lundi 9 décembre 2013

The Last Camel died at noon - Amelia Peabody #6 - Elizabeth Peters


Présentation de l'éditeur: Quelle mouche a donc bien pu piquer la pétulante Amelia Peabody pour qu'elle s'engage, au mépris de toute prudence, au coeur du Soudan révolté, sur les traces du jeune vicomte Blacktower dont on est sans nouvelles depuis des années ? La voici, en tout cas, perdue au milieu des sables, sous un soleil d'enfer, avec son intrépide compagnon Emerson et leur génial rejeton Ramsès. Aucune oasis en vue, pas le moindre signe de vie, à l'infini un vallonnement de dunes aveuglantes... et leur dernier chameau qui vient de rendre son dernier souffle. Pourtant l'énigmatique message griffonné sur un fragment de papyrus par le jeune disparu ne laisse planer aucun doute sur l'existence d'une cité fabuleuse enfouie au fond des sables - une cité qui a traversé les millénaires, et dont n'oserait rêver aucun archéologue. Au prix de quels périls Amelia et les siens parviendront-ils à s'en approcher ? Quelles épreuves les attendent au terme de cette découverte ?

Pour suivre toute la saga des Peabody et Emerson, suivez Cheshire

C'est vrai qu'il est dur d'arriver à se renouveler lorsque l'on écrit une série comme celle des Peabody et Emerson.  C'est également le cas pour la série Charlotte and Thomas Pitt d'Anne Perry. Eviter de les lire à la suite et de les consommer comme des macarons peut déjà aider à garder intact l'envie et la fraîcheur d'une série. Cependant, il arrive parfois qu'au milieu de livres doudous se cache un ugly duckling

J'ai le regret d'avouer que Le secret d'Amon-Râ est une déception dans cette série que j'adore. Pourtant tout commençait très bien. Le premier chapitre nous plonge directement dans l'histoire, à un point déjà bien avancé du récit, ce qui ne manque pas de soulever d'emblée de nombreuses questions: qu'est-ce que Ramsès, Peabody, Emerson et Kemitt font en plein milieu du désert soudanais avec un chameau mort et plus d'eau? Qui est Kemitt? Non mais sans déconner, qu'est-ce qu'ils font là? Le début est suffisamment attractif pour avoir envie de découvrir la suite et l'humour du couple Peabody-Emerson est bien là. 
"Le capitaine se révéla être une vieille connaissance d'Emerson. Bon nombre des habitants de Nubie se révélèrent être de vieilles connaissances d'Emerson."
"En fait, Ramsès s'est grandement bonifié au cours de ces dernières années. (Ou alors je me suis habituées à lui. On dit qu'on peut s'habituer à tout.)"
"J'aurai pu lui faire remarquer qu'il était impossible de surveiller Ramsès en "l'ayant à l'oeil". La tâche exigeait une attention totale des deux yeux et une main ferme au collet."
Cependant l'ensemble se gâte très vite pour une simple bonne raison: le roman est trop long et manque de rythme. 

L'intérêt de Peabody et Emerson réside plus à sens dans ses personnages principaux que dans ses intrigues. On sait très bien généralement où va nous mener Elizabeth Peters. Cependant, elle le fait toujours en se moquant de Peabody et d'Emerson si bien que le côté prévisible de la plupart des intrigues n'est pas franchement gênant. Il ne s'agit pas d'un Agatha Christie où le clou du roman consiste à suivre les déductions de Poirot ou de Marple jusqu'à la désignation du coupable. Généralement, on sent - parfois même avant Peabody - qui a agit comment et pourquoi. 
Je ne sais pas vous mais j'adore retrouver ce schéma où Peabody suspecte un acte criminel quelconque, si possible impliquant un amour impossible entre deux jeunes gens, Emerson rejetant alors toute idée de crime avant de se lancer joyeusement dans une compétition avec sa femme sur "qui va trouver le meurtrier/criminel le premier". C'est une constante qui revient à chaque volume et qu'Elizabeth Peters sait en général très bien intercaler avec le mystère ambiant. Seulement ici ni l'intrigue, ni finalement la "compétition d'idée" entre Emerson et Peabody n'ont véritablement d'intérêt et l'intrigue, assez faible, n'est jamais vraiment relevée par un couple en forme. 

J'ai apprécié l'intention de l'auteure de se renouveler en apportant un changement profond à sa façon de construire une intrigue. En deux parties, la première se déroulant successivement à Londres puis en Egypte et la seconde dans le pays de Koush au Soudan, le roman renouvelle donc assez bien le type d'intrigue attendue. Malheureusement le suspense est constamment désarmé trop tôt, laissant le lecteur avec des points de détails en guise de fils rouge. 
A côté de ce premier problème il faut admettre que le roman est beaucoup trop long, ce qui entraîne inévitablement des répétitions et un soucis de rythme flagrant. Il aurait fallu, je pense, abréger la première partie pour développer la seconde puisqu'il semble évident que c'est sur cette dernière qu'Elizabeth Peters comptait faire peser le suspense.
En parlant de cette seconde partie, elle aurait pu être vraiment intéressante si nous n'avions pas le droit souvent  à des demi-rebondissements qui finissent par être lassants. Du coup même les fausses pistes fracassantes ne prennent pas quand après cinq cérémonies sacrificielles, nos héros échappent toujours de justesse à la mort et se demandent "mais où veulent-ils en venir?". Comme je le disais, le suspense est désarmé toujours trop tôt. En reposant le livre on se demande du coup, s'il y avait une intrigue dans ce qu'on vient de lire.

Étant donné que l'on sait que Peabody, Emerson et Ramsès vont s'en sortir, le lecteur ne peut même plus compter sur ce suspense là. Personnellement la seconde partie a été pénible à lire parce que fondamentalement sans vrai rebondissement ni intérêt. Les ficelles sont plutôt grosses et les répétitions lassent.

Tout n'est pas à jeter, cela reste un Peabody-Emerson quand même! Ramsès est égal à lui-même, même si d'un point de vue personnel, on ne le voit pas assez. J'ai déjà dit que j'avais aimé la tentative d'Elizabeth Peters de se renouveler et c'est vrai, même si c'est râté au final. On sent qu'elle réfléchit sur le devenir de sa série et qu'elle ne peut se permettre d'écrire de la même façon d'un tome à l'autre. 

Peabody est toujours aussi pénible drôle et j'adore lire ses multiples descriptions d'Emerson, surtout vêtu à la mode égyptienne (une sorte de kilt, torse nu et les cheveux au vent). On ne pourra pas reprocher à Peters de ne pas mettre en avant la plastique et le charisme de son héros, de même que son amour et ses ardeurs envers sa femme. C'est toujours un aspect qui me plait, cet amour et ce désir que l'on sent émaner des deux personnages. Cela donne lieu à des situations cocasses ou des réflexions que le lecteur ne peut pas oublier.

Si cette lecteur a été au final en demi-teinte je laisse bien volontiers le bénéfice du doute à Elizabeth Peters. Tous les tomes d'une même série ne peuvent pas être bons ni au même niveau et si Le secret d'Amon-Râ est au final une petite rotten apple, il n'empêche que je vais continuer avec plaisir. On me souffle d'ailleurs dans l'oreille que le tome suivant, retour à Amarna, est un petit bijoux! Merci maître Zouda et hâte de retrouver mes héros en meilleure forme!

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Vrai de vrai, les tomes suivants sont géniaux. Mes petits chouchous: le 12 et le 13... Tu comprendras pourquoi quand tu les liras! J'adore cette auteure, j'étais vraiment triste quand j'ai appris son décès cet été... Ses romans d'aventures/policiers sont toujours très intéressants et passionnants! Pour celles qui ne connaissent pas, commencez par Amelia et enchainez avec la série des Vicky Bliss, c'est un régal (et on est toujours partante quand John Smythe vient frapper à notre fenêtre ^^)
G.

PS: au fait, j'adore ton blog! C'est dingue, on a vraiment les mêmes goûts en livres (vive Claude Ponti et Dumas) et séries! Et je te félicite pour les petits dossiers explicatifs sur tous les genres de la fantasy, de l'utopie, c'est très enrichissant!

Perséphone a dit…

Salut G. Pour l'instant j'adore le 1 et le 4 mais effectivement j'attends la suite! Le 12 et le 13 tu dis? Je note!
J'ai très envie de découvrir Vicly Bliss et même son autre série Jacqueline Kirby.
Merci pour le compliment. Ah Claude Ponti et Dumas....Un pour tous, tous pour un.

Je suis ravie que mon dossier sur les littératures de l'imaginaire t'aient plu! C'est un genre tellement vaste qu'il faut plus d'une vie pour tout lire.
N'hésite pas à donner des idées de lecture si tu vois que j'ai oublié quelque chose.

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