ecoute Chichille, va falloir que tu rendes le corps parce que là ça ne va pas être possible. Tu as peut-être un problème de respiration mon pote, et ça te regarde, mais les gars et moi on va finir par perdre l'odorat avec tes âneries. Je ne sais pas si tu as jeté un oeil sur Hector mais il commence à prendre de sacrées couleurs. J'aime bien l'arc en ciel mais seulement quand il y a un lutin au bout." Il a tout de même fini par m'écouter et on a pu enterrer Hector. Je suis obligé d'admettre que j'ai versé ma larmichette, ne serait-ce que par sympathie envers Perséphone car je sais qu'elle l'aimait beaucoup (en même temps, Persie est une femme faible....)

Comme je commençais un peu à m'ennuyer, j'ai demandé à Pâris à m'apprendre à tirer à l'arc. Les fils ne se touchent peut-être pas tout à fait là-haut mais au moins c'est un bon archer. Nous étions sur les remparts, histoire d'être sûrs de ne blesser personne. C'est vraiment plus complexe qu'on ne le croit le tir à l'arc, j'avais à peine lâché la corde que la flèche est partie comme une fusée. J'ai entendu un "aïe", j'espère que ce n'est pas trop grave mais je crois qu'on m'aurait prévenu si quelqu'un était mort non?
Cette endive d'Achille a tout de même réussi à mourir pendant que je m'entraînais au tir - une histoire de talon à ce qu'il paraît. Ce type est une poulette mouillée. C'était la panique chez les grecs.
Alors que je ronronnais à côté d'Ulysse (juste pour rendre Persie jalouse, il SAIT gratter derrière les oreilles si vous voyez ce que je veux dire), il me racontait qu'il ne savait pas comment se sortir de cette galère. Pour le divertir je lui ai raconté les histoires farfelus qui se disaient sur la fuite de Louis XVII du Temple (oui je sais bien qu'il ne sait pas qui est Louis XVII mais le résultat est le même, divertir mes amis, divertir). Je lui dit:
"Si ça avait été moi, bien que je puisse disparaitre, là n'est pas la question, je me serais caché dans un cheval de bois. Un jouet d'enfant c'est tout à fait innocent tu ne crois pas?"
Ulysse arrêta ses caresses, se leva d'un coup et disparu dans la tente d'Agamemnon. La politesse se n'est vraiment plus ce que c'était.

Vraiment lassé par leurs querelles ridicules - ça dure depuis dix ans leurs bêtises - je décidais qu'il était temps pour moi de changer d'air.
Vous voyez, je n'y suis vraiment pour rien pour une fois!

Lorsque Perséphone arriva, Troie était en feu. Elle soupira et soupçonna quelques actions maladroites de son chat. Ulysse arriva vers elle en courant, la jupette au vent, vision qui n'était pas tout à fait pour lui déplaire. Il lui tendit un tesson de poterie d'un air entendu et s'éloigna vers la bataille. Cheshire avait gribouillé rapidement son état d'esprit, de sa griffe caractéristique: "Last night I dreamt I went to England again"...elle savait où le trouver! 

2 commentaires:

Silvine a dit…

J'attend le prochain épisode avec impatience!!!! Manderley!!!

Perséphone a dit…

Oui! Tu as trouvé où va le Cheshire ;)

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