dimanche 22 mars 2009

Le moine de Mathew G Lewis



Matthew Gregory Lewis né le 9 juillet 1775 et mort le 14 mai 1818 est un romancier et dramaturge anglais, souvent désigné sous le nom du « moine » Lewis, en raison du succès de son roman gothique, Le Moine (The Monk) en 1796.

Lewis nous narre l'histoire du moine Ambrosio, célèbre moine madrilen, pieux et vertueux à l'extrême qui va irrémédiablement chuter, entraîné dans les plus intenses perfidies.

Résumer le moine "The monk" de Lewis, n'est pas aisé. Tout d'abord, parce que c'est un roman de style gothique et que l'histoire par des détours et de nombreuses narrations annexes nous embrouille. Ce n'est pas aisé non plus car Le Moine est un roman intense dont on ne saurait pouvoir couper l'effet de surprise au lecteur avide.

Il est vrai que je n'ai pas été soufflée par le Moine mais je l'ai néanmoins dévoré en trois jours. Notre société n'est plus adapté à ce genre de roman gothique qui effrayaient par la simple mention de moine dépravé, d'abbesse cruelle, de viol et d'inceste. Nous avons eu Sade et la réalité des média, ce qui a bouleversé notre jugement.
Néanmoins c'est un roman imposant, impressionnant, où le vice, le diable et toute la cruauté humaine sont mises en oeuvre implacablement contre les héros aux coeurs purs et à la vertu solide. L'histoire est prenante quoiqu'elle souffre de certains passages à vide. Ils ont toutefois leur utilité, celle de nous faire languir.

Les personnages sont bien campés, crédibles et surtout profonds. Ils sont d'un autre temps, certes , la morale n'est pas la même que celle d'aujourd'hui mais leurs afflictions, leurs pensées s'imposent au lecteur.

En revanche je suis un peu déçue car je m'attendais à un peu plus de surnaturel (quoi de plus normal pour un roman gothique). Mais cela est tout de même compensé par la main de maître de Lewis. "En filigrane éclate une histoire parfaitement orchestrée, nous sommes entraînés dans un labyrinthe et Lewis nous tient la main avec fermeté. À la fin, c’était comme si on regardait la main de l’auteur, et qu’on retenait une main pourrie." (Otis Psychovision.net).

Pour aller un peu plus loin je vous propose la critique faite par Otis sur psychovision.net

Un dernier conseil, Antonin Artaud a fait une traduction en français et a en même temps remanié tout le texte. La version d'origine traduite en français est celle de Léon de Wailly. A vous de voir la version que vous préférez lire mais je vous conseille d'abord la version originale.

Mention spéciale à Don Christobal et Léonella (très drôles) - Lorenzo et le marqui de Las Cisternas deux héros sublimes et Agnès personnages vraiment touchant.
le moine Ambrosio et Mathilde ont droit à la mention spéciale dépravation!

5 commentaires:

Clelie a dit…

Très bel article Perséphone et au sujet d'un roman qui me tient beaucoup à coeur !
Le moine est ma première approche réellement "gothique" en littérature, et j'en garde un souvenir très fort.
Pour ma part, je n'ai pas trouvé le thème particulièrement "rodé", surtout pas consensuel. Même si nous sommes confrontés à des images et des faits choquants dans notre vie moderne, j'ai été assez surprise par ce roman, au contenu pourtant très cru (replaçons-nous à l'époque de sa parution !) Il n'était pas de bon ton de lire Lewis au XVIIIe, et je vois mal ce livre trôner dans la bibliothèque d'une jeune fille bien élevée de l'époque... Pour preuve, le livre a été soumis à la censure jusqu'au XXe siècle ! Il a toujours été édité jusque là expurgé de certaines scènes - les plus crues, j'imagine.

Du reste, j'ai adoré ce livre, qui contrairement aux romans pudiques d'Ann Radcliffe, se détache complètement de la réalité (apparition du diable, etc.). Là où Ann Radcliffe explique tout, Lewis s'enfonce dans le fantastique, perd contact avec la réalité. Ou plutôt, il fait du fantastique sa réalité.

On peut reprocher au Moine d'avoir des passages à vide, des histoires imbriquées les unes dans les autres, mais c'est le propre des romans de ce style.

Mille mercis pour ce bel article, Perséphone !

A bientôt ;-)

Amicalement.

Perséphone a dit…

Bonjour Clélie,

Merci pour ce commentaire. Comme je le disais je pense qu'aujourd'hui le Moine a perdu son caractère choquant et provoquant. Toutefois c'est un livre splendide, parfaitement mené et que j'ai dévoré en 3 jours...

Bien à toi

Perséphone

Allie a dit…

J'ai lu Ann Radcliffe et ça m'avait plu. Je devrais essayer avec Lewis tiens! En tout cas, très beau billet!

Anonyme a dit…

1773, 1775, 1776 quelle est l'année de naissance de Matthew Gregory Lewis ?
C'est le tout premier livre gothique que je lis, j'ai été emportée, je vais lire la traduction d'Artaud.

Perséphone a dit…

Comme c'est écrit au début de mon message, Wikipédia donne la date du 9 juillet 1775. Après je n'en sais pas plus...

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