mardi 27 mai 2014

Le secret d'Edwin Strafford - Robert Goddard


Présentation de l'éditeur: 1977 : Martin Radford, jeune historien londonien dont la carrière universitaire a été brisée par un scandale, arrive sur l’île de Madère. Il y rencontre Leo Sellick, un millionnaire sud-américain, qui habite une superbe villa, naguère propriété du mystérieux Edwin Strafford, mort en 1951. Homme politique de premier ordre, promis à un brillant avenir, Edwin Strafford a été en 1908, à l’âge de 32 ans, ministre de l’intérieur du cabinet Asquith, aux côtés de Lloyd George et de Churchill, avant de démissionner brutalement en 1910 et de quitter la vie politique sans explication aucune pour disparaître dans l’anonymat. Les raisons de cette rupture inexplicable sont elles dans le manuscrit de ses mémoires, retrouvé dans la villa ? La lecture passionnée qu’en fait Martin pose beaucoup plus de questions qu’elle ne donne de réponses. En particulier sur le rôle d’Elizabeth, une jeune suffragette - ces militantes activistes qui revendiquaient le droit de vote pour les femmes dans un Royaume-Uni très conservateur - avec qui Strafford a vécu une histoire d’amour passionnée. Fasciné par les énigmes qui jalonnent le destin de Srafford, Leo Sellick propose à Martin de le rémunérer pour éclaircir cette étrange affaire. Mais alors que son enquête progresse, Martin va vite comprendre que cette histoire est loin d’être finie, et que, dans l’ombre, beaucoup ont encore intérêt à ce que le voile ne se lève jamais sur le secret d’Edwin Strafford.

Je sais que ce livre à beaucoup plu. J'en ai lu beaucoup de bien, mes collègues ont aimé et tout me portait à lire ce roman entre polar et fausse biographie. Aussi, je n'ai pas hésité bien longtemps lorsque je l'ai vu en poche et c'est toute guillerette que je me suis apprêtée à le lire. Grand mal m'en a pris, j'ai eu envie de balancer ce roman contre les murs une bonne douzaine de fois pour finir par violemment l'abandonner tant les personnages me rendaient folle. 

Du point de vue purement narratif, avant d'aborder la question qui fâche des personnages insupportables, j'ai trouvé assez débile la façon de systématiquement court-circuiter le suspense alors que nous sommes dans un roman policier. D'entrée de jeu, le lecteur est mis au courant des infortunes d'Edwin Strafford, de son renvoi du parti et de la rupture de ses fiançailles. Dès lors, je ne suis pas du tout arrivée à m'attacher ni à m'intéresser au journal personnel d'Edwin, qui raconte, en plus développé je l'admets, ce qui lui est arrivé. Etant donné que le pauvre bougre ne sait pas qui lui en veut au point de détruire sa carrière et de lui voler la femme de sa vie, j'ai trouvé ça chiant au possible. Le suspense véritable qui consiste à savoir qui et pourquoi m'a laissée complètement de marbre.
Si encore cela ne se produisait qu'une fois - sur une bonne centaine de pages quand même - j'aurai peut-être pu passer mais j'ai constamment eu l'impression de relire une histoire déjà connue. Un peu comme quand on vous spoile Game of Thrones ou la fin d'un Hercule Poirot...il n'y a plus vraiment d'intérêt au bazar. 

Quant aux personnages...Non franchement rien à faire. Je n'ai pas réussi à éprouver la moindre empathie pour Edwin Strafford qui manque quand même singulièrement de charisme. Il est en colère mais se laisse ronger plus facilement qu'il ne devrait. Je sais que tous les héros et héroïnes ne doivent pas être des sur-hommes ou des sur-femmes, mais les gens qui acceptent gentiment ce qu'on leur balance dans la tête...en littérature...non merci. Martin Radford ne m'a pas non plus emballée, les deux personnages sont assez mous et j'aurai pu apprécier Leo Sellick s'il n'avait pas écrit "Fourbe" en gros sur son front. J'ai trouvé que les personnages manquaient cruellement de subtilité, ils sont là où on les attend ou alors ils déçoivent.

Le pire de tout étant la fiancée d'Edwin que j'ai eu envie de gifler. J'ai lu plusieurs fois qu'elle était admirable et courageuse...alors peut-être aurais-je dû lire le roman jusqu'au bout - si quelqu'un veut bien me raconter comment tout ça fini et les liens fumeux entre Radford et Strafford, je suis preneuse - et découvrir qu'elle subissait des pressions odieuses, mais je n'ai pas réussi à la prendre en pitié une seule minute. Déjà je n'ai pas cru à leur histoire d'amour, entre la féministe et le politicien, quelque chose sonne faux pour moi. Ensuite, je me dis que si on venait me raconter des choses horribles sur l'homme que je vais épouser, au lieu de couper directement les ponts comme ça sans plus jamais lui adresser la parole, j'aurai essayé au moins de comprendre. Je ne dois pas être normale...Je peux comprendre qu'elle émette des doutes, mais il a bien démissionné pour l'épouser, comme prévu, du coup, ce n'était pas possible un bon petit dialogue? 
On ne va pas parler de Gerald, ça va me foutre en rogne.

Cette histoire m'a donné l'impression de lire une mauvaise romance où les personnages ne sont pas capables de dialoguer correctement et mettre les choses bien à plat histoire de supprimer les quiproquo ridicules. Après tout, si elle n'était pas capable de se rendre compte de qui était réellement Edwin et Gerald - et réciproquement - Edwin n'a rien manqué! 

Je suis sans doute passée à côté d'un super récit, j'en conviens. Seulement, à partir du moment où dans les premiers chapitres ont m'explique la vie d'Edwin Strafford et que rapidement, je me rends compte qu'effectivement sa vie s'est déroulée de la sorte, qu'il n'y a aucun espoir ni pour sa carrière politique, ni pour son amour...et bien je perds complètement l'intérêt du roman. Savoir qui l'a fait plonger et pourquoi ne me motive plus du tout. C'est juste une grosse bouillie de destins gâchés et niveau polar, je préfère encore qu'on me tienne en haleine.

Un roman que je n'ai donc pas du tout aimé mais il semblerait que je sois la seule!

2 commentaires:

Vivi Potter a dit…

oh dommage! le résumé était tentant

Perséphone a dit…

@Vivi: je suis l'une des rares à n'avoir pas aimé...

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