lundi 9 septembre 2013

The Deeds of the Disturber - Amelia Peabody #5 - Elizabeth Peters


A LA MEMOIRE DE BARBARA MERTZ

Présentation de l'éditeur: Alors que l’intrépide Amelia Peabody, son séduisant Emerson d’époux, et Ramsès, leur fils si précoce à tous égards, s’en retournent vers l’Angleterre pour y prendre quelques vacances avant de revenir à leurs chères pyramides, voilà que la malédiction des pharaons semble les poursuivre. En effet, au British Museum, c’est près du sarcophage d’une momie de la XIXe dynastie que l’on découvre le corps sans vie d’un gardien de nuit.
Amelia et Emerson – dont la réputation n’est plus à faire– vont devoir s’occuper de ce drame, lequel se révélera n’être qu’un prélude à une sinistre machination où nos héros seront entraînés malgré eux.

Une fois n'est pas coutume, lorsque je ne sais plus quoi lire, je me tourne vers Peabody, Emerson (et Ramses) pour un moment de lecture unique.

Changement de décor pour le moins perturbant. Après les aventures géniales du tome quatre et les rebondissements surprenants que Lion in the Valley nous offrait, The Deeds of the disturber (La Onzième plaie d'Egypte en VF) place l'intrigue non pas en Egypte (sacrilège!!!!) mais bien dans le Londres de la fin du XIXe siècle, un Londres dont le British Museum semble être le centre absolu.

J'avoue qu'après quatre tomes en Egypte, j'ai trouvé pertinent un retour dans le pays d'origine du couple et une pause dans l'exotisme de la série qui menaçait une redondance malvenue. Point de Sitt hakim ni de Grand maître des imprécations avec la superstition des ouvriers d'Emerson. Point d'Amelia Peabody sermonnant tout le monde sur quel vêtement en lin porter, comment boire l'eau ou comment aérer la tente. Avouez ça vous manque déjà...
Cependant, oui parce que quand même on parle de Peabody et Emerson, les "mystères" de l'Egypte antique sont bien au rendez-vous. Les journalistes et leur combat pour le nombre de tirage remplacent ici les spéculations et peurs des égyptiens. Ce côté journalistes en chasse de l'info était à mon avis une excellente idée. Cela permet d'ancrer l'intrigue et le couple principal dans son époque, avec un petit côté Sherlock Holmes où la presse tient une place fondamentale. Il ne faut pas oublier l'importance de cette presse au XIXe siècle, en France comme en Angleterre et lui donner du poids dans son intrigue apporte une touche authentique non négligeable et bienvenue.
Si j'ai retrouvé avec plaisir le journaliste irlandais O'Connell, l'autre journaliste a été une source certaine d'agacement *sarcasm inside*. Si certains aspect de sa personnalité m'ont beaucoup fait rire sur la fin, j'adore l'idée un Emerson rouge pivoine, le reste du temps je la trouve particulièrement culottée et même tout à fait désagréable quand elle veut. Je suppose que je prends le point de vue de Peabody puisque c'est elle qui raconte mais ce personnage n'a pas su du tout me toucher.

L'intrigue n'est fondamentalement pas la meilleure de la série et elle est parfois confuse mais selon moi ce n'est pas ce qui tient le roman. En effet, le ton incisif d'Amelia, sa mauvaise foi évidente et les relations passionnées mais tumultueuses de Peabody et Emerson forment le véritable sel de la lecture. J'aime toujours autant la façon qu'a Elizabeth Peters de faire tenir à Peabody un double discours: à la fois un discours direct de Peabody qui pense relayer en toute bonne foi et impartialité anglaise les évènements tels qu'ils se sont déroulés et d'autre part tout ce qu'elle sous-entend - souvent à son insu - dans ses récits. Peabody qui se défend de toute jalousie alors qu'elle doit être complètement cramoisie d'envie de meurtre, a de quoi réjouir le lecteur. Pas de changement dans le couple Peabody-Emerson. On retrouve les mêmes descriptions lyriques et complètement énamourées de Peabody envers les qualités morales et physiques de son mari, les disputes qui finissent par se régler sur l'oreiller et la compétition que les deux époux se livrent afin de savoir le fin mot de l'histoire.

Mais quid de Ramses me direz-vous? Pas de panique, ce cher ange *tousse tousse* est bien présent et pour une fois, je dois admettre qu'il est loin d'être agaçant. Elizabeth Peters opère ici un excellent retournement sur le personnage du petit garçon (qui a dit monstre?) qui, non sans se départir de sa logorrhée et de son sens pratique hérité de sa mère, montre une face plus fragile. Cette fragilisation du personnage de Ramses, qui reste malgré tout fidèle à lui-même, apporte selon moi, un éclairage différent sur le petit garçon et les relations qu'il entretient avec ses parents et notamment sa mère. On ne peut pas dire que Peabody soit, de ce point de vue là, une mère aimante. Elle l'aime mais à sa façon, un peu de loin alors qu'Emerson est fou de son fils. La présence de Percy et Violet - enfants d'un des frères de Peabody - met en balance la personnalité de Ramses sous un jour - selon moi - favorable à ce dernier. Je vous laisse découvrir les relations tumultueuses entre Percy et Ramses mais j'ai éprouvé beaucoup d'empathie avec le petit Emerson. Admettez...ça change. Cela donne aussi l'occasion d'une très jolie scène entre Ramses et sa maman, un spectacle assez rare surtout pour un petit garçon anxieux de la sécurité de ses parents (même s'il l'exprime d'une façon étrange parfois).

Pour ce cinquième tome, nous retrouvons donc un couple fascinant, leur petit garçon farfelu et un peu effrayant et la plume acérée de Peabody sous la main d'une Elizabeth Peters en forme. Un divertissement dans la droite ligne de ses prédécesseurs. 

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