lundi 16 septembre 2013

L'alchimiste des ombres - Les Lames du Cardinal #2 - Pierre Pevel


SERIE COUP DE COEUR

Présentation de l'éditeur: Paris, 1633. Les dragons menacent le royaume. Surgis de la nuit des temps, ils sont avides de pouvoir et décidés à restaurer leur règne absolu. Usant de sorcellerie, ils ont pris apparence humaine et créé une puissante société secrète, la Griffe noire, qui conspire déjà dans les plus grandes cours d'Europe. Pour déjouer leurs sinistres complots, Richelieu a reformé son unité d'élite, une compagnie clandestine d'aventuriers et de duellistes rivalisant de courage, d'élégance et d'astuce. Six hommes et une femme aux talents exceptionnels prêts à braver tous les dangers et à risquer leur vie pour la Couronne : les Lames du Cardinal. Mais alors qu'ils ont rendez-vous, par une nuit d'orage, avec une espionne italienne aussi belle que dangereuse qui prétend détenir les clés d'un complot à venir, ils sont loin d'imaginer l'ampleur de la tragédie qui va s'abattre sur la France et les obliger à affronter leur plus terrible adversaire : l'Alchimiste des ombres...

Il y a quelques temps je vous parlais du tome 1 des Lames du Cardinal de Pierre Pevel. Ma procrastination aidant, je ne vous parle de la suite que maintenant alors que j'ai fini de lire ma trilogie quasiment au moment où j'écrivais ma première chronique. Aucun rapport avec mon avis sur le roman cela dit, juste une bonne vieille procrastination. 
Même si la surprise du premier tome a disparu, L'Alchismiste des ombres se place dans la droite ligne du premier tome des Lames et concrètement, j'y ai retrouvé tout ce que j'avais apprécié dans celui-ci. 

Bien que nous connaissions davantage les personnages, certains mystères s'épaississent à leur sujet - pourquoi Agnès n'a-t-elle pas fini son noviciat? Comment Leprat a-t-il attrapé la rance? Quels secrets cache le capitaine? Qui est vraiment Saint-Lucq? - tandis que d'autres trouvent leurs réponses comme ce qui s'est réellement passé à La Rochelle lors du siège raté. L'auteur distille les informations tout au long des trois tomes ce qui permet une approche en profondeur des personnages, de leur histoire et de leur psychologie, bien mieux que ce qu'il aurait pu faire en une fois. On dépasse alors le côté stéréotypé des personnages pour comprendre ces individus et voir au-delà du masque. On comprend mieux ce qui agite Agnès, ses peurs et ses espoirs. Leprat également, qui balance toujours entre sa casaque bleue des mousquetaires et l'habit des lames. Le taquin Marciac, le silencieux espagnol, le fidèle Ball, le profond Arnaud de Laincourt et le mystérieux Saint-Lucq complètent, aux côtés du Capitaine La Fargue, les Lames et leur mystère. 

Ce second tome prolonge l'intrigue du premier en s'appesantissant néanmoins plus sur les intrigues de cour que sur l'action proprement dite. Certes, nos amis rencontrent de temps à autre dragons et autres dracqs mais entre l'italienne espionne mercenaire qui cherche à se mettre sous la protection de Richelieu et les intrigues à la cour de Louis XIII qui implique Anne d'Autriche et la duchesse de Chevreuse, nous sommes plongés dans un monde plus politique. C'est l'une des grandes qualités de cette série, la manipulation habile de l'action et de l'Histoire, cette jonglerie entre notre Histoire et l'uchronie que Pierre Pevel met en place. Pour les lecteurs qui connaissent la cour de Louis XIII ou plus généralement le XVIIe siècle, c'est toujours un régal de voir comment il modifie l'Histoire et sa façon de croquer les personnages célèbres. La duchesse de Chevreuse est de ce point de vue là une véritable réussite. Indéniablement, Pierre Pevel a su comprendre la femme ambitieuse qu'elle était tout en montrant une de ses jolies facettes, son attachement profond et sincère à la reine qui n'avait d'égal que son mépris pour le roi. J'ai trouvé sa caractérisation très juste. 

L'écriture reste un régal. Léchée, elle affecte une caractéristique XVIIe siècle sans jamais trop en faire. Pas de recréation d'un parlé dans le vocabulaire mais plus un ton, un phrasé d'époque. Le lecteur reste immergé dans ce Paris du XVIIe siècle sans sentir néanmoins de décalage qui nuirait à la lecture. 

Si la fin du tome 1 nous incitait instamment à lire la suite, c'est encore pire avec le tome 2. Cette fin qui n'en est pas une, oblige le lecteur à enchaîner sur le tome 3 qui s'avère encore un cran plus sombre. A mesure que l'on s'avance dans l'intrigue, nous plongeons dans les méandres d'une France sombre, envahie par les traitres et les dragons. Nos héros s'en sortiront-ils sans trop de perte? C'est ce qu'il reste à découvrir dans le troisième tome Le dragon des arcanes.

2 commentaires:

La Dame a dit…

Ah ! Je viens de finir le tome 2 ! Et donc de commencer le tome 3, car comme tu le dis, impossible de laisser "L'Alchimiste" sans enchainer directement avec sa suite.
Je suis vraiment conquise par l'univers (et j'ai déjà moult idées de scénario, là, maintenant, tout de suite, vivement la sortie du jdr...), le rythme trépidant des intrigues, les personnages hauts en couleur et bien caractérisés (je te rejoins totalement sur la duchesse de Chevreuse, d'ailleurs). L'ensemble a un côté pulp vraiment sympathique.
C'est de plus très agréable à lire, le style est comme tu le dis un bon compromis entre le parler XVIIe dont Pevel dispense quelques touches sans s'encombrer de tournures totalement indigestes de nos jours.
Un point négatif cependant, il se perd trop souvent dans des descriptions de parcours urbains en donnant moult noms de rue, façon GPS dans le Paris des années 1630. Bien sûr, cela montre sa maîtrise de la géographie des lieux, mais ce sont des détails dont je me passerais, au profit des descriptions d'ambiance (qu'il fait d'ailleurs très bien, soit dit en passant). Idem dans ses descriptions de personnages, dont les tenues sont détaillées par le menu, de haut en bas plutôt que d'en donner une allure générale. Trop de précisions qui donnent parfois l'impression de lire un script de film ou une fiche de perso de JdR. Pas sûre d'ailleurs que se soit un hasard, puisque les "Lames" sont désormais un jeu de rôle. Un développement de cet univers que Pierre Pevel avait peut être anticipé.
A part cette petite réserve, rien à redire. En plus c'est français, et visiblement ça marche en Anglophonie. Je souhaite à Pierre Pevel le même succès Outre Manche et Outre Atlantique qu'un certain monsieur Dumas.

Perséphone a dit…

Oui je comprends ta critique. Cela dit, moi qui ait vécu la quasi totalité de ma vie à Paris, je trouve ça vraiment agréable parce que je vois de quoi il parle. Dans ma tête de resitue, je compare avec ce que je connais vraiment. J'imagine bien que pour un lecteur qui ne connait pas Paris comme ça cela doit fatiguer un peu. C'est une question d'affinité avec la ville je pense.

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