mercredi 13 avril 2011

Le mec de la tombe d'à côté - Katarina Mazetti



Désirée se rend régulièrement sur la tombe de son mari, qui a eu le mauvais goût de mourir trop jeune. Bibliothécaire et citadine, elle vit dans un appartement tout blanc, très tendance, rempli de livres. Au cimetière, elle croise souvent le mec de la tombe d'à côté, dont l'apparence l'agace autant que le tape-à-l'œil de la stèle qu'il fleurit assidûment. Depuis le décès de sa mère, Benny vit seul à la ferme familiale avec ses vingt-quatre vaches laitières. Il s'en sort comme il peut, avec son bon sens paysan et une sacrée dose d'autodérision. Chaque fois qu'il la rencontre, il est exaspéré par sa voisine de cimetière, son bonnet de feutre et son petit carnet de poésie. Un jour pourtant, un sourire éclate simultanément sur leurs lèvres et ils en restent tous deux éblouis... C'est le début d'une passion dévorante.

Le mec de la tombe d'à côté est tout simplement un super roman comme je n'en ai pas lu depuis longtemps. C'est vrai que d'après mes posts les plus récents, je suis surtout branchée littérature d'avant 1950. Mais je suis en train de corriger le tir: d'où Le mec de la tombe d'à côté.

J'adore la littérature suédoise. Je ne sais pas pourquoi mais j'adore la littérature nordique. Peut-être que ça me rappelle aussi mon amie Nora (qui est norvégienne) en tout cas, j'adore et Mazetti ne fait pas exception à la règle. Oui je sais son nom ne fait pas suédois, si quelqu'un sait pourquoi...

Pour tout dire, Le mec de la tombe d'à côté ou plutôt son petit frère me fait de l'œil à la librairie depuis que j'y travaille. C'est même tout à fait vicieux car Le caveau de famille est juste en face de moi à hauteur d'œil derrière l'ordinateur et la caisse. A force de me regarder avec insistance (c'est peut-être bien moi qui l'ai fixé trop longtemps) j'ai craqué pour l'aîné.

Comme bon nombre de bloggolectrice je suis entrée plus ou moins en phase avec Désiré, l'héroïne bibliothécaire qui lit "de son plein gré". Plus difficile fut pour moi le personnage de Benny, l'agriculteur suédois qui continu à vivre dans l'intérieur "paysan" de papa et maman. Les premiers chapitres sont extrêmement drôles. La double vision des personnages, au départ si antagonistes est un pur délice, tout comme le reste du roman écrit à deux voix. Je trouve cette idée vraiment agréable. Cela permet de comprendre les émotions de tous les protagonistes et on se rend vite compte que les Hommes viennent de Mars et les Femmes viennent de Vénus!

C'est cette opposition qui m'a tout de suite captivée, en plus de l'humour souvent grinçant de Katarina Mazetti. Tout oppose les personnages, elle est cultivée et plutôt raffinée, lui tient à sa ferme, ne comprend pas qu'on lise de son "plein gré" et aimerait que sa femme sache faire des boulettes de viande "maison". Pourtant, ils s'accrochent, tant bien que mal tout de même car les engueulades et les coups de gueule ne sont pas en reste. Cette recherche est passionnante. Comment concilier deux mondes, qui semblent pourtant inconciliables?

Le style de l'auteur et son humour m'ont immédiatement convaincue au point que j'en riais toute seule à l'arrêt de bus, ce qui, de part chez moi fait très mauvais effet. Cette alternance des points de vue est un excercice de style assez périlleux car pour qu'il soit tout à fait réussi il faut que chaque personnage ait sa propre unité. Le pari est allègrement tenu ici, notamment par l'incursion dans le texte de Désirée de petits poèmes en prose de son cru qui résume bien le chapitre à venir. De même les récits se croisent, l'autre reprenant invariablement ce que vient de raconter le personnage d'avant, de son point de vue et de façon abrégé ce qui a la double qualité de renforcer les personnalités sans pour autant lasser le lecteur par des redites.

Je l'ai lu en deux jours. Vivement Le caveau de famille! Il ne va pas me faire de l'oeil longtemps!

3 commentaires:

Nadège a dit…

Je me dis que je dois découvrir ce roman et cette auteure depuis longtemps déjà ! Mais je ne sais pourquoi je n'ai jamais fait le pas. Alors j'ai pris ce spectacle dans mon abonnement de théâtre cette année en me disant que ça me pousserait à découvrir le roman également ! (J'ai d'ailleurs fait pareil en choisissant une pièce d'Henning Mankell !)

clairebelgato a dit…

J'hésite encore à découvrir ce livre ! c'est vrai que les critiques sont très bonnes et que ça a le mérite de changer des polars nordiques ! Belle chronique !

Perséphone a dit…

Il est très sympa malgré tout je n'ai pas lu la suite, ça a tendance à se répéter...

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