jeudi 5 juillet 2012

Les enfants du Titanic - Elisabeth Navratil


Présentation de l'éditeur: Le 10 avril 1912, Michel Navratil et ses deux fils embarquent sur le Titanic. Tous trois partent vers l'Amérique à bord du plus beau paquebot du monde surnommé « L'Insubmersible ». Mais le 14 avril, à 23 h 40, le Titanic heurte un iceberg. La tragédie commence pour tous les passagers et Michel n?a alors plus qu?une idée en tête : sauver ses enfants. Lolo a quatre ans, Monmon en a deux : pour l'Histoire ils seront désormais « les Enfants du Titanic ».

Réédité et corrigé plusieurs fois, ce "docu-fiction" sur papier retrace le voyage de deux enfants et de leur père sur le célèbre navire.
Elisabeth Navratil est la fille de Michel dit Lolo, quatre ans à l'époque. Le Titanic, elle l'a dans le sang et depuis des années elle s'efforce de retracer cette histoire familiale qui se mêle si étroitement à l'Histoire.

Il s'agit là d'un "docu-fiction" car même si la trame de fond est bien réelle - son père, son oncle et son grand père étaient bien à bord du Titanic - Elisabeth Navratil est obligée de retracer les pensées et les actes de son grand-père. Si par recoupement des témoignages une grande part de l'histoire se révèle "véridique", certains passages en revanche sont inventés pour combler les lacunes de l'histoire des Navratil.

On sent que l'auteur a passé énormément de temps sur son roman. Le travail est là c'est certain. Les détails sur le Titanic, les recherches approfondis marque chaque page du roman sans pour autant que cela alourdisse le style d'Elisabeth Navratil. Nous ne sommes pas dans un livre d'histoire, ici c'est l'Histoire qui sert le roman et non l'inverse.
De la même façon, on sent qu'elle aime sa famille et que pour elle le Titanic est loin d'être une anecdote. Elle porte beaucoup d'attention à ce grand-père et tente de comprendre ses actes.

Michel Navratil est un personnage intéressant, d'autant plus intéressant qu'il n'a pas forcément un beau rôle. Non seulement il vient d'enlever ses enfants mais de plus la mère des petits ne sait pas qu'ils partent aux Etats-unis. Il a des idées bien arrêtées sur le travail et l'avenir de ses enfants et trouve sa femme irresponsable d'encourager l'aîné, Michel, a devenir enseignant. Même si l'auteur tente d'entrer dans la tête de son grand-père, nous faire comprendre la peur qui le tenaille et ce geste fou, elle n'en fait pas un héros en manteau blanc. J'ai beaucoup aimé cette nuance de gris dans ce "personnage". Cela le rend finalement très réel et très humain.
Le petit Lolo est très attachant. C'est un gamin vif et éveillé. Parcourir le bateau à ses côtés est très agréable! Quant à Monmon, il est encore trop petit pour que l'on dise quoique se soit.

Le volume est enrichie de photo de la famille, de certains passager et du bateau. Cela donne une touche de réalité à tout ce récit que j'ai beaucoup apprécié. Photos d'un autre temps, elles nous plongent délicieusement dans l'ambiance.

Les Enfants du Titanic est un témoignage rare de ce qu'il s'est passé cette nuit là. Toute cette histoire est follement romanesque et elle serait dure à croire si elle n'avait pas vraiment existé! Car oui les rebondissements les plus incroyables ont bien existé!
Si vous voulez en savoir plus sur cette tragédie, sans tomber dans les histoires d'amour, je vous conseille Les enfants du Titanic. Poignant mais sobre dans l'écriture, il peut se lire en famille sans aucun problème.

J'ai eu la chance de rencontrer Elisabeth Navratil lors de la sortie de son livre durant une conférence chez Hachette. La dame est passionnante et passionnée!
Les détails de l'aventure arrive très vite.

Merci encore à Elisabeth Navratil et à Cécile des éditions Hachette.

mercredi 4 juillet 2012

I have got a m@il

Caroline Vermalle

Pour le premier message de juillet, je ne vous parlerais pas d'un livre (j'attends que Peabody et Emerson finissent leur enquête/galipette/clef à molette, rayez la mention inutile).

Si vous êtes déjà venus ici, vous êtes peut-être tombés sur ce post là : oui celui làààà sur les Nouvelles contemporaines. Je vous avais parlé avec enthousiasme des deux nouvelles de Caroline de Vermalle que j'avais dévoré.

Imaginez donc ma surprise ce matin quand Cheshire m'apporte entre deux tasses de thé le mail de Caroline herself!
Un très joli mail pour me remercier d'avoir critiquer son livre et d'avoir aimé ses nouvelles. En bonus qui met de bonne humeur? Un dernier message pour me dire que je figure sur son blog à elle dans le billet "Les merci de juin".

C'est la seconde fois que je reçois un petit mot comme ça. Gail Carriger l'auteur de Soulless (que je vous invite TRES fortement à lire d'ailleurs) m'a gentiment répondu sur Twitter et est vraiment adorable aussi.

Moralité, les réseaux sociaux et les blogs permettent aussi parfois de rapprocher auteurs et lecteurs. Messieurs-Dames, continuez. Un petit mail comme ça, ça vous regonfle pour la journée!

Merci de tout coeur.

Gail Carriger

samedi 30 juin 2012

Cheshire and me : life in England


Bonjour tout le monde,

C'est un billet un peu spécial que je publie mais pas de panique je n'annonce pas la fermeture du blog, oh no! J'y suis plus que jamais accroché à mon petit coin de Paradis. De plus, où Cheshire pourrait se faire les griffes?

Je voulais juste vous expliquer pourquoi je suis moins là en ce moment, comme vous l'aurez remarqué (si vous êtes un habitués du chat-foin et de ma pauvre prose).

Comme certain(e)s le savent, j'ai déménagé. Je viens de quitter Paris pour Cambridge et ma vie a par conséquent été pas mal upside-down. Si vous avez déjà déménagé, commencé un nouveau travail, vous savez à quel point c'est dur de tout mener de front.

En plus du blog, du nouveau travail et du reste j'ai aussi mes recherches à terminer pour septembre. Pour ne rien "arranger" je suis passée de 2h de transport par jour à 10 minutes à vélo...par conséquent je lis à la vitesse d'une tortue suisse!!!!

J'ai déjà acheté de nouveaux livres et j'ai réussi à obtenir des partenariats de certaines maisons d'éditions britanniques ce qui signifie de vrais nouveautés!

Alors voila, la vie à Cambridge c'est génial, j'adore et j'ai hâte de vous parler de la merveille des librairies d'ici et de la qualité des chaînes de télé et des festivals de la bierre qui ont lieu tous les 15 jours (!!) mais en attendant, Cheshire et moi allons essayer d'être présent au maximum.

Cheshire et moi pensons bien à vous tous, membres connus ou anonymes et pas d'inquiètude nous somms toujours là.
En attendant si vous voulez vous tenir au courant de ce qui se passe chez nous : Page Facebook et Twitter

Léchouilles affectueuses
Persephone & Cheshire

vendredi 29 juin 2012

Des chrétiens et des maures - La saga Malaussène #5 - Daniel Pennac

Présentation de l'éditeur: "Un matin, le Petit a décrété :- Je veux mon papa.Il a repoussé son bol de chocolat et j'ai su, moi, Benjamin Malaussène, frère de la famille, que le petit n'avalerait plus rien tant que je n'aurais pas retrouvé son vrai père. Or ce type était introuvable. Probablement mort, d'ailleurs.Après deux jours de jeûne le Petit était si transparent qu'on pouvait lire au travers. Mais il repoussait toujours son assiette :- Je veux mon papa."

Voici le cinquième tome de la saga Malaussène. J'ai été surprise par la taille de ce roman qui est beaucoup plus petit que les autres.
L'histoire qu'il raconte est antérieur au premier romand de la sage Malaussène puisqu'il aborde la naissance du Petit. Alors que la tribu dors paisiblement, que C'est Un Ange et Verdun sont sages comme des images, que Thérèse révise son tarot, que Clara est à la cuisine, que Jérémy ne crâme pas des collèges et que Benjamin et Monsieur Malaussène dorment en attendant que Julie, que la Corrençon de Benjamin revienne, le Petit lui veut son papa. S'en-suit-alors une grève de la fin et un Benjamin impuissant devant les revendications de son petit frère.

Le père du Petit? Bien sûr qu'il le connait mais comment dire...c'est un peu compliqué! Devant un Sidi-Brahim avec son ami de Casamance, Benjamin nous révèle l'histoire du papa du Petit.

J'ai vraiment aimé cette histoire très Malaussène! Louna et son chirurgien, Mo le Mossi et Simon le Kabyle, Hadouch Ben Tayed, les petits frères et les petites soeurs et même Maman Malaussène, ils sont tous là! C'est très poétique, très drôle, complètement fou.Le seul problème c'est qu'il était vraiment trop court, je l'ai lu en 1 heure...J'espère pouvoir mettre la main très vite sur le dernier volume Aux fruits de la passion parce qu'ils commencent déjà à me manquer!

Citation:
« Quand la médecine manque de clarté, il faut surveiller les médecins"

jeudi 28 juin 2012

Game of Thrones - A song of ice and fire #1 - George R.R. Martin


COUP DE COEUR DE PERSEPHONE


SPOILER FREE

J'ai rejoins la multitude de fan, désolée pour l'originalité...
Ca y est je me lance et regardez, boum même pas de résumé parce que Game of Thrones (GoT) ça ne se résume pas (bon un peu quand même). J'ai cédé à la pression et j'ai entamé la saga (et pas série, je vous renvoie chez les princesses pour la différence).

Je ne sais pas comment parler de ce premier tome parce qu'il est extrêmement dense, parce que j'ai adoré et que je ne suis pas sûre d'être objective. Je m'excuse donc pour mon billet qui risque d'être plutôt scolaire, histoire d'être sûre de n'avoir rien oublié!

D'abord, de quoi ça parle? (c'est horriblement dur, je le fais seulement parce que c'est vous, que l'on soit bien d'accord!)
[Tel que vous me lisez, je viens de m'y reprendre à 5 fois...] je crois que je n'arriverai pas à vous faire un résumé correct sans spoiler donc je vous dirais que si Tolkien est l'inventeur de la fantasy, George R.R. Martin est l'inventeur de la "realpolitik" du genre (merci Josselin)! Des royaumes et des familles différentes, des intrigues, des complots, de belles histoires et des histoires terribles, la guerre, le sang et la mort, c'est un peu tout ça à la fois! Nous suivons les Stark, Jon Snow, les Lannister, les Baratheon et Daenerys dans leur périple.

J'ai vraiment adoré la construction de l'univers. C'est dense, extrêmement complexe mais finalement très simple (si si je vous promets). On sent que George R.R. Martin s'est documenté et a lu l'histoire de l'Angleterre médiévale et de la guerre des deux roses (Lannister, Lancaster...non?). J'ai aussi aimé que la magie ne soit qu'à peine perceptible, du coup le lecteur a plus le temps pour se concentrer sur la construction du monde en lui-même, des intrigues de cour et de la politique du monde. Cela permet d'apprivoiser ce nouvel univers tout en douceur. De la même façon j'ai trouvé tellement intelligent de ne jamais abrutir le lecteur par des descriptions longues et inutiles. Nous arrivons dans un monde déjà construit et avec 15 ans de retard sur l'intrigue, pourtant je ne me suis jamais sentie perdue. Si les personnages secondaires sont extrêmement nombreux et parfois durs à mémoriser, le reste se met en place tout seul.

Les personnages sont de ce point de vue particulièrement bien construits. Je suis une Stark, il n'y a aucun doute. Winter is Coming obviously.
Eddard Stark est sans hésiter mon personnage préféré. C'est un vrai noble du Moyen-âge avec tout ce que cela comporte de positif. Ce n'est certes pas le personnage le plus drôle (la palme revient à Tyrion), mais il est d'une droiture à toute épreuve, jusque dans l'extrême de ce que cela veut dire (J'ai des hypothèses concernant certains personnages mais comme je ne peux les dire ici, on peut en discuter par mail privés). Il est l'honneur incarné, il est intelligent même si cette droiture lui fait faire des bêtises. Il prend soin de sa famille, il est aimant et aimé. Bref. Je l'aime.
J'adore aussi énormément Catelyn Stark bien que je déplore son comportement vis-à-vis de Jon Snow (que j'arrive par ailleurs à comprendre...). C'est sans doute le personnage féminin adulte que j'aime le plus. Elle ressemble beaucoup à Ned et j'aime qu'elle soit représentative des femmes nobles du Moyen-âge. Elle sait gérer un royaume et faire de la politique mais ce n'est pas une guerrière. Catelyn est toute en nuance et en demi-teintes et hormis son attitude envers Jon que je n'apprécie pas, c'est un personnage auquel je n'ai eu aucun soucis pour m'identifier.
Les enfants Stark sont aussi sublimes! A l'exception de Sansa qui m'a agacée mais pour qui j'ai éprouvé de la pitié et un peu d'admiration à la fin de ce tome 1, je suis absolument convaincue par Robb et Jon! Ils se ressemblent et en même temps sont très différents. Ils ressemblent beaucoup aux Stark tous les deux quoiqu'on en dise. Ils ont ce petit côté sérieux "winter is coming" qu'on ne peut pas leur nier.
Arya est géniale!!! C'est une excellente trouvaille que ce personnage là!!!! Elle est drôle, maligne, attachante, vraiment un bon personnage féminin.

Sans surprise je n'aime pas les Lannister à l'exception de Tyrion que j'adore j'adore j'adore! Cersei et Jaime, je veux les brûler moi-même et je suis du genre rancunière en lecture. Cersei tient quand même la palme de la grosse g**** de service, je serai curieuse de savoir de qui George R.R. Martin s'est inspiré. Quant à Jaime Lannister, The Kingslayer, je comprends pourquoi il agit comme ça mais je ne peux pas le pardonner d'être ce qu'il est (je me rends compte que je ne suis pas très claire!). Au fond, il n'a pas d'excuse, on a toujours le choix, il fait juste le mauvais. Nous verrons bien pour la suite mais je doute profondément que mon avis change.
J'ai envie d'éclater la tête de Joeffrey contre le mur tellement il m'agace! Lui casser les dents serait un soulagement profond mais j'attends patiemment, je suis sûre que George Martin lui réserve quelque chose de bien! Quant au Hound, je pense qu'on verra qu'il est plus nuancé qu'il n'y parait même s'il est sacrément fêlé.
Tyrion est un de mes chouchous! Il est drôle, intelligent bien qu'étonnement naïf parfois et j'ai hâte de voir comment il va évoluer. C'est grâce à lui que j'ai pu rire dans ce premier tome et heureusement parce que sinon la lecture aurait été un poil lugubre.

Je n'aime pas du tout les Baratheon qui sont bien inspirés des Tudors (pauvre de moi...). Robert est une copie d'Henry VIII sur la fin de sa vie, je vous laisse imaginer ce que ça donne (beuverie, caractère de chien et stupidité politique à la chaîne). Quant à ses frères....nous verrons bien mais je n'ai pas trop d'espoir.

Du côté des Targaryen, Daenerys me laisse assez indifférente. Je ne l'aime ni ne la déteste, je m'en moque un peu même si j'ai bien aimé son histoire avec Khal Drogo (qui est d'ailleurs bien comme personnage). Son frère Viserys est complètement fou! c'est absolument dingue de voir à quel point il peut être fêlé, c'est même assez brutal.
Par contre j'aime énormément Ser Jorah Mormont. Je le trouve vraiment passionnant, il est complexe aussi, c'est une qualité de George Martin de faire des personnages profonds avec plusieurs facettes.
Si je n'aime pas le roi fou Targaryen, je crois bien que je suis amoureuse de Rhaegar...

En fait si on fait le calcul...à part les Stark et Tyrion, je n'aime personne. La soeur de Catelyn...au secours! Son neveu idem! Ah si, j'aime bien le père et l'oncle de Catelyn. Enfin, pour faire simple, Game of Thrones c'est une galerie de personnage tous plus horribles les uns que les autres.

L'histoire est intense mais vraiment bien. Je n'ai pas été surprise par des rebondissements imprévisibles, j'ai senti venir les choses plusieurs chapitres avant mais ce n'est pas plus mal, il en sort un sentiment de frustration et d'angoisse pour les personnages assez sympathique à ressentir. L'écriture est fluide sans fioritures mais elle atteint son but. Je l'ai lu en une semaine sans lâcher ma lecture alors que je l'ai lu en VO et qu'il fait 800 pages...
Un conseil pour ceux qui voudrait le lire dans la langue de Molière: je vous recommande les intégrales qui sont sorties il n'y a pas si longtemps, plutôt que l'édition fractionnée. Je m'excuse pour le manque de substance de l'article mais je ne veux pas prendre le risque de spoiler...en tout cas j'ai adoré, il faut le lire!

Quant à moi je vais regarder la série et lire le tome 2!

WINTER IS COMING

dimanche 24 juin 2012

La petite marchande de prose - Saga Malaussène #3 - Daniel Pennac


COUP DE COEUR DE PERSEPHONE

Présentation de l'éditeur: Clara qui se marie en blanc avec un directeur de prison de 40 ans son aîné, Benjamin qui démissionne pour la cinquantième fois, la Reine Zabo qui le rattrape pour la cinquante-et-unième et Julius, le chien, qui promène sa sagesse toute langue dehors : la routine, en quelque sorte, pour la tribu Malaussène ! Mais voilà que le mariage déraille. Et Benjamin se retrouve embarqué dans une nouvelle histoire à dormir debout, l'une de ces histoires qu'il aime lire à toute sa tribu réunie en cercle autour de lui, le soir avant de dormir. Sauf que cette fois, tout est vrai...

J'aime toujours autant cette saga, même après l'avoir lu plusieurs fois, surtout dans le désordre et la plus complète anarchie! Je vous en ai déjà parlé pour le tome 2 (oui le tome 1 pourtant génial est passé à la trappe, je m'en excuse).

La petite marchande de prose arrive tout juste après la fée carabine. Si certains personnages ont disparu (morts ou en cabane, c'est qu'on ne plaisante pas chez les Malaussène), d'autres s'accrochent. Verdun, née comme la bataille du même nom, presque une grenade dégoupillée à la main, n'explose pas que grâce au vieux Thian, qui la tient glissée dans son baudrier. Derrière le baudrier, le flingue, derrière le flingue, le coeur. Thian, avec sa tête d'Ho-chi-Min et sa voix de gamin, fait régner le calme à leur du coucher des petits: Le petit avec ses lunettes roses, Jérémy et ses envies de tuerie, Thérèse, raide comme la justice et Clara. La douce Clara à la beauté des anges qui va bientôt épouser Clarence de Saint-Hiver (Clara et Clarence...Nom de Dieu*). Car Clara se marie et Benjamin ne supporte pas qu'on lui enlève sa Clarinette à lui!

Comme d'habitude, nous retrouvons ce fameux Belleville, d'autant plus magnifique qu'il n'existe plus et l'écriture de Pennac est toujours aussi délicieuse. Ce que j'aime c'est cette oralité omniprésente qui finalement n'en est pas. On ne parle pas comme les Malaussène ou leurs amis, même si j'adorerai. Car Pennac a le génie de l'oralité ultra-recherchée. Je suis conquise, notamment par la scène ou Jérémy eng***** Thérèse. Il y a de l'éloquence dans cette brutalité.
J'adorerai savoir si monsieur Pennac (soyons fou) parle comme son Benjamin Malaussène.

J'ai retrouvé avec grand plaisir mes personnages favoris notamment Thian que j'adore et le couple qu'il forme avec Verdun, Benjamin et sa Corrençon bien sûr (j'aime ce couple là, complètement bancal, complètement mal assorti mais admirable), les frères et soeurs Malaussène et Belleville, avec les Ben Tayeb, Mo le Mossi et Simon le Kabyle. Il ferait bon de vivre là, au milieu de cette tribu de fou.
J'ai beaucoup aimé aussi le découpage du roman en deux histoires, la première avec Clara et Clarence et la seconde avec J.L.B.
Bien qu'ayant lu la suite Monsieur Malaussène, je suis tout de même restée très tendue devant l'action et j'au dévoré les 100 dernières pages sans pouvoir m'arrêter!

Je ne peux que conseiller les aventures de cette tribu bordélique et malchanceuse, poissarde comme pas deux mais tellement attachante! Monsieur Malaussène est excellent aussi très prenant!
Je sais que mon avis est court mais honnêtement, en dire plus, c'est vous gâcher tout effet de surprise, ce que je m'interdis! Je vous laisse donc à votre lecture et quelques citations:

"J'ai ajouté je t'aime, je l'ai conjugué à tous les temps tous les modes, et que je restais son porte-avions, et qu'elle pouvait se poser ou décoller aussi souvent qu'elle le voulait. C'étaient là les premiers mots de notre rencontre."

"Les mots comme les armes, partent parfois tout seuls."

"Mais il y a pire que l'imprévu....ce sont les certitudes."

"Toi, je t'aimerai toujours, dis-je. Elle se retourne contre le mur, et elle dit seulement: contente-toi de m'aimer tous les jours."

" Quand la vie ne tient qu'à un fils, c'est fou le prix du fil"

* J'emprunte cette phrase à Benjamin Malaussène bien sûr!

mardi 19 juin 2012

Death comes to Pemberley - P.D. James


Présentation de l'éditeur: Rien ne semble devoir troubler l’existence ordonnée et protégée de Pemberley, le domaine ancestral de la famille Darcy, dans le Derbyshire, ni perturber le bonheur conjugal de la maîtresse des lieux, Elizabeth Darcy. Elle est la mère de deux charmants bambins ; sa sœur préférée, Jane, et son mari, Bingley, habitent à moins de trente kilomètres de là ; et son père adulé, Mr Bennet, vient régulièrement en visite, attiré par l’imposante bibliothèque du château. Mais cette félicité se trouve soudain menacée lorsque, à la veille du bal d’automne, un drame contraint les Darcy à recevoir sous leur toit la jeune sœur d’Elizabeth et son mari, que leurs frasques passées ont rendu indésirables à Pemberley. Avec eux s’invitent la mort, la suspicion et la résurgence de rancunes anciennes.

Autant le dire tout de suite, je ne lis pas de fanfiction, usually (vous aurez remarqué ma façon subtile de changer de langue? C'est la mauvaise influence de Cheshire et du Cambridgeshire). Je n'aime pas ça, je n'ai jamais aimé en écrire, ni en lire. Si je peux comprendre et apprécier certaines réécritures, les canon (à condition qu'elle soit intelligente), je ne suis pas une fan des continuations, ni des what if. (Merci à Cathy pour les termes de fanfictions fans, si j'ai fait une erreur, hurle!).
Si je comprends que les fan rendent hommage à leurs univers préférés, je comprends également la répugnance de certains auteurs. Bref, je n'en lis pas. Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, je n'ai pas de prejudice contre les fanfictions, il s'agit simplement d'un monde qui m'intéresse peu.

Du coup, cela semble un peu awkward de commencer sa découverte des romans de P.D. James par une fanfiction justement, mais je me suis dis: P.D. James et la mort de Wickham, ça peut rendre quelque chose de bien. Après tout, je refuse de mourir idiote! Tam-Tam et Chi-chi m'ont convertie à la romance, alors pourquoi pas la fanfiction?

Je trouve ce travail de fanfiction très difficile s'il veut être bien réussi parce qu'il faut que le lecteur se sente chez lui, qu'il retrouve ses vieilles pantoufles (type charentaises en tartan) dès la première page.
J'ai bien aimé le résumé que P.D. James fait de Pride and Prejudice en détournant le point de vue. C'est assez surprenant car je n'avais jamais imaginé l'histoire de cette façon et elle arrive à nous montrer autre chose, même si pour le coup je n'ai pas du tout retrouvé mes charentaises! Cela dit, le résumé qu'elle en fait et les trous qu'elle comble (six années se sont écoulées), le tout est fait intelligemment, avec une plume vive qui est vraiment agréable.
Ce que j'ai aussi beaucoup apprécié (à une exception près), c'est que l'on retrouve bien les personnages du roman initial. Darcy se conduit et parle comme je l'imagine, le Colonel Fitzwilliam est un peu moins drôle mais l'histoire lui fait une belle part, Wickham fait du Wickham, tout comme sa femme qui reste insuportable. Quant à Jane et Bingley, ils sont parfaitement dans le ton. C'était un exercice difficile et j'admets que l'auteur s'en sort bien. On sent qu'elle connait Jane Austen sur le bout des doigts.

Le seul personnage qu'elle a, à mon avis, perdu de vue, c'est celui d'Elizabeth. Si au départ on sent une certaine joie de vivre et un sentiment de gaité qui colle bien avec le personnage, on perd tout ça assez vite au profit d'une anxiété chronique. A la lecture, j'ai eu l'impression qu'Elizabeth était tout le temps angoissée! Angoissée quant à l'histoire de meurtre, angoissée à cause de Georgiana, angoissée pour servir le thé à la bonne heure...si au départ je comprenais ce que l'auteur voulait faire, j'ai par la suite été lassée de ce manque de pragmatism que j'attendais d'Elizabeth. Elle y perd son wit, sa petite flamme.

Quand à l'intrigue, je me suis profondément ennuyée. Dès le premier tiers j'avais deviné deux parties de l'intrigue. Du coup, l'attente de la réponse m'a semblé longue. Même si je n'avais pas trouvé le meurtrier, le dénouement m'apparait posé comme un cheveux sur la soupe et j'avais hâte que ça se termine.

Cependant tout n'est pas mauvais! P.D. James prend son temps ce qui est tout à son honneur car elle respecte la procédure judiciaire de l'époque. Cela donne un cachet de véracité à l'intrigue non négligeable! J'ai beaucoup aimé aussi les références et clin d'oeil aux autres héroïnes de Jane Austen! Je ne vous dis rien de plus pour ne rien gâcher mais c'était particulièrement bien amené!

L'ensemble est loin d'être médiocre. Je pense que beaucoup de lecteurs y trouveront leur compte. Ce ne fut malheureusement pas mon cas. Je ne me suis pas du tout sentie à Pemberley avec mon Darcy et mon Elizabeth et l'intrigue m'a franchement ennuyée. J'espère que vous aimerez plus que moi. En tout cas, cela ne m'empêchera pas de me tourner vers d'autres P.D. James car je suis sûre que je ne serai pas déçue par le prochain!!!