mercredi 31 janvier 2018

Traquée - Rebecca Kean #1 et #2 - Cassandra O'Donnell

Il est un peu tard pour vous souhaiter une bonne année mais tant pis: Bonne années à tous et toutes. Je vous souhaite évidemment plein d'excellentes lectures et surtout des découvertes: un nouveau genre, une nouvelle série, un.e nouvel.lle auteur.ice etc.

Quant à moi, ça ne vous surprendra pas mais je suis versatile au possible. J'avais initialement prévu de vous parler d'une romance que vraiment, vraiment en italique c'est dire, je n'ai pas aimé mais je trouvais que ça manquait un peu de nuance et de positif pour débuter l'année. Je change donc mon Cheshire d'épaule pour vous parler d'une série que je viens juste de découvrir même si elle n'est pas récente.
Noël est une période toujours active en librairie et j'avais besoin de réconfort et quoi de mieux que de discuter avec une amie de toutes ces séries d'Urban fantasy qu'on adore? Après avoir abordé le cas de Mercy Thompson et de Charley Davidson (que je vous recommande et que vous trouverez sur le blog), Clothilde (puisqu'il faut rentre à Cheshire ce qui est à Cheshire) m'a demandé si j'avais lu la série des Rebecca Kean de Cassandra O'Donnell. Comme vous vous en doutez, elle me l'a super bien vendu et quand j'ai réalisé que Cassandra O'Donnell était en fait française, j'étais encore plus curieuse de découvrir Rebecca Kean.
Après la lecture des deux premiers tomes, voila ce que j'ai a en dire.

Présentation de l'éditeur : Nouvelle-Angleterre, Burlington…Pas de délinquance, élue la ville la plus paisible des Etats-Unis, bref, un petit havre de paix pour une sorcière condamnée à mort et bien décidée à vivre discrètement et clandestinement parmi les humains. Malheureusement, en arrivant ici, je me suis vite aperçue que la réalité était tout autre et qu’il y avait plus de démons, de vampires, de loups garous et autres prédateurs que nulle part ailleurs dans ce foutu pays. Mais ça, évidemment, ce n’est pas le genre de renseignements fournis par l’office de tourisme.
Maudit soit-il…

J'adore l'Urban fantasy, le côté surnaturel et adrénaline en même temps ainsi que le mélange de notre univers et de toutes ces créatures imaginaires. Rebecca Kean s'inscrit sans difficulté dans cette lignée très Mercy Thompsonesque où différentes communautés surnaturelles se sont intégrées à notre société et vivent, bien que cachées, complètement en accord avec les humains. Si dans Mercy, le monde surnaturel apparaît peu à peu au grand jour, ce n'est pas du tout le cas du monde de Rebecca qui fait tout pour maintenir le secret, allant même jusqu'à tuer des humains qui pourrait surprendre leur existence.

Puisqu'il faut bien commencer quelque part je vais tenter de vous décrire pourquoi je déteste très très fort certains aspects de cette série et pourquoi j'ai roulé des yeux jusqu'à voir l'arrière de mon crâne.

Je ne suis pas une amatrice de l'écriture à la première personne. Je trouve qu'il s'agit d'un exercice très difficile à maîtriser. Nous avons tous des pensées plus ou moins idiotes ou immatures, des accès de mauvaise foi et j'en passe. Dans Charley Davidson cela passe très bien parce que l'héroïne est très drôle et qu'elle pratique l'auto-dérision. Avec Rebecca, je trouve ça moins finement fait mais ça passe quand même, malgré le fait que j'aurai préféré un texte à la troisième personne qui m'aurait sans doute évité une rééducation oculaire.
Non ce qui m'insupporte au plus au point, et je crois sincèrement que c'est un défaut du genre que l'autrice ne fait que reproduire, c'est le côté super méga bombasse de l'héroïne. Je comprends qu'on veuille avoir des héros et héroïnes désirables, que la plupart des gens, moi largement comprise, ne ressemblent pas à des gravures de mode et que s'imaginer de beaux héros ça nous évade. Cependant, lorsque cela nuit à l'identification c'est, à mon sens, très gênant.

Que ça soit clair, on ne parle pas d'un "simple" triangle amoureux, je ne me mettrais pas dans des états de nerfs pareil pour si peu. On parle bien d'une héroïne tellement belle que tous les mâles du livres, je dis bien tous, le lui disent/veulent se la faire/sont prêt à mourir pour elle. Dans le tome deux, elle partage tellement de liens "impossibles" (selon la mythologie mise en place par l'autrice) avec différents hommes que j'en étais saoulée. Sans blague, deux vampires millénaires sont prêts à faire cramer le monde pour elle, plus un semi-démon, un loup-garou et on rajoute un chef de clan muteur qui veut désespérément se la faire. Elle est belle et puissante je veux bien mais ça fini par être très fatiguant et redondant. Au bout d'un moment on a compris, elle est canon.
Comment voulez-vous que des lectrices lambda puissent s'identifier à une héroïne pareille? Ce n'est peut-être que moi, mais ça me fait toujours me sentir minable, cette impression que finalement je suis pas aussi bien ni aussi badass que cette héroïne. Je n'ai pas du tout ce sentiment là avec Mercy parce qu'elle est plus humaine. Elle est belle mais pas au point non plus d'avoir tous les hommes à ses pieds et ça n'en diminue pas moins sa "badasserie". Idem pour Charley car même si elle est plus "canon" que Mercy on sait que sa sœur est plus belle et au fond l'histoire d'amour se concentre surtout sur Reyes, il n'y a pas une multiplication lassante. Et puis, vous ne serez peut-être pas d'accord, mais je trouve que ça diminue toujours les personnages masculins. Ils sont réduits à leur désir pour Rebecca ou à leur besoin de protection alors que certains sont vraiment très intéressants et mériteraient plus de développement et de profondeur que j'espère voir apparaitre dans les prochains tomes. Là, elle les attire comme des aimants et leur cerveau fond dans le processus.
Je m'attends à tout pour le tome 3 parce que là on est quand même aux portes d'une guerre juste pour ses fesses.

Le pendant à cette situation, c'est que bien évidemment, tous ces hommes en questions sont à tomber. Pas juste mignons on est d'accord mais bien divins ce que l'autrice ne manque pas de répéter ad nauseam. C'est là que réside le défaut de la première personne. Lire une fois que Raphael a la perfection d'un dieu grec passe encore, même si j'avoue, j'ai roulé des yeux, mais le lire souvent, durant deux tomes, je n'en pouvais plus.

On ne va pas jouer les hypocrites. Si vous me connaissez, vous savez que je ne rechigne jamais contre un ou plusieurs beaux mâles dans un roman. Mon vrai problème dans Rebecca Kean c'est la multiplication de ces beaux mâles. Je sais bien que les loup-garou sont forts et les vampires magnétiques mais un tout petit peu de normalité ça ne pourrait pas nuire. C'est ce qui différencie les tropes des clichés et ici on tend malheureusement plus dans le cliché. Et puis la féministe en moi s'arrache les cheveux devant tous ces alpha protecteurs qui la considèrent comme leur propriété. Cela dit, cela agace aussi beaucoup Rebecca! 

Dernier point mais non négligeable à mes yeux, les représentations raciales et LGBT. Ce sont deux sujets sur lesquels j'ai beaucoup réfléchi ces derniers mois, notamment grâce à Clothilde et je fais dorénavant bien plus attention à ces représentations et à leur traitement et cela va aussi devenir un de mes critères de réflexion parce que tant que les romans seront 100% blancs et hétéronormés, je pense qu'on passera à côté de notre société, surtout pour un genre qui se passe dans un milieu urbain multiculturel (on est bien d'accord que je ne parlerais pas du sujet de la même manière sur un roman histoire qui se passerait dans le Berry en 1750...). Niveau représentation raciale, on est bien loin de Mercy Thompson mais on sent un effort louable. Niveau LGBT en revanche c'est un peu la catastrophe et j'espère que l'autrice va s'améliorer dans la suite.

Voila, ces exagération me font m'arracher les cheveux et me gâchent un peu les intrigues principales mais...Mais en vrai j'aime bien...

C'est le paradoxe de cette série: je crise, je roule des yeux et il y a pleins de détails qui m'agacent mais...j'adore quand même. J'ai lu le tome 2 en 48 heures et j'ai très envie de découvrir la suite. Les intrigues principales sont très prenantes et j'aime beaucoup l'univers que construit Cassandra O'Donnell.

Elle arrive à développer un monde cohérent et personnel en s'inspirant du genre de l'Urban fantasy. On est tout de suite bien dans cette petite communauté et on comprend très vite comment elle s'organise. J'aime bien aussi l'histoire que l'autrice met en place. L'ancienne guerre entre les clans, le traité de paix et les Directum. Le fait que ça se passe dans le Vermont me plait beaucoup aussi, ça change de New York ou de Londres. Le côté plus intimiste d'une petite ville donne l'impression d'être dans un cocon, un endroit familier.

J'ai beau râlé sur le physique de

s personnages mais il faut admettre qu'ils sont rudement attachants. Beth, Leo, Gordon, Aligargh et même Rebecca, je les aime bien. Ils ne sont pas parfaits (hormis le physique) et c'est ce qui les rend sympathiques. On aimerait bien passer du temps avec eux. Bref je les aime tous - ne me parlez pas de Bruce, je ne pourrais plus m'arrêter - sauf les vampires (débarrassez moi de Michael et Raphael please!) et Mark (qui est personnage gâché d'ailleurs mais on ne va pas charger la mule non plus). 

Donc voila, je suis consciente des défauts de la série mais malgré tout...et bien j'aime beaucoup et je compte lire la suite. C'est exactement le genre d'univers que j'aime, c'est souvent très drôle, les intrigues sont bonnes et c'est carrément addictif. Je continuerai sans doute à rouler des yeux et à soupirer mais malgré tout Rebecca Kean c'est cool.

Allez on va oublier la rationalité, je retourne dans mon canapé, j'ai le tome 3 qui m'attends.

2 commentaires:

clairebelgato a dit…

Alors, je ne connais pas du tout, mais j'essaierai peut-être à l'occasion ! Belle semaine à toi ;)

Perséphone a dit…

tu me diras ce que tu en as pensé? bonne lecture!

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