mercredi 7 novembre 2018

The Traitor's kiss (La couleur du mensonge) - The Traitor's circle #1 - Erin Beaty


A


Présentation de l'éditeur: (Preview du roman en VF disponible ici)Sage Fowler, seize ans, est une bâtarde recueillie par un oncle riche et respecté. Sa seule chance de s'en sortir ? Faire un beau mariage. Elle se présente donc chez une des entremetteuses chargées de l'évaluation du potentiel de chaque candidat – des femmes qui font et défont les fortunes d'une famille, d'une région, d'un pays tout entier. Mais avec sa légendaire indiscipline et sa langue trop acérée, elle échoue lamentablement. Amusée par son cynisme et son sens aigu de l'observation, la marieuse fait toutefois d'elle son apprentie.

Sage s'embarque donc avec un groupe de beaux partis triés sur le carreau dans un périple vers la capitale. Cette précieuse cargaison est escortée par un bataillon de soldats d'élite qui ne tardent pas à réaliser qu'ils sont sur le point de se jeter dans la gueule du loup : le pays voisin, qui prépare une invasion, s'est allié avec certains des seigneurs locaux, et chaque étape du voyage pourrait bien être la dernière. Spécialiste des missions de reconnaissance, l'un des membres de la troupe recrute alors l'aide de Sage. Mais plus elle avance dans sa mission, plus elle découvre, horrifiée, que tout le monde joue double jeu... 

Identités secrètes, machinations politiques et jeu de dupes passionné, La Couleur du mensonge fait monter les enchères jusqu'à un final surprenant. 

Voici un roman qui est assez difficile à classer. Dans l'univers de The traitor's kiss, il n'y a pas de magie. Il n'y a pas de fée, de gobelin, d'elfes, ni aucune créature magique que l'on croise d'habitude. Cependant, nous ne sommes pas dans notre univers, la société est très différente de même que la géographie et rien ne laisse présager que nous sommes dans un environnement type Hunger Games, une nouvelle société créé après une catastrophe. Pour moi, The traitor's kiss fait parti de la Real Fantasy et de la Fantasy historique bien qu'elle ne soit pas comme Gilded Cage de l'uchronie de fantasy. Compliqué n'est-ce pas?
En gros, ce qu'il faut retenir, c'est que vous êtes dans un univers qui fait très Fantasy mais où il n'y a pas de magie, une sorte de Game of Throne sans la menace venue du Nord et les pouvoirs de certains personnages.

Bref, après cette intro sans doute beaucoup trop longue et inutile, entrons dans le vif du sujet.

J'ai beaucoup aimé ce roman malgré les diverses polémiques que j'ai pu lire ici et là sur le net. Nous suivons Sage Fowler, une jeune fille orpheline recueillie par son oncle et sa tante. Ce ne sont pas des gens malveillants, loin de là, mais comme on les observe à travers le regard de Sage qui rêve d'indépendance, ils ont l'air - surtout l'oncle - d'être un peu contre elle. Dans cette société, les filles d'un certain rang social, doivent passer devant une marieuse, à la façon de Mulan. Beaucoup de critiques que j'ai lues disent que ce roman est raciste parce que c'est une réécriture de Mulan avec des personnages blancs. Personnellement je n'ai pas vu du tout le roman comme une réécriture. Sage n'est pas déguisée en homme, ce n'est pas pour sauver son père, elle n'est pas militaire, ça reste de l'espionnage et elle aide la marieuse, pas vraiment Mulan-like. J'ai beaucoup plus pensé à la série The Agency de Y.S.Lee avec une héroïne espionne qu'à Mulan. Après je ne suis pas à l'abri de ne pas voir mes privilèges blancs, si vous avez un avis sur la question je suis preneuse! C'est comme ça qu'on apprend et qu'on grandi.
Cette marieuse est tâchée d'observer leur caractère et de leur trouver le meilleur parti possible. C'est un système matrimonial de classe qui n'est finalement pas si différent de ce qu'on a connu en Europe depuis le Moyen-âge. Ici, les marieuses ont en revanche un vrai pouvoir et elles n'aiment pas du tout lorsque des alliances sont conclues en dehors de leur contrôle.
Notre chère Sage n'est pas du tout mais alors pas du tout d'accord avec ce mode de vie. Ses propres parents se sont mariés par amour en dehors de la classe sociale de sa mère, ce qui lui a valu un déclassement (même si la tante de Sage aime beaucoup sa nièce). D'ailleurs le prénom Sage est extrêmement connoté, les noms de fleurs ou de plantes sont réservés normalement aux enfants illégitimes - comme Snow en nom de famille dans Game of Throne. Le fait donc que son oncle réussisse à la faire passer devant une marieuse montre qu'il tient à lui donner toutes ses chances dans leur société, que l'on soit d'accord ou non avec le principe.

J'ai beaucoup aimé la marieuse, elle a un humour très appréciable et connait bien l'âme humaine. Sage se révèle très douée dans l'analyse de la personnalité des gens autour d'elle et fait une excellente apprentie marieuse à son propre étonnement. Je trouve ça audacieux de faire de l'héroïne une partie intégrante d'un système qu'elle déteste parce que malgré tout, cela lui permet d'explorer un vrai potentiel et cela lui offre l'indépendance dont elle rêvait sans passer par la case mariage! Cela devient d'autant plus intéressant lorsqu'elle est censée se fondre dans le décor pour évaluer les candidates au plus prestigieux marché marital du royaume car rappelons-le, les marieuses détiennent un vrai pouvoir.

La couverture VF est sublime!
J'ai lu que certain-e-s ont détesté le livre car iels l'ont trouvé anti-féministe puisqu'il met en scène un marché matrimonial et donc une certaine concurrence entre les jeunes femmes. Or Sage est incognito parmi ses demoiselles qui ne savent pas qu'elle est apprentie marieuse. Du coup, elle se prend beaucoup de remarques mesquines. A mon sens ce n'est pas juste parce qu'elle est une rivale mais surtout parce qu'elle est d'une classe sociale inférieure et que la plupart de ses jeunes femmes ont une éducation de classe - et un égo surdimensionné. Dans un contexte aussi hiérarchisé je ne suis pas étonnée par ces mesquineries. En revanche, j'avoue que Sage a une piètre opinion des femmes qui l'entourent. Elle les trouve trop superficielles et pourries gâtées et cela aurait peut-être mérité une nuance un peu plus grande dans le roman que le seul personnage de Clare qui est super choupi-chou par ailleurs.

Magrés tout, Sage est forte, elle est courageuse, elle est intelligente et elle obtient des récompenses par ses propres mérites et tout ce qu'elle a fait pour le royaume, pas à cause des hommes autour d'elle. Elle apprend aussi à voir les nuances autour d'elle et j'ai trouvé vraiment intéressant que la société soit d'abord rejeté par l'héroïne mais qu'elle apprenne ensuite à voir au-delà et à s'en saisir. C'est vraiment une héroïne comme j'aimerai en lire d'avantage en Young adult.

Et puis, ce qui m'a plu, c'est de voir Sage prendre peu à peu de l'importance, non seulement en tant que marieuse, car c'est elle qui indique à sa maîtresse les bons partis pour tel ou tel jeune fille, fondé, non pas sur le rang social ou les potentiels alliances mais bien sur les personnalités, mais aussi en tant qu'espionne pour les gardes royaux.

Contrairement à ce qu'on croit, on ne suit pas uniquement Sage dans cette histoire mais aussi les soldats d'élite chargés d'escorter les jeunes filles jusqu'à la capitale. Ce sont des personnages très intéressants et variés, j'ai adoré le petit frère du Capitaine, un gamin très attachant.
Comme de bien entendu, il y a une romance dans ce roman et une romance qui est vraiment super bien fichue. Pas de coup de foudre immédiat mais une relation qui s'installe sur le long terme et quelques scènes bien swoonantes qui ont participé à mon intérêt pour le roman. Si je devais relever les points négatifs, je dirai seulement que je n'ai pas été surprise par plusieurs rebondissements, j'avais deviné à l'avance mais ça ne m'a pas dérangé plus que ça. J'étais suffisamment prise dans l'intrigue pour ne pas être déçue.

A la base, The Traitor's kiss est un livre seul, hors série. Il peut donc se lire sans problème en lui-même, pas de cliffhanger intempestif. Devant le succès du roman, l'auteure en a fait une série. Le tome 2, The Traitor's ruin est déjà sorti en anglais ET en français chez Lumen sous le nom de Le parfum de la trahison.

Comme vous l'aurez compris, j'ai fait parti des gens pour qui The traitor's kiss a fonctionné malgré les polémiques. Cependant, je reste toujours ouverte à la discussion alors que vous soyez d'accord avec moi ou non, n'hésitez pas à échanger! C'est beaucoup plus enrichissant!
J'espère pouvoir lire la suite très bientôt.
Bonne lecture. 

dimanche 4 novembre 2018

Louisa - The Governess Club #4 - Ellie MacDonald


B


Présentation de l'éditeur: « Si vous acceptez de m’héberger, je ferai tout ce que vous me demanderez. »
Jamais Louisa n’aurait pensé prononcer ces mots un jour. Mais aujourd’hui, seule et en fuite, elle n’a pas le choix : l’auberge miteuse du Beefy Buzzard est le seul endroit où elle peut espérer échapper à son passé. John, le séduisant aubergiste, a justement besoin d’aide pour tenir son établissement. Il offre donc à Louisa de travailler pour lui en échange du gîte et du couvert. La tâche paraît ardue, mais Louisa accepte malgré tout, loin de s’imaginer que cette expérience va bouleverser sa vie…

Quatre gouvernantes font un pacte pour gagner leur indépendance, avant que l’amour ne s’en mêle… 

En début de semaine nous avons parlé du tome 3 de la série, Sara, que j'avais très moyennement aimé. J'avais trouvé le roman très déséquilibré au niveau du rythme et pas très crédible dans la mise en place de l'histoire. Pour rappel, en l'espace de deux semaines l'héroïne passait d'une petite puritaine incapable de dire du mal à un mannequin en tissu à une jeune femme complètement libérée qui s'enfuit pendant une semaine avec un homme sur son domaine. Bref...ce n'était pas très concluant mais la dernière partie du roman était beaucoup plus fun à lire et surtout, le cliffhanger de la fin m'a vraiment surprise.
Dans les dernières pages de Sara, on apprend que Louisa est partie. Elle a tout simplement fait ses bagages et a fui.

Louisa était le personnage que je préférais parmi les gouvernantes. J'aimais beaucoup son côté pragmatique et un peu froid qui tranchait de façon sympathique avec Sara que j'avais envie de secouer violemment. J'avais hâte de voir quelle était son histoire et pourquoi elle s'était enfuie.

J'ai passé un très bon moment avec ce tome. Le héros John est super, super, super mimi! Je sais que la description physique ne plaira pas à tout le monde, il est grand, très costaud (c'est un ancien boxer) et il se rase le crâne mais franchement le personnage est tellement cool et choupi. Dans ma tête il ressemble à Dwayne Johnson le côté samoa en moins. Avouez que c'est un argument...(que personne ne dise du mal de Dwayne Johnson, c'est un acteur beaucoup trop cool pour cette planète!).
John, ancien boxeur qui a raccroché les gants pour ouvrir sa taverne est bien décidé à se poser et à mener une petite vie tranquille. Il a aussi un grand cœur, c'est pour ça qu'il accueille volontiers Louisa qui semble visiblement dans le besoin. Il n'est pas non plus insensible au charme de la jeune femme. il est vraiment très attachant dans le genre gros nounours qu'on a envie de prendre dans ses bras.

Louisa de son côté est une jeune femme pleine de ressources et très déterminée. La vie n'est pas toujours rose à la taverne mais le travail ne lui a jamais fait peur. De plus, Louisa est très intelligente ce qui ne gâche rien et elle se prend bientôt au jeu d'aider John, notamment avec ses comptes - il faut dire qu'il n'est pas très doué pour ça!
Louisa et John se complètent vraiment très bien et j'ai trouvé l'attirance entre les personnages, la façon qu'a leur relation de se construire lentement mais sûrement très agréable. La tension monte progressivement ce qui fait qu'on attend le moment où ils vont craquer avec impatience. Il y a plein de moments très chou même si Louisa cache un secret qui la ronge depuis des années et qui l'a forcée à fuir son univers.

Pourquoi un B et pas un A me direz-vous? (ou peut-être pas, ça dépend si vous lisez cette chronique jusqu'au bout ou non). Tout simplement parce que j'ai trouvé la fin pas à la hauteur de ce que j'avais lu jusque là. Lorsqu'on apprend le secret de Louisa, on est vraiment horrifié: de savoir ce qu'elle a vécu d'abord puis tout ce qu'elle a enduré par la suite pour échapper à tout ça. De leur côté, les amies de Louisa ainsi que leurs compagnons, la recherchent désespérément. Le problème c'est que le passé de Louisa, ainsi que ses ami-e-s, se retrouvent tou-te-s compacté-e-s dans les dernières pages du récit. Je n'aime pas vraiment ce genre de grosse coïncidence à la fin des romances en mode: il faut bien finir donc on va dire que tout le monde se retrouve au même endroit, iels vont discuter deux heures et zou, affaire conclue. En vrai ça ne fonctionne pas comme ça. Du coup, la fin semble un peu bâclée mais aussi vraiment peu crédible. J'ai eu du mal à croire à certains rebondissements.

Malgré tout, on ne parle que des vingt dernières pages et ça ne m'a pas gâché la lecture loin de là! J'ai passé un excellent moment avec John et Louisa et j'aurai aimé que Nathan et Sara soit de la même qualité.

Avez-vous lu des romances d'Ellie MacDonald ou peut-être même cette série? N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé!
Bonne lecture les chafouins. 

vendredi 2 novembre 2018

Jackaby - Jackaby #1 - William Ritter



ABANDON



Présentation de l'éditeur: « Il est souvent difficile pour les autres de saisir la nature de ce don que je suis le seul à avoir. Il me permet de déceler la vérité là où les autres ne voient qu’illusion… Car le monde est une scène et il semblerait que je sois le seul spectateur capable de voir derrière le rideau. »

Abigail Rook, 17 ans, débarque en Amérique. La tête pleine de rêves d’ailleurs, elle espère vivre l’aventure avec un grand A.
Elle fait la connaissance d’un étrange personnage, Jackaby, qui lui offre un emploi. Détective doué de facultés de médium, il est capable de voir les phénomènes surnaturels.
Pour sa première mission, Abigail accompagne son nouveau patron sur les lieux d’un crime particulièrement sanglant. Jackaby soupçonne l’assassin de ne pas être humain, ce que la police refuse de croire. Mais les meurtres s’enchaînent et confirment les soupçons du détective…

Parfois, ça ne veut pas...y a pas à dire, on n'a beau aimer la couverture, le résumé, l'idée globale du roman mais non, ça ne prend pas. Jackaby m'est tombé des mains. 

Dès le début j'ai eu du mal à apprécier l'héroïne. Si on considère l'époque dans laquelle se passe l'intrigue - fin du XIXe siècle - l'âge et la classe sociale de l'héroïne, je ne crois pas un seul instant à l'intrigue de base. Les romans de Y.S. Lee (tome 1 et tome 2) sont beaucoup plus fins et proches de la réalité que le départ de Jackaby.
Malgré tout, c'est un roman pour les 12-13 ans et j'étais prête à faire l'impasse sur ce début un peu bricolé, on ne va pas trop râler que le personnage principal qui s'exprime à la première personne soit une fille, c'est toujours bon à prendre.

Je n'ai pas eu d'empathie particulière pour Abigail. Sa personnalité m'a laissée assez froide ce que je trouve toujours très triste mais ce n'est rien à côté de Jackaby.

Avec ce personnage j'ai eu l'impression de me prendre un bon gros cliché dans la figure. C'est le contre-coup de l'effet Sherlock Holmes de Moffat avec Benedict Cumberbatch. Je ne suis pas la seule à le dire, allez sur Goodreads, vous verrez dans les commentaires que tout le monde compare Jackaby à Benelock...On a une caricature de Sherlock, un gars brillant mais socialement inadaptée, qui est dans sa bulle, ne prend pas le temps d'expliquer aux gens autour ce qu'il fait, comment ça se passe. La seule différence, c'est qu'ici, au lieu d'enquêter sur des crimes "normaux", on se retrouve face à tout un bestiaire merveilleux.
Pourquoi donc est-ce que ça m'agace, parce qu'après tout, j'adore le Sherlock Holmes de Conan Doyle et également celui de Moffat. Tout simplement parce que ça n'a aucune originalité. J'ai l'impression de lire du Doyle en moins bien et on ne peut même pas se rincer les oreilles avec la voix de Cumberbatch (ne me remerciez pas, c'est cadeau). Je retrouve la même frénésie quand c'était la grande mode Dr House où soudainement, on a vu apparaître plein de héros avec une jambe abîmée qui étaient brillants mais extrêmement irritables. Je ne demande pas de l'originalité pure à chaque fois mais là, ça m'a tellement crevé la rétine que ça m'a immédiatement sortie du livre.

Le début est assez insupportable à lire je trouve. On ne comprend pas grand-chose à l'intrigue, aux personnages, on ne comprend pas ce qu'il se passe et j'ai eu la désagréable impression de lire quelque chose de très brouillon, comme si l'auteur voulait nous emmener dans un grand tourbillon pour encore une fois, imiter cette impulsivité que l'on retrouve dans le Sherlock de la BBC. Sauf que pour moi, en roman, ça ne passe pas.

Après plus de cent pages j'ai juste abandonné. Je n'aime pas abandonner des livres mais en tant que libraire, il y a trop à lire et à découvrir pour s'acharner sur un roman qui ne me passionne pas et que je laisse traîner des jours dans mon sac. Quand j'en suis à préférer sortir mon téléphone plutôt qu'un livre pour passer le temps, c'est signe que ce roman n'est pas fait pour moi.

Rassurez-vous les chafouins, je ne vais pas vous laisser en plan comme ça. Cette chronique est assez courte et je me sens dans l'obligation de vous recommander d'autres livres.

Alors, que lire si vous aimez le côté "jeune fille du XIXe siècle qui vit des aventures avec un grand A"? La série The Agency de Y.S. Lee (liens plus haut dans l'article). C'est du policier, pas de magie mais ils sont vraiment très bons. Il y a en a 4 en VO (le dernier est d'ailleurs un poil décevant) mais les trois premiers sont disponibles en français chez Nathan.
Si vous voulez le même décor plus de la magie, alors tournez-vous vers The Dark Days Club (Lady Helen en français chez Gallimard) d'Alison Goodman dont nous reparlerons bientôt. Attention cependant, on est dans une tranche d'âge un peu plus haute, je dirais 14-15 ans.
Enfin, si vous voulez le côté magie, avec de l'humour, de l'action, des personnages adolescents et qui vivent des aventures et résolvent des énigmes, je ne peux que vous conseiller la série LOCKWOOD AND CO de Jonathan Stroud. Je n'ai chroniqué que le tome 1 mais j'ai lu toute la série (cinq tomes) et elle est géniale de bout en bout. A partir de 11 ans pour celles et ceux qui n'ont pas peur des fantômes!

J'espère que je me suis faite pardonner. Bonne lecture et à dimanche! 

mercredi 31 octobre 2018

Sara - The Governess Club #3 - Ellie MacDonald


C


Présentation de l'éditeur: Quatre gouvernantes font un pacte pour gagner leur indépendance, avant que l’amour ne s’en mêle… 

Dans la communauté de Taft, la rumeur s’est répandue en quelques jours : le vaste domaine de Winden Hall accueille un nouveau propriétaire. Un homme riche, séduisant et – surtout – célibataire, venu fuir l’agitation citadine. Seule Sara, qui n’a d’yeux que pour le pasteur du village, se moque de cette nouvelle. En digne fille de pasteur, elle s’imaginait reproduire à l’identique la vie raisonnable et pieuse qu’elle a toujours connue. Mais lorsqu’elle rencontre ce nouveau voisin, un aristocrate odieux dont le seul regard suffit à la troubler, son existence bien réglée commence peu à peu à basculer… 



Je ne fais décidément rien comme il faut. J'ai pris cette série en marche et j'ai lu le tome 3, Sara et le tome 4 Louisa, dont je vous parlerai très bientôt. 

Tout d'abord, je vous conseillerai fortement de NE PAS faire comme moi. Je râlais dernièrement sur les séries qui sont "faussement" des séries (oui c'est toi que je regarde If I ever should love you), ici ce n'est pas le cas. Les tomes sont liés, les histoires également et c'est quand même bien mieux pour profiter pleinement d'un volume d'avoir lu la série dans le bon ordre. 

Cependant, même si je pense qu'il m'a manqué certains éléments pour mieux apprécier le décor global de la série, je n'ai pas été convaincue par Sara. 
Reprenons: A l'initiative de Claire, quatre jeunes femmes organisent un club de gouvernante afin de conquérir leur indépendance. Tour à tour, chacune d'entre elle va devoir affronter son propre chemin. Lorsque l'on commence Sara, Claire et Bonnie sont toutes les deux établies mais continuent leur mission auprès des enfants avec l'aide de Sara et Louisa. 

D'emblée...je n'ai pas accrochée avec Sara. J'aime bien les héroïnes mimi, un peu souris mais ici ça n'a pas pris. Le principe d'une héroïne timide, on le sent venir ici, c'est qu'au contact du héros, elle va s'affirmer et prendre sa vie en main. Cela demande une mise en place subtile et assez lente pour que le changement soit compréhensible et se fasse en douceur. Sauf que Sara n'est pas juste timide, elle est compulsivement timide. Lorsqu'on lui parle, elle est incapable de répondre et est souvent prise de panique au point de s'étouffer. Ses amies la pensent même faible et incapable de donner un avis ou de prendre une décision. Cela est appuyé aussi par la voix de sa mère décédée qu'elle entend dans sa tête, femme autoritaire et puritaine qui a élevé Sara dans un protestantisme rigide. 
Pour vous donner un exemple concret de la timidité de l'héroïne, à un moment, Louisa lui demande de dire du mal d'un mannequin qui représente une horrible paroissienne. Sara est incapable de dire du mal de ce mannequin...un mannequin en chiffon!!!
Du coup, quand elle rencontre le héros Nathan Grant, qui est plutôt du côté viril et effrayant de la force, pas vraiment du même gabarit que le pasteur, elle est incapable de lui répondre. Dans les cent vingt premières pages, on tourne un peu en rond, c'est assez frustrant même si Nathan Grant a beaucoup d'humour et compense à lui tout seul les moments carpes de Sara.

J'ai bien aimé Nathan même s'il n'est pas assez développé à mon goût. J'ai finalement eu l'impression de très peu le connaitre. C'est un ancien politicien qui s'est retiré dans un petit village car il est écœuré de la corruption et des mensonges. Il est blessé à la jambe et marche avec une canne. J'ai eu un peu peur de l'effet Dr. House car il a un côté misanthrope et cynique mais au final, Ellie MacDonald se montre plus fine que ça. Le fait qu'il soit blessé fait juste parti du personnage, ce n'est qu'un trait pour le décrire parmi d'autres et on évite l’écueil du héros tourmenté qui nous tire des larmes par son handicap.
Si on récapitule, on a: un héros assez cynique et impressionnant qui n'est pas dépourvu d'humour et qui se sent attiré par cette petite souris grise qui de son côté est maladivement timide et qui en pince pour le pasteur parce que c'est la vie calme à laquelle elle aspire.

Et donc...en l'espace de quelques pages qui représentent deux semaines de récit à peu près, Sara passe d'une admiration chaste - très chaste - pour le jeune vicaire de la paroisse à un désir débridé - très débridé - pour Nathan Grant. Elle voit le héros deux fois et il se montre bourru, à la troisième il est saoul et l'embrasse ce qui déclenche quelque chose en elle et ensuite, une fois qu'il lui a dit qu'il veut plus que l'embrasser, elle décide de jeter aux orties son éducation, ses principes moraux et religieux pour vivre une "aventure", aventure qui signifie s'enfermer avec le héros dans son domaine familial pendant une semaine pour s'envoyer en l'air. NO WAY!

Malgré tout, passé ce début chaotique, la seconde moitié du roman est plus subtile. L'auteure prend d'avantage son temps pour construire un lien entre Nathan et Sara. Si cette exécution n'est pas parfaite, elle reste néanmoins agréable et se lit bien. 
La fin est un peu abrupte car le roman se termine sur un cliffhanger qui interroge beaucoup sur le tome suivant Louisa. 

En conclusion, Sara n'est pas un mauvais roman, il est juste profondément déséquilibré et il faut attendre la moitié pour enfin se prendre au jeu. Je n'ai pas particulièrement aimé l'héroïne et le héros n'était pas assez développé...dommage.

A très vite pour la suite!

dimanche 28 octobre 2018

Dividing Eden - Eden #1 - Joelle Charbonneau


A

Présentation de l'éditeur: Lorsque leur père le roi et leur frère aîné meurent, les jumeaux Carys et Andreus doivent s’affronter dans une série d’épreuves pour déterminer lequel des deux régnera sur le royaume d’Eden.
Eux qui n’ont jamais pensé à accéder au pouvoir et qui ont passé toute leur vie à se protéger mutuellement se retrouvent en concurrence pour la première fois. Andreus bénéficie du soutien du Conseil, Carys de celui du peuple. Impossible a priori de les départager, mais, dans l’ombre, chacun intrigue pour voir son favori monter sur le trône.
Malgré leur attachement, s’engage une bataille sans merci entre le frère et la sœur. Jusqu’où sont-ils capables d’aller pour obtenir la couronne ? Peuvent-ils continuer à se faire confiance ? Doivent-ils écouter les conseils de ceux qui, prétendument pour leur bien, les éloignent l’un de l’autre ?

Cela faisait plusieurs mois que je n'avais pas lu un roman purement de Fantasy, sans dystopie ou lien avec notre univers. Je crois que mes dernières expériences remontent au désastreux Belles de Dhonielle Clayton et au sublime Strange the dreamer de Laini Taylor c'est à dire des lectures de janvier 2018. J'ai été intriguée par cette histoire de lutte fratricide et je voulais voir ce que ça donnait. Je n'ai pas été déçue.

Dans l'univers de Dividing Eden, le royaume est gouverné par le père des jumeaux, un homme qui a des idées bien arrêtées sur la masculinité et le moins que l'on puisse dire, Andreus avec son amour de la science, n'est pas dans les petits papiers de son père. Leur frère aîné, Micah, est fiancé à Imogen, une sorte de prêtresse dans le culte du royaume. Quant à leur mère la reine...on ne peut pas dire que je la porte dans mon cœur. Lorsqu'elle devrait être présente pour ses enfants, elle est complètement démissionnaire et lorsqu'il faudrait qu'elle ferme sa grande bouche, elle ne peut pas s'empêcher de l'ouvrir. Reine inutile!
Le moins que l'on puisse dire c'est que la famille des jumeaux n'est pas une famille parfaite, Carys et Andreus semblent être des exceptions.

Andreus est un jeune homme un peu faible qui fait souvent des crises assez mystérieuses. Il prend des potions pour les empêcher mais quand il est trop tard, c'est toujours sa sœur qui détourne l'attention pour éviter que l'on découvre le problème de son frère. Il est passionné par la météo et la technique, c'est un scientifique dans l'âme.
Carys quant à elle est absolument désintéressée. Elle n'a qu'une chose en tête, protéger son frère à tout prix. Le protéger de son père, de leur frère, des conseillers, d'Imogen en qui elle n'a pas confiance. C'est une jeune femme très solitaire et renfermée, qui cache ses nombreux talents pour se passer inaperçue dans les dédales de la cour.
On éprouve très vite de l'empathie pour les jumeaux car on se rend très vite compte que la cour n'est pas un endroit très sain dans lequel grandir. Les alliances, les inimitiés sont légions et il faut un mental d'acier pour se frayer un chemin et survivre.

Là où cela va se corser pour eux, c'est quand ils se retrouvent par un hasard de circonstance (si peu...) à être les deux héritiers du trône. Mais comment départager des jumeaux? C'est là qu'on rentre dans le vif du sujet et que la bataille commence. J'ai vraiment aimé toute cette partie du roman, les différentes épreuves et comment, petit à petit, la méfiance va s'installer dans leur relation.
On apprend également la teneur d'une prophétie les concernant, prophétie qui peut avoir pour l'un d'eux, de très lourdes répercutions et qui je pense, sera au cœur du second tome.

Vf publiée chez Milan
On suit beaucoup plus Carys qu'Andreus sur l'ensemble du roman et comme beaucoup de lecteurs/trices, c'est le personnage que j'ai préféré. Même lorsqu'elle est mise dans des difficultés extrêmes, elle reste bienveillante envers son frère et fait tout pour éviter un bain de sang. Andreus est plus complexe. Je ne pense pas qu'il soit mauvais, je pense que contrairement à sa sœur, c'est un faible de caractère et qu'il n'a pas un sens politique aussi exacerbé qu'elle. Il est donc, beaucoup plus influençable et manipulable et sa faiblesse fait qu'il est beaucoup moins sympathique. Je sais que pas mal de lecteur/trices ont détesté le personnage - je peux parfaitement comprendre - mais ce n'est pas mon cas. Je ne l'aime pas mais pas au point de laisser tomber le roman d'exaspération comme j'ai pu lire dans certaines chroniques (encore une fois, je comprends...).

Sachez aussi que le romance est limitée au strict minimum. Ce n'est absolument pas le centre du roman donc si vous hésitez à lire de la YA à cause de ça, je vous promets qu'ici c'est extrêmement léger.

Le roman se lit très vite, il est assez court mais paradoxalement ça ne m'a pas gênée. Dividing Eden est une duologie, ça vous changera des séries de Fantasy qui dure sur 6 ou 12 tomes. Pour certain/es d'entre vous, je pense que le contexte et le décors du royaume paraîtra trop survolé mais selon moi, ce qui importe ici, ce n'est pas l'univers dans lequel se place le récit mais bien les jumeaux et leur personnalité. C'est ça le plus intéressant, le reste n'est finalement que broderie et je trouve reposant que pour une fois, on ne se perde pas dans beaucoup de sous-intrigues et personnages secondaires.
Ne vous méprenez pas, j'aime les séries longues, avec beaucoup de rebondissements, un univers fouillé, différents lieux mais parfois, lire quelque chose de ramassé et tendu, cela fait du bien. J'ai dévoré Dividing Eden et je compte bien lire les deux petites novella qui vont avec ainsi que le tome 2 qui promet une conclusion satisfaisante à cette histoire.

Joelle Charbonneau (qui est américaine contrairement à ce que son nom laisse croire), nous offre un diptyque de Fantasy intense avec une EXCELLENTE héroïne. Si vous aimez Feyre, si vous aimez Katniss, je pense que vous aimerez Carys car elle possède certains traits de caractère en commun avec ces deux héroïnes.
J'espère vous donner rendez-vous très bientôt pour le tome 2. En attendant je vous conseille le tome 1 et n'hésitez pas à m'en parler!
Bonne lecture. 

vendredi 26 octobre 2018

Any groom will do - The Brides of Belgravia #1 - Charis Michaels

C

CW: mention récurrente de stérilité féminine


Résumé (traduit de la VO): 
LA RÊVEUSE
Lady Wilhelmina "Willow" Hunnicut a toujours rêvé de quitter la campagne tranquille du Surrey pour la vue et le bruit constant de Londres. Douée pour l'aménagement d'intérieur, elle aspire à décorer les plus grandes demeures londoniennes. Cependant, une héritière non mariée ne peut pas s'installer seule dans la capitale et ses parents lui ont interdit de déménager. Une femme mariée en revanche peut aller et venir à sa guise sans risquer le scandale. Avec cette idée en tête, Lady Willow publie une petite annonce qui offre sa dot à de potentiels époux en échange de sa liberté. Elle est déterminée à épouser le premier homme venu prêt à prendre lui donner son nom en échange de sa dot avant de partir à pieds, à cheval ou par bateau.

LE DÉSESPÉRÉ
Lord Brent Caulder, comte de Cassin possède l'un des derniers chateaux du Yorkshire mais celui-ci est en mauvais état. Les gens sur le domaine ont de moins en moins de quoi survivre et la mère et les soeurs de Brent ne sont pas mieux loties. Cet état est malheureusement le fait de Cassin qui a vendu les mines qui avaient apporté la prospérité au domaine pendant des générations, car elles étaient devenues dangereuses. A présent, il doit trouver une alternative saine pour empêcher ses gens de mourir de faim.

LE MARCHÉ
La solution vient sous la forme d'une petite annonce d'un investisseur de Londres. Quand "l'investisseur" se révèle être une jeune femme et l'argent de sa dot, Cassin doit décider s'il est suffisamment désespéré pour épouser une étrangère. Le marché tient sur un seul point: les mariés devront prendre des voies séparées et ne pas regarder en arrière.

LA DECOUVERTE
Quand une crise familiale force le jeune couple à rentrer dans le Yorkshire, Cassin cherche de l'aide et du réconfort auprès de sa jeune épouse qu'il connaît à peine. Lady Willow embrasse l'attraction naissante entre eux tandis que Cassin prend de temps de la voir moins comme un investisseur que comme sa femme légitime.

C'est l'intrigue la plus ridicule que je n'ai jamais lu. Le plan de base est tout simplement du grand n'importe quoi. J'aurai aimé que vous puissiez voir ma tête quand j'étais en train de lire Any groom will do. Je suis passée de l'incrédulité à l'exaspération.

Reprenons depuis le début: Lady Willow Hunnicut a souffert d'une péritonite étant petite ce qui l'a laissée stérile. Jusque là, soit. C'est un sujet difficile qui mérite aussi sa place dans la romance et qui, à mon sens, peut-être - quand c'est bien fait - très cathartique. Jusque là, pas de difficulté. Là où ça se corse, c'est que pour une raison mystérieuse, la mère de Willow est persuadée que sa fille n'est pas du tout stérile. Alors certes tu peux jouer les autruches mais dans ces cas là, pourquoi cloîtrer Willow dans le Surrey? Parce que c'est ce qu'il se passe. La pauvre Willow vit enfermée dans le Surrey au prétexte que comme elle est stérile, elle ne pourra jamais trouver de maris. WHAT? Comment créer chez Willow un sentiment de culpabilité et d'inutilité...D'autant plus que si tu ne fais pas faire de saisons à ta fille, c'est sûr qu'elle ne risque pas de trouver de mari et que PERSONNE n'est au courant. Ce n'est pas marqué sur son front si? 
Bref, déjà ça partait mal. Si on rajoute à ça qu'ils refusent qu'elle aient des relations avec sa tante qui a épousé quelqu'un en dessous de sa position, on comprend très qu'elle veuille partir loin de ses parents, moi aussi j'étoufferai à sa place.

Elle décide de mettre au point un plan pour pouvoir vivre libre comme elle le souhaite. Sauf que...non...clairement non. Je comprends l'idée de base, épouser quelqu'un pour gagner la liberté que peut éprouver une femme mariée, mais pourquoi diantre passer une petite annonce? Alors certes, l'annonce est tournée d'une façon que les postulants éventuels ne savent pas qu'il s'agit d'un mariage et d'une dot mais ça sent quand même grave le plan pourri. Il faut ajouter à ça, qu'elle n'est pas seule dans le plan, elle y inclut aussi deux amies qui ont des raisons encore plus fortes que Willow de vouloir s'en aller. Arrivée là, j'avais déjà beaucoup de mal à croire que le plan puisse marcher mais quand on apprend peu après que celui qui va répondre n'est autre qu'un comte - comme c'est pratique - qui a absolument besoin d'argent - tellement pratique -, j'ai commencé à soupirer très fort. Et puis on apprend qu'il est en affaire avec deux amis qui sont évidemment beaux et intelligents et qui ont aussi besoin d'argent. MAIS BIEN SÛR!


Non mais sérieux? Je veux bien croire à une certaine dose de coïncidence mais là c'était clairement trop pour moi. La ficelle est trop grosse je ne marche pas.
Any groom will do enfile les paradoxes comme des perles. La vicomtesse pense que ça fille n'a pas de problème de fertilité mais en même temps elle la cloitre chez elle où elle ne peut pas trouver de mari. Brent et Willow discutent pendant des plombes sur "est-ce une bonne idée de se marier, oui, non, zbradarldjian" et il leur suffit de se voir deux fois pour manquer de s'envoyer en l'air derrière les rideaux du petit salon.

La conclusion du marché prend une ÉTERNITÉ. Willow et Brent n'en finissent pas de discuter et de tergiverser sur les termes de l'accord alors que dans le même temps, à leur deuxième rencontre, ils sont littéralement à deux doigts de se sauter dessus quasiment sous le nez de la vicomtesse. Du coup on ne comprend pas trop ce qui les retient autant et ça sent juste les rebondissements forcés pour accroître le nombre de pages et la difficulté de la romance. Oui parce qu'à partir du moment où on se lèche la glotte avant d'être mariés, c'est plus compliqué de justifier un mariage de convenance et une intrigue à base de "je découvre mon mari/ma femme alors que je pensais prendre juste le pognon/le nom". Mon petit doigts me dit qu'ils se sont bien découverts...

C'est franchement dommage parce que la seconde moitié du roman, dès lors que l'intrigue se déplace dans le Yorkshire dans la famille de Brent, est vraiment très sympa et met au jour la personnalité très agréable du héros. Il est rapidement clair qu'il veut agir par devoir, non seulement envers sa famille mais aussi vis-à-vis des gens qui vivent sur ses terres. Il est très drôle et a beaucoup de charme. Willow n'est pas mal non plus, on sent qu'elle veut gagner son indépendance et se révéler à elle-même en dehors de ce que la société attend d'elle. Autant vous prévenir d'emblée, il n'y a pas de bébé miracle, Willow est vraiment stérile ce qui - à mon sens - est tout à l'honneur de Charis Michaels et est un point réussi du roman.

J'aurai vraiment aimé une autre mise en place de l'intrigue globale et un rythme mieux maîtrisé car la première partie est vraiment pas terrible alors que la seconde est très bien. Any groom will do sent trop la superficialité et du coup ça ne me donne pas envie de lire les deux autres volumes de la série alors que les ami·e·s de Willow et de Brent sont plutôt intéressants.

En conclusion...

mercredi 24 octobre 2018

Ink (Marqué) - Skin Books #1 - Alice Broadway


ABANDON

Présentation de l'éditeur: Quand toute votre vie est inscrite sur votre peau…
À la mort de son père qu’elle a tant admiré, Leora souhaite honorer sa mémoire. Et dans les hautes castes, il est d’usage de relire au cours d’une cérémonie les événements qui ont marqué la vie d’un personnage important. Mais à mesure qu’elle parcourt le livre de son père, la jeune fille découvre avec stupeur que certains passages ont été réécrits ou qu’ils ont complètement disparu… Pire, un mystérieux tatouage désigne son père comme coupable d’un crime ! La jeune femme devra remettre en cause toute son existence pour comprendre d’où elle vient et sur quels mensonges est construite la société où elle vit…

J'aurai dû aimer Ink...vraiment j'aurai dû. Ce roman avait tout pour me plaire mais curieusement ça n'a pas pris du tout. Le thème est super original et apporte une grande réflexion sur le corps et la société mais non, rien à faire...je ne l'ai même pas fini...

Dans l'univers de Ink, tous les nouveau-nés sont tatoués et au fur et à mesure que les enfants grandissent, ils gagnent de nouveaux tatouages chaque année pour marquer le passage du temps. A la fin de leurs études, en fonction de la voie choisie, un nouveau tatouage sera appliqué pour signifier dans quel domaine la personne s'est engagée. Au cours de leur vie, chaque personne pourra rajouter des tatouages pour marquer le temps qui passe et les événements significatifs de leur vie. Ainsi, chaque personne est un véritable livre ouvert, sa personnalité étant gravée à l'encre sur sa peau. Une fois mort, la peau du défunt est récupérée, tannée et reliée lors d'une cérémonie où les livres de peau sont honorés par la famille. C'est un rituel extrêmement important, les livres de peau sont ensuite stockés dans la grande bibliothèque où la famille peut venir les consulter par la suite. 
C'est une société très originale et bien structurée qui n'est pas sans ses parts d'ombre. Contrairement aux gens tatoués, il y a des Immaculés, des gens sans aucun tatouage qui sont mis au banc de la société, sur lesquels circulent des tonnes de rumeur. Ceux qui ont aidé les Immaculés se voient affublés d'un tatouage de corbeau, preuve d'une infamie et la reliure de leur peau leur est interdite. 

On découvre cet univers à travers les yeux de Leora, une adolescente qui vient de perdre son père. Elle veut devenir tatoueuse alors que sa meilleure amie veut rentrer dans l'administration. Par chance, elle est acceptée comme apprentie chez un tatoueur très réputé mais mystérieux. Sa rencontre avec le tatoueur coïncide avec les problèmes que Leora rencontre lorsqu'elle veut organiser la cérémonie pour son père. Elle découvre alors un homme très différent de ce qu'elle imaginait, avec une peau trafiquée et des mensonges en forme de tatouage. 

Comme je le disais, Ink avait tout pour me plaire. Une société originale et complexe, une interrogation pertinente sur la peau et notre rapport au corps - que ce soit dans notre société ou ce qui se fait ailleurs - et une intrigue intéressante.

Mais en fait non...pour être parfaitement honnête, je ne l'ai même pas fini. J'ai dû abandonner à la moitié par pur manque d'intérêt. 
Ce qui est étrange c'est que j'ai trouvé le livre à la fois trop lent et trop rapide. Il s'agit clairement d'un tome d'exposition mais ici j'ai eu l'impression que tout était enchaîné beaucoup trop vite. Il se passe beaucoup d'événements différents en peu de temps et j'ai eu du mal à entrer pleinement dans l'histoire à cause de cette vitesse d'exposition.
Paradoxalement, c'est long...long à vraiment démarrer. A la moitié du livre, on n'est toujours pas dans le vif de l'action. 
Oui j'ai bien dit paradoxalement car ce n'est pas évident de concevoir qu'un roman puisse être à la fois trop lent et trop rapide mais c'est bien le cas. En fait, on se prend beaucoup d'informations dans la face dès les premières pages pour qu'en suite l'intrigue retombe comme un soufflé. On se retrouve du coup avec beaucoup de questions mais peu de réponses. 

Hormis Obel, le tatoueur, qui m'a assez intriguée, je n'ai pas ressenti grand chose pour les autres personnages, l'héroïne comprise. Je l'ai trouvé assez lente à comprendre ce qu'il se passe autour d'elle, elle a l'air si ignorante que c'est à se demander si elle a une vraie curiosité sur ce qui l'entoure. On a l'impression que tout le monde autour d'elle connait des choses mais pas Leora. Je sais que c'est parce que le lecteur voit à travers ses yeux mais tout de même...elle n'a pas besoin de ne rien savoir pour nous garder une part de suspense. 
De plus, je n'ai pas été séduite par le rapport de Leora à son corps. Elle est très critique par rapport à ce dernier et je n'ai pas l'impression que le personnage aille plus loin que cette constatation. Cela dit, je n'ai pas fini le roman, il faut espérer que cette vision très négative de son corps va être remis en question durant la deuxième moitié de ce volume et lors du roman suivant. 

Je suis malheureusement passée à côté de Ink, il n'a pas réussi à me captiver ni à me séduire et je l'ai laissé tomber.
Dommage, c'était pourtant prometteur et la couverture était très belle. Ce sera pour une autre fois!