samedi 14 novembre 2009

La plume empoisonnée - Agatha Christie

COUP DE COEUR DE PERSEPHONE

L'ordre du médecin est clair, Jerry Burton doit aller se reposer à la campagne s'il veut retrouver un jour l'usage de ses jambes. Jerry décide alors avec sa soeur Joanna de se rendre à Lymstock petit village paisible pour une bonne cure de repos.
Lymstock, un village paisible? Pas si sûr. A peine installés, Joanna et Jerry reçoivent une lettre anonyme. Il semblerait que se soit la façon d'acceuillir les nouveaux arrivés par ici. Jerry entreprend une petite enquête qui va changer sa vie de façon radicale.

the moving finger est mon livre préféré d'Agatha Chirstie. Tout d'abord parce que il appartient à la série des Miss Marple, personnage que j'affectionne tout particulièrement, ensuite parce que le narrateur, Jerry Burton lui-même est extrêmement sympathique.

Ce roman est écrit à la première personne, ce qui n'est pas inhabituel chez Agatha Christie. Comme beaucoup de récit d'Hercule Poirot, celui-ci est raconté par une tierce personne. Jerry Burton est un personnage franc, souvent drôle et qui ne manque pas de malice pour décrire tous ces personnages pittoresques qui l'entourent. La divine mais inconsistante Elsie Holland, la terrifiante Mrs Dane Calthrop, le couple Symmington, le Docteur Owen Griffith et sa soeur l'énergique Aimee Griffith sans oublier bien sûr, la troublante Megan Symmington.

L'étude de moeurs qui est faite ici par Agatha Christie dénonce, de façon toujours drôle sinon cynique, les travers de la société anglaise des années 50'. De cette manie de croire qu'il n'y a "jamais de fumée sans feu" dans une accusation publique sans preuve, à celle de trouver qu'une jeune fille de 20 ans qui se cherche encore doit forcément être dérangée, Agatha Christie épingle avec humour ces défauts des sociétés bien pensantes.

J'ai une affection tout particulière pour le personnage de Megan, femme-enfant malaimée par les siens, détestée du village, elle montre une grande force de caractère. Ces remarques brusques et sans mensonges dérangent, son attitude franche peut faire sourire mais c'est une femme fragile et inquiète qui se révèle au fil des pages.
Quant à Joanna la soeur de Jerry, Agatha Christie joue sur les préjugés des Londonniens envers les gens de la campagne et vice versa. La londonnienne bourgeoise et chic apprend à aimer une campagne où elle aurait tout lieu de s'ennuyer.

L'intrigue est prenante, car le corbeau tour à tour plaint, détesté, jugé meurtrier, n'en a pas moins une psychologie intéressante et bigrement surprenante. Mrs Symmington s'est-elle véritablement suicidée? Pourquoi sa lettre d'adieu gêne incontestablement Jerry Burton?
quelle femme serait assez folle pour envoyer ces lettres et surtout, qui n'en a pas eu? Car là est peut-être la clef de l'énigme.

Une remarque intéressante à propos de ce Miss Marple décidément à part dans la série. Miss Marple n'apparait que dans les 20 dernières pages du roman. Telle la divinité de la justice, elle ouvre les yeux à Jerry et lui permet d'aller au bout de ses déductions. Elle apparait une fois encore comme une petite bonne femme décidement étrange et fouineuse mais qui se révèle comme toujours parfaitement adorable.

S'il ne fallait en lire qu'un d'Agatha Christie, je choisirai sans aucun doute The moving finger, le plus prenant et le plus attirant de tous ses romans.

1 commentaires:

Anonyme a dit…

Cest aussi l'un de mes romans favoris d'Agatha Chrisite avec Le meurtre de Roger Ackroyd. Le couple Megan/Jerry est vraiment attachant et le mystère sublime =D

(raison-et-sentiments.cowblog.fr)

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