lundi 2 juin 2014

Spécial rentrée littéraire 2014: un petit panorama



Nous ne sommes qu'en juin mais la rentrée littéraire 2014 a déjà démarré pour les libraires et les bibliothécaires! C'est le moment où "nous" courons les réunions/petits-déjeuners/soirées d'éditeurs afin de recevoir les livres en avant-première pour pouvoir vous en parler dès la fin du mois d'Août. La rentrée littéraire c'est aussi un sacré bordel, puisque le nombre des publications ne cessent de croitre et qu'il est bien trop grand pour que nous puissions tout lire. C'est assez triste puisque pas mal de livres passent à la trappe.
Pour tout vous dire, je n'aurai pas le temps de courir toutes les réunions - à mon grand désespoir - parce que je travaille, que l'on se répartit la tâche avec mes collègues. Cependant, j'ai participer aujourd'hui - les infos sont donc toutes fraiches dans ma tête - à la journée organisée par Page des libraires, un site et un magasine qui compile les avis des libraires sur les livres sortis. Une mine d'informations donc! Le principe de la journée? une présentation par une équipe de libraires ultra motivé de leurs meilleurs lectures de la rentrée. 
C'était tout simplement génial, cela donne un aperçu assez complet - le plus exhaustif possible dans leurs capacités - de la rentrée et de commencer à faire son choix de lecture pour cet été. 

Par commodités, disponibilités, ou choix, ils n'ont pas pu parler de toutes les maisons d'éditions françaises ni de toutes leurs productions. Il manque donc ici: la jeunesse, le polar, la romance et la littérature de l'imaginaire. J'espère combler le vide le plus vite possible. De la même façon, ils n'ont pas pu parler de toutes les maisons d'édition "généralistes". Là aussi, j'espère combler les trous assez vite. N'hésitez surtout pas à parler de ce que vous avez repéré pour cette rentrée dans les commentaires! Faisons tourner les infos. 

Je vous propose donc un petit panel de ce qu'ils nous ont présenté et surtout, de ce qui m'a tapé dans l’œil. (Comme tous les résumés et les couvertures ne sont pas encore dispo, je fais avec les moyens du bord). 
Quelques thèmes se dégagent de cette rentrée, tout d'abord celui de la guerre et notamment de la Seconde Guerre Mondiale, extrêmement présente que ce soit en elle-même ou dans des récits qui balayent le siècle. Il y aura également de TRES nombreuses saga familiales et d'histoires de famille et enfin, une rentrée littéraire très sombre, marquée par des récits violents et durs. Avis aux amateurs.

Orphelins de Dieu de Marc Biancarelli chez Actes Sud 

Corse, début du XIXe siècle, Vénérande vit avec son petit frère, Petit Charles, jusqu'au jour où celui-ci est sévèrement défiguré et mutilé par des bandits, tandis qu'il garde ses moutons. Face à cet horrible coup du sort, Vénérande cherche la vengeance et demande de l'aide à un bandit réputé dans la région pour sa cruauté, l'Infernu. Ensemble ils partent pour une épopée sanguinaire. 

Marc Biancarelli écrit pour une fois en français. Adepte de True Grit, il nous offre un western corse violent, cruel qui mêle une vendetta classique à l'Histoire de la Corse du XIXe siècle. J'aime beaucoup la sobriété de la couverture (dont je ne trouve pas d'image) et l'auteur place dans son récit, de nombreux personnages réels, afin de mieux nous retranscrire la violence de cette île.

À l'origine notre père obscur de Kaoutar Harchi chez Actes Sud

Dans la "maison des femmes" où sont enfermées les femmes, mères et filles qui ont "déshonoré" les lois patriarcales, notre héroïne voit le jour. Celle-ci tente, jour après jour d'approcher cette mère distante qui ne rêve que du jour où elle sera enfin libre. Mais dans la maison du père, celle où règne le clan, la tragédie se prépare à fondre sur notre héroïne. 

À l'origine de ce roman, de nombreux interrogatoires de femmes en colère, révoltées ou résignées, des femmes descendues dans la rue, des féministes, des prostituées, des mères de famille. De ces entretiens est né À l'origine notre père obscur. Une histoire violente mais très bien écrite sur la révolte et le carcan qu'est la famille et le pouvoir patriarcal. Une fable dans le paysage littéraire français. 

Le jour où la guerre s'arrêta de Pierre Bordage au Diable Vauvert

Un enfant étonnamment mûr et plein d'empathie pour l'humanité, mais ignorant de notre monde, comme un nouveau petit Prince perdu dans notre présent, visite la Terre et partout, d'un endroit à l'autre, s'étonne et souffre de ne voir que conflits, cruautés, tueries, viols, lapidations, malheurs. Et partout pour les bourreaux comme les victimes, la violence détruit l'humanité. L'enfant propose alors aux hommes de faire taire les armes, et leur accorde une trêve...

Nous n'avons pas eu la chance d'en entendre parler mais étant donné que j'aime ce qu'écrit Pierre Bordage et qu'il s'agit de SF, je le signale à l'auditoire. 

Il y aura aussi un nouveau NEIL GAIMAN au Diable Vauvert en Octobre mais pour l'instant nous n'avons pas plus de précisions. 

L'Alchimiste de Khaim de Paolo Bacigalupi au Diable Vauvert
Dans L’Alchimiste du Khaim chacun peut pratiquer la magie. Cependant pour chaque sort lancé des ronciers vénéneux et presque indestructibles croissent. Lentement mais sûrement, les rondes recouvrent le monde.
Les cités encore épargnées punissent l’utilisation de la magie. Malgré tout le fléau végétal progresse, car par égoïsme les citoyens continuent de jeter des sorts.
A Khaim, un alchimiste construit une machine capable de détruire les ronces. Le dirigeant de la cité s’en empare, en détourne l’utilisation et emprisonne l’alchimiste. Encore une fois, l’ambition personnelle broie l’intérêt collectif, tandis que les forêts de ronciers n’ont toujours pas été détruites...

Wash de Margaret Wrinkle chez Belfond 

Dans ce roman à trois voix nous suivons Richardson, un vétéran de la guerre d'Indépendance, propriétaire d'esclaves qui pour payer ses dettes, utilise des hommes étalons afin de produire les meilleurs esclaves possibles pour les revendre; Washington, dit Wash, esclave étalon qui tente de conquérir une liberté d'esprit que son corps n'a pas et Pallas, l'amante de Wash, une sage-femme et femme de sciences d'une ferme voisine que son propriétaire à céder pour trois ans à une autre plantation en temps qu'esclave sexuelle. Leurs histoires se croisent et se décroisent pour parler d'un fait de l'Histoire de l'esclavage trop peu connu. 

Il s'agira bien évidemment d'un roman choc mais incontournable de cette rentrée littéraire. Il possède déjà une excellente presse aux USA et nul doute qu'il connaitra le même succès outre-Atlantique. Dans une écriture sensible, c'est toute la violence d'un monde que Margaret Wrinkle dépeint, avec courage lorsque l'on est une blanche qui veut parler des noirs. À surveiller. 

Nous sommes l'eau de Wally Lamb chez Belfond 
Annie Oh s'apprête à franchir une nouvelle étape de sa vie en épousant, en seconde noces, Viveca, la galeriste new-yorkaise qui a rendu ses œuvres célèbres quelques années plus tôt. Mais à mesure que le mariage approche, Annie sent le doute, la peur et la colère l'assaillir. Ses douloureux secrets refont surface et il s'agit de mettre à plat de nombreux secrets de famille. 

Dans ce nouveau roman chargé de thèmes d'actualité, d'allers-retours entre passé et présent, petite et grande Histoire, c'est toute une famille et ses secrets que Wally Lamb nous met au jour. 700 pages de révélations vous attendent.

Le printemps du loup d'Andrea Molesini chez Calmann-Levy

Pietro a dix ans. Orphelin rêveur et débrouillard, il possède son univers et son langage à lui, à la fois cocasses et surréalistes. Ainsi quand il quitte précipitamment, au printemps 1945, le couvent de Saint-François-du-Désert, c’est pour fuir les « hommes d’A-H », autrement dit les Allemands. Avec lui un petit groupe hétéroclite : Dario, son meilleur ami taiseux mais fort en maths, qui s’il a les oreilles décollées n’a pas pour autant tué Jésus ; deux vieilles dames juives, les sœurs Maurizia et Ada Jesi ; et puis Elvira, une jeune religieuse, aussi suspecte que belle, qui tient un journal et dont le récit alterne avec celui de Pietro. Traqués par les nazis, ils reçoivent l’aide d’un pêcheur « qui vit comme une mouette » et d’un frère énergique « aux silences qu’on écoute ». Ils seront rejoints par un déserteur allemand, dont le secret affectera de manière tragique le destin collectif. Sous des lunes immenses, au cœur de forêts noires et de fermes en ruines, leur folle équipée les conduira au-devant de partisans et fascistes désorientés, alors que la guerre touche à sa fin : si les hommes et les lieux sont chargés de défiance et de terreur, une lueur de bonté réussit, de temps en temps, à percer les ténèbres. À travers ce texte d’une grande délicatesse, truffé de trouvailles poétiques et drôles, Andrea Molesini s’impose décidément comme l’un des plus grands écrivains italiens contemporains.

Dans ce récit à deux voix, l'auteur trace la stupidité humaine, le dramatique et le lumineux. 

Deux comédiens de Don Carpenter chez Cambourakis

Dans l'ambiance du cinéma des années 70, nous suivons deux acteurs, amis envers et contre tout. Une satyre tendre du monde hollywoodien comme sait en faire Don Carpenter. Il s'agit du premier tome d'une trilogie que traduit en français la maison Cambourakis.

Je n'ai pas grand chose à ajouter, le résumé et la couverture ne sont pas encore dispo...

Oeuvres vives de Linda Lê chez Christian Bourgois 

Après un reportage au Havre, le héros du nouveau roman de Linda Lê, fait la rencontre d'Antoine Sorel, un écrivain. Or, celui-ci se suicide à l'âge de 45 ans. Décidant de faire revivre cet auteur, le héros s'embarque alors dans une enquête pour reconstituer l'histoire de cet homme, de son père et de son grand-père, vietnamien exilé en France. 

C'est un roman sur les origines - Linda Lê étant elle-même née au Vietnam - la renaissance d'un homme et une enquête à la Simenon ou Nabokov. Bourré de référence littéraire, ce ne sera pas une lecture facile mais elle peut sans aucun doute valoir la lecture. 

En face de Pierre Demarty chez Flammarion 

C'est une famille tout à fait ordinaire que la famille Nochez. Il y a la mère, Solange, ses deux enfants, et son mari Jean. Il est terne, médiocre à tel point que sa femme ne se rend pas compte qu'un soir il ne rentre pas. Jean Nochez veut disparaitre. Il sait que sa vie banale ne le rend pas heureux et lorsqu'il voit qu'un appartement en face de chez lui se libère, il saute sur l'occasion. C'est alors qu'il apperçoit quelque chose d'étrange par la fenêtre. 

C'est un livre complètement fou que nous propose Pierre Demarty - éditeur chez Grasset et traducteur - à la manière de J.M. Erre. Dans un style original et percutant, il met en scène une sorte de roman policier loufoque dont il sait garder une certaine cohérence. On retrouve de nombreux clins d’œil et une vraie vision. Ne loupez pas ce titre de la rentrée littéraire.

Il faudra aussi sûrement surveiller chez Flammarion: Voyageur malgré lui de Minh Tran Huy, Prières pour celles qui furent volées de Jennifer Clement et La route sombre de Ma Jian.

Charlotte de David Foenkinos chez Gallimard

Surprise dans cette rentrée littéraire 2014, c'est la présence de Foenkinos pour un texte beaucoup plus grave que ce qu'il a écrit jusqu'à présent. En effet, son prochain ouvrage s'intéressera à Charlotte Salomon, une jeune peintre berlinoise morte à Auchwitz en 1943. 
Charlotte Salomon, jeune juive berlinoise dont la famille est marquée par le deuil et le suicide, décide de se jeter à corps perdu dans la peinture et compose une série appelée "vie ou thème". Si le thème est résolument différent, Charlotte conserve l'empreinte et la patte de Foenkinos. Sans doute une grande surprise.

Ce sont des choses qui arrivent de Pauline Dreyfus chez Grasset

1945. Saint-Pierre-de-Chaillot, l'une des paroisses les plus huppées de Paris. Toute l'aristocratie, beaucoup de la politique et pas mal de l'art français se pressent pour enterrer la duchesse de Sorrente. Cette femme si élégante a traversé la guerre d'une bien étrange façon. Elle portait en elle un secret. Les gens du monde l'ont partagé en silence. « Ce sont des choses qui arrivent », a-t-on murmuré avec indulgence.

Revoici donc la guerre, la Seconde Guerre mondiale, la guerre de Natalie de Sorrente. À l'heure où la filiation décide du sort de tant d'êtres humains, comment cette femme frivole va-t-elle affronter la révélation de ses origines ? (source)

Les affaires de famille, ce sont des choses qu'on tait. La littérature, ce sont des choses qu'on raconte. Dans ce roman où l'ironie est à la mesure du fracas des temps, Pauline Dreyfus révèle une partie du drame français. (source)

Le roi disait que j'étais diable de Clara Dupond-Monod chez Grasset 

Depuis le XIIe siècle, Aliénor d'Aquitaine a sa légende. On l'a décrite libre, sorcière, conquérante : « le roi disait que j'étais diable », selon la formule de l'évêque de Tournai...
Clara Dupont-Monod reprend cette figure mythique et invente ses premières années comme reine de France, aux côtés de Louis VII.
Leurs voix alternent pour dessiner le portrait poignant d'une Aliénor ambitieuse, fragile, et le roman d'un amour impossible.
Des noces royales à la seconde croisade, du chant des troubadours au fracas des armes, émerge un Moyen Age lumineux, qui prépare sa mue.

J'y mets de la réserve parce que vous me connaissez...je suis toujours tatillonne mais néanmoins curieuse. 

La femme qui dit non de Gilles Martin-Chauffer chez Grasset

Une femme hors du commun - inspirée par la grand-mère de l'auteur - se remémore et nous raconte son incroyable existence.
1938. Alors que le destin de l'Europe s'apprête à basculer à Munich, un voilier anglais accoste sur l'Ile-aux-Moines. A son bord, Charles Evans et sa fille Marge. La jeune fille anglaise rencontre là deux jeunes Bretons, Blaise de Méaban et son meilleur ami Mathias. Elle épouse Blaise et, se croyant enceinte, ne peut l'accompagner à Londres lorsqu'il s'embarque pour répondre à l'Appel du Général de Gaulle. Esseulée, elle fait alors de Mathias son amant - et le véritable père de son fils. Ce trop lourd secret de famille et les guerres feront le reste...
De la débâcle 1940 à l'épuration en passant par la déportation, de la guerre d'Indochine aux Jeux olympiques de 1964 en passant par la guerre d'Algérie, ce trio amoureux traverse un quart de siècle où la petite histoire se mêle à la grande. On y lit la lâcheté et l'opportunisme des hommes, mais aussi leur grandeur. Marge, joueuse et intrépide, délurée, tolérante et libre, raconte leurs choix et leurs trahisons, leurs défaites et leurs victoires, leurs joies et leurs amertumes. Elle aura fait de sa vie une fête galante et incarné une certaine idée de la France. Marge, à la marge des conventions ; Marge, au centre de tous ces destins. 

L'auteur était là et je dois dire qu'il m'a donné envie de lire son roman. C'est une histoire inspirée de celle de sa grand-mère et de son père. Un récit poignant dont les souvenirs le hante encore, le tout raconter dans le franc-parlé de cette fausse baronne.

On ne voyait que le bonheur de Grégoire Delacourt chez J.C. Lattès 

Un assureur approche de la quarantaine. Au milieu de sa vie, il se demande combien vaut la sienne, lui qui chiffre par contrat la vie des autres. En trois tableaux se déroule l'introspection de cet homme qui s'intéresse pour la première fois à la valeur des choses. 

On ne voyait que le bonheur est un roman en trois temps, chacun sur la valeur de la vie et la remontée des enfers d'un personnage. Chaque chapitre débute par le prix d'une vie en terme de dédommagement d'assurance. Que vaut une vie humaine? C'est cette question que se pose le narrateur, agent d'assurance, habitué à évaluer le prix de la vie des êtres humains. Plus grave que ce à quoi nous a habitué Grégoire Delacourt, c'est un roman qui fait écho aux peurs les plus profondes en chacun de nous. 

J'ai eu la chance de voir aussi l'auteur. L'interview était tout en retenue et en émotion. Un très beau roman, très touchant, sans doute le meilleur livre de Delacourt. À lire sans hésiter. 

La légende de Loosewood Island d'Alexi Zentner chez JC Lattès

Cordelia de la famille Kings, habitant l'île de Loosewood depuis des siècles, reprend le flambeau et les rênes de l'entreprise. Ainsi, les ennuis pleuvent : elle est déjà farouchement en lutte avec ses deux soeurs et maintenant avec des trafiquants de drogue qui transitent dans les eaux de l'île disputée par le Canada et les USA. 
Sur cette île ou les homarderies font la loi, découvrez un roman au souffle épique dans lequel Cordelia, qui a la mer dans le sens, va devoir combattre les traditions patriarcales encore lourdes.

Jacob, Jacob de Valérie Zenatti chez l'Olivier
Jacob, un jeune juif de Constantine enrôlé en 1945 pour libérer la France, meurt lors d'un combat en Alsace à l'âge de 19 ans. Ce roman raconte la guerre de ce jeune homme, les inquiétudes de sa mère, le quotidien des siens loin du front, entre deux langues et deux cultures, mais aussi la façon dont la courte vie de Jacob résonne en chacun.  

Dans ce roman en deux parties, c'est tout d'abord l'histoire de Jacob et de sa mère que Valérie Zenatti raconte, au présent, avant de s'intéresser à sa famille, à tous ceux qu'il laisse derrière lui. Que laisse-t-on derrière soit lorsque l'on meurt à 19 ans, sans amour, sans enfant, sans rien pour ce souvenir de nous bien longtemps après notre mort? C'est alors, l'écho de la vie de Jacob que l'auteure veut rendre. 

Elle était aussi là aujourd'hui et je dois admettre que son intervention était très poignante sur cet homme qui a réellement existé, membre de sa propre famille et qui laisse derrière lui, une simple photo. Ne passez pas à côté.

Le dernier tango de Kees Van Dongen de François Bott au Cherche-midi

Entouré de jeunes et jolies infirmières. Van Dongen vit ses derniers jours à Monaco en 1968. Atteint, entre autres, de la maladie de Parkinson, il n'aura pas le loisir de les déshabiller, de les peindre et de les aimer. Alors il se souvient et reviennent sur ses lèvres ses conquêtes féminines, ses amis Picasso, Max Jacob, Arthur Cravan.
Cette confession imaginaire est un enchantement perpétuel. Une valse folle dont on voudrait ralentir le rythme pour ne pas arriver à la dernière page.
C'est aussi un hymne à la vie, à l'amour, aux femmes et à leur corps.
Le violoniste de Mechtild Borrmann chez Le masque 
Moscou, 1948. Alors que le violoniste virtuose Ilja Grenko quitte la salle de concert sous des tonnerres d’applaudissements, son stradivarius à la main, il est arrêté et conduit à la terrifiante Loubianka, le siège du KGB, sans comprendre ce qu’on lui reproche. Après des jours de privations, d’humiliations et d’interrogatoires, Ilja signe des aveux absurdes qui le condamnent à vingt ans de goulag, après qu’on lui a promis que sa femme Galina et leurs deux très jeunes enfants ne seront pas inquiétés. Mais sa famille est envoyée en exil au bout du monde, dans un enfer à ciel ouvert, le Kazakhstan. Le violon de Grenko d’une valeur inestimable disparaît à jamais. Deux générations et quelques meurtres plus tard, le petit-fils de Ilja, Sasha, se met en quête du stradivarius et apprend les heures les plus sombres de l’histoire de sa famille, broyée par le régime totalitaire et ses hommes de main, indifférents à toute dignité humaine.
Les femmes de Lazare de Marina Stepnova aux Escales

Une formidable fresque romanesque qui retrace tout le xxe siècle russe à travers la destinée hors du commun d'un génie scientifique et des femmes de sa vie, des troubles révolutionnaires jusqu'à la chute de l'URSS.

Autodidacte prodige, dès son arrivée à Moscou, Lazare Lindt devient le plus proche collaborateur de son professeur de sciences. Il tombe aussi fou amoureux de son épouse, Maroussia, dont il attendra en vain un amour tout autre que filial.
Après la mort de celle-ci, Lazare, désormais savant atomiste reconnu, décide d'enlever Galina, une assistante du département de chimie beaucoup plus jeune que lui, pour l'épouser. Elle le haïra toute sa vie, tout comme leur fils.
Mais, quand leur petite-fille Lidia se retrouve orpheline, Galina n'a d'autre choix que de l'élever. Une enfance douloureuse dont Lidia portera à jamais le traumatisme tout en s'élevant dans une société en pleine mutation...
Le dernier gardien d'Ellis Island de Gaëlle Josse aux éditions Noir sur Blanc

New York, 3 novembre 1954. Dans quelques jours, le centre d’immigration d’Ellis Island va fermer. John Mitchell, son directeur, reste seul dans ce lieu déserté, remonte le cours de sa vie en écrivant dans un journal les souvenirs qui le hantent : Liz, l’épouse aimée, et Nella, l’immigrante sarde porteuse d’un très étrange passé. Un moment de vérité où il fait l’expérience de ses défaillances et se sent coupable à la suite d’évènements tragiques. Même s’il sait que l’homme n’est pas maître de son destin, il tente d’en saisir le sens jusqu’au vertige.
À travers ce récit résonne une histoire d’exil, de transgression, de passion amoureuse, et de complexité d’un homme face à ses choix les plus terribles.
Celui-là, je l'attends avec impatience. L'auteure a très bien su en parler et retranscrire les émotions de son personnage, entre culpabilité, question sur le pouvoir et le poids du passé. Sans doute un des meilleurs romans de la rentrée. 
La couleur du lait de Nell Leyshon chez Phébus
 
En cette année 1831, Mary, une jeune fille de 15 ans entame le tragique récit de sa courte existence : un père brutal, une mère insensible, en bref, une banale vie de misère dans la campagne anglaise du Dorset.
Simple et franche, mais lucide et entêtée, elle raconte comment, un été, sa vie a basculé lorsqu’on l’a envoyée chez le pasteur Graham, pour servir et tenir compagnie à son épouse, une femme fragile et pleine de douceur. Avec elle, elle apprend la bienveillance. Avec lui, elle découvre les richesses de la lecture et de l’écriture… mais aussi obéissance, avilissement et humiliation. Finalement l’apprentissage prodigué ne lui servira qu’à écrire noir sur blanc sa fatale destinée. Et son implacable confession.
Les indomptés de Nathalie Bauer chez Philippe Rey

Saga familiale qui nous entraîne dans le destin de trois vieilles femmes, trois indomptées, prêtes à tout pour sauver le domaine familiale. De leur jeunesse aux années 80, c'est l'aventure de ces sœurs hors du commun.

L'homme de la montagne de Joyce Maynard chez Philippe Rey

Inspiré de faits réel sur le meurtre de jeunes femmes, L'homme de la montagne est un roman d'apprentissage. Nous découvrons aussi la relation qu'entretiennent deux soeurs dont l'une des deux, ado se passionne pour ces meurtres et se piquent de résoudre l'énigme. Mais une fois adulte, elle sera rattrapée par cette histoire.


Nos disparus de Tim Gautreaux chez Seuil 
1918. Sam Simoneaux, dont la famille a été massacrée quand il avait six mois, débarque en France le jour de l’Armistice. On l’envoie nettoyer les champs de bataille de l’Argonne.
1921. Rentré traumatisé à La Nouvelle-Orléans où il est devenu responsable d’étage aux grands magasins Krine, Sam ne peut empêcher l’enlèvement, quasiment sous ses yeux, de Lily Weller, trois ans et demi. Licencié, sommé par les parents Weller de retrouver leur enfant, il embarque comme troisième lieutenant à bord de l’Ambassador, bateau à aubes qui organise des excursions sur le Mississippi. Le roman longe le fleuve sur fond de musique de jazz – orchestre noir, orchestre blanc et alcool à volonté. Au gré des escales et des bagarres, Sam, toujours en quête de Lily, met au jour un fructueux commerce d’enfants animé par quelques spécimens peu reluisants de la pègre des bayous. Les vrais sujets de cette fresque naturaliste striée de noir restent les liens du sang, l’inanité de la vengeance et la transmission des valeurs.

Les réputations de Juan Gabriel Vasquez chez Seuil
Javier Mallarino est un célèbre caricaturiste politique colombien et une légende vivante. Avec pour seules armes du papier et de l’encre de Chine, il peut faire tomber un magistrat, renverser un député ou abroger une loi. Beaucoup de politiciens le craignent, certains l’encensent. Il a soixante-cinq ans, est séparé de sa femme depuis plusieurs années et vit retiré dans les montagnes qui entourent Bogotá. À la fin du vibrant hommage que le pays vient de lui rendre au prestigieux théâtre Colón, une jeune femme l’approche et sollicite une interview. Il la reçoit quelques jours plus tard chez lui, mais très vite l’entretien le ramène vingt-huit années en arrière, à une soirée lointaine, à un « trou noir ». Qu’avait fait ce soir-là le député Adolfo Cuéllar et qu’avait vu exactement Javier Mallarino ? Deux questions qui conduisent le dessinateur à faire un douloureux examen de conscience et à reconsidérer sa place dans la société.
Juan Gabriel Vásquez poursuit dans ce magistral roman son exploration du passé et des failles de la mémoire. Mais il livre surtout une intense réflexion sur les conséquences parfois dévastatrices du pouvoir grandissant de l’opinion et des médias.
Constellation d'Adrien Bosc chez Stock 
 
Le 27 octobre 1949, le nouvel avion d’Air France, le Constellation, lancé par l’extravagant M. Howard Hughes, accueille trente-sept passagers. Le 28 octobre, l’avion ne répond plus à la tour de contrôle. Il a disparu en descendant sur l’île Santa Maria, dans l’archipel des Açores. Aucun survivant. La question que pose Adrien Bosc dans cet ambitieux premier roman n’est pas tant comment, mais pourquoi ? Quel est l’enchaînement d’infimes causalités qui, mises bout à bout, ont précipité l’avion vers le mont Redondo ? Quel est le hasard objectif, notion chère aux surréalistes, qui rend « nécessaire » ce tombeau d’acier ? Et qui sont les passagers ? Si l’on connaît Marcel Cerdan, l’amant boxeur d’Édith Piaf, si l’on se souvient de cette musicienne prodige que fut Ginette Neveu, dont une partie du violon sera retrouvée des années après, l’auteur lie les destins entre eux. « Entendre les morts, écrire leur légende minuscule et offrir à quarante huit hommes et femmes, comme autant de constellations, vie et récit. »

Et voila...et encore ce n'est qu'un très léger aperçu de cette rentrée littéraire. Il faudrait encore parler de certains livres que j'ai retenus mais qui me tentent un tout petit peu moins, des nouveautés chez certains éditeurs dont je ne sais encore rien (par exemple Gallmeister et La belle colère) et tout les autres genres de la littérature qui passent à la trappe. Les programmes sont ou seront disponibles sur les sites des éditeurs, n'hésitez pas à aller faire un tour! 
En attendant, j'aimerai bien pouvoir lire tout ça d'ici septembre. C'est un pari qui va être difficile à tenir mais qui sait? 
Et vous, quels livres avez-vous déjà retenus?

6 commentaires:

Chi-Chi a dit…

Tu crois qu'il y a une rentrée littéraire en romance? ;)

Perséphone a dit…

Normalement non mais je pense quand même faire un article!

dasola a dit…

Bonjour Perséphone, ayant été sélectionnée pour être membre du jury du roman FNAC, j'ai reçu 5 romans, je termine le 5ème (ils paraîtront tous entre le 20/08 et début sept 14). Sans dévoiler les titres, le Marie-Sabine Roger est léger et sympa et le roman de Zaruya Shalev ( m'a beaucoup: c'est un roman concentré qui ne se lit pas forcément très vite mais qui vaut la peine. Quant au James Salter, j'ai découvert cet écrivain avec ce roman: pas mal. Bonne après-midi.

Perséphone a dit…

@Dasola: Félicitations! J'ai vu passer le Marie-SAbine Roger, je ne sais pas si j'aurai le temps de le lire. Quand au James Salter je pense que ce sont mes collègues qui vont lui régler son compte ^^

Ollie a dit…

Je viens de finir "Ce sont des choses qui arrivent" et il est fantastique !
("Wash" m'attends sagement dans ma sélection pré-Rentrée Littéraire de libraire \o/)

Perséphone a dit…

@Ollie: Wash je n'ai pas aimé. J'ai trouvé ça brouillon et pas abouti. Je pensais que l'auteure allait vraiment se pencher sur l'eugénisme dans les plantations mais finalement elle digresse beaucoup. Quant à Ce sont des choses qui arrivent il était bien. La fin est bien meilleure que le début à mon avis.

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