dimanche 23 septembre 2012

Cheshire au pays de Poe


Résumé de l'épisode précédent: Cheshire s'étant brillamment (selon ses propres dires) fait remarquer lors du procès de la vilaine belle mère, Perséphone lui a autorisé à prendre un peu d'avance. Notre chafouin a donc décidé d'aller voir un vieil ami dont la maison tombe en ruine: Usher. 

Un rire lugubre retenti dans cette froide nuit où une lune sanglante brillait au dessus de la maison branlante. La maison craque, souffre, fait un bruit du diable. Les tuiles glissent sur le toit et s'éparpillent sur le sol en se fracassant, créant comme une symphonie cristalline. Le bois et le métal se tordent, le mur se lézardent. Quelqu'un pousse un cri à vous glacer le sang et dans un dernier souffle la maison Usher s'effondre. Puis le silence tombe. La poussière retombe. Parmi les débris, une forme bouge encore. Une silhouette noire se faufile entre les gravas et  retire délicatement le chat des ruines. Il est tout cassé et ne grimace plus. La silhouette le dépose dans le jardin et passe la main dans le pelage soyeux. Lentement le chat rouvre les yeux.

***

Quelques jours plus tôt...

Ca fait un moment que je n'ai pas vu mon vieux pote Usher. Je l'aime bien. Il faut dire qu'il n'a jamais été très net et j'aime m'entourer d'amis sûrs. On s'est perdu de vue à cause de mes mauvaises fréquentations (du genre qui tient une librairie et qui parle à ses livres). Je sais que Persie ne l'a jamais vraiment aimé, elle a toujours eu des goûts étranges. Enfin, me voila en route. J'ai décidé de passer quelques jours de repos. Il parait qu'il a quelques travaux à faire dans sa maison familiale et je suis toujours là pour donner un coup de patte (sauf pour le bain hebdomadaire, je n'aime pas le bain hebdomadaire). 
Il ne fait pas vraiment beau mais ma foi nous sommes en Angleterre plus rien ne devrait raisonnablement me surprendre...Il y a dans l'air un parfum de mélancolie et de tristesse, un peu de folie aussi. Ca me rappelle mon enfance, cette époque bénie où je faisais croire à ma mère que j'étais sain d'esprit. Ca lui faisait peur c'était bien!
Mais je m'égare. 

Bon il n'a pas l'air en forme notre Usher. Le visage cireux, le cheveux gras il y a du laisser-aller dans l'air:
"Bah alors mon vieux?" je lui demande dès que je l'aperçois. "Qu'est-ce qu'il t'arrive? Tu as une tête de déterré!"
Comme mon ami ne répond pas je parle pour lui. Je lui raconte mes dernières aventures, ma dispute avec Perséphone, mon entrainement chez Lagardère, mon procès victorieux contre Blanche-neige. Mais je sens bien qu'il n'est pas à ce que je lui raconte.
"Ah mon pauvre Cheshire" soupire-t-il. "Si vous saviez.."
Mon pauvre Roderick de me raconter sa maladie. Lui qui n'a jamais été bon à ce jeu là, entend les souris courir dans les murs. La lumière lui détruit lentement les yeux et sa soeur jumelle, la belle Madeline semble souffrir elle aussi de ce terrible mal! Alors que je pensais que nous avions atteint le sommet, Usher me raconte alors que la maison est vivante.

Je ne suis pas un chat superstitieux...on a bien un ou deux chats noirs dans la famille du côté de mon père mais je ne les vois jamais, c'est dire. Cependant, après ces révélations je dois admettre que la bicoque m'a semblé beaucoup moins agréable. Vous savez, c'est commun à toutes les vieilles maisons les bruits étranges, cet espèce de ronronnement constant...cela dit je suis né dans un livre sans dessous dessous, ce genre de choses ne devraient même pas m'atteindre. Que voulez-vous...j'ai toujours été un chat sensible.
Un soir, Roderick vient me voir en me hurlant dans les oreilles que Madeline est morte! Vous parlez d'un choc...je viens prendre un peu de bon temps dans une bicoque en ruine et me voila avec un cadavre sur les pattes...La prochaine fois je changerai d'organisateur! Je trouve Madeline ficellée comme un Jésus dans sa bière et Usher me demande de l'aider à la descendre à la crypte (oui je vous l'accorde ça fait un peu vide grenier...). Enfin, je l'aide à mettre cette pauvre Madeline au tombeau et je poursuis tranquillement mes vacances dans la maison familiale. Cela dit il a l'air bizarre Roderick depuis quelques jours, enfin, encore plus que d'habitude. Il parle tout seul, il ne mange rien, il ne dort plus...je me demande vraiment ce qu'il se passe.

L'air se rafraichi vous ne trouvez pas?

Ca y est! c'est décidé je vais lui parler, il ne peut pas rester comme ça à broyer du noir!
"Usher qu'est-ce qu'il se passe?"
"Faites-moi la lecture Cheshire"
J'avoue je trouve ça étrange comme requête mais je m'exécute de bon coeur. Plus ma lecture avançait et plus je me sentais mal à l'aise. Des cris semblaient sortir de mon roman et je me sentais pétrifié! Roderick quant à lui semblait insensible à ces bruits et paraissait endormi dans son fauteuil...
Je m'approche de lui et le voila qui baragouine:

"- Vous n’entendez pas ? - Moi, j’entends, et j’ai entendu pendant longtemps, - longtemps, bien longtemps, bien des minutes, bien des heures, bien des jours, j’ai entendu, - mais je n’osais pas - oh ! pitié pour moi, misérable infortuné que je suis ! je n’osais pas, - je n’osais pas parler ! Nous l’avons mise vivante dans la tombe ! Ne vous ai-je pas dit que mes sens étaient très fins ? Je vous dis maintenant que j’ai entendu ses premiers faibles mouvements dans le fond de la bière. Je les ai entendus, - il y a déjà bien des jours, bien des jours, - mais je n’osais pas, - je n’osais pas parler ! Et maintenant, - cette nuit, - Ethelred, - ha ! ha ! - la porte de l’ermite enfoncée, et le râle du dragon et le retentissement du bouclier ! - Dites plutôt le bris de sa bière, et le grincement des gonds de fer de sa prison, et son affreuse lutte dans le vestibule de cuivre ! Oh ! où fuir ? Ne sera-t-elle pas ici tout à l’heure ? N’arrive-t-elle pas pour me reprocher ma précipitation ? N’ai-je pas entendu son pas sur l’escalier ? Est-ce que je ne distingue pas l’horrible et lourd battement de son coeur ! Insensé ! Ici, il se dressa furieusement sur ses pieds, et hurla ces syllabes, comme si dans cet effort suprême il rendait son âme : - Insensé ! je vous dis qu’elle est maintenant derrière la porte !"*

A cet instant, Madeline encore dans son linceul s'avance dans la pièce et se précipite sur Roderick qui hurle de frayeur! J'en les poils dressés! Ils sont fous ici!
La maison craque de partout, elle pleure avec les Usher. Il faut que je sorte d'ici, il faut que sorte d'ici!!!!!!

***

Cheshire ouvre doucement les yeux. Il a les coussinets douloureux, il est couvert de poussière et les oreilles qui bourdonnent. Notre chafouin tente de se redresser mais ça fait trop mal. Que s'est-il passé? Des images lui reviennent: Usher, sa soeur, l'enterrement, la maison qui craque et le salon qui lui tombe dessus. Mais comment a-t-il pu sortir de là? se demande-t-il. Ce malheureux greffier se remet sur ses pattes et regarde autour de lui. A quelques pas de là, posés sur l'herbe, une petite bouteille de lait et un gâteau. Sur la bouteille on peut lire "Drink me" et sur le gâteau "Eat me". 
Une grimace barre le visage de Cheshire: "Persie, you dog!" s'exclame-t-il en ronronnant de plaisir. Le chafouin d'humeur joyeuse et le gateau fourré dans la bouche, décide donc de rejoindre Londres. Il parait qu'une place de nounou est à pourvoir chez la famille Banks...


* extrait tiré de La chute de la Maison Usher d'Edgar Poe. 

mercredi 5 septembre 2012

Quelle est la Thursday Next en toi?

A l'initiative de Resmiranda sur Whoopsy Daisy, j'ai répondu à un petit test ffordien!

Source


•Vous êtes l’équivalent d’Hadès en France, vous voulez frapper fort en enlevant un personnage de la littérature française et qui résultera en un tollé national. Sur quel personnage se portera votre choix pour secouer un maximum la population ? 

Pour me faire plaisir, je penche pour Emma Bovary ou l'un des personnages de Stendhal, Julien Sorel, Fabrice Del Dongo. Maintenant si je suis Hades et que je suis vraiment, mais vraiment sans scrupule (Acheron Sans scrupule Hades), j'enlève Monte-Christo parce que bon, si tu supprimes d'Artagnan, il reste toujours les trois mousquetaires.

•Votre oncle Mycroft est un inventeur de génie. Il vous fait visiter son atelier, quel appareil émoustille le plus votre intérêt : le papier Rosette, l’Olfactroscope, l’écran de veille rétinien, la Caméléauto ? 

Je crois que je prends le papier rosette, je ne sais pas conduire!

•Vous devez empêcher votre pire ennemi d’accomplir d’autres méfaits et l’empêcher de produire de nouvelles armes. Dans quel livre l’enfermeriez-vous à l’aide du portail de la prose ?

Je l'enferme dans une notice de lave-vaisselle ou dans Ulysse de James Joyce à voir! 

•Vous êtes membre de la chronogarde et vous pouvez enfin prendre votre retraite bien méritée. Où et à quelle époque passez-vous celle-ci ?

Question très difficile pour une historienne je l'avoue mais je prends la cour des Tudors vers 1509 parce qu'on s'y amuse bien et parce qu'en France, François Ier est encore jeune et sans maladie! (comment ça gourgandine?)

•A part chez les Opspecs-27, dans quel service aimeriez-vous travailler ?

J'ai une tête à arrêter les pendules ça ne se voit pas? (et ponctuellement avec Spike bien entendu).

•Vous êtes un japonais possédant le don d’entrer dans les livres. Comment vous servez-vous de votre don ? En emmenant des touristes dans les œuvres les plus connues pour vous faire un joli bénéfice ? En gardant votre talent secret pour en profiter seul et vous promener dans tous vos romans favoris ? En choisissant de vous exiler définitivement dans votre roman préféré ?

Je garde ça pour moi (et mes amis) et je voyage dans le Bookworld. Je rêve d'aller consoler Rochester du départ de Jane.

•Vous avez la possibilité d’entrer dans Jane Eyre à l’aide du portail de la prose. Dans quel chapitre voulez-vous entrer ?

"You're a witch!" me tente bien, sinon aux retrouvailles de Jane et Rochester.

•Vous avez l’opportunité de changer la fin d’un roman en vous glissant dans ses pages. Quel roman choisissez-vous et comment changeriez vous la fin ? 

Changer un roman tout court: LITTLE WOMEN parce que Jo + Laurie = obligatoire!!!! (j'en profiterai pour zigouiller la petite soeur d'ailleurs). Sinon changer une fin? Quelques détails dans la bataille du dernier Harry Potter.

jeudi 30 août 2012

HELLO SWEETIE




THIS IS A WHO ARTICLE

J'espère que vous le savez mais samedi c'est la reprise de DOCTOR WHO!
Quand j'ai réalisé ça, j'ai fait ça dans ma chambre:

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et ça:

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La saison 7 par sur des chapeau de roue avec son premier épisode: Asylum of the Daleks! Ca promet mes chatons! (aujourd'hui vous êtes mes chatons, influence de Cheshire sans doute).

Quelques petits amuses-bouches pour vous mettre en appétit?

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Deux trailers de la saison 7 en vostfr (que je n'ai pas regardé, je refuse...je résiste encore et toujours mais je veux être surprise le plus possible):





La série: THE POND LIFE, prequel à ce qui va suivre samedi, 1 épisode par jour jusqu'à demain:


Vous trouverez les vidéos ici chez Tardib (à qui on dit merci parce qu'il a mis les sous-titres pour ceux qui ne parleraient pas couramment le docteur)
et la vidéo complète!


Enfin, quelques affiches du programme de cette saison 7!








Alors rendez-vous samedi?

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dimanche 26 août 2012

Blanche-neige et les sept Cheshire


Résumé de l'épisode précédent: Après avoir failli frôler l'incident diplomatique - mentionner l'appendice nasal de Cyrano de Bergerac se fait à ses risques et périls - Cheshire a décidé d'aller faire un tour dans Blanche Neige. 

J'étais beau Mesdames et Messieurs! Oui, je n'ai pas honte de l'avouer, je le dis tout net, j'étais beau. Ma grande toge noire m'allait comme un gant, ma perruque banche poudrée me donnait l'air vénérable. J'étais fin prêt, mon dossier en main, prêt à en découdre! 

"Mesdames et Messieurs, la cour!"
Nous nous levâmes majestueusement tandis qu'entraient le roi et la reine de Coeur: "Qu'on lui coupe la tête!" s'écriait la brave dame...ça commençait bien. Cela dit j'étais dans mon élément, presque à la maison dirons-nous. Du côté des victimes (mon opposé en somme), Blanche-neige et ses sept nains. Mon client, ou plutôt ma cliente entra majestueuse et belle et prit place à côté de moi. La vilaine belle-mère, puisque c'était elle, avait fait appel à mes services et vous me connaissez je suis toujours prêt à être aimable *sourire de Cheshire*. Le chef d'accusation: tentative d'empoisonnement *une paille quoi*, ma mission: l'acquittement *finger in the nose*. Je sais, je sais, nous ne partions pas vraiment gagnants. Mais à Chatfouin rien d'impossible. 
Je sentis le regard de Perséphone sur ma nuque, comme si elle m'attrapait dans la peau du cou, un faux pas et direction la maison. Mais je n'ai pas peur, je sais que je réussirai.

C'est d'abord à la vilaine belle-mère de témoigner. Elle prend sa place dans le box des accusés, bien droite, le regard franc, la pose altière *oui j'en rajoute et alors?* et nous raconte sa version de l'histoire:
"Blanche-neige a toujours été une enfant difficile vous savez. Je comprends parfaitement, être privée de sa mère si jeune c'est terriblement déstabilisant pour une enfant. Son père et moi avons fait tout notre possible pour la mettre à l'aise mais elle a toujours été très hostile envers moi. Je sais que ma beauté peut avoir cet effet là, c'est désolant...Son père l'a beaucoup trop gâtée et l'adolescence a été un passage très difficile. Vous savez...ce sentiment de compétition naturel qu'on éprouve à cet âge...ça doit être encore plus prononcé lorsqu'on m'a comme belle-mère, je suis un vrai modèle pour elle. Non je ne tiens pas à me vanter mais je suis tout de même la plus jolie femme du pays, c'est mon miroir qui le dit. Ce petit chou a dû se sentir vexée, on ressent ce sentiment très fort à son âge. Lorsqu'elle s'est enfuit je me suis fait un sang d'encre à son sujet. Je l'ai fait chercher par le garde chasse elle a cru que je voulais l'assassiner. C'est d'un ridicule."
Même si son discours était sincère, les preuves étaient accablantes: la disparition dudit garde chasse, une Blanche-neige apeurée, le témoignage de sept nains et la fameuse pomme...mon dossier prenait l'eau.

Ce fut au tour de Blanche-neige de se présenter à la barre. Tout en battements de cils *Cheshire roule des yeux* et mordillage de lèvres *elle a fait un stage dans Fifty shades of grey ou quoi?*, mademoiselle entourloupe le jury et ça me rend sain d'esprit!
"J'ai perdu ma maman très jeune" dit-elle en larmoyant "je ne me souviens pas d'elle, simplement que mon père et moi étions très heureux tous les deux. Et puis elle est arrivée. A partir de ce moment là ma vie a été un enfer, je n'étais jamais assez bien pour elle *battement de cils*. Plus je grandissais plus elle me rabrouait *mordillage de lèvres*. J'étais extrêmement malheureuse *mordillage de lèvres*. Un après midi je suis allée cueillir des fleurs dans la forêt mais un chasseur a tenté de me tuer. Il a dit que ma belle-mère lui avait demandé mon coeur mais il a fini par me laisser partir. Je me suis réfugiée auprès de mes amis les nains *battements de cils*. Elle m'a retrouvée et a essayé de m'empoisonner avec sa pomme. Heureusement mon prince m'a sauvée la vie *Mordillage de lèvres + battements de cils + yeux larmoyants, aidez-moi je vais vomir*. "

Pas la peine de vous précisez qu'elle avait le jury dans sa poche. Perséphone se cala sur son banc, un sourire aux lèvres. Allez Cheshire, on se remue le pelage. Force et honneur!

"Votre honneur, votre grandeur, vos majestés, j'aimerai interroger un nouveau témoin pour faire la lumière dans cette affaire." déclamais-je, impérial.
"Qu'on lui coupe la tête!" Hurla la reine
"Je m'en occupe mon sucre d'orge." répondit le roi. "Maître Cheshire, nous vous écoutons."
"Merci votre honneur, votre grandeur, vos majestés. J'appelle Les Sept Nains à la barre."

Serrés les uns contre les autres *pas de panique ils ont l'habitude*, les sept nains attendaient sagement à la barre. Je m'approchais *ou plutôt je déplaçais ma tête vers eux, c'est beaucoup plus commode* et entamais mon interrogatoire:
"Messieurs, que pouvez-vous nous dire sur Blanche-neige?"
"Elle est très gentille. Elle nous fait notre ménage, nous prépare à manger. Nous l'aimons beaucoup." dirent-ils en choeur *je ne sais pas vous mais je trouve ça toujours suspect une cohésion pareille*
"Ne trouvez-vous pas sa présence quelque peu envahissante?"
"N...non" *presque!*
"Pourtant je sais de source sûre que vous aviez des doutes sur son histoire."
"Des doutes?" demanda prof.
"Mesdames et messieurs les jurés, pièce à conviction n°9. Dossier de Joseph Robert dit "Jojo le mérou". Truand bien connu des services de police, il est fiché pour assassinat. Ce faux garde chasse a été engagé."
"Par la vilaine belle-mère!" s'exclamèrent les nains à l'unisson.
"En réalité, les 10000 ducats versés sur le compte de Jojo le mérou proviennent du compte de Blanche-neige elle-même."
"Mais...mais..." bégaya timide "et la pomme?"
"Mais quelle preuve avons-nous si ce n'est le témoignage de mademoiselle Blanche-neige à propos d'une vieille femme soit disant ma cliente ici présente? Aucune. Vous n'étiez pas là?"
"Non mais..."
"C'est bien ce que je disais! Blanche-neige s'est elle-même empoisonnée! Elle faisait ainsi d'une pierre deux coups, en inculpant sa belle-mère de meurtre et en épousant le prince du royaume voisin qui était promis à la propre cousine de Blanche-neige!"
La salle réprima un "OH" de surprise.
"Je vous repose la question...comment est Blanche-neige?"

A partir de ce moment là ce ne fut plus que cris et confusion. Les sept nains se répandirent en rancoeur sur le compte de la jolie princesse, le prince prit la fuite sous les jets de pomme du public, Blanche-neige elle-même sortit de ses gongs et insulta copieusement sa belle-mère qui je dois l'admettre conserva un sang-froid remarquable *il est vrai qu'elle était en grande discussion avec son miroir*. Je me tournai vers Perséphone qui riait sous cape. Elle fit mine d'applaudir et je lus sur ses lèvres:
"Pars devant, je te rejoins."
J'avais gagné la partie encore une fois.

Bon, ce n'est pas tout mes petits chats mais je m'arrache, Persie m'a fait une fleur mais je ne sais pas combien de temps cela va durer et mon pote Usher a besoin d'un coup patte, il parait que sa maison tombe en ruine!    

samedi 25 août 2012

Antigone, l'insoumise - Jean Cassabois

Présentation de l'éditeur: Deux frères s'affrontent et s'entretuent. L'un a droit a des obsèques, l'autre est livré aux bêtes sauvages. Ainsi en a décidé leur oncle, le roi Créon. Mais leur soeur, Antigone, refuse
cette loi. Elle se dresse, seule, fière, fragile. Antigone ! Fille d'Oedipe ! L'héritière ! La petite. 

A noter que le roman en version grand format s'intitulait Antigone 256.

J'ai longtemps fait du grec et j'aime toujours énormément cette langue et sa mythologie. J'ai lu beaucoup de textes classiques comme Homère, Sophocle, Euripide ainsi que Platon et Aristote. Du coup je ne partais pas sans connaitre l'histoire d'Antigone. Vous savez aussi ce que je pense des réécritures, qu'il s'agit d'exercices très périlleux et rarement réussi.

Ce que je dois dire c'est que j'ai été très agréablement surprise par Jean Cassabois qui apparemment est un habitué des réécritures (Tristan et Iseult, Jeanne d'Arc etc.). Je trouve que son initiative est tout à fait louable et même intelligente. Je ne dirais jamais qu'il faut se passer de la version originale, bien au contraire, je pense d'ailleurs que ce genre de texte n'est plus suffisamment enseigné. Sophocle a écrit de merveilleuse pièces de théâtre, mais à la manière d'Anouilh, Jean Cassabois offre une nouvelle version de cette histoire.  Je pense que c'est parfait pour un jeune lecteur non-helleniste et non-latiniste, qui a priori a peu de chance d'aller découvrir Sophocle tout seul. C'est une chance de rentrer en contact avec un mythe si riche de façon intelligente car à mon goût, il parvient très bien à conjuguer modernité et antique. Pour ceux qui connaissent déjà le texte de Sophocle je pense que le récit de Cassabois, si cela ne devient pas un coup de coeur, peut néanmoins, comme pour moi, se révéler être une bonne surprise. 

L'écriture est travaillée, il y a même un rythme particulier qui se dégage à la lecture que j'ai particulièrement apprécié. Comme un mélange de phrases très courtes et d'un langage plus moderne, on sent toute la passion d'Antigone dans ces pulsations de l'écriture. Une véritable ode au texte de Sophocle, Jean Cassabois donne vraiment envie d'aller vers les textes anciens. L'histoire est respectée, pas de modernisation ici, si ce n'est celle de la langue, ce que j'approuve pleinement. Les barrières du texte antique tombe mais l'auteur ne cherche jamais la simplification facile. Le texte s'intercale avec de petits poèmes pour un ensemble fluide mais sans fioritures superflues. Ne reste plus que les sentiments bruts, exacerbés d'une famille déchirée.  

Antigone c'est l'histoire de cette jeune femme qui s'élève, droite et fière, des ruines de sa famille et qui porte la malédiction de son père Oedipe jusqu'au bout. La Maison d'Oedipe est dévastée, ravagée par son horrible faute, l'inceste. Ses deux fils se disputent le trône et de leur combat sanglant s'élève vainqueur un oncle qui tient à tout raser derrière lui. Antigone se rebelle contre ses lois barbares et  veut montrer tout l'amour qu'elle porte à sa famille en défiant son oncle. C'est l'affrontement de la haine et de l'amour, deux folies, deux extrêmes qui luttent l'un contre l'autre. Antigone est solide, elle ne plie pas, jamais et affronte son destin avec calme et sérénité. Elle sait ce qui l'attend mais ne cède pas. Antigone, c'est le bâton d'aveugle d'Oedipe, c'est celle qui rachète les fautes d'une fratrie en lambeaux. Antigone, la fiancée d'Hadès, Antigone c'est une insoumise.

Une petite lecture que je recommande avant d'aborder les textes de Sophocle. 
Merci à Cécile et Hachette Jeunesse pour cette très jolie et poétique découverte.

dimanche 19 août 2012

C'est un matou, c'est un chat, que dis-je c'est un chat, c'est un chafouin...


Résumé des épisodes précédents: Cheshire, après avoir rendu visite au chevalier de Lagardère et s'être amusé avec son costume de Bossu, décide d'aller améliorer ses talents d'épéistes dans la compagnie des Cadets de Gascogne tenue par le redoutable Cyrano de Bergerac.


Acte II, scène 9

Cyrano, le Bret, les cadets, Baron Cheshire de Neuvillette

CHESHIRE (à un cadet)

Serait-ce Cyrano que j'aperçois là-bas?

CADET (à Cheshire)

Mais si c'est bien lui, le cadet le plus hardi
Sans conteste le meilleur bretteur de Paris
La plus fine lame qui existe ici bas.

CHESHIRE

Je vais de ce pas le saluer car un chat
qui se respecte jamais ne doit être rat.
Il est tout de même aisé de le reconnaitre
à sa haute stature on sait qu'il est le maitre.
Hola Cyrano!

CYRANO 

Ventre Saint Gris! Que diable faites-vous ici?

CHESHIRE

Cyrano je tenais à vous complimenter
Pour cet appendice que vous osez porter
Fier et droit il nous ouvre la voie dans Paris
Nous nous rallions tous à son noble panache,
Son arête saillante et sa pointe bravache
semant l'effroi et le désordre derrière lui

CYRANO

Diable de Cheshire qui prétendez-vous railler?

CHESHIRE

Mais c'est que je ne parlais que de votre épée...*



Lorsque Perséphone arriva chez les cadets de gascogne
tous lui parlèrent d'un trognon de pomme. 
Perséphone décontenancée ne savait plus quoi penser,
mais par un prompt renfort cyrano l'avertit
Que son chafouin était déjà parti.
Perséphone amusée se tourna vers les contes de fées.


* Cheshire et moi nous nous excusons pour la taille de l'article d'aujourd'hui mais il est rédigé en alexandrins (sauf le petit texte en italique à la fin). Je ne fais qu'imiter sans prétention la plume fantastique d'Edmond Rostand.  

Je remercie Le Dévoreur de Muffin pour son aide précieuse! sans toi je ne savais plus compter jusqu'à douze...  

vendredi 17 août 2012

La maison de soie (The House of Silk) - Anthony Horowitz

Présentation de l'éditeur: Un an après la mort de Holmes, le docteur Watson prit la plume pour relater une aventure du plus célèbre des détectives privés mais il exigea que ce récit fut inédit pendant un siècle... Pourquoi attendre si longtemps? La réponse est élémentaire: parce que cette affaire était si monstrueuse, si terrible que, selon Holmes lui-même, "il n'est pas exagéré de dire qu'elle pourrait bien ébranler la société toute entière."

Anthony Horowitz écrit pour la télévision britannique depuis un moment déjà. Il est l'auteur de certains scénariis de Midsummer Murders (autrement dit Barnaby pour les plus avertis d'entre vous) et Hercule Poirot avec David Suchet.
Mais c'est aussi un auteur pour la jeunesse avec sa série Alex Rider et la série noire dont le premier tome est Le Faucon Malté que tout élève de 5ème qui se respecte se doit d'avoir lu. Je me souviens avoir adoré ce roman à l'époque. Lorsque j'ai appris qu'à la demande des héritiers de Conan Doyle, Horowitz allait écrire une nouvelle histoire de Sherlock Holmes j'étais très enthousiaste. 

Avant de commencer ma critique, je souhaiterais juste préciser une chose concernant le résumé: il est dit sur les 4ème de couvertures françaises qu'il s'agit de la dernière aventure de Sherlock, ce n'est pas vrai. L'histoire prend place dans le canon holmésien, probablement dans Memoirs of Sherlock Holmes avant le Final Problem car Watson fait référence aux chutes de Reichenbach comme étant survenues quelques temps après The House of silk. Il s'agit donc de la dernière histoire écrite par Watson mais non pas du dernier cas de Holmes. Que les choses soient dites, on ne plaisante pas avec le canon Holmésien. 

Fait extrêmement rare et apparemment unique, ce sont les héritiers d'Arthur Conan Doyle qui aurait demandé à Horowitz d'écrire une nouvelle histoire holmesienne. Le moins que l'on puisse dire est qu'Anthony Horowitz est un vrai passionné de Sherlock Holmes. On sent dans son écriture qu'il s'est imprégné de l'écriture de son prédécesseur avant d'entamer The House of Silk. Il ne s'agit pas ici d'un caricature mais d'un vrai travail de continuation. Le but d'Horowitz était, je pense, de s'inclure parfaitement dans le canon sans dépareiller. Ce en quoi il réussit tout à fait. Ici pas de Holmes caricatural, juste un homme tendu vers son "art", taquin aussi mais toujours dans la retenue. Watson est tel qu'on l'attend, chaleureux, concerné, admiratif. Il est l'ami fidèle, le lecteur aussi parfois quand les déductions d'Holmes nous dépassent. 
Lestrade est bien dépeint également. Un peu lent à la détente mais véritable ami d'Holmes malgré tout.

Horowitz s'éloigne tout de même un peu de Conan Doyle pour offrir au lecteur une histoire un peu plus sordide que ce qu'il aurait pu écrire il y a 100 ans. A mi-chemin entre XIXe et XXe siècle, le récit reste cependant très épuré. J'ai lu qu'il était extrêmement violent...personnellement je ne trouve pas. Cela dit c'est un roman édité à la fois chez les adultes et en jeunesse. Par conséquent je ne le recommande pas à un ado en dessous de 15/16 ans. Les thèmes traités sont durs mais c'est fait avec beaucoup de finesse pour que finalement ça passe bien. De la même façon, le récit n'est pas une longue course poursuite. Le rythme n'est jamais lent mais ne court pas tambour battant. L'intrigue prend son temps.
A ce propos, nous avons le droit à une très belle double intrigue croisée, très bien maîtrisée. C'est un procédé difficile à réussir et l'auteur s'en sort particulièrement bien.

J'ai beaucoup aimé les clin d'oeil à l'oeuvre de Conan Doyle et un en particulier que je ne peux révéler sans spoiler un peu. L'allusion reste fine, légère sans que l'on soit certain de ce qu'on a lu, j'ai trouvé cette tournure très élégante.

The House of Silk est pour moi une vraie réussite. Il rend hommage à Sherlock Holmes en apportant un peu de sang neuf (notamment dans les réflexions de Watson sur sa société qui sont absentes du canon original) tout en conservant tout ce qui fait le charme de Sherlock.

A découvrir, que ce soit par les fans ou les néophytes!